Près de 4 000 soldats se sont donnés la mort entre 1914 et 1918. Mais 100 ans après la Grande Guerre, le suicide des poilus demeure une part obscure du conflit, au point que les descendants de ces hommes tentent encore de réhabiliter leur mémoire.

Durant quatre ans, tout au long de la Première Guerre mondiale, les Poilus ont envoyé des millions de lettres à leurs proches. Dans ces lignes, les soldats ont relaté leur quotidien sur le front, le courage, la camaraderie, l’héroïsme mais aussi l’ennui, la peur ou la solitude. Certains ont même raconté à leur famille le désarroi de leurs camarades. Dans un courrier daté du 11 août 1916, le caporal Perrier, originaire de Saône-et-Loire, s’inquiète d’un mal qui ronge les hommes. “Chez certains esprits, le moral est atteint. On sent une dépression chez beaucoup d’individus”, écrit-t-il. Un peu plus loin, il rapporte même que plusieurs d’entre eux ont choisi de se donner la mort : “Nous espérons pour le moment que cette épidémie s’arrêtera là. Trois dans un mois à la même compagnie, c’est trop”.

Infirmier à Verdun et dans l’Aisne, Jean Pottecher confie également à ses parents être témoin du même désarroi : “Un type de la 7e Cie que je ne connaissais pas (…) s’est suicidé hier d’un coup de révolver. Quoique je n’aime pas les généralisations trop rapides, je vous cite ce fait particulier comme un symptôme assez net de l’état de l’esprit du front (…). On dit que le suicide est épidémique : je ne sais pas si celui-ci contaminera le bataillon et s’il sera suivi d’autres”.

Un chiffre impossible à établir

Malgré “cette épidémie” décrite par ces soldats, très peu d’ouvrages sur la Grande Guerre se sont penchés sur les suicidés au cours du conflit. Xavier Trochu, historien et archiviste aux archives municipales de Nantes, s’est ému de leur sort et a décidé de creuser la question. Pour cela, il a consulté les quelques 93 000 fiches de soldats, en ligne sur le site Mémoire des Hommes, n’ayant pas eu le droit à la mention Mort pour la France. “Sur celles-ci, j’en ai recensé plus de 3 900 qui avaient l’attribut de suicide. Cela correspond à la fourchette que l’historien Denis Rolland avait établie lors d’une conférence en 2004. Il arrivait à peu près à 4 000 / 4 500 morts par suicide”, explique Xavier Trochu. “C’est très difficile d’être précis car le suicide en tant que tel n’est déjà pas quelque chose de facile à gérer chez les civils. Côté militaire, on se retrouve ainsi dans une situation encore plus particulière”.

#1J1P PETIJEAN Alphonse, du 35e RI, suicide au retour de l’armée d’Orient le 27 mars 1917 @Indre1418pic.twitter.com/MFNrcHdTM9

Bernard Jacquet (@Balkan45) 27 mars 2017

Le doute subsiste ainsi pour un certain nombre de fiches. “Il est difficile de savoir si la personne avait l’intention de se suicider ou pas. Il y a le cas par exemple de ceux qui se précipitaient sur le champ de bataille face à l’ennemi car ils en avaient marre. Ils n’ont pas été considérés comme suicidés mais comme morts pour la France”, décrit l’historien. Au sein de l’armée, les militaires qui enregistraient les décès se sont aussi montrés plutôt enclin à cacher les suicides afin de protéger les proches : “Si on mettait cette mention, les conséquences pour les familles étaient immédiates : pas de pension ni de décoration. Au niveau local, elles se retrouvaient au ban de la société”. Enfin, Xavier Trochu note que dans les hôpitaux militaires, “les médecins avaient certainement des réticences à dire que leurs patients s’étaient suicidés, car cela remettait en cause leur profession et le fait de savoir bien gérer une population malade”.

En réalisant cette étude, l’archiviste a constaté un difficile accès aux sources. Mis à part ces fiches qui se révèlent incomplètes, parcellaires et surtout silencieuses, les documents manquent. Malgré tout, Xavier Trochu a pu dégager quelques tendances. “Ce ne sont pas forcément des gens qui sont en première ligne qui se suicident”, a-t-il ainsi découvert. “Certains se donnent la mort à domicile, en cantonnement, en permission ou dans les hôpitaux”. Contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont non plus pas les plus jeunes qui finissent par craquer : “Parmi ces suicidés, il y a énormément de territoriaux, c’est-à-dire de soldats qui ont plus de 35 ans. La guerre est plus difficile à supporter pour eux car ils ont déjà une famille ou une vie bien installée”.

