Archive for December 27th, 2015

Un mois et demi après les attaques terroristes qui ont frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre, “Le Figaro” livre les conclusions de l’enquête, que le quotidien s’est procurées, avec force détails sur les circonstances du massacre.

Nouvelles révélations glaçantes sur les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. “Le Figaro” s’est procuré les dernières conclusions de l’enquête menée par quelque 850 policiers de la brigade criminelle de Paris, la sous-direction antiterroriste et des services du renseignement intérieur (DGSI) mobilisés après les attaques. Le quotidien a livré, dimanche 27 décembre, de nombreux éléments précis sur la chronologie et les circonstances du massacre.

Des “boucliers humains”

L’article revient en premier lieu sur la soirée du 13 novembre au Bataclan. On y apprend, grâce aux témoignages des survivants, que Samy Amimour, Foued Mohamed-Aggad et Ismaël Omar Mostefaï se parlent “entre eux en arabe et aux victimes avec un français sans accent”. Après avoir tiré sur la foule terrorisée, les jihadistes placent des spectateurs malheureux aux portes et aux fenêtres en guise de “boucliers humains”.

Les hommes, bien décidés à tuer le maximum de personnes, s’emparent ensuite de “téléphones portables de leurs victimes pour aller sur Internet et entamer des négociations avec la police. Les pourparlers n’auront jamais lieu, faute de réseau téléphonique…

Toujours d’après le témoignage de rescapés, les hommes armés tentent d’obtenir un entretien avec un négociateur. “Si dans cinq minutes je n’ai rien, je tue un otage et je le balance par la fenêtre, moi, je m’en fous, on n’a pas peur de mourir”, fulmine l’un d’entre eux.

“Il est où le chanteur ? Ils sont où les Ricains ? ”

Comble du cynisme, au milieu des tirs et des rafales qui se succèdent au moindre mouvement des spectateurs pris au piège, l’un des futurs kamikazes se met au xylophone pour délivrer quelques notes de musique. L’article révèle par ailleurs que les terroristes n’ont pas choisi le concert des Eagles of Death Metal au hasard. “Il est où le chanteur ? Ils sont où les Ricains? C’est un groupe américain, avec les Américains, vous bombardez, donc on s’en prend aux Américains et à vous”, hurle l’un d’entre eux à l’assistance moribonde.

Les trois hommes, qui revendiquent leur acte au nom de l’organisation État islamique, expliquent également les motifs de leur “vengeance”. “Vous allez payer pour la Syrie et l’Irak. C’est pour nos frères d’Irak et de Syrie, vous avez fait du mal à nos frères, vous avez bombardé la Syrie […], on fait ce que vous faites en Syrie […], écoutez les gens crier […], nous, on n’est pas en Syrie, mais on agit ici. Vous nous faites ça, on vous fait ça…”, disent-il d’après le journal.

L’échec du Stade de France

Du côté du Stade de France, les révélations sont tout aussi édifiantes. “Le Figaro” indique, en outre, que le commando qui s’est rendu aux abords de l’enceinte sportive a cherché par tous les moyens à y pénétrer pour se faire exploser au milieu des 80 000 spectateurs. En vain. À quatre reprises, les hommes, qui ont tenté de passer les contrôles de la sécurité ne sont jamais parvenus à leurs fins. Faute de mieux, ils se font exploser à l’extérieur de l’enceinte.

Des élements de l’enquête indiquent enfin, que le commando des terrasses des cafés du Xe et XIe ont porté plus de 400 coups de feu.

Première publication : 28/12/2015

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L’Arabie saoudite a dévoilé, lundi, un budget comportant des mesures inédites d’austérité pour lutter contre un déficit budgétaire record en 2015 à cause de la chute des prix du pétrole et de son intervention militaire au Yemen.

L’Arabie saoudite a mal à ses finances. Riyad a dévoilé, lundi 28 décembre, un déficit budgétaire record de 89,2 milliards d’euros, qui oblige le riche royaume pétrolier à placer son budget 2016 sous le signe inédit de l’austérité. Ce n’est que la troisième fois depuis 2002 que la balance budgétaire du pays est négative.

Le royaume a, du coup, précisé qu’en 2016 le prix de l’essence allait augmenter de 40 %. D’autres scénarios pour sortir du rouge sont aussi à l’étude. Les Saoudiens pourraient subir une hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité. Le pouvoir envisage également la mise en place d’une TVA. Riyad a, en revanche, promis de ne pas toucher au budget de l’éducation, de la recherche et de ne pas revoir à la baisse les projets d’investissement, notamment dans les infrastructures, déjà actés.

