Archive for December, 2015

Des militaires postés devant la grande mosquée de Valence, commune du sud-est de la France, ont été la cible d’un conducteur, vendredi. Les soldats ont riposté et blessé l’auteur de l’attaque. Les motivations de l’assaillant restent inconnues.

Un homme a foncé, vendredi 1er janvier vers 15 h, sur quatre militaires français en faction devant une mosquée de Valence (Drôme), a annoncé le maire de la ville, Nicolas Daragon.

Le véhicule est revenu à la charge à deux reprises, et les militaires ont ouvert le feu au deuxième assaut, blessant l’attaquant à la jambe et au bras, a-t-il précisé sur iTELE.

L’un des quatre militaires est légèrement blessé à la jambe et un passant a “pris une balle perdue dans la jambe”, a ajouté Nicolas Daragon, ajoutant que le procureur de la République s’était rendu sur place.

>> À lire sur France 24 : “Vœux de François Hollande : ‘Nous n’en avons pas terminé avec le terrorisme'”

Le conducteur a agi seul. “On a vu cette personne, elle est d’origine maghrébine”, a déclaré Abdallah Dliouah, l’un des imams de la mosquée de cette commune du sud-est de la France.

À Valence, “le culte se passe de manière apaisée”

L’assaillant, dont la voiture était immatriculée en Savoie, “est hospitalisé et il reste à évaluer son état psychiatrique et ses motivations exactes”, a déclaré Nicolas Daragon. “La police est en train d’essayer de déterminer son identité”, a-t-il ajouté.

Vendredi soir, les motivations du conducteur restaient à éclaircir, mais son interrogatoire devrait permettre d’en savoir un peu plus sur les raisons de son geste.

“C’est vraiment un acte auquel on ne pouvait pas s’attendre, les quatre militaires étaient en faction devant une mosquée qui est une mosquée modérée et calme, entre deux prières où les fidèles affluaient”, a poursuivi le maire de la ville.

Une vingtaine de militaires sont déployés en permanence à Valence où ils patrouillent entre les lieux de culte et les bâtiments des institutions locales dans le cadre de l’opération Sentinelle, a indiqué Nicolas Daragon.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 01/01/2016

La Métropole du Grand Paris voit officiellement le jour vendredi. Composé de 131 communes, ce regroupement de départements s’est attiré l’hostilité de Valérie Pécresse, la présidente de l’Île-de-France, qui voit dans ce projet une “aberration”.

La Métropole du Grand Paris (MGP), censée donner à la capitale française des allures de géante à l’image de Londres ou Shanghai, voit officiellement le jour vendredi 1er janvier. Ce projet, né dans la douleur, a pour ambition de mettre sur pieds une intercommunalité de consensus chapeautée par un pouvoir politique.

Créée par la loi Maptam (affirmation des métropoles) du 27 janvier 2014 et retouchée par la loi NOTRe (réforme territoriale) du 7 août 2015, la MGP regroupe 131 communes : Paris, les 123 communes des départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), une commune du Val-d’Oise (Argenteuil) et six de l’Essonne. Elles seront rassemblées en 12 territoires remplaçant les agglomérations déjà existantes. Le périmètre concerné abrite plus de sept millions d’habitants.

Afin de préparer ce rapprochement, chaque commune de la MGP doit élire des conseillers – ce qu’a déjà fait Paris le 15 décembre – qui constitueront un “Conseil de la Métropole” de 209 élus, nommés “conseillers métropolitains”. Ce conseil prendra ses fonctions le 22 janvier et élira son président. Le nom de Patrick Ollier, député-maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), circule avec insistance, bien que ce dernier refuse pour l’heure de s’exprimer officiellement.

Combattre les inégalités

L’idée qui avait prévalu à la création de cette mégalopole était de régler les problèmes de la zone dite “dense” de l’agglomération parisienne, réputée pour sa pénurie de logements. En théorie, ce Grand Paris est ainsi censé apporter des logements plus nombreux et meilleur marché à l’ensemble des communes concernées, en confiant le pouvoir d’urbanisme à la métropole et non plus aux mairies. En outre, la MGP devrait favoriser la solidarité entre des territoires très inégaux et permettra une plus grande égalité entre les habitants des zones dites riches et ceux des zones plus pauvres, via une distribution des richesses au travers d’une caisse commune.

