Archive for December, 2015

Charaffe al-Mouadan a été tué le 24 décembre en Syrie par la coalition menée par les États-Unis, a annoncé mardi le Pentagone. Ce combattant français de l’EI, originaire de Drancy, était lié à Sami Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan. Portrait.

Qui était Charaffe al-Mouadan ? Ce combattant français de l’organisation État islamique dont les Américains ont annoncé la mort en Syrie mardi 29 décembre était, selon les informations du Pentagone, “lié directement” aux attentats de Paris. Une source française est moins affirmative : “En l’état, rien ne permet d’affirmer son implication” dans ces attaques terroristes. Il compte parmi les 10 responsables de l’EI tués en Syrie et en Irak au mois de décembre.

Charaffe al-Mouadan, alias “Aba Souleymane”, a été abattu le 24 décembre par la coalition conduite par les États-Unis alors qu’il “préparait activement d’autres attaques”, a indiqué mardi 29 décembre le colonel américain Steve Warren, porte-parole de la coalition anti-EI.

L’homme de 26 ans, dernier d’une fratrie de huit enfants, né le 15 octobre 1989 de deux parents marocains à Bondy, dans la banlieue nord-est de Paris, était un proche du jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, coordonnateur présumé des attentats de Paris. Il était aussi ami de l’un des kamikazes du Bataclan, Samy Amimour.

“Association de malfaiteurs”

C’est à Drancy qu’il passe sa jeunesse. Selon un proche entendu par les services antiterroristes, Charaffe al-Mouadan, qui a grandi dans une famille pratiquante, n’était “au départ, pas trop religion” avant d’en adopter une “vision extrémiste”. Il ne fréquentait pas de mosquée particulière, selon ce témoignage rapporté à l’AFP par une source proche du dossier.

Mais le jeune homme semble peu à peu basculer dans l’islamisme radical, en “surfant” sur Internet. Un mode d’initiation “virtuel” qui semble avoir été celui d’Amimour et de Bouabout. À partir de mars 2012, Charaffe al-Mouadan prend des cours de tir sportif dans un club de la police du XVIIIe arrondissement de Paris.

Figure de la jihadosphère depuis + de 2 ans, Aba Souleymane était encore actif sur Twitter il y a quelques semaines pic.twitter.com/uCAn68LpQm

— David Thomson (@_DavidThomson) 29 Décembre 2015

En octobre 2012 il est arrêté à Drancy et mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme, mais laissé libre sous contrôle judiciaire. Il s’apprêtait à partir avec deux amis de son quartier – Samy Amimour et Samir Bouabout, eux aussi mis en examen – au Yémen ou en Afghanistan via la Somalie.

Équipement paramilitaire

En 2013, il s’équipe de matériel paramilitaire, et contracte un prêt à la consommation de 20 000 euros, selon une source proche du dossier, tout en affirmant aux policiers avoir abandonné tout projet de départ en zone de jihad. Il séjourne brièvement au Maroc avec Bouabout.

En août 2013, le jeune homme se rend en Syrie, alors qu’il est toujours sous le coup d’une procédure judiciaire mais laissé libre sous contrôle judiciaire. Auprès de ses proches, Charaffe al-Mouadan invoque la dimension “humanitaire” de son séjour syrien.

Quel rôle a joué Charaffe al-Mouadan ? Selon un témoin, au Bataclan, avant l’assaut policier, l’un des assassins a demandé à son comparse s’il comptait appeler “Souleymane”. Agacé, son complice lui aurait répondu qu’ils allaient terminer l’opération “à leur sauce”.

Mardi, les volets du pavillon familial étaient baissés et la famille refusait de s’exprimer devant la presse. “On l’a connu enfant, c’est trop dur”, dit une voisine. “Il avait l’air très calme”, ajoute une autre habitante du quartier, Rosa, 23 ans, qui parle d’une famille “discrète, sans histoire” et sans “signe apparent de radicalisation”.

Avec AFP

Première publication : 29/12/2015

La situation reste tendue à Ajaccio où des manifestations ont été le théâtre de dérapages islamophobes la semaine dernière. Pour comprendre ce qui se joue en Corse, France 24 a interrogé la sociologue Liza Terrazzoni.

Alors que l’enquête sur l’agression de deux pompiers et d’un policier dans le quartier populaire des Jardins de l’Empereur le soir de Noël se poursuit, la situation reste tendue à Ajaccio où plusieurs manifestations ont été le théâtre d’incidents islamophobes la semaine dernière. Des marches ont été émaillées de slogans racistes, comme “Arabi fora” (Les arabes dehors) et une salle de prière musulmane a notamment été saccagée lors d’un rassemblement de quelques centaines de personnes le 25 décembre.

