Archive for January 18th, 2016

Les actes antimusulmans “ont triplé” en 2015 et les actes antisémites sont restés “à un niveau élevé”, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, au quotidien La Croix à paraître mercredi.

Les actes antimusulmans ont triplé en 2015 en France, à la suite des attentats de janvier, tandis que les actes antisémites ont diminué de 5 %, restant à un niveau élevé, annonce Bernard Cazeneuve dans un entretien accordé au quotidien La Croix à paraître mercredi 20 janvier. Les lieux de culte et les cimetières chrétiens ont été visés par “810 atteintes, en hausse de 20 %”, précise le ministre de l’Intérieur.

“Pour la totalité de l’année 2015, nous constatons une diminution de 5 % des actes antisémites, qui restent cependant à un niveau élevé, avec 806 actes constatés. Au lendemain des attentats de janvier, les actes antimusulmans ont triplé et s’établissent à environ 400 pour l’année 2015”, déclare Bernard Cazeneuve.

La hausse des actes antimusulmans est ainsi de 223 % entre 2014 et 2015, selon le décompte dressé sur la base des plaintes et des mains courantes. Pour le seul mois de janvier 2015, 178 actes ont été recensés, à la suite des attentats jihadistes contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

“Je ne peux accepter de tels actes”

“En tant que ministre des cultes, je ne peux accepter de tels actes. Ils doivent être sévèrement punis”, explique le ministre de l’Intérieur, tout en précisant par ailleurs que 40 mesures d’expulsion ont été prononcées depuis début 2015 contre des “prêcheurs de haine ou de pseudo-imams autoproclamés”.

“L’état d’urgence a permis de procéder à 45 perquisitions dans des mosquées et divers lieux de culte radicalisés, dont dix ont été fermés”, indique-t-il.

“Ceux qui éloignent l’islam de la République en montrant le chemin du salafisme doivent être combattus. Mais cela ne signifie en rien qu’il faille tenir des propos qui pourraient blesser”, ajoute-t-il.

Le détail de ces chiffres doit être communiqué mercredi par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcra), Gilles Clavreul.

Avec Reuters

Première publication : 19/01/2016

Une vive polémique oppose depuis lundi soir Manuel Valls à l’Observatoire de la laïcité, qui a répliqué mardi aux attaques du Premier ministre, qui l’avait accusé de “dénaturer” les principes qu’il doit défendre.

Une violente passe d’armes oppose depuis lundi soir Manuel Valls à l’Observatoire de la laïcité, qui a riposté mardi 19 janvier aux critiques du Premier ministre, par la voix de son président Jean-Louis Bianco.

La polémique est née à la suite d’une prise de parole de Manuel Valls au cours d’une conférence-débat des Amis du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) organisée à Paris. “L’Observatoire de la laïcité, placé d’ailleurs sous ma responsabilité (…), ça ne peut pas être quelque chose qui dénature la réalité de cette laïcité”, avait asséné Manuel Valls.

Dans le viseur du Premier ministre : la signature par l’Observatoire de la laïcité d’un appel, publiée après les attentats du 13 novembre. “On ne peut pas signer des appels, y compris pour condamner le terrorisme, avec des organisations que je considère comme participant du climat que l’on a évoqué tout à l’heure, ça, ce n’est pas possible”, a-t-il ajouté, après avoir évoqué un peu plus tôt un “climat nauséabond”.

Manuel faisait une allusion à une tribune publiée dans Libération et intitulée “Nous sommes unis” que Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, rapporteur général de cet Observatoire, avaient signée avec 80 personnalités de divers horizons dont Samy Debah et Yasser Louati, respectivement directeur et porte-parole du controversé Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), et Nabil Ennasri, président du Collectif des musulmans de France (CMF) et réputé proche des Frères musulmans.

Bianco réaffirme l’indépendance de l’Observatoire de la laïcité

Cet appel a été signé, entre autres, par le président de la Fondation Abbé Pierre, ATD Quart monde, des responsables syndicaux (CFDT, FSU, Unsa) ou religieux (Fédération protestante de France, Conseil français du culte musulman, le secrétaire général de l’enseignement catholique et le grand rabbin de France), a rétorqué ce mardi Jean-Louis Bianco dans un communiqué.

Le Premier ministre a également critiqué Nicolas Cadène pour s’en être pris à la philosophe Elisabeth Badinter, qui, sur France Inter le 6 janvier, avait déclaré qu’il ne fallait pas “avoir peur de se faire traiter d’islamophobe”, en tweetant : “Quand 1 travail de pédagogie de 3 ans sur la #laïcité est détruit par 1 interview…”.

