Archive for January 28th, 2016

Un maître de conférence de l’université d’Avignon sera jugé le 10 février pour avoir tenu des propos ironiques en référence à Manuel Valls dans un mail professionnel. L’accusé se défend.

“Jamais je n’aurais pu imaginer que cette histoire aille aussi loin”, confie à France 24 Bernard Mezzadri, maître de conférences à l’université d’Avignon. L’enseignant chercheur de 56 ans se retrouve depuis peu dans le collimateur de la justice pour avoir ironisé sur des propos de Valls dans un échange de mails avec ses collègues. Après sa comparution le 27 janvier, une amende de 2 000 euros assortie d’un sursis simple pour “provocation à la haine raciale” a été requise par le procureur de la République.

L’affaire remonte au printemps 2015. À quelques jours d’une rencontre entre Manuel Valls et la direction de l’université d’Avignon, Bernard Mezzadri adresse le 27 mai 2015 un message empreint d’ironie à une liste de discussion interne réservée aux enseignants et au personnel de l’établissement : “J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’UAPV [Université d’Avignon et des pays de Vaucluse, ndlr] comptera suffisamment de ‘blancos’ (et pas trop de basanés), afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement”. Il qualifie Manuel Valls de “chasseur de Roms”.

Rappel : vous pouvez toujours aider Bernard Mezzadri à payer ses frais d’avocat !
https://t.co/WZ3hqm8BIy

— Valérie Robert (@VRobertParis3) 28 Janvier 2016

“Quelques blancos”

La référence aux “blancos” fait directement allusion aux propos que Manuel Valls avait tenus en 2009 sur le marché d’Évry, alors qu’il était maire de la ville. Dans une vidéo, on pouvait voir l’édile de l’époque peaufiner la mise en scène d’une photo et demander à son équipe de rajouter “quelques blancs, quelques white, quelques blancos”.

Mais la référence du professeur passe mal auprès de la direction. Dans un premier temps, personne ne réagit au sarcasme de l’universitaire “qui était uniquement destiné à modérer l’enthousiasme général de la direction de l’université”, concède-t-il. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’il apprend que le rectorat, deux préfets et le procureur de la République ont décidé de se saisir de l’affaire.

Au mois de juillet, le maître de conférence est alors convoqué par un officier de police judiciaire. Le professeur s’explique pensant que l’affaire en restera là. Mais à sa grande surprise, il reçoit au mois de décembre une assignation à comparaître. “Je trouve scandaleux que l’université se soit portée partie civile, fulmine-t-il. Mais le plus infamant est d’être accusé de provoquer la haine raciale, moi qui ai toujours milité contre le racisme et la xénophobie.”

“Potentiellement raciste”

Pour Bernard Marchal, procureur, il n’y a pas d’ironie qui tienne. “Ce que je reproche à Monsieur Mezzadri c’est de poser dans le débat la question de la distinction de race et de couleur dans la définition de la valeur d’un établissement universitaire. On entre dans un discours potentiellement raciste”, a-t-il indiqué lors de la comparution de Bernard Mezzadri. “C’est fondamentalement en activant ce problème-là que vous entrez dans le champ d’incriminations”, a-t-il ajouté.

Bernard Mezzadri veut malgré tout rester confiant. “L’accusation est si absurde que je ne pense pas être condamné”. Et d’ajouter, “mais si je l’étais, même à titre symbolique, je ferai appel, car il n’est pas acceptable d’être sanctionné pour quelque chose dont on n’est pas coupable. Il y a là un enjeu qui dépasse mon simple cas personnel, il en va de la liberté d’expression dans les universités et en France en général”.

Un “esprit de résistance”

En attendant son jugement qui doit être rendu le 10 février 2016, Bernard Mezzadri peut compter sur le soutien de ses collègues. Une pétition en sa faveur, que le Snesup-FSU et le Mrap appuient, a recueilli à ce jour un peu plus de 10 000 signatures. “Signe que l’esprit de résistance n’est pas entamé”, se réjouit le professeur.

