Archive for January 20th, 2016

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Libéré des sanctions, Téhéran a augmenté sa production de pétrole, entraînant une chute des prix historique. Le retour de l’Iran sur le marché de l’or noir est-il une menace pour les pays producteurs ? Analyse.

Avec la levée des sanctions à son encontre, l’Iran a annoncé une augmentation significative de sa production de pétrole. Une décision qui a provoqué une chute importante des prix du brut et suscite l’inquiétude des pays producteurs. Quelles conséquences pour ces derniers ? Pierre Terzian, directeur de Pétrostratégies et Thomas Porcher, économiste spécialiste des questions énergétiques à la Paris school of business, analysent la situation.

France 24 : Quelles seront les conséquences du retour de l’Iran sur le marché du pétrole pour les grands pays producteurs ?

Thomas Porcher :
Tous les pays pétroliers vont subir de plein fouet la baisse des prix sur un marché déjà excédentaire et en surproduction. Mais le degré de difficulté ne sera pas le même pour tous. Ainsi, les pays du Golfe pourront piocher dans les fonds souverains dont ils disposent. Contrairement à des pays comme la Russie, dont le budget dépend à 80 % des exportations d’hydrocarbures, et pour qui cela risque d’être très difficile. Dans ces pays, c’est donc l’ensemble de l’économie qui sera touché par la baisse des prix. Ils vont devoir faire des coupes dans les dépenses publiques et s’imposer une austérité très forte. Ils pourront également jouer avec l’arme monétaire pour contre-balancer les pertes.

Pierre Terzian : Les pays producteurs de pétrole ont été pour ainsi dire pris de court. En effet, beaucoup pensaient que l’accord américano-iranien serait retardé et ne s’attendaient pas à sa signature avant le printemps 2016.

France 24 : L’Iran n’effectue pas une entrée sur le marché, mais un retour. Pourquoi sa présence pose-t-elle problème aujourd’hui et non avant les sanctions ?

Thomas Porcher :
Le marché pétrolier était différent. Il y avait notamment une demande très forte des pays émergents, comme la Chine. Or, aujourd’hui, ces pays connaissent une croissance beaucoup moins forte, et donc une baisse de leur demande en pétrole. Le marché est aujourd’hui en surcapacité.

France 24 : La baisse historique du prix du pétrole est-elle inquiétante ?

Thomas Porcher :
Elle est très inquiétante sur le long terme et on risque de voir de très fortes tensions entre les membres de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) dans les jours qui viennent. Les prix sont tellement bas que les conséquences évoquées plus haut peuvent provoquer des tensions sociales au sein des pays producteurs. Sans compter les licenciements qui ont déjà commencé dans certaines industries, comme BP.

Pierre Terzian : Bien sûr qu’il y aura des conséquences néfastes. Des pays comme le Japon ont déjà commencé à protester. Cette chute des prix risque de ralentir leurs efforts de transition énergétique. La baisse des prix va également pousser les pays pétroliers à réduire leurs dépenses et donc leurs importations, or le Japon comme d’autres comptent sur les produits qu’ils exportent.

France 24 : À qui l’Iran sera le plus susceptible de vendre son pétrole ?

Pierre Terzian :
Pour des raisons techniques, il est probable qu’il vende à des pays habitués à raffiner du pétrole iranien, la Chine et le Japon, l’Afrique du sud, la Grèce ou l’Italie.

Première publication : 21/01/2016

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Le département américain de la Défense a été accusé, mercredi, d’avoir dépensé 800 millions de dollars d’argent public en Afghanistan à tort et à travers. Une aide à la reconstruction qui nuirait à la crédibilité des États-Unis.

De l’argent jeté par la fenêtre , et pas qu’un peu. Le Pentagone a été accusé, mercredi 20 janvier, d’avoir dépensé plus de 800 millions de dollars en effort de reconstruction en Afghanistan pour rien, ou presque. Pire, John Sopko, l’Inspecteur général spécial qui s’est penché sur cette question, a dénoncé devant le Sénat d’importantes “erreurs de jugement” qui ont coûté très cher aux contribuables américains et aux Afghans.

