Archive for January, 2016

Le guide Michelin a décerné lundi trois étoiles à Alain Ducasse du restaurant Plaza Athénée et à Christian Le Squer du restaurant Le Cinq, à l’hôtel George V. Le guide rouge a aussi dévoilé les 600 tables étoilées de son édition 2016.

Le guide Michelin a rendu son palmarès : Alain Ducasse au Plaza Athénée et le restaurant Le Cinq, sous la houlette du chef Christian Le Squer à l’hôtel George V, sont les nouveaux trois étoiles du guide Michelin, dont le palmarès annoncé lundi 1er février a été endeuillé par le suicide présumé du chef Benoît Violier.

L’édition 2016 du guide rouge a en revanche rétrogradé de trois à deux étoiles le restaurant d’Alain Ducasse au Meurice, autre hôtel de luxe parisien, ainsi que le Relais Bernard Loiseau à Saulieu (Côte d’Or). Cet établissement est dirigé par Dominique Loiseau, la veuve du chef, depuis que ce dernier a mis fin à ses jours il y a 13 ans.

“Choquée” et “déçue”

Dominique Loiseau s’est dite “choquée” et “déçue”, promettant de “mettre toute son énergie” pour récupérer cette troisième étoile attribuée en 1991 au restaurant où officie aujourd’hui le chef Patrick Bertron.

“C’est une décision qui est difficile mais ça fait partie intégrante de notre travail”, a expliqué Michael Ellis, directeur international du célèbre guide. “On a fait de nombreuses visites pour être absolument certain”, a-t-il souligné, souhaitant que “la maison Loiseau récupère cette étoile dès que possible”.

Hasard malheureux du calendrier, cette sélection a été annoncée au lendemain du décès de Benoît Violier, probablement un suicide selon la police. Le chef franco-suisse de 44 ans était à la tête du Restaurant de l’Hôtel de Ville à Crissier, près de Lausanne, triplement étoilé par l’édition suisse du Michelin.

Au total, l’édition 2016 de la “bible des gourmets” compte 600 tables étoilées, soit neuf de moins que la précédente. Avec deux entrants et deux sortants, le prestigieux club des trois étoiles regroupe au total 26 tables, comme en 2015.

Dix “trois étoiles” sont situés à Paris:

– Alain Ducasse au Plaza Athénée (2016)

– Le Cinq, à l’hôtel Four Seasons George V (Christian le Squer, 2016)

– Alléno Paris – Pavillon Ledoyen (Yannick Alléno, 2015)

– Epicure à l’hôtel Bristol (Eric Frechon, 2009)

– L’Astrance (Pascal Barbot, 2007)

– Le Pré Catelan (Frédéric Anton, 2007)

– Guy Savoy (2002)

– Pierre Gagnaire (1998)

– L’Arpège (Alain Passard, 1996)

– L’Ambroisie (Bernard Pacaud, 1988)

En régions :

– La Bouitte, à Saint-Martin de Belleville en Savoie (René et Maxime Meilleur, 2015)

– L’Assiette champenoise à Tinqueux dans la Marne (Arnaud Lallement, 2014)

– La Vague d’or, à Saint-Tropez dans le Var (Arnaud Donckele, 2013)

– Flocons de sel, à Megève en Haute-Savoie (Emmanuel Renaut, 2012)

– Auberge du Vieux Puits, à Fontjoncouse dans l’Aude (Gilles Goujon, 2010)

– Le Petit Nice, à Marseille (Gérald Passédat, 2008)

– Pic, à Valence dans la Drôme (Anne-Sophie Pic, 2007)

– Lameloise, à Chagny en Saône-et-Loire (Eric Pras, 2007)

– Régis et Jacques Marcon, à Saint-Bonnet-le-Froid en Haute-Loire (2005)

– Bras, à Laguiole dans l’Aveyron (Michel et Sébastien Bras, 1999)

– Georges Blanc, à Vonnas dans l’Ain (1981)

– Les Prés d’Eugénie, à Eugénie-les-Bains dans les Landes (Michel Guérard, 1977)

– Troisgros, à Roanne dans la Loire (Michel Troisgros, 1968)

