Archive for December 10th, 2015

Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, a appelé les électeurs de son parti à faire barrage au FN en votant pour le candidat de droite dans certaines régions à risque. En septembre dernier il écartait cette possibilité.

Jeudi 10 décembre, le Premier secrétaire du Parti socialste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, a adressé un courrier aux électeurs socialistes qui, à quelques jours du second tour des élections régionales, sont amenés à voter pour la droite républicaine afin de faire barrage au Front national (FN).

>> À lire sur France 24 : “Régionales : pourquoi le Front national a profité de la menace terroriste”

Cette lettre a été envoyée dans les trois régions où le FN est arrivé en tête du premier tour et où le PS a retiré ses listes : Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) et en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, bien que le candidat de gauche Jean-Pierre Masseret se soit maintenu, sans l’étiquette PS.

Dans cette dernière région, l’extrême droite, emmenée par Marion Maréchal-Le Pen, a raflé plus de 40 % des suffrages. La liste de droite des Républicains (LR) de Christian Estrosi est loin derrière avec 28,4 % des voix. Le Parti socialiste, en troisième position, récolte 27,8 %. ” Je suis profondément conscient du sacrifice que représente le retrait de nos listes “, écrit Cambadélis, mesurant “pleinement la déception” que cette décision a provoquée.

Une décision justement que certains électeurs socialistes en Paca ne doivent pas bien comprendre. Car en septembre 2015, ce même Cambadélis n’avait pas eu les mêmes mots doux pour la droit et appelait alors les électeurs de la région à ne jamais voter…pour Estrosi.

Estrosi, Le Pen, même combat ?

Au mois de septembre, en effet, le patron des socialistes excluait de faire un front républicain face à la menace Le Pen. Pas question, disait-il, de se désister en faveur de la droite au second tour des régionales… Pourquoi ? Parce que Christian Estrosi, le candidat LR, partage les mêmes idées que le FN, selon lui.

>> À lire sur France 24 : “Régionales 2015 : Sarkozy refuse le front républicain voulu par Cambadélis”

“Aujourd’hui quand vous entendez, honnêtement, quelqu’un comme Estrosi, vous vous demandez s’il n’est pas au Front national, avait-il déclaré sur France Info. Les positions développées par ce dernier sont pires que celles de Marion Maréchal-Le Pen, qui n’a même pas besoin d’être extrémiste sur la question des réfugiés et des migrants.”

Dans une interview à “Libération” le 13 septembre 2015, le premier secretaire du PS estimait même que les positions de Christian Estrosi et de Xavier Bertrand (tête de liste LR dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie) sur les réfugiés “empêchaient tout front républicain”.

Mais depuis le 13-Novembre, tout a changé. La gauche ne veut pas apparaître comme le parti qui n’a pas tout fait pour barrer la route au FN en Paca. Selon le sondage TNS Sofres-OnePoint pour “Le Figaro” et LCI publié mercredi, malgré ces zigzags, son appel a toutefois des chances d’être entendu : Marion Maréchal-Le Pen recueillerait 46 % des suffrages en Paca dimanche, contre 54 % pour Christian Estrosi.

Première publication : 11/12/2015

Le FN a frôlé les 50 % de suffrages au premier tour des régionales à Calais, sous-préfecture du Nord-Pas-de-Calais minée par le chômage, la pauvreté et frappée de plein fouet par la crise des migrants. Portrait d’une ville au bout du rouleau.

“Je suis à genoux”, soupire Gilbert Poinsenet. Ce septuagénaire est depuis 29 ans le propriétaire du Mirador, une brasserie cossue aux allures de pub anglais, dans le centre ville de Calais. Le père Noël en carton pâte niché en fond de salle sourit aux anges : la salle est quasiment vide, en ce mercredi, comme tous les jours depuis plusieurs mois. Le vieil homme se sent seul.

Comme lui, de nombreux Calaisiens sont fatigués. Acculés, inquiets, tous n’ont pas cédé aux sirènes extrémistes, mais le sentiment d’abandon est très répandu. Gilbert ne sait plus à quel saint se vouer. Depuis juin, les affaires vont de mal en pis et il ne croit pas que les élections y changeront grand-chose. À l’instar de 50,04 % d’électeurs inscrits à Calais, Gilbert Poinsenet n’a pas voté dimanche 6 décembre, pas plus qu’il ne votera le 13 décembre. “Les politiques sont tous les mêmes. Ils pensent à leur carrière, mais ils ne tiennent jamais leurs promesses”, lâche-t-il.


