Archive for December 12th, 2015

Le PS a remporté cinq des treize régions métropolitaines au second tour des élections régionales de dimanche. Loin de tout triomphalisme, ses dirigeants ont estimé que le danger de l’extrême droite n’était pas écarté.

La gauche a tiré son épingle du jeu, malgré la perte de la région Île-de-France, au second tour des élections régionales, dimanche 13 décembre, en conservant cinq régions, et en voyant sa stratégie pour faire barrage au Front national couronnée de succès.

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Ces résultats laisseront néanmoins un goût amer au parti socialiste (PS), qui dirigeait quasiment toutes les régions françaises depuis 2010, sauf l’Alsace. En outre, arrivé troisième au premier tour des élections en régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA, le PS a dû sacrifier ses élus pour laisser les meilleures chances au parti Les Républicains (LR). En Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, le maintien de Jean-Pierre Masseret, malgré les consignes de Solférino, s’est soldé par la victoire du candidat LR Philippe Richert.

D’abord très incertain en Île-de-France, le scrutin a finalement tourné à l’avantage de l’ancienne ministre Valérie Pécresse (LR). La défaite est cuisante pour Claude Bartolone, qui n’a pas réussi à conserver à gauche la première région française (30% du PIB), après dix-sept ans de règne du socialiste Jean-Paul Huchon. Il a annoncé dans la soirée, comme il s’y était engagé, qu’il remettait son mandat de président de l’Assemblée nationale en jeu.

La gauche, qui se disait dès avant le premier tour, confiante pour les trois régions de l’Ouest (Bretagne, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon), les remporte effectivement haut la main, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian obtenant même la majorité absolue (51,4%) en Bretagne.

Autres régions tombées dans l’escarcelle de la gauche, à la faveur de triangulaires très serrées : le Centre-Val-de-Loire et la Bourgogne-Franche-Comté, où avait plané entre les deux tours l’ombre d’une possible victoire du FN.

“Aucun soulagement”

Malgré ces résultats meilleurs qu’attendus, l’heure n’était pas aux démonstrations de joie dans les rangs de la majorité dimanche soir. “Ce soir : aucun soulagement, aucun triomphalisme. Le danger de l’extrême droite n’est pas écarté”, a rapidement réagi Manuel Valls.

Une réserve bien compréhensible : « L’abstention reste très élevée (41,3 %, NDLR), le score du FN reste très important, et la gauche a dû se retirer dans deux régions (Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA, NDLR). Pour la première fois de son histoire, le PS a été absent au second tour d’une élection régionale », rappelle Julie Dungelhoeff, envoyée spéciale de France 24 au siège du PS, rue de Solférino, à Paris.

Discours de Jean-Christophe Cambadélis

“Pour le Parti socialiste, ces résultats constituent un succès sans joie”, a pour sa part considéré le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis. “Sans joie, (…) parce que l’abstention est encore trop forte. Sans joie, parce que l’extrême droite est décidément trop haut. Sans joie enfin, parce que des candidats de gauche ont dû se retirer en vue du second tour”, a-t-il expliqué.

Le premier secrétaire a appelé le gouvernement à infléchir sa politique pour “faire barrage aux inégalités”. “Nous ne pouvons plus continuer comme cela. Il faut agir contre la précarité et pour l’activité, comme nous nous sommes attaqués à la compétitivité et à la refondation de l’école”, a-t-il estimé.

“C’est l’inflexion qui doit intervenir dans les dix-huit mois à venir”, a-t-il appuyé.

À l’aile gauche du parti, les frondeurs voient dans les résultats des régionales des motifs renouvelés pour réclamer un “nouvel agenda politique” et un rassemblement de la gauche. Leur chef de file Christian Paul a salué un “sursaut civique remarquable” qui a mis en échec le FN, tout en invitant les socialistes à “ne pas pratiquer la politique de l’autruche”.

Première publication : 14/12/2015

Le FN n’a remporté aucune région lors du second tour des élections régionales dimanche. Sa présidente, Marine Le Pen, a notamment été battue par le candidat Les Républicains, Xavier Bertrand, en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

C’est un échec pour Marine Le Pen. Le Front national (FN), arrivé en tête au premier tour des élections régionales avec près de 30 % des suffrages, a surpris, en ne remportant aucune des 13 régions métropolitaines françaises lors du second tour des élections, dimanche 13 décembre.