J’ai toujours un pincement au coeur quand je trouve une fiche non MPLF et que la fiche mentionne “suicide” Alors, un instant au moins, honorons la mémoire de Samba Tieba venu du Niger finir sa vie en juillet 1918 dans la Somme #1J1Ppic.twitter.com/gdqKyKcnGc

Paddy (@paddygenealo) 9 février 2018

“Un pauvre bougre emporté dans une énorme boucherie”

Cela a été le cas pour François-Maurice Fouassier, un soldat du 25e régiment d’infanterie territorial, originaire de Chemazé, en Mayenne. Ce père de quatre enfants s’est pendu le 19 mai 1916, à l’âge de 42 ans, à Laval, dans une chambre de son casernement où il était hospitalisé. Pourtant, il y a encore quelques mois, son arrière petit-fils Christian Persin pensait que son ancêtre était décédé des suites d’une maladie. Il n’a découvert la véritable cause de son décès qu’en consultant sa fiche militaire : “J’ai appelé ma mère pour savoir s’il y avait un secret de famille, mais elle n’en savait rien. Elle n’avait jamais entendu parler d’un suicide de son grand-père. Ma grand-mère lui avait qu’il avait eu des gelures au pied et une maladie pulmonaire”.

La fiche de décès du soldat Fouassier

© Mémoire des Hommes

François-Maurice Fouassier a été enterré dans l’anonymat et son nom n’a pas été inscrit sur le monument aux morts. En découvrant la vérité, ce descendant de poilu a compris combien sa famille avait souffert de cette non-reconnaissance : “Je trouve cela particulièrement injuste que le fait de se suicider ait privé les proches de droits. La République a été sévère avec ces gens-là. Je sais que mon arrière grand-mère a ramé socialement. Ils étaient très pauvres. C’était des métayers. Elle a été obligée de placer ses enfants chez des bourgeois en tant que domestiques”.

Pour réparer cette injustice, Christian Persin a demandé auprès de l’Office national des anciens combattants que son arrière grand-père soit reconnu comme Mort pour la France. Cette mention lui a été attribuée en juillet 2017. Il espère désormais que son nom apparaisse sur le Monument de Château Gontier où il vivait avant-guerre. Cela devrait être chose faite à l’occasion du 11 novembre prochain : “C’est une forme de réhabilitation. C’est un pauvre bougre qui a été emporté dans une énorme boucherie. Il y a laissé non seulement sa vie, mais sa famille en a aussi payé le prix”. L’historien Xavier Trochu partage son avis. Pour lui, il est enfin temps de regarder ce passé en face : “C’est quelque chose de tabou et de pas facile. À l’époque, on a poussé l’individu à son extrême. C’est un sujet qui est difficile d’accès, mais qui mérite toute notre attention. Si ces hommes étaient restés dans un monde de paix, jamais il n’auraient pensé à se suicider”.


Première publication : 15/08/2018

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À l’approche du référendum du 4 novembre sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, un rapport dresse le bilan politique, trente ans après la signature des accords de Matignon et de Nouméa.

Des motifs de satisfaction mais aussi des insuffisances. Le bilan politique des accords de Matignon et de Nouméa, rendu le 10 août par le groupe de dialogue mis en place par le Premier ministre Édouard Philippe, afin préparer le référendum du 4 novembre sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, est contrasté.

Dans ce document, quatre grands thèmes sont abordés. Le premier concerne le bilan “sur l’émancipation, la décolonisation et le droit à l’autodétermination”. Thème central puisqu’avec les accords de Matignon-Oudinot des 26 juin et 19 août 1988 et de Nouméa du 5 mai 1998, la Nouvelle-Calédonie s’est engagée dans un processus d’autodétermination et de décolonisation progressif, dont le référendum est la prochaine étape essentielle.

“Le droit à l’autodétermination de ‘la population intéressée’ continuera à s’exercer jusqu’à ce qu’il soit opté de manière définitive pour l’une des voies prévues par l’ONU dans ses résolutions relatives au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes”, note le groupe. “Le retrait de la Nouvelle-Calédonie de la liste des territoires à décoloniser relève de l’ONU”, rappelle-t-il.

Des critères de citoyenneté bientôt redéfinis

Également évoquée : la “gouvernance” du territoire. “Malgré les difficultés, les profondes divergences et les rivalités inhérentes à la vie démocratique, les responsables politiques calédoniens ont su trouver les consensus ou les compromis nécessaires sur les sujets essentiels”, se félicite le groupe. “Le gouvernement collégial a dû faire face à plusieurs crises mais a finalement toujours assuré son rôle d’exécutif, transcendant souvent le clivage indépendantistes/non-indépendantistes.”

