Archive for January 2nd, 2016

Alors que la Finlande a annoncé récemment sa volonté d’expérimenter un revenu universel de base, le député Les Républicains Frédéric Lefebvre plaide pour la mise en place d’une mesure similaire en France afin d’éradiquer la pauvreté.

L’idée n’est pas nouvelle mais le député Les RépublicainsFrédéric Lefebvre est bien décidé à remettre sur les rails le concept d’une allocation universelle. Le principe se veut simple et efficace, selon ses partisans : le remplacement de l’ensemble des aides sociales par une allocation universelle mensuelle versée dès la naissance et comprise entre 500 et 1 000 euros permettrait d’éradiquer la pauvreté en France.

“C’est une question de bon sens mais qui devient maintenant une urgence compte tenu de l’évolution de la société, a affirmé Frédéric Lefebvre, lors d’un entretien à France 24, dimanche 3 janvier. Nous avons actuellement un système qui ne fonctionne plus. Depuis 40 ans, nous votons chaque année un budget en déficit. Or le seul moyen d’éradiquer la pauvreté avec un système moderne, c’est en inventant un nouveau modèle qui permettrait à chacun de se construire, de se former, de s’investir dans des projets et d’entreprendre. L’allocation universelle n’éloignerait pas les gens du travail comme peuvent le craindre certains. Au contraire, elle les en rapprocherait.”

En réalité, la notion de revenu de base est loin d’être moderne. Les philosophes Thomas More, dès le XVIe siècle, et Thomas Paine, au XVIIIe siècle, l’évoquaient déjà. Des personnalités aussi différentes que Napoléon, Martin Luther King ou Milton Friedman ont également émis des idées proches. Au Canada, le système a même été testé localement dans les années 1970.

Plus récemment en France, Christine Boutin, Dominique de Villepin ou encore Europe-Écologie-Les-Verts ont aussi fait des propositions en ce sens. Mais celles-ci n’ont jamais dépassé ce stade. L’ancien secrétaire d’État au Commerce espère donc faire mieux et demande au gouvernement de mettre sur pied un groupe de travail qui permettrait de chiffrer la mise en œuvre d’une telle mesure. Selon lui, “il y a une opportunité exceptionnelle de se lancer aujourd’hui puisque d’autres pays font cette expérimentation”.

Quarante ans après le Canada, le gouvernement finlandais vient en effet d’annoncer, fin novembre, qu’il espérait verser un revenu de base de 800 euros par mois à un échantillon de sa population à partir de 2017. Son Premier ministre, Juha Sipilä, a confié au directeur de recherche de l’institution gérant les aides sociales en Finlande, Olli Kangas, le soin de travailler sur cette expérimentation et de faire des propositions d’ici novembre 2016.

Éradiquer la pauvreté en faisant des économies

Selon Olli Kangas, cité par le site d’information américain FastCoexist.com, remplacer l’ensemble des prestations sociales par un revenu de base aurait un triple intérêt : adapter le système d’aides sociales à l’évolution du marché du travail, où le statut de salarié à plein temps pour une seule et même entreprise tendrait à disparaître ; inciter les demandeurs d’emploi qui feraient preuve de manque de volonté à fournir davantage d’efforts dans leurs recherches, puisque le revenu de base serait inférieur aux allocations chômage ; et enfin réduire la bureaucratie – c’est-à-dire le nombre de fonctionnaires – en charge de la gestion de l’ensemble des aides sociales existantes, ce qui aurait pour effet, selon le directeur de recherche, d’engendrer des économies.

“Pour la première fois, on va avoir une expérimentation à une grande échelle, souligne Frédéric Lefebvre, qui reprend à son compte les arguments d’Olli Kangas. L’expérimentation au Canada ne portait que sur une seule ville. Là avec la Finlande, on est dans la logique d’un grand pays qui se trouve en grande difficulté économique et qui décide de faire un basculement complet de son système.”

Le député des Français de l’étranger résidant en Amérique du Nord parviendra-t-il à convaincre la France qu’il est possible d’éliminer la pauvreté en faisant des économies ? L’adhésion du gouvernement de Manuel Valls, ne serait-ce que pour évaluer le coût et l’intérêt éventuel d’une telle mesure, est loin d’être acquise. Le 23 octobre 2015, Frédéric Lefebvre avait ainsi déposé un amendement au projet de loi de finances 2016 pour demander au gouvernement un rapport sur l’allocation universelle. Mais le secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, avait refusé d’accéder à sa demande.

