Archive for January 19th, 2016

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À l’occasion du Forum de Davos, placé sous le thème de la quatrième révolution industrielle, celle du numérique, Stéphanie Antoine a rencontré Jean Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric. Son entreprise, qui est présente dans 130 pays, emploie 170 000 personnes.

La révolution numérique menace-t-elle l’emploi ? Un rapport publié lundi 18 janvier par le World Economic Forum, organisateur du Forum de Davos, fait grand bruit. Il prévient que la révolution technologique en cours, qui se traduit par la numérisation ou l’impression 3D, risque d’entraîner la perte de plus de 5 millions d’emplois en cinq ans dans les principales économies mondiales.

Mais ces chiffres laissent Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric, dubitatif. “Je crois qu’il est absolument impossible de savoir quel sera l’effet net de la quatrième révolution industrielle sur l’emploi dans quelques années”, affirme-t-il sur France 24. “Lorsqu’on est face à des innovations de rupture, on ne sait pas prévoir l’avenir. L’avenir, il faut l’inventer.”

Par Stéphanie ANTOINE

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L’enseigne de biscuits française Michel et Augustin s’exporte outre-Atlantique. Grâce à une campagne de communication culottée, ses petits gâteaux sont vendus dans tous les Starbucks du pays depuis deux semaines.

Les invités aux vœux de l’ambassadeur français à Washington, d’habitude plutôt guindés, ont eu l’occasion, cette année, de se défouler sur de la musique électro. Une chorégraphie improvisée dont l’équipe de Michel et Augustin, la marque française de gâteaux distribuée dans 23 pays, fut à l’origine pour présenter sa “success story” américaine.

En ce soir du 14 décembre, une jeune femme énergique appelle le public à célébrer le #PowerFrance, le mot d’ordre relayé par l’enseigne sur les réseaux sociaux pour promouvoir le savoir-faire de l’Hexagone. Charlotte C., la responsable française de la communication USA du fabricant de cookies, a appliqué la même stratégie – allier l’humour et la promotion de la France sur les réseaux sociaux -, ces derniers mois, pour conquérir la clientèle américaine.


Charlotte et David appellent les invités de l’ambassadeur à sauter pour célébrer le #PowerFrance, jeudi 14 janvier, à Washington. © Yona Helaoua

#AllezHowardUnCafé

Depuis le 5 janvier, les gâteaux Michel et Augustin sont en effet distribués dans tous les Starbucks des États-Unis, soit plus de 7 600 points de vente. C’est pourtant par un coup de téléphone anodin que la conquête de la chaîne multinationale a commencé, un jeudi du mois de juin 2015. L’assistante de Howard Schultz, son PDG, demande des échantillons à la petite PME française : un comité de dégustation est convoqué le lundi suivant. “Starbucks, on en rêvait depuis 10 ans, on n’avait jamais réussi à convaincre ses équipes France de nous rencontrer. Alors ce coup de fil a été pour nous une opportunité incroyable”, insiste Charlotte.

L’équipe basée à Paris prend alors une décision qui va devenir un gros coup de com’ : plutôt que d’envoyer un colis “qui aurait coûté 1 000 euros”, Charlotte et son collègue achètent deux tickets pour Seattle, siège de Starbucks. Dans leurs valises, une caméra, un micro, ainsi que quelques boîtes de gateaux à présenter en personne au grand patron. Et pour les aider dans leur mission, ils lancent la campagne “#AllezHowardUnCafé” invitant le PDG à les rencontrer. En moins de 48 heures, le hashtag est relayé des centaines de fois.

L’opération, montée dans l’urgence, se révèle efficace : à chaque étape de leur épopée, de l’aéroport de Roissy au siège social de Starbucks, l’équipe de Michel et Augustin filme son voyage sous la forme d’une mini-série. Et des centaines de fans encouragent alors la marque américaine à recevoir les Frenchies.

Le succès est tel qu’il manque de tout faire rater. À peine son avion posé à Seattle, Charlotte C. reçoit un appel du service communication de Starbucks qui lui remonte les bretelles : la marque américaine n’a pas trop apprécié la demande publique de rencontre avec son PDG.