Gilbert Poisenet est depuis 29 le propriétaire du Mirador, une brasserie cossue du centre de Calais. © Sarah Leduc

D’autres ont encore envie de croire que le vote est une arme. À Calais, ancien bastion communiste, presque un électeur sur deux a voté pour le Front national (FN) lors du premier tour des régionales. Si un récent sondage donne Marine Le Pen perdante dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie dimanche prochain, les élus locaux restent plus que jamais mobilisés pour détourner les électeurs du vote frontiste. Le Parti socialiste (PS) a retiré sa liste et les candidats du parti Les Républicains (LR) enchaînent meeting et communiqués. Sur le terrain, les frontistes se font en revanche plus discrets, pas d’affiches, pas de tractage. Parole de Calaisiens, ils n’ont même pas de QG de campagne dans la ville : “Pourquoi ils en installeraient un ? Sans rien faire, ils ont frôlé les 50 % !” fait remarquer à France 24 une journaliste du quotidien local “La Voix du Nord”.

Calais était une aubaine pour le FN. Il y progresse régulièrement depuis la présidentielle de 2012, comme dans les autres villes du nord touchées par la crise. Dans cette agglomération de 72 000 habitants, installée sur le littoral de la Manche, le taux de chômage frise les 15 %, soit cinq points de plus que la moyenne nationale. Sans parler de la crise migratoire qui frappe la ville de plein fouet : plus de 4 500 migrants s’entassent dans la “jungle”, bidonville à la périphérie de la ville, mais plus que jamais au coeur de toutes les préoccupations. Qu’ils soient de gauche, de droite ou apolitiques, les Calaisiens évoquent une situation “insupportable” tant pour les migrants que pour eux, qui en subissent les conséquences.

La mauvaise image de Calais

Pour Gilbert Poinsenet, la crise des migrants a, indirectement, bouleversé le climat économique de la ville. “Moi j’ai rien contre les migrants, les pauvres, c’est pas facile pour eux. Mais ça donne une mauvaise image de Calais”, explique l’homme. Alors que les affaires n’étaient déjà pas au beau fixe depuis la crise de 2008, elles se sont effondrées l’été dernier, quand migrants et forces de l’ordre se sont affrontés à l’entrée du tunnel sous la Manche.

>> À voir dans le Débat de France 24 : “L’État désemparé face à la “jungle” de Calais ?”

Depuis, Calais, autrefois célèbre pour sa dentelle et ses bières, est maintenant réputée “ville dangereuse”. Les touristes – principalement belges et britanniques – ainsi que les routiers se tiennent désormais à l’écart de ce qui fut longtemps une étape incontournable entre la France et l’Angleterre. La cité Europe, un immense centre commercial à la sortie du tunnel, draine encore quelques voyageurs de passage, mais le centre de Calais, lui, est déserté. “À la belle époque, on vivait grâce au tourisme des Anglais. On les mettait à la porte quand les frigos étaient vides, tellement on avait fait de couverts !” se souvient Gilbert, nostalgique. “Mais les Anglais ont eu peur. Ils préfèrent passer par Caen ou Zeebruges (en Belgique)”. En août, son chiffre d’affaire a baissé de 49 %, il a dû licencier cinq employés.

Le vieil homme a dû renoncer à l’idée de transmettre la brasserie à son fils qui a quitté une région “où il n’avait aucun avenir”. Il n’a plus qu’un rêve : la retraite. “Le mois dernier, j’ai travaillé 344 heures. Je suis fatigué, je voudrais me reposer mais je ne peux pas”. Le vieil homme a mis son commerce en vente il y a deux ans, il n’a pas reçu une seule offre d’achat. “Qui voudrait s’installer à Calais aujourd’hui ?”, soupire-t-il.

La question se pose, en effet, à en juger par la succession de panneaux “à vendre” ou “à louer” qui couvrent les vitrines des dizaines de commerces abandonnés dans le centre ville. Le soir, le vent glacial souffle sur des artères aussi vides que silencieuses. Dès les premières pénombres, les parents inquiets avertissent leurs enfants, agrippés sur le manège à balancelles de la place du théâtre, que ce tour sera le dernier. On ne traîne plus dehors, la nuit, à Calais.