667 milliars d’euros de réserves

Ces coupes dans les dépenses sont rares pour la monarchie wahhabite, habituée à voir son train de vie largement couvert par la manne pétrolière. Mais la dégringolade du prix de l’or noir depuis le printemps 2014 a fortement pesé sur les finances du pays. Surtout que Riyad n’a pas, dans un premier temps, ajusté ses dépenses à la nouvelle donne tarifaire sur le marché du brut. Une situation que l’Arabie saoudite a contribué à créer pour sauvegarder ses parts de marché face à la menace, notamment, du pétrole de schiste américain. Le pouvoir a également assuré, lundi, que l’intervention militaire au Yémen avait coûté davantage que prévu.

L’Arabie saoudite a, en fait, les moyens de son déficit. Le pays est loin d’un scénario à la grecque. Le royaume a pu piocher sans trop souffrir dans ses réserves pour combler son trou budgétaire et continuer à mener une généreuse politique de dépenses sociales. Riyad a ainsi prélevé dans son trésor pétrolier 73 milliards de dollars sur un total de 667 milliards d’euros (fin 2014).

Le pouvoir a même été plus économe que prévu l’an dernier. La plupart des observateurs de l’Arabie saoudite s’attendait à ce que le déficit s’élève à 20 % du PIB en 2015 alors qu’il n’a été que de 16 %. La déficit record saoudien a, donc, rassuré les investisseurs qui n’ont pas sanctionné le pays sur les marchés financiers. La plupart des valeurs saoudiennes pointaient même à la hausse lundi après les annonces du gouvernement.

Première publication : 28/12/2015

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Pékin a ouvert une enquête, dimanche, contre Chang Xiaobing, le PDG de l’entreprise publique China Telecom. Le dirigeant est loin d’être la première victime de la lutte anti-corruption, procédé qui permet aussi de régler des comptes politiques.

Le patron de China Telecom, géant public des télécoms chinois, ne répond plus. Chang Xiaobing a disparu, dimanche 27 décembre, peu après l’annonce par Pékin de l’ouverture d’une enquête à son encontre.

Le PDG du troisième opérateur mobile en Chine risque gros. Depuis début 2014, plus de 70 cadres, dont 14 vice-présidents ou présidents d’entreprises publiques, ont été inquiétés par les autorités ou ont écopé de lourdes peines de prison pour corruption.

Cent mille officiels déjà dans le collimateur de Pékin

Car, officiellement, il s’agit de corruption. Le communiqué lapidaire du très puissant Comité central pour l’Inspection disciplinaire du Parti communiste chinois évoque des “soupçons de violations sérieuses des règles de discipline” qui pèse sur Chang Xiaobing. Cette formule signifie immanquablement qu’une enquête pour corruption a été ouverte et que le suspect va être exclu du Parti communiste chinois puis déféré devant le juge dans les mois qui suivent, note le “Financial Times”.

“Cette affaire rentre dans le cadre de la campagne de lutte contre la corruption engagé par Xi Jinping [président chinois, NDLR] fin 2012”, confirme Jean-François Dufour, spécialiste de l’économie chinoise et directeur de l’agence de conseil DCA Chine-Analyse. Cette vaste opération a permis de mettre en cause plus de 100 000 officiels du parti en plus de deux ans, rappelle le “Sydney Morning Herald”.

Le pouvoir s’en est d’abord pris aux personnels politiques en visant notamment les gouverneurs locaux et leur entourage. En 2014, le monde des affaires a senti, à son tour, le marteau et la faucille s’abattre sur lui. L’un de ses plus éminents représentants, l’ex-patron du géant public du pétrole PetroChina Jiang Jiemin, a ainsi été condamné à 16 ans de prison pour corruption en octobre 2015 après plus d’un an de procédure.

Lutte de pouvoir et mise au pas économique

La corruption n’est pas la seule raison de la mise à l’écart du patron de China Telecom, tout comme elle ne l’était pas non plus pour les autres cadres d’entreprises publiques. “Les luttes des factions au sein du régime chinois se ressentent aussi dans le monde économique”, assure Jean-François Dufour. Le très puissant Jiang Jiemin était ainsi un soutien revendiqué du “prince rouge” et opposant à Xi Jiping, Bo Xilai.

L’ampleur de cette opération de mise au pas des entreprises publiques démontrent “à quel point elles sont devenues des lieux de pouvoir”, soutient l’expert français. Le couperet de la lutte contre la corruption est tout d’abord tombé sur le secteur pétrolier, et ce n’est pas un hasard. Il est historiquement le plus important et les barons chinois de l’or noir se sont longtemps considérés comme intouchables.

