Archive for January 26th, 2016

En pleine manifestation de l’Union des taxis contre les véhicules de transport avec chauffeurs, la société Uber a été condamnée, mercredi, à verser 1,2 million d’euros au syndicat, suite à une “ambiguïté” concernant l’interdiction de maraudage.

La société Uber France a été condamnée, mercredi 27 janvier, à verser 1,2 million d’euros à l’Union nationale des taxis (UNT) au titre d’une liquidation d’astreinte, selon un jugement du tribunal de grande instance de Paris obtenu par l’AFP.

L’UNT reprochait à Uber son “ambigüité” quant à la possibilité de stationner sur la voie publique en attente d’un client sans réservation préalable (“maraudage”). En clair, Uber France était accusée de ne pas avoir clairement notifié à ses chauffeurs leur interdiction de stationner dans la rue entre deux courses lorsqu’ils n’ont pas de réservation. Le “maraudage” est une prérogative des taxis, mais il est interdit aux VTC, un principe confirmé par le Conseil constitutionnel en mai 2015.

La décision du tribunal “fait suite à une affaire portée par un syndicat de taxis et concerne l’information des chauffeurs de l’obligation de ‘retour au garage’ imposée aux véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) par la loi Thévenoud depuis octobre 2014”, a expliqué un porte-parole de la compagnie. “Lorsqu’ils ne sont pas en course, les VTC doivent se diriger vers leur garage ou un parking situé hors de la voie publique”.

Cette décision du juge est publiée en pleine mobilisation des taxis contre les “dérives” du secteur des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) dont Uber est l’un des principaux acteurs.

Uber France est en train d’examiner la décision du tribunal de grande instance de Paris, “et les suites que nous lui donnerons”, a déclaré le porte-parole de la société.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/01/2016

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a annoncé, mercredi 27 janvier, sa démission du gouvernement. Très active sur les réseaux sociaux, l’ex-garde des Sceaux est devenue, grâce à son verbe, une personnalité très suivie sur le Web.

Christiane Taubira a finalement démissionné de son poste de ministre de la Justice, actant un “désaccord politique majeur”.

Je quitte le Gouvernement sur un désaccord politique majeur. Je suis fidèle à nous.

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 27 Janvier 2016

Une annonce faite mercredi 27 janvier, le même jour que l’ouverture, à la commission des lois de l’Assemblée nationale, des débats sur le projet de réforme constitutionnelle. L’ex-ministre de la Justice avait, à de nombreuses reprises, exprimé son désaccord vis-à-vis du gouvernement sur ce projet, notamment sur la question de la déchéance de nationalité pour les terroristes.

Elle n’avait pourtant jamais fait sienne la maxime d’un autre ministre, Jean-Pierre Chevènement, qui estimait qu’au gouvernement, en cas de désaccord sur la ligne il fallait “fermer sa gueule ou démissionner”. Bien au contraire, Christiane Taubira a, durant près de 4 ans, su imposer une exceptionnelle liberté de ton, à l’Assemblée nationale, dans les médias ou sur les réseaux sociaux, ce qui lui a permis de bâtir une réelle popularité.

L’une de ses marques de fabrique est la citation de grands auteurs, comme l’atteste encore aujourd’hui cette référence à Aimé Cesaire :

“Nous ne livrerons pas le monde aux assassins d’aubes” (Aimé Césaire).

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 27 Janvier 2016

Les débats pour tous

L’ancienne garde des Sceaux est suivie par plus de 304 000 personnes sur Twitter. Cela n’a pas toujours été le cas. Christiane Taubira a notamment bénéficié d’une visibilité exceptionnelle à l’occasion des débats autour du mariage pour tous.

Promesse de François Hollande, le projet de loi porté par le gouvernement est au cœur de l’actualité, de mai 2012 jusqu’à sa promulgation en juin 2013. Les débats au sein de l’Hémicycle, retransmis à la télévision puis sur Internet, hissent Christiane Taubira au rang d’icône emblématique de la future loi.

Sa verve et son éloquence alimentent les discussions autour d’un débat public d’une ampleur hors du commun. Plusieurs fois critiquée par des députés de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale, les réponses passionnées – et improvisées – de Christiane Taubira deviennent virales sur la Toile. Sans compter les standing ovations qu’elles provoquent chez les élus.