– L’Auberge de l’Ill, à Illhaeusern dans le Haut-Rhin (Marc Haeberlin, 1967)

– Paul Bocuse, à Collonges-au-Mont-d’Or dans le Rhône (1965)

À Monaco :

– Le Louis XV Alain Ducasse (1990, retirée 1997, retrouvée 1998, retirée en 2001, retrouvée 2003)

Première publication : 01/02/2016

Le monde de la gastronomie, qui a découvert, lundi, le nouveau palmarès du guide Michelin, se trouve endeuillé par le décès du chef étoilé franco-suisse Benoît Violier, la veille. L’homme aurait mis fin à ses jours, selon la police.

Le monde de la gastronomie est en deuil : le chef trois étoiles franco-suisse Benoît Violier a été retrouvé mort, dimanche 31 janvier, alors que le guide Michelin, bible mondiale de la gastronomie, a révèlé, lundi, son palmarès 2016 pour la France. Le chef du Restaurant de l’Hôtel de Ville à Crissier (Suisse), qui était âgé de 44 ans, s’est probablement suicidé à l’arme à feu, selon la police.

La nouvelle de sa mort a suscité un flot de condoléances et d’hommages sur Twitter de la part de ses pairs : de Pierre Gagnaire à Gérald Passedat, en passant par Jean-François Piège et Marc Veyrat, qui s’est dit “anéanti”. “Grand chef, grand homme, gigantesque talent. Toutes nos pensées vont vers la famille et les proches de Benoît Violier”, a écrit le “pape” de la gastronomie française, Paul Bocuse.

Anne-Sophie Pic, seule femme triplement étoilée, s’est également dite “terriblement attristée par la disparition brutale de Benoît Violier”. “Je n’ai pas de mots”, a-t-elle tweeté.

“Nous sommes bouleversés par la disparition de Benoît Violier, chef à l’immense talent”, a aussi réagi le guide Michelin sur son compte officiel.

Spécialiste du gibier

Le chef franco-suisse, très reconnu, avait vu, en décembre, son restaurant, une institution du paysage gastronomique, auréolé de la première place de “La Liste”, classement de 1 000 “restaurants d’exception” dans le monde réalisé sous l’impulsion du Quai d’Orsay pour répondre au classement britannique controversé des “50 Best”.

À la mi-novembre, l’édition suisse du guide Michelin 2016 avait confirmé les trois étoiles de cet établissement près de Lausanne, dont Benoît Violier avait pris les rênes avec sa femme Brigitte en 2012.

Ce passionné de chasse était un spécialiste de la préparation du gibier et composait une cuisine de saison faisant une large place au bio. Passé chez Joël Robuchon à Paris, ce meilleur ouvrier de France avait succédé à la tête du Restaurant de l’Hôtel de Ville de Crissier, ouvert il y a 60 ans, aux chefs suisses Frédy Girardet puis Philippe Rochat, mort en juillet dernier après un malaise à vélo.

Un palmarès redouté

Ce drame rappelle des heures sombres au monde de la gastronomie, durablement marqué par le suicide d’un autre chef triplement étoilé, Bernard Loiseau, en février 2003, à l’âge de 52 ans. C’est dans ce contexte particulièrement alourdi que le guide Michelin a annoncé lundi les nouveaux étoilés de son édition 2016. Alain Ducasse, au Plaza Athénée, et le restaurant Le Cinq, sous la houlette du chef Christian Le Squer à l’hôtel George V, sont les nouveaux trois étoiles.

Le classement du Michelin est aussi attendu que redouté, car ses étoiles sont synonymes de retombées économiques et médiatiques pour les restaurants, et sa sortie s’accompagne régulièrement de controverses.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2016

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Renault a rattrapé son retard sur le marché chinois en inaugurant, lundi, sa première usine, à Wuhan, dans le centre du pays. Une implantation industrielle qui arrive au moment où le marché chinois connaît un vif ralentissement.

