Archive for January 9th, 2016

Un an après la marche du 11-Janvier, la cérémonie organisée place de la République à Paris en hommage aux victimes des attentats de 2015 ont réuni des centaines de personnes, davantage venues dans un esprit de recueillement que de mobilisation.

“À la mémoire des victimes des attentats terroristes de janvier et novembre 2015, à Paris, Montrouge et Saint-Denis. Ici même, le peuple de France leur rend hommage.” C’est au pied d’un chêne tout juste planté dans un coin de la place de la République, à Paris, que François Hollande a dévoilé, dimanche 10 janvier, la plaque commémorative des attaques jihadistes, qui ont frappé la France en 2015.

Bien qu’aucun attentat n’y fût perpétré, la place de la République, où trône une imposante statue de Marianne, est devenue en un an un lieu de recueillement et le symbole de la mobilisation contre le terrorisme. C’est ici que des milliers de personnes s’étaient spontanément rassemblées quelques heures après la tuerie contre la rédaction de Charlie Hebdo. Ici aussi où près deux millions de personnes s’étaient donné rendez-vous pour lancer une grande marche le 11 janvier 2015 pour afficher leur unité face à la terreur.

“Je suis presque la seule à porter le drapeau, c’est dommage”

Un an après, la foule n’est pas vraiment au rendez-vous de la cérémonie de commémoration des attentats de 2015. L’ambiance est lourde et les mines graves. En ce dimanche gris et maussade, l’heure est davantage au recueillement qu’à la mobilisation citoyenne.

“Le temps des cerises” interprété par le choeur de l’armée française

Drapeau français sur les épaules, Élodie n’a pas hésité à faire 2 heures 30 de train pour venir “soutenir les familles des victimes”. “Même si cela fait un an, nous n’oublions pas”, affirme cette trentenaire venue de Haute-Marne, dans l’est de la France. Elle qui, à son grand désarroi, n’avait pu se rendre à la grande marche citoyenne du 11 janvier 2015 déplore le peu d’affluence de ce dimanche. “Et je suis presque la seule à porter le drapeau, c’est dommage.”

>> À lire sur France 24 : “Samedi, Hollande a rendu hommage à la policière tuée à Montrouge et aux victimes de l’Hyper Cacher”

Christophe fait lui aussi partie des rares personnes présentes qui ont revêtu le bleu-blanc-rouge national. “C’est quand même mieux qu’un t-shirt du Paris Saint-Germain, non ?”, plaisante-t-il. Depuis les attentats sanglants du 13 novembre, cet habitant d’Athis-Mons, en banlieue parisienne, met un point d’honneur à se rendre une fois par semaine “minimum” sur la place de la République “parce que c’est le lieu le plus représentatif des commémorations. Cela aurait pu être Bastille ou un autre endroit, mais c’est ici que les hommages ont commencé”.

Comme de nombreuses personnes, françaises ou non, vivant en Hexagone, Christophe a le sentiment que c’est une part de lui-même qui a été visée lors des attentats. “Le 13 novembre, j’étais au Stade de France, mais j’aurais pu tout aussi bien être au Bataclan.” Et ce lecteur assidu de Charlie Hebdo d’ajouter, encore médusé : “Je lisais Cabu, je lisais Charb et, aujourd’hui, ils ne sont plus là”.

“Johnny, c’est une icône”

En tant que fidèle du journal satirique, considère-t-il, à l’instar des proches des caricaturistes assassinés, la participation de Johnny Hallyday aux commémorations comme contraire à “l’esprit Charlie” ? “Je ne vais pas vous dire que je suis fan, mais Johnny, c’est une icône, c’est l’image de la France. Moi, je trouve cela génial qu’il ait pris cette initiative. Après ce qu’on a vécu, cette polémique restera dans les profondeurs…”

“Un dimanche de janvier”, interprété par Johnny Hallyday

Rassemblement. En dépit de la faible mobilisation, le mot revient dans toutes les bouches. “Il faut montrer que l’esprit du 11-Janvier n’est pas mort”, clame Marie, une jeune Franco-Gabonaise venue place de la République avec Adeline, sa sœur, et Constance, une amie franco-américaine. “Aujourd’hui, la France est trop divisée, alors que la meilleure façon de combattre le terrorisme, c’est de se rassembler”, plaident ces trois étudiantes qui craignent un recul des libertés individuelles en France.