Pour comprendre ce qui se joue en Corse, France 24 a interrogé Liza Terrazzoni, sociologue attachée au Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (Cadis-EHESS), qui s’est penchée sur les relations interethniques en Corse, et qui a notamment travaillé par le passé dans ce quartier désormais au cœur des tensions. Décryptage.

France 24 – Pouvez-vous nous décrire, d’un point de vue sociologique, la situation du quartier des Jardins de l’Empereur, au cœur de toutes les tensions à Ajaccio depuis plusieurs jours ?

Liza Terrazzoni – Il s’agit d’un quartier de copropriétaires très enclavé et difficile d’accès, situé sur les hauteurs de la ville d’Ajaccio. Il compte entre 1 500 et 2 000 habitants dont la moitié est d’origine étrangère. D’un point de vue social, ce secteur a plutôt été laissé à l’abandon par les autorités locales et nationales depuis au moins une quinzaine d’années. On ne peut pas affirmer qu’il s’agit d’un ghetto déshérité ou d’un quartier marginalisé qui ne regroupe que des exclus, même si le taux de chômage dépasse les 25 % dans ce territoire. Sa situation est assez représentative de la situation sociale d’autres régions françaises. En revanche, il s’agit bien d’un lieu de tensions. Les gens qui y vivent se sentent stigmatisés, et cela est vrai, à cause de leurs origines ou de leurs conditions sociales. Au point que les Jardins de l’Empereur ont acquis une mauvaise réputation à Ajaccio. Cette ville est par ailleurs très clivée d’un point de vue social : une partie d’Ajaccio est aisée, l’autre est plus pauvre. Et cette dernière, qui compte les Jardins de l’Empereur, a très peu d’échanges avec le reste de la ville, notamment le centre. Ce qui permet à ceux qui ne vont pas dans ces quartiers d’alimenter des fantasmes de toutes natures, parfois caricaturaux liés à l’immigration et à des questions d’insécurité, qui ne sont pas toujours justifiés. Ainsi le secteur des Jardins de l’Empereur est souvent associé à l’image d’un ghetto qui serait un lieu d’islamisation, de radicalisation et de trafic. Les événements violents qui ont eu lieu ces derniers jours doivent être resitués dans ce contexte-là.

À la suite de ces événements et des dérapages islamophobes qui ont eu lieu, l’idée qu’il existe un “racisme corse”, bien spécifique, a été avancée dans certains médias. Est-ce une réalité ou est-ce caricatural ?

Il faut toujours éviter le piège de la généralisation. Pointer un certain racisme corse est en effet caricatural, car il y a du racisme en Corse, mais comme partout en France. De plus, il est dangereux de regarder et de parler du racisme en Corse uniquement par le prisme de sa spécificité. C’est s’empêcher de voir un glissement de la société française dans un contexte plus large, qui est celui des tensions identitaires dans le pays. C’est pour cela qu’il faut recontextualiser les évènements qui ont eu lieu à Ajaccio, sans pour autant occulter la forme qu’ont pris ces manifestations, indéniablement spectaculaires et inacceptables même si à l’origine il s’agissait d’une initiative citoyenne qui a été noyautée par des éléments extrémistes. Bien sûr, on ne peut pas ignorer qu’il y a des spécificités en Corse. La violence y est par exemple un moyen de résoudre un certain nombre de conflits. Cette violence est devenue banale et incontrôlable quand il s’agit des questions d’identité. Ce n’est pas nouveau, ce phénomène est ancré dans la société. En revanche, sur le fond, ces évènements s’inscrivent dans un climat qui traverse la société française : cristallisation sur les questions identitaires, sur les appartenances religieuses, rejet de l’immigration et de l’islam. Il ne faut pas oublier que, notamment depuis les attentats de Paris, plusieurs lieux de cultes musulmans ont aussi été pris pour cible sur le continent. Ces évènements n’ont cependant pas eu le même retentissement médiatique que ceux d’Ajaccio. En tant que sociologue je pose la question de savoir pourquoi d’un point de vue national ? S’indigne-t-on autant des dérapages racistes locaux comme en Corse, alors qu’on débat depuis des années des thèmes chers au Front national et que ce parti arrive en tête des dernières élections en France ? Certes, la forme y est pour quelque chose, mais sur le fond ? Je m’interroge de la même sur une contradiction qui traverse la Corse où l’on s’indigne autant devant la petite délinquance et si peu devant la criminalité organisée.

D’aucuns ont fait le rapprochement entre les évènements d’Ajaccio, la récente victoire des nationalistes corses lors des élections régionales et la percée de l’extrême-droite en France. Que pensez-vous de la justesse de cette analyse ?