Avec la défense de ce projet de loi, emblématique du retour de la gauche au pouvoir, Christiane Taubira devient presque une égérie pour les partisans du mariage homosexuel. Soutenue par de nombreuses associations, sa popularité grimpe rapidement sur le Net. Bientôt fleurissent de nombreuses vidéos compilant ses meilleurs moments d’oratrice au sein de l’assemblée, qui rapprochent plus la ministre de la star adulée que la distante politicienne.

Poétesse militante

Les envolées lyriques de l’ex-ministre de la Justice ne se cantonnent pas aux murs de l’Assemblée nationale. Sur Twitter, Christiane Taubira commente régulièrement l’actualité française et internationale, citant Aimé Césaire ou Léon Gontran-Damas.

Belle année à vous tous qui savez comme Césaire que “tout l’espoir n’est pas de trop pour regarder le siècle en face” http://t.co/4iOjjmna

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 31 Décembre 2012

La ministre fait preuve d’une plume affutée et poétique, qu’elle met au service de ses convictions politiques. Évoquant la mort du petit Aylan, le sort des réfugiés ou la mort de plusieurs Afro-Américains par des policiers aux États-Unis, elle prend position et se fait militante, mais toujours avec une plume enlevée et lyrique.

Son prénom avait des ailes, son petit cœur a dû battre si fort que les étoiles de mer l’ont emporté sur les rivages de nos consciences
ChT

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 3 Septembre 2015

Christiane Taubira a ainsi marqué les esprits, dans le domaine du droit français et de la politique intérieure comme dans les discussions et débats numériques. Si sa carrière de garde des Sceaux a pris fin offciellement le 25 janvier 2016, les internautes ne peuvent qu’espérer que la voix, elle, restera bien active.

Fière. La Justice a gagné en solidité et en vitalité. Comme celles et ceux qui s’y dévouent chaque jour, je la rêve invaincue.
ChT

— Christiane Taubira (@ChTaubira) 27 Janvier 2016

Première publication : 27/01/2016

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Après une légère embellie en novembre, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité est reparti à la hausse en décembre 2015, avec une augmentation de 0,4 % pour s’établir à 3,59 millions de chômeurs en métropole.

L’année 2015 s’est achevée comme elle avait commencé : avec une hausse du chômage. Après un léger recul en novembre, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a augmenté de 15 800 personnes (+0,4%) en décembre, concluant l’année 2015 sur un record de 3,59 millions de chômeurs en métropole, a annoncé, mercredi 27 janvier, le ministère du Travail.

Le ministère impute notamment cette nouvelle hausse aux attentats du 13 novembre et à leurs conséquences sur l’économie française. “Ce résultat du mois de décembre traduit notamment les effets de la baisse d’activité enregistrée par plusieurs secteurs dans le contexte que nous avons connu en novembre et décembre”, indique-t-il dans un communiqué.

Sur l’ensemble de l’année 2015, Pôle emploi a accueilli 89 900 chômeurs supplémentaires (+2,6 %), soit la plus faible hausse depuis 2010. “Malgré une augmentation du nombre d’inscrits en catégorie A, l’année 2015 marque une inflexion réelle : 46 000 créations nettes d’emplois auront été enregistrées après plusieurs années de destruction”, souligne le ministère du Travail.

Il ajoute que les actions du gouvernement en faveur des jeunes ont donné “des résultats probants” : “Le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans a diminué de 4,0 % sur l’année. Il s’agit de la première année de baisse sensible du chômage des jeunes depuis 2010.”

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/01/2016

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Pôle emploi s’est associé avec un jeune entrepreneur français de 23 ans. Décrit comme un génie du “big data”, il est, en outre, fondateur d’une ONG pour “changer le monde” à coups d’algorithme.

Un algorithme pour réduire le taux chômage en France et réussir là où François Hollande a jusqu’à présent échoué. Pôle emploi a décidé de vérifier si celui mis au point par le jeune entrepreneur français Paul Duan peut contribuer à réduire le nombre de personnes sans emploi, a annoncé l’organisme public mardi 26 janvier dans un communiqué.

Ce nouveau partenariat permet à Paul Duan d’avoir accès à l’immense base de données anonymisée des demandeurs d’emploi et des offres de recruteurs. Il appliquera alors son algorithme afin de créer une application “gratuite et facile d’accès“ qui promet d’améliorer les chances de retrouver un emploi. Censée être disponible avant la fin de l’année, cette nouvelle solution permettra de faire un “diagnostic à distance” du profil d’un candidat afin de lui proposer les “services adaptés” (offres d’emploi ou de formation), d’après Pôle emploi.