>> À voir sur France 24 : “En images : ce qu’il reste des hommages à Charlie sur les murs de Paris”

Pour elles, d’ailleurs, c’est bien moins Johnny Halliday qui déshonore Charlie que la déchéance de la nationalité souhaitée par le président François Hollande. “Cette mesure est en train de créer une sous-catégorie de Français, regrette Adeline. Nous, nous sommes toutes les trois binationales mais nous sommes aussi françaises, nous avons donc notre place ici.”

En images : l’hommage aux victimes des attentats de 2015
  • © Guillaume Guguen, France 24

    Baïcha s’est déplacée jusqu’à la place de la République pour prodiguer des “câlins gratuits” à qui le veut. “Cette place est un lieu de rassemblement, de réconciliation et de réconfort”, dit-elle.

  • © Guillaume Guguen, France 24

    Avant le début de la cérémonie, l’écran géant installé au milieu de la place de la République diffuse des photos des hommages rendus par les Français aux victimes des attentats de 2015.

  • © Guillaume Guguen, France 24

    Quelques personnes ont participé à la cérémonie en arborant les couleurs du drapeau français.

  • © Guillaume Guguen, France 24

    Sur l’écran géant apparaît la plaque commémorative dévoilée par le président François Hollande.

  • © Guillaume Guguen, France 24

    Constance, Adeline et Marie, toutes trois étudiantes et “binationales”, souhaitent montrer que “l’esprit du 11-Janvier n’est pas mort”.

  • © Guillaume Guguen, France 24

    Christophe est venu d’Athis-Mons, dans l’Essonne, pour assister à la cérémonie de commémoration. Mais depuis le 13-Novembre, il essaie de se rendre sur la place de la République au moins une fois par semaine.

  • © Guillaume Guguen, France 24

    Accompagné de leur père, Oxens et Rose, respectivement 9 et 11 ans, sont venues avec des pancartes et un gros crayon en carton… Comme lors de la marche du 11 janvier 2015.

  • © Guillaume Guguen, France 24

    Après “Le Temps des cerises” repris par le Chœur de l’armée française, la courte cérémonie s’est terminée par une minute de silence et un couplet de “La Marseillaise”, également chanté par la chorale.

Italien à la retraite, Giovanni a beau ne pas vivre en France, il craint lui aussi que l’adoption de lois d’exception finissent par réduire les libertés. “Nous avons connu ça en Italie avec les Brigades rouges”, rappelle ce Vénitien qui confesse, les larmes aux yeux, être un proche de la famille de Valéria Solesin, la jeune Italienne tombée sous les balles des assaillants du Bataclan. “J’espère que ces attentats ne se répéteront pas, mais je ne suis pas optimiste”, dit-il avant de quitter la place de la République.

Après une demi-heure de commémorations présidées par François Hollande, la cérémonie s’est achevée comme elle avait débuté : dans le calme et le silence. “Et le vent à notre place chantait sans fin sur la place”, entonnait quelques minutes plus tôt Johnny Hallyday dans sa chanson “Un dimanche de janvier”.

Première publication : 10/01/2016

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Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, publiée dimanche par le JDD, six organisations patronales et associations d’entrepreneurs exhortent François Hollande à mettre en place un “plan d’urgence” pour inciter à l’embauche.

Elles réclament “un plan d’urgence audacieux pour l’emploi”. Six organisations patronales et associations d’entrepreneurs françaises ont co-signé, dimanche 10 janvier, une lettre adressée au président de la République, publiée dans le Journal du dimanche (JDD), pour lui proposer une série de mesures destinées à favoriser le plein emploi. Elles demandent en outre que ces mesures soient expérimentées rapidement pour démontrer leur effet.

>> À lire sur France 24 : Le gouvernement va annoncer de nouvelles mesures pour l’emploi au mois de janvier

Dans cette lettre ouverte, publiée la veille d’un rendez-vous prévu à Matignon entre le Premier ministre et les principales organisations syndicales et patronales, les signataires demandent “un contrat de travail agile” avec “plafonnement des indemnités prud’homales” et “prévoyant des motifs de rupture liés à la situation de l’entreprise ou la réalisation d’un projet”.