Parler d’une telle corrélation serait erroné. Dans les revendications des manifestants des Jardins de l’Empereur, il existe trois registres qui se croisent et s’agrègent. Il y a d’abord la crainte d’une “banlieurisation” de la Corse, ensuite la peur d’une islamisation et enfin une inquiétude concernant une mise en danger de l’identité locale. Par conséquent, on ne peut pas affirmer que c’est l’arrivée au pouvoir à l’échelle régionale des nationalistes – qui ont, il faut le souligner, dénoncé les dérapages de certains manifestants – qui explique les incidents d’Ajaccio. Il faut aussi rappeler que le FN a réalisé une percée en Corse lors des dernières élections. Il n’a jamais été aussi présent qu’aujourd’hui sur l’île, même si son score reste marginal par rapport à celui qu’il réalise à l’échelle nationale. En revanche, évoquer et essayer de comprendre les articulations entre racisme et nationalisme semble plus judicieux. Car tout projet nationaliste contient une potentialité oppressive et une logique d’exclusion, surtout quand il s’agit de défendre une vision identitaire, culturelle voire religieuse de la notion de peuple. C’est un processus historique dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui avec la percée actuelle des idéologies ethnico-nationales, en France et en Europe. À ce titre-là, la Corse n’est pas une exception.

Première publication : 29/12/2015

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Au grand dam d’Hollywood, des pirates informatiques ont devancé la sortie en salle d’une série de films à gros budget en les publiant sur Internet.

Pour Hollywood, le père Noël a vraiment été une ordure, cette année. Le démarrage en fanfare du dernier “Star Wars” a quelque peu occulté le côté obscur de la Force qui, depuis le 20 décembre, donne des sueurs froides aux grands studios de cinéma. Un groupe de pirates informatiques, qui se fait appeler Hive-CM8 ou parfois seulement CM8, affirme détenir des copies d’une quarantaine de films américains à gros budgets qui doivent être diffusé cette fin d’année ou au premier trimestre 2016. Il les met en ligne les uns après les autres sur Internet où n’importe qui peut les télécharger en toute illégalité.

Le prochain Quentin Tarantino, “Les huit salopards” et “The Revenant“, le western avec Leonardo DiCaprio, ont été les premiers de cette série à être mis à la disposition des internautes, et ce, dès le 21 décembre. Point commun entre ces deux films : aucun des deux n’est encore disponible en salle. La majorité des long-métrages que Hive-CM8 distribue ainsi illégalement sont d’ailleurs des exclusivités que les spectateurs ne sont pas censés visionner avant plusieurs jours, voire même parfois mois.

Steve Jobs, Will Smith et Rocky

Hollywood a déjà eu affaire à des films mis en ligne illégalement avant leur sortie officielle (comme le film d’action “Expandable 3” en 2014) mais jamais autant en si peu de temps. La liste des œuvres ainsi piratés comprend “Creed” (le spin-off de Rocky), “Steve Jobs”, le film britannique de gangsters “Legend” ou encore “Seul contre tous” qui marque le retour de Will Smith sur grand-écran. Hive-CM8 a également distribué quelques films à gros budgets déjà en salle depuis quelques semaines comme le nouveau James Bond “Spectre” et le dernier Steven Spielberg “Le pont des espions”.

Comment ce groupe a-t-il pu mettre la main sur un tel trésor cinématographique ? Hive-CM8 semble avoir profité de la fin d’année, souvent propice à ce type de fuites car elle marque le début de la saison des prix, tel que les Oscars. De ce fait, raconte le site “Business Insider“, les studios envoient des copies de leurs films aux jurys, à des producteurs en vue ou encore à certains journalistes triés sur le volet. Les pirates ont intercepté ces envois, affirme le site spécialisé dans la scène du partage de fichiers Torrentfreak.

C’est en tout cas ce qui s’est passé avec “Les huit salopards”. Le film qui circule actuellement sur Internet provient d’un DVD envoyé à Andrew Kosove, l’un des producteurs les plus importants de la Côte Ouest, a établi l’enquête du FBI. Accusé d’être à l’origine de la fuite, ce ponte du cinéma américain a affirmé au journal “Hollywood Reporter” qu’il “n’avait jamais eu entre les mains le DVD” tout en reconnaissant qu’il a bien été envoyé à son bureau. Les pirates de Hive-CM8 semblent donc disposer d’un réseau de relais dans les antichambres de certains puissants d’Hollywood.

