Archive for December 26th, 2015

Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan, a été inhumé par sa famille jeudi 24 décembre dans le cimetière communal de La Courneuve, dans la plus grande discrétion. Aucun nom ne figure sur sa sépulture.

Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan, a été inhumé le 24 décembre au cimetière intercommunal de la Courneuve, selon une information du “Journal du dimanche”. Le terroriste qui est mort à 28 ans en commettant un carnage dans la salle de concert parisienne le 13 novembre, était né et avait grandi à Drancy, en Seine-Saint-Denis, ville dont dépend ce cimetière et où habitent ses parents.

“Il a été inhumé à 17 h, ses parents ont pris leurs précautions pour que sa sépulture ne puisse pas être identifiée”, a indiqué à l’AFP une source proche, sans autre précision. “Il y a avait très très peu de monde” lors de ses obsèques, a précisé une deuxième source.

Tous les défunts ont droit à une sépulture à l’endroit où ils résidaient, là où ils sont décédés, ou en core là où la famille a une sépulture familiale.

Un jeune homme bien élevé

Samy Amimour, ancien chauffeur de bus à la RATP, s’était rendu il y a environ deux ans en Syrie après s’être radicalisé en France, selon sa famille rencontrée en octobre par l’AFP lors d’un reportage en Seine-Saint-Denis.

Décrit comme un jeune gentil, bon élève et réservé, rien dans son parcours éducatif et professionnel ne semblait le prédestiner au terrorisme. Le 16 novembre, lors d’une conférence de presse, le député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, a évoqué “un jeune homme bien élevé, dans une famille qui ne présente aucun signe de religiosité, poli, sportif, habillé à la mode, qui présentait même le caractère d’être timide”.

Une timidité qui, selon l’élu, a été un obstacle à son embauche comme surveillant de cantine pour la municipalité voilà quelques années. Conducteur de bus à la RATP, il quitte l’entreprise en 2012 après y avoir travaillé pendant quinze mois. C’est à cette époque qu’il commence à se radicaliser. Pourtant, “il voulait imposer à sa mère, parfaitement laïque, le port du voile, puis imposer à la maison les règles de l’intégrisme le plus absurde, le plus éloigné de la religion musulmane”, affirme le député-maire de Drancy avant de pointer un doigt accusateur sur une mosquée voisine du Blanc-Mesnil, où le kamikaze se serait radicalisé.

Interrogée par l’AFP sous couvert d’anonymat, une amie de la famille affirmait garder le souvenir d’un jeune “très gentil”. “Tout le monde l’aimait. Un mec en or, la proie parfaite” pour les recruteurs au jihad.

Une famille désemparée

C’est “une famille qui a vu son fils lui échapper et qu’on n’a pas aidée”, a déploré Jean-Christophe Lagarde, qui a dit “bien connaître la mère” du jeune homme, une militante associative “parfaitement laïque”, qui l’avait sollicité à ce sujet.

Son père avait même tenté d’aller le chercher en Syrie, où il s’est marié, pour l’arracher aux griffes de l’organisation de l’État islamique (EI). Fin juin 2014, au terme d’un périple, il débarque “dans la région d’Alep” le jour de la proclamation du “califat” par l’EI, le 29 juin. Il parvient non sans mal à voir son fils en tête-à-tête, qu’il tente de convaincre de rentrer. Mais trop tard pour revenir en arrière : Samy est convaincu qu’aussitôt sur le sol français, il sera “jeté en prison”. Le père va même voir en Jordanie un “émir haut placé de Daech” : “Ton fils, je peux te le sortir en 48 heures. À une condition : qu’il me le demande”, lui dit-il. En vain.

Selon des témoignages recueillis par le quotidien “Le Parisien”, ses parents se seraient “effondrés” en apprenant que leur fils faisait partie des terroristes qui ont ensanglanté la capitale parisienne le 13 novembre. Mi-octobre, son père se préparait à un ultime voyage pour récupérer son fils.

Avec AFP

Première publication : 27/12/2015

Au moment de faire le bilan de l’année 2015, plus de quatre Français sur cinq considèrent que l’année écoulée a été “mauvaise pour la France”, selon un sondage publié dimanche. Après les attentats, c’est la crise migratoire qui a le plus marqué.

C’était un sentiment diffus, on peut désormais y mettre un chiffre : pour l’immense majorité des Français, l’année 2015 a été “mauvaise pour la France”. C’est le principal enseignement d’un sondage Odoxa pour “Aujourd’hui-en-France/Le Parisien”, publié dimanche 27 décembre.

Priés de dire si l’année de 2015 a été “bonne” ou “mauvaise” pour la France, 81 % des Français interrogés ont répondu “mauvaise”. Mais “pour eux-mêmes” en revanche, l’année a été positive, selon 51 % des personnes sondées. Une dichotomie sans doute liée à la légère embellie économique que connaît le pays, par ailleurs durement confronté au terrorisme et impliqué dans plusieurs conflits militaires.

>> À voir aussi, “Le débat” sur France 24 : “Le monde en 2015 : une année marquée par le terrorisme”

De fait, interrogés sur les faits qui les ont le plus marqué en 2015 “en dehors des attentats de janvier et de novembre”, les Français citent en majorité (58 %) la crise migratoire, qui a vu près d’un million de migrants tenter de trouver refuge en Europe. Parmi la liste de cinq évènements parmi lesquels ils pouvaient choisir deux réponses, les sondés ont placé en deuxième la guerre en Syrie (49 %), avant le haut niveau du chômage en France (41 %), la première place du Front national au premier tour des élections régionales (31 %), le crash de l’hélicoptère lors du tournage de l’émision “Dropped” (7 %) et les “nouveaux scandales dans le sport (affaire Benzema, affaire Platini)” (4 %).

