Archive for December 30th, 2015

Après une année “terrible” marquée par une série d’attentats sur le territoire français, le président François Hollande a adressé ses vœux aux Français en indiquant que 2016 sera consacrée à la lutte contre le terrorisme et le chômage.

“2015 fut une année de souffrance et de résistance, alors faisons de 2016 une année de vaillance et d’espérance”. Après une année marquée par le terrorisme, le président français, François Hollande, a présenté ses vœux aux Français, jeudi 31 décembre, lors d’une allocution radio-télévisée qu’il souhaitait empreinte de “gravité et de solennité”.

Citant la série d’attentats qui ont touché la France en 2015, de Charlie Hebdo et l’Hypercacher en janvier à “l’horreur” des attaques qui ont fait 130 morts le 13 novembre, le chef de l’État a, dans un premier temps, tenu à adresser ses premières pensées aux “victimes du fanatisme”. “Ce soir, en votre nom”, j’exprime notre compassion et notre affection” aux victimes, “ces tragédies demeureront gravées dans chacune de nos mémoires. Elles ne s’effaceront jamais”, a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : “Mais, malgré le drame, la France n’a pas cédé. Malgré les larmes, elle s’est tenue debout. Face à la haine, elle a montré la force de ses valeurs. Celles de la République”.

“Françaises, Français, je suis fier de vous”

Le chef de l’État a ensuite affirmé qu’il devait “la vérité” aux Français et que “la France n’en avait pas terminé avec le terrorisme” car la “menace est toujours là” et “reste même à son plus haut niveau”. “Mon premier devoir, c’est de vous protéger, a-t-il déclaré. Vous protéger, c’est agir à la racine du mal : en Syrie, en Irak. C’est pourquoi, nous avons intensifié nos frappes contre Daech [acronyme arabe de l’organisation État islamique]. Les coups portent, les jihadistes reculent, alors nous continuerons autant que nécessaire […] Françaises, Français, je suis fier de vous. Vous avez fait preuve dans ces circonstances de détermination, de solidarité et de sang-froid”, a-t-il dit encore.

>> À lire sur France 24 : “Déchéance de nationalité, du débat juridique à la bataille politique”

Face à la menace du terrorisme, François Hollande a confirmé son souhait d’inscrire dans la Constitution la possibilité de déchoir de la nationalité française les binationaux nés en France condamnés pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation, un projet qui divise la gauche. Alors qu’il a besoin d’une majorité des trois cinquièmes du Parlement pour faire voter cette mesure, il a dit qu’il respectait le débat parlementaire à venir.

“Le chômage reste ma première priorité”

Sur le front économique, le président n’a toujours pas obtenu la baisse du chômage dont il a fait une condition pour se présenter à l’élection présidentielle de 2017. Aussi a-t-il affirmé que la lutte contre le chômage restait sa “première priorité” et a dévoilé le nombre des futures nouvelles formations qui seront mise en place pour ce faire : 500 000.

Vœux de François Hollande : l’analyse de Roselyne Febvre

François Hollande a par ailleurs annoncé le lancement d’un programme de grands travaux, en particulier dans le cadre de la transition énergétique, et il a demandé au gouvernement la généralisation du service civique.

Autre priorité: l’apprentissage, car “l’effort en faveur de la génération qui vient, c’est un devoir sacré”. “Je fixe l’objectif qu’aucun apprenti ne soit sans employeur et qu’aucun employeur ne demeure sans apprenti”, a-t-il détaillé, demandant aussi au gouvernement d’engager “par étapes”, la “généralisation” du service civique.

François Hollande s’est félicité aussi de la “réussite” de la COP21, “un résultat considérable” qui se traduira par un “programme de grands travaux pour la rénovation de nos bâtiments, pour le développement des énergies renouvelables et pour la croissance verte”.

Accents mitterandiens

Avec des accents mitterrandiens, il a exalté “l’amour de la patrie”, au “cœur” de son engagement. L’avenir de la France n’a “jamais [été] dans le repli, la fermeture, la discrimination ou la nostalgie”, a-t-il cependant ajouté dans une claire allusion à la montée du Front national.

Puis il a joint le geste à la parole, se rendant au pied des Champs-Élysées pour aller à la rencontre de quelques-uns des plus de 100 000 membres des forces de sécurité et de secours en cette nuit de la Saint-Sylvestre.

Plusieurs responsables de la majorité et de l’opposition ont commenté l’allocution présidentielle. “Je souhaite que l’appel du président de la République à faire vivre l’unité nationale soit entendu de tous”, a déclaré pour sa part le président du groupe PS de l’Assemblée Bruno Le Roux.

