Archive for December 16th, 2015

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Le FBI a arrêté Martin Shkreli dans le cadre d’une affaire de fraude. Cet investisseur a été surnommé “l’homme le plus détesté” des États-Unis en septembre pour avoir décidé une hausse de 5 000% d’un important médicament.

Le FBI a arrêté, jeudi 17 décembre,l’homme le plus détesté des États-Unis“. Martin Shkreli est accusé de fraude et malversation à l’époque où il était à la tête de la société pharmaceutique Retrophin en 2014.

Mais ce n’est pas cet épisode de la vie cet investisseur spécialisé dans le secteur pharmaceutique qui lui vaut une réputation des plus sulfureuses. Son nom est associé depuis août 2015 au scandale du Daraprim.

Indignation générale

Martin Shkreli avait soulevé l’indignation générale pour avoir décidé, du jour au lendemain, d’une hausse de plus de 5 000 % de ce médicament jugé essentiel par l’Organisation mondial de la santé (OMS) pour certains malades et notamment les patients atteints du Sida.

Le prix du Daraprim n’avait pas beaucoup varié aux États-Unis depuis sa mise en circulation en 1953. Mais après le rachat des droits d’exploitation de ce médicament pour 55 millions de dollars, Turing Pharmaceuticals, la société fondée par Martin Shkreli, avait annoncé en septembre que le tarif du comprimé de Daraprim allait passer de 13,50 dollars à 750 dollars.

Cette brutale hausse des prix avait été dénoncée notamment par les deux principaux candidats à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine, Hilary Clinton et Bernie Sanders. L’homme d’affaires et candidat à l’investiture républicaine Donald Trump avait églament critiqué la politique tarifaire pratiquée par Turing Pharmaceuticals.

Maintien du prix

Après plusieurs semaines de bataille médiatique, Martin Shkreli avait promis de baisser le prix. Mais à la mi-novembre, nouveau retournement de situation : le tarif, jugé exorbitant par beaucoup, est finalement maintenu. En France, le même médicament, commercialisé sous le nom de Malocide, est vendu au prix de 12,94 euros pour 20 comprimés.

L’affaire qui intéresse le FBI prouve que l’entrepreneur n’en était pas à sa première controverse. Martin Shkreli est en fait accusé par ses anciens associés de Retrophin d’avoir pioché dans la caisse de la société pour enrichir son propre fond d’investissement, MSMB, à travers des contrats de conseils fictifs.

Première publication : 17/12/2015

Christine Lagarde est renvoyée devant la Cour de justice de la République pour “négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique”. La directrice du FMI a annoncé qu’elle allait contester ce renvoi.

La commission d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR) a décidé le renvoi de Christine Lagarde, directrice générale du FMI, dans l’affaire de l’arbitrage Tapie, devant la formation de jugement de la même Cour, selon une source judiciaire qui confirme jeudi 17 décembre des informations de Mediapart et iTélé.

Un non-lieu avait été requis en septembre 2015 pour l’ancienne ministre de l’Économie de Nicolas Sarkozy dans l’enquête sur cet arbitrage, dont avait bénéficié Bernard Tapie en 2008. Les magistrats instructeurs de la CJR, seul tribunal apte à juger un ministre, pendant ou après l’exercice de ses fonctions, n’ont donc pas suivi cette recommandation.

Christine Lagarde a immédiatement réagi, jeudi, annonçant dans un communiqué qu’elle allait contester son renvoi devant la Cour de cassation.

Un porte-parole du FMI a affirmé que l’institution financière continuait “d’apporter sa confiance” à sa direction.

404 millions d’eurosà rembourser

L’homme d’affaires Bernard Tapie et son épouse, leurs sociétés et leurs liquidateurs judiciaires ont par ailleurs été condamnés le 3 décembre à rembourser les 404 millions d’euros versés en vertu de l’arbitrage qui avait soldé leur litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d’Adidas.