Néanmoins, ce projet ambitieux va, pour l’heure, devoir se contenter d’un démarrage modeste. Les tiraillements politiques et la dernière modification apportée cet l’été ont en effet limité le budget et les compétences de la nouvelle administration. Dans un premier temps, en 2016, le Grand Paris s’occupera d’environnement et de développement économique. Puis viendront l’aménagement et le logement, au cœur du projet, en 2017. La MGP exercera pleinement ses fonctions en 2020.

Le “problème immédiat et très compliqué” de la Métropole sera sa “tuyauterie budgétaire et fiscale”, a estimé Gilles Carrez, député-maire (Les Républicains – LR) du Perreux-sur-Marne (Val-de-Marne), cité par l’AFP.

“Aberration administrative et économique”

Cette nouvelle métropole dispose d’un budget propre de 65 millions d’euros. Particularité du projet : l’un des chantiers phares, les transports en commun, ne relèvera pas de la compétence de la MGP. Ces travaux, qui prévoient la création de nouvelles lignes de métro et l’agrandissement d’autres, resteront pilotés par le STIF (Syndicat des transports d’Île-de-France). Quant au Grand Paris Express, ce nouveau métro automatique de rocade d’une longueur de 205 kilomètres qui desservira 72 gares, il sera chapeauté par la Société du Grand Paris, un établissement public créé par l’État.

La nouvelle présidente Les Républicains du conseil régional d’Ile-de-France, Valérie Pécresse, ne voit pas d’un très bon œil ce nouveau Grand Paris. Elle s’est farouchement opposée à ce projet dès son discours inaugural le 18 décembre, affirmant qu’il s’agissait d’un “contre-sens historique” et d’une “aberration administrative et économique”. Pour Valérie Pécresse, qui estime que la métropole c’est la Région, le MGP laisse de côté plusieurs millions de Franciliens.

Une position qui pose des questions sur la future cohabitation entre le Conseil régional et le Grand Paris…

Première publication : 01/01/2016

Après une année “terrible” marquée par une série d’attentats sur le territoire français, le président François Hollande a adressé ses vœux aux Français en indiquant que 2016 sera consacrée à la lutte contre le terrorisme et le chômage.

“2015 fut une année de souffrance et de résistance, alors faisons de 2016 une année de vaillance et d’espérance”. Après une année marquée par le terrorisme, le président français, François Hollande, a présenté ses vœux aux Français, jeudi 31 décembre, lors d’une allocution radio-télévisée qu’il souhaitait empreinte de “gravité et de solennité”.

Citant la série d’attentats qui ont touché la France en 2015, de Charlie Hebdo et l’Hypercacher en janvier à “l’horreur” des attaques qui ont fait 130 morts le 13 novembre, le chef de l’État a, dans un premier temps, tenu à adresser ses premières pensées aux “victimes du fanatisme”. “Ce soir, en votre nom”, j’exprime notre compassion et notre affection” aux victimes, “ces tragédies demeureront gravées dans chacune de nos mémoires. Elles ne s’effaceront jamais”, a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : “Mais, malgré le drame, la France n’a pas cédé. Malgré les larmes, elle s’est tenue debout. Face à la haine, elle a montré la force de ses valeurs. Celles de la République”.

“Françaises, Français, je suis fier de vous”

Le chef de l’État a ensuite affirmé qu’il devait “la vérité” aux Français et que “la France n’en avait pas terminé avec le terrorisme” car la “menace est toujours là” et “reste même à son plus haut niveau”. “Mon premier devoir, c’est de vous protéger, a-t-il déclaré. Vous protéger, c’est agir à la racine du mal : en Syrie, en Irak. C’est pourquoi, nous avons intensifié nos frappes contre Daech [acronyme arabe de l’organisation État islamique]. Les coups portent, les jihadistes reculent, alors nous continuerons autant que nécessaire […] Françaises, Français, je suis fier de vous. Vous avez fait preuve dans ces circonstances de détermination, de solidarité et de sang-froid”, a-t-il dit encore.