‘”Un collaborateur d’une organisation de la République ne peut pas s’en prendre à une philosophe comme Elisabeth Badinter”, a déclaré le chef du gouvernement qui a salué chez elle “une défense intransigeante de la laïcité” qu’il “partage d’ailleurs dans bien des domaines”. Et de conclure : “l’Observatoire est indépendant mais là, il y a des lignes qui ont été dépassées, et je le rappellerai à chacun”.

De son côté, Jean-Louis Bianco estime que “Nicolas Cadène se bornait à rappeler le droit existant” et que Manuel Valls n’a “manifestement pas lu” le tweet incriminé.

“L’Observatoire de la laïcité n’est pas placé sous sa responsabilité”, a répliqué Jean-Louis Bianco, accusant le Premier ministre de méconnaître “la réalité des institutions indépendantes”. Enfin, “sur le plan humain, un minimum de respect aurait justifié qu’il m’appelle avant qu’il s’exprime publiquement”, a ajouté l’ancien Secrétaire général de l’Élysée sous la présidence de François Mitterrand.

Cette instance, jugée trop accommodante dans sa défense de la laïcité, fait l’objet depuis des mois d’une fronde menée par trois de ses membres, l’ancien ministre socialiste Jean Glavany, la sénatrice PRG Françoise Laborde et Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République.

Avec AFP

Première publication : 19/01/2016

6f1642755c.jpeg

Les Pakistanais peuvent de nouveau se rendre sur YouTube, lundi, après un blocage du site pendant trois ans. Mais le flou subsiste sur les éventuelles concessions que YouTube a dû faire pour obtenir le feu vert des autorités.

La vie sans YouTube, c’est fini pour les Pakistanais. Les autorités ont levé, lundi 18 janvier, une interdiction vieille de trois ans de la plateforme de diffusion de vidéos de Google.

YouTube avait été sanctionné en 2012 à cause du controversé film “L’Innocence des musulmans” que le site refusait de censurer alors que sa diffusion avait provoqué des manifestations violentes dans le pays. La justice pakistanaise avait qualifié cette vidéo de blasphématoire et ordonné à l’autorité des télécommunications (PTA) de bloquer l’accès à l’un des sites les plus populaires au monde.

Version localisée de YouTube

Trois ans plus tard, Google et New Dehli semblent avoir trouvé un terrain d’entente. Le géant américain de l’Internet a développé une page d’accueil de YouTube spécifique au Pakistan qui propose du contenu sélectionné pour le public local. Le site de vidéos a profité de l’occasion pour mettre en place des versions localisées pour deux autres pays de la région : le Népal et le Sri Lanka.

Cette adaptation aux “spécificités” localesa-t-elle simplement suffi pour rendre YouTube de nouveau fréquentable aux yeux des autorités pakistanaises ? Une série de déclarations contradictoires indiquent que YouTube a peut-être dû faire des efforts inédits avant tout pour plaire au pouvoir en place.

“Google a mis en place un processus en ligne permettant à la PTA de demander le blocage des contenus offensants”, s’est réjoui le ministère pakistanais des Technologies de l’information. Cette déclaration semble indiquer que les autorités auront un accès privilégié pour obtenir de Google le blocage de vidéos contestées.

“Verification approfondie” pour chaque demande

Une telle concession serait particulièrement mal venue aux yeux des défenseurs de la liberté d’expression sur Internet. Le Pakistan est, en effet, connu pour avoir la censure facile et l’ONG “Reporters sans frontière” classe le pays parmi les 20 “ennemis d’Internet”.

Les responsables de YouTube se sont, d’ailleurs, empressés de nier que le Pakistan aurait reçu une sorte de blanc-seing pour censurer ce qu’il voulait. “Nous avons un règlement de la communauté, et quand les vidéos violent ces règles, nous les retirons”, a précisé une porte-parole de YouTube à la chaîne britannique BBC. Elle a ajouté que chaque demande des autorités ferait l’objet “d’une vérification approfondie”.

Une manière de dire que le Pakistan est logé à la même enseigne que n’importe quel autre pays. Reste que les déclarations contradictoires ne donnent pas l’impression qu'”vraie solution a été trouvée”, souligne à la chaîne d’information qatarie al-Jazeera Badar Khushnood, un consultant indépendant qui a travaillé pour Google. Il craint que YouTube et les autorités se soient contentés d’un accord à minima qui va montrer ses limites à la première vidéo controversée venue.