Avec de la chance mais surtout du culot, Charlotte C. a finalement rencontré Howard Schultz, le PDG de Starbucks, à Seattle, en juin 2014. © Michel et Augustin

Pourtant, après avoir trouvé porte close une première fois, les deux “trublions du goût” seront finalement reçus quelques heures plus tard, sur les conseils de l’épouse du patron, qui a vu passer le slogan #AllezHowardUnCafé sur Twitter. “Il a été convaincu par notre esprit entrepreneurial, et il a trouvé que notre culot était grandiose”, se félicite Charlotte. L’histoire ne dira pas si la pression publique liée à l’invitation sur Twitter a fait changer d’avis le service de com’ du géant américain.

Après deux phases test concluantes en juin et en octobre, la totalité des magasins Starbucks vend désormais les biscuits made in France. C’est le “succès de l’esprit innovant et entrepreneur des Français à la conquête du marché américain”, a souligné l’ambassadeur de l’Hexagone, Gérard Araud, lors de son discours le 14 décembre.

Selon l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), les États-Unis représentent aujourd’hui le 7ème client agroalimentaire de la France. Et les exportations françaises de produits d’épicerie vers les États-Unis ont progressé de 23 % entre 2014 et 2015.

Si le made in France attire les Américains, encore faut-il savoir le vendre. Pour Pauline Oudin, directrice USA de Sopexa, consultante dans les domaines export et distribution, la stratégie com’ de Michel et Augustin était bien adaptée au marché outre-Atlantique : “Nous sommes malheureusement connus comme produisant de très beaux produits, mais n’étant pas toujours très agréables ou capables de répondre à nos emails en moins de 48 heures, surtout au mois d’août. Et ça, ça inquiète les Américains qui veulent des partenaires très réactifs. Mais en démontrant publiquement sur les réseaux sociaux qu’ils étaient prêts à bouger, et à faire tout ce qu’il fallait pour se faire remarquer, les représentants de la marque Michel et Augustin ont joué à merveille la carte des entrepreneurs de startup que les Américains adorent.”

Certification casher

Comme dans toute exportation, il a fallu s’adapter au marché local. Michel et Augustin a ainsi dû obtenir la certification casher pour vendre ses biscuits chez Starbucks. “Cela consiste en la visite d’un rabbin sur nos sites de production”, explique Charlotte. Pour l’instant, seuls les biscuits chocolat noir et citron meringués sont vendus aux États-Unis. Mais certaines recettes, au caramel par exemple, doivent être retravaillées car certains ingrédients sont interdits outre-Atlantique.

Malgré ces petits ajustements, l’expérience est 100 % positive. “Les ventes sont très bonnes”, se félicite l’équipe à Washington sans livrer de chiffre précis. Avec leurs petits drapeaux bleu-blanc-rouge sur leurs tabliers, ils veulent “mettre en avant ce savoir faire pâtissier français à l’étranger”.

Pour Michel et Augustin, Starbucks, c’est une “énorme cerise sur le gateau” après un an de travail de fourmi. “Cela a doublé nos points de vente dans le monde, notre production a été multipliée par 14”, assure Charlotte. Et pour 2016, la marque vise déjà “un deuxième gros contrat américain avec un distributeur type Whole Foods, Target ou Walmart”.

Première publication : 20/01/2016

Deux mois après l’intensification des frappes de la France et des États-Unis contre l’EI, les ministres de la Défense des sept pays les plus engagés dans la lutte contre les jihadistes en Irak et en Syrie se réunissent mercredi, à Paris.

Les ministres de la Défense de sept pays de la coalition de lutte contre l’organisation État islamique (EI) se réunissent, mercredi 20 janvier, à Paris, pour discuter stratégie militaire et poser les jalons d’une éventuelle “accélération de tempo”. Cette rencontre, à laquelle participent les ministres australien, allemand, italien, britannique, néerlandais, américain et français, se tient deux mois après l’intensification des frappes de Paris et Washington contre l’EI, dans la foulée des attentats du 13 novembre en France.