Les présidents du Medef, de l’Afep (association française des entreprises privées), de Croissance Plus, d’EDC (entrepreneurs et dirigeants chrétiens) et d’Ethic demandent également une exonération totale de cotisations sociales patronales durant deux ans pour toute nouvelle embauche dans les petites entreprises. Ils demandent également une exonération sociale totale pour tout recours à un alternant (apprenti ou contrat de professionnalisation).

“Démontrer les effets concrets de ces mesures”

Les entrepreneurs souhaitent également que soit facilitée “l’embauche de chômeurs de longue durée ou de personnes éloignées de l’emploi” mais que la loi qu’ils appellent de leurs vœux facilite aussi “des nouvelles formes d’activité indépendante”.

Dans cette lettre, ils assurent que “le coût de ces mesures sera largement compensé par les économies sur les comptes sociaux grâce à la réduction du chômage résultant de leur mise en œuvre”. Le patronat souhaite une “expérimentation” de ces mesures pour “démontrer les effets concrets des mesures susceptibles de créer de l’emploi”.

Pour toute réponse, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner a répondu sur France 3 par la nécessité de faire “d’abord le point sur ce qui a été fait”. “Avant de demander de nouvelles mesures favorables pour le monde de l’économie […] faisons d’abord le point de ce qui a été fait depuis trois ans et de ce qui n’a pas été fait”, a dit Patrick Kanner, en rappelant que le Pacte de responsabilité avait accordé des aides aux entreprises notamment pour favoriser l’embauche.

Le Premier ministre Manuel Valls doit évoquer lundi les futures mesures destinées à faire baisser le chômage avant 2017, quelques jours après les vœux télévisés de François Hollande au cours desquels le chef de l’État a décrété “l’état d’urgence” contre le chômage.

Avec AFP

Première publication : 10/01/2016

L’assaillant qui avait tenté de s’attaquer à un commissariat du 18e arrondissement de Paris, jeudi, vivait dans un foyer de réfugiés dans l’ouest de l’Allemagne. Son identification est toujours en cours.

L’homme abattu jeudi 7 janvier après avoir tenté d’attaquer un commissariat parisien vivait “dans un foyer de demandeurs d’asile” dans l’ouest de l’Allemagne, a indiqué la police régionale allemande. “Aucun indice de possibles autres attaques” n’a été trouvé lors de cette perquisition dans ce foyer situé à Recklinghausen en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a assuré la police dans un communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

Cette perquisition a été menée sur information des autorités françaises et elle pourrait livrer dans les jours à venir d’autres résultats. La police n’a pas précisé si l’agresseur, dont l’identification est toujours en cours, mais qui a été reconnu par ses proches comme un Tunisien nommé Tarek Belgacem, était dûment enregistré comme demandeur d’asile en Allemagne. Mais une source proche du dossier a indiqué à l’AFP que c’était effectivement le cas.

“Pas de complices”

“Ce que nous savons aujourd’hui”, c’est “qu’il est sans doute d’origine tunisienne, que son nom serait Tarek Belgacem et qu’il aurait séjourné dans plusieurs pays de l’Union européenne, le Luxembourg, la Suisse, l’Allemagne”, a expliqué Bernard Cazeneuve, interrogé dimanche lors “Grand Rendez-Vous Europe 1/Le Monde/iTélé”. Et le ministre de l’Intérieur d’ajouter que l’assaillant n’avait pas de complices.

Un an jour pour jour après les attentats contre le journal Charlie Hebdo, ayant fait douze morts, l’homme est arrivé en courant vers les policiers en faction devant le commissariat de la Goutte d’Or, un quartier populaire de Paris, en brandissant un hachoir de boucher, et muni d’un dispositif explosif factice. Il n’a pas répondu aux injonctions de s’arrêter des policiers, qui ont alors ouvert le feu.

Une profession de foi en faveur de l’EI

Une revendication jihadiste incluant une profession de foi en faveur de l’organisation État islamique (EI) a été retrouvée sur lui, de même qu’une puce allemande pour téléphone portable, selon les autorités françaises.