Christine Lagarde est poursuivie pour “négligence d’une personne dépositaire de l’autorité publique” en relation avec le détournement de fonds publics.

Le tribunal arbitral avait condamné en juillet 2008 le Consortium de réalisation (CDR), véhicule public chargé de liquider les actifs du Crédit Lyonnais, à verser à Bernard Tapie 285 millions d’euros d’indemnités, dont 45 millions à titre de préjudice moral, soit 403 millions d’euros avec les intérêts.

Avec Reuters

Première publication : 17/12/2015

François Hollande a assisté, jeudi, à l’inauguration très politique du monument des fraternisations de l’hiver 1915, dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, aux côtés du nouveau président LR de la région, Xavier Bertrand.

L’inauguration, jeudi 17 décembre à Neuville-Saint-Vaast (Pas-de-Calais), du monument des fraternisations, imaginé par un poilu il y a 100 ans dans l’Artois, a pris une tournure politique après les élections régionales.

La présence conjointe du président François Hollande et du nouveau président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie (NPDCP), Xavier Bertrand, a attiré les journalistes et relégué les questions mémorielles au second plan. Dans son discours, le chef de l’État a d’ailleurs salué entre les lignes la victoire de Xavier Bertrand face à la candidate du Front national (FN), Marine Le Pen. “La France est partagée entre des sensibilités différentes, elles sont nécessaires, indispensables même à la démocratie (…) Notre pays a besoin de concorde (…) pour écarter la peur qui mine la cohésion”, a-t-il martelé. “Nous sommes tous dépositaires de la République.”

Il a également loué le travail du précédent chef de l’exécutif régional, le socialiste Daniel Percheron, qui quitte la présidence du NPDC “après tant d’années au service de la collectivité (et) si attaché à cette terre du Pas-de Calais”, où se déroulait l’inauguration.

En utilisant la mémoire des fraternisations franco-allemandes qui eurent lieu en décembre 1915 dans cette même région de l’Artois et dont le caporal Barthas avait parlé dans ses carnets de guerre en imaginant un futur monument, François Hollande a appelé à l’unité en cette année marqué par les attentats. En s’adressant aux habitants de la région, il a aussi assuré que tout serait mis en œuvre pour répondre a leurs attentes.”C’est aussi le sens de ma présence ici”, a expliqué le président. “Le geste de Louis Barthas montre que l’humanité est capable toujours de se dépasser”, a-t-il aussi insisté.

“L’actualité, c’est l’écume des jours”

À la fin de son discours, le chef de l’État est rapidement reparti. Les journalistes se sont donc précipités sur Xavier Bertrand. Leurs premières questions n’ont pas porté sur le monument mais une fois encore sur les enjeux politiques locaux. “J’ai des projets dans la région. Il y a des problèmes importants. Je l’ai dit au président de la République hier. Je suis prêt à travailler avec tous ceux qui aideront ma région”, a-t-il répondu lors de cette matinée placée sous le signe de la fraternisation entre socialistes et Les Républicains.

À quelques mètres de lui, le réalisateur Christian Carion, auteur du film Joyeux Noël qui racontait déjà les fraternisations, initiateur de la création du monument, n’était pour sa part pas assailli par les médias. Seul, il observait incrédule la meute des journalistes. “Ah, c’est la vedette” plaisantait-il en désignant Xavier Bertrand. “Tout va bien, je ne suis pas un politique.”

Philosophe, le cinéaste ne s’est pas formalisé de tout ce raout politique : “J’ai dit tout a l’heure que l’actualité, c’est l’écume des jours. Ce qu’il restera c’est le symbole de ce que représente le monument. Le fait que le président de la République, chef des armées, soit venu inaugurer cet endroit, c’est ça le plus important pour moi.”