Première publication : 19/01/2016

Pour des rapporteurs de l’ONU, l’état d’urgence en vigueur en France “impose des restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales”. Ils demandent que la disposition ne soit pas prolongée au-delà du 26 février.

Des experts des Nations unies, spécialisés dans les droits de l’Homme, ont estimé, mardi 19 janvier, que l’état d’urgence en vigueur en France depuis les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, ainsi que la loi sur la surveillance des communications électroniques “imposent des restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales”.

De ce fait, les rapporteurs onusiens, dont les recommandations ne sont pas contraignantes, appellent les autorités françaises à ne pas prolonger l’état d’urgence au-delà du 26 février, terme fixé par la loi adoptée après le 13-Novembre.

“Alarmant”

“Alors que la France débat sur le renforcement des mesures dans la lutte contre le terrorisme, et à cet effet s’engage dans une réforme de la procédure pénale, nous appelons à réviser ces dispositions et possibles réformes, afin d’assurer leur conformité au regard du droit international des droits de l’Homme”, écrivent-ils. Et d’ajouter : “Garantir une protection adéquate contre les abus lors du recours à des mesures d’exception et des mesures de surveillance dans le cadre de la lutte contre le terrorisme relève des obligations internationales de l’État français”.

>> À lire sur France 24 : Un “dispositif de contrôle” parlementaire pour surveiller l’état d’urgence

Pour garantir l’état de droit et prévenir des procédures arbitraires, les experts recommandent l’exercice d’un contrôle judiciaire préalable sur les mesures antiterroristes. Or la loi sur l’état d’urgence, qui élargit temporairement les pouvoirs de l’exécutif notamment dans la lutte contre le terrorisme, “ne permet un contrôle judiciaire qu’a posteriori”, déplorent-ils.

Les rapporteurs trouvent par ailleurs “particulièrement alarmant que des militants écologistes aient pu être assignés à résidence dans le cadre de l’état d’urgence invoqué suite aux attentats de novembre”. Selon eux, “ces mesures ne semblent pas s’ajuster aux principes fondamentaux de nécessité et de proportionnalité,” ont-ils noté.

Avec AFP

Première publication : 19/01/2016

Après 10 ans d’instruction, la cour d’appel de Nîmes a prononcé un non-lieu pour Abdelkader et Hocine Mohamed, deux frères poursuivis pour des actes de torture pendant la guerre civile algérienne.

La chambre d’instruction de la cour d’appel de Nîmes, dans le sud de la France, a prononcé, mardi 19 janvier, un non-lieu dans l’affaire de deux anciens miliciens algériens poursuivis pour des actes de torture pendant la guerre civile, qui a secoué l’Algérie entre 1991 et 2002.

La chambre a retenu “l’absence de matérialité de l’infraction et n’a pas jugé utile d’ordonner un complément d’information”, a précisé à l’AFP Me Khadija Aoudia, avocate des deux hommes, Abdelkader Mohamed, 54 ans, et son frère Hocine, âgé de 47 ans, résidant aujourd’hui à Nîmes, dans le Gard.

Parties civiles “indignées”

“Cette décision est scandaleuse et vient contredire la position unanime du parquet et du juge d’instruction, qui avaient tous deux conclu, après 10 années d’instruction, à la mise en accusation des frères Mohamed devant une cour d’assises”, a réagi Me Patrick Baudoin, président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), indiquant que les parties civiles “indignées” allaient se pourvoir en cassation.

Ce “spectaculaire revirement de la justice française” prive “les victimes du premier procès sur les crimes des ‘années de plomb’ en Algérie”, estime la FIDH dans un communiqué.

La FIDH et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) avaient déposé plainte contre les deux hommes le 10 octobre 2003 pour actes de tortures et de barbarie commis entre 1994 et 1997 dans la région de Relizane (300 km à l’ouest d’Alger) dans le contexte de la guerre civile algérienne. Les deux hommes, qui ont toujours nié les faits qui leur sont reprochés, avaient fait appel de leur renvoi devant les assises du Gard.

Avec AFP

Première publication : 19/01/2016

aea0f7bed0.jpeg

Renault présentera en mars un plan pour “améliorer” ses voitures diesel, a annoncé mardi un responsable de l’entreprise, qui a été contrainte de rappeler des milliers de véhicules dont le seuil de pollution dépasse la norme.