>> À lire sur France 24 : “Déchéance de nationalité, du débat juridique à la bataille politique”

Face à la menace du terrorisme, François Hollande a confirmé son souhait d’inscrire dans la Constitution la possibilité de déchoir de la nationalité française les binationaux nés en France condamnés pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation, un projet qui divise la gauche. Alors qu’il a besoin d’une majorité des trois cinquièmes du Parlement pour faire voter cette mesure, il a dit qu’il respectait le débat parlementaire à venir.

“Le chômage reste ma première priorité”

Sur le front économique, le président n’a toujours pas obtenu la baisse du chômage dont il a fait une condition pour se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Aussi a-t-il affirmé que la lutte contre le chômage restait sa “première priorité” et a dévoilé le nombre des futures nouvelles formations qui seront mise en place pour ce faire : 500 000.

Vœux de François Hollande : l’analyse de Roselyne Febvre

François Hollande a par ailleurs annoncé le lancement d’un programme de grands travaux, en particulier dans le cadre de la transition énergétique, et il a demandé au gouvernement la généralisation du service civique.

Autre priorité: l’apprentissage, car “l’effort en faveur de la génération qui vient, c’est un devoir sacré”. “Je fixe l’objectif qu’aucun apprenti ne soit sans employeur et qu’aucun employeur ne demeure sans apprenti”, a-t-il détaillé, demandant aussi au gouvernement d’engager “par étapes”, la “généralisation” du service civique.

François Hollande s’est félicité aussi de la “réussite” de la COP21, “un résultat considérable” qui se traduira par un “programme de grands travaux pour la rénovation de nos bâtiments, pour le développement des énergies renouvelables et pour la croissance verte”.

Accents mitterandiens

Avec des accents mitterrandiens, il a exalté “l’amour de la patrie”, au “cœur” de son engagement. L’avenir de la France n’a “jamais [été] dans le repli, la fermeture, la discrimination ou la nostalgie”, a-t-il cependant ajouté dans une claire allusion à la montée du Front national.

Puis il a joint le geste à la parole, se rendant au pied des Champs-Élysées pour aller à la rencontre de quelques-uns des plus de 100 000 membres des forces de sécurité et de secours en cette nuit de la Saint-Sylvestre.

Plusieurs responsables de la majorité et de l’opposition ont commenté l’allocution présidentielle. “Je souhaite que l’appel du président de la République à faire vivre l’unité nationale soit entendu de tous”, a déclaré pour sa part le président du groupe PS de l’Assemblée Bruno Le Roux.

“Rien d’audacieux qui puisse nourrir l’espérance en économie”, a pour sa part déploré le député Les Républicains (LR, droite) Hervé Mariton. Quant à Marine Le Pen, présidente du Front national (FN, extrême droite), elle a jugé que “rien ne montre ce soir que le président ait pris la mesure de la situation de la France”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 31/12/2015

Depuis l’annonce de l’extension de la déchéance de nationalité française aux binationaux condamnés pour terrorisme, la classe politique se déchire, y compris au sein du PS. La mesure, symbolique, donne lieu à une bataille d’arguments contradictoires.

La possibilité de déchoir un individu condamné pour terrorisme de sa nationalité française devait être le symbole du combat pour l’unité nationale. Elle s’apparente davantage aujourd’hui à celui de la division nationale. Alors que la majorité des Français serait favorable à la déchéance de la nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme selon un sondage Opinionway pour “Le Figaro” publié mercredi 30 décembre, le parti socialiste est plus que jamais divisé.

Les parlementaires, réunis en congrès à Versailles le 23 novembre dernier, semblaient pourtant unanimes dans leur soutien à l’annonce par François Hollande que cette mesure serait incluse dans une réforme constitutionnelle. Mais un mois et demi plus tard, elle bouleverse les repères partisans. Selon Bernard Roman (PS), cité par L’Obs, 80 % des députés socialistes y seraient opposés alors que le vote de la droite et de l’extrême droite semble presque acquis. Chacun développe des arguments divers pour justifier cette adhésion parfois contre-nature au projet gouvernemental.