Concernant le “vivre-ensemble”, il souligne par ailleurs que “la citoyenneté calédonienne fonde les restrictions apportées au corps électoral et la priorité d’accès à l’emploi. Elle a contribué à l’émergence d’une identité calédonienne. Ses conditions d’accès, qui font débat, sont par définition transitoires et devront être redéfinies dans le cadre de la sortie de l’accord de Nouméa”.

“Les actions conduites durant la période de mise en œuvre de l’accord de Nouméa ont été particulièrement volontaristes dans la prise en compte de l’identité kanak”, note également le groupe. Cette démarche “doit être poursuivie pour permettre aux institutions coutumières de jouer pleinement leur rôle”.

Pour affirmer une identité commune aux différentes communautés, “le 26 juin, date de la signature des accords de Matignon, pourrait être retenue comme date anniversaire de cette nouvelle étape de l’histoire calédonienne contemporaine”.

Le rééquilibrage “pas encore terminé”

À propos du rééquilibrage entre les trois provinces (sud et nord de la Grande Terre et îles Loyauté) qui constituent le pays, les responsables reconnaissent que le travail n’est pas encore terminé.

Si “le niveau d’éducation de la population s’est considérablement amélioré (parcours adaptés en primaire et secondaire, forte progression de la réussite au bac, montée en puissance des formations supérieures, partenariats pour favoriser l’accès à la haute fonction publique), de fortes inégalités territoriales demeurent et l’insertion économique des jeunes générations doit être mieux préparée”.

L’autonomie économique est considérée en progression, soutenue par d’importants investissements extérieurs.

>> À voir aussi : La Nouvelle-Calédonie en quête de diversification

“A ce titre l’usine de KNS (traitement du nickel) a constitué le fer de lance du rééquilibrage et a permis le développement d’un véritable pôle urbain en province Nord. Pour autant, hors financement des compétences régaliennes, les dotations de l’Etat représentent encore 30% des dépenses publiques, notamment en matière de logement social et d’éducation”, écrivent les responsables.

Des critiques de la droite loyaliste

S’il a fait consensus parmi le groupe de travail, le texte, qui sera remis au Premier ministre, a déjà été critiqué par la branche droitière des loyalistes – Le Rassemblement-LR et les Républicains Calédoniens – qui avaient claqué la porte du groupe en juin.

La secrétaire générale du Rassemblement-LR, Virginie Ruffenach a dénoncé une “farce” sur Francinfo. “Tout ce rapport est très loin des préoccupations des Calédoniens qui sont dans une vie quotidienne compliquée”, dénonce-t-elle.

Le groupe de travail était composé des indépendantistes Paul Néaoutyine (Palika), Victor Tutugoro (UPM), Daniel Goa et Roch Wamytan (UC) et des non-indépendantistes Philippe Gomès et Philippe Michel de Calédonie ensemble (centre droit) et Gaël Yanno (SE).

“Nous avons essayé d’acter ce qui a été fait et pas fait”, résume Daniel Goa, président de l’Union calédonienne, interrogé par Francinfo. “Nous avons voulu montrer que nous contribuons à créer le modèle calédonien.”

“Nous avons voulu montrer ce qui nous fédère, ce qui nous rassemble en tant que Calédoniens”, abonde le député Calédonie ensemble Philippe Gomès, également joint par Franceinfo. ” Nous avons décidé d’avancer, de privilégier le dialogue, la paix et le respect des convictions de chacun. C’est cela qui sera important au lendemain du 4 novembre.”

>> À lire aussi : Macron appelle les Calédoniens “à ne pas faire reculer l’Histoire”

Avec AFP

Première publication : 14/08/2018

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Les deux hommes suspectés d’avoir blessé sept jeunes pour des motifs racistes dans la nuit du 29 au 30 juillet à Beaune, près de Dijon, ont été mis en examen et écroués dimanche, a annoncé le parquet.

Près de deux semaines après les faits, les deux hommes suspectés d’avoir blessé plusieurs jeunes à Beaune (Côte-d’Or) pour des motifs racistes ont été mis en examen et écroués dimanche 12 août. Âgés tous deux de 31 ans, ils étaient déjà connus de la justice pour des faits “de vols et de violences”.

Les mis en cause sont poursuivis pour “tentative d’assassinat, violences aggravées par (…) notamment la circonstance que les faits ont été commis en raison de l’appartenance à une soi-disant race, religion ou ethnie, réelle ou supposée, injures publiques à caractère racial, menaces de mort à caractère racial”, a précisé à l’AFP Thierry Bas, le procureur de la République adjoint de Dijon.