“Super héros de la data” ou “bon gars du big data”

L’organisme public ne se jette pas ainsi dans le grand bain du “big data” (exploitation d’un grand volume de données) avec n’importe qui. Paul Duan a beau n’avoir que 23 ans, il a déjà fondé sa start-up-ONG – Bayes Impact -, a rencontré le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, et n’a pas peur d’affirmer qu’il se sent capable de faire “économiser des milliards d’euros en frais opérationnel [à Pôle emploi] et réduire le taux de chômage en France” avec ses algorithmes.

Son parcours de jeune né à Trappes (banlieue parisienne) et qui réussit à se faire une place dans la Silicon Valley, la Mecque du high-tech, lui a valu dans les médias français des surnoms aussi divers que flatteurs. Paul Duan est le “super héros de la data science” (TechMeUp), le “bon gars du big data” (NouvelObs) ou encore le “génie français des algorithmes” (HuffingtonPost). Il est aussi reconnu par ses pairs puisqu’il a fait partie, en octobre 2015, des six finalistes d’un concours d’entrepreneurs de moins de 30 ans “qui veulent changer le monde” organisé par le magazine Forbes.

Mais le jeune homme n’a pas le profil type du fondateur de start-up qui cherche à faire fortune grâce aux nouvelles technologies. Il commence, certes, par travailler pour des grands noms de la Silicon Valley, comme Eventbrite, où on peut très bien et très vite gagner sa vie. Mais après deux ans, il change de cap et fonde Bayes Impact, une organisation à but non-lucratif, qu’il qualifie d’”OMS (Organisation mondiale de la Santé) de la technologie”. Bay Impact a d’ailleurs mis au point un système pour optimiser les parcours des ambulances et un algorithme qui calcule le risque de réadmissions des patients hospitalisés en fonction de leurs dossiers médicaux. L’ONG travaille même avec le gouvernement américain pour aider les vétérans à retrouver du travail.

Des ambulances aux vétérans américains

Pourquoi ce revirement ? Difficile à dire. Il serait lié à son passé de jeune banlieusard et à ses parents qui ont fui la Chine après avoir participé aux manifestations de Tienanmen, d’après le Huffington Post. Mais le “Nouvel Observateur” souligne que si Paul Duan est né dans un quartier réputé difficile, il a fait la majeure partie de sa scolarité au lycée franco-allemand de Buc (Yvelines), un établissement de très bonne réputation qui a également été fréquenté par l’actuelle ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Le jeune entrepreneur admet au Nouvel Observateur qu’il y a une part de “mythe” dans la manière dont sa vie a pu être dépeinte par les médias, tout en soulignant qu’il n’est pas nécessaire d’être “Malala Yousafzai [militante pakistanaise et prix Nobel de la Paix, NDLR] pour vouloir changer le monde”.

Première publication : 27/01/2016

Le juge des référés du Conseil d’État a refusé, mercredi 27 janvier, de suspendre l’état d’urgence, comme le lui demandait la Ligue des droits de l’Homme. Il estime que “le péril imminent justifiant l’état d’urgence n’a pas disparu” en France.

Le Conseil d’État a annoncé, mercredi 27 janvier, qu’il refusait de suspendre l’état d’urgence, instauré après les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, comme le lui demandait la Ligue des droits de l’Homme (LDH). Le juge des référés estime que “le péril imminent justifiant l’état d’urgence n’a pas disparu compte tenu du maintien de la menace terroriste et du risque d’attentats”.

“Des attentats se sont répétés depuis cette date [13 novembre, NDLR] à l’étranger et plusieurs tentatives d’attentat visant la France ont été déjouées”, souligne dans un communiqué la plus haute instance administrative. “La France est en outre engagée dans des opérations militaires extérieures de grande envergure qui visent à frapper les bases à partir desquelles les opérations terroristes sont préparées, organisées et financées”, peut-on lire également. Et de conclure : “l’état d’urgence ne porte pas d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale”.

La LDH dénonce un “piège politique”

Mardi, la LDH avait demandé au Conseil d’État de “suspendre tout ou partie” de ce régime d’exception et à défaut “d’enjoindre le président de la République de procéder à un réexamen des circonstances de fait et de droit” qui ont conduit à sa mise en œuvre. Mais dans sa décision, le juge des référés rappelle que l’état d’urgence avait été prorogé par la loi et souligné qu’il n’appartenait pas au Conseil d’État de suspendre son application.