Arrêt brutal de la diffusion

Depuis cette fuite, le fichier illégal du film de Quentin Tarantino a été téléchargé plus d’un million de fois et des DVD “pirates” sont en vente en Chine, affirme “Hollywood Reporter”. Une mésaventure qui risque de coûter cher à la “Weinstein Company”, la société productrice de “Les huit salopards”.

Cette technique pour récupérer les films explique aussi pourquoi “Star Wars : le réveil de la Force” manque à l’appel de cette liste de blockbuster. Disney n’a envoyé absolument aucun DVD en avance de la sortie du septième épisode de la saga de la “Guerre des Étoiles”.

Reste à savoir quels sont les autres films que Hive-CM8 a encore dans sa hotte. Il est possible que les internautes ne l’apprennent jamais : le groupe de pirates a décidé, lundi 28 décembre, de ne pas mettre en ligne les autres long-métrages. Ils affirment devoir faire profil bas après la mise en ligne “par erreur” d’une image compromettante pour eux qui pourraient aider le FBI à les identifier. Quitte à revenir une fois la tempête médiatique passée ?

Première publication : 29/12/2015

Un mois et demi après les attaques terroristes qui ont frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre, “Le Figaro” livre les conclusions de l’enquête, que le quotidien s’est procurées, avec force détails sur les circonstances du massacre.

Nouvelles révélations glaçantes sur les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis. “Le Figaro” s’est procuré les dernières conclusions de l’enquête menée par quelque 850 policiers de la brigade criminelle de Paris, la sous-direction antiterroriste et des services du renseignement intérieur (DGSI) mobilisés après les attaques. Le quotidien a livré, dimanche 27 décembre, de nombreux éléments précis sur la chronologie et les circonstances du massacre.

Des “boucliers humains”

L’article revient en premier lieu sur la soirée du 13 novembre au Bataclan. On y apprend, grâce aux témoignages des survivants, que Samy Amimour, Foued Mohamed-Aggad et Ismaël Omar Mostefaï se parlent “entre eux en arabe et aux victimes avec un français sans accent”. Après avoir tiré sur la foule terrorisée, les jihadistes placent des spectateurs malheureux aux portes et aux fenêtres en guise de “boucliers humains”.

Les hommes, bien décidés à tuer le maximum de personnes, s’emparent ensuite de “téléphones portables de leurs victimes pour aller sur Internet et entamer des négociations avec la police. Les pourparlers n’auront jamais lieu, faute de réseau téléphonique…

Toujours d’après le témoignage de rescapés, les hommes armés tentent d’obtenir un entretien avec un négociateur. “Si dans cinq minutes je n’ai rien, je tue un otage et je le balance par la fenêtre, moi, je m’en fous, on n’a pas peur de mourir”, fulmine l’un d’entre eux.

“Il est où le chanteur ? Ils sont où les Ricains ? ”

Comble du cynisme, au milieu des tirs et des rafales qui se succèdent au moindre mouvement des spectateurs pris au piège, l’un des futurs kamikazes se met au xylophone pour délivrer quelques notes de musique. L’article révèle par ailleurs que les terroristes n’ont pas choisi le concert des Eagles of Death Metal au hasard. “Il est où le chanteur ? Ils sont où les Ricains? C’est un groupe américain, avec les Américains, vous bombardez, donc on s’en prend aux Américains et à vous”, hurle l’un d’entre eux à l’assistance moribonde.

Les trois hommes, qui revendiquent leur acte au nom de l’organisation État islamique, expliquent également les motifs de leur “vengeance”. “Vous allez payer pour la Syrie et l’Irak. C’est pour nos frères d’Irak et de Syrie, vous avez fait du mal à nos frères, vous avez bombardé la Syrie […], on fait ce que vous faites en Syrie […], écoutez les gens crier […], nous, on n’est pas en Syrie, mais on agit ici. Vous nous faites ça, on vous fait ça…”, disent-il d’après le journal.

L’échec du Stade de France

Du côté du Stade de France, les révélations sont tout aussi édifiantes. “Le Figaro” indique, en outre, que le commando qui s’est rendu aux abords de l’enceinte sportive a cherché par tous les moyens à y pénétrer pour se faire exploser au milieu des 80 000 spectateurs. En vain. À quatre reprises, les hommes, qui ont tenté de passer les contrôles de la sécurité ne sont jamais parvenus à leurs fins. Faute de mieux, ils se font exploser à l’extérieur de l’enceinte.

Des élements de l’enquête indiquent enfin, que le commando des terrasses des cafés du Xe et XIe ont porté plus de 400 coups de feu.

Première publication : 28/12/2015

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L’Arabie saoudite a dévoilé, lundi, un budget comportant des mesures inédites d’austérité pour lutter contre un déficit budgétaire record en 2015 à cause de la chute des prix du pétrole et de son intervention militaire au Yemen.