Originaires de Côte-d’Or, les deux suspects avaient été transférés samedi d’Avignon, dans le sud de la France, à Dijon, où leur garde à vue avait été prolongée, en vue de leur présentation devant un juge d’instruction, a ajouté le magistrat.

“Enfin la vérité apparaît”

Dans la nuit du 29 au 30 juillet, la voiture des suspects a foncé dans un premier temps sur le groupe de jeunes, avant de revenir sur les lieux plus tard dans la nuit. Les occupants du véhicule ont alors blessé sept jeunes, dont deux sérieusement, en leur tirant dessus avec des “gerbes de plombs de calibre 12”, avait déclaré le parquet.

Les deux suspects ont été interpellés vendredi par la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Marseille à Saint-Andiol, près d’Avignon. L’un des deux mis en cause a pris la fuite au volant de son véhicule, blessant à la jambe un fonctionnaire de la BRI, avant d’être interpellé dans la soirée, ce qui lui vaut en plus dans cette affaire une mise en examen pour “tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de la force publique”.

Dans le même temps, vendredi, entre 150 et 200 personnes s’étaient réunies sur les lieux de l’agression à Beaune, en soutien aux sept jeunes blessés fin juillet. Plusieurs victimes, interrogées par France 3 Bourgogne-Franche-Comté, se sont dites soulagées par ces arrestations. “Enfin la vérité apparaît, ça fait du bien”, a déclaré l’une d’entre elles. “Maintenant on espère juste que ça va servir d’exemple, parce que ce qu’il s’est passé c’était très grave”.

Avec AFP

Première publication : 13/08/2018

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La secrétaire d’État auprès du ministre à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a présenté, dans un entretien au JDD, sa feuille de route pour lutter contre le plastique. Elle espère un “électrochoc” dans les pratiques des Français.

“Créer un électrochoc”, “déclarer la guerre”, Brune Poirson ne recule devant aucune hyperbole pour présenter dans la presse son plan d’action de lutte contre le plastique. Dans une interview parue dimanche 12 août dans les colonnes du Journal du Dimanche (JDD), la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire annonce passer à l’offensive avec une série de mesures destinées à “sortir du ronronnement du système actuel.”

“Une trajectoire fiscale claire”

Pour répondre à l’objectif de 100 % de plastiques recyclés en 2025 visé par le gouvernement, Brune Poirson compte mettre progressivement en place à partir de 2019 “un système de bonus-malus allant jusqu’à 10 % du prix des produits” pour inciter les consommateurs à privilégier des produits fabriqués à partir de plastique recyclé. “Demain, quand il y aura le choix entre deux bouteilles, l’une fabriquée en plastique recyclé et l’autre non, la première sera moins chère”, explique-t-elle.

La une du JDD.

> La guerre au plastique est déclarée : le plan choc de Leclerc, les projets des industriels, les actions des citoyens

> Affaire Kohler : l’Elysée répond

> Les CRS pour surveiller les plages, c’est bientôt fini

> Pauvreté : Buzyn esquisse son plan pic.twitter.com/jLvY8CfuK1

Le JDD (@leJDD) 11 août 2018

Dans cet entretien, la Vauclusienne annonce également une mesure destinée à inciter les communes françaises à recycler les déchets plutôt que de les enfouir. Actuellement, “en France, cela coûte moins cher pour une commune d’enfouir les déchets que de les recycler”, regrette le secrétaire d’État. Raison pour laquelle le gouvernement Édouard Philippe compte augmenter la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur l’enfouissement et baisser la TVA sur le recyclage, comme annoncé par le Premier ministre en avril. “Nous devons afficher une trajectoire fiscale claire pour les prochaines années afin de permettre aux collectivités et aux citoyens de s’adapter, sans que cela pèse sur les finances des villes qui s’engagent”, indique-t-elle.

« @EPhilippePM a lancé une feuille de route sur l’économie circulaire pour que les déchets deviennent des ressources. Il s’est notamment engagé à lancer une série de mesures pour accélérer le recyclage du #plastique. Par exemple, l’interdiction des plastiques à usage unique» #LCI

Brune Poirson (@brunepoirson) 12 août 2018

Adieu pailles, touillettes et gobelets

En pratique, l’exécutif souhaite également “clarifier l’étiquetage”, avec la mise en place d’ici à 2020 d’un logo “qui dira si un produit a vraiment été fabriqué avec du plastique recyclé ou s’il est recyclable”. Le logo rond constitué d’une flèche qui apparaît aujourd’hui sur les emballages plastiques ne signifie pas que l’emballage est recyclable ou recyclé mais que l’entreprise verse une contribution à un éco-organisme.