Une chose est néanmoins certaine pour Bernard Mezzadri : “Si la justice donne raison à l’université, certains autres présidents d’université, qui ont davantage de pouvoir depuis la nouvelle réforme [depuis la loi LRU, ndlr], pourraient se voir pousser des ailes et en faire autant avec les gêneurs.”

Première publication : 29/01/2016

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Face à la crise des réfugiés, la tentation de rétablir des frontières au sein même de l’espace Schengen gagne du terrain. Du point de vue économique, en finir avec la libre circulation des personnes n’est pas un bon calcul.

De la crise des réfugiés à la crise de l’espace Schengen. L’afflux de migrants et les difficultés des pays européens à y faire face a mené ces dernières semaines plusieurs gouvernements et responsables politiques à remettre en question la libre circulation des personnes en Europe ces dernières semaines.

Pour l’instant, certains pays – dont l’Allemagne, l’Autriche ou encore la Suède – ont rétabli temporairement les frontières en accord avec les protocoles de Schengen. La France, pour des raisons liés aux attentats parisiens, a aussi réintroduit les contrôles aux frontières. De son côté, la Commission européenne a officiellement averti, mercredi 27 janvier, la Grèce qu’elle devait mieux contrôler l’arrivée des migrants sans quoi l’Europe serait contraint d’isoler le pays pendant deux ans.

Contrecoup économique du repli sur soi

Ce cordon sanitaire, prévu à l’article 26 des règles de Schengen, permettrait “à l’Allemagne et à l’Autriche de continuer à exercer des contrôles aux frontières au-delà du mois de mai, sans pour autant être en infraction avec le code de Schengen”, explique à France 24 Yves Pascouau, spécialiste des migrations au sein du cercle de réflexion European Policy Centre.

L’air du temps n’est donc plus à la libre circulation des personnes. L’impression qui s’en dégage est qu’avec le grand retour des douanes et des gardes frontières, comme avant l’entrée en vigueur du protocole de Schengen en 1995, le flux des migrants serait plus facile à contrôler et la menace terroriste moins prégnante. Mais il y a un revers à ce rétablissement des frontières.

“On oublie à quel point Schengen a vraiment contribué au développement humain et économique du continent”, rappelle Yves Pascouau. L’exemple classique concerne les frontaliers qui sont “les principaux bénéficiaires de l’ouverture des frontières”, soulignent plusieurs économistes allemands dans un rapport de 2014 sur les “30 ans de Schengen” [le premier accord a été signé en 1985, NDLR]. “40 % de la population active luxembourgeoise a une activité dans plusieurs pays et le pouvoir d’achat des frontaliers est en moyenne plus élevé que les autres”, assurent les auteurs du rapport.

Un retour des frontières ne leur ferait pas de bien au portefeuille. Mais ce n’est que l’illustration du contrecoup économique général d’un repli sur soi. “Certes, Schengen ne concerne pas directement les marchandises, mais les individus ont une valeur économique intrinsèque et s’ils ont de nouveau à attendre aux frontières, cela va affecter négativement les déplacements des travailleurs et des touristes”, note Evelien Brouwer, juriste néerlandaise spécialiste du droit communautaire et des droits de l’Homme.

Et la sécurité aux frontières ?

Le transport des biens est aussi tributaire de l’ouverture des frontières. “Plus de 50 % de l’ensemble des marchandises circulent par voie routière et la fin de l’espace Schengen rallongerait les délais à cause de l’attente aux frontières, ce qui implique de mobiliser plus longtemps le matériel et les chauffeurs. Ce temps supplémentaire a un coût qui serait très certainement répercuté sur les prix appliqués aux consommateurs”, détaille Yves Pascouau.

