Archive for January 13th, 2016

Le kamikaze de l’appartement à Saint-Denis a été identifié comme étant Chakib Akrouh, un Belgo-Marocain. Durant l’assaut du Raid, l’homme s’était fait exploser dans le logement où il se trouvait avec Abdelhamid Abaaoud et Hasna Aït Boulahcen.

Le kamikaze qui s’est fait exploser le 18 novembre lors d’un assaut policier contre un appartement de Saint-Denis, en banlieue parisienne, quelques jours après les attentats du 13 novembre, a été identifié comme étant un Belgo-Marocain de 25 ans nommé Chakib Akrouh, a annoncé, jeudi 14 janvier, le procureur de Paris.

Chakib Akrouh est né le 27 août 1990 en Belgique et a été identifié par comparaison génétique avec sa mère, a précisé le procureur de la République, François Molins, dans un communiqué.

Dans ce logement, avaient également été tué le jihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs des attaques qui avaient fait 130 morts, et la cousine de ce dernier, Hasna Aït Boulahcen, qui leur avait procuré cette planque.

Selon une source proche du dossier, le nom de Chakib Akrouh avait été communiqué fin 2015 par les autorités judiciaires belges, sur la foi d’une photographie d’Akrouh. Celui-ci était parti de Bruxelles début janvier 2015 en Syrie, en compagnie de six ou sept autres personnes.

Le kamikaze de Saint-Denis probablement membre du commando des terrasses

Son ADN a été retrouvé sur une des trois Kalachnikov laissées dans la Seat abandonnée à Montreuil, au nord-est de Paris, après avoir été utilisée par le commando des terrasses, qui a assassiné 39 personnes dans des bars et restaurants de l’est parisien.

Les enquêteurs pensent donc qu’Akrouh est, avec Abaaoud et un autre Bruxellois, Brahim Abdeslam, le troisième membre de ce groupe. Il est aussi sans doute celui qui a été filmé avec Abaaoud dans le métro parisien juste après les attaques, avant de se dissimuler dans un “buisson” en bord d’autoroute à Aubervilliers puis de mourir dans la planque de Saint-Denis. Brahim Abdeslam est, lui, mort en kamikaze au Comptoir Voltaire tandis que son cadet, Salah, dont les enquêteurs pensent qu’il a convoyé en voiture les kamikazes du Stade de France, est en fuite.

Huit des dix membres des commandos des attentats sont donc désormais identifiés. Outre Abdelhamid Abaaoud, Brahim Abdeslam et Chakib Akrouh qui constituaient l’équipe des terrasses, Omar Mostefaï, Samy Amimour et Foued Mohamed-Aggad se trouvaient au Bataclan, tandis que Bilal Hadfi était au Stade de France. Salah Abdeslam, soupçonné d’avoir au moins convoyé en voiture l’équipe de kamikazes du Stade de France, est activement recherché.

Les deux autres kamikazes du Stade de France étaient entrés en Europe le 3 octobre sur l’île grecque de Leros parmi le flot de migrants, avec de faux passeports syriens aux noms d’Ahmad Al-Mohammad et de Mohammad Al-Mahmod.

Avec AFP

Première publication : 14/01/2016

Le professeur qui encadrait le groupe scolaire pris dans une avalanche mortelle mercredi aux Deux-Alpes, dans l’Isère, a été placé en garde à vue pour des faits d’homicides involontaires, a déclaré le procureur de la République de Grenoble.

Le professeur qui encadrait le groupe de dix élèves pris dans une avalanche mortelle mercredi aux Deux-Alpes (Isère) a été placé en garde en vue pour des faits d’homicides involontaires, a déclaré, jeudi 14 janvier, le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat.

L’avalanche qui s’est déclenchée mercredi en milieu d’après-midi vers 2 800 mètres d’altitude sur la piste noire de Bellecombes a fait trois morts, dont deux élèves d’une classe de première du lycée Saint-Exupéry à Lyon.

“Pour quelle raison l’accompagnant, lui-même blessé, les a amenés sur cette piste non ouverte […] ? C’est l’enquête judiciaire qui le dira”, avait expliqué la veille le ministre de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, sur Europe 1. “Comment peut-on imaginer emmener des enfants, après des périodes de neige forte, sur une piste qui était fermée ?”, s’est-il interrogé.

Avec AFP

Première publication : 14/01/2016

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Face au scandale des moteurs truqués Volkswagen, le constructeur automobile français Renault s’est toujours dit bon élève en matière d’émissions polluantes. Mais les perquisitions de la semaine dernière jettent le doute.

La révélation fin septembre du scandale Volkswagen (VW) et des fraudes aux tests anti-pollution a jeté le doute sur l’ensemble de l’industrie automobile. Les constructeurs français, eux, ont toujours juré “avoir respecté la réglementation”. Pourtant, la perquisition de plusieurs sites du groupe Renault, début janvier, fait resurgir les inquiétudes.