Autre mesure annoncée, simplifier la collecte et “uniformiser la couleur des poubelles” de tri, actuellement différentes d’une ville à l’autre “pour créer des automatismes”.

>> À lire sur France 24 : “Pollution plastique du littoral, un fléau mondial”

Autre levier que le gouvernement a déjà annoncé avoir l’intention d’actionner : l’interdiction de produits à usage unique, comme les pailles et les bâtonnets en plastique. “Début 2019 […], nous préciserons la liste des produits à usage unique que nous voulons interdire” et cette suppression des “usages superflus ou substituables” sera mise en œuvre “d’ici au 1er janvier 2020″, indique Brune Poirson.

Contre la pollution plastique, l’industrie doit encore accélérer https://t.co/e6VNrlxcLO

Le JDD (@leJDD) 12 août 2018

La France, mauvaise élève du recyclage

Selon l’organisation PlasticsEurope, qui représente les producteurs européens de matières plastiques, la France figure parmi les lanternes rouges européennes du recyclage des emballages en plastique, avec un taux de recyclage d’à peine plus de 20 % contre une moyenne européenne de près de 41 %.

Enfin, la Secrétaire d’État souhaite mettre en place dès cet automne dans des villes pilotes un “système de consigne solidaire : quand vous déposerez une bouteille, cela contribuera à financer un fonds en faveur d’une grande cause”.

Si la jeune militante LREM déclare soutenir les plastic attacks – initiatives citoyennes destinée à retirer tous les emballages inutiles dans un supermarché –, elle reconnait ne pas souhaiter la fin définitive du plastique. “On a besoin du plastique pour certains usages. […] La perspective n’est pas l’interdiction, mais le recyclage. Il faut radicalement changer les comportements.”

Première publication : 12/08/2018

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Des inondations importantes provoquées par de fortes pluies ont frappé le sud de la France, jeudi, entraînant l’évacuation de centaines de personnes. Un septuagénaire allemand est également porté disparu.

Des orages et des fortes pluies se sont abattus, jeudi 9 août, sur le centre-est et le sud-est de la France, nécessitant l’évacuation de 750 personnes dans le Gard, dont au moins 184 campeurs dans le nord du département.

Selon le ministère de l’Intérieur, 1 600 personnes, principalement des campeurs, ont été évacuées par mesure de précaution en Ardèche, dans le Gard et la Drôme. Neuf enfants ont été légèrement blessés et un septuagénaire allemand porté disparu. Le président et le vice-président allemands de l’association de Leverkusen, propriétaire du terrain sur lequel se trouvait une colonie inondée, ont été placés en garde à vue vendredi.

À Saint-Julien-de-Peyrolas, dans le Gard, des campeurs étaient menacés par la montée des eaux jeudi soir. “Toutes les personnes qui étaient dans le camping et la colonie de vacances”, et originaires de la région de Leverkusen (Allemagne), “ont été prises en charge dans la salle polyvalente et ont été vues par des médecins pompiers du Samu, par la Croix Rouge et des psychologues”, a déclaré à la presse le commandant Jérôme Tallaron, responsable de la communication des pompiers du Gard pour cette opération.

#Gard : grande prudence, #inondations en cours du côté de #SaintAmbroix et de #SaintBres. Routes impraticables, habitations menacées ! #Orages@viaOccitanieTV@Midilibrepic.twitter.com/xkCGzXpKaI

Loïc Spadafora (@loicspadafora) 9 août 2018

“On a juste un doute aujourd’hui sur une personne. On a retrouvé sa voiture emportée par les flots, c’est un monsieur de 75 ans. Pour le moment, les opérations de reconnaissance sont restées vaines”, a indiqué le commandant Tallaron. L’homme, de nationalité allemande, avait été présenté auparavant par la gendarmerie comme appartenant à l’équipe encadrant la colonie de vacances.

Des membres du groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux, vêtus de combinaison de plongée rouges, étaient visibles à proximité de l’Ardèche et de ses affluents dans l’après-midi.

Blessures légères et hypothermies

Cent quatre-vingt-quatre personnes – 136 enfants et adolescents et 48 adultes – ont été comptabilisées à la salle polyvalente du village et dix personnes – cinq adolescents et cinq adultes – ont été hospitalisées pour des blessures légères ou des hypothermies à l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze, a précisé le commandant Tallaron.

