Archive for January 12th, 2016

Deux mois jour pour jour après les attaques terroristes du 13 novembre, qui ont causé la mort de 130 personnes à Paris et Saint Denis, le bar Le Carillon a rouvert ses portes mercredi. Quinze personnes y ont perdu la vie pendant les attentats.

On croirait presque à un flash back. La façade a été repeinte avec le même rouge bordeaux, le store marron est toujours paré d’une fine mousse verte recouvrant le “ON” de “Carillon”. Presque tout semble être rentré dans l’ordre à l’angle de la rue Bichat et Alibert (10e arrondissement de Paris) où 15 personnes avaient perdu la vie le soir du 13 novembre 2015. Parmi une foule de journalistes, de curieux et d’habitués, le bar Le Carillon a rouvert ses portes mercredi 13 janvier.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    À l’angle des rues Bichat et Alibert, les décorations installées par les habitants du quartier et les hommages déposés par les riverains sont toujours là alors que sur le trottoir d’en face, Le Carillon a rouvert ses portes ce mercredi.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Une femme s’arrête devant Le Carillon avant sa réouverture. En milieu d’après-midi, journalistes et curieux se pressent déjà aux portes de l’établissement devant lequel fleurs, bougies et mots de soutien jonchent encore le trottoir.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Caroline habite le quartier. Depuis deux mois, elle vient chaque jour se recueillir devant Le Carillon pour “mettre des fleurs et rallumer les bougies”. “Je suis venue aujourd’hui pour aller au bout de l’histoire”, confie t-elle à France 24.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Avant l’ouverture, une habituée vient encourager le patron du bistrot Ali Amokrane (à gauche). “Je voulais vous dire que j’étais hyper contente que vous rouvriez, j’essaierai de revenir boire une bière en fin d’après-midi”, lui glisse-t-elle.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Derniers préparatifs pour l’équipe du Carillon”: il faut finir de nettoyer l’intérieur du bar et préparer les fûts de bière.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Un enfant s’arrête longuement devant le bar avant sa réouverture.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Un employé ressort les tables du bistrot en terrasse pour la première fois depuis deux mois.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Un chat, visiblement habitué des lieux, est installé en terrasse : tous les clients retrouvent leurs habitudes.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Mike, le neveu du patron et employé du Carillon discute avec des clients. Il tient dans ses bras le fils de Willy, un habitué du bar.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Willy, un habitué du Carillon venu boire une bière accompagné de son fils, est interviewé par un journaliste.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Une foule de journalistes et de badauds attendent impatiemment la réouverture du bar. Certains riverains s’agacent de tant de tapage.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Boris est un habitué du Carillon. Visiblement ému, il attend, en retrait, de pouvoir offrir la toile qu’il a confectionné pour l’équipe du bistrot alors que les journalistes se ruent à l’intérieur de l’établissement.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Sous les crépitements des objectifs, Mike, tout sourire, sert les premières pintes aux clients. L’équipe du bar offre des coupes de champagne et des chips aux premiers venus.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    L’équipe du Carillon est aux anges. Parmi la foule, un client lance : “Ça m’avait manqué, ce sourire”. Petit à petit, les journalistes s’en vont et les clients retrouvent leurs habitudes et leur complicité avec les serveurs.

  • © Chloé Rochereuil, France 24

    Alors que la nuit tombe et que la température se rafraichit, les clients s’amassent à l’intérieur du bar. En fond sonore, de la musique rock accompagne les rires et les embrassades.

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Ce mercredi au Carillon, ils sont nombreux à être venus encourager l’équipe du bistrot familial et partager une bière ou un café avec Ali, le patron ou Mike, son neveu. Dans le quartier meurtri par les attentats, la réouverture du bistrot est un véritable soulagement.