Christian Carion a toutefois estimé, même s’il n’aime pas faire parler les morts, que si Louis Barthas avait été présent, il serait sûrement parti après tous ces discours politiques. “C’est sa phrase qui doit nous éclairer. Elle est gravée dans le monument, elle restera”, insiste le réalisateur en faisant allusion aux écrits du caporal français et à son rêve de monument désormais exaucé.

Première publication : 17/12/2015

La Commission des lois de l’Assemblée nationale a dressé, mercredi, un premier bilan de l’état d’urgence en France. Elle soulève des “interrogations manifestes” sur la “justification de certaines mesures individuelles ou générales”.

La Commission des lois, présidée par le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, a dressé, mercredi 16 décembre, un bilan de la sécurité en France depuis la mise en place de l’état d’urgence dans la foulée des attentats du 13 novembre.

Après deux semaines de contrôle des mesures dérogatoires, Jean-Jacques Urvoas a fait part de ses “interrogations manifestes” sur la “justification de certaines mesures individuelles ou générales”. Et d’estimer : “Passé le premier mois et demi, l’efficacité de l’état d’urgence va aller décroissant”.

Le président de la Commission des lois met en garde contre le risque de “routinisation de certaines mesures dérogatoires au droit commun”, qui conduirait à la “rationalisation de l’exception et de ses usages”. En un mois, le gouvernement a réalisé 87 perquisitions et 12 assignations à résidence en moyenne par jour.

>> À lire sur France 24 : Perquisitions musclées, assignations abusives… les dérives de l’état d’urgence

Et la Commission des lois de souligner l’importance pour le gouvernement de définir “la finalité et le périmètre” de l’état d’urgence, afin de savoir s’il doit “veiller au maintien de l’ordre public dans son ensemble ou être concentré sur la seule lutte contre le terrorisme”. Cette réflexion fait notamment suite à l’utilisation des prérogatives de l’état d’urgence pour maintenir l’ordre pendant la COP 21. Un militant écologiste, assigné à résidence pendant cette période, a d’ailleurs soulevé une question prioritaire de constitutionnalité sur le sujet devant le Conseil constitutionnel.

“Nous devrons compléter ou réécrire la loi sur l’état d’urgence”

Pour dresser ce bilan, Jean-Jacques Urvoas et le député républicain des Yvelines Jean-Frédéric Poisson se sont déplacés dans certaines communes. Ils rappellent que “dans l’immense majorité des cas, l’état d’urgence a une utilité dans la mesure où il permet d’opérer des choses que son absence ne permettrait pas”.

Les deux députés évoquent aussi une “dynamique vertueuse” entre les préfets et les parquets dans le traitement des dossiers. Néanmoins, Jean-Jacques Urvoas souligne dans son bilan la nécessité de plusieurs “approfondissements sur la caractérisation d’un certain nombre de faits, voire sur la notion de comportement dangereux”. “Nous serons peut-être en situation de devoir compléter ou réécrire la loi sur l’état d’urgence” a complété Frédéric Poisson.

La Commission des lois a rappelé plusieurs écueils dans le déroulement des opérations, citant notamment la Dordogne où “les mesures prises apparaissent manifestement disproportionnées” après la perquisition d’une ferme, ou le Val-de-Marne, où les policiers se sont trompés deux fois d’adresse lors de perquisitions.

Malgré le bilan mitigé de la Commission des lois sur les premières semaines d’état d’urgence, 57 % des Français estiment encore que les perquisitions administratives sont “plutôt efficaces”, d’après un sondage mené par l’Ifop début décembre.

Première publication : 17/12/2015

Air France est-elle un repaire d’”intégristes”, selon les mots du patron de la CGT Air-France ? Des salariés et des syndicats déplorent la montée du communautarisme religieux au sein de la compagnie, mais dénoncent aussi de nombreux fantasmes.

L’affaire de la viande halal à l’aéroport de Roissy, Sophie* s’en rappelle bien. C’était en 2011. “La CGT a voulu imposer la viande halal dans la cantine du personnel au sol. Il y a eu des pétitions, une levée de boucliers… Ça s’est assez mal passé”, se souvient cette employée d’Air France, qui travaille depuis une dizaine d’années dans le plus grand aéroport de France et qui a requis l’anonymat.