Le pouvoir a ensuite été méthodique : il s’est attaqué à l’immobilier, puis à l’automobile avant de faire le ménage dans le secteur financier et bancaire à partir de l’été 2015. La chute de Chang Xiaobing indique que le gouvernement estime que les télécoms sont aussi devenus politiquement sensibles.

Le cas de China Telecom démontre également que Pékin n’hésite pas à brandir l’argument de la corruption pour mettre au pas ceux qui seraient tentés de s’opposer aux réformes économiques, juge Jean-François Dufour. Le pouvoir a, en effet, plusieurs fois évoqué l’opportunité de réduire le secteur des télécoms à un ou deux acteurs principaux et le patron de China Telecom “est celui qui a le plus de chance de s’être plaint de cette orientation”. Après tout, son groupe n’est que le troisième de la téléphonie et risquerait donc de disparaître en cas de concentration du secteur.

La campagne de lutte contre la corruption a donc bon dos en Chine, comme l’illustre le cas du patron de China Telecom. Elle permet à Pékin d’éviter la création de centres de pouvoir parallèle à même de contester la toute puissance de l’autorité centrale tout en s’assurant que les principaux rouages de l’économie soient parfaitement dans les clous idéologiques.

Première publication : 28/12/2015

La CGT d’Air France et un syndicat de pilotes ont déposé un préavis de grève pour le 28 janvier prochain afin de demander l’arrêt des licenciements et des poursuites judiciaires dans l’affaire de la “chemise arrachée”.

L’année 2016 s’annonce d’ores et déjà mouvementée pour Air France. La CGT a appelé le personnel à faire grève le 28 janvier, jour du premier comité central d’entreprise (CCE) de 2016, pour demander notamment l’arrêt des licenciements et des poursuites judiciaires dans l’affaire de la “chemise arrachée“. “En 2016 aussi, nous ne lâcherons rien”, pouvait-on également lire samedi dans un communiqué l’Ugict-CGT.

La CGT demande en effet le retrait des plaintes et l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre des cinq salariés poursuivis pour “violences” envers deux cadres et des vigiles, en marge d’un comité central d’entreprise (CCE) consacré à une restructuration, le 5 octobre. Elle demande leur réintégration, estimant qu’ils ont été “injustement licenciés”.

Trois mille suppresions de postes envisagés

Dans les deux prochaines années, 3 000 suppressions de postes sont en outre envisagées à Air France. Un millier de départs sont actés pour 2016 et 2 000 en 2017, si la direction ne trouve aucun accord avec ses pilotes d’ici à février. Un projet de filiale continentale a parallèlement refait surface en novembre dernier sous le nom de Transavia Périphérique, après l’abandon du projet Transavia Europe qui avait en partie motivé une grève historique de deux semaines des pilotes en septembre 2014.

Le syndicat de pilotes Alter, non représentatif à Air France, a lui aussi annoncé un préavis de grève du 10 au 13 janvier. Il s’agit pour ce syndicat de protester contre une procédure disciplinaire visant deux pilotes impliqués dans l’affaire de la “chemise arrachée”.

Dans une lettre adressée le 26 décembre au PDG d’Air France, Frédéric Gagey, dont Reuters a obtenu une copie, Alter demande “la fin immédiate des deux procédures en cours, la fin immédiate de la mise à pied avec solde de nos deux collègues et la cessation de ce harcèlement par une menace de sanction lourde pour des faits impossibles”. Les deux pilotes sont convoqués en conseil de discipline le 7 janvier.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 28/12/2015

Après deux ans de controverses et la mort du militant écologiste Rémi Fraisse, le projet de barrage à Sivens (Tarn), a été officiellement abandonné par l’État. Il devrait être remplacé par un “Sivens light” qui semble ne satisfaire aucun camp.

Ce n’était pas une surprise mais l’État l’a officialisé à la veille de Noël : le 24 décembre, donc, le préfet du Tarn et son collègue du Tarn-et-Garonne ont signé l’arrêté d’abrogation du projet de barrage à Sivens. “C’est un joli cadeau de Noël pour les Tarnais”, a réagi le président socialiste du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, auprès de l’AFP – bien que l’arrêté soit toujours susceptible de recours devant le tribunal administratif de Toulouse.

Après deux années de controverses et des manifestations marquées par la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014, le projet initial de grand barrage à Sivens a donc été définitivement enterré. Le sénateur (divers droite) du Tarn, François Bonhomme, a dénoncé de son côté une signature en “catimini” et un “gâchis”.