“Renault respecte la réglementation”

À l’époque de l’affaire Volkswagen, Renault avait été très clair : la situation ne les concernait absolument pas. Le groupe français affirmait au Monde, le 24 septembre dernier : “L’ingénierie Renault respecte la réglementation [antipollution, NDLR], elle rappelle que ses véhicules ne sont pas équipés de dispositifs de manipulation permettant de contourner la réglementation sur les émissions [de polluants].”

Le constructeur français, à l’instar de ses homologues tricolores, a aussi soutenu la mise en place de tests européens sur route validant les tests en laboratoire, dans le souci d’éviter les fraudes.

En décembre dernier, dans un entretien au Figaro, Thierry Bolloré, le directeur délégué à la compétitivité de Renault, avait réaffirmé la fiabilité de ses moteurs : “[Des] tests ont déjà commencé, sur onze véhicules dont quatre Renault. Ils ont démontré, comme nous l’avons toujours dit, qu’aucune Renault n’est équipée d’un quelconque système de fraude ou de leurre antipollution.”

“Les résultats des tests réalisés par la commission technique” présidée par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal “nous ont été communiqués et attestent de l’absence de toute anomalie”, réaffirme aujourd’hui le groupe.

Plus d’un milliard d’investissement pour limiter les émissions

Il avait également expliqué la volonté d’aller plus loin en modernisant les systèmes antipollution de la flotte Renault, annonçant un programme d’investissement de plus de 1,2 milliard d’euros pour moderniser les systèmes de recirculation de gaz d’échappements, afin de limiter les émissions polluantes.

À ceux qui accusaient Renault de soulager sa conscience en annonçant ce plan d’investissement, Thierry Bolloré avait répondu : “Même si nous ne trichons pas, nous devons tout faire pour garder cette confiance. C’est stratégique. Car, demain, nous embarquerons de plus en plus de technologies dans nos voitures, connectées et un jour autonomes. […] À l’aube de cette révolution, nous ne pouvons nous permettre de laisser la défiance s’installer.”

Cependant, à la lumière des perquisitions du début de l’année, qui pourraient être liées à une enquête sur une fraude aux émissions polluantes, selon la CGT, la théorie d’un scandale Volkswagen bis refait surface. En tout cas, la Bourse n’a pas attendu les résultats de l’enquête : l’action Renault avait déjà perdu 20 % à la mi-journée.

Première publication : 14/01/2016

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Le cours de l’action Renault a chuté, jeudi, à la Bourse de Paris, après la confirmation de perquisitions effectuées la semaine dernière par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Après Volkswagen, Renault ? Le groupe français a confirmé, jeudi 14 janvier, que Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’était rendue la semaine dernière sur les sites technique de Lardy, au Technocentre de Guyancourt et au siège du groupe à Boulogne-Billancourt “pour un complément d’investigation”.

>> À lire sur France 24 : “Scandale Volkswagen : les autres constructeurs trichent aussi sur les émissions de CO2”

“La DGCCRF a procédé à un complément d’enquête aux tests réalisés par la commission technique mise en place par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal, dans le sillage du scandale Volkswagen. Une enquête qui a vocation à valider définitivement les premiers éléments d’analyse réalisés par la Commission technique indépendante”, a indiqué le groupe dans un communiqué. Renault se veut rassurant et indique que le ministère de l’Écologie considère “que la procédure en cours ne mettrait pas en évidence la présence d’un logiciel truqueur équipant les véhicules Renault”.

Cette perquisition réveille les craintes de voir l’affaire de manipulation des tests d’émissions polluantes dépasser le seul cas du groupe allemand. Il n’en fallait pas plus au titre de Renault pour dévisser à la Bourse de Paris. À la mi-journée, l’action perdait plus de 20 %.

Avec Reuters

Première publication : 14/01/2016

Le Britannique Robert Lawrie a bénéficié de la clémence du tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. Il a écopé d’une amende de 1 000 euros avec sursis pour avoir tenté de faire passer une fillette Afghane de Calais à Leeds.

Soulagement général au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer. Robert Lawrie, ex-militaire britannique de 49 ans qui comparaissait jeudi 14 janvier pour avoir tenté de faire passer clandestinement une fillette afghane de sa connaissance en Angleterre, a bénéficié de la clémence du juge.

Poursuivi pour “aide à l’immigration illégale”, le Britannique a finalement été condamné à une amende de 1 000 euros avec sursis pour “mise en danger de la vie d’autrui”. “Parce que la fin ne justifie pas les moyens. Ce n’est pas parce qu’on veut aider une enfant qu’on peut mettre sa vie en danger”, a expliqué le procureur Jean-Pierre Valensi durant son réquisitoire, ajoutant que Lawrie “aurait pu aider autrement qu’en commettant une infraction, par exemple en aidant à un dépôt de demande d’asile”.

