Archive for December 15th, 2015

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La Réserve fédérale américaine a décidé, mercredi, de relever ses taux directeurs pour la première fois depuis 2006. Une décision historique qui amorce une normalisation de la politique monétaire américaine.

La banque centrale américaine (Fed) a pris mercredi 16 décembre la décision historique de relever ses taux pour la première fois en près de 10 ans. Ses taux directeurs, qui étaient maintenus proches de zéro depuis fin 2008, seront relevés de 0,25 point et évolueront désormais dans une fourchette comprise entre 0,25 % et 0,50 %, a décidé à l’unanimité le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) à l’issue de deux jours de réunion à Washington.

Bien que modeste, cette hausse pourrait marquer le début de la fin de la politique monétaire extrêmement accommodante déployée par la Réserve fédérale pour soutenir la reprise américaine et fluidifier le crédit après la récession de 2008-2009. Sa résonance promet par ailleurs d’être planétaire.

L’annonce de la Fed, faite par la voix de sa présidente Janet Yellen, était attendue depuis plusieurs mois. L’économie américaine a en effet repris des couleurs, le chômage est passé sous la barre des 6 % et l’utilité de maintenir des taux proches de zéro, synonymes de crédits peu chers et donc de dynamisme économique, n’était plus évidente.

Vers 2 % d’inflation annuelle

Dans son communiqué publié mercredi, le FOMC se dit “raisonnablement confiant” dans le fait que l’inflation annuelle remontera “à moyen terme” vers son objectif de 2 %. Les dépenses des ménages et l’investissement des entreprises ont par ailleurs augmenté à des “rythmes solides au cours des récents mois”, note encore le FOMC, selon qui l’activité économique dans son ensemble a crû à un rythme “modéré”.

Au vu de la situation économique, la Fed prévient toutefois que les futures hausses des taux seront “graduelles”, qu’elles dépendront des données économiques à venir et que la politique monétaire restera, en tout état de cause, accommodante pendant “un certain temps”.

La dernière hausse des taux aux États-Unis remontait à juin 2006 lorsque la Fed voulait calmer le marché immobilier qui éclatera deux ans plus tard avec la crise des prêts à risques “subprimes”.

Turbulences pour les pays émergents ?

Ce changement de cap, qui tranche avec l’intensification de l’action des banques centrales européenne et japonaise, pourrait par ailleurs provoquer des turbulences sur les marchés mondiaux, rendus nerveux par la fin de l’ère de “l’argent pas cher”, et déstabiliser des pays émergents inquiets de voir les investisseurs se ruer vers le dollar.

La politique des taux zéro a en effet poussé de nombreux investisseurs à placer leurs fonds au Brésil, en Turquie ou en Afrique du Sud, en quête de rendements plus rémunérateurs. Avec ce revirement de situation, ces pays vont devenir moins attractifs et pourraient subir une brusque accélération d’un exil des capitaux qui a déjà commencé. La Banque mondiale leur a d’ailleurs conseillé d'”attacher leur ceinture” et à se préparer à des turbulences.

Avec AFP

Première publication : 16/12/2015

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Le Parlement européen et les membres de l’UE ont conclu mardi un accord de principe imposant un contrôle parental sur les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Le texte renforce aussi la protection des données sous peine de sanctions financières.

Facebook et Whatsapp bientôt sous contrôle parental pour les moins de 16 ans ? Le Parlement européen et les États membres de l’Union européenne ont fait un premier pas dans ce sens en concluant, mardi 16 décembre, un accord de principe visant à modifier le règlement sur la protection des données avec une mesure particulièrement remarquée en ce qui concerne les mineurs.

Le nouveau règlement imposerait l’obtention d’une autorisation parentale obligatoire pour les adolescents de moins de 16 ans qui souhaiteraient s’abonner à des services tels que Facebook, Twitter ou Whatsapp. En théorie, la plupart des services en ligne sont déjà interdits aux moins de 13 ans. Certains pays seront autorisés à maintenir l’âge minimum de consentement à 13 ans, a précisé l’eurodéputé britannique Timothy Kirkhope sur Twitter.

Régissant immédiatement à l’accord de principe, le lobby numérique à d’ores et déjà dénoncé l’initiative européenne. D’après le quotidien “Le Monde”, le groupe de lobbying Digital Europe, qui représente notamment Google, IBM, Apple, Microsoft a demandé aux négociateurs “d’éviter l’introduction d’une demande de consentement parental irréalisable et qui dévierait des bonnes pratiques actuellement en cours dans l’industrie”.