La faute aux systèmes de dépollution. Les responsables de Renault ont reconnu, lundi 19 janvier, lors d’une audition devant la commission indépendante mise en place par le gouvernement après le scandale Volkswagen, qu’un certain nombre de véhicules diesel souffraient d’une sorte de “bug” qui empêche les polluants d’être captés correctement.

Ce problème expliquerait la raison pour laquelle une partie des voitures de la marque au losange testées dépassent largement les seuils autorisés de pollution au CO2 et aux oxydes d’azote (NOx). Ces révélations secouent depuis jeudi 14 janvier la maison Renault, qui essaie de ne pas être mis dans le même sac que Volkswagen.

Entre 17°C et 35°C

Dans le cas du constructeur français, il ne s’agirait pas d’un logiciel fraudeur comme pour la marque allemande, a répété la ministre de l’Écologie Ségolène Royal mardi 19 janvier sur RTL. Devant la commission indépendante, les responsables de Renault ont détaillé les soucis des systèmes de dépollution des oxydes d’azote. Lorsque la température est inférieure à 17°C ou supérieure à 35°C, la captation de NOx au niveau du pot d’échappement n’est pas optimale.

Si lors des tests d’homologation en laboratoire les températures sont toujours comprises entre ses deux “extrêmes”, il n’en va pas de même dans les conditions de conduite réelle. D’où des dépassements de seuil importants constatés lors des tests sur piste par la commission indépendante.

Renault s’est engagé à “modifier” le moteur des véhicules concernés et présentera, en mars, un plan plus large pour s’assurer que ses diesels rentrent dans les clous réglementaires. En attendant, Segolène Royal a annoncé que plus de 15 000 voitures avaient commencé à être rappelées par Renault pour des “remises à niveau techniques”.

Question d’image

La marque au losange pourrait, cependant, être amenée à modifier un nombre bien plus conséquent de voitures. Deux modèles sont pour l’instant pointés du doigt, la Renault Espace 5 et le Captur, ce qui représente un parc d’environ 700 000 véhicules vendus en 2015, d’après un porte-parole du constructeur.

Mais le problème de Renault n’est pas seulement technique. Son image risque également d’en prendre un coup. “Le Monde” cite, ainsi, des membres de la commission Royal qui se demandent s’il n’est “pas aussi grave de taire sciemment le caractère polluant de ses véhicules que d’installer un logiciel de leurre antipollution ?”. Encore faudrait-il savoir depuis quand les responsables de la marque savent que certains de leurs voitures diesel polluent beaucoup plus dans des conditions de conduite réelle.

Première publication : 19/01/2016

735410a8a0.jpeg

Amnesty International appelle l’industrie électronique et automobile à faire preuve de vigilance dans ses approvisionnements en cobalt, un composant des batteries produit par des enfants en République démocratique du Congo.

Qui aujourd’hui peut se passer, volontairement, d’un téléphone ou d’un ordinateur portable, d’une tablette ou autres objets connectés et mobiles ? Peu de monde. Et qui veut savoir dans quelles conditions et avec quels matériaux sont fabriqués ces outils ? Pas les multinationales qui les produisent en tous cas, si l’on en croit le dernier rapport d’Amnesty International, rendu public mardi 19 janvier.

À l’issue d’une enquête menée auprès de 16 entreprises – telles qu’Apple, Samsung, Sony, Microsoft ou Daimler – l’ONG affirme que ces sociétés sont, dans l’ensemble, incapables de déterminer l’origine du cobalt nécessaire aux batteries lithium-ion qu’elles utilisent dans leurs produits. Et c’est là que le bât blesse : plus de la moitié de la production mondiale de cobalt provient de la République démocratique du Congo (RDC), où le minerai est extrait par des enfants, parfois âgés de sept ans, et des adultes qui travaillent dans des conditions périlleuses.

Au moins 80 enfants ou adolescents sont morts sous terre dans le sud de la RDC, entre septembre 2014 et décembre 2015, des chiffres a minima car “de nombreux accidents ne sont pas signalés et les cadavres restent ensevelis sous les décombres”, précise le rapport.

“Je passais 24 heures d’affilée dans les tunnels”

Tandis que quelques grands groupes assurent l’essentiel de la production, des dizaines de milliers de “creuseurs”, de jeunes mineurs clandestins, extraient le minerai dans des galeries souterraines, creusées sans même les outils élémentaires de protection (gants, casques, masques). La poussière de cobalt est pourtant hautement toxique et son inhalation peut entraîner des maladies pulmonaires mortelles. Les conditions de sécurité sont tout aussi déplorables et la rémunération dérisoire.