L’affaire avait en effet provoqué des remous au sein de la compagnie aérienne. Plusieurs autres syndicats, CFDT et CFTC en tête, étaient montés au créneau. Ils dénonçaient une dérive communautariste orchestrée par la puissante fédération, longtemps majoritaire au sein d’Air France.

Quatre ans plus tard, nouvel incident. Mais cette fois-ci, c’est la CGT qui se pose en pourfendeuse des “intégristes islamistes”. Au micro de France Info, le 2 décembre, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT-Air France, révélait que sa corporation avait fait “le ménage” au sein de ses affiliés. Près de 500 d’entre eux, sur les 2 000 au total, auraient été repérés comme des “intégristes” et exclus de la maison syndicale.

L’interview de Philippe Martinez (CGT-Air-France) au micro de France Info, le 2 décembre

“Une poignée d’individus qui posent problème”

Y aurait-il, au sein de la prestigieuse compagnie française, des personnes au “comportement inquiétant”, selon le terme d’Augustin de Romanet, le PDG d’Aéroport de Paris (ADP) ? Un comportement qui, ne respectant pas le principe de neutralité religieuse en entreprise, serait susceptible de perturber l’organisation du travail ou les relations entre les salariés.

Contactée par France 24, la direction d’Air France botte en touche. Refusant de répondre aux questions, elle s’est contentée de rappeler, via un communiqué, l’essentiel de sa charte éthique. La compagnie s’est engagée “dans une démarche d’encadrement […] de ses personnels en matière de conciliation des convictions personnelles avec les missions professionnelles […] qui ne souffrent d’aucun compromis”.

Pour Sophie, quotidiennement sur le terrain, sa chefferie pratique la langue de bois. “Évidemment qu’il y a des dérives et tout le monde le sait, lâche-t-elle. En général tout se passe très bien, Air France est une compagnie métissée et multiculturelle. Mais il y a toujours eu une poignée d’individus qui posent problème, une minorité notamment qui met la pression à d’autres collègues, musulmans comme eux”.

23 % des managers en France disent devoir gérer des “problèmes” religieux

Cette “poignée d’individus” en question militaient à la CGT, affirme Sophie. “Il faut bien comprendre qu’à une époque pas si lointaine, tout le monde adhérait à la CGT, moi compris. C’était le seul syndicat visible, la référence, la seule fédération avec qui la direction négociait.”

Dans la presse, plusieurs témoignages corroborent celui de Sophie. Ici et là, on rapporte des anecdotes d’employés qui refusent de serrer la main à des femmes, voire même de leur adresser la parole, qui harcèlent certains de leur collègues qui ne font pas ramadan… “C’est un petit noyau mais un noyau qui dicte un peu sa loi”, ajoute Sophie, qui reconnaît que les choses ont un peu changé. Les attitudes “douteuses” sont de plus en plus signalées – ou “de moins en moins visibles”. “Mais le problème, c’est que pendant toutes ces années, ici, on a banalisé ce genre de comportements.”

Air France n’est pas la seule société à être confrontée à ces “faits” religieux. Selon une étude du mois d’avril dernier, réalisée par l’observatoire du fait religieux en entreprise, 23 % des managers en France disent devoir gérer des “problèmes” religieux, contre 12 % en 2014.

“Je ne peux pas laisser dire qu’il y a un problèlme d’intégrisme”

Ronald Noirot, secrétaire général de la CFE CGC, le nouveau syndicat majoritaire chez Air France, reconnaît qu’il existe quelques dérives, même s’il se veut rassurant. “En quatre ans, sur les 60 000 employés que compte la compagnie, nous avons recensé moins de 10 cas problématiques”, explique-t-il à France 24. Il y a eu par exemple le cas d’un homme qui aurait refusé de s’occuper d’un container, au fret, parce qu’il contenait de l’alcool, raconte-t-il. “Encore une fois, ce sont des cas extrêmement marginaux, précise-t-il. Je ne peux pas laisser dire qu’il y a un ‘problème’ d’intégrisme au sein de la compagnie. Nous sommes davantage confrontés à un souci de communautarisme. C’est assez différent.”