Peu après avoir appris la défaite de son parti, la présidente du FN a évoqué “un régime à l’agonie” : “Cet entre-deux tours a vu le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale en poste, possédés par leur emportement, tenir des propos d’une irresponsabilité inquiétante, qui conduisent à s’inquiéter sur les dérives et les dangers d’un régime à l’agonie”, déclarait-elle.

Discours de Marine Le Pen à l’issue du second tour des régionales

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Marine Le Pen a été très nettement distancée par le candidat Les Républicains (LR) Xavier Bertrand (57,21 % pour M. Bertrand, contre 42,79 % à Mme Le Pen).

Le maire FN d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Steeve Briois, a déclaré dimanche soir que “la malhonnêteté et le mensonge l’ont emporté”. “Le Front républicain a joué sur les peurs, on a subi une campagne de haine. Rassurez-vous, la roue tourne, on n’est pas totalement dans l’Union soviétique. Nous progressons en voix, nous n’avons jamais été aussi haut”, a-t-il estimé depuis le QG du Front national.

>> À lire sur France 24 : “Pourquoi le FN est-il plus fort chez les moins diplômés ?”

L’envoyé spécial de France 24, Clovis Casali, décrit une ambiance tendue au QG du Front national à Hénin-Beaumont à l’issue de l’annonce des résultats. “Il y a beaucoup de tensions, de la déception forcément et pas mal d’animosité, notamment vis-à-vis des journalistes. Un militant frontiste nous a insultés et traités de fascistes, (…) une journaliste a été giflée”, a-t-il indiqué.

“Aucun triomphalisme” pour Valls

Le Premier ministre Manuel Valls a pris la parole dimanche soir pour saluer les électeurs qui ont répondu à l’appel de la gauche à faire barrage au FN, tout en prévenant que “le danger de l’extrême droite n'[était] pas écarté”.

“Je salue d’abord les électeurs qui ont répondu à l’appel très clair, très net, très courageux, celui de la gauche à faire barrage à l’extrême droite qui n’obtient ce soir aucune région”, a-t-il déclaré.

“Ce soir, aucun soulagement, aucun triomphalisme, aucun message de victoire : le danger de l’extrême droite n’est pas écarté”, a souligné le Premier ministre. “Tout cela nous oblige à entendre davantage les Français, à agir sans relâche, plus vite, pour obtenir plus de résultats : l’emploi, la formation des chômeurs, l’apprentissage pour nos jeunes doivent mobiliser plus que jamais toutes nos énergies”.

À moins de deux ans de l’élection présidentielle, tant le parti socialiste que Les Républicains ne pourront cependant ignorer l’avertissement qu’a représenté le score exceptiopnnel du FN au premier tour. Pour ce second tour, le FN a obtenu plus de voix individuelles qu’au premier tour (un peu plus de 6,8 millions).

Avec AFP

Première publication : 13/12/2015

Le second tour des régionales s’est tenu ce dimanche en France. Le FN, en tête au premier tour, ne remporte aucune région. La droite remporte sept régions en métropole. Et la gauche sauve les meubles en en remportant cinq.

  • Quelque 45,3 millions d’électeurs français étaient appelés aux urnes, dimanche 13 décembre, pour le très attendu second tour des élections régionales, dernier scrutin avant la présidentielle de 2017.
  • Le Front national (FN), en tête au premier tour, n’a remporté aucune région.
  • Les Républicains (LR) ont remporté le scrutin dans sept régions : Île de France, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, PACA, Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, Pays de la Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Normandie. Ils remportent aussi l’élection à La Réunion.
  • Le PS a remporte cinq régions : Bretagne, Centre-Val de Loire, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Bourgogne-Franche-Comté.
  • C’est la liste nationaliste du maire autonomiste de Bastia, Gilles Simeoni, qui l’emporte en Corse.
  • Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, la participation a dépassé les 58 %, contre 49,91 % au premier tour, soit plus de 3,6 millions de personnes votantes supplémentaires. En 2010, le taux de participation au second tour des régionales s’élevait à 51,21 %.

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Première publication : 13/12/2015

Le second tour des régionales, dernier scrutin avant la présidentielle de 2017, se tient dimanche. La participation enregistrée à midi est supérieure à celle du premier tour, qui avait vu le FN arriver en tête dans plusieurs régions.

Les quelque 45,3 millions d’électeurs français sont appelés à voter, dimanche 13 décembre, pour le très attendu second tour des régionales, dernier scrutin avant la présidentielle de 2017. Le Front national de Marine Le Pen pourrait, pour la première fois de son histoire, l’emporter dans plusieurs régions, dont le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca).