C’est le troisième établissement touché par les attentats à rouvrir, après La Bonne Bière (11e) et le Comptoir Voltaire (11e) qui avaient tous deux repris leur activité au mois de décembre. Il faudra en revanche encore attendre quelques jours pour s’attabler de nouveau au Petit Cambodge (10e), dont le rideau de fer restera baissé jusque fin janvier après d’importants travaux, ainsi qu’au restaurant italien Casa Nostra (10e) qui accueillera de nouveau ses clients dans les jours qui viennent. Le propriétaire de La Belle Equipe (11e), Grégory Reibenger, qui a perdu de nombreux proches le soir du 13 novembre, a quant à lui annoncé sur Facebook que la réouverture de son bar “prendra le temps qu’il faut”.

Première publication : 13/01/2016

Une avalanche a emporté mercredi une dizaine de personnes, dont plusieurs élèves et leur professeur, dans la station des Deux Alpes, dans les Alpes françaises. Un bilan provisoire fait état d’au moins trois morts.

Une avalanche survenue, mercredi 13 janvier, sur une piste fermée de la station Deux Alpes, dans les Alpes française, a fait au moins trois morts, ont annoncé la gendarmerie et la préfecture de l’Isère. Deux adolescent appartenant à un groupe scolaire lyonnais et un Ukrainien ont été emportés par la coulée de neige et n’ont pas survécu. Trois personnes ont été grièvement blessées et cinq autres sont portées disparues, ont par ailleurs indiqué des autorités locales, évoquant un bilan encore provisoire.

Les deux lycéens décédés étaient scolarisés dans l’établissement Saint-Exupéry, à Lyon, a précisé un porte-parole de la gendarmerie de la région Sud-Est Lyon. Le professeur qui accompagnait les élèves, grièvement blessé, a été hélitreuillé. “Son pronostic vital n’est pas engagé”, a fait savoir la préfecture de l’Isère dans un communiqué.

Les sauveteurs poursuivaient mercredi soir les recherches à l’aide de sondes de neige, de caméras thermiques, de chiens et de trois hélicoptères afin de s’assurer qu’aucune autre personne n’était ensevelie.

L’avalanche s’est déclenchée vers 15 h 50 sur la piste noire de Bellecombes qui était fermée depuis le début de la saison à cause des risques trop importants d’avalanche.

Après les premières chutes de neige importantes de la saison, début janvier, les autorités ont mis en garde contre le risque élevé d’avalanches dans les Alpes françaises. Début janvier, quatre personnes avaient déjà perdu la vie dans des coulées de neige : deux alpinistes lituaniens tués le 3 janvier en Haute-Savoie, puis un skieur espagnol et un skieur tchèque le 5 janvier en Savoie.

Avec AFP

Première publication : 13/01/2016

Depuis l’agression d’un enseignant juif à Marseille, le port de la kippa fait débat et réveille sur les réseaux sociaux la polémique sur les signes religieux ostentatoires. Tour d’horizon des réactions, entre soutiens et incompréhensions.

La cacher ou la porter en signe de solidarité ? Depuis l’agression à coups de machette d’un enseignant juif, le 11 janvier à Marseille, les réseaux sociaux oscillent entre ces deux attitudes qui divisent aussi la communauté juive. Après l’appel du président du Consistoire israélite de Marseille qui conseille à ses coréligionnaires de s’abstenir “jusqu’à des jours meilleurs” de porter leur kippa pour prévenir toute agression, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, a pris le contrepied et fait cette proposition dans le journal La Provence : “Lors du prochain match de l’OM (mercredi 20 janvier), j’appelle tous les spectateurs à venir avec un couvre-chef quel qu’il soit. Une façon de dire : on est solidaires.”

Conséquence, la Kippa est redevenue un sujet de conversation sur les réseaux sociaux : kippas floquées aux couleurs de l’Olympique de Marseille ou du PSG, d’autres customisées à l’effigie de Batman. Difficile de passer à côté.

Le type avec une #kippa#OM lors du prochain match au velodrome sera le plus swag du stade poke @HaimKorsiapic.twitter.com/aV8zamTza3

— Guedj26 (@Guedj26) 12 Janvier 2016

Refus unanime d’abandonner la kippa

En quelques minutes, des hashtags #JePorteLaKippa ou #Kippaday (Jour de la Kippa) sont apparus sur Twitter. La plupart du temps utilisés par des internautes de confession juive, ils sont également employés en signe de soutien et de solidarité avec la communauté juive.