Des enfants ont raconté travailler jusqu’à 12 heures par jour dans les mines pour gagner entre un et deux dollars par jour. Selon l’Unicef, en 2014, environ 40 000 enfants travaillaient dans les mines dans le sud de la RDC, dont beaucoup dans des mines de cobalt. “Je passais 24 heures d’affilée dans les tunnels. Je devais me soulager dans les tunnels…”, raconte Paul, 14 ans, creuseur depuis ses 12 ans.

La filière aveugle du cobalt

Le rapport d’Amnesty remonte la filière du cobalt en RDC, dont la production est concentrée au Katanga, région dans le sud-est du pays. Des négociants y achètent le minerai pour le revendre à une filiale locale du géant chinois de l’exploitation minière, Zhejiang Huayou Cobalt Ltd. Le cobalt est ensuite traité sur place avant d’être revendu à des fabricants de composants de batteries en Chine et en Corée du Sud. Ces derniers revendent à leur tour leurs composants aux fournisseurs de batteries des grands groupes électroniques et automobiles. Derniers dans la chaîne de production, ils disent ne pas être informés des origines des composants utilisés.

>> À lire sur France 24 : Les grands de la Silicon Valley se penchent sur le sort des mineurs congolais

Amnesty International appelle donc des grandes multinationales de l’industrie électronique et automobile – à faire preuve de vigilance dans leurs approvisionnements. “Des millions de personnes bénéficient des avantages des nouvelles technologies, sans se préoccuper de la manière dont elles sont fabriquées. Il est temps que les grandes marques assument leur part de responsabilité”, invective l’ONG dans un communiqué.

Les “minerais du sang”

Une responsabilité lourde à assumer. La RDC regorge de ressources minières mais reste l’un des pays les moins développés au monde. La richesse du sous-sol contribue à alimenter les conflits armés qui déchirent depuis plus de vingt ans l’est du pays, en particulier les provinces du Nord et du Sud-Kivu, grosses productrices d’or, d’étain, de coltan, de tungstène et de cobalt.

Pour éviter que des entreprises ne financent indirectement les conflits en RDC, une loi américaine sur ces minerais dits “du sang“, entrée en vigueur en 2014, impose aux sociétés cotées aux États-Unis de divulguer aux autorités de régulation boursière américaines si elles emploient ces matières premières. Si le cobalt n’entre pas dans cette catégorie des minerais du sang (qui compte l’or, le tantale, l’étain, le tungstène), Amnesty exige que les entreprises soient tenues légalement de contrôler la provenance des minerais et leurs fournisseurs.

Dans un rapport publié en avril 2015 avec l’ONG Global Witness, Amnesty International accusait les grandes entreprises américaines de négliger leurs obligations découlant de la loi de 2014.

Première publication : 19/01/2016

8c8b63ed7c.jpeg

L’Iran veut profiter de la fin d’une partie des sanctions internationales pour produire et exporter au plus vite 500 000 barils de brut par jour. Un retour sur la scène pétrolière qui accentue la baisse des prix et profite à l’Arabie saoudite.

Série noire pour l’or noir ! Le prix du pétrole restait sous la barre des 30 dollars, mardi 19 janvier, après être brièvement descendu, la veille, sous celle de 28 dollars, pour la première en 12 ans. Une bonne nouvelle pour l’Arabie saoudite, qui peut remercier l’Iran. Téhéran a en effet annoncé, lundi, son retour sur le marché pétrolier.

“L’Iran a ordonné que sa production atteigne 500 000 barils par jour”, a affirmé Amir Hossein Zamaninia, le vice-ministre du Pétrole qui s’est réjoui de la fin d’une grande partie des sanctions internationales, annoncée samedi 16 janvier. Dans un contexte d’offre plus qu’abondante de pétrole qui tire déjà les prix vers le bas, c’est la goutte d’or noir qui peut faire déborder le vase, préviennent les investisseurs.

Tout bénéf’ pour l’Arabie saoudite ?

L’impact à la baisse sur les prix du grand retour iranien dans le concert des nations exportatrices de pétrole “est une bonne nouvelle pour l’Arabie saoudite”, explique Thomas Porcher, économiste spécialiste des questions énergétiques à la Paris school of business. Riyad est engagé dans un bras de fer depuis plus d’un an avec les États-Unis pour sauvegarder ses parts de marchés face à la menace du pétrole de schiste nord-américain. L’arme saoudienne : les prix de l’or noir. Le pétrole saoudien est en effet moins cher à produire que son cousin américain et les gisements aux États-Unis ne sont pas rentables si le baril reste aussi peu cher.