#inondations 160 personnes évacuées sur la commune de Saint Julien de Peyrolas. Sur place, les secours poursuivent les recherches. #Intemperies#AlerteMeteo#Gard#Oragespic.twitter.com/HlcIyYZs4e

viaOccitanieTV (@viaOccitanieTV) 9 août 2018

Dans la colonie de vacances allemande, le Planjole, et les deux campings voisins, des tentes éventrées baignent dans la boue. “On va sûrement demander un hébergement d’urgence”, témoigne Gudrun Weissmeyer, 37 ans, une touriste originaire de Munich. “On n’est pas équipés pour ce temps”, déplore-t-elle en montrant ses deux filles et son mari glissant dans la boue en sandales.

L’intervention dans le nord du Gard a mobilisé 120 pompiers du département puis 120 renforts, quatre hélicoptères et de nombreux gendarmes et militaires. Jeudi soir, le Gard n’était plus en vigilance orange. Les très fortes pluies ont engendré des cumuls pouvant atteindre 150 à 200 mm, a précisé la préfecture du Gard, parlant d’un phénomène “exceptionnel” et de 108 mm à Saint-Julien de Peyrolas.

Avec AFP

Première publication : 10/08/2018

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Jusque-là confiné au “Dark Web”, le mouvement pro-Trump “Q”, qui véhicule des théories du complot, a récemment gagné le grand public à la faveur de meetings du président américain.

“Trust the plan” (“Faites confiance au plan”). Une phrase-code qu’échangent depuis dix mois sur Internet, en signe de reconnaissance, les adeptes d’un mystérieux mouvement nommé “Q” ou “QAnon”.

Jusqu’alors confiné au “Dark Web”, cette partie “cachée” d’Internet, le mouvement est entré en pleine lumière le 31 juillet dernier, lors d’un meeting de Donald Trump à Tampa, en Floride. Dans la foule venue soutenir le président américain, plusieurs participants portaient en effet des T-shirts avec l’inscription “We are Q” (“Nous sommes Q”) ou brandissaient des pancartes aux couleurs du drapeau américain en forme de Q. Depuis, même si l’ampleur du mouvement reste difficile à évaluer du fait de sa “clandestinité”, les États-Unis s’interrogent: “qui est Q?”, l’instigateur supposé du mouvement.


© AFP

Tout a commencé le 28 octobre 2017 sur le forum anonyme 4chan. Un individu poste un message énigmatique présentant Donald Trump comme le sauveur potentiel de la nation américaine face une ligue d’antipatriotes mêlant pêle-mêle Hillary Clinton, Barack Obama et Georges Soros.

L’auteur du message se fait appeler “Q”… lettre qui désigne un niveau d’habilitation “secret défense” aux États-Unis. Il n’en fallait pas plus pour faire naître une rumeur: “Q” serait une taupe évoluant dans le cercle rapproché de Donald Trump. Elle détiendrait des informations classées “top secret” qu’elle aurait décidé de révéler, par bribes, sur des forums du “Dark Web”.

Selon la théorie “Q”, les États-Unis sont dirigés depuis des décennies par une organisation criminelle impliquant les Bush, les Clinton, les Obama, les Rothschild mais aussi des vedettes d’Hollywood, le tout avec des relents antisémites.

Le but de “Q” ? Préparer les Américains patriotes à “la tempête à venir” et au “Grand Réveil” qui, grâce à Donald Trump, fera tomber cette machination et rendra le pouvoir au peuple.

Les adeptes de “Q” voient des signes de Trump partout

Si elle fait état de kidnappings d’enfants et de réseaux pédophiles protégés, la thèse centrale de QAnon est politique: selon les adeptes de “Q”, la connivence de Donald Trump avec Moscou serait une stratégie d’affichage… simplement destinée à lui permettre de travailler en secret avec le procureur spécial Robert Mueller pour vaincre le grand réseau criminel mondial.

Les adeptes de “Q” voient des signes partout : pour eux, Donald Trump leur a ainsi lancé un signal dès octobre, lorsqu’il a mis en garde des journalistes contre “le calme avant la tempête”.

Au meeting de Tampa le 31 juillet, le président américain a déclaré s’être rendu quelque “17 fois” à Washington avant d’être élu. Et il n’a de cesse d’épingler les “17 démocrates en colère” qui enquêtent sur le dossier russe. Q est la 17e lettre de l’alphabet…

Dernier exemple en date, le 8 août, au sujet d’élections locales partielles, Donald Trump a tweeté: 5 for 5! Un message aussitôt interprété par les QAnon comme un code, 5 :5 signifiant qu’un message a été bien compris.

On 8/8 https://t.co/iEbLXqYQW7

#QAnon gab.ai/dekdarion (@dekdarion) 8 août 2018

Ce mouvement comporte des dangers bien réels, mettent en garde des experts qui citent l’exemple d’un homme armé arrêté en juin près du grand barrage de Hoover, dans le Nevada, et dont les revendications faisaient référence à QAnon.