Le selfie d’un curé, le Père Nadler portant une kippa, a suscité l’émoi des internautes qui ont retweeté sa photo plus de 200 fois.

Solidarité avec mes frères Juifs. #kippapic.twitter.com/oNOTffIOGD

— Père JB Nadler (@perenadler) 12 Janvier 2016

Le dessinateur Joann Sfar inspiré

Le Consistoire israélite et son invitation à ne plus porter la kippa sont délibérément moqués par les internautes. Parmi les réactions, celle du dessinateur Joann Sfar se distingue par son ironie. À travers des dessins postés sur son compte Instagram et largement partagés sur Twitter, le dessinateur qualifie cet appel de “mesure désespérée”. Sur certains d’entre eux figurent des juives et des juifs déguisés, en Indien ou en musulmans pour ne pas se faire remarquer.

Mesure désespérée

Une photo publiée par Joann Sfar (@joannsfar) le 12 Janv. 2016 à 10h47 PST

Shabbat à la synagogue ça va être très compliqué.

Une photo publiée par Joann Sfar (@joannsfar) le 12 Janv. 2016 à 10h23 PST

Disgressions autour de la laïcité

Cette polémique sur le port de la kippa dans la rue (permise par la loi comme le port du voile) relance curieusement le débat sur le port des signes religieux ostentatoires. Autorisés dans la rue, ils sont bannis des lieux publics. Le choix des deux députés Claude Goasguen et Myer Habib de porter une kippa lors de la séance à l’Assemblée nationale, mercredi après-midi, en signe de solidarité avec la communauté juive a donc relancé la controverse. Des internautes ne cachent pas leur incompréhension et s’interrogent sur le respect du principe de laïcité.

Les députés à l’assemblée nationale qui sont venus en séance avec une #kippa c’est une #laicite étrange …

— NnoMan (@NnoMan1) 13 Janvier 2016

#BFMTV N’est-il pas interdit de porter un signe religieux ostentatoire dans un lieu public ? Pourquoi les députés arrivent en kippa ?

— Vincent DECAUX (@vincent2co) 13 Janvier 2016

Nombreux sont ceux qui affichent leur soutien au port de la kippa en multipliant les parallèles avec le voile islamique. Quitte à dénoncer pour certains, comme Nadine Henry, Ghali El Kasri ou Mathieu Brancourt, une “laïcité à géométrie variable” qui ferait de la kippa un signe religieux ostentatoire plus toléré que d’autres.

Je passe mon temps à soutenir des jeunes Musulmanes qui ont peur à cause de leur foulard. Ca me déchire autant qd c’est la #kippa des Juifs.

— Marwan Muhammad (@Marwan_FX) 13 Janvier 2016

Quand des internautes plaident pour le respect de la liberté individuelle, d’autres dénoncent un débat stérile. “Pas de kippa, pas de voile, et inversement…bref débat stérile, la kippa et le voile simple ne gêne personne” écrit dans un tweet Loïc Letemplier. À travers cette polémique, chacun fait finalement entendre des conceptions différentes de la laïcité.

Première publication : 13/01/2016

Trois associations cultuelles, qui avaient animé une mosquée présentée comme salafiste à Lagny-sur-Marne, en région parisienne, ont été dissoutes mercredi en Conseil des ministres. Une première depuis les attentats du 13 novembre.

“Il n’y a pas de place dans la République pour des structures qui provoquent, qui appellent au terrorisme ou appellent à la haine”, a expliqué le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, à l’issue du Conseil des ministres, après l’annonce de la dissolution de trois associations cultuelles de Lagny-sur-Marne, en banlieue parisienne, mercredi 13 novembre.

Dans un communiqué publié sur Twitter, le ministère de l’Intérieur explique que les associations “sous couvert de but cultuel […] visaient en réalité à promouvoir une idéologie radicale provoquant au jihad et à organiser le départ de combattants en zone irako-syrienne”.