La liberté de circulation des personnes a également profité au commerce intra-espace Schengen d’une autre manière. “La facilité d’aller d’un pays à l’autre a permis aux résidents de découvrir des articles dans d’autres pays qu’ils aimeraient bien importer, et a aussi renforcé la confiance entre les partenaires commerciaux”, résume une étude publiée par deux économistes américains en 2014 sur les “effets positifs de Schengen sur le commerce”. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est même livré à un pronostic : le contrôle aux frontières intérieures coûterait trois milliards d’euros en temps perdu à attendre et en impact sur le transport des marchandise.

Pour rétablir ces frontières, les États dépenseraient en outre “une fortune”, affirme à Libération un diplomate français. Il y aurait toute une infrastructure à reconstruire, qui passerait par le doublement des effectifs de police de l’air et des frontières et la remise en état de guérites qui ne servait plus depuis des décennies. Sans compter tout un système informatique à déployer à grande échelle. Pas sûr que les budgets déjà très serrés des États européens y survivent.

Mais cet effort pourrait être nécessaire s’il permettait de renforcer la sécurité aux frontières en ces temps de menace terroriste. C’est en tout cas, la position française. Mais, mettre un terme à Schengen signifierait aussi se priver d’un système de communication entre les services de polices européens. En effet, les règles permettent “l’échange d’informations concernant des papiers d’identité et voitures volés, de mandats d’arrêt ou encore de personnes soumises à des interdictions de territoire”, souligne Evelien Brouwer. C’était l’un des rares outils à disposition des autorités dans un espace souvent critiqué pour son manque de coopération policière.

Première publication : 29/01/2016

Jacqueline Sauvage a été condamnée à dix ans de réclusion après le meurtre de son mari, qui la frappait et abusait ses enfants. Le point sur la demande de grâce présidentielle avec Me Bianchi, spécialiste de l’aménagement des longues peines.

Le sort de Jacqueline Sauvage repose entre les mains du président François Hollande. Âgée de 66 ans, cette femme condamnée à dix ans de réclusion après avoir été reconnue coupable du meurtre de son mari en 2012, suscite une importante mobilisation. Plus de 400 000 personnes ont notamment signé une pétition appelant à lui accorder la grâce présidentielle. Prise par le chef de l’État, en vertu de l’article 17 de la Constitution, la décision doit être contresignée par le garde des Sceaux a pour effet soit d’effacer tout ou partie de la peine restant à effectuer, soit de supprimer partiellement ou totalement la période de sûreté attachée à la peine. Il ne s’agit pas d’une amnistie, la condamnation restant inscrite au casier judiciaire de l’accusé.

Face au cas de Jacqueline Sauvage, condamnée alors que ses avocats plaidaient la légitime défense face à un mari l’ayant frappée pendant plus de quarante ans et ayant abusé ses enfants, François Hollande se montre prudent et attend l’avis de la Chancellerie avant de se prononcer. À cette occasion, France 24 revient sur le fonctionnement d’une des procédures les plus obscures du système judiciaire français.

Me Virginie Bianchi, avocate spécialiste de l’aménagement des longues peines, répond aux questions de France 24. Elle est l’auteure de la seule demande de grâce acceptée (partiellement) par François Hollande depuis son arrivée à l’Élysée concernant Philippe El Shennawy, le plus ancien détenu de France, qui en a bénéficié fin 2013.

– Quel est le processus de recours en grâce ?

C’est une mesure régalienne, au sens quasi-royal du terme, qui n’a pas à être ni motivée ni justifiée. La décision n’est pas publique, elle n’est pas publiée au journal officiel. N’importe qui, ayant un motif pour le faire, peut demander la grâce de quelqu’un : la famille, l’avocat, un comité de soutien… C’est comme cela que, si j’en crois la presse, trois demandes ont été effectuées pour Jacqueline Sauvage.

Pour déposer une demande, il faut saisir le président de la République, et adresser copie de cette demande au garde des Sceaux et la direction des Affaires criminelles et des grâces (DACG), une des directions du ministère de la Justice.

Ce n’est pas une procédure judiciaire au sens propre. Elle ne connaît ni délai, ni recours. Pour la personne concernée, c’est assez angoissant comme situation, car c’est un processus totalement obscur. Et puis un jour, ainsi que je l’ai vécu, le directeur de l’établissement où est incarcérée la personne faisant l’objet d’une demande de grâce est averti par fax de la décision à notifier à la personne concernée.