“Le serment de Versailles”

Parmi ceux qui se disent prêts à voter la réforme constitutionnelle, les députés socialistes et radicaux le font biensouvent pour soutenir la politique conduite par le gouvernement, tandis que les parlementaires issus des rangs de l’opposition (principalement LR, UDI et FN) le font par conviction. François Hollande est d’ailleurs très critiqué, à gauche, pour avoir fait sienne cette mesure défendue par Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

Le Président et son Premier ministre, Manuel Valls, tentent donc de rallier leur majorité à l’idée de la déchéance de nationalité en rappelant qu’appartenir à la nation française et commettre des attentats à son encontre sont incompatibles. Dans un billet publié sur Facebook le 28 décembre, Manuel Valls expliquait que “la déchéance symbolisera[it] l’exclusion définitive du pacte national de ceux qui ont commis des crimes terroristes”.

Et à ceux qui ne seraient pas convaincus, Manuel Valls rappelle dans une interview au JDD qu’ils sont en quelque sorte liés par l’unanimité affichée lors du discours de François Hollande face au Congrès. Un “serment de Versailles”, afin de ne pas forcer le Président à sortir “du cadre qu’il a fixé, c’est-à-dire l’unité nationale”.

Chez les partisans, des arguments différents de gauche à droite

Comme pour se convaincre, certains députés socialistes évoquent une simple rectification d’une inégalité constitutionnelle : les binationaux ayant “acquis la nationalité française par naturalisation (…) peuvent aujourd’hui être déchus de la nationalité française”, explique Alain Calmette, député PS du Cantal, dans un billet sur Facebook. Ceux qui sont nés en France (ayant donc acquis la nationalité à la naissance, par le droit du sol) ne peuvent effectivement pas être la cible de cette mesure pour l’instant. “Il y a déjà une différence de traitement entre Français”, conclut Alain Calmette pour qui il s’agit donc “d’unifier le cas de tous les binationaux”.

Dans une note envoyée aux députés socialistes et dévoilée par le Lab d’Europe 1, le groupe socialiste à l’Assemblée tente de venir en aide à ses membres en dégageant quelques éléments de langage. Le document, en écho aux propos de Manuel Valls, qualifie la déchéance de nationalité de “sanction que la Nation est légitimement en droit d’infliger à celui qui la trahit au point de la renier”.

L’argumentaire va plus loin en mentionnant les “effets concrets” d’une telle mesure : éloigner l’intéressé “vers le pays dont il a la nationalité” ou le priver de “droits qui s’attachent à la qualité de Français : notamment droits politiques et accès à certaines fonctions”.

Enfin, l’opposition de droite, qui devrait voter majoritairement en faveur de la réforme constitutionnelle, défend principalement la valeur symbolique de cette mesure. Face aux attaques qu’a subies la France, “il faut des mesures efficaces et des mesures symboliques”, jugeait ainsi Philippe Vigier, président du groupe UDI à l’Assemblée, mercredi 30 décembre sur Sud Radio. “C’est un point symbolique très fort, (qui) montre l’importance de la nationalité”, le rejoint Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France au micro de BFMTV/RMC.

Les opposants dénoncent en cœur une mesure inefficace

Les opposants insistent, eux, sur l’inefficacité supposée d’une telle sanction. “Cette mesure est, selon l’aveu du Premier ministre lui-même, inefficace pour lutter contre le terrorisme, confiait ainsi Benoit Hamon au JDD. Pas un terroriste français ne renoncerait à son acte de folie parce qu’on le menacerait de perdre son passeport.”

L’ancien ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du gouvernement Valls I craint aussi que la déchéance de nationalité ne laisse penser à des “millions de Français” qu’ils sont des citoyens de seconde zone. “Nous donnerions raison à tous ceux qui manipulent notre jeunesse et lui affirment qu’une partie d’entre eux n’ont jamais été considérés comme de vrais Français dans leur propre pays.” Une analyse partagée par beaucoup et prolongée par Olivier Faure, vice-président du groupe socialiste à l’Assemblée et porte-parole du PS : “Daech instrumentalisera vraisemblablement cette décision pour aller chercher les plus fragiles des Français qui peuvent se sentir citoyens de seconde zone”.

Dans la même veine, le porte-voix du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dénonce l’émergence d’un statut de “Français de souche”. À l’aile gauche du PS, dont Mélenchon est issu, le chef de file des frondeurs Christian Paul, regrette que des millions de Français puissent lire dans cette mesure l'”idée qu’il y aurait dans notre constitution deux catégories de Français et que certains le sont moins que les autres”.