[Communiqué] Dissolution en conseil des ministres des 3 associations gestionnaires de la mosquée de #Lagnypic.twitter.com/2XnMPhHmh4

— Ministère Intérieur (@Place_Beauvau) 13 Janvier 2016

Première dissolution depuis les attentats du 13 novembre

Selon Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, la première association dissoute s’appelle “Retour aux sources”, de laquelle découlent les deux autres : “Le retour aux sources musulmanes” et ” l’Association des musulmans de Lagny-sur-Marne”.

Il s’agit de la première mesure de dissolution d’associations liées à des mosquées depuis l’instauration de l’état d’urgence dans les heures qui ont suivi attentats parisiens du 13 novembre.

D’autres mosquées ou salles de prière ont été fermées, mais pour la durée de l’état d’urgence – en vigueur jusqu’au 26 février -, sans dissolution des associations cultuelles les gérant.

Suite de la fermeture de la mosquée de Lagny

Cette mesure de dissolution, qui ne peut être prise qu’en Conseil des ministres, avait été annoncée le 2 décembre, le jour d’une opération de police visant la mosquée de Lagny. La mosquée avait alors été fermée, première mesure de ce genre pour radicalisation.

Des munitions pour kalachnikov, des vidéos de propagande et du “matériel pédagogique” avaient été saisis lors des perquisitions, qui avaient conduites à la notification de 22 interdictions de sortie du territoire et neuf assignations à résidence d'”individus radicalisés”, selon les autorités.

>> À lire sur France 24 : Trois mosquées fermées pour “motif de radicalisation”

Les fidèles de la commune avaient alors dénoncé une “injustice” et un “coup médiatique” du gouvernement. Le président de l’Association des musulmans de Lagny-sur-marne, Mohamed Ramdane n’avait eu de cesse de marteler que l’ensemble du butin n’avait pas été retrouvé “chez les dirigeants de la mosquée”. “On n’a rien caché, on ne cache rien”, avait-il assuré.

L’ombre d’Hammoumi

Derrière la fermeture administrative de la mosquée de Lagny-sur-Marne et la liquidation des associations, se dessine surtout le spectre d’un homme : Mohamed Hammoumi. Cet imam salafiste français de 34 ans, connu pour ses prêches radicaux et ses propos antisémites, avait créé l’association “Retour aux sources” en 2010 et il officiait depuis dans la mosquée de la ville.

Il est accusé d’avoir joué un rôle majeur dans l’endoctrinement et le recrutement de volontaires pour le jihad en Syrie. Une dizaine de ses fidèles et élèves, originaires de la région parisienne, ont rejoint les rangs de l’organisation État islamique (EI) ou du Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. “Il a compté parmi ses élèves des personnes apparues dans l’entourage immédiat d’auteurs d’attentats terroristes”, faisait valoir Bercy dans un arrêté pris en avril pour geler ses avoirs.

Se sachant dans le collimateur des autorités, Mohamed Hammoumi a fui avec sa famille en Égypte en décembre 2014 où une vingtaine de ses élèves l’ont suivi. Les services de renseignement français surveillent depuis ses activités comme le lait sur le feu. Pour autant, ces associations de Lagny-sur-Marne ont toujours nié avoir quelque chose à voir avec le prêcheur.

Avec AFP

Première publication : 13/01/2016

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Le géant américain annonce l’ouverture prochaine d’un département dédié au développement de la réalité virtuelle. Google compte ainsi rattraper son retard en la matière et devenir concurrentiel sur ce marché en plein essor.

La Silicon Valley en est sûre : 2016 sera l’année de la guerre de la réalité virtuelle. Et Google peaufine sa stratégie. Le géant de l’Internet se réorganise en créant une division consacrée à la réalité virtuelle. À la tête des opérations, une pointure : Clay Bavor, anciennement responsable des applications (Gmail, Drive, Docs…), révèle le site américain Re/Code.