L’Iran, adversaire régionale de l’Arabie saoudite, est donc devenu un allié objectif de Riyad dans sa guerre du pétrole. Une situation d’autant plus ironique que “l’Iran ne peut pas rater l’occasion d’exporter à nouveau son pétrole, mais en ce faisant Téhéran maintient les prix bas, ce qui n’arrange pas ses affaires”, résume Thomas Porcher.

Riyad, grand gagnant de cette affaire ? À court terme probablement. Mais avec le temps, la montée en puissance pétrolière de Téhéran va se transformer en nouvelle menace pour l’Arabie saoudite. L’Iran était le quatrième producteur mondial de pétrole avec une production de quatre millions de barils par jour avant la mise en place des sanctions. Pour Céline Antonin, “tout le combat de l’Arabie saoudite consiste à protéger ses parts de marché et l’Iran va, avec son potentiel, inévitablement se transformer en concurrent”.

Des infrastructures pétrolières à la traîne ?

Mais Téhéran ne va pas déverser tout son pétrole sur le marché du jour au lendemain. Le pays devrait pouvoir exporter “entre 800 000 barils de brut par jour et un million de barils par jour à moyen terme”, estime Céline Antonin, spécialiste de l’énergie pour l’Observatoire français des conjonctures économiques. Elle estime que le pays aura atteint sa production de croisière début 2017, tandis que l’Agence internationale de l’énergie atomique ne voit pas l’Iran exporter une telle quantité d’or noir avant la fin de l’année prochaine.

À cet égard, la grande inconnue concerne l’état des installations pétrolières iraniennes. “On ne sait pas quel a été le niveau d’investissements du pays pendant la période des sanctions et si la maintenance des sites nécessite une mise à niveau”, explique l’économiste française. Si le régime n’a pas mis les moyens nécessaires en œuvre pour éviter que ces infrastructures ne dépérissent, son retour dans le jeu pétrolier pourrait prendre du retard. À l’inverse, il pourrait intervenir plus vite que prévu si les investissements nécessaires ont été faits. Dans ce cas, “le prix du brut qui est censé se stabiliser cette année pourrait encore continuer à baisser”, note Céline Antonin.

Première publication : 19/01/2016

Devant les Amis du Crif, lundi, à Paris, le Premier ministre Manuel Valls a appelé les pouvoirs publics “à changer d’attitude” envers les campagnes de boycott des produits israéliens. Sans toutefois reprendre à son compte le mot “interdiction”.

Manuel Valls s’est prononcé, lundi 18 janvier, en faveur de mesures contre les manifestations pour le boycott des produits israéliens. “Les pouvoirs publics doivent changer d’attitude”, vis-à-vis de ces manifestations qui participent, selon lui, d’un “climat nauséabond”, a estimé le Premier ministre devant Les Amis du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France).

Il prenait part à une conférence-débat organisée par cette instance à Paris, une première pour un Premier ministre en exercice. “Nous allons vivre longtemps avec ce climat”, a-t-il dit d’emblée, évoquant la lutte antiterroriste et les mesures de sécurité prises. “On voit très bien comment on est passé de la critique d’Israël à l’antisionisme et de l’antisionisme à l’antisémitisme”, a-t-il souligné.

Ce n’est pas la première fois que le chef du gouvernement prend cette position. En décembre, il avait condamné les campagnes appelant au boycott des produits israéliens, du fait du conflit avec les Palestiniens, menées par le mouvement BDS (“Boycott, désinvestissement et sanctions”).

Début janvier, un rassemblement de ce mouvement avait toutefois été autorisé par la préfecture de police place de l’Opéra, alors que le Palais Garnier accueillait la compagnie de danse israélienne Batsheva. “Cette manifestation […] était d’autant plus absurde qu’on mettait en cause la culture”, a estimé Manuel Valls, alors que le président du Crif, Roger Cukierman, lui rappelait sa demande d’interdiction de toute manifestation liée au mouvement BDS.

“Ce que je peux vous dire, c’est que j’en parlerai, et j’en ai déjà parlé avec le ministre de l’Intérieur”, Bernard Cazeneuve, a répondu le chef du gouvernement.

Avec AFP

Première publication : 19/01/2016