Renault est passé à la vitesse supérieure en s’implantant sur le marché chinois. Après avoir installé ses quartiers au Brésil, en Russie et en Inde, le constructeur français a inauguré, lundi 1er février, sa première usine à Wuhan, dans le centre du pays. Renault réalise une implantation industrielle tardive sur le principal marché automobile mondial, où la marque au losange demeure confidentielle.

“C’est la première grande étape” pour le développement de Renault sur un marché crucial dont il restait quasi-absent, a déclaré son PDG Carlos Ghosn, lors d’une cérémonie au cœur des installations flambant neuves à Wuhan, importante métropole industrielle sur le fleuve Yangtsé.

Fruit d’une coentreprise avec le deuxième constructeur chinois, Dongfeng, l’usine de Wuhan dispose d’une capacité de production de 150 000 véhicules par an, une cadence qu’elle devrait atteindre progressivement.

Des voitures électriques pour bientôt

Dans un premier temps, l’usine assemblera le Kadjar, le dernier-né des “crossovers” de Renault, dans une version légèrement modifiée pour séduire les consommateurs chinois, très friands de 4×4 urbains (SUV). Puis un deuxième crossover, le D-SUV, sortira courant 2016 de ses chaînes. “On voit une explosion sur ce créneau en Chine. On arrive tard mais avec le bon produit”, observe Jacques Daniel, directeur de la coentreprise, tout en reconnaissant que l’implantation se fait dans une “conjoncture pas facile”. En effet, le marché automobile chinois, dans son ensemble, donne plutôt des signes de ralentissement.

L’usine de Wuhan, dont la première pierre avait été posée il y a juste 24 mois, est “un copié-collé” d’installations de Nissan. Les employés locaux ont été formés dans les usines du nippon, et le français pourra s’appuyer sur le même réseau de fournisseurs.

C’est par ailleurs à Wuhan que Renault produira, à partir de 2017, une voiture électrique basée sur la plateforme de sa berline Fluence, destinée à Dongfeng et sous marque locale. Si les volumes en resteront limités, Carlos Ghosn a indiqué, lundi, que le constructeur réfléchissait déjà à élaborer une voiture électrique “à prix abordable”, propre à séduire la Chine et d’autres pays en développement.

“Un excellent présage”

La Chine pourrait servir de précieux relai de croissance au groupe français, qui voit ses ventes trébucher sur des marchés phares, notamment en Amérique latine. Renault était l’un des derniers grands constructeurs occidentaux à ne pas disposer de présence industrielle en Chine, où il faisait jusqu’alors de la figuration, laissant son partenaire japonais Nissan y faire cavalier seul.

Pour l’heure, la neige qui s’est abattue sur Wuhan juste avant l’inauguration était jugée de bon augure pour l’avenir des “crossovers”, à en croire Li Li, responsable chinoise de gestion de l’usine: “Une première neige au début de l’année – celle du Singe commence dans une semaine – est un excellent présage pour la réussite des affaires”.

Le concurrent français PSA Peugeot Citroën – installé de longue date et également adossé à Dongfeng, avec qui il possède trois usines à Wuhan – écoule, lui, plus de 700 000 unités par an dans le pays.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2016

Le cargo Modern express, à la dérive depuis sept jours sans équipage à 50 km du littoral aquitain, fait lundi l’objet d’une ultime tentative de remorquage. En cas d’échec il s’échouera entre lundi et mardi soir sur la côte landaise.

Une nouvelle opération pour tenter de remorquer le cargo Modern express, à la dérive depuis sept jours et désormais à 50 km du sud-ouest du bassin d’Arcachon, a débuté lundi matin peu après 8H30, a annoncé la préfecture maritime.

>> À (re)lire sur France 24 : “Les catastrophes écologiques de ces 40 dernières années”

“Début de l’opération de tentative de remorquage. 4 spécialistes de SMIT Salvage sont à bord du navire”, a indiqué la préfecture sur son compte twitter. SMIT Salvage est la société néerlandaise spécialisée dans le sauvetage de navires engagée par l’armateur du Modern express.