© Capture écran

La réalité virtuelle, c’est une expérience sensorielle totalement inédite qui permet d’immerger l’utilisateur dans un monde fictif. Concrètement, on pourra voyager aux quatre coins du monde ou pénétrer dans l’univers de son jeu vidéo préféré.

Google n’en est pas à son coup d’essai en manière de réalité virtuelle. Le Cardboard présenté en 2014 se présente comme une option low-cost en la matière. C’est un simple masque en carton avec un smartphone inséré. Grâce à des applications spécifiques, il est possible visualiser des images de réalité virtuelle générées ainsi que des vidéos en 360 degrés.


Le Google Cardboard est un dispositif peu onéreux permettant d’expérimenter la réalité virtuelle. © Google Cardboard

Dans ce domaine, Google fait bien pâle figure face à ses concurrents préparant des options plus hauts de gamme. Samsung a sorti son extension de Smartphone l’an dernier, Sony et HTC annoncent respectivement la sortie de la Playstation VR et le Vive. Le plus gros concurrent reste Facebook. La firme de Marc Zuckenberg a lancé les précommandes pour son Oculus Rift le 6 janvier dernier.

L’échec des Google Glass

Jusqu’ici Google s’était avant tout consacré au domaine de la réalité augmentée. Ici, non point d’immersion totale dans une autre réalité mais un enrichissement de ce qui nous entoure avec l’incorporation d’éléments virtuels comme des photos, des sons et des informations. Google s’est voulu pionnier en la matière avec ses Google Glass.

Mais celles-ci n’ont pas obtenu le succès escompté. Trop chères, intrusives, mal acceptées par le grand public… Google a annoncé la suspension du programme en janvier 2015 pour le réformer complètement. Une nouvelle version doit sortir dans le courant de l’année 2016.

Loin de se laisser abattre, Google observe une nouvelle approche de la réalité augmentée en investissant dans Magic Leap. Doté de 1,4 milliards de dollars, cette start-up développe actuellement une nouvelle technologie qui, selon les rumeurs, permettrait d’insérer des images directement dans la rétine de l’utilisateur : une révolution.

Conscient de l’enjeu que représentent ces “nouvelles réalités”, Google s’est ménagé plusieurs options. Ce nouveau département dédié à la réalité virtuelle n’est qu’une corde de plus à son arc.

Première publication : 13/01/2016

Le parquet de Paris a ouvert, mercredi, une information judiciaire sur l’agression, à Marseille, d’un enseignant juif et demandé que le mineur soupçonné soit placé en détention pour tentative d’assassinat aggravée notamment en raison de la religion.

Le parquet de Paris a demandé, mercredi 13 janvier, le placement en détention provisoire du suspect de l’agression d’un enseignant juif de Marseille, et ouvert une information judiciaire pour “tentative d’assassinat aggravée en raison de la religion et en relation avec une entreprise terroriste”.

Âgé de 15 ans, le jeune turc d’origine kurde, inconnu des services de renseignement, n’a montré “aucun regret, si ce n’est celui de ne pas avoir tué sa victime”, selon une source proche de l’enquête. Il a exprimé une intention de “planter” les juifs et les policiers” qu’il a qualifiés de “mécréants”, a-t-elle ajouté.

Le professeur, Benjamin Amsellem, qui selon son avocat a eu “le sentiment” que son agresseur voulait le “décapiter”, a pu se défendre et s’en est finalement sorti avec des blessures légères. L’adolescent a, lui, été interpellé quelques minutes après l’agression.

“Bon élève, mais isolé à l’école”

Issu d’un milieu “classique et normal”, ce lycéen qui avait de bonnes notes se serait radicalisé “via internet”, selon le parquet de Marseille.

Une source proche de l’enquête le décrit comme “isolé” à l’école, mais ne posant aucun problème jusque-là. “Ses parents sont déboussolés”, ajoute cette source, qui évoque “un emballement très récent” chez l’adolescent.

Selon le journal “La Provence” qui cite une source policière, le jeune homme serait “le profil le plus inquiétant que l’on ait rencontré à Marseille, pour l’heure”. Le quotidien précise que le suspect tenait un discours “structuré, quasi politisé” face aux questions des enquêteurs de la brigade criminelle de la sûreté départementale, qui ont procédé à ses premières auditions.