Le courroux de ce haut fonctionnaire est dirigé contre la “force opérationnelle” du département américain de la Défense chargé du soutien économique à l’Afghanistan (TFBSO). Cette division du Pentagone a été dissoute en mars 2015 après près de neuf ans de services d’une qualité aujourd’hui très controversée.

Ont-ils mangé les moutons italiens ?

Plusieurs chantiers de la TFBSO illustrent l’incompréhension des besoins locaux et des “graves problèmes de gestion”, d’après John Sopko. Il en va ainsi de la construction à Sheberghan (nord du pays) d’une station-service délivrant du gaz naturel. Ce projet de 43 millions de dollars d’après l’inspecteur général (seulement 5 millions de dollars d’après le Pentagone) n’avait aucune chance d’aboutir : le salaire annuel moyen d’un Afghan est inférieur au coût nécessaire pour transformer une voiture à essence en véhicule roulant au gaz naturel. Personne, ou presque, ne vient donc faire le plein dans cette station flambant neuve.

Le Pentagone a aussi dépensé plus de 6 millions de dollars pour importer d’Italie neuf moutons blonds et construire une ferme afin de favoriser l’industrie du cachemire en Afghanistan. Mais, il semblerait que l’armée américaine se soit désintéressée du projet une fois le chèque signé. Personne ne sait ce qu’est devenue cette ferme ou si “les moutons en question n’ont pas été mangés”, regrette John Sopko.

La “force opérationnelle” économique américaine voulait également établir une Silicon Valley dans la ville d’Hérat (ouest). Le Pentagone a englouti 46,8 millions de dollars dans un projet d’incubateur de start-up qui n’a jamais incubé quoi que ce soit et a été abandonné, souligne l’inspecteur général américain.

Il dresse, en fait, une liste d’une trentaine de projets soutenus par les militaires américains dont aucun ne trouve grâce à ses yeux. Le Pentagone conteste les conclusions de John Sokpo et l’accuse d’avoir surévalué le coût de certains projets pour que l’impact médiatique soit plus important. Les rapports entre l’inspecteur général et le personnel de la TFBSO ont souvent été décrits par la presse américaine comme très mauvais et non dénués d’arrière-pensées politiques.

“Une grave perte pour les Afghans”

Mais John Sokpo n’est pas le seul à remettre en cause la manière dont le Pentagone a dépensé les deniers publics à l’étranger. Déjà en 2006, cette “force opérationnelle”, alors chargée d’aider à la reconstruction de l’Irak, était accusée de payer sans reflechir pour des projets qui n’ont rien apporté aux Irakiens. Depuis son arrivée en Afghanistan en 2009, cette division du Pentagone “dépense d’abord avant de vraiment reflechir à l’opportunité de le faire”, regrette Stephen Carter, responsable des campagnes Afghanistan pour l’ONG Global Witness.

Pour cet activiste, les errements du bras économique du Pentagone illustrent les défauts de l’aide à la reconstruction de Washington en Afghanistan (environ 110 milliards de dollars dépensés au fil des ans). “Les États-Unis se trompent de priorité et devraient faire davantage pour les infrastructures et la bonne gouvernance en Afghanistan”, estime cet expert.

Les différents projets mis en place pourraient être intéressants, regrette Stephen Carter, mais n’auraient aucune chance de réussir à cause du mauvais état des routes ou des réseaux électriques et des dysfonctionnements des autorités locales.

Si le Sénat américain a, en écho aux critiques de John Sopko, dénoncé un gâchis de l’argent public, Stephen Carter juge que c’est surtout “une grave perte pour les Afghans”. “Ces mauvais investissements sont autant d’opportunités ratées qui ne se représenteront pas et vont manquer à l’économie afghane”, assure-t-il.

Cette tendance à dépenser d’abord, réflechir ensuite crée aussi un climat propice à la corruption. Global Witness n’a pas constaté de cas de corruption liés aux projets du Pentagone en Afghanistan, mais Stephen Carter souligne que des mannes d’argent qui tombent du ciel risquent souvent d’attirer des profiteurs sans scrupules.