Selon des informations publiées dimanche par l’hebdomadaire allemand Welt am Sonntag, l’homme avait peint un symbole de l’EI sur un mur de son foyer pour demandeurs d’asile à Recklingshausen, ce qui a amené les autorités locales à le classer comme potentiellement dangereux. Toutefois, il a disparu de Recklingshausen au mois de décembre, précise le Spiegel Online.

Welt am Sonntag précise en outre que l’homme s’était fait enregistrer en Allemagne sous quatre identités différentes et en donnant des nationalités variables, par exemple syrienne, marocaine ou encore géorgienne. Il avait déposé sa demande d’asile sous le nom de Walid Salihi.

Avec AFP

Première publication : 10/01/2016

Des centaines de personnes sont venues assister, dimanche, place de la République, à un ultime hommage rendu aux victimes des attentats de janvier 2015. Johnny Hallyday y a interprété sa chanson “Un dimanche de janvier”.

Des centaines de personnes se sont recueillies, dimanche 10 janvier, place de la République à Paris pour rendre un dernier hommage aux victimes des attentats contre Charlie hebdo et l’Hyper Cacher.

Une cérémonie officielle en présence de François Hollande et de la maire de Paris Anne Hidalgo a démarré vers 11 h avec le dévoilement d’une plaque au pied d’un chêne du souvenir, planté pour l’occasion dans un coin de la place, et sur laquelle on peut lire : “À la mémoire des victimes des attentats terroristes de janvier et novembre 2015, à Paris, Montrouge et Saint-Denis. Ici même, le peuple de France leur rend hommage”.

“Le temps des cerises” interprété par le choeur de l’armée française

>> À lire sur France 24 : “Samedi, Hollande a rendu hommage à la policière tuée à Montrouge et aux victimes de l’Hyper Cacher”

La mairie de Paris, qui organise les cérémonies, a souhaité que la population puisse être associée à cet hommage au volet officiel comme populaire, sur une place devenue en un an un lieu de recueillement et le symbole de la mobilisation.

“Un dimanche de janvier”

Vers 11 h, Johnny Hallyday, seul avec un guitariste, a ensuite chanté “Un dimanche de janvier”, une chanson qui salue notamment la marche républicaine géante du 11 janvier. Puis a suivi la chanson les “Prénoms de Paris” de Jacques Brel repris par le Chœur de l’armée française, avant la lecture d’une allocution prononcée par Victor Hugo à son retour d’exil le 5 septembre 1870. “Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde. Paris est le centre même de l’humanité. Paris est la ville sacrée. Qui attaque Paris attaque en masse tout le genre humain”, avait lancé l’écrivain.

“Un dimanche de janvier”, interprété par Johnny Hallyday

>> À voir sur France 24 : “En images : ce qu’il reste des hommages à Charlie sur les murs de Paris”

Le choix de Johnny Hallyday, contesté par le cercle des dessinateurs tués dans l’attentat contre Charlie Hebdo, a été justifié par le cabinet de Hidalgo par le fait que le rockeur, “qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, est le chanteur vivant qui incarne la France”. Un argument farfelu, selon certains. “Charb [ancien directeur de la publication de Charlie hebdo, ndlr] détestait Johnny Hallyday”, s’est notamment emporté Siné, ancien collaborateur du journal satirique.

L’hommage par #JohnnyHallyday aux tués de #CharlieHebdo passe mal. Je ne vois pas pourquoi… pic.twitter.com/0yRCBMyIyl

— Raphael Tual (@raphtual) 8 Janvier 2016

“La statue de la République illuminée”

En raison de l’affluence, un large périmètre autour de la place de la République a été interdit à la circulation des voitures depuis 7 h 30, a annoncé la préfecture. La station de métro République est restée fermée toute la matinée. Le dispositif policier a été renforcé en surface comme dans les transports en commun.

Une deuxième manifestation s’est tenue en fin d’après-midi, à 17 h 30, en présence d’Anne Hidalgo. Cette cérémonie s’est achevée en fin de journée par l’illumination en bleu-blanc-rouge de la statue de Marianne devant une foule un peu plus compacte que dans la matinée.

Les Parisiens avient été invités par la mairie à venir nombreux pour cette journée de commémoration, en apportant une bougie.

Avec AFP

Première publication : 10/01/2016