En cas d’échouage, des plans anti-pollution Polmar, Mer et Terre, seront déclenchés localement. Des brèches pourraient se produire dans les soutes à gazole du cargo lors de l’échouage, mais le préfet maritime a assuré qu’il “ne craint pas du tout de marée noire”, le bateau ne transportant que 300 tonnes de gazole de propulsion. À titre de comparaison, le pétrolier Prestige, naufragé en 2002 au large de la Galice, transportait 77 000 tonnes de fioul.

“Empêcher la marée noire”

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal, a assuré dimanche qu’en cas de fuite seraient mobilisés “tous les moyens déjà sur place : la sécurité civile, le travail du préfet maritime, 70 militaires spécialisés, des barrages – des gros boudins qu’on met sur la mer pour empêcher la marée noire de venir”. La ministre a estimé qu’il y a “une chance sur deux de réussir le remorquage”.

Dimanche, une météo hostile, avec des rafales à 80 km/h le matin, à 50 km/h en fin de journée, des creux de près de 6 m, a empêché toute tentative d’hélitreuiller sur le cargo des experts en renflouement de la société néerlandaise spécialisée Smit Salvage, pour préparer le remorquage.

Le Modern express, cargo récent (2001) immatriculé au Panama, naviguait du Gabon vers Le Havre lorsqu’il a émis mardi un signal de détresse à 280 km de la pointe Nord-Ouest de l’Espagne, à la suite d’une forte gîte (inclinaison latérale), probablement due à un désarrimage de sa cargaison. Ses 22 hommes d’équipage, philippins, avaient été évacués par des hélicoptères espagnols.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2016

Le cargo Modern express, à la dérive depuis sept jours sans équipage à 50 km du littoral aquitain, fait lundi l’objet d’une ultime tentative de remorquage. En cas d’échec il s’échouera entre lundi et mardi soir sur la côte landaise.

Une nouvelle opération pour tenter de remorquer le cargo Modern express, à la dérive depuis sept jours et désormais à 50 km du sud-ouest du bassin d’Arcachon, a débuté lundi matin peu après 8H30, a annoncé la préfecture maritime.

>> À (re)lire sur France 24 : “Les catastrophes écologiques de ces 40 dernières années”

“Début de l’opération de tentative de remorquage. 4 spécialistes de SMIT Salvage sont à bord du navire”, a indiqué la préfecture sur son compte twitter. SMIT Salvage est la société néerlandaise spécialisée dans le sauvetage de navires engagée par l’armateur du Modern express.

En cas d’échouage, des plans anti-pollution Polmar, Mer et Terre, seront déclenchés localement. Des brèches pourraient se produire dans les soutes à gazole du cargo lors de l’échouage, mais le préfet maritime a assuré qu’il “ne craint pas du tout de marée noire”, le bateau ne transportant que 300 tonnes de gazole de propulsion. À titre de comparaison, le pétrolier Prestige, naufragé en 2002 au large de la Galice, transportait 77 000 tonnes de fioul.

“Empêcher la marée noire”

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal, a assuré dimanche qu’en cas de fuite seraient mobilisés “tous les moyens déjà sur place : la sécurité civile, le travail du préfet maritime, 70 militaires spécialisés, des barrages – des gros boudins qu’on met sur la mer pour empêcher la marée noire de venir”. La ministre a estimé qu’il y a “une chance sur deux de réussir le remorquage”.

Dimanche, une météo hostile, avec des rafales à 80 km/h le matin, à 50 km/h en fin de journée, des creux de près de 6 m, a empêché toute tentative d’hélitreuiller sur le cargo des experts en renflouement de la société néerlandaise spécialisée Smit Salvage, pour préparer le remorquage.

Le Modern express, cargo récent (2001) immatriculé au Panama, naviguait du Gabon vers Le Havre lorsqu’il a émis mardi un signal de détresse à 280 km de la pointe Nord-Ouest de l’Espagne, à la suite d’une forte gîte (inclinaison latérale), probablement due à un désarrimage de sa cargaison. Ses 22 hommes d’équipage, philippins, avaient été évacués par des hélicoptères espagnols.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2016

Quatre jours avant que l’Assemblée nationale ne commence à débattre de la réforme constitutionnelle, l’ex-garde des Sceaux, Christiane Taubira, publie “Murmures pour la jeunesse”, un réquisitoire contre la déchéance de nationalité.