>> À lire sur France 24 : “Les jihadistes de l’EI, grands gagnants des tensions entre Riyad et Téhéran”

L’intensification des frappes en question

La France et les États-Unis cherchent depuis plusieurs semaines à convaincre leurs partenaires d’intensifier leur offensive. “Nous allons voir comment accentuer notre effort en Irak et en Syrie”, déclarait la semaine dernière le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Concernant l’intensification des frappes, “il ne s’agit pas de bombarder tous azimuts mais de répondre à un impératif militaire qui est celui de la désorganisation du commandement et la privation des ressources économiques de Daech”, indique-t-on cependant à la Défense. “On verra s’il y a besoin de la mobilisation de moyens supplémentaires”, ajoute-t-on. “Ce n’est pas exclusivement en nombre d’avions mais aussi en nombre de formateurs pour accélérer la montée en puissances des forces locales qui reprennent du terrain à Daech”. Dans l’entourage du ministre, on précise également qu'”il ne s’agit pas seulement de faire le point, il s’agit de s’assurer d’un accord sur les paramètres de la campagne et le rythme”.

La formation : un enjeu majeur

L’envoi de formateurs supplémentaires est en effet un enjeu majeur. En Irak, “au fur et à mesure que des territoires sont reconquis” sur le groupe État islamique, “on aura besoin pas seulement de forces terrestres, mais aussi de forces de police” pour assurer la sécurité, et il va falloir les former, a expliqué mardi le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter.

Les formateurs américains, australiens et français présents sur place ont à ce jour déjà entrainé plus de 15 000 soldats irakiens à la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED), armes de prédilection de l’EI qui fait des ravages dans les rangs irakiens.

Les Américains ont également envoyé à l’automne en Irak une centaine d’hommes des forces spéciales. Cette unité “est en place” et “se prépare à travailler avec les Irakiens”, selon M. Carter. Quelques dizaines de soldats des forces spéciales sont aussi en Syrie pour faciliter les contacts avec les groupes armés locaux se battant contre l’EI. D’après le responsable américain, ces efforts commencent à porter leurs fruits.

Le point sur les frappes de la coalition

Les Américains ont intensifié à l’automne leurs efforts militaires contre l’EI, notamment leurs bombardements aériens. Selon les données de l’armée américaine, 9 627 raids avaient été menés au 13 janvier contre l’EI, dont 6 393 en Irak et 3 234 en Syrie. Les pertes humaines ont été conséquentes. “En décembre, environ 2 500 combattants ennemis ont été tués par les frappes de la coalition en Irak et en Syrie”, détaillait début janvier, Steve Warren, porte-parole du Pentagone.

Le porte-parole a ajouté que depuis le début des frappes en août 2014, l’EI a perdu jusqu’à 22 000 km2, soit 40 %, des territoires qu’il avait pris en Irak, et environ 2 000 km2, soit 10 %, en Syrie. “Nous estimons que l’EI est à présent en position défensive”, a repris le porte-parole. “Ils ont atteint le point culminant de leurs opérations offensives aux alentours du mois de mai dernier, mais depuis ils n’ont fait que perdre du terrain”, a ajouté Steve Warren.

Les frappes ont également affaibli financièrement l’EI. La coalition internationale s’en est prise aux infrastructures pétrolières utilisées par le groupe extrémiste pour se financer. Selon Steve Warren, la production pétrolière des jihadistes a été réduite de près de 30 %. Mardi encore, la coalition a pilonné Mossoul, le fief de l’EI en Irak. Plusieurs bâtiments ont été détruits dont la “banque” de l’EI. La veille, la coalition a bombardé à 21 reprises la région de Ramadi, où l’organisation possède d’importantes ressources pétrolières. Des réservoirs ont été détruits, ainsi qu’un stock d’armes.

>> À lire sur France 24 : “Le pouvoir irakien doit faire de Ramadi ‘le symbole de l’après-Daech'”

Avec AFP et Reuters

Première publication : 20/01/2016

Deux mois après l’intensification des frappes de la France et des États-Unis contre l’EI, les ministres de la Défense des sept pays les plus engagés dans la lutte contre les jihadistes en Irak et en Syrie se réunissent mercredi, à Paris.

Les ministres de la Défense de sept pays de la coalition de lutte contre l’organisation État islamique (EI) se réunissent, mercredi 20 janvier, à Paris, pour discuter stratégie militaire et poser les jalons d’une éventuelle “accélération de tempo”. Cette rencontre, à laquelle participent les ministres australien, allemand, italien, britannique, néerlandais, américain et français, se tient deux mois après l’intensification des frappes de Paris et Washington contre l’EI, dans la foulée des attentats du 13 novembre en France.