Jeunes, populations défavorisées, chômeurs : le cockail FN

“La seule solution, c’est de partir” assène Laurence Lefèbvre. À 41 ans, cette mère au foyer lutte pour nourrir ses trois enfants. Son mari, en contrat précaire comme agent de sécurité au tunnel après cinq ans au RSA, peine à joindre les deux bouts. Alors, une fois par semaine, Laurence vient chercher viande, conserves et légumes frais “quand y’a!” à l’épicerie sociale de Calais. Les bénéficiaires y payent leurs denrées au dixième du prix en magasin. Mais même ça, c’est parfois trop. “À la fin du mois, on suce les glaçons”, avoue-t-elle. Comme Laurence, plus de 19 000 personnes ont bénéficié de ce programme d’aide alimentaire – un parmi tant d’autres à Calais – l’année dernière.


À l’épicerie sociale de Calais, les bénéficiaires achètent des denrées alimentaires de base au dixième de leur prix. © Sarah Leduc

Dans la région, la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté dépasse les 18 %, soit un peu plus d’un million de personnes, selon l’Insee. “De ce constat apparaissent trois catégories de population : les jeunes, les populations défavorisées, et les chômeurs, et parmi eux les chômeurs de longue durée. Ces trois profils socio-économiques sont exactement ceux de l’électorat du Front national. Le résultat du premier tour n’est donc en rien une surprise”, a commenté l’universitaire Bernard Dolez, invité de France 3 Nord-Pas de Calais, dimanche soir.

Sébastien non plus n’est pas étonné. Ce cuisinier de 28 ans ne veut pas dire à qui il a donné sa voix, le 5 décembre, mais le résultat des urnes ne le désole pas. Au contraire : “Je suis ravi ! Le pouvoir politique va peut-être comprendre que quelque chose doit changer. Il faut que l’État se réveille sur notre situation : tout ferme, y’a plus de clients et en plus ça fait dix ans qu’on voit arriver des migrants sans que rien ne soit fait. Alors c’est normal que les gens deviennent racistes !” s’insurge ce Calaisien “d’origine”.

“Plus rien à perdre”

En meeting mercredi soir sur la place d’armes pour mobiliser ses troupes, qui font salle comble, la maire LR de Calais, Natacha Bouchart, estime de son côté que le score du FN a moins à voir avec le “racisme” qu’avec la colère. “Ce vote de colère, je le comprends puisque cette colère je la partage”. Un élément de langage entendu dans la bouche de dizaine de responsables du parti depuis dimanche dernier. Elle n’a pas de mots assez forts pour inciter les électeurs à faire barrage au parti d’extrême droite. Pour elle, la victoire de Marine Le Pen pourrait déclencher une “guerre civile”. “Le FN, dit-elle, est un capteur des mécontentements, de la colère, de la peur mais il ne fait pas de propositions (…) Il faut savoir se rassembler pour protéger la région d’un danger imminent”.


La maire Les Républicains de Calais, Natacha Bouchart, appelle les électeurs à faire barrage au FN. © Sarah Leduc

Mais d’aucuns estiment que le danger est déjà là. Le collectif des “Calaisiens en colère” dénonce les risques sanitaires, économiques et sécuritaires qu’il considère directement liés à la présence des migrants. Le groupe, composé de 13 membres, s’est constitué il y a six mois pour exprimer, à voix haute, “le ras le bol des Calaisiens”. Il se revendique “apolitique”, mais sa page Facebook, qui comptabilise plus de 30 000 visites, génère une déferlante de commentaires pro-FN ou carrément xénophobes. Et pour cause : tous les jours, le collectif y recense des infractions et débordements filmés attribués aux migrants.

Pour Sandrine, l’une des fondatrices, Calais n’est ni plus ni moins qu’une “bombe à retardement”. “Nos enfants ont peur de sortir dans la rue, le soir tout le monde reste chez soi… Et puis maintenant, il paraît qu’y a même des gens de Daesh dans le camp”, renchérit Laurent, membre du collectif. La machine à peur est en marche et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Pas même la présence policière et militaire aux abords de la jungle, pourtant intensifiée depuis les attentats du 13 novembre. “On continue de déployer des moyens pour les migrants, mais il n’y a personne pour nous protéger nous, les Calaisiens. Dès que les médias évoquent Calais, ils parlent des migrants mais jamais de nous, les habitants. On est les oubliés de Calais !”