L’état d’urgence a été déclaré par décret, le14 novembre 2015, à la suite des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et en banlieue. Il a ensuite été prorogé, pour une durée de trois mois, par la loi du 20 novembre 2015. Alors que ce régime devait prendre fin le 26 février, le gouvernement veut désormais le prolonger pour la seconde fois et pour trois mois supplémentaires.

Mais cette nouvelle prolongation fait débat. La LDH était notamment soutenue par la CGT police, le Syndicat de la magistrature et 450 universitaires, dont de nombreux professeurs de droit. Pour l’avocat de l’association, Me Patrice Spinosi, le maintien de l’état d’urgence ne se justifie plus aujourd’hui. C’est “un piège politique” dans lequel s’est enfermé le gouvernement de peur d’être accusé de laxisme en cas de nouvel attentat, a-t-il assuré.

Le régime de l’état d’urgence donne aux autorités administratives des pouvoirs particuliers : assignations à résidence, fermeture provisoire de lieux de réunion, interdiction de réunions de nature à provoquer des désordres, perquisitions décidées par les autorités administratives. Le projet de loi le prolongeant sera débattu et voté le 9 février au Sénat, puis le 16 février à l’Assemblée nationale.

Première publication : 27/01/2016

Manuel Valls a soumis mercredi aux députés une version remaniée du projet de révision constitutionnelle qui ne comporte plus de référence aux binationaux dans l’article controversé consacré à la déchéance de nationalité.

Manuel Valls a finalement opté pour une formule plus consensuelle. Mercredi 27 janvier, le premier ministre a présenté une nouvelle version de l’article 2 du projet de loi constitutionnelle qui ne comporte plus de référence aux binationaux dans l’article consacré à la déchéance de nationalité.

“Aucune référence à la binationalité ne figurera dans le texte constitutionnel, ni a priori dans la loi ordinaire” a déclaré le chef du gouvernement, soucieux de ne pas “stigmatiser les binationaux”.

Il a ajouté qu’il n’était pas question de créer des apatrides. “Seuls les principes prévus par la convention internationale de 1954 et la loi du 16 mars 1998 […] qui proscrivent la création de nouveaux apatrides devront continuer à figurer dans notre droit positif”, a-t-il précisé.

Pas “d’enfumage” mais le “souci du rassemblement”

Initialement, le texte du gouvernement prévoyait que “la loi fixe les règles concernant la nationalité, y compris les conditions dans lesquelles une personne née française qui détient une autre nationalité peut être déchue de la nationalité française lorsqu’elle est condamnée pour un crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation”.

Mais face au scepticisme de la gauche, le premier ministre a proposé cette nouvelle formule devant la commission des lois de l’Assemblée : “La loi fixe les conditions dans lesquelles une personne peut être déchue de la nationalité française ou des droits attachés à celle-ci lorsqu’elle est condamnée pour un crime ou un délit qui constitue une atteinte grave à la vie de la nation.”

En clair, tous les Français condamnés pour terrorisme, y compris ceux ne possédant que la nationalité française, pourront être déchus de certains de leurs droits civiques (droit de vote, éligibilité, emploi dans la fonction publique…). Dans le droit français, l’auteur d’un crime ou d’un délit peut déjà être déchu de ces droits (en raison de ce qui est appelé “l’indignité civique”). Avant 1994 et l’entrée en vigueur du nouveau code pénal, cette déchéance était même systématique à toute condamnation en pénal, elle est maintenant une peine complémentaire prononcée par le juge. Mais ce principe n’était jusqu’à présent pas gravé dans le marbre de la Constitution.

Le Premier ministre se défend pourtant de tout “enfumage”. Il a justifié cette nouvelle formulation par le “souci d’avancer et […] d’aboutir à un rassemblement le plus large possible ou d’éventuellement lever des ambiguïtés.”

Une mesure étendue aux “délits les plus graves”

Le Premier ministre a en outre annoncé que la déchéance de nationalité pourrait concerner les crimes, mais “sans doute aussi les délits les plus graves” (association de malfaiteurs à caractère terroriste, financement direct du terrorisme ou entreprise terroriste individuelle, par exemple). Le champ sera “strictement limité au terrorisme et aux formes graves d’atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation”, a-t-il précisé.