C’est aussi ce que pense la CGT, qui a publiquement désavoué les propos tenus par son leader à la radio. “[…] Sur la base d’informations imprécises et ce aux questions pressantes des journalistes, [Philippe Martinez] a prononcé deux mots, “radicaux” et “intégristes islamistes”, qui ne correspondent pas à la réalité de ce que notre syndicat a vécu”, pouvait-on lire sur leur communiqué publié au lendemain de l’interview. “Il n’y a pas de radicalisation religieuse [chez] AF [Air France]”, explique plus directement Mehdi Kemoune, le secrétaire général adjoint de la maison syndicale, joint par France 24.

Comment justifier alors les 500 exclusions ? Par la corruption, explique la CGT. Des “responsables syndicaux de la section CGT Roissy Escales” se sont rendus coupables de “clientélisme”, explique-t-on dans le communiqué. L’écart d’interprétation surprend. Philippe Martinez a-t-il fantasmé l’intégrisme de certains employés ? “Il n’a rien inventé, seulement voilà, on ne dit pas ce genre de choses dans une entreprise comme la nôtre. [La direction et les syndicats] pensent avant tout à l’image de la compagnie. Comme nous travaillons avec des avions, le sujet est sensible”, indique Sophie.

Extrait du communiqué de la CGT

70 badges supprimés à ADP, “surtout pour des affaires de vols et d’agressions”

Air France n’est pas la seule à être confrontée à des “dérives” dans le secteur aéroportuaire. Le 13 décembre, le PDG d’ADP, gestionnaire d’Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle, a indiqué que les badges de 70 agents – sur les 86 000 qui travaillent dans les zones sécurisées des aéroports – avaient été retirés depuis le début de l’année 2015, notamment pour des faits de radicalisation.

Ces badges en question, appelés “badges rouges”, attribués par la préfecture de police après enquête, permettent aux salariés d’ADP d’accéder aux zones dites “réservées” : tarmac, zone de bagage, Duty Free, espaces publics… “Il y a surtout eu des suppressions de badges après des affaires de vols et d’agressions. Assez peu pour des questions de radicalisation religieuse”, précise le pôle communication d’ADP, qui tient à dédramatiser les propos de son PDG.

“En tout, nous parlons de 70 badges sur les 86 000 distribués”, indique ADP. Une goutte d’eau qui ne doit pas laisser la place à la psychose. Et qui ne doit pas non plus faire le lit de pratiques discriminatoires. Le 16 décembre, deux agents de sécurité travaillant à Orly ont reproché à la société Securitas de les avoir mis à la porte à cause de leur barbe. “Certaines entreprises commencent à avoir un comportement problématique”, a déclaré leur avocat, qui dénonce, lui, une “‘radicalisation’ de l’entreprise”.

* Le prénom a été changé

Première publication : 17/12/2015

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L’Autorité de la concurrence a infligé une amende de 350 millions d’euros à Orange, jeudi, pour des pratiques “abusives” sur le marché des entreprises. Le groupe a annoncé ne pas vouloir faire appel.

C’est un conflit qui durait déjà depuis plus de sept ans. Orange a écopé, jeudi 17 décembre, d’une amende record de 350 millions d’euros infligée par l’Autorité de la concurrence. L’opérateur historique des télécoms était accusé par ses concurrents Bouygues et SFR d’utiliser sa position dominante sur le marché des entreprises pour empêcher les autres de s’y faire une place.

“Orange a choisi de coopérer avec l’Autorité de la concurrence : elle ne conteste pas les pratiques ni leur caractère anticoncurrentiel, ni enfin l’issue donnée à l’affaire”, a rapporté l’Autorité de la concurrence dans un communiqué.