L’Arabie saoudite a mal à ses finances. Riyad a dévoilé, lundi 28 décembre, un déficit budgétaire record de 89,2 milliards d’euros, qui oblige le riche royaume pétrolier à placer son budget 2016 sous le signe inédit de l’austérité. Ce n’est que la troisième fois depuis 2002 que la balance budgétaire du pays est négative.

Le royaume a, du coup, précisé qu’en 2016 le prix de l’essence allait augmenter de 40 %. D’autres scénarios pour sortir du rouge sont aussi à l’étude. Les Saoudiens pourraient subir une hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité. Le pouvoir envisage également la mise en place d’une TVA. Riyad a, en revanche, promis de ne pas toucher au budget de l’éducation, de la recherche et de ne pas revoir à la baisse les projets d’investissement, notamment dans les infrastructures, déjà actés.

667 milliars d’euros de réserves

Ces coupes dans les dépenses sont rares pour la monarchie wahhabite, habituée à voir son train de vie largement couvert par la manne pétrolière. Mais la dégringolade du prix de l’or noir depuis le printemps 2014 a fortement pesé sur les finances du pays. Surtout que Riyad n’a pas, dans un premier temps, ajusté ses dépenses à la nouvelle donne tarifaire sur le marché du brut. Une situation que l’Arabie saoudite a contribué à créer pour sauvegarder ses parts de marché face à la menace, notamment, du pétrole de schiste américain. Le pouvoir a également assuré, lundi, que l’intervention militaire au Yémen avait coûté davantage que prévu.

L’Arabie saoudite a, en fait, les moyens de son déficit. Le pays est loin d’un scénario à la grecque. Le royaume a pu piocher sans trop souffrir dans ses réserves pour combler son trou budgétaire et continuer à mener une généreuse politique de dépenses sociales. Riyad a ainsi prélevé dans son trésor pétrolier 73 milliards de dollars sur un total de 667 milliards d’euros (fin 2014).

Le pouvoir a même été plus économe que prévu l’an dernier. La plupart des observateurs de l’Arabie saoudite s’attendait à ce que le déficit s’élève à 20 % du PIB en 2015 alors qu’il n’a été que de 16 %. La déficit record saoudien a, donc, rassuré les investisseurs qui n’ont pas sanctionné le pays sur les marchés financiers. La plupart des valeurs saoudiennes pointaient même à la hausse lundi après les annonces du gouvernement.

Première publication : 28/12/2015

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Pékin a ouvert une enquête, dimanche, contre Chang Xiaobing, le PDG de l’entreprise publique China Telecom. Le dirigeant est loin d’être la première victime de la lutte anti-corruption, procédé qui permet aussi de régler des comptes politiques.

Le patron de China Telecom, géant public des télécoms chinois, ne répond plus. Chang Xiaobing a disparu, dimanche 27 décembre, peu après l’annonce par Pékin de l’ouverture d’une enquête à son encontre.

Le PDG du troisième opérateur mobile en Chine risque gros. Depuis début 2014, plus de 70 cadres, dont 14 vice-présidents ou présidents d’entreprises publiques, ont été inquiétés par les autorités ou ont écopé de lourdes peines de prison pour corruption.

Cent mille officiels déjà dans le collimateur de Pékin

Car, officiellement, il s’agit de corruption. Le communiqué lapidaire du très puissant Comité central pour l’Inspection disciplinaire du Parti communiste chinois évoque des “soupçons de violations sérieuses des règles de discipline” qui pèse sur Chang Xiaobing. Cette formule signifie immanquablement qu’une enquête pour corruption a été ouverte et que le suspect va être exclu du Parti communiste chinois puis déféré devant le juge dans les mois qui suivent, note le “Financial Times”.

“Cette affaire rentre dans le cadre de la campagne de lutte contre la corruption engagé par Xi Jinping [président chinois, NDLR] fin 2012”, confirme Jean-François Dufour, spécialiste de l’économie chinoise et directeur de l’agence de conseil DCA Chine-Analyse. Cette vaste opération a permis de mettre en cause plus de 100 000 officiels du parti en plus de deux ans, rappelle le “Sydney Morning Herald”.

Le pouvoir s’en est d’abord pris aux personnels politiques en visant notamment les gouverneurs locaux et leur entourage. En 2014, le monde des affaires a senti, à son tour, le marteau et la faucille s’abattre sur lui. L’un de ses plus éminents représentants, l’ex-patron du géant public du pétrole PetroChina Jiang Jiemin, a ainsi été condamné à 16 ans de prison pour corruption en octobre 2015 après plus d’un an de procédure.