Cet amendement avait par ailleurs été critiqué par le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB) qui milite pour une telle allocation depuis 2012. Dans un communiqué daté du 12 novembre, le MFBR rappelait que la proposition de Frédéric Lefebvre visait à “remplacer l’ensemble des aides sociales, le système actuel du revenu de solidarité active, de la prime pour l’emploi, des aides au logement et des exonérations de cotisations patronales”, ainsi que “l’ensemble des aides au logement, au chômage, aux études ou les pensions de retraite”. Or, soulignait le MFBR, “avec un tel mécanisme, une grande partie des populations soutenues par les mécanismes actuels de protection sociale seraient perdantes”.

Le député Les Républicains sait donc qu’il doit encore convaincre. “Je vais voir [le ministre de l’Économie] Emmanuel Macron la semaine prochaine au CES de Las Vegas [qui se tient du 6 au 9 janvier], j’en profiterai pour évoquer le sujet, annonce Frédéric Lefebvre à France 24. C’est quelqu’un qui a la capacité à se projeter vers un nouveau modèle. J’espère qu’on pourra mettre en place ce groupe de travail pour qu’on puisse enfin, parlementaires de gauche comme de droite, se mettre autour de la table de façon sérieuse et y réfléchir ensemble.”

Première publication : 03/01/2016

L’ancien ministre Alain Juppé estime, dans une interview au JDD, que l’efficacité de la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme “sera faible, voire nulle”. Il plaide en faveur d’un “plan d’ensemble” contre ce fléau.

Dans une interview accordée au Journal du dimanche (JDD), l’ex-Premier ministre Alain Juppé estime que la déchéance de nationalité française pour les binationaux coupables de faits de terrorisme n’est pas une réforme utile.

L’ancien Premier ministre juge qu’une telle mesure “ne dissuadera aucun jihadiste de se faire sauter” et ajoute : “C’est un coup politique de François Hollande pour semer de la confusion dans le débat.”

Cette réforme que le chef de l’État souhaite faire figurer dans le projet de modification de la Constitution suscite de violentes critiques à gauche mais est soutenue par une grande partie de la droite, notamment les partisans de l’ancien président Nicolas Sarkozy.

>> À lire sur France 24 : “Déchéance de nationalité : du débat juridique à la bataille politique”

Interrogé sur la probabilité qu’il vote le texte s’il était parlementaire, Alain Juppé répond : “À condition que le texte définitif se limite aux incriminations déjà prévues dans le Code civil pour la déchéance des Français binationaux naturalisés.”

Plan d’ensemble contre le terrorisme

Selon le maire de Bordeaux, pour lutter contre le terrorisme, “il faut un plan d’ensemble visant par exemple à investir dans les nouvelles technologies, la biométrie et la reconnaissance comportementale, à pénaliser la consultation des sites radicaux, à appliquer effectivement les peines prononcées.”

Alain Juppé doit prochainement publier son deuxième livre-programme, en vue des primaires de novembre à droite pour la présidentielle de 2017, qu’il a intitulé “Pour un État fort”. L’ancien Premier ministre y critique sévèrement la politique pénale du gouvernement et défend la nécessité d’augmenter les moyens de la lutte contre le terrorisme sans renoncer à diminuer les déficits publics.

“Ne tirons pas prétexte du terrorisme pour retomber dans le laxisme budgétaire. Une France endettée, c’est une France affaiblie”, dit-il à l’adresse du gouvernement.

Avec Reuters

Première publication : 03/01/2016

Le procès du marchand d’art franco-américain Guy Wildenstein s’ouvre lundi 4 janvier à Paris. L’héritier âgé de 70 ans, qui vit aux États-Unis, est accusé de fraude fiscale et blanchiment d’argent. Il encourt jusqu’à dix ans de prison ferme.