– Si la décision revient au président, François Hollande ne peut-il pas se prononcer sans l’avis de la Chancellerie, qu’il a pourtant indiqué attendre ?

Non, il doit effectivement attendre que la demande soit étudiée par la DACG, qui fait partie de la Chancellerie, c’est-à-dire du ministère de la Justice. C’est cette direction qui filtre et instruit les demandes et examine les pièces apportées aux soutien des demandes. De nombreuses demandes de grâce sont déposées, le président ne peut bien évidemment pas toutes les examiner ni en faire l’instruction lui-même. Il ne peut pas se prononcer seul, sur une intuition ou un sentiment, mais après une analyse rigoureuse des situations qui lui sont soumises.

– Quelles sont les alternatives en cas d’échec ?

Si la demande de grâce n’aboutit pas, la défense de Jacqueline Sauvage pourrait à terme demander un aménagement de peine. Mais, dans la mesure où elle a été condamnée pour des faits qui induisent automatiquement une période de sûreté de la moitié de sa peine, soit de cinq ans. Durant cette période, elle ne peut rien demander. Ni permission de sortie, ni aménagement de peine. Cependant, et afin de débloquer la situation, elle pourrait demander une réduction ou une suppression de sa période de sûreté auprès du tribunal de l’application des peines, ce que l’on appelle un “relèvement” de cette période de sûreté : une réduction ou une suppression.

Juridiquement, on peut faire cette demande dès le début de la peine, mais c’est souvent considéré par les juridictions comme prématuré au regard d’une décision qui vient d’intervenir. Ce qui jouerait en faveur de Jacqueline Sauvage, dans cette hypothèse, c’est le fait que sa période de sûreté n’a pas été expressément prononcée par la cour d’assises, comme c’est parfois le cas pour les criminels considérés comme dangereux par la juridiction de jugement, mais qu’elle résulte automatiquement de la loi, du fait de la qualification pénale qui a été retenue.

Indépendamment de la période de sûreté, le crime dont a été reconnue coupable Jacqueline Sauvage entraîne d’autres précautions particulières. Notamment un processus complexe pour toute demande d’aménagement de peine : une fois la demande déposée, il lui faudrait, après plusieurs semaines voire plusieurs mois d’attente, passer six semaines dans un centre national d’évaluation (CNE) centre pluridisciplinaire relevant de l’administration pénitentiaire ; il en existe trois en France – à Fresnes, Réault et Sequedin. Ensuite, le CNE rendrait une synthèse qui serait transmise à la Commission pluridisciplinaire des mesures de sûreté territorialement compétente (instance non juridictionnelle présidée par un magistrat de cour d’appel) ; cette commission doit émettre un avis sur la dangerosité de la personne requérante. C’est seulement après cela que le tribunal d’application des peines pourrait statuer à l’issue d’un débat contradictoire. Au mieux, ce processus dure six mois. Le pire que j’aie expérimenté a duré quatorze mois. Cela signifie que même dans l’hypothèse où le président de la République, ou la juridiction compétente, relèverait la période de sûreté de Jacqueline Sauvage, le processus qui lui permettra de sortir en aménagement de peine est encore long.

Première publication : 29/01/2016

Basée en Indonésie, la primatologue Francine Neago est contrainte de rester en France pour rétablir ses droits pour l’allocation de solidarité aux personnes âgées. Cette spécialiste reconnue craint de voir sa fondation disparaître.

A 85 ans, Francine Neago, une médecin et primatologue, lance un appel à l’aide. Réputée mondialement pour ses recherches sur l’étude et la protection des orangs-outans, cette Française qui réside normalement sur l’île indonésienne de Sumatra pour s’occuper de sa fondation Noah and his Ark, est forcée de vivre depuis quelques semaines dans un centre du Samu Social à Ivry-sur-Seine.