Rob Lawrie, très ému tout au long de l’audience, a accueilli la nouvelle par des larmes et des remerciements. “La France est un pays humain. Merci la France, la compassion a gagné”, a-t-il clamé, selon le journaliste de France TV Yann Thomson. Pendant le procès, il s’est excusé à plusieurs reprises. “C’était irrationnel, je n’ai pas bien réfléchi. J’ai essayé de faire en sorte qu’elle puisse rejoindre sa famille qui habitait à seulement huit miles de Leeds, où j’habite”, a-t-il déclaré. “Ce que j’ai fait était stupide, j’étais émotionnellement épuisé. Je suis désolé”, a-t-il ajouté.

“La France est un pays humain. Merci la France, la compassion a gagné”, clame Rob #Lawrie. pic.twitter.com/zfPnNADPsm

— Yann Thompson (@yannthompson) 14 Janvier 2016

Passeur ou grand cœur ?

Que s’est-il passé pour que ce chef d’entreprise, ancien soldat et père de quatre enfants, puisse devenir – aux yeux de la loi – un “passeur” ? Une prise de conscience brutale qui remonte au 5 septembre 2015. Ce soir-là, Robert Lawrie découvre sur l’écran de son ordinateur la photo du petit Aylan Kurdi, mort noyé sur une plage de Bodrum, en Turquie. Un électrochoc qui le pousse à tout laisser tomber.

Une semaine plus tard, il arrive dans les camps de migrants Grande-Synthe et de Calais, de l’autre côté de la Manche, au volant d’un fourgon rempli de dons récoltés grâce à un appel lancé sur Facebook. Il distribue tentes, sacs de couchage, chaussures et plusieurs kilos de nourriture. Pendant plusieurs mois, Rob multiplie ainsi les allers et retours entre sa ville de Leeds et Calais, délaissant son entreprise, aujourd’hui en faillite, et sa femme, qui a fini par le quitter. Rob passe ses journées dans la “jungle” à construire des abris de bois et de bâche aux côtés des migrants.

C’est à Calais, où vivent plusieurs milliers de migrants qui caressent l’espoir de rejoindre l’Angleterre, qu’il fait la rencontre de Reza Ahmadi et de sa fille Bahar, 4 ans. Il la surnomme “Bru”. Sur une vidéo postée sur son compte Facebook, on voit Rob jouer à colin-maillard avec la petite qui lui dépose un baiser sur la joue dans un éclat de rire. Rob s’attache. le 24 octobre au soir, lorsque Reza le supplie une fois de plus d’emmener la petite à Leeds avec lui pour qu’elle y rejoigne de la famille, Rob craque.

“Il ne me semblait tout simplement pas juste de la laisser là, sous une tente, dans la jungle de Calais”, a-t-il expliqué dans d’un entretien à l’AFP diffusé en novembre. Vers minuit, il prend la petite fille qui s’est endormie sur ses genoux et la cache dans son camion. Mais lorsqu’il est contrôlé à la frontière de Calais, les chiens de la police découvrent deux Érythréens adultes présents à l’arrière de sa camionnette, cachés selon lui à son insu. Bob est menotté, placé dans une cellule et menacé d’une longue garde à vue. Il alerte alors la police de la présence de l’enfant.

“Trouvons la bonne voie”

La petite Bahar a ensuite été renvoyée à son père dans la “jungle” de Calais. Alors que le thermomètre flirte cet hiver avec le zéro degré, ils y vivraient toujours, dans une caravane donnée par une association. Selon une information de Libération, les Ahmadi n’avaient pas rejoint, lundi dernier, les conteneurs chauffés du nouveau camp d’accueil de migrants qui a ouvert le 11 janvier et qui doit héberger 1 500 personnes.

Placé en liberté sous caution, Rob Lawrie s’est de son côté retrouvé extrêmement fragilisé psychologiquement et n’a pas pu, depuis, remettre les pieds dans la “jungle”. Mais il a pu compter sur de nombreux soutiens. Deux pétitions, mises en ligne après son arrestation pour demander sa relaxe, ont recueilli plus de 120 600 signatures en France et plus de 54 000 au Royaume-Uni.

S’il regrette, il continue de défendre la justesse de son acte, comme il l’avait déclaré à la BBC : “Pas besoin de me dire que je suis un idiot, je le sais déjà. J’ai fait une erreur, je n’ai aucun doute là-dessus. Je ne dis pas : ‘Hé, regardez-moi, je suis un héros’, je dis : ‘J’ai pris la mauvaise voie, trouvons la bonne.’”

Avec AFP

Première publication : 14/01/2016