>> À lire sur France 24 : “Reportage : en immersion chez les zadistes de Sivens”

L’État a accepté de donner au département du Tarn 3,4 millions d’euros en compensation, 2,1 millions pour les dépenses en pure perte et 1,3 million pour réhabiliter la zone humide.

“Sivens light”

Aujourd’hui, un autre projet succède à Sivens : le “Sivens light”. Ce nouveau plan, adopté le 11 décembre par le Conseil départemental du Tarn, prévoit de mettre en place un réservoir réduit de 750 000 m3. Soit moitié moins que les 1,5 million de mètres cubes initialement prévus. Le tout serait placé à 330 mètres en amont du projet initial.

Pour Xavier Beulin, président de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), il s’agit d’un “recalibrage du projet” initial.

Mais cette version est déjà contestée. Par les zadistes tout d’abord (militants écologistes opposés au barrage qui s’étaient installés sur la “zone à défendre”, ZAD), qui l’estiment toujours aussi peu pertinent. Selon eux, les besoins en eau peuvent être satisfaits en puisant dans les retenues collinaires déjà existantes. José Bové, député européen écologiste, dénonce encore une fois un barrage qui entraînerait une “raréfaction de l’eau”. Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui regroupe des opposants, trouve “le nouveau projet est tout aussi aberrant que l’ancien”.

Les pro-barrages ne veulent pas non plus entendre parler de ce nouveau barrage. Son réservoir de 750 000 m3 est insuffisant, selon eux, pour subvenir aux besoins en eau des agriculteurs.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 28/12/2015

Malgré l’état d’urgence, le réveillon du Nouvel An sur les Champs-Élysées aura bien lieu cette année mais avec un important dispositif de sécurité. Il s’agira du premier grand rassemblement dans la capitale depuis les attentats du 13 novembre.

Chaque année, des milliers de personnes se rassemblent sur les Champs-Élysées à Paris pour célébrer le passage à la nouvelle année. Le réveillon 2015 ne fera pas exception malgré les récentes attaques terroristes.

Même si l’année a été ensanglantée par les attentats des mois de janvier et de novembre, “les touristes et habitants pourront donc une nouvelle fois se réunir sur celle que l’on surnomme ‘la plus belle avenue du monde'”, a ainsi annoncé la mairie de Paris sur son site Internet.

La municipalité de la Ville lumière a toutefois précisé que ces célébrations seront placées sous le signe de la sobriété et du recueillement : “Il n’y aura pas de grand show et le feu d’artifice a été annulé, pour des raisons de sécurité”.

>> À lire sur France 24 : “Sécurité renforcée en Autriche sur les conseils d’un service de renseignement étranger”

Les projections sur l’Arc de triomphe, qui auront cette année pour thème “le vivre ensemble et la vie heureuse à Paris” seront également plus courtes que d’ordinaire. Elles débuteront à 23h50 et ne dureront que 10 minutes, au lieu de 20 habituellement. Le but étant d’éviter un trop grand regroupement de personnes au même endroit pendant trop longtemps. Quatre écrans géants seront également dispersés tout au long de l’avenue pour réduire les concentrations de foules.

Par ailleurs, comme l’a précisé le préfet de police de Paris, Michel Cadot, au “Journal du dimanche”, “davantage de policiers seront mobilisés”, ainsi que davantage de pompiers et de personnels de secours. “La menace terroriste n’a pas disparu”, a-t-il insisté alors que l’état d’urgence est toujours en vigueur en France. ” Pour dire les choses simplement, j’ai clairement indiqué à la maire de Paris que le risque est élevé dans la période que nous traversons.”

Réveillon du #NouvelAn sur les Champs-Elysées: les infos utiles https://t.co/Itjitj6Kqtpic.twitter.com/wSWm5JGfkO

— Paris (@Paris) 23 Décembre 2015

Une destination privilégiée

La capitale française est toujours l’une des destinations les plus populaires en Europe pour le réveillon du Nouvel An. L’an dernier, 650 000 personnes s’étaient rassemblées sur les Champs-Élysées. Selon le site de locations entre particuliers AirBnB, plus de 45 000 réservations ont déjà été effectués à Paris pour la période du passage à la nouvelle année.

Comme chaque année, les transports seront gratuits pour les fêtards durant toute la nuit. Une parade aura également lieu le 1er janvier pour la troisième année consécutive, avec une quinzaine de fanfares internationales, des chars multicolores, des jongleurs et des acrobates.

Première publication : 28/12/2015