Lutte de pouvoir et mise au pas économique

La corruption n’est pas la seule raison de la mise à l’écart du patron de China Telecom, tout comme elle ne l’était pas non plus pour les autres cadres d’entreprises publiques. “Les luttes des factions au sein du régime chinois se ressentent aussi dans le monde économique”, assure Jean-François Dufour. Le très puissant Jiang Jiemin était ainsi un soutien revendiqué du “prince rouge” et opposant à Xi Jiping, Bo Xilai.

L’ampleur de cette opération de mise au pas des entreprises publiques démontrent “à quel point elles sont devenues des lieux de pouvoir”, soutient l’expert français. Le couperet de la lutte contre la corruption est tout d’abord tombé sur le secteur pétrolier, et ce n’est pas un hasard. Il est historiquement le plus important et les barons chinois de l’or noir se sont longtemps considérés comme intouchables.

Le pouvoir a ensuite été méthodique : il s’est attaqué à l’immobilier, puis à l’automobile avant de faire le ménage dans le secteur financier et bancaire à partir de l’été 2015. La chute de Chang Xiaobing indique que le gouvernement estime que les télécoms sont aussi devenus politiquement sensibles.

Le cas de China Telecom démontre également que Pékin n’hésite pas à brandir l’argument de la corruption pour mettre au pas ceux qui seraient tentés de s’opposer aux réformes économiques, juge Jean-François Dufour. Le pouvoir a, en effet, plusieurs fois évoqué l’opportunité de réduire le secteur des télécoms à un ou deux acteurs principaux et le patron de China Telecom “est celui qui a le plus de chance de s’être plaint de cette orientation”. Après tout, son groupe n’est que le troisième de la téléphonie et risquerait donc de disparaître en cas de concentration du secteur.

La campagne de lutte contre la corruption a donc bon dos en Chine, comme l’illustre le cas du patron de China Telecom. Elle permet à Pékin d’éviter la création de centres de pouvoir parallèle à même de contester la toute puissance de l’autorité centrale tout en s’assurant que les principaux rouages de l’économie soient parfaitement dans les clous idéologiques.

Première publication : 28/12/2015

La CGT d’Air France et un syndicat de pilotes ont déposé un préavis de grève pour le 28 janvier prochain afin de demander l’arrêt des licenciements et des poursuites judiciaires dans l’affaire de la “chemise arrachée”.

L’année 2016 s’annonce d’ores et déjà mouvementée pour Air France. La CGT a appelé le personnel à faire grève le 28 janvier, jour du premier comité central d’entreprise (CCE) de 2016, pour demander notamment l’arrêt des licenciements et des poursuites judiciaires dans l’affaire de la “chemise arrachée“. “En 2016 aussi, nous ne lâcherons rien”, pouvait-on également lire samedi dans un communiqué l’Ugict-CGT.

La CGT demande en effet le retrait des plaintes et l’arrêt des poursuites judiciaires à l’encontre des cinq salariés poursuivis pour “violences” envers deux cadres et des vigiles, en marge d’un comité central d’entreprise (CCE) consacré à une restructuration, le 5 octobre. Elle demande leur réintégration, estimant qu’ils ont été “injustement licenciés”.

Trois mille suppresions de postes envisagés

Dans les deux prochaines années, 3 000 suppressions de postes sont en outre envisagées à Air France. Un millier de départs sont actés pour 2016 et 2 000 en 2017, si la direction ne trouve aucun accord avec ses pilotes d’ici à février. Un projet de filiale continentale a parallèlement refait surface en novembre dernier sous le nom de Transavia Périphérique, après l’abandon du projet Transavia Europe qui avait en partie motivé une grève historique de deux semaines des pilotes en septembre 2014.

Le syndicat de pilotes Alter, non représentatif à Air France, a lui aussi annoncé un préavis de grève du 10 au 13 janvier. Il s’agit pour ce syndicat de protester contre une procédure disciplinaire visant deux pilotes impliqués dans l’affaire de la “chemise arrachée”.

Dans une lettre adressée le 26 décembre au PDG d’Air France, Frédéric Gagey, dont Reuters a obtenu une copie, Alter demande “la fin immédiate des deux procédures en cours, la fin immédiate de la mise à pied avec solde de nos deux collègues et la cessation de ce harcèlement par une menace de sanction lourde pour des faits impossibles”. Les deux pilotes sont convoqués en conseil de discipline le 7 janvier.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 28/12/2015

Après deux ans de controverses et la mort du militant écologiste Rémi Fraisse, le projet de barrage à Sivens (Tarn), a été officiellement abandonné par l’État. Il devrait être remplacé par un “Sivens light” qui semble ne satisfaire aucun camp.