Selon le député Pouria Amirshahi, l’un des “frondeurs” les plus virulents au sein du PS, le gouvernement signe là un “compromis avec la droite la plus dure” dans la mesure où la déchéance, élargie aux délits, ne concerne plus les seuls crimes. L’opposition, dont le soutien est nécessaire pour faire adopter la révision constitutionnelle à la majorité des trois cinquièmes requise au Congrès, s’est montrée prudente. “Ça ne concernera finalement que les binationaux”, a jugé le député le député Les Républicains (LR) Philippe Houillon lors du débat qui a suivi.

Reste un point à trancher, celui de savoir si la déchéance sera une “décision administrative” ou une “peine complémentaire prononcée par le juge pénal”, a souligné Manuel Valls. Le projet de réforme constitutionnelle, qui prévoit aussi d’inscrire l’état d’urgence dans la loi fondamentale, sera débattu dans l’hémicycle à partir du 5 février, avant un vote solennel le 10 février.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 27/01/2016

Pour la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie, un ministre des Moudjahidine, équivalent des anciens combattants, est en visite en France. Avec son homologue français, il s’est rendu à Verdun pour honorer la mémoire des soldats algériens.

C’est dans l’ossuaire de Douaumont, près de Verdun, devant la flamme du souvenir, que Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État français chargé des Anciens combattants et de la Mémoire, et son homologue algérien Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine, se sont recueillis, mercredi 27 janvier, en hommage aux soldats algériens tombés durant la Première Guerre mondiale. Les deux hommes se sont également rendus dans le carré musulman de l’ossuaire où reposent 222 Algériens parmi les quelque 20 000 qui ont participé à cette bataille de la Grande Guerre.

Cette cérémonie a eu lieu dans le cadre d’un séjour historique de trois jours en France de Tayeb Zitouni. “Jamais un ministre des Moudjahidine algérien n’est venu en France dans une visite officielle. C’est là le sens de l’apaisement de nos mémoires respectives”, a souligné la veille Jean-Marc Todeschini après un premier entretien entre les deux hommes, comme le rapporte l’agence de presse algérienne (APS).

Le ministre des Moudjahidine a lui aussi salué la “forte volonté” affichée actuellement par l’Algérie et la France, à la faveur du Traité d’amitié, signé en 2012 par leurs chefs d’État respectifs, pour assainir toutes les questions restées en suspens. “Il est grand temps pour nous [Algériens et Français] de traiter tous les dossiers liés à la question de la mémoire commune et de les prendre sérieusement en charge et en toute responsabilité”, a-t-il déclaré.

Un message publié sur le compte twitter de Jean-Marc Todeschini lors de cette visite

Plaisir d’accueillir mon homologue, Tayeb Zitouni, c’est la première visite en France d’un ministre des Moudjahidine pic.twitter.com/o8Fnw1nFR0

— Jean-Marc Todeschini (@JM_Todeschini) 26 Janvier 2016

Trois dossiers mémoriels polémiques

Selon le journal El Watan, cette visite est avant tout consacrée à trois principaux dossiers : la récupération des archives nationales de la période de l’occupation française, la question des disparus lors de la guerre d’Algérie, comme Larbi Tébessi ou Maurice Audin, et les indemnisations des victimes des essais nucléaires effectués dans le Sahara algérien.

Le ministre Zitouni a déjà annoncé que “les deux parties ont convenu que la question des archives serait abordée lors de la prochaine réunion de la Commission inter-gouvernementale de Haut niveau (CIHN), prévue en mars à Alger”. Concernant les disparus et les indemnisations des victimes, “une commission mixte sera mise en place et devrait se réunir le 11 février prochain”.

La délicate question des excuses

Alors que des avancées semblent déjà acquises entre les deux pays sur ces dossiers, la question de la repentance est plus délicate. En Algérie, de nombreuses voix s’élèvent pour demander à la France d’exprimer officiellement des excuses au peuple algérien pour les souffrances infligées lors de la colonisation, mais le ministre des Moudjahidine pense que ce débat n’est pas à l’ordre du jour. “Le règlement des dossiers en suspens passe avant, ensuite on pourra parler d’excuses”, avait-il résumé avant son départ pour la France. Et de relever “une avancée dans la position française concernant la mémoire nationale” comme en témoigne la visite en avril dernier de son homologue français à Sétif, 70 ans après le massacre de milliers d’Algériens.