C’est ce même sentiment d’abandon qui incitera Gérard à donner sa voix au FN dimanche prochain. “Marine Le Pen est la seule qui s’est intéressée à nous”, explique-t-il calmement. En meeting à Calais le 2 octobre, la présidente du FN avait parlé “d’une ville martyre”, “assiégée”, soumise “à une situation apocalyptique”. Des mots qui ont touché Gérard dont l’entreprise de démolition et la maison familiale sont installées Chemin des dunes, juste en face de la jungle. “On a fait un référé pour demander plus de sécurité mais nous avons été déboutés. Alors comme personne ne nous aidait, on s’est chargés tous seuls d’installer barrières rigides, portail sécurisé et vidéo-surveillance”, poursuit-il.

Il n’est pourtant pas dupe et il le rappelle lui-même : dès le lendemain du premier tour, Marine Le Pen a admis qu’elle ne pourrait pas faire grand-chose pour la jungle si elle était élue à la tête de la région. “Cette question n’est pas dans les compétences d’un Conseil régional”, a-t-elle rappelé. Mais Gérard estime qu’il n’a plus rien à perdre. “En 30 ans, rien n’a changé. C’est le moment d’essayer le FN , ça ne va pas nous tuer, alors essayons, on verra”.

  • © Sarah Leduc

    Les “Calaisiens en colère” avec leur masque blanc : “Le blanc c’est pour dire qu’on n’a plus de visage, qu’on n’existe plus. La larme de sang pour montrer qu’on est blessé au plus profond de notre cœur”, explique les membres du collectif.

  • © Sarah Leduc

    De droite à gauche : Laurent, Nadège et Sandrine, les “Calaisiens en colère” à visage découvert.

Du rejet à l’entraide

Ils sont nombreux à partager cette colère, mais tous diffèrent sur les moyens d’y répondre. “Il y a un désarroi réel à Calais et des indicateurs de précarité. Face à cela, il y a deux réactions possibles : le rejet ou la mobilisation et l’entraide”, analyse Sandrine Servantès, Calaisienne d’adoption et travailleuse sociale.

Ayant déjà hébergé le camp de Sangatte de 1999 à 2002, le Calaisis a une solide tradition d’accueil et ses habitants sont les premiers à venir en aide aux migrants et à apporter une aide bénévole. À l’instar de Laurence Lefèbvre, pourtant bénéficiaire de l’épicerie sociale. “Je donne ce que je peux, un peu d’eau ou un peu de pain. Je ne peux pas laisser des gens crever de faim dans la rue sous mes yeux”, explique la mère de famille.

>> À voir sur France 24 : “Dans ‘la jungle’ de Calais, la vie s’organise”

“Je n’ose pas imaginer ce que serait cet endroit sans l’aide des locaux”, témoigne Guillaume Sénéchal, membre de l’association Vie active qui gère le centre Jules Ferry. Cet accueil de jour sert 2 000 repas chauds par jour et offre douches, boissons chaudes et électricité aux migrants pour charger les portables. Souriant à une bande de garçons qui jouent au foot sur le terrain boueux du centre, Guillaume n’est pas là pour parler politique : “J’adore ce boulot, les gens que j’ai rencontrées sont formidables. Ça m’a ouvert les yeux”.

  • © Sarah Leduc

    La présence policière est renforcée aux abords de la jungle depuis les attentats du 13 novembre.

  • © Sarah Leduc

    Des CRS en opération dans la jungle de Calais, le 10 décembre 2015.

  • © Sarah Leduc

    Selon le dernier décompte des autorités, 4 500 personnes vivent en situation de grande précarité dans la “jungle” de Calais.

  • © Sarah Leduc

    Les migrants récupèrent morceaux de bois et bouts de plastique pour se construire des abris.

  • © Sarah Leduc

    Le rêve des migrants de Calais : passer un jour en Grande-Bretagne.

  • © Sarah Leduc

    Dans la jungle de Calais, des Érythréens et Éthiopiens ont construit une église orthodoxe avec des matériaux de récupération.

Première publication : 11/12/2015

Leader du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy ne s’est rendu qu’à deux meetings entre les deux tours des régionales : en Charente-Maritime et en Corse. Partout ailleurs, les candidats LR ont plus ou moins poliment refusé sa venue.

Il n’est pas franchement réclamé par ses lieutenants. Entre le premier et le second tour des élections régionales, l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy, qui fut longtemps un soutien indispensable lors des meetings de ses ouailles, n’a pas souvent été sollicité par les candidats de son parti Les Républicains (LR).

