Archive for December 24th, 2015

Une salle de prière a été saccagée vendredi à Ajaccio, en Corse, par des manifestants qui ont également tenté de mettre le feu à des exemplaires du coran. Le Premier ministre Manuel Valls a aussitôt qualifié l’évènement de “profanation inacceptable”.

Des manifestants ont saccagé une salle de prière musulmane vendredi 25 décembre à Ajaccio, en Corse. Ils ont également tenté de mettre le feu à des exemplaires du coran, à proximité d’une cité où deux pompiers et un policier avaient été blessés la nuit précédente dans des échauffourées, a-t-on appris auprès de la police et de la préfecture. La terrasse d’un restaurant kebab situé à proximité de la même cité a également été endommagée dans ces incidents qui ont pris fin vers 21 h.

Le Premier ministre Manuel Valls a aussitôt qualifié l’évènement de “profanation inacceptable”. “Après l’agression intolérable de pompiers, profanation inacceptable d’un lieu de prière musulman. Respect de la loi républicaine”, a-t-il tweeté. Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a parlé d'”exactions intolérables aux relents de racisme et de xénophobie”.

Corse : après l’agression intolérable de pompiers, profanation inacceptable d’un lieu de prière musulman. Respect de la loi républicaine.

— Manuel Valls (@manuelvalls) 25 Décembre 2015

Dans l’après-midi de vendredi, quelque 600 personnes se sont rassemblées dans le calme devant la préfecture à Ajaccio en signe de soutien à deux pompiers et un policier blessés après avoir été victimes d’un “guet-apens” – selon le sous-préfet François Lalanne – dans une cité populaire de la ville la nuit précédente. Parmi elles, un groupe de 250 à 300 personnes ont alors décidé de monter jusqu’aux Jardins de l’Empereur, une cité populaire sur les hauteurs de la ville, où ont eu lieu les échauffourées de la nuit précédente.

Des slogans racistes, des habitants cloitrés chez eux

Scandant pour certains des slogans racistes, ils ont essayé d’identifier et de retrouver les auteurs de l’agression de la veille. Des policiers étaient déployés sur place pour tenter de les contenir et de maintenir le calme. Dans la cité, tous les habitants étaient restés cloîtrés chez eux.

En marge de ce rassemblement, une salle de prière musulmane, située à proximité des Jardins de l’Empereur, a été saccagée par un petit groupe d’individus, qui ont aussi tenté de mettre le feu – n’y parvenant que partiellement – à de nombreux livres, dont des exemplaires du coran, a-t-on appris auprès de la police et de la préfecture.

Le préfet de Corse, Christophe Mirmand, s’est rendu sur place vendredi. Interpellé par les manifestants, il a déclaré être présent “pour éviter des débordements”. Assurant que “tous les moyens étaient mis en œuvre” pour retrouver les auteurs de l’agression de la nuit de jeudi à vendredi, il a aussi estimé que les “menaces de [vendredi soir] n’étaient pas acceptables”.

Condamnation unanime de la classe politique corse

Le tout récent président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni – les nationalistes viennent de remporter les élections territoriales en Corse – a lui aussi condamné sur BFMTV “des actes racistes complètement contraires à la Corse que nous voulons”.

Le président de l’Assemblée de Corse, le nationaliste Jean-Guy Talamoni a condamné également l’agression des pompiers et du policier “qui n’est pas tolérable et ne sera pas tolérée” et fustigé le saccage de la salle de prière, “acte inqualifiable sur une terre qui a institué la tolérance religieuse depuis le XVIIIe siècle”.

L’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a “condamné avec force” ces faits, dénonçant une agression “qui se déroule en un jour de prière pour les musulmans et pour les chrétiens”, puisque cette année Noël tombait juste après le Mouled, la fête musulmane qui commémore la naissance du prophète Mahomet. “C’est un moment qui aurait dû servir à la paix et à la fraternité entre toutes les confessions”, a regretté son président Abdallah Zekri.