Côté positif, les Français sont, là encore, marqués par l’émotion. Au moment de faire le bilan de 2015, ce sont “les cérémonies d’hommage aux victimes des attentats en France” (55 %) qu’ils souhaitent retenir. Le faible prix de l’essence suit (43 %), avant l’accord lors de la COP21 (40 %), l’appel de la gauche à faire barrage au FN (24 %) et les succès sportifs français (11 %).

Ce sondage a été réalisé sur internet les 23 et 24 décembre, auprès d’un échantillon de 1 042 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Avec AFP

Première publication : 27/12/2015

Après deux jours de manifestations et de dérapages racistes, notamment dans le quartier populaire des Jardins de l’Empereur à Ajaccio, le préfet de Corse a pris, dimanche, un arrêté interdisant de manifester dans ce quartier jusqu’au 4 janvier.

Le préfet de Corse Christophe Mirmand a pris dimanche 27 décembre un arrêté d’interdiction de manifester jusqu’au 4 janvier dans le quartier des Jardins de l’Empereur à Ajaccio, théâtre depuis vendredi de manifestations et de dérapages racistes.

L’arrêté, qui “prend effet aujourd’hui (dimanche, NDLR) et durera jusqu’au 4 janvier au moins, (…) concerne toutes les manifestations et les rassemblements, et les contrevenants sont passibles de sanction pénale”, a précisé Christophe Mirmand. Le préfet expliquait la veille vouloir “rétablir la sérénité qui a manqué ces derniers temps” et faire cesser ces exactions qui donnent “une image désastreuse de la Corse”.

>> À lire sur France 24 : “Des manifestants saccagent une salle de prière à Ajaccio”

De leur côté, les membres de la délégation de manifestants reçue la veille s’étaient dit satisfaits des engagements du représentant de l’État, qui a déclaré que “des policiers seraient présents dans tous les quartiers”, ont-ils précisé. “Nous on a fait ce que l’on avait à faire dans les quartiers. Maintenant on a donné le bébé au préfet”, avait ainsi déclaré Antoine, l’un des représentants des manifestants.

Vendredi et samedi, des manifestants avaient défilé dans le quartier des Jardins de l’Empereur, scandant “On est chez nous” ou encore “Arabes dehors”, après l’agression dans ce quartier de deux pompiers et un policier durant la nuit de Noël.

Un dispositif conséquent de gendarmes mobiles et CRS veillait samedi à empêcher tout débordement dans cette partie de la ville où les manifestants sont arrivés en milieu d’après-midi, avant de se diriger vers les quartiers voisins de Saint-Jean et Sainte-Lucie.

Vendredi, dans les Jardins de l’Empereur, une salle de prière musulmane avait été saccagée, en marge d’une première manifestation.

“C’est inadmissible ce qu’ils ont fait”

Ces actes ont été unanimement condamnés, par le Premier ministre Manuel Valls en premier lieu. Celui-ci a dénoncé une “agression intolérable de pompiers” et une “profanation inacceptable d’un lieu de prière musulman”. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, évoquait lui “(des) exactions intolérables, aux relents de racisme et de xénophobie, (qui) ne sauraient rester impunies”

“Dérapages racistes”

L’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé une agression “qui se déroule en un jour de prière pour les musulmans et pour les chrétiens”, Noël tombant cette année juste après le Mouled, la fête musulmane qui commémore la naissance du prophète Mahomet.

Les dirigeants nationalistes ont aussi fermement dénoncé ces violences : le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a d’abord condamné une “agression initiale scandaleuse” affirmant “(qu’) il est impensable d’imaginer qu’il existe des zones de non droit dans l’île”. Il a également stigmatisé les “dérapages racistes. Ces agissements sont contraires aux valeurs du peuple corse”. Le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, a également fustigé sur Twitter “l’importation d’idéologies complètement étrangères à la tradition politique corse”.

Les incidents avaient commencé dans la nuit de jeudi à vendredi, lorsqu’un incendie avait été “volontairement allumé” dans les Jardins de l’Empereur, “pour attirer les forces de l’ordre et les pompiers dans un guet-apens”, a indiqué la préfecture.

Selon le témoignage de l’un des deux pompiers blessés dans cette agression, ils ont d’abord rencontré cinquante à soixante individus qui se trouvaient autour d’un feu et leur ont lancé des projectiles. Puis, alors qu’ils rebroussaient chemin, les pompiers ont a nouveau été pris à partie par un petit groupe “dans un véritable guet-apens par une vingtaine de personnes armées de barres de fer, de battes de baseball, cagoulées”, a relaté le pompier sur iTÉLÉ.

“C’est un tout petit groupe de jeunes”, a nuancé Mehdi, un habitant des Jardins de l’Empereur, âgé de 35 ans, interrogé par l’AFP : “Les parents abandonnent, le problème c’est l’éducation”, a-t-il estimé, “Mais nous, nous voulons tous vivre ensemble, sans problème”.

Avec AFP

Première publication : 27/12/2015