L’aide à la reconstruction de la TFBSO n’a donc pas seulement été inutile. “Les Afghans constatent les échecs ce qui nuit à la crédibilité des États-Unis dans le pays”, résume Stephen Carter. Le risque, finalement, est que la population se détourne de tout ce que représente les États-Unis et leur soutien et fasse le jeu du camp adverse… c’est-à-dire les Taliban.

Première publication : 21/01/2016

L’état d’urgence pourrait être prolongé au-delà du 26 février. Alors qu’une majorité de Français soutiennent cette mesure, beaucoup de défenseurs des droits de l’Homme craignent son impact sur les libertés individuelles.

La prolongation de l’état d’urgence en France au-delà de la fin du mois de février est “tout à fait probable”, a expliqué François Hollande aux présidents des deux assemblées lors d’une rencontre mercredi 20 janvier.

Votée à la quasi-unanimité par le Parlement au lendemain des attentats du 13 novembre, la première prolongation de l’état d’urgence pour trois mois, au-delà des 12 jours initiaux, devait normalement expirer le 26 février. Cet état d’urgence, qui renforce notamment les pouvoirs de la police et permet les assignations à résidence, les perquisitions administratives de jour comme de nuit ou l’interdiction de rassemblements, suscite un vif débat. Entre préservation des libertés et impératifs sécuritaires, l’équilibre est difficile à préserver et la question divise aussi bien la classe politique que la classe intellectuelle.

“On doit la sécurité au Français”

Au sein de la population, les Français disent soutenir cette mesure. Selon un récent sondage Yougov pour iTélé et le Huffington Post publié mercredi 13 janvier, près de sept Français sur dix (69 %) se déclarent favorables à la prolongation de l’état d’urgence au-delà du 26 février. Deux mois après les attentats de Paris et de Saint-Denis, les autorités s’appuient donc sur l’opinion publique. Pour le Premier ministre Manuel Valls, l’état d’urgence doit ainsi continuer car un “pays a aussi besoin de se sentir rassuré”.

L’Élysée estime également que la prolongation s’impose car le risque de nouvelles attaques est important. Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a ainsi évoqué “une menace terroriste toujours à un niveau exceptionnellement élevé”. Interrogé à ce sujet, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis s’est lui aussi montré ouvert à une prolongation, s’appuyant sur ces mêmes arguments. “On doit la sécurité aux Français. Imaginez qu’il y ait un attentat dans quinze jours et qu’on ait levé l’état d’urgence. Qu’est ce qu’on nous dirait ?”, a-t-il déclaré sur l’antenne de BFM TV.

Le gouvernement met aussi en avant les avancées obtenues ces dernières semaines sur le terrain de l’antiterrorisme. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a expliqué dans une interview au journal La Croix que l’état d’urgence avait ainsi permis de procéder “en deux mois à plus de 3 000 perquisitions […] qui ont permis la saisie de 500 armes, dont 50 armes de guerre”. Cette mesure a en outre entraîné “400 interpellations qui ont débouché sur 52 incarcérations”. Se félicitant de ces résultats, le ministre estime qu’il ne faut “pas se priver des outils utiles” et qu’il faut donc “ajuster le dispositif en continu pour être efficaces”.

Enfin, selon l’exécutif, il est nécessaire de prolonger l’état d’urgence en attendant les réformes du code de procédure pénale. Avec le nouveau code, le gouvernement entend “renforcer de façon pérenne les outils et moyens mis à la disposition des autorités administratives et judiciaires, en dehors du cadre temporaire de l’état d’urgence”, instauré après les attentats parisiens. Il est pour l’instant “soumis à l’examen du Conseil d’État, avant son adoption en conseil des ministres, début février, et sa présentation au Parlement”, selon Matignon. Son contenu fait tout autant débat. Le pouvoir en place est en effet accusé de vouloir graver l’état d’urgence dans le marbre de la constitution.

Des résultats bien maigres

Les réticences contre cette mesure s’expriment surtout dans les rangs des écologistes et de l’extrême gauche, qui jugent ce régime liberticide. Les opposants à l’état d’urgence critiquent tout d’abord ses faibles résultats, contrairement à ce que laissent entendre les autorités. Sur le site Atlantico, le criminologue Xavier Raufer, directeur des études au département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l’Université Paris II parle même “d’esbroufe”. Pour lui, la menace a eu “une forte efficacité symbolique et pédagogique, pendant à peu près une semaine. Après, les bandits et/ou les terroristes ont compris et les perquisitions ne donnent plus grand-chose. Surtout quand, comme cela a été le cas, la police cible des bandits, braqueurs, gros trafiquants de drogue etc. Les résultats de l’état d’urgence en matière proprement antiterroriste ont été maigres”, a-t-il résumé.