Avec AFP

Première publication : 25/12/2015

C’est sur fond de menaces jihadistes et de violences au Moyen-Orient que les catholiques du monde entier ont célébré Noël. Au Vatican, le pape a appelé à “conjurer la peur” lors de la traditionnelle messe de minuit.

La basilique Saint-Pierre était comble lorsque le pape François est arrivé, jeudi 24 décembre au soir, pour la traditionnelle messe de minuit, célébrée cette année sur fond de menaces jihadistes et de violences au Moyen-Orient. Arrivé au milieu d’une longue procession au son du “Gloria in excelsis Deo”, le pape argentin a exhorté les 1,2 milliard de catholiques à chercher le “sens de la justice”, appelant à la “sobriété” et à conjurer “toute peur”.

“Dans une société souvent éprise de consommation et de plaisir, d’abondance et de luxe, d’apparence et de narcissisme, Dieu nous appelle à un comportement sobre, c’est-à-dire simple, équilibré, cohérent, capable de saisir et de vivre l’essentiel”, a recommandé le pape de 79 ans. “Dans un monde qui est trop souvent dur avec le pécheur et mou avec le péché, il faut cultiver un fort sens de la justice”, a-t-il ajouté. “Il a critiqué la culture de l’indifférence, un thème cher au pape François qui en avait déjà parlé lors de son voyage à Lampedusa”, rappelle Natalia Mendoza, la correspondante de France 24 au Vatican.

Pâle et la voix sourde à la suite d’une grippe, il a ensuite demandé aux fidèles parfois persécutés à résister à “toute peur et toute frayeur”. La peur s’est néanmoins immiscée jusqu’à Rome où les pèlerins n’étaient pas venus en foule, jeudi dans la journée, par crainte d’attentats.

Violences au Proche-Orient

À Bethléem, où Jésus est né selon la tradition biblique, les pèlerins étrangers se faisaient aussi rares, alors que les violences ont connu une recrudescence depuis près de trois mois. Quatre Palestiniens ont encore été tués jeudi par les forces de l’ordre israéliennes en Cisjordanie occupée, dont trois après avoir lancé des attaques contre des juifs.

La messe de minuit, célébrée dans l’église de la Nativité en présence du président palestinien Mahmoud Abbas, a été dédiée aux victimes du terrorisme et le patriarche latin de Jérusalem, Fouad Twal, a largement évoqué le conflit au Proche-Orient. “Nous songeons aux maisons démolies à Jérusalem et en Palestine, aux terrains expropriés, et aux hommes touchés par une punition collective”, a-t-il déclaré.

“Nous songeons aux victimes du terrorisme, partout, de quelque peuple que ce soit”, a-t-il poursuivi. Les cloches ont sonné sur la place où les lumières du sapin avaient été éteintes quelques minutes en mémoire de ces victimes.



“Possibles menaces”

Dans plusieurs pays, et pas seulement dans la région, Noël a été en partie éclipsée par les violences des jihadistes. En France, où des attentats revendiqués par l’EI ont fait 130 morts le 13 novembre, la sécurité a été renforcée à l’entrée des églises durant les messes de Noël. Quelque 800 fidèles ont même été évacués par prévention d’une église de Besançon, après une alerte à la voiture suspecte lancée en début de soirée.

Faisant état de “possibles menaces contre les Occidentaux”, les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni à Pékin ont quant à elles demandé à leurs ressortissants d’éviter un quartier animé de la capitale durant les fêtes de Noël. “Il y avait une tension et une présence policière inhabituelle dans la ville”, a noté Baptiste Fallevoz, correspondant de France 24 à Pekin, qui note que le niveau d’alerte a été monté à 2 sur une échelle de 4.

En Irak, le patriarche de Babylone des chaldéens, Louis Raphaël Sako, a annulé à Bagdad les cérémonies de salutations des responsables politiques et religieux. En Somalie, pays à majorité musulmane, le gouvernement est allé jusqu’à interdire les célébrations de Noël et du Nouvel An au motif qu’elles pouvaient susciter des attaques des islamistes shebab.

Avec AFP

Première publication : 25/12/2015