Une fois n’est pas coutume, Christian Paul tombe ainsi d’accord avec l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy Benoist Apparu, qui sera l’un des rares députés LR à ne pas voter la déchéance de nationalité, parce qu’elle “ne servira strictement à rien”, a-t-il jugé mardi sur RTL notamment. “J’aime beaucoup les symboles, c’est très important les symboles. Mais peut-être qu’en France, on pourrait arrêter de faire de la politique avec des symboles pour faire des choses efficaces.”

Certains, enfin, voteront contre, car le champ de la mesure leur semble insuffisant. C’est le cas du député LR Guillaume Larrivé, qui souhaite voir la déchéance de nationalité étendue aux auteurs de délits terroristes en plus de ceux coupables de crimes. “Le texte que propose François Hollande ne s’appliquerait qu’aux criminels, c’est-à-dire à des individus condamnés par une cour d’assises. (…) Moi je veux par exemple, a ajouté le député de l’Yonne, qu’un jihadiste qui a porté les armes dans la zone irako-syrienne et qui passe devant un tribunal correctionnel comme auteur d’un délit terroriste (…) soit aussi déchu de la nationalité française”.

Une intransigeance que même Florian Philippot ne partage pas. L’eurodéputé du Front national, très satisfait de voir proposée par le gouvernement une mesure défendue par son parti depuis des années, souhaite élargir le champ de la déchéance de nationalité à d’autres “crimes très graves”, mais “sur le principe, on [les députés FN] peut voter pour”.

Première publication : 31/12/2015

L’organisation de l’EI a revendiqué la fusillade perpétrée mercredi au Daguestan, près d’un site touristique. Une personne a été tuée et une dizaine d’autres blessées.

L’organisation de l’État islamique (EI) a revendiqué jeudi 31 décembre la fusillade ayant fait un mort et une dizaine de blessés mercredi près d’un site touristique au Daguestan, république russe du Caucase en proie à une rébellion islamiste qui a prêté allégeance à l’EI fin juin, selon un centre américain de surveillance des sites islamistes, le Site.

Des inconnus avaient ouvert le feu dans la nuit de mardi à mercredi sur un groupe de personnes près des murailles de la forteresse Naryn-Kala dans la ville de Derbent, classée en 2003 au patrimoine mondial par l’Unesco, tuant une personne et en blessant 11.

Selon une source interrogée par l’agence publique Ria Novosti, les auteurs de la fusillade, qui ont pris la fuite, sont trois combattants originaires de Derbent, qui sont déjà responsables d’une série d’attaques et notamment d’avoir fait feu à la mi-décembre sur des employés du ministère russe des Situations d’urgence.

Une opération antiterroriste a été lancée dans le sud du Daguestan, frontalier de la Tchétchénie en proie à l’instabilité et foyer d’islamistes extrémistes où éclatent sporadiquement des affrontements entre combattants et forces de l’ordre.

Au moins 118 personnes ont été tuées au Daguestan entre janvier et novembre dans des affrontements, selon le portail d’information Kavkazski Ouzel, qui suit les activités des combattants dans le Caucase russe.

Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), la rébellion s’est progressivement islamisée et a de plus en plus débordé des frontières de cette petite république pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord.

Avec AFP

Première publication : 31/12/2015

Pour les festivités du Nouvel An, plus de 100 000 policiers et gendarmes sont mobilisés sur le territoire français. “Il n’y a pas de menace précise” d’attentat, a toutefois précisé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Outre la Belgique, qui a annoncé mardi 30 décembre l’annulation des festivités du Nouvel An, le reste de l’Europe est aussi sur le qui-vive depuis les attentats de Paris qui ont fait 130 morts. À Paris, privée elle aussi de feu d’artifice, la traditionnelle célébration du Nouvel An a été maintenue sur les Champs-Élysées, mais elle se déroulera sobrement et avec des mesures de sécurité renforcées.

L’Élysée a par ailleurs indiqué qu’après la traditionnelle allocution télévisée des vœux, le président François Hollande irait rendre visite à 20h30 (heure de Paris) au PC sécurité de la célèbre avenue.