Pour le journal Le Temps d’Algérie, il faut voir dans cette déclaration de Tayeb Zitouni un double sens. “Dans un contexte de réchauffement sans précédent entre Alger et Paris, il n’est pas bon d’évoquer les questions qui fâchent”, explique le quotidien. Une position partagée par El Watan qui estime aussi “qu’Alger et Paris préfèrent donner, depuis ces deux dernières années, un traitement dépassionné des pages de l’Histoire commune”. Cette pacification des enjeux mémoriels est la conséquence, selon le quotidien algérien, du “réchauffement dans les rapports bilatéraux à la fois sur les plan politique et économique” entre les deux pays. “Paris, qui a offert tout son appui politique à Bouteflika, reçoit les meilleurs égards d’Alger et s’offre de juteux contrats économiques. Les échanges acerbes du temps du président Sarkozy ne sont qu’un vague souvenir”, résume El Watan.

Première publication : 27/01/2016

Christiane Taubira a annoncé, mercredi, sa démission du gouvernement après trois années au poste de ministre de la Justice. Retour sur une personnalité politique autant adulée à gauche que conspuée à droite.

Ses réparties ironiques teintées de poésie ne résonneront plus le mercredi dans l’hémicycle du Palais Bourbon, lors des questions au gouvernement. Christiane Taubira a remis, mercredi 27 janvier, sa démission à François Hollande, quelques heures seulement avant que le Premier ministre Manuel Valls ne présente aux députés la dernière mouture du texte sur la déchéance de nationalité, auquel elle est opposée. “Parfois, résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit”, a tweeté la garde Sceaux en guise de salut.

Plus tard dans la journée, elle a déclaré lors d’une conférence de presse “avoir quitté le gouvernement sur un désaccord politique majeur”. Évoquant le péril terroriste et la question de la déchéance de la nationalité qui en découle, elle a conclu son intervention par les mots d’Aimé Césaire : “Nous ne livrerons pas le monde aux assassins d’aubes”.

Adulée des militants socialistes et respectée des “frondeurs” du PS, cette icône de la gauche a marqué le quinquennat sous la présidence de Hollande par sa verve et son désir profond de liberté et d’indépendance. Celle qui ne s’est jamais vraiment liée à un parti politique “a incarné une dissonance notamment en matière de politique judiciaire”, explique Thomas Guénolé sur France 24. “Elle exprimait une ligne qui était plus habituelle à gauche dans les années 1980-1990 mais qui n’était plus la ligne dominante du parti socialiste depuis le tournant Manuel Valls. […] C’était la dernière voix dissonante. Il y avait déjà eu un wagon de départs : Arnaud Montebourg, Aurélie Filipetti, Benoît Hamon. C’est la dernière des Mohicans qui s’en va.”

.@ChTaubira partie, il n’y a donc plus de ministre de #gauche au #gouvernement?

— Esther Benbassa (@EstherBenbassa) 27 Janvier 2016

Entre soulagement et désespoir

De ces trois années passées au gouvernement, Madani Cheurfa, politologue au Cevipof et enseignant à Sciences-Po, conserve l’image d’une garde des Sceaux “qui a su conjuguer fidélité au gouvernement et esprit d’indépendance”. Et d’ajouter : “Elle a su capitaliser une certaine forme de popularité auprès de l’électorat de gauche par ses différences, sur le fait qu’elle soit une femme et de couleur, et grâce à son talent et un sens inné de la répartie, tout en conservant sa liberté, dont elle définissait elle-même le périmètre”.

Une pensée pour tous les militants de La Manif pour tous qui doivent ce matin se sentir un peu orphelins. #TaubiraDémission

— Vincent Daniel (@VincentDanie_l) 27 Janvier 2016

Une liberté souvent mise à mal, estime encore Thomas Guénolé. “Il y a eu une accumulation de circonstances lors desquelles Christiane Taubira, compte tenu de ses positions et des valeurs dont elle se revendique, aurait dû en toute logique démissionner. Elle est restée. Ses antécédents en la matière plaidaient plutôt pour qu’elle mange son chapeau sur ce sujet [la réforme constitutionnelle, NDLR] comme elle l’a fait sur d’autres. À force de tirer sur la corde, elle a fini par casser. En l’occurrence, Christiane Taubira a considéré que ce serait la couleuvre de trop.” Elle s’est effectivement retrouvée à plusieurs reprises en délicatesse avec l’Élysée et Matignon notamment sur la réforme pénale en août 2013, le travail dominical ou la déchéance de la nationalité.