Le mouvement “contient tous les éléments qui pourraient lancer un soulèvement, inciter à la violence voire pousser à une révolte politique”, a commenté un ancien agent du FBI, Clint Watts, sur MSNBC. “Cela me semble être un phénomène vraiment dangereux, surtout quand on voit que certains le lient au président et ses meetings”.

QAnon semble d’ailleurs avoir déjà fait des adeptes chez de célèbres supporteurs du républicain qui y ont fait allusion, comme l’actrice Roseanne Barr et le fondateur du site Infowars, nid de théoriciens du complot, Alex Jones.

>> À lire : Alex Jones, complotiste en chef réduit au silence par les géants du Web

Face à la tempête médiatique, la Maison Blanche a dû réagir. “Le président condamne et dénonce tout groupe qui inciterait à la violence”, a déclaré sa porte-parole Sarah Sanders. Mais loin d’être découragés, les adeptes de “Q” se sont, au contraire, réjouis en ligne de voir leur mouvement mentionné au cœur du pouvoir.

Avec AFP

Première publication : 08/08/2018

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Pékin a annoncé un vol d’essai réussi pour un prototype d’avion hypersonique qui serait capable de déjouer tous les systèmes de défense actuels. La Chine n’est pas le seul pays à miser sur les armes hypersoniques.

C’est un exploit à 7334 km/h. L’avion chinois Starry Sky-2 a réussi à atteindre Mach-6 (six fois la vitesse du son) lors d’un vol d’essai réalisé en fin de semaine dernière, a affirmé la presse chinoise lundi 6 août. C’est la deuxième fois que Pékin parvient à propulser un avion à une vitesse hypersonique (au moins cinq fois la vitesse du son) après un premier succès revendiqué en janvier 2014.

Mais cette fois-ci, Starry Sky-2 repose sur une technologie de propulsion particulière, baptisée “waverider”: l’avion chevauche ses propres ondes de choc pour atteindre sa vitesse de pointe, ce qui le rend beaucoup plus maniable. De ce fait, il pourrait se jouer de n’importe quel système de défense actuelle, affirme le South China morning post.

#China has successfully tested its new aircraft, the Starry Sky-2, which can even be used to carry nuclear missiles at a speed never seen before. Recently China & #Russia showed the world their new toys. For whom they display it? What intention is behind that? #defense#Militarypic.twitter.com/XqA2AsleZn

Cristina Font 柯伊娜 (@cfontharo) 7 août 2018

Course à l’arme hypersonique

Le but de Pékin est, en effet, de transformer ce prototype en avion opérationnel capable, dans les trois à cinqans, de transporter des missiles balistiques. N’importe quel adversaire potentiel de la Chine sur la scène internationale, à commencer par les États-Unis, pourrait ainsi être frappé en deux heures environ en l’absence de moyen de défense adéquat.

Les systèmes anti-missiles actuels sont conçus pour faire face aux menaces balistiques “traditionnelles”: des missiles ultra-rapides mais à la trajectoire prévisible. Un missile intercontinental file, en effet, à une vitesse de près de 20 fois celle du son, mais il suit un itinéraire prédéterminé qui permet d’anticiper son point d’interception. Impossible avec les armes hypersoniques, transportées par des avions à la trajectoire beaucoup plus imprévisible. “À l’heure actuelle, nous ne pouvons rien contre cette menace”, avait déploré fin mars le sénateur américain James Inhofe devant le comité des forces armées du Sénat.

D’où une course à l’arme hypersonique qui s’est engagée entre les principales grandes puissances mondiales ces dernières années. Chacun veut être le premier à maîtriser cette technologie capable de redéfinir les rapports militaires, d’après Mark Lewis, l’un des directeurs de l’Institut of Defense Analysis (Institut d’analyse des questions militaires). “C’est la plus importante évolution technologique depuis l’avion furtif. Avec la furtivité, la promesse était d’être invisible sur les radars, avec la vitesse hypersonique, même si on vous voit, il n’y a pas grand-chose à faire”, affirme-t-il dans un post de blog.

La Chine n’est pas la seule à se vanter d’un tel exploit technologique: la Russie affirme aussi avoir réussi un vol d’essai d’un avion hypersonique en mars 2018. À cette occasion, le président russe, Vladimir Poutine, a même fait du développement de cette technologie l’une de ses priorités militaires. “Les Indiens et les Français ne sont plus très loin de faire une percée dans ce domaine”, affirme Richard H. Speier, auteur d’un rapport sur la menace des armes hypersoniques pour le Rand, un centre américain de recherche, publié en juin 2018.