Il est l’un des principaux héritiers de trois générations de marchands d’art, propriétaire de toiles de maître prestigieux, de chevaux de course célèbres, de propriétés luxueuses. Lundi 4 janvier pourtant, Guy Wildenstein, qui vit aujourd’hui aux États-Unis, devra répondre devant la justice française d’accusations pour fraude fiscale et blanchiment d’argent. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à dix ans de prison.

Le justice lui reproche d’avoir dissimulé une large partie de la fortune héritée de son père, Daniel Wildenstein, décédé en 2001, en enregistrant ses biens principalement dans des paradis fiscaux et des fonds de placement (trust). Une tendance à la cachotterie qui l’aurait repris à la mort de son frère aîné Alec en 2008. Depuis, le fisc français a refait les calculs et estimait, fin 2014, que le collectionneur lui devait quelque 550 millions d’euros.

Guy Wildenstein ne sera pas le seul membre de la famille à comparaître lundi. Sur le banc des accusés se trouveront également le fils de son frère, Alec Junior, également accusé de fraude fiscale, ainsi que la veuve de ce dernier, Liouba.

Règlement de comptes… familiaux

Dans la famille Wildenstein, ce sont les femmes qui, se sentant sans doute lésées, tirent les sonnettes d’alarme. D’abord la première épouse d’Alec, Jocelyne, qui attira la première l’attention médiatique sur les affaires de la famille à la suite d’un divorce houleux en 1998.

Puis ce sera la veuve de Daniel Wildenstein qui pointera du doigt la situation fiscale de Guy Wildenstein en portant plainte contre son beau-fils pour mauvaise évaluation du montant de la fortune familiale. On lui doit d’ailleurs d’avoir qualifié les batailles d’argent livrées au sein de sa propre famille de “Dallas-sur-Seine”.

Enfin Liouba elle-même qui, s’estimant d’abord victime de mauvaise répartition, a fini par se retrouver mise en examen. Grâce à elle, les enquêteurs ont obtenu des informations décisives sur les montages offshore de Guy et Alec Junior.

Les avocats des Wildenstein devraient axer leur défense autour d’un point d’achoppement principal. La loi obligeant à déclarer au fisc français les fonds de placement ne date que de 2011, soit plusieurs années après les faits reprochés. Les avocats remettent également en cause la double mise en examen, à la fois pénale et fiscale.

Avec AFP

Première publication : 03/01/2016

Michel Delpech, atteint d’un cancer, est mort samedi à 69 ans. Certains de ses tubes, de “Chez Laurette” à “Pour un flirt”, font aujourd’hui partie du patrimoine populaire. François Hollande a salué un homme qui “est mort sans avoir vieilli”.

Le chanteur français Michel Delpech est mort samedi 2 janvier à l’âge de 69 ans des suites d’un cancer, a annoncé son épouse Geneviève Delpech à l’AFP. “Michel est mort ce soir à 21h30”, a-t-elle déclaré. “Cela faisait trois ans qu’il se battait contre un cancer”. Il était hospitalisé à l’hôpital de Puteaux (Hauts-de-Seine), a précisé son beau-fils.

“Michel Delpech est mort sans avoir vieilli. Ses chansons nous touchaient car elles parlaient de nous. De nos émotions comme de nos épreuves. Il avait traduit mieux que personne les années 70”, a salué le président François Hollande dans un communiqué.

Idole hippie à la française dans les années 70, Delpech a connu le succès très vite en 1965 avec un premier tube “Chez Laurette”. Dans ses chansons, il a notamment chroniqué la France des années 70, de la nouvelle conception de la famille à l’exode rural en passant par l’écologie, avec “Les divorcés”, “Le Loir-et-Cher”, “Le chasseur”, “Pour un flirt”, “Wight is Wight” ou “Quand j’étais chanteur”.

Michel Delpech était “un poète parlant de la vie des gens, un mélodiste hors pair et un homme très attachant”, a réagi de son côté dans un tweet Pascal Nègre, PDG d’Universal Music France.

Michel Delpech, également auteur et compositeur, avait raconté son combat contre le cancer et ses craintes de ne plus pouvoir chanter dans un livre paru en mars, “Vivre !”

Touché une première fois par la maladie en février 2013, il avait connu ces derniers mois une récidive avant de succomber samedi.

Avec AFP

Première publication : 03/01/2016