>> À lire sur France 24 : “Les jihadistes de l’EI, grands gagnants des tensions entre Riyad et Téhéran”

L’intensification des frappes en question

La France et les États-Unis cherchent depuis plusieurs semaines à convaincre leurs partenaires d’intensifier leur offensive. “Nous allons voir comment accentuer notre effort en Irak et en Syrie”, déclarait la semaine dernière le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Concernant l’intensification des frappes, “il ne s’agit pas de bombarder tous azimuts mais de répondre à un impératif militaire qui est celui de la désorganisation du commandement et la privation des ressources économiques de Daech”, indique-t-on cependant à la Défense. “On verra s’il y a besoin de la mobilisation de moyens supplémentaires”, ajoute-t-on. “Ce n’est pas exclusivement en nombre d’avions mais aussi en nombre de formateurs pour accélérer la montée en puissances des forces locales qui reprennent du terrain à Daech”. Dans l’entourage du ministre, on précise également qu'”il ne s’agit pas seulement de faire le point, il s’agit de s’assurer d’un accord sur les paramètres de la campagne et le rythme”.

La formation : un enjeu majeur

L’envoi de formateurs supplémentaires est en effet un enjeu majeur. En Irak, “au fur et à mesure que des territoires sont reconquis” sur le groupe État islamique, “on aura besoin pas seulement de forces terrestres, mais aussi de forces de police” pour assurer la sécurité, et il va falloir les former, a expliqué mardi le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter.

Les formateurs américains, australiens et français présents sur place ont à ce jour déjà entrainé plus de 15 000 soldats irakiens à la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED), armes de prédilection de l’EI qui fait des ravages dans les rangs irakiens.

Les Américains ont également envoyé à l’automne en Irak une centaine d’hommes des forces spéciales. Cette unité “est en place” et “se prépare à travailler avec les Irakiens”, selon M. Carter. Quelques dizaines de soldats des forces spéciales sont aussi en Syrie pour faciliter les contacts avec les groupes armés locaux se battant contre l’EI. D’après le responsable américain, ces efforts commencent à porter leurs fruits.

Le point sur les frappes de la coalition

Les Américains ont intensifié à l’automne leurs efforts militaires contre l’EI, notamment leurs bombardements aériens. Selon les données de l’armée américaine, 9 627 raids avaient été menés au 13 janvier contre l’EI, dont 6 393 en Irak et 3 234 en Syrie. Les pertes humaines ont été conséquentes. “En décembre, environ 2 500 combattants ennemis ont été tués par les frappes de la coalition en Irak et en Syrie”, détaillait début janvier, Steve Warren, porte-parole du Pentagone.

Le porte-parole a ajouté que depuis le début des frappes en août 2014, l’EI a perdu jusqu’à 22 000 km2, soit 40 %, des territoires qu’il avait pris en Irak, et environ 2 000 km2, soit 10 %, en Syrie. “Nous estimons que l’EI est à présent en position défensive”, a repris le porte-parole. “Ils ont atteint le point culminant de leurs opérations offensives aux alentours du mois de mai dernier, mais depuis ils n’ont fait que perdre du terrain”, a ajouté Steve Warren.

Les frappes ont également affaibli financièrement l’EI. La coalition internationale s’en est prise aux infrastructures pétrolières utilisées par le groupe extrémiste pour se financer. Selon Steve Warren, la production pétrolière des jihadistes a été réduite de près de 30 %. Mardi encore, la coalition a pilonné Mossoul, le fief de l’EI en Irak. Plusieurs bâtiments ont été détruits dont la “banque” de l’EI. La veille, la coalition a bombardé à 21 reprises la région de Ramadi, où l’organisation possède d’importantes ressources pétrolières. Des réservoirs ont été détruits, ainsi qu’un stock d’armes.

>> À lire sur France 24 : “Le pouvoir irakien doit faire de Ramadi ‘le symbole de l’après-Daech'”

Avec AFP et Reuters

Première publication : 20/01/2016