Un mois et demi après les attentats parisiens, le dispositif est renforcé pour le réveillon du 31 décembre sur le territoire français : le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé jeudi la mobilisation de plus de 100 000 policiers et gendarmes dans l’Hexagone. Auparavant, le dispositif avait été renforcé dans la capitale française et dans sa petite couronne, avec “11 000” membres des forces de sécurité mobilisés contre 9 000 en 2014.

Ces effectifs comprennent des policiers, des services de secours dont 2 300 pompiers, 2 000 militaires et une soixantaine d’agents de la ville de Paris. S’y ajoutent une centaine d’agents de la RATP et de la SNCF pour la sécurisation des transports. Il y aura 1 600 policiers sur les seuls Champs-Élysées, point traditionnel de rassemblement le soir de la Saint-Sylvestre, entre 18 h jeudi et 1h30 vendredi.

“Il n’y a pas de menace précise” d’attentat, a cependant précisé Bernard Cazeneuve.



“Le risque d’attentat (est) réel
et connu depuis des semaines et il n’y a pas d’éléments nouveaux spécifiques à l’agglomération parisienne dont nous ayons connaissance”, a pour sa part déclaré à la presse le préfet de police Michel Cadot.

“Nous ne pouvons pas garantir qu’il n’y ait aucun risque, chaque année ces soirées sont des soirées difficiles”, a souligné Michel Cadot devant la presse, rappelant que le 31 décembre 2014 “un jeune homme a été tué lors d’affrontements sur le Champ-de-Mars et 160 personnes interpellées”.

“L’état de la menace terroriste est permanent” même s'”il n’y a pas d’éléments nouveaux spécifiques à l’agglomération parisienne ou notre capitale dont nous ayons connaissance”, a-t-il aussi indiqué.

L’opération Sentinelle, en place depuis les attentats de janvier et novembre, déploie 10 000 militaires sur le territoire national – dont 6 500 en Ile-de-France et 2 500 dans Paris intramuros.

Un réveillon sous haute sécurité en Europe

Feux d’artifices annulés

La préfecture de police de Paris prévoit également des contrôles et des “filtrages sélectifs” aux abords des Champs-Élysées où seront déployés 1 600 policiers et gendarmes. La circulation sera fermée à partir de 23h et rouverte vers 1h15.

Cette année, les feux d’artifices ont été annulés et remplacés par la projection d’images sur l’Arc de Triomphe ainsi que sur six panneaux le long des Champs-Élysées, quelques minutes avant le compte à rebours précédant la nouvelle année.

“La vente à emporter de boissons alcoolisées, tout comme la vente et la détention de bouteilles en verre quelle que soit la nature de la boisson contenue, seront interdites sur les secteurs Champs-Elysées, Trocadéro, Champ-de-Mars et voies sur berges durant la nuit du jeudi à partir de 20h, au vendredi à 6h”, a précisé la préfecture de police.

“Dans toute l’agglomération parisienne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), la distribution de carburants dans des conteneurs individuels ainsi que leur transport par les particuliers sont interdits” jusqu’à lundi, a-t-elle ajouté.

Le public est invité, pour se rendre à Paris ou se déplacer dans la capitale, à privilégier les transports en commun qui seront mis à sa disposition dans la soirée et dont la gratuité sera assurée sur l’ensemble du réseau d’Ile-de-France (RATP et SNCF) à partir de jeudi à 17h jusqu’à vendredi midi.

Avec AFP et Reurters

Première publication : 31/12/2015

Après 12 mois de surveillance et d’attention extrême, les forces de l’ordre françaises fatiguent. Jours de repos et de formation se raréfient, et l’état d’urgence n’a rien arrangé.

Voilà près d’un an que les forces de l’ordre et la justice françaises sont sur le qui-vive. Au lendemain des attaques terroristes de janvier, le niveau d’alerte vigipirate a été relevé, de rouge à “Alerte attentat”. Depuis, policiers et gendarmes n’ont jamais vraiment eu de moment pour souffler. La fatigue s’accumule. Et c’est encore pire depuis que l’état d’urgence a été décrété.