Lors d’une allocation à la New York University (NYU), Christiane Taubira avait réaffirmé, vendredi 31 janvier, qu’elle resterait “loyale” au président François Hollande. Le mardi 2 février, l’ancienne garde des Sceaux sortira pourtant en librairie “Murmures à la jeunesse” (Éditions Philippe Rey), un livre réquisitoire dans lequel elle réaffirme haut et fort son opposition à la déchéance de nationalité, ce projet de l’exécutif qui a motivé son départ du gouvernement.

“Céder à la coulée d’angoisse et se laisser entraîner, au lieu d’endiguer, signe la fin du Politique et de la politique. Le glas. Plus fatal que l’hallali”, écrit-elle.

D’après Le Monde, l’ouvrage, tiré à 40 000 exemplaires, a été imprimé discrètement en Espagne, acheminé sur des palettes opaques et présenté aux librairies comme un “livre sous X” pour réduire les risques de fuites. Seul François Hollande s’est vu adresser un jeu d’épreuves, vendredi 22 janvier, cinq jours avant que ne soit rendue publique la démission de Christiane Taubira.

Si le premier tiers de ce livre de 94 pages est consacré au terrorisme en général, Christiane Taubira déroule en longueur ses arguments contre la déchéance de nationalité. Elle fustige son “inefficacité” en raison de ses “effets nuls en matière de dissuasion”. Mais, plus fondamentalement, elle pointe son enjeu symbolique.

“Osons le dire: un pays doit être capable de se débrouiller avec ses nationaux. Que serait le monde si chaque pays expulsait ses nationaux de naissance considérés comme indésirables? Faudrait-il imaginer une terre-déchetterie où ils seraient regroupés ?”, écrit Christiane Taubira qui avait expliqué son départ de la Chancellerie, le 26 janvier, par un “désaccord politique majeur”.



Entre fidélité politique et acquit de conscience

À la lecture de ces lignes, difficile en effet d’imaginer qu’elle ait pu rester à sa place au sein du gouvernement plus longtemps. Le livre a néanmoins été imprimé avant sa démission – Christiane Taubira y est encore présentée comme la garde des Sceaux – et elle y fait part de ses tourments et hésitations.

“Je ne suis sûre de rien, écrit-elle. Le tourment m’habitera jusqu’à la tombe. L’inquiétude. L’intranquillité. Peut-être est-ce faire trop de bruit pour peu de chose. Peut-être serait-il plus raisonnable d’être raisonnable et de laisser passer. En convenir. S’en accommoder. Ne pas ajouter au trouble. (…) Ne vaut-il pas mieux alors un cri et une crise plutôt qu’un long et lent étiolement? Je ne suis sûre de rien, sauf de ne jamais trouver la paix si je m’avisais de bâillonner ma conscience.”

Si elle n’a pu se taire, “Murmures à la jeunesse” n’est pour autant pas une diatribe contre le gouvernement qu’elle a quitté le 26 janvier. Celle qui a toujours su conjuguer fidélité au gouvernement et esprit d’indépendance prend notamment soin de rendre hommage au président de la République, dont elle salue l’attitude après les attentats du 13 novembre 2015.

Sa loyauté n’empêchera pas que soit relancé, avec plus de vigueur encore peut-être, le débat déjà sur la déchéance de nationalité, alors que commence vendredi à l’Assemblée nationale l’examen de la réforme constitutionnelle, pour un vote attendu le 10 février.

Première publication : 01/02/2016

François Hollande a accordé à Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, une “remise gracieuse de sa peine d’emprisonnement”. Elle pourra bénéficier d’une libération dès avril prochain.

L’affaire Jacqueline Sauvage a trouvé son dénouement. Dimanche, le président de la République française a décidé d’accorder une “remise gracieuse” en vertu de l’article 17 de la Constitution à cette Française condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari de trois coups de fusil, après avoir subi, avec ses enfants, des décennies de coups et de violences sexuelles.