“Rien d’audacieux qui puisse nourrir l’espérance en économie”, a pour sa part déploré le député Les Républicains (LR, droite) Hervé Mariton. Quant à Marine Le Pen, présidente du Front national (FN, extrême droite), elle a jugé que “rien ne montre ce soir que le président ait pris la mesure de la situation de la France”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 31/12/2015

Depuis l’annonce de l’extension de la déchéance de nationalité française aux binationaux condamnés pour terrorisme, la classe politique se déchire, y compris au sein du PS. La mesure, symbolique, donne lieu à une bataille d’arguments contradictoires.

La possibilité de déchoir un individu condamné pour terrorisme de sa nationalité française devait être le symbole du combat pour l’unité nationale. Elle s’apparente davantage aujourd’hui à celui de la division nationale. Alors que la majorité des Français serait favorable à la déchéance de la nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme selon un sondage Opinionway pour “Le Figaro” publié mercredi 30 décembre, le parti socialiste est plus que jamais divisé.

Les parlementaires, réunis en congrès à Versailles le 23 novembre dernier, semblaient pourtant unanimes dans leur soutien à l’annonce par François Hollande que cette mesure serait incluse dans une réforme constitutionnelle. Mais un mois et demi plus tard, elle bouleverse les repères partisans. Selon Bernard Roman (PS), cité par L’Obs, 80 % des députés socialistes y seraient opposés alors que le vote de la droite et de l’extrême droite semble presque acquis. Chacun développe des arguments divers pour justifier cette adhésion parfois contre-nature au projet gouvernemental.

“Le serment de Versailles”

Parmi ceux qui se disent prêts à voter la réforme constitutionnelle, les députés socialistes et radicaux le font biensouvent pour soutenir la politique conduite par le gouvernement, tandis que les parlementaires issus des rangs de l’opposition (principalement LR, UDI et FN) le font par conviction. François Hollande est d’ailleurs très critiqué, à gauche, pour avoir fait sienne cette mesure défendue par Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.

Le Président et son Premier ministre, Manuel Valls, tentent donc de rallier leur majorité à l’idée de la déchéance de nationalité en rappelant qu’appartenir à la nation française et commettre des attentats à son encontre sont incompatibles. Dans un billet publié sur Facebook le 28 décembre, Manuel Valls expliquait que “la déchéance symbolisera[it] l’exclusion définitive du pacte national de ceux qui ont commis des crimes terroristes”.

Et à ceux qui ne seraient pas convaincus, Manuel Valls rappelle dans une interview au JDD qu’ils sont en quelque sorte liés par l’unanimité affichée lors du discours de François Hollande face au Congrès. Un “serment de Versailles”, afin de ne pas forcer le Président à sortir “du cadre qu’il a fixé, c’est-à-dire l’unité nationale”.

Chez les partisans, des arguments différents de gauche à droite

Comme pour se convaincre, certains députés socialistes évoquent une simple rectification d’une inégalité constitutionnelle : les binationaux ayant “acquis la nationalité française par naturalisation (…) peuvent aujourd’hui être déchus de la nationalité française”, explique Alain Calmette, député PS du Cantal, dans un billet sur Facebook. Ceux qui sont nés en France (ayant donc acquis la nationalité à la naissance, par le droit du sol) ne peuvent effectivement pas être la cible de cette mesure pour l’instant. “Il y a déjà une différence de traitement entre Français”, conclut Alain Calmette pour qui il s’agit donc “d’unifier le cas de tous les binationaux”.

Dans une note envoyée aux députés socialistes et dévoilée par le Lab d’Europe 1, le groupe socialiste à l’Assemblée tente de venir en aide à ses membres en dégageant quelques éléments de langage. Le document, en écho aux propos de Manuel Valls, qualifie la déchéance de nationalité de “sanction que la Nation est légitimement en droit d’infliger à celui qui la trahit au point de la renier”.

L’argumentaire va plus loin en mentionnant les “effets concrets” d’une telle mesure : éloigner l’intéressé “vers le pays dont il a la nationalité” ou le priver de “droits qui s’attachent à la qualité de Français : notamment droits politiques et accès à certaines fonctions”.

Enfin, l’opposition de droite, qui devrait voter majoritairement en faveur de la réforme constitutionnelle, défend principalement la valeur symbolique de cette mesure. Face aux attaques qu’a subies la France, “il faut des mesures efficaces et des mesures symboliques”, jugeait ainsi Philippe Vigier, président du groupe UDI à l’Assemblée, mercredi 30 décembre sur Sud Radio. “C’est un point symbolique très fort, (qui) montre l’importance de la nationalité”, le rejoint Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France au micro de BFMTV/RMC.