Ce n’était pas une surprise mais l’État l’a officialisé à la veille de Noël : le 24 décembre, donc, le préfet du Tarn et son collègue du Tarn-et-Garonne ont signé l’arrêté d’abrogation du projet de barrage à Sivens. “C’est un joli cadeau de Noël pour les Tarnais”, a réagi le président socialiste du conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, auprès de l’AFP – bien que l’arrêté soit toujours susceptible de recours devant le tribunal administratif de Toulouse.

Après deux années de controverses et des manifestations marquées par la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre 2014, le projet initial de grand barrage à Sivens a donc été définitivement enterré. Le sénateur (divers droite) du Tarn, François Bonhomme, a dénoncé de son côté une signature en “catimini” et un “gâchis”.

>> À lire sur France 24 : “Reportage : en immersion chez les zadistes de Sivens”

L’État a accepté de donner au département du Tarn 3,4 millions d’euros en compensation, 2,1 millions pour les dépenses en pure perte et 1,3 million pour réhabiliter la zone humide.

“Sivens light”

Aujourd’hui, un autre projet succède à Sivens : le “Sivens light”. Ce nouveau plan, adopté le 11 décembre par le Conseil départemental du Tarn, prévoit de mettre en place un réservoir réduit de 750 000 m3. Soit moitié moins que les 1,5 million de mètres cubes initialement prévus. Le tout serait placé à 330 mètres en amont du projet initial.

Pour Xavier Beulin, président de la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA), il s’agit d’un “recalibrage du projet” initial.

Mais cette version est déjà contestée. Par les zadistes tout d’abord (militants écologistes opposés au barrage qui s’étaient installés sur la “zone à défendre”, ZAD), qui l’estiment toujours aussi peu pertinent. Selon eux, les besoins en eau peuvent être satisfaits en puisant dans les retenues collinaires déjà existantes. José Bové, député européen écologiste, dénonce encore une fois un barrage qui entraînerait une “raréfaction de l’eau”. Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui regroupe des opposants, trouve “le nouveau projet est tout aussi aberrant que l’ancien”.

Les pro-barrages ne veulent pas non plus entendre parler de ce nouveau barrage. Son réservoir de 750 000 m3 est insuffisant, selon eux, pour subvenir aux besoins en eau des agriculteurs.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 28/12/2015

Malgré l’état d’urgence, le réveillon du Nouvel An sur les Champs-Élysées aura bien lieu cette année mais avec un important dispositif de sécurité. Il s’agira du premier grand rassemblement dans la capitale depuis les attentats du 13 novembre.

Chaque année, des milliers de personnes se rassemblent sur les Champs-Élysées à Paris pour célébrer le passage à la nouvelle année. Le réveillon 2015 ne fera pas exception malgré les récentes attaques terroristes.

Même si l’année a été ensanglantée par les attentats des mois de janvier et de novembre, “les touristes et habitants pourront donc une nouvelle fois se réunir sur celle que l’on surnomme ‘la plus belle avenue du monde'”, a ainsi annoncé la mairie de Paris sur son site Internet.

La municipalité de la Ville lumière a toutefois précisé que ces célébrations seront placées sous le signe de la sobriété et du recueillement : “Il n’y aura pas de grand show et le feu d’artifice a été annulé, pour des raisons de sécurité”.

>> À lire sur France 24 : “Sécurité renforcée en Autriche sur les conseils d’un service de renseignement étranger”

Les projections sur l’Arc de triomphe, qui auront cette année pour thème “le vivre ensemble et la vie heureuse à Paris” seront également plus courtes que d’ordinaire. Elles débuteront à 23h50 et ne dureront que 10 minutes, au lieu de 20 habituellement. Le but étant d’éviter un trop grand regroupement de personnes au même endroit pendant trop longtemps. Quatre écrans géants seront également dispersés tout au long de l’avenue pour réduire les concentrations de foules.

Par ailleurs, comme l’a précisé le préfet de police de Paris, Michel Cadot, au “Journal du dimanche”, “davantage de policiers seront mobilisés”, ainsi que davantage de pompiers et de personnels de secours. “La menace terroriste n’a pas disparu”, a-t-il insisté alors que l’état d’urgence est toujours en vigueur en France. ” Pour dire les choses simplement, j’ai clairement indiqué à la maire de Paris que le risque est élevé dans la période que nous traversons.”