Les amendes se chiffrent en milliards de dollars

Autre changement de taille pouvant impacter l’activité des géants américains du Net en Europe : le texte donnera aux autorités le pouvoir de taxer les multinationales comme Facebook ou Google à hauteur de 4 % de leur chiffre d’affaires en cas de violation de la protection des données, ce qui représente des milliards de dollars pour les géants du Net. L’accord devrait imposer aux entreprises de signaler toute violation aux autorités nationales dans les 72 heures et instaurer des règles strictes sur la réutilisation des données des particuliers.

Il devrait également prévoir la nomination d’un délégué à la protection des données des salariés dans chaque entreprise et entériner le “droit à l’oubli” qui permet aux ressortissants de l’UE de demander la suppression sur internet d’informations obsolètes les concernant.

Cet accord de principe est l’aboutissement de longues négociations entamées en juin dernier entre les États membres et les eurodéputés. Prochaine étape toutefois avant une application par les États : l’accord définitif doit encore être validé par la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieur du Parlement européen jeudi. Le texte définitif devrait être adopté d’ici à la mi-2016, puis il faudra compter au moins deux ans pour le transcrire dans le droit des pays de l’UE.

Avec Reuters

Première publication : 16/12/2015

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Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a saisi la police judiciaire, mercredi, après la publication par la présidente du Front national Marine Le Pen de photos d’exécution imputées à l’organisation de l’État islamique sur son compte Twitter.

Ces photos sur Twitter sont “une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme”. Le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ne visait pas, par ces propos, un quelconque fil de propagande jihadiste, mais le compte officiel de Marine Le Pen, présidente du Front national.

Il a signalé à la plateforme Pharos de la police judiciaire (mise en place pour dénoncer des contenus illicites sur Internet) trois clichés que la chef du parti d’extrême-droite a publiés sur son fil Twitter mercredi 16 décembre. Ces images très crues montrent des victimes du mouvement terroriste de l’organisation de l’État islamique (EI). L’une d’elles dévoile, notamment, le corps décapité d’une personne dont la tête a été placée sur son torse.

Peu avant, le Premier ministre Manuel Valls avait également réagi à ces publications, dénonçant une démarche “incendiaire du débat public, une faute publique, faute politique et morale”.

La question qui fache

Quelle mouche a donc piqué Marine Le Pen ? La présidente du Front national assure avoir voulu réagir aux propos du journaliste de RMC Jean-Jacques Bourdin. “Le parallèle fait ce matin par Jean-Jacques Bourdin entre Daech [l’autre nom de l’EI, NDLR] et le FN est un dérapage inacceptable”, avait-elle gazouillé sur le site de microblogging avant de sortir l’artillerie lourde : ces photos issues de la propagande de l’EI.

Le présentateur interrogeait, mercredi matin, le spécialiste du jihadisme Gilles Kepel sur le processus de radicalisation à l’occasion de la sortie de son ouvrage “Terreur dans l’Hexagone”. Le journaliste demandait à son interlocuteur de réagir aux “liens pas directs entre Daech et le Front national mais ce repli identitaire, qui finalement est une communauté d’esprit” (sic).

C’est cette phrase qui a fait sortir Marine Le Pen de ses gonds sur Twitter. Nombreux sont ceux qui, sur le réseau social, se demandaient si la député européenne n’était pas allée trop loin en publiant ces photos de propagande de l’organisation terroriste. Notamment au regard des règles de conduite du réseau social et à la loi interdisant l’apologie du terrorisme. “Quand un petit con reprend la propagande de Daech sur Twitter, il se prend 2 ans de prison ferme [un lycéen de Caen de 16 ans, NDLR]. Quand c’est le compte officiel de Marine Le Pen, il se passe quoi ?”, s’interroge Nicolas Henin, journaliste et ex-otage de l’État islamique. Twitter, contacté par France 24, n’a pas souhaité faire de commentaire.

Première publication : 16/12/2015

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Le vice-ministre américain de la Défense Robert Work a développé un long argumentaire, lundi, pour justifier les 12 à 15 milliards de dollars qu’il réclame pour développer des exosquelettes, des mini-drones et l’intelligence artificielle.