Le point le plus positif du bilan de #Taubira, c’est sa démission. https://t.co/O20yZX4mF9pic.twitter.com/5bj5jqA36V

— Hervé Mariton (@HerveMariton) 27 Janvier 2016

Officiellement, Christiane Taubira n’a avalé ni couleuvre, ni chapeau. Elle a répété à l’envi qu’elle faisait de ces contradictions un combat qu’elle entendait livrer au cœur même du pouvoir. “Il y a des tas de textes sur lesquels je me bats à l’intérieur [du gouvernement, NDLR] et je remporte de vraies victoires. Mais je ne vais pas m’en vanter. Le jour où je ne voudrai plus me battre à l’intérieur, je m’en irai”, plaidait-elle dans les colonnes du Journal du Dimanche le 6 mai 2015.

Départ et conséquences

Maintenant qu’elle s’en est finalement allée, la donne va changer au sein du gouvernement, pronostiquent nombre d’acteurs et observateurs politique. Pour le Parti de gauche, le gouvernement va s’enfoncer “un peu plus” à droite. Pour d’autres moins enclins à s’émouvoir de ce départ, à l’instar du Front national, il s’agit d”un soulagement” et d”une bonne nouvelle pour la France”. Marine Le Pen a notamment souligné “une action publique absolument désastreuse pour notre pays”.

Un seul mot : bravo! Hommage au talent immense, au travail et à l’engagement de @ChTaubira qui marquera l’histoire du @justice_gouv

— Aurélie Filippetti (@aurelifil) 27 Janvier 2016

Une chose est sûre, affirme Madani Cheurfa, “son départ va accroître la mainmise de Valls sur le gouvernement”. Et de poursuivre : “François Hollande ne sera plus en mesure de respecter la parité au sein de son gouvernement”, une promesse de campagne pourtant chère au président.

Reste la question de son avenir politique. “Sa démission pourrait paradoxalement lui donner du poids politique auprès des électeurs de gauche, analyse Madani Cheurfa. Le fait qu’elle ne soit pas affiliée à un parti lui confère beaucoup de crédit auprès de l’opinion publique. Mais cet isolement politique est autant une force qu’une faiblesse.”

Première publication : 27/01/2016

Jean-Jacques Urvoas a été nommé pour remplacer Christiane Taubira au ministère de la Justice. Cette promotion fait les affaires de Manuel Valls, dont il est l’un des fidèles.

Le gouvernement a-t-il désormais deux ministres de l’Intérieur ? C’est l’impression que peut donner la nomination du socialiste Jean-Jacques Urvoas au poste de garde des Sceaux à la place de Christiane Taubira, qui a démissionné mercredi 27 janvier.

Le “Monsieur Securité” du PS succède donc à la “dernière caution de gauche” du gouvernement. Le contraste entre le député du Finistère fidèle à la ligne de Manuel Valls et la championne du tweet poétique qui n’a jamais caché ses divergences avec le Premier ministre est plus qu’une affaire de style.

Sécurité, sécurité et renseignement

Pour le grand public, Jean-Jacques Urvoas est avant tout le rapporteur de la loi sur le renseignement, qualifiée de “Patriot Act” à la française par ses détracteurs, en référence à la loi antiterroriste adoptée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre. Sa nomination est “consternante pour les personnes qui sont soucieuses des libertés publiques en France”, assure sur France 24 le politologue Thomas Guénolé.

Ce fils de militaire n’est pas devenu par hasard le père spirituel de l’une des lois les plus controversées du quinquennat de François Hollande. Sa réputation de spécialiste des questions de sécurité et de défense est bien établie au Parti socialiste depuis que Martine Aubry, alors secrétaire générale du parti, en a fait le spécialiste maison de cette problématique en 2009.

À l’Assemblée nationale, non content de présider la puissante commission des lois, il est également le chef de la délégation parlementaire sur le renseignement, participe à la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), l’autorité de contrôle des activités de surveillance.

C’est donc tout logiquement que Manuel Valls, qui se présente comme le champion d’une gauche “décomplexée” en matière sécuritaire, a fait de Jean-Jacques Urvoas l’un de ses proches conseillers. Les deux hommes collaborent depuis 2011. L’actuel Premier ministre a même tenté d’imposer son ami à l’Intérieur en avril 2014, mais François Hollande lui avait préféré Bernard Cazeneuve.