Les opposants dénoncent en cœur une mesure inefficace

Les opposants insistent, eux, sur l’inefficacité supposée d’une telle sanction. “Cette mesure est, selon l’aveu du Premier ministre lui-même, inefficace pour lutter contre le terrorisme, confiait ainsi Benoit Hamon au JDD. Pas un terroriste français ne renoncerait à son acte de folie parce qu’on le menacerait de perdre son passeport.”

L’ancien ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche du gouvernement Valls I craint aussi que la déchéance de nationalité ne laisse penser à des “millions de Français” qu’ils sont des citoyens de seconde zone. “Nous donnerions raison à tous ceux qui manipulent notre jeunesse et lui affirment qu’une partie d’entre eux n’ont jamais été considérés comme de vrais Français dans leur propre pays.” Une analyse partagée par beaucoup et prolongée par Olivier Faure, vice-président du groupe socialiste à l’Assemblée et porte-parole du PS : “Daech instrumentalisera vraisemblablement cette décision pour aller chercher les plus fragiles des Français qui peuvent se sentir citoyens de seconde zone”.

Dans la même veine, le porte-voix du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dénonce l’émergence d’un statut de “Français de souche”. À l’aile gauche du PS, dont Mélenchon est issu, le chef de file des frondeurs Christian Paul, regrette que des millions de Français puissent lire dans cette mesure l'”idée qu’il y aurait dans notre constitution deux catégories de Français et que certains le sont moins que les autres”.

Une fois n’est pas coutume, Christian Paul tombe ainsi d’accord avec l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy Benoist Apparu, qui sera l’un des rares députés LR à ne pas voter la déchéance de nationalité, parce qu’elle “ne servira strictement à rien”, a-t-il jugé mardi sur RTL notamment. “J’aime beaucoup les symboles, c’est très important les symboles. Mais peut-être qu’en France, on pourrait arrêter de faire de la politique avec des symboles pour faire des choses efficaces.”

Certains, enfin, voteront contre, car le champ de la mesure leur semble insuffisant. C’est le cas du député LR Guillaume Larrivé, qui souhaite voir la déchéance de nationalité étendue aux auteurs de délits terroristes en plus de ceux coupables de crimes. “Le texte que propose François Hollande ne s’appliquerait qu’aux criminels, c’est-à-dire à des individus condamnés par une cour d’assises. (…) Moi je veux par exemple, a ajouté le député de l’Yonne, qu’un jihadiste qui a porté les armes dans la zone irako-syrienne et qui passe devant un tribunal correctionnel comme auteur d’un délit terroriste (…) soit aussi déchu de la nationalité française”.

Une intransigeance que même Florian Philippot ne partage pas. L’eurodéputé du Front national, très satisfait de voir proposée par le gouvernement une mesure défendue par son parti depuis des années, souhaite élargir le champ de la déchéance de nationalité à d’autres “crimes très graves”, mais “sur le principe, on [les députés FN] peut voter pour”.

Première publication : 31/12/2015

L’organisation de l’EI a revendiqué la fusillade perpétrée mercredi au Daguestan, près d’un site touristique. Une personne a été tuée et une dizaine d’autres blessées.

L’organisation de l’État islamique (EI) a revendiqué jeudi 31 décembre la fusillade ayant fait un mort et une dizaine de blessés mercredi près d’un site touristique au Daguestan, république russe du Caucase en proie à une rébellion islamiste qui a prêté allégeance à l’EI fin juin, selon un centre américain de surveillance des sites islamistes, le Site.

Des inconnus avaient ouvert le feu dans la nuit de mardi à mercredi sur un groupe de personnes près des murailles de la forteresse Naryn-Kala dans la ville de Derbent, classée en 2003 au patrimoine mondial par l’Unesco, tuant une personne et en blessant 11.

Selon une source interrogée par l’agence publique Ria Novosti, les auteurs de la fusillade, qui ont pris la fuite, sont trois combattants originaires de Derbent, qui sont déjà responsables d’une série d’attaques et notamment d’avoir fait feu à la mi-décembre sur des employés du ministère russe des Situations d’urgence.

Une opération antiterroriste a été lancée dans le sud du Daguestan, frontalier de la Tchétchénie en proie à l’instabilité et foyer d’islamistes extrémistes où éclatent sporadiquement des affrontements entre combattants et forces de l’ordre.

Au moins 118 personnes ont été tuées au Daguestan entre janvier et novembre dans des affrontements, selon le portail d’information Kavkazski Ouzel, qui suit les activités des combattants dans le Caucase russe.

Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996), la rébellion s’est progressivement islamisée et a de plus en plus débordé des frontières de cette petite république pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord.

Avec AFP

Première publication : 31/12/2015

Pour les festivités du Nouvel An, plus de 100 000 policiers et gendarmes sont mobilisés sur le territoire français. “Il n’y a pas de menace précise” d’attentat, a toutefois précisé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Outre la Belgique, qui a annoncé mardi 30 décembre l’annulation des festivités du Nouvel An, le reste de l’Europe est aussi sur le qui-vive depuis les attentats de Paris qui ont fait 130 morts. À Paris, privée elle aussi de feu d’artifice, la traditionnelle célébration du Nouvel An a été maintenue sur les Champs-Élysées, mais elle se déroulera sobrement et avec des mesures de sécurité renforcées.

L’Élysée a par ailleurs indiqué qu’après la traditionnelle allocution télévisée des vœux, le président François Hollande irait rendre visite à 20h30 (heure de Paris) au PC sécurité de la célèbre avenue.

Un mois et demi après les attentats parisiens, le dispositif est renforcé pour le réveillon du 31 décembre sur le territoire français : le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé jeudi la mobilisation de plus de 100 000 policiers et gendarmes dans l’Hexagone. Auparavant, le dispositif avait été renforcé dans la capitale française et dans sa petite couronne, avec “11 000” membres des forces de sécurité mobilisés contre 9 000 en 2014.

Ces effectifs comprennent des policiers, des services de secours dont 2 300 pompiers, 2 000 militaires et une soixantaine d’agents de la ville de Paris. S’y ajoutent une centaine d’agents de la RATP et de la SNCF pour la sécurisation des transports. Il y aura 1 600 policiers sur les seuls Champs-Élysées, point traditionnel de rassemblement le soir de la Saint-Sylvestre, entre 18 h jeudi et 1h30 vendredi.

“Il n’y a pas de menace précise” d’attentat, a cependant précisé Bernard Cazeneuve.



“Le risque d’attentat (est) réel
et connu depuis des semaines et il n’y a pas d’éléments nouveaux spécifiques à l’agglomération parisienne dont nous ayons connaissance”, a pour sa part déclaré à la presse le préfet de police Michel Cadot.

“Nous ne pouvons pas garantir qu’il n’y ait aucun risque, chaque année ces soirées sont des soirées difficiles”, a souligné Michel Cadot devant la presse, rappelant que le 31 décembre 2014 “un jeune homme a été tué lors d’affrontements sur le Champ-de-Mars et 160 personnes interpellées”.

“L’état de la menace terroriste est permanent” même s'”il n’y a pas d’éléments nouveaux spécifiques à l’agglomération parisienne ou notre capitale dont nous ayons connaissance”, a-t-il aussi indiqué.

L’opération Sentinelle, en place depuis les attentats de janvier et novembre, déploie 10 000 militaires sur le territoire national – dont 6 500 en Ile-de-France et 2 500 dans Paris intramuros.

Un réveillon sous haute sécurité en Europe

Feux d’artifices annulés

La préfecture de police de Paris prévoit également des contrôles et des “filtrages sélectifs” aux abords des Champs-Élysées où seront déployés 1 600 policiers et gendarmes. La circulation sera fermée à partir de 23h et rouverte vers 1h15.

Cette année, les feux d’artifices ont été annulés et remplacés par la projection d’images sur l’Arc de Triomphe ainsi que sur six panneaux le long des Champs-Élysées, quelques minutes avant le compte à rebours précédant la nouvelle année.

“La vente à emporter de boissons alcoolisées, tout comme la vente et la détention de bouteilles en verre quelle que soit la nature de la boisson contenue, seront interdites sur les secteurs Champs-Elysées, Trocadéro, Champ-de-Mars et voies sur berges durant la nuit du jeudi à partir de 20h, au vendredi à 6h”, a précisé la préfecture de police.

“Dans toute l’agglomération parisienne (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), la distribution de carburants dans des conteneurs individuels ainsi que leur transport par les particuliers sont interdits” jusqu’à lundi, a-t-elle ajouté.

Le public est invité, pour se rendre à Paris ou se déplacer dans la capitale, à privilégier les transports en commun qui seront mis à sa disposition dans la soirée et dont la gratuité sera assurée sur l’ensemble du réseau d’Ile-de-France (RATP et SNCF) à partir de jeudi à 17h jusqu’à vendredi midi.

Avec AFP et Reurters

Première publication : 31/12/2015