>> À relire sur France 24 : “Un appel à ne plus porter la kippa après l’agression antisémite de Marseille fait débat”

Son acte a déclenché un débat sur le port de la kippa dans l’espace public à Marseille, certains responsables conseillant aux croyants de la retirer pendant un certain temps, d’autres s’y opposant. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a indiqué, mercredi, qu’il se rendrait “dans les prochains jours à Marseille pour réaffirmer la détermination de l’État à protéger tous ses enfants et la liberté de culte”.

Sept mineurs recherchés en France

En comptant le suspect de l’agression de Marseille, treize mineurs sont actuellement mis en examen dans des dossiers de jihadisme, dont trois en détention provisoire et dix sous contrôle judiciaire, selon les chiffres du parquet de Paris. Sept autres mineurs font l’objet d’un mandat de recherche.

La peine de prison pour des mineurs de moins de 16 ans pour les faits les plus graves, comme une tentative d’assassinat, ne peut excéder 20 ans.

Avec AFP.

Première publication : 13/01/2016

Les enquêteurs belges ont identifié trois logements conspiratifs où les auteurs des attentats du 13 novembre auraient pu préparer leurs attaques. Des empreintes d’Abdelhamid Abaaoud ont été retrouvées dans une habitation de Charleroi.

La police belge a retrouvé au total trois logements qui ont été loués en Belgique par les auteurs des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, a indiqué le parquet fédéral, mercredi 13 janvier.

“Trois logements conspiratifs utilisés par les auteurs des attentats du 13 novembre 2015 ont été retrouvés par les enquêteurs”, a indiqué le parquet dans un communiqué. Il s’agit d’un appartement à Schaerbeek, une commune de Bruxelles, d’un autre appartement à Charleroi, dans le sud de la Belgique, et d’une maison à Auvelais, dans la région de Namur (sud).

Ces trois logements ont été loués sous de fausses identités, plus d’un, voire deux, mois avant les attentats. “Le loyer des trois logements et la garantie ont tous été payés en liquide à leurs propriétaires respectifs”, a expliqué le parquet. Il était déjà apparu la semaine dernière que l’appartement de Schaerbeek avait probablement servi à fabriquer des ceintures d’explosifs.

Une perquisition, le 10 décembre, a permis aux enquêteurs “la découverte de matériel destiné à la préparation d’explosifs, d’une balance de précision, de traces de TATP, de ceintures ventrales ainsi que d’un schéma dessiné à la main décrivant un personnage portant une large ceinture à la taille”, décrit le parquet.

Des empreintes d’Abaaoud retrouvées

La police y a également trouvé “l’empreinte ADN” de Bilal Hadfi, l’un des kamikazes du Stade de France, et le parquet confirme qu’une empreinte digitale de Salah Abdeslam, l’un des suspects clés, toujours en fuite, a été repérée dans l’appartement.

Par ailleurs, le parquet a précisé que Bilal Hadfi et le coordonateur présumé des attentats, Adelhamid Abaaoud, mort dans l’assaut de Saint-Denis cinq jours après les attentats, ont bien séjourné dans l’appartement de Charleroi. “Une perquisition […] a permis la découverte de matelas ainsi que d’empreintes digitales” des deux hommes dans cet appartement, selon le communiqué.

La maison d’Auvelais était déjà soupçonnée d’avoir servi de cache. Plusieurs matelas y ont été découverts, selon le parquet. “L’enquête a permis, en outre, de déterminer que le véhicule Seat Leon qui a servi ultérieurement à commettre les attentats de Paris est passé à proximité immédiate des logements à Charleroi et à Auvelais”, ajoute le parquet. “Par ailleurs, un véhicule de marque BMW loué par” l’un des hommes inculpés et incarcérés en Belgique, Mohamed Bakkali, “est également passé à proximité immédiate des trois logements”, selon cette source.

Avec AFP

Première publication : 13/01/2016