L’ami des députés

Le ministère de la Justice n’est pas qu’un lot de consolation permettant à Manuel Valls de remplacer une voix discordante par un fidèle. Jean-Jacques Urvoas est aussi professeur de droit et son action à la commission des lois de l’Assemblée lui a valu des louanges aussi bien à droite qu’à la gauche de la gauche, rappelle Libération. Il partage, en outre, avec Christiane Taubira un fort intérêt pour la réforme pénitentiaire. Ce Breton revendiqué reverse ainsi 15 000 euros de sa réserve parlementaire à l’Observatoire international des prisons, un organisme plutôt classé à gauche.

Présenter Jean-Jacques Urvoas comme l’antithèse politique de Christiane Taubira est un résumé insuffisant. Sa nomination répond également à une autre urgence pour François Hollande : réconcilier le gouvernement avec l’Assemblée nationale où les députés de gauche ont de plus en plus de mal avec la ligne Valls-Macron.

Sur tous les grands dossiers controversés de ces derniers mois, Jean-Jacques Urvoas a assuré le service après-vente du gouvernement. Il est “le candidat naturel à démerder l’indémerdable”, résume pour Le Monde un député socialiste. Loi sur le renseignement, sur la prolongation de l’État d’urgence et, finalement, sur la déchéance de nationalité : Jean-Jacques Urvoas est en première ligne sur tous ces dossiers.

À chaque fois, le député du Finistère réussit à faire accepter les textes en minimisant les dégâts politiques pour l’Élysée. Mieux : son exercice d’équilibriste politique lui vaut un respect de tous ou presque au Parlement. “Habile”, “sympa”, “bosseur” sont quelques uns des qualificatifs choisis par des députés interrogés à son sujet et rapportés par les journalistes de Médiapart. Avec Jean-Jacques Urvoas, le duo Hollande-Valls s’est donc offert les services d’un fidèle qui sait ménager et amadouer les parlementaires. Qui dit mieux ?

Première publication : 27/01/2016

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Pour la première fois en 13 ans, Apple s’attend à voir son chiffre d’affaires diminuer : les ventes d’iPhone augmentent moins que prévu. Lors de l’annonce des résultats mardi, l’action d’Apple a New York a chuté de 2 %.

La pomme serait-elle en chute libre ? Apple a dévoilé, mardi 26 janvier, des résultats financiers trimestriels qui donnent l’apparence d’un groupe en bonne santé. Son chiffre d’affaires pour la période qui s’est achevée fin décembre s’est élevé à 75,9 milliards de dollars et son bénéfice a atteint 18,4 milliards de dollars. Dans les deux cas, il s’agit d’un record.

Pourtant, l’action du groupe a chuté de 2 % à New York pendant l’annonce des résultats. Les investisseurs n’ont pas été rassurés par les ventes d’iPhone, la traditionnelle machine à profits d’Apple. Apple en a vendu 74,8 millions, soit 700 000 de moins que prévus par les analystes. Surtout, la progression des ventes du célèbre smartphone – qui n’a été que de 1 % par rapport à la même période en 2014 – n’a jamais été aussi faible depuis la sortie de l’iPhone en 2007.

Inquiétude sur le futur

Autre sujet d’inquiétude : l’avenir. Apple projette pour le deuxième trimestre un chiffre

d’affaires de 50 à 53 milliards de dollars, ce qui serait inférieur à celui de l’année dernière. Là encore, ce serait une première en 13 ans.

“Avec le ralentissement de la croissance de l’iPhone, il aurait fallu un produit qui soit vraiment intéressant”, souligne à Reuters l’analyste J.J. Kinahan du cabinet de conseil américain TD Ameritrade. “La pression continuera de s’exercer sur l’action sans un véritable plan de croissance des ventes ou un nouveau produit”.

Les résultats financiers d’Apple démontrent que le groupe a besoin d’un nouveau moteur pour sa croissance car l’iPhone ne suffit plus et les marchés financiers commencent à se montrer de plus en plus nerveux. Pour l’heure, l’Apple Watch ne semble pas encore être à même de prendre le relai puisque la marque à la pomme n’a même pas voulu spécifier les ventes de cette montre connectée présentée, à sa sortie en juin 2015, comme la nouvelle révolution “made in Apple“.

Première publication : 27/01/2016