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, la participation s’élevait à 19,59 % à midi, contre 18,57 % en 2010 et 16,27 % lors du premier tour.

  • © Valéry Hache, AFP

    Candidat Les Républicains en Paca, le maire de Nice Christian Estrosi a voté peu avant 10 h.

  • © Boris Horvat, AFP

    Son adversaire dans cette région, Marion Maréchal-Le Pen (FN) a voté à Carpentras, dans le Vaucluse, département dont elle est députée.

  • © François Lo Presti, AFP

    La présidente du FN Marine Le Pen a voté à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. La liste FN est arrivée en tête au premier tour dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

  • © François Nascimbeni, AFP

    Xavier Bertrand, candidat Les Républicains, a voté dans son fief de Saint-Quentin. Il est le seul adversaire du FN dans cette région, après le retrait du PS.

  • © Frédérick Florin, AFP

    Dans la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, le candidat Les Républicains Philippe Richert a voté à Wimmenau, dans le Bas-Rhin.

  • © Jean-Christophe Verhaegen, AFP

    Son adversaire Florian Philippot (FN), qui a voté à Forbach (Moselle), était arrivé en tête à l’issue du premier tour.

  • © Fred Marvaux, AFP

    Jean-Pierre Masseret, candidat socialiste arrivé troisième au premier tour, s’est maintenu au second tour contre l’avis du PS. Il a voté dimanche à Metz (Moselle).

  • © Jean-Pierre Muller, AFP

    Au lendemain de la signature de l’accord sur le climat à la COP21, François Hollande a voté dans son fief de Tulle, en Corrèze. Le chef de l’État s’est dit “un peu” fatigué après les longues négociations, “mais c’est pour la bonne cause”, a-t-il ajouté.

  • © Miguel Medina, AFP

    Valérie Pécresse, la candidate Les Républicains en Île-de-France, arrivée en tête au premier tour, a voté dimanche à Versailles (Yvelines).



  • Son adversaire socialiste et président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, a voté au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis).

  • © AFP

    Wallerand de Saint-Just, tête de liste Front national en Île-de-France, est le troisième candidat en lice dans cette région.

Le vote de dimanche permettra de désigner 1 757 conseillers régionaux et 153 conseillers territoriaux (Corse, Guyane et Martinique). Quarante-six listes sont en lice, dont deux duels, dix triangulaires et une quadrangulaire pour la seule métropole.

Dernier rendez-vous électoral avant la présidentielle de 2017, ces régionales ont lieu sous haute tension, un mois jour pour jour après les attentats du 13 novembre à Paris, mais aussi en raison du bouleversement politique que constituerait l’arrivée de l’extrême droite à la tête d’un exécutif régional aux compétences renforcées.

Mobiliser les abstentionnistes

Malmenée au premier tour, la gauche, qui a accepté de retirer ses listes dans ses fiefs historiques de Paca et du Nord-Pas-de-Calais-Picardie pour faire barrage au FN, espère limiter les dégâts en conservant un maximum de régions. Devancée par le FN au premier tour, la droite, qui ne dirige qu’un seul exécutif régional depuis 2010 (Alsace), doit, elle, mobiliser des abstentionnistes du premier tour pour espérer l’emporter.

Le 6 décembre, un électeur sur deux ne s’était pas déplacé. Mais la participation est en général plus forte au second tour : pour les précédentes régionales en 2010, elle avait augmenté de cinq points entre le premier et le second tour.

L’emploi, priorité des électeurs

Si la campagne électorale a balayé les enjeux régionaux, au profit de la crise des migrants ou de la sécurité, pour laquelle les régions n’ont pourtant pas de compétence, les préoccupations économiques, l’emploi, sont peu à peu redevenus la priorité des électeurs.

Le vote se déroule pour la première fois dans le cadre des 13 grandes régions métropolitaines nées de la réforme territoriale et dans quatre régions et territoires d’outre-mer. Malgré des budgets encore limités, ces nouvelles régions interviendront dans de nombreux domaines, comme l’organisation des transports routiers, la formation professionnelle ou la gestion des lycées. Elles disposent désormais d’une compétence exclusive en matière économique et sont les seules collectivités à pouvoir accorder des aides directes aux entreprises.

Avec AFP

Première publication : 13/12/2015