Un avis partagé par Pierre Tartakoswky, le président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) qui a directement saisi le Conseil d’État pour suspendre cette mesure. “La police a profité d’une aubaine pour régler ses comptes, mettre hors d’état de nuire un ou deux délinquants… mais ça n’a rien à voir avec une lutte efficace avec le terrorisme”, a-t-il déclaré sur Europe 1. Plusieurs dérives lors des perquisitions ont aussi été relayées dans les médias. “Des personnes ont été perquisitionnées alors que c’était la porte du voisin. Des fillettes ont été blessées. On se rappelle de l’affaire Pepper Grill où une porte ouverte a été enfoncée au bélier”, a ainsi dénoncé sur l’antenne de France Inter, un autre membre de la LDH, l’avocat Patrice Spinosi.

>> À lire sur France 24 : Un “dispositif de contrôle” parlementaire pour surveiller l’état d’urgence

Des restrictions excessives

Sur le plan international, ces craintes sont également celles d’experts de l’ONU en droits de l’Homme. Cinq d’entre eux ont directement demandé à la France de ne pas prolonger l’état d’urgence, estimant qu’il imposait des “restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales”. Pour garantir l’état de droit et prévenir des procédures arbitraires, les experts recommandent l’exercice d’un contrôle judiciaire préalable sur les mesures antiterroristes. Or la loi sur l’état d’urgence, qui élargit temporairement les pouvoirs de l’exécutif notamment dans la lutte contre le terrorisme, “ne permet un contrôle judiciaire qu’a posteriori”, déplorent-ils.

Ces rapporteurs de l’ONU trouvent par ailleurs “particulièrement alarmant que des militants écologistes aient pu être assignés à résidence dans le cadre de l’état d’urgence invoqué à la suite des attentats de novembre”. De nombreuses personnes concernées par cette mesure ont ainsi déposé des recours pour dénoncer cette violation de leur liberté, estimant qu’ils ne portaient pas atteinte à la sécurité de l’État. Une vingtaine de dossier ont été examinés par le Conseil d’Etat. Six mesures d’assignations ont par la suite été annulées totalement ou partiellement. Saisi par la LDH à ce sujet, le Conseil constitutionnel avait cependant jugé le 22 décembre dernier que les assignations à résidence dans le cadre de l’état d’urgence étaient conformes au texte fondamental de la République.

>> À lire sur France 24 : Vingt-quatre militants écologistes assignés à résidence à la veille de la COP21

Avant une nouvelle et éventuelle prolongation de l’état d’urgence, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a promis que “tout sera évalué”. Une décision devrait être prise dans les prochains jours, selon l’Élysée. Celle-ci sera en tout cas le choix du chef de l’État qui selon un proche, a surtout en tête “l’obsession” du risque d’un autre attentat.

Première publication : 21/01/2016

Deux individus liés aux attentats de Paris et de Saint-Denis, ont été interpellés mercredi à Molenbeek, un quartier de la capitale bruxelloise. Aucune arme ni explosifs n’ont été retrouvés lors des perquisitions de leur domicile.

Deux suspects en lien avec les attentats du 13 novembre dernier à Paris et Saint-Denis ont été arrêtés mercredi 20 janvier dans la commune bruxelloise de Molenbeek, ont annoncé ce jeudi les procureurs belges.

Les deux hommes – un Belge identifié comme étant Zakaria J., né en 1986, et le Marocain Mustafa E., né en 1981 – ont été appréhendés mercredi lors de perquisitions dans deux maisons de ce quartier de la capitale belge.

“Ces deux personnes ont été interpellées en raison de leurs liens présumés avec différentes personnes citées dans le dossier”, a indiqué le parquet fédéral en précisant que le juge d’instruction devait décider dans le courant de la journée de leur éventuel placement en détention préventive.