Réveillon du #NouvelAn sur les Champs-Elysées: les infos utiles https://t.co/Itjitj6Kqtpic.twitter.com/wSWm5JGfkO

— Paris (@Paris) 23 Décembre 2015

Une destination privilégiée

La capitale française est toujours l’une des destinations les plus populaires en Europe pour le réveillon du Nouvel An. L’an dernier, 650 000 personnes s’étaient rassemblées sur les Champs-Élysées. Selon le site de locations entre particuliers AirBnB, plus de 45 000 réservations ont déjà été effectués à Paris pour la période du passage à la nouvelle année.

Comme chaque année, les transports seront gratuits pour les fêtards durant toute la nuit. Une parade aura également lieu le 1er janvier pour la troisième année consécutive, avec une quinzaine de fanfares internationales, des chars multicolores, des jongleurs et des acrobates.

Première publication : 28/12/2015

Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan, a été inhumé par sa famille jeudi 24 décembre dans le cimetière communal de La Courneuve, dans la plus grande discrétion. Aucun nom ne figure sur sa sépulture.

Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan, a été inhumé le 24 décembre au cimetière intercommunal de la Courneuve, selon une information du “Journal du dimanche”. Le terroriste qui est mort à 28 ans en commettant un carnage dans la salle de concert parisienne le 13 novembre, était né et avait grandi à Drancy, en Seine-Saint-Denis, ville dont dépend ce cimetière et où habitent ses parents.

“Il a été inhumé à 17 h, ses parents ont pris leurs précautions pour que sa sépulture ne puisse pas être identifiée”, a indiqué à l’AFP une source proche, sans autre précision. “Il y a avait très très peu de monde” lors de ses obsèques, a précisé une deuxième source.

Tous les défunts ont droit à une sépulture à l’endroit où ils résidaient, là où ils sont décédés, ou en core là où la famille a une sépulture familiale.

Un jeune homme bien élevé

Samy Amimour, ancien chauffeur de bus à la RATP, s’était rendu il y a environ deux ans en Syrie après s’être radicalisé en France, selon sa famille rencontrée en octobre par l’AFP lors d’un reportage en Seine-Saint-Denis.

Décrit comme un jeune gentil, bon élève et réservé, rien dans son parcours éducatif et professionnel ne semblait le prédestiner au terrorisme. Le 16 novembre, lors d’une conférence de presse, le député-maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, a évoqué “un jeune homme bien élevé, dans une famille qui ne présente aucun signe de religiosité, poli, sportif, habillé à la mode, qui présentait même le caractère d’être timide”.

Une timidité qui, selon l’élu, a été un obstacle à son embauche comme surveillant de cantine pour la municipalité voilà quelques années. Conducteur de bus à la RATP, il quitte l’entreprise en 2012 après y avoir travaillé pendant quinze mois. C’est à cette époque qu’il commence à se radicaliser. Pourtant, “il voulait imposer à sa mère, parfaitement laïque, le port du voile, puis imposer à la maison les règles de l’intégrisme le plus absurde, le plus éloigné de la religion musulmane”, affirme le député-maire de Drancy avant de pointer un doigt accusateur sur une mosquée voisine du Blanc-Mesnil, où le kamikaze se serait radicalisé.

Interrogée par l’AFP sous couvert d’anonymat, une amie de la famille affirmait garder le souvenir d’un jeune “très gentil”. “Tout le monde l’aimait. Un mec en or, la proie parfaite” pour les recruteurs au jihad.

Une famille désemparée

C’est “une famille qui a vu son fils lui échapper et qu’on n’a pas aidée”, a déploré Jean-Christophe Lagarde, qui a dit “bien connaître la mère” du jeune homme, une militante associative “parfaitement laïque”, qui l’avait sollicité à ce sujet.

Son père avait même tenté d’aller le chercher en Syrie, où il s’est marié, pour l’arracher aux griffes de l’organisation de l’État islamique (EI). Fin juin 2014, au terme d’un périple, il débarque “dans la région d’Alep” le jour de la proclamation du “califat” par l’EI, le 29 juin. Il parvient non sans mal à voir son fils en tête-à-tête, qu’il tente de convaincre de rentrer. Mais trop tard pour revenir en arrière : Samy est convaincu qu’aussitôt sur le sol français, il sera “jeté en prison”. Le père va même voir en Jordanie un “émir haut placé de Daech” : “Ton fils, je peux te le sortir en 48 heures. À une condition : qu’il me le demande”, lui dit-il. En vain.

Selon des témoignages recueillis par le quotidien “Le Parisien”, ses parents se seraient “effondrés” en apprenant que leur fils faisait partie des terroristes qui ont ensanglanté la capitale parisienne le 13 novembre. Mi-octobre, son père se préparait à un ultime voyage pour récupérer son fils.

Avec AFP

Première publication : 27/12/2015