“Le président de la République a voulu, face à une situation humaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de Mme Sauvage auprès de sa famille”, a déclaré la présidence, précisant que la remise de peine “de 2 ans et 4 mois” portait aussi sur “l’ensemble de la période de sûreté qu’il lui reste à accomplir”.

Le président @fhollande a décidé d’accorder à Madame Jacqueline SAUVAGE une remise gracieuse de sa peine https://t.co/xCe5I6LnE2

— Élysée (@Elysee) 31 Janvier 2016

“Concrètement, le président a fait sauter le verrou de la peine de sûreté et il permet à Jacqueline Sauvage de pouvoir être accessible à une libération conditionnelle dès la mi-avril 2016”, se sont aussitôt réjouies ses avocates, Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, reçues une nouvelle fois dimanche par le chef de l’État qui les a informées de sa décision.

“Les filles de Jacqueline Sauvage […] sont réjouies, elles sont heureuses car le président les a entendues et ne les a pas déçues. Il a été fidèle à ses propos de vendredi dernier”, ont rapporté les avocates.

47 ans d’enfer conjugal

Le 3 décembre, la cour d’assises du Loir-et-Cher avait pourtant confirmé en appel la condamnation à 10 ans de réclusion de la mère de famille, reconnue coupable d’avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans d’enfer conjugal.

La mobilisation avait été de grande ampleur ces derniers jours pour Jacqueline Sauvage. Plus de 400 000 personnes ont notamment signé une pétition appelant à lui accorder la grâce présidentielle.

Ses filles avaient adressé au président de la République une demande de grâce, appuyée par de nombreux parlementaires, dont Valérie Boyer (Les Républicains), et personnalités. Un comité de soutien s’est constitué, réunissant notamment la maire PS de Paris Anne Hidalgo, l’écologiste Daniel Cohn-Bendit et le porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon.

L’entourage de François Hollande a plusieurs fois rappelé qu’il n’était, par principe, pas favorable à la grâce présidentielle. Il ne l’avait jusque là utilisé qu’une fois durant son mandat en janvier 2014 pour libérer Philippe El Shennawy, le plus vieux détenu de France condamné pour le hold-up du CIC à Paris, et qui avait passé 38 ans derrière les barreaux.

Avec AFP et Reuters.

Première publication : 31/01/2016

À quelques jours de l’examen du projet de loi en Conseil des ministres,plusieurs dizaines de manifestations ont eu lieu, samedi, à Paris et en province pour dénoncer le projet de déchéance de nationalité et l’état d’urgence.

État d’urgence, état policier”, pouvait-on entendre, samedi 30 janvier, place de la République à Paris. Des milliers de Parisiens ont bravé la pluie pour dénoncer le projet d’inscrire dans la Constitution l’extension de la déchéance de nationalité et l’état d’urgence.

Outre le défilé parisien de la place de la République au Palais-Royal, des manifestations étaient prévues dans les principales villes de France, à l’appel des collectifs “Nous ne céderons pas” et “Stop état d’urgence“, qui regroupent notamment des syndicats (CGT, FSU, Syndicat de la magistrature), des associations (Attac, Droit au logement, Droits devant, MRAP) et des organisations de défense des droits de l’Homme (FIDH).

>> À lire sur France 24 : “Du débat juridique à la bataille politique”

Ces organisations demandent la levée immédiate de l’état d’urgence, instauré après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, et l’abandon du projet de déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour des activités terroristes, “des mesures qui heurtent et mettent à mal nos libertés au nom d’une hypothétique sécurité”, selon un communiqué des collectifs. C’est sur ce “désaccord politique majeur” que la garde des Sceaux Christiane Taubira a démissionné.

>> À lire sur France 24 : “La voix discordante de Christiane Taubira met la majorité dans l’embarras”

À Toulouse, entre 400 personnes selon la police et 600 à 700 personnes selon les organisateurs ont défilé. Des manifestations ont eu lieu à Auch, Montauban, Pau, Bayonne.