Le Pentagone a dressé sa liste de cadeaux de Noël : il souhaiterait des mini-drones, des exosquelettes ou encore des armes intelligentes. Pour obtenir satisfaction, le vice-ministre du département américain de la Défense, Robert Work, a annoncé, lundi 14 décembre, qu’il comptait demander une enveloppe de 12 à 15 milliards de dollars à l’occasion du budget 2017 pour rester à la pointe de la guerre technologique.

“Nous savons que la Chine investit beaucoup d’argent dans la robotique et que la Russie se prépare à se battre sur un terrain entièrement robotisé”, a précisé Robert Work pour justifier sa demande de financement. Le responsable américain sous-entend que les États-Unis doivent être prêts à affronter des bataillons de robots tueurs.

Les fonds supplémentaires demandés par le Pentagone ne serviraient pas à mettre en place des Terminator “made in USA”, assure Robert Work. “Ces technologies sont conçues pour rendre l’humain plus efficace en situation de combat”, a-t-il expliqué.

Le vice-ministre américain de la Défense a une idée très précise de la manière avec laquelle il dépenserait ces milliards de dollars. Présentation des deux technologies sur lesquels le Pentagone veut miser.

Le soldat et les véhicules augmentés. Il y a d’abord les exosquelettes. L’armée américaine travaille depuis plusieurs années sur ce type de matériel qui rapprocherait le soldat d’Iron Man. Le programme Talos (Tactical Assault Light Operator Suit), en projet depuis au moins trois ans, vise à mieux protéger les combattants grâce à une tenue à la fois légère et pare-balle, notamment. Il pourrait aussi s’agir de casques qui permettraient d’améliorer la concentration et réduire l’impression de fatigue grâce à des connexions neurologiques, assure le site spécialisé Defense One.

Le Pentagone travaille aussi sur les mini-drones. L’armée américaine a même un programme, baptisé Gremlins, qui vise à développer des escadrons de petits avions autonomes pour des missions de reconnaissance. Ces drones seraient moins chers et plus faciles à déployer depuis des porte-avions que les modèles actuels, beaucoup plus imposants.

Oncle Sam 2.0 s’intéresse aussi à l’aspect naval. Le programme Swarm robot se penche sur l’utilisation de petits bateaux de combat autonomes. Il suffirait d’un seul pilote pour en commander une dizaine en même temps.

L’intelligence artificielle (IA). Le département américain de la Défense veut investir pour améliorer les dispositifs de défense semi-autonomes. Il peut s’agir aussi bien de systèmes anti-missiles que de programmes pour lutter contre le piratage informatique.

L’armée parie qu’en investissant dans l’intelligence artificielle, il sera possible à des ordinateurs de réagir plus vite que les humains en situation d’attaque militaire. Robert Work a cité en exemple le Dôme de fer, ce mécanisme de défense utilisé par Israël pour intercepter les missiles et roquettes.

Les ordinateurs du Pentagone, dopés au “Big data” (grande quantité d’informations), pourraient également analyser les données qui lui sont fournies pour isoler les événements susceptibles de déclencher des conflits ou créer des désordres sociaux.

Enfin, l’IA militaire pourrait également aider les soldats à prendre des décisions. L’armée américaine travaille ainsi sur des casques pour pilotes d’un genre particulier. Les données collectées au sol (déplacements des cibles, présence de civils, événements particuliers) seraient analysées par l’ordinateur intégré au casque qui mettrait à jour en temps réel les ordres de missions des pilotes. Ce serait, en quelque sorte, le drone inversé puisque l’ordinateur indiquerait à l’homme quel est le bon moment et le bon endroit pour frapper.

Tous ces exemples soulignent, d’après Robert Work, la philosophie militaire de l’armée américaine : la technologie ne vient qu’en soutien de l’homme qui conserve, in fine, le doigt sur la gâchette. Le responsable qui devra détailler son projet de financement devant les parlementaires avant le 31 décembre, espère obtenir le feu vert du Congrès.

Le Pentagone veut aussi rassurer ceux qui jugent que les avancées technologiques rapprochent l’Homme d’une ère où les machines tueuses domineraient le champ de bataille. Près de 1 000 scientifiques et entrepreneurs avaient publiés, en juillet 2015, une lettre ouverte mettant en garde contre l’avènement des “robots tueurs”.

Première publication : 16/12/2015

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La Réserve fédérale américaine doit décider, mercredi, si elle hausse ses taux directeurs pour la première fois depuis 2006. Pour la plupart des observateurs, l’économie américaine est mûre pour ce changement de cap monétaire.