>> À lire aussi sur France 24 : À bout, des policiers en colère sous les fenêtres de Taubira”

En un mois et demi, plus de 2 900 perquisitions ont été menées, les dossiers doivent être instruits. Les membres des forces de sécurité enchaînent parfois 10 jours de travail consécutifs, avec, parfois, 24 heures d’affilées passées sur le pont, stationnent devant des lieux publics à risque, reportent leurs congés et prennent moins d’heures de formation. Selon “l’Opinion”, qui en fait sa une (accès réservé aux abonnées), beaucoup seraient proches du “burnout”, un état d’épuisement professionnel extrême.

Première publication : 30/12/2015

Bernard Cazeneuve est en Corse pour afficher la fermeté de l’État suite aux manifestations racistes de la semaine dernière. Il a visité la caserne des pompiers agressés le soir de Noël et la salle de prière musulmane saccagée.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est rendu mercredi 30 décembre en Corse dans l’intention d’afficher la fermeté de l’État après les manifestations racistes de la semaine dernière.

“Il n’y a en Corse de place, ni pour la violence, ni pour le racisme. Et je suis convaincu que c’est là la volonté de l’ensemble de ceux qui vivent en Corse”, a déclaré le ministre en arpentant un terrain de sport du quartier populaire des Jardins de l’Empereur, théâtre des incidents.

>>> À lire sur France 24 : “Pointer un certain racisme corse est caricatural” <<<

Accompagné de plusieurs responsables politiques et administratifs de l’île, notamment le préfet de Corse, le procureur d’Ajaccio et le maire de la ville, Bernard Cazeneuve s’est rendu à la caserne des pompiers qui avaient été agressés le soir de Noël.

À Ajaccio, M. Cazeneuve a salué les quatre fonctionnaires présents dans le camion d’intervention le soir des faits et s’est ensuite entretenu, à huis clos, avec des représentants du Syndicat des travailleurs corse (STC).

“La Corse n’est pas une zone de non-droit”

Le gouvernement s’efforce de reprendre la main sur l’île de beauté où deux pompiers et un policier ont été agressés la veille de Noël dans la cité “Les Jardins de l’Empereur”, à Ajaccio, où ils intervenaient pour éteindre un incendie criminel. S’en sont suivi deux jours de manifestations teintées de racisme, parfois au cri de “Les Arabes à Ajaccio”. Une salle de prière musulmane a également été saccagée.

“Non, clairement, la Corse n’est pas une zone de non-droit !”, a affirmé de son côté le Premier ministre Manuel Valls dans un entretien mercredi au quotidien “Le Parisien”/”Aujourd’hui-en-France”.

“L’État ne reculera jamais”, a-t-il ajouté en soulignant que “les premières interpellations ont eu lieu” et que “l’ensemble des auteurs, que ce soit du guet-apens ou des dégradations, seront identifiés et déférés devant la justice”.

Mardi, deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans des violences de l’après-midi du 24 décembre ont été mis en examen.

L’un des suspects, âgé de 18 ans et connu des services judiciaires, a été mis en examen pour “dégradations par un moyen dangereux”, et écroué pour avoir mis feu à des palettes dans l’après-midi. Le second suspect, âgé de 19 ans et inconnu des services de police, a été mis en examen pour “complicité de dégradations” et placé sous contrôle judiciaire. Les deux hommes font également l’objet de poursuites pour “intrusion dans un établissement public”, une école.

À ce stade, aucun des deux suspects n’est directement relié à l’agression de pompiers.

Valls rejette toute idée de “séparation” de la Corse

Manuel Valls a également invité les nationalistes corses à “faire le ménage” dans

leurs propres rangs : “Certains slogans doivent disparaître.” Il dit notamment vouloir proscrire “définitivement” les groupuscules identitaires comme “Vigilance nationale corse”, y compris “en étudiant leur dissolution”.

Les élus nationalistes, désormais à la tête de l’Assemblée territoriale, se sont efforcés depuis le début de la semaine de ramener le calme par des gestes d’apaisement. Lundi, le nouveau président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, et son homologue du conseil exécutif territorial, Gilles Simeoni, ont ainsi reçu des représentants de la communauté musulmane de l’île.

Manuel Valls a annoncé au “Parisien” qu’il irait lui-même en Corse au premier semestre 2016.