Comme le raconte le site du Monde, Francine Neago était revenue en France en décembre comme elle le fait tous les dix ans, dans l’idée de rester seulement quatre jours. “Elle espérait bien, dans ce délai, faire rétablir l’allocation de solidarité aux personnes âgées, de 800 euros par mois, que la France lui versait jusqu’alors sur un compte en banque parisien mais qui avait été récemment coupée”, explique le journal. “Une nouvelle règle administrative exige, en effet, que le bénéficiaire réside sur le territoire français au moins six mois par an. Son dossier est resté bloqué”.

Démunie financièrement, cette spécialiste ne sait pas quand elle va pouvoir repartir. Elle n’a même plus assez d’argent pour se payer le billet retour. A des milliers de kilomètres de son île, elle craint que sa fondation disparaisse. “Je ne peux pas laisser mes animaux pendant six mois. J’ai vécu très longtemps à l’étranger. Je n’ai pas l’intention de venir ici car ce serait me tourner les pouces et attendre la mort, tandis que là-bas il y a beaucoup de travail à faire”, a-t-elle ainsi déclaré sur France Inter.

Faire appel à des mécènes

En s’exprimant dans les médias, cette chercheuse espère pouvoir attirer l’attention de mécènes qui pourraient la tirer de cette situation, et aussi soutenir ses nombreux projets à Sumatra. “Il faudrait qu’on fasse un labo et une salle d’opérations. On a toute sorte d’animaux comme des tigres et des éléphants. Nous les soignons et nous les remettons tout de suite dans la jungle. Il n’y a que les orangs-outans qui restent avec nous très longtemps”, a-t-elle décrit.

Après avoir commencé à étudier le comportement des grands singes dans les années 60, Francine Neago a acquis une grande réputation en développant notamment un logiciel en partenariat avec l’université californienne UCLA pour enseigner le langage humain aux orangs-outans. Une passion qui n’a jamais cessé de l’habiter. “Tout ce qui compte pour lui, c’est l’amour. Vous lui donnez beaucoup d’amour et il vous en rend le double”, résume-t-elle en parlant de ces singes qu’elle espère retrouver au plus vite.

Première publication : 29/01/2016

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Pour la première fois depuis 1959, Barbie prend du poids. Son fabriquant Mattel, confronté à une baisse des ventes, a lancé une gamme de poupées pouvant être petites ou rondes, faisant radicalement évoluer l’image de la célèbre blonde filiforme.

Finie la dictature de la taille de guêpe et des jambes interminables. Désormais, la célèbre poupée Barbie pourra aussi être petite et ronde ! Une révolution chez son fabriquant Mattel, qui tente d’endiguer la chute de ses ventes après 56 ans d’existence. Les ventes ont systématiquement baissé entre 2012 et 2014 et ont encore reculé de 15 % sur les neuf premiers mois de 2015.

Cette nouvelle ligne, appelée “Barbie Fashionistas”, comprendra quatre morphologies différentes : les trois nouvelles versions – “ronde”, “petite” ou “grande” – et le modèle original. Ses nouvelles poupées pourront également être déclinées en sept couleurs de peau différentes.

Avec ses hanches plus fortes et sa taille élargie, la Barbie “curvy” (“ronde”) est incontestablement celle qui tranche le plus avec la ligne historique du jouet inventé par l’Américaine Ruth Handler, co-fondatrice de Mattel avec son époux Elliot. L’événement constitue une telle rupture dans la représentation du corps de la femme que le magazine américain Time en a fait la une de son numéro de jeudi. L’annonce a par ailleurs été saluée sur les réseaux sociaux par plusieurs centaines de messages se réjouissant de ce changement.

America’s biggest toy company is changing the most famous body in the world https://t.co/FHrAnveow6pic.twitter.com/kXkVbsdPDs

— TIME.com (@TIME) 29 Janvier 2016

Depuis sa création en mars 1959, Barbie ne s’était jamais départie de son physique ultra-filiforme dont les proportions combinées, la taille notamment, ne correspondaient à celles d’aucune femme sur Terre.