Les États-Unis à la traine

Et les États-Unis ? C’est tout le problème : la première puissance militaire mondiale est à la traîne. Leur dernier vol d’essai d’un avion hypersonique remonte à août 2012 et s’est soldé par un échec. “Les programmes chinois et russes sont clairement en avance sur nous”, s’est agacé Michael D. Griffin, le sous-secrétaire américain à la Recherche et ancien patron de la Nasa, devant les sénateurs américains en juin 2018.

Pour rattrapper ce retard, l’armée de l’air a conclu, en avril 2018, un contrat d’un milliard de dollars avec Lockheed Martin pour le développement d’un missile hypersonique, tandis que Boeing travaille sur un système de propulsion innovant pour ce type d’arme.

Mais aux États-Unis, tout le monde ne voit pas d’un bon œil cet effort de mise à niveau. Plutôt que d’essayer à tout prix d’égaler la Chine et la Russie, John Hyten, commandant du Stratcom (le commandement stratégique des États-Unis) a appelé, en mars 2018, à “améliorer en priorité les systèmes de radars et de satellites” afin d’être en mesure de se défendre contre la menace hypersonique. Les États-Unis ont donc un choix à faire. S’ils font le mauvais, l’ordre militaire mondial pourrait s’en trouver modifié à leur désavantage.

Première publication : 08/08/2018

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Le constructeur automobile américain Ford va équiper les ouvriers de quinze de ses usines à travers le monde d’exosquelettes. Ces gilets technologiquement augmentés sont censés alléger la charge de travail et réduire les coûteux problèmes de santé.

Ford devient la première entreprise au monde à déployer à grande échelle des exosquelettes dans ses usines pour soulager les ouvriers dans leur travail et améliorer leur productivité. Le constructeur automobile américain a annoncé, mardi 7 août, que des employés de quinze de ses sites dans sept pays vont pouvoir se transformer en “super ouvrier” grâce aux gilets technologiquement augmentés EksoVest, construits par l’entreprise américaine Ekso Bionics.

Ces exosquelettes ont été spécialement conçus pour “améliorer la résistance des bras des employés et les rendre plus endurants”, a expliqué au site Engadget Marty Smet, un expert des systèmes technologiques de Ford. Ils agissent comme un support musculaire pour les ouvriers qui doivent de manière répétitive lever les bras pour fixer des éléments sur le dessous des voitures. Ainsi, ils peuvent “plus confortablement lever les bras au-dessus de leur tête sur une longue période de temps”, a constaté le site économique Quartz, qui a pu essayer ce dispositif.

Soulever une pastèque 4 600 fois par jour

Les employés de Ford avaient bien besoin d’un tel soutien. Leur travail quotidien revient “à soulever un sac de farine ou une pastèque 4 600 fois par jour”, a reconnu le groupe américain dans son communiqué de presse. Le constructeur automobile assure que l’achat des exosquelettes est motivé par le seul souci du bien-être de ses ouvriers. Les gilets ne sont, ainsi, pas équipés de moteur qui aurait pu permettre d’accélérer les cadences de travail, mais aurait aussi alourdi la veste, la rendant moins confortable. Ils reposent uniquement sur un mécanisme hydraulique qui adapte le soutien fourni par l’exosquelette aux mouvements des bras. Ford avait même mis en avant sur son site, lors des premiers tests de l’exosquelette en novembre 2017, l’expérience d’un de ses ouvriers découvrant les joies de porter une EksoVest. Il se réjouissait d’être “moins morose” et d’avoir dorénavant “plus d’énergie pour jouer avec [ses] petits-enfants”.

Cependant, le bien-être des ouvriers va évidemment de paire avec celui de l’entreprise. La réduction de la fatigue et de l’effort, qui peuvent entraîner des problèmes de santé, est un enjeu économique majeur pour les entreprises. Surtout pour les constructeurs automobiles, dont la main d’œuvre fournit un effort intensif et répétitif. Le département américain du Travail a estimé que maladies et accidents du travail coûtent environ un milliard de dollars par semaine aux entreprises américaines. Ford n’a d’ailleurs pas pu s’empêcher de faire une allusion au rapport entre bonne santé et productivité de ses usines dans son communiqué tout à la gloire du bien-être de l’ouvrier augmenté : “Depuis 2005, les incidents qui entraînaient des pertes de temps de travail dans les usines Ford ont baissé de 75 %, et le taux d’accidents du travail en 2018 était l’un des plus bas au monde”.

Première publication : 08/08/2018

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