Il rejette toute idée de “séparation” de l’île de la République française. “Certains parlent d’une nation corse. Mais je ne sais pas trop ce que cela veut dire”, explique-t-il. “Il n’y a qu’une seule nation, la nation française.” “La République reconnaît à l’île un statut particulier du fait (…) de son histoire, de sa culture, de sa langue” mais “il n’y a pas de séparation possible. L’attachement de la Corse à la République française n’est et ne sera jamais négociable.”

Après la victoire surprise des nationalistes aux régionales, Jean-Guy Talamoni a déclaré que la question de l’indépendance se poserait “en son temps”. Dans son discours d’intronisation prononcé en langue corse, le 17 décembre, il a dit que l’île “n’était pas un morceau d’un autre pays mais une nation”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 30/12/2015

Deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans les violences commises contre des pompiers le soir de Noël à Ajaccio ont été mis en examen mardi. L’un d’eux a été écroué. Ces incidents avaient provoqué des débordements racistes.

Deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans des violences le soir de Noël aux Jardins de l’Empereur, un quartier populaire d’Ajaccio, en Corse, ont été mis en examen et l’un d’eux a été écroué, mardi 29 décembre. L’un des suspect, âgé de 18 ans et connu des services judiciaires, a été mis en examen pour “dégradations par un moyen dangereux”, et écroué pour avoir mis feu à des palettes dans l’après-midi du 24 décembre, a indiqué à l’AFP le procureur d’Ajaccio, Éric Bouillard.

Le second suspect, âgé de 19 ans et inconnu des services de police, a été mis en examen pour “complicité de dégradations” et placé sous contrôle judiciaire. Tous deux ont été mis en examen pour “intrusion dans un établissement public”, une école ayant été visitée.

En théorie, ces délits sont passibles de dix ans de prison. Mais, à ce stade, les enquêteurs n’ont pas relié directement ces deux hommes à l’agression de pompiers, appelés pour des feux de palettes dans la nuit du 24 au 25 décembre, dans le même quartier des Jardins de l’Empereur.

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Plus tôt mardi, quelques centaines de personnes se sont réunies dans le calme dans la cour de la caserne d’Ajaccio pour assister à une conférence de presse de Jean-Guy Talamoni, nouveau président de l’Assemblée de Corse, au cours de laquelle les représentants des pompiers ont appelé une nouvelle fois au calme, tout en se montrant fermes sur les violences. “S’en prendre aux pompiers, c’est se mettre en dehors de la civilisation”, a lancé l’indépendantiste.

“Nous pensons que le message d’un meilleur vivre-ensemble a été entendu et que le temps de l’apaisement et des actions concrètes est venu, a déclaré à la tribune l’adjudant-chef Jean-François Suzini. “Nous ne pouvons nous résoudre à devoir nous adapter à des violences urbaines telles que peuvent les subir nos collègues continentaux […] Nous ne tolèrerons plus d’autres agressions” et “nous refusons catégoriquement d’intervenir sous escorte policière”, a-t-il ajouté.

“Peur que ça recommence”

Mardi, le calme régnait et aucun membre des forces de l’ordre n’était visible aux Jardins de l’Empereur. Pendant trois jours, le quartier a été le théâtre des protestations et des manifestations déclenchées par les violences commises contre les pompiers. Vendredi, une salle de prière musulmane avait été saccagée, en marge de la première marche et celle-ci avait été émaillée de propos racistes, comme “Arabi fora” (“les Arabes dehors”), des propos également repris lors de la manifestation de samedi.

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Ces dérapages avaient conduit le préfet de Corse, Christophe Mirmand, à prendre un arrêté d’interdiction de manifester dans le quartier. “C’est calme, même trop calme. Maintenant les gens ont peur que ça recommence”, a témoigné, mardi, un commerçant, qui souhaitait que “les gens qui ont fait ça” soient “attrapés” par la police.

Lundi, les policiers ont tenté d’interpeller un troisième homme, soupçonné d’avoir participé aux incidents de l’après-midi du 24, selon une source judiciaire. Mais lorsqu’ils sont arrivés, celui-ci avait déjà pris la fuite et aurait quitté la Corse, a-t-on précisé de même source. Un proche de cette personne aurait été conduit au commissariat pour y être entendu en tant que témoin.

Avec AFP

Première publication : 29/12/2015