“Le temps est pourri, le gouvernement aussi”

Sous la pluie, les manifestants ont scandé “état d’urgence, état policier” ou, de circonstance : “Le temps est pourri, le gouvernement aussi”. Dans le cortège, une femme qui se fait appeler Chris s’est demandé : “L’état d’urgence, jusqu’à quand ? La fin de Daech ? Dans dix ans ? Jamais ? Il faut y mettre un terme, surtout que notre arsenal législatif est déjà largement suffisant”.

Pour une autre manifestante, interrogée par l’envoyé spécial de France 24 Julien Muntzer, “cet état d’urgence est une hérésie. On n’a pas besoin d’un état d’urgence, il y a des lois, un arsenal juridique qui est suffisant aujourd’hui pour lutter contre le terrorisme”, fulmine-t-elle.

>> À voir sur France 24 : “La réforme constitutionnelle peut-elle être efficace contre le terrorisme ?” (partie 1)

Le gouvernement veut prolonger de trois mois supplémentaires l’état d’urgence, qui devait prendre fin le 26 février. Le projet doit être présenté mercredi 3 février en Conseil des ministres.

Annoncé dès le soir des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés, cette mesure d’exception avait été prolongée à une écrasante majorité pour trois mois le 26 novembre par le Parlement.

Ne pas stigmatiser les “binationaux”

Sa nouvelle prolongation, jusqu’à fin mai, qui sera débattue et votée le 9 février au Sénat, puis le 16 février à l’Assemblée nationale, est plus controversée : des partis de gauche et des associations de défense des droits de l’Homme et des libertés publiques s’inquiètent d’un risque de pérennisation de ce régime d’exception. Jusqu’ici, une majorité de Français est favorable à sa prolongation.

>> À lire sur France 24 : “Pourquoi Hollande veut inclure la déchéance de nationalité dans la Constitution”

Par ailleurs, le gouvernement prépare un projet de révision constitutionnelle, examiné en séance à partir du 5 février au Palais Bourbon. Il prévoit d’inscrire dans la Constitution l’état d’urgence, pour le sécuriser sur le plan juridique et l’encadrer, selon l’exécutif, ainsi que l’extension de la déchéance de nationalité pour les personnes “condamnées” pour un crime ou un délit constituant une atteinte grave à la vie de la nation”, autre mesure vivement contestée.

L’extension de la déchéance de nationalité ne comprendra finalement “aucune référence” aux binationaux pour ne pas les “stigmatiser”, a annoncé le Premier ministre Manuel Valls, même si, en pratique, ils pourraient rester seuls exposés à cette mesure qui fracture la gauche.

Avec AFP

Première publication : 30/01/2016

Dans le viseur de la justice depuis plusieurs années en France, mais également aux États-Unis, Thomas Fabius, l’un des fils du ministre français des Affaires étrangères, a été mis en examen vendredi pour faux et usage de faux.

Dans le collimateur de la justice depuis plusieurs années,Thomas Fabius, fils du chef de la diplomatie française, a été mis en examen vendredi 29 janvier pour faux et usage de faux, a appris samedi l’AFP de sources judiciaire et proche du dossier.

Il a en revanche échappé à une mise en examen pour escroquerie, blanchiment de fraude fiscale, abus de confiance, abus de biens sociaux, les magistrats financiers parisiens le plaçant sous le statut de témoin assisté pour ces chefs. Les juges ne l’ont pas soumis à un contrôle judiciaire, ont précisé les sources.

Client assidu des casinos, c’est sa passion du jeu qui est à l’origine des ennuis judiciaires de Thomas Fabius, 34 ans, et de la procédure, ouverte fin 2011 à la suite d’une plainte de la Société Générale.

La banque accusait le jeune homme d’avoir édité un faux mail alors qu’il se trouvait au Maroc. “D’après cette plainte, le courriel avait été prétendument rédigé par son conseiller bancaire et laissait croire à un casino marocain que Thomas Fabius allait être prochainement destinataire de 200 000 euros”, a décrit une source proche de l’enquête.

Durant leurs investigations, les enquêteurs se sont intéressés à son train de vie, notamment aux conditions d’acquisition en 2012 d’un appartement de près de 300 m2, situé boulevard Saint-Germain dans le 6e arrondissement de Paris, pour un montant de sept millions d’euros.