“Une vision plus large de la beauté”

“Barbie est le reflet du monde que les jeunes filles voient autour d’elles”, a expliqué Richard Dickson, le PDG de Mattel, dans un communiqué. “Sa capacité à évoluer avec son temps, tout en restant fidèle à son esprit, contribue grandement à en faire la poupée mode numéro un dans le monde”, a-t-il ajouté.

“Nous pensons que nous avons la responsabilité envers les filles et les parents de refléter une vision plus large de la beauté”, a fait valoir Evelyn Mazzocco, vice-présidente et manager générale de la marque Barbie.

Mattel n’est pas le premier fabriquant de poupées à briser le diktat de la femme idéale. Fin 2014, un jeune graphiste de Pittsburgh, Nickolay Lamm, a notamment lancé Lammily, une poupée dont l’aspect correspond “aux mensurations classiques du corps humain”, selon la société. En 2002, le fabriquant Tonner Doll avait, lui, commercialisé une poupée baptisée Emme, à l’image du mannequin américain du même nom, qui s’habillait en taille 46.

Toutefois, Mattel avait jusque là refusé de suivre cette tendance, s’exposant ainsi à des critiques. “Le corps de Barbie n’a jamais été conçu pour être réaliste”, mais “pour que les filles l’habillent et la déshabillent facilement”, avait expliqué, Kimberly Culmone, vice-présidente de Barbie Global Creative et responsable du design, dans un entretien au site Fast Company début 2014.

Elle avait contesté que Barbie puisse jouer un rôle dans la perception que pouvaient avoir les petites filles du corps de la femme et de leur propre corps, estimant que les comparaisons se faisaient surtout avec leurs proches et les enfants de leur âge.

Une étude publiée en septembre 2006 par trois chercheurs britanniques sur des petites filles de 5 à 8 ans avait pourtant conclu que les sujets exposés à Barbie avaient une vision moins favorable de leur physique que les autres. Elles aspiraient également à un corps plus mince que d’autres petites filles n’ayant pas été en présence de la poupée mythique.

Avec AFP

Première publication : 29/01/2016

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Sur l’ensemble de 2015, le produit intérieur brut de la France a progressé en moyenne de 1,1 %, selon l’Insee, soit son niveau le plus élevé depuis 2011, après +0,2 % en 2014.

La croissance en France a atteint 1,1% en France en 2015, selon les chiffres publiés vendredi par l’Insee, après s’être établie au quatrième trimestre à 0,2 %.

Ce chiffre, conforme aux dernières prévisions du gouvernement, est le plus haut niveau du Produit intérieur brut (PIB) atteint depuis quatre ans. Toutefois, il est inférieur à celui de la zone euro, qui devrait atteindre 1,5 % en 2015, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques.

Le ministre des Finances Michel Sapin a jugé que 2015 avait été “l’année de la reprise” et que cette dernière devait “s’amplifier en 2016” afin “d’avoir plus d’emplois”, ce qui constitue la “priorité” du gouvernement, dans une réaction relayée par l’AFP.

Michel Sapin a observé que l’activité avait “progressé de 0,2 % au dernier trimestre de 2015, malgré les conséquences inévitables des attentats” du 13 novembre. “Les Français n’ont pas baissé les bras”, s’est-il réjouit.

Dans le détail, les dépenses de consommation des ménages, qui contribuent traditionnellement à la solidité de l’activité, ont augmenté de 1,4 % en 2015. Les investissements des entreprises, moteur attendu d’une reprise économique durable, ont pour leur part progressé de 2 % par rapport à 2014.

Les exportations ont quant à elles bondi de 5,9 % en 2015, alors que les importations ont augmenté de 6,1 %. De fait, “le solde extérieur contribue encore négativement à la croissance en 2015 (-0,2 point) mais moins qu’en 2014 (-0,5 point)”, selon l’Insee.

Avec AFP

Première publication : 29/01/2016