Janet Yellen doit annoncer, mercredi 16 décembre, l’une des mesures les plus importantes et attendue de la Fed depuis 2006. La directrice de la Banque centrale américaine devrait décider de la première hausse de son principal taux directeur en près de dix ans.

L’augmentation concerne le taux de refinancement qui définit les intérêts que doivent payer les banques qui empruntent de l’argent à la Réserve fédérale. Pour faire simple : plus ce taux est bas, plus les établissements financiers sont tentés d’emprunter de l’argent, ce qui facilite le crédit aux consommateurs et fait aussi grimper l’inflation. Plus les intérêts sont élevés, moins les banques empruntent, ce qui favorise l’épargne.

L’annonce de la Fed est attendue depuis plusieurs mois. L’économie américaine a repris des couleurs, le chômage est passé sous la barre des 6 % et l’utilité de maintenir des taux proches de zéro, synonymes de crédits peu chers et donc de dynamisme économique, n’était plus évident. Il serait donc temps d’inciter les américains à mettre de l’argent de côté en prévision d’éventuelles prochaines crises économiques.

Risque de bulles spéculatives

Les prix, en outre, ont recommencer à grimper et le gouverneur de la banque centrale de San Francisco a appelé, dès juin, à agir avant que l’inflation n’atteigne 2 % (la Fed veut maintenir l’inflation sous cette barre). Resserrer les vis du crédit permet, en effet, d’éviter que trop d’argent ne circule, ce qui limite la hausse des prix.

Les économistes craignent aussi que si les prêts restent à des taux trop attractifs, des bulles spéculatives pourraient se former. Plus les crédits sont bons marchés, plus les investisseurs empruntent facilement pour placer l’argent dans l’immobilier ou les marchés financiers, dans l’espoir de toucher le jackpot. Le prix Nobel d’économie 2013, Robert Schiller, assure, dans le “Financial Times”, que les valuations sur les marchés des actions à Wall Street n’ont plus grand-chose à voir avec la valeur réelle des entreprises : la spéculation est à l’œuvre et l’argent facile dû aux très faibles taux nourrit cette bulle.

Autant d’arguments que Janet Yellen, la directrice de la Fed, connaît. Elle avait annoncé, en fin d’année 2014, que la Réserve fédérale se préparait à relever ses taux en 2015. La réunion de la banque centrale vendredi 16 décembre est la dernière occasion pour Janet Yellen de tenir parole.

“Panique et tourmente”

Plusieurs organisations internationales lui ont cependent demandé de ne rien faire cette année. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont ainsi assuré qu’il était urgent pour la Fed d’attendre encore. Car la Chine est passée par là entre temps. La panique boursière à Shanghai, nourrie par les doutes sur l’état général de l’économie chinoise a prouvé, en entraînant les autres Bourses dans son sillage, que l’économie mondiale restait fragile.

Kaushik Basu, économiste en chef à la Banque mondiale, craint qu’une hausse des taux en septembre plonge les pays émergents “dans la panique et la tourmente”, créant un climat propice à une nouvelle crise économique mondiale.

La bonne santé des pays en voie de développement dépend de la Fed pour deux raisons. La plupart d’entre eux se sont fortement endettés auprès des États-Unis lorsque les taux étaient proches de zéro, rappelle le quotidien britannique “The Daily Telegraph“. Ils devront rembourser davantage si les taux d’intérêt venaient à monter.

De plus, les investisseurs seront tentés de rapatrier leurs fonds aux États-Unis, où les taux d’intérêt seront plus élevés, ce qui fait que les placements y seront plus rémunérateurs. Ils risquent donc de réinvestir chez l’Oncle Sam une part de l’argent placé auparavant dans les pays émergents. Cette fuite des capitaux, cumulée à des dettes de plus en plus lourdes à rembourser, peut mettre certains pays très exposés, comme la Turquie, le Brésil ou la Russie, dans des situations périlleuses.

La décision de rehausser les taux est donc justifiée d’un point de vue purement américain. Mais ces conséquences peuvent se révéler très négatives pour la plupart des pays émergents.

Cette page est une mise à jour d’un article publié le 14 septembre 2015 et baptisé “Semaine décisive pour l’économie mondiale dans l’attente des décisions de la Fed”.

Première publication : 16/12/2015