Cette transaction avait fait l’objet d’un signalement à Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy. Mais Thomas Fabius a toujours assuré que ce bien avait été financé légalement, pour partie par des gains de jeu et pour partie par un emprunt bancaire.

Dans le viseur d’un procureur du Nevada

Outre la procédure en France, le fils de Laurent Fabius reste aussi dans le viseur de la justice américaine. Un procureur du Nevada a délivré fin octobre un mandat d’arrêt, qui n’est toutefois pas exécutoire hors du territoire américain.

Il est accusé d’avoir rédigé des chèques en bois d’un montant total de plus de 3,5 millions de dollars (3,2 millions d’euros) dans plusieurs casinos de Las Vegas, en 2012. Selon le procureur du Nevada, il semble avoir été pris d’une frénésie d’achat de jetons et de plaques de casino, rédigeant des chèques à répétition.

Utilisant un chéquier de la banque italienne Banca Monte dei Paschi di Siena, il avait notamment libellé trois chèques à l’ordre de l’hôtel de luxe-casino The Palazzo, dont un d’un million de dollars.

Selon une source proche du dossier, Thomas Fabius explique qu'”il ne s’agit pas de chèques, mais de reconnaissances de dettes rédigées sur papier libre et qui ont valeur de bon à payer”.

Sollicité samedi, l’entourage du fils de l’ancien Premier ministre de François Mitterrand n’a pas souhaité réagir.

Avec AFP

Première publication : 30/01/2016

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C’est une première en Europe. Les polices ont lancé vendredi, avec l’aide d’Europol, un site internet qui recense les criminels les plus recherchés sur le continent. Les citoyens de l’UE pourront également fournir des informations de manière anonyme.

Les fugitifs les plus recherchés d’Europe ont désormais leurs fiches rassemblées sur un site internet unique, lancé vendredi 29 janvier par les polices européennes avec l’aide d’Europol, qui héberge la plateforme.

Salah Abdeslam, suspecté d’être impliqué dans les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis figure notamment sur la liste. Le site, qui n’est pas sans rappeler les avis de recherche du FBI, présente une photo de chacun des suspects, les crimes qui leur sont reprochés et offre la possibilité aux internautes de communiquer des informations à leur sujet.

“Le site permettra de partager des informations sur des criminels recherchés à l’international, qui ont été condamnés ou sont suspectés d’avoir commis des crimes graves ou des actes terroristes en Europe”, a indiqué Europol dans un communiqué.

Le site, disponible dans 17 langues, a été lancé par ENFAST1, un réseau européen d’officiers de police spécialisés dans la localisation et l’arrestation de fugitifs, affichait vendredi les noms de 45 fugitifs. Mais il sera mis à jour de manière régulière, a assuré Europol, soulignant qu’il s’agit de la “première initiative à travers l’Europe pour présenter une liste de fugitifs recherchés sur une plateforme commune”.

Mohammed Abrini, Jean-Claude Lacote, Matteo Messina Denaro

“À partir d’aujourd’hui, les citoyens de l’UE et d’au delà peuvent fournir des informations utiles via le site, également de manière anonyme”, a précisé l’Office européen des polices, basé à La Haye.

“Nous sommes convaincus qu’au moins quelques-uns [des suspects, NDLR] se cachent dans un autre pays que celui où ils ont commis leurs crimes”, a déclaré Tine Hollevoet, porte-parole d’Europol.

Mohammed Abrini, recherché lui aussi pour les attentats de Paris qui ont fait 130 morts, y figure également. L’Italien Matteo Messina Denaro est, lui, recherché pour le meurtre d’un garçon, fils d’un membre d’une organisation rivale à la sienne, la mafia italienne de la “Cosa nostra”.

Le Français Jean-Claude Lacote a été condamné par défaut en Belgique pour le meurtre d’un Britannique sur la côte belge. Il est recherché depuis son évasion d’une prison sud-africaine avec l’aide de deux policiers corrompus et de sa petite amie belge. “L’homme est considéré comme violent et très dangereux”, affirme la police belge.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 30/01/2016