L’exemple le plus criant vient sans doute de Xavier Bertrand, le candidat LR qui affronte Marine Le Pen dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. “Mais qu’ils se taisent, bon sang !”, a-t-il lâché, mercredi 9 décembre, en s’adressant à Nicolas Sarkozy et aux autres ténors de son parti. “Cette campagne, je l’ai voulue locale avec des gens de chez nous […] Je veux avoir les coudées franches et n’avoir des comptes à rendre qu’aux six millions d’habitants de la région, pas aux états-majors”, s’est-il emporté. “Dans les états-majors parisiens, mon dieu, qu’ils se mettent au travail, qu’ils parlent un peu moins. Nous on s’engage sur le terrain à portée d’engueulade ! Qu’on nous foute la paix !”, a-t-il conclu.

La raison de son courroux ? Les propos de son chef de parti qui a déclaré cette semaine que voter pour un candidat frontiste ou socialiste revenait “à la même chose”. Et d’ajouter que “voter FN, ce n’est pas immoral”. Xavier Bertrand, qui devrait bénéficier du report de voix des socialistes dans la région après le retrait du candidat PS, Pierre de Saintignon, ne digère pas la sortie de l’ancien chef de l’État.

Changement de stratégie chez LR : “On est proches du peuple, loin des états-majors”

Au total, l’ex-hyperprésident ne se sera déplacé qu’à deux meetings : à Rochefort, mercredi, pour soutenir Virginie Calmels, candidate pour la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente et en Corse, jeudi soir, pour aider José Rossi. À part ça, rien. Alors qu’au premier tour des régionales, le patron des Républicains s’affichait volontiers aux côtés des postulants de son parti, nombreux sont ceux qui ont voulu affronter la dernière ligne droite de la campagne sans son concours. Est-ce le très bon score du Front national qui a changé la donne ? “Sûrement, analyse Olivier Rouquan, spécialiste de politique française à l’Institut supérieur du management public et politique (ISMAPP). Il y a aujourd’hui une volonté des leaders régionaux de dire aux électeurs : ‘on est proches de vous, on vous écoute. On est loin des appareils partisans, des dirigeants nationaux’. Une stratégie que le FN adopte depuis toujours”.

>> À lire sur France 24 : “À Colombey-les-deux-Églises, le FN prospère sur les terres du Général”

C’est en effet peu ou proue le message de Valérie Pécresse, candidate LR-UDI-MoDem en Ile-de-France, qui déclarait mardi que le bureau national de Vaugirard n’avait rien à faire dans “son” élection locale. “Ça n’est pas le président de mon parti qui se présente” aux suffrages des électeurs franciliens, a-t-elle déclaré sur iTELE au journaliste qui lui demandait si Nicolas Sarkozy était “blacklisté” de ses meetings. Stratège, la candidate avait répondu qu’elle ne s’afficherait pas plus aux côtés d'”Alain Juppé, de François Fillon, de Bruno Le Maire, ou d’aucun ténor national”.

“On préfère les visites sur le terrain”

La semaine dernière pourtant, des rumeurs faisaient état de la tenue d’une réunion publique autour de Valérie Pécresse avec Alain Juppé et Nicolas Sarkozy à Issy-les-Moulineaux. Il n’en sera rien. “On décidera en fonction du climat et des résultats du premier tour”, avait déclaré il y a quelques semaines au “Monde” l’entourage de la candidate. Et manifestement, le climat n’est pas sarkozyste.

L’ancien chef de l’État n’a pas été aperçu en Bourgogne-Franche-Comté, où les colistiers de François Sauvadet (UDI-LR), en deuxième position derrière le FN, ont eux aussi décliné son soutien. Il n’était pas dans le Grand-Est aux côtés de Philippe Richert ou en Rhône-Alpes-Auvergne aux côtés de Laurent Wauquiez. En Bretagne où le PS est en tête, le candidat de droite Jean-Marc Le Fur n’a, quant à lui, jamais réclamé le soutien de Sarkozy.

Même dans la région PACA, où l’un de ses plus fidèles soutiens, Christian Estrosi, affronte Marion Maréchal Le Pen, Sarkozy n’a pas été convié. “On préfère les visites de terrains”, a simplement indiqué l’entourage du maire de Nice sur France Info.

Première publication : 11/12/2015