>> À lire sur France 24 : Qui est Chakib Akrouh, le troisième homme du “commando des terrasses” ?

“Ni arme ni explosif n’ont été retrouvés” au cours de ces perquisitions, précise le parquet fédéral.

Depuis les attaques commises le 13 novembre, les autorités belges ont interpellé 12 personnes pour leur implication présumée dans ces opérations qui auraient été préparées à partir de la Belgique.

La semaine passée, les enquêteurs ont indiqué que certains des terroristes impliqués dans les attentats parisiens ont utilisé deux appartements et une maison en Belgique dans les semaines qui ont précédé leur passage à l’action.

Les enquêteurs ont également découvert dans le quartier de Schaerbeek des traces d’explosifs qui laissent penser que l’endroit a pu servir de lieu de fabrication de bombes.

Avec Reuters

Première publication : 21/01/2016

François Hollande a jugé mercredi “tout à fait probable” la prolongation de l’état d’urgence, mis en place après les attentats du 13 novembre et qui doit normalement expirer le 26 février. L’Élysée pendra une décision “dans les prochains jours”.

Bis repetita ? La prolongation de l’état d’urgence, mis en place après les attentats du 13 novembre, est “tout à fait probable” pour le président François Hollande, cité par le président de l’Assemblée Claude Bartolone. L’exécutif prendra sa décision “dans les prochains jours” concernant cette question épineuse, approuvée par les Français mais contestée par les défenseurs de droits de l’Homme.

Votée à l’unanimité à l’Assemblée, la première prolongation de l’état d’urgence pour trois mois, au-delà des 12 jours initiaux, devait normalement expirer le 26 février. Lors de ce premier débat, la droite avait plaidé pour une durée plus longue, six mois, alors que certains écologistes l’auraient souhaitée limitée à deux mois.

>> À lire sur France 24 : Un “dispositif de contrôle” parlementaire pour surveiller l’état d’urgence

“Tout sera évalué” par l’exécutif avant une nouvelle et éventuelle prolongation, a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, évoquant “une menace terroriste toujours à un niveau exceptionnellement élevé”. Selon un proche du chef de l’État, François Hollande a “l’obsession” du risque d’un autre attentat.

Une question qui divise

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, s’est montré ouvert à une telle prolongation. “On doit la sécurité aux Français. Imaginez qu’il y ait un attentat dans 15 jours et qu’on ait levé l’état d’urgence ! Qu’est-ce qu’on nous dirait ?”, a -t-il lancé mercredi sur BFM TV. “Si le gouvernement le décide, c’est qu’il a des éléments pour le décider”, a-t-il ajouté.

À droite, Valérie Pécresse, présidente Les Républicains en Ile-de-France, a jugé mercredi cette prolongation “souhaitable, en tous cas le temps qu’on stabilise les réponses durables que nous allons donner à la menace terroriste”.

>> À voir sur France 24 : Des voix s’élèvent pour critiquer l’état d’urgence

Estimant que l’état d’urgence n’était plus justifié et portait “une atteinte grave et manifeste aux libertés publiques”, la Ligue des droits de l’Homme a en revanche saisi le Conseil d’État pour tenter d’y mettre fin. Cinq rapporteurs de l’ONU chargés des droits de l’Homme ont par ailleurs recommandé mardi à la France de ne pas prolonger l’état d’urgence, estimant qu’il imposait des “restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales”.

En attendant la réforme pénale

L’état d’urgence renforce les pouvoirs de la police, permet les assignations à résidence, les perquisitions administratives de jour comme de nuit ou l’interdiction de rassemblements. Pour certains, la prolongation s’impose, le temps qu’entre en vigueur la réforme pénale voulue par l’exécutif pour renforcer les pouvoirs d’enquête de la justice en matière de terrorisme, un texte qui devrait être présenté fin janvier en Conseil des ministres.

Ce texte doit notamment autoriser, tout comme l’état d’urgence, les perquisitions de nuit dans les affaires terroristes. Mais une source proche de l’exécutif l’assure : la décision sera prise “en fonction de l’évaluation de la menace terroriste et non en fonction de l’adoption de la future loi de réforme pénale”.

Avec AFP

Première publication : 21/01/2016