Main basse sur le marché des entreprises ?

Les faits reprochés à l’opérateur remontent à 2003 et perdureraient encore aujourd’hui, d’après les plaignants. Orange est accusé d’avoir pratiqué une politique tarifaire très agressive à l’égard des entreprises pour maintenir sa position dominante sur un marché estimé à 6,5 milliards d’euros.

Bouygues, qui a saisi les autorités de l’affaire deux ans avant SFR en 2008, précise que l’opérateur historique pratique des remises fidélisantes, propose des offres à des tarifs “prédateurs” (en dessous du prix réel) dans l’unique but d’évincer les autres opérateurs de ce marché.

Orange a décidé de ne pas faire appel de cette décision et son PDG, Stephane Richard, a assuré que l’amende “n’aura aucun impact sur les résultats de l’année ni bien évidemment sur les objectifs financiers de l’année”. En fait, l’opérateur a échappé à une amende encore plus lourde. Depuis plusieurs mois, les estimations de divers médias faisaient état d’une sanction pécunière de plus de 500 millions d’euros.

Première publication : 17/12/2015

La garde des Sceaux Christiane Taubira a annoncé, jeudi dans le colonnes du “Parisien/Aujourd’hui en France”, que l’indemnisation des victimes des attentats du 13 novembre “pourrait atteindre au total 300 millions d’euros”.

L’indemnisation des victimes des attentats du 13 novembre “pourrait atteindre au total 300 millions d’euros”, a annoncé, jeudi 17 décembre, la ministre de la Justice Christiane Taubira dans un entretien accordé au “Parisien/Aujourd’hui en France“.

Le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI) “a déjà octroyé 6,7 millions d’euros aux familles de victimes décédées” ainsi que 771 000 euros “de frais de déplacements ou de séjour aux proches, aux blessés et à leurs familles”, précise la garde des Sceaux. Créé par la loi du 9 septembre 1986, le FGTI est financé par une taxe sur tous les contrats d’assurance qui passera le 1er janvier 2016 de 3,30 à 4,30 euros.

“Un référent unique”

Christiane Taubira explique “qu’un des défauts du dispositif déclenché après les attentats de janvier était de fragmenter le suivi des victimes”. Après les attentats du 13 novembre, qui ont fait 130 morts, “l’une des premières exigences a été de prévoir un référent unique, pour les formalités administratives, les questions sur les tutelles, les indemnisations, les démarches juridiques et judiciaires”.

Le dispositif mis en place, autour de la cellule interministérielle d’aide aux victimes (CIAV, fonctionne avec un numéro unique (0800.406.405). “De la nuit des attentats jusqu’à la fin novembre, nous avons reçu 11 000 appels et avons ouvert jusqu’à 120 postes téléphoniques à la CIAV”, détaille la ministre de la Justice dans son entretien.

Nouvelles aides aux commerçants touchés

Par ailleurs, de son côté, la mairie de Paris a annoncé mercredi de nouvelles mesures d’aide en faveur des commerces touchés par les attentats, comme des exonérations de taxes ou de droits de place pour les marchés.

Ces mesures “prennent en compte le manque à gagner sur l’activité économique des activités situées à proximité des lieux attaqués”, a indiqué Olivia Polski, adjointe au commerce de la maire de Paris Anne Hidalgo.

Quatre commerces situés boulevard Voltaire (XIe arrondissement) recevront un soutien financier de 40 000 euros chacun. Ils s’ajoutent aux 15 commerces déjà identifiés, touchés par les attentats qui avaient perçu une enveloppe de 600 000 euros.

Près de 450 commerces dans 18 tronçons de rues dans les Xe et XIe arrondissements seront exonérés des droits de voirie (droits de terrasses ou d’étalages) pendant six mois.

Avec AFP

Première publication : 17/12/2015