Archive for February, 2016

La ministre Myriam El Khomri n’en finit plus d’être critiquée pour son projet de loi Travail. Dans une tribune, son ancien conseiller Pierre Jacquemain dénonce une trahison historique de la gauche.

C’est une nouvelle fronde que Myriam El Khomri subit de plein fouet. Alors que depuis deux semaines, elle essuie des critiques de tous bords au sujet de son projet de loi travail, elle fait face à une attaque de l’un de ses proches. Dans une tribune publiée ce mardi par le site Le Monde, son ancien conseiller stratégie Pierre Jacquemain, qui a choisi de quitter son cabinet début février explique les raisons de son départ.

Âgé de 33 ans, l’ex-plume de la ministre estime que la réforme portée par Myriam El Khomri n’incarne pas les revendications des travailleurs. “Ce devait être une réforme de progrès, ce sera au mieux une réforme de compromis – voire de compromission. Au pire, cela restera comme une trahison historique – et destructrice – d’une gauche en mal de repères”, dénonce-t-il. Même s’il reconnaît la valeur de la ministre, ancienne militante socialiste, il souligne publiquement leur désaccord. “Cette réforme nous entraîne collectivement dans le mur, parce que j’ai la conviction qu’elle sert les intérêts politiques de quelques-uns et les intérêts économiques de quelques autres”, explique-t-il en vilipendant une “réforme libérale qui déshonore la gauche”.

Ils ont tué la #gauche. Ma tribune dans @lemondefr et disponible demain dans son édition papier https://t.co/y72Hc1ZmJs#LoiTravail

— Pierre Jacquemain (@pjacquemain) 1 mars 2016

La jeunesse de gauche appelle à la mobilisation le 9 mars

Cette attaque rejoint une cohorte d’oppositions déjà existante au projet de loi travail, allant d’une tribune incendiaire, signée par des figures de gauche, dont Martine Aubry, à une pétition rassemblant plus de 850 000 signatures en ligne. Face à ces turbulences, le gouvernement a décidé lundi de reporter du 9 au 24 mars la présentation du texte en conseil des ministres. Interrogé à ce sujet, le Premier ministre, Manuel Valls, a toutefois estimé mardi à l’Assemblée nationale qu’il était “exagéré” de parler de “reculade”. “Avons-nous depuis que nous gouvernons, depuis que je suis Premier ministre, dû reculer sur tel ou tel texte, avons-nous dû changer telle ou telle position, après le débat nécessaire ?”, a-t-il insisté.

Mais du côté des protestataires, la pression prend de l’ampleur. Plusieurs organisations de jeunesse, dont le premier syndicat étudiant, l’Unef, ont ainsi appelé à une journée d’action, le 9 mars, avec un rassemblement place de la République, à Paris. “À travers le projet de loi travail, le gouvernement vient de déclencher une guerre sans précédent contre les jeunes et les salariés”, ont-elles écrit dans un communiqué commun. Pour ces organisations, le report ne suffit pas, elles réclament le retrait pur et simple du texte. Quant aux syndicats, ils seront une dizaine à participer jeudi à deux réunions pour tenter de se mettre d’accord sur les modifications à réclamer à l’exécutif et discuter d’une mobilisation qui aurait lieu fin mars. Certaines, comme la CGT et FO, exigent le retrait du projet. D’autres, comme la CFDT, qui a jusqu’ici accompagné la plupart des réformes du quinquennat, pointent de “vrais désaccords” et veulent modifier le texte, notamment sur la définition du licenciement économique.

Chargé de la promotion de ce projet, Myriam El Khomri n’a en revanche pas été en mesure de s’en charger ce mardi 1er mars. Ses rendez-vous ont en effet annulés à la suite d’un malaise. La ministre est rentrée chez elle à la mi-journée après avoir subi des examens à l’hôpital, mais doit reprendre son travail dès mercredi.

En pleine polémique, le président François Hollande a tenté de dédramatiser cette absence en évoquant “un accident domestique”. Face à la bronca générale, le chef de l’État a d’ailleurs loué le travail de sa ministre, en saluant “une femme courageuse qui a des convictions, qui sait les faire partager”, et qui est aussi à “l’écoute”.

Rien de grave, tout va bien ! Merci pour vos messages de soutien. 2 bilatérales (@UPAofficiel + @force_ouvriere) reprogrammées cette semaine

— Myriam El Khomri (@MyriamElKhomri) 1 mars 2016

Avec AFP et Reuters

Première publication : 01/03/2016

Dans un rapport remis mardi, des experts du Conseil de l’Europe s’inquiètent de la “banalisation du racisme en France”. Le document relève l’augmentation d’actes racistes, mais épingle également des discours de responsables politiques.

Des experts du Conseil de l’Europe se sont inquiétés mardi 1er mars de la “banalisation” des discours racistes en France, y compris de la part de responsables politiques, et de “l’accroissement des violences racistes, antisémites et islamophobes“.

“L’augmentation des discours de haine entraîne des actes de violences”, juge l’auteur de ce rapport, Jean-Paul Lehners, professeur à l’université du Luxembourg, interrogé par France 24.

Jean-Paul Lehners, auteur d’un rapport qui épingle la “banalisation” du racisme en France

Les violences racistes, recensées par le ministère français de l’Intérieur, ont augmenté de 14 % entre 2012 et 2014, et même de 36 % pour les seules violences antisémites, s’inquiètent ces experts de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), dans ce document qui dénonce également l’homophobie et les discriminations anti-Roms.

>> À lire sur France 24 : “Agression antisémite à Marseille : le parquet ouvre une information judiciaire”

“Le discours de haine, de par sa banalisation dans la sphère publique, demeure un sujet de préoccupation”, a commenté le secrétaire général de l’organisation paneuropéenne, Thorbjørn Jagland. Il a appelé les responsables politiques à s’abstenir “de tenir des propos qui stigmatisent des groupes déjà vulnérables et attisent les tensions dans la société française”.

Persistance “préoccupante” des discours islamophobes

L’ECRI cite le cas du député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, qui avait affirmé en 2013, lors d’une altercation sur un terrain agricole occupé illégalement par des gens du voyage, que “Hitler n’en avait peut-être pas tué assez”.

Les experts européens évoquent aussi une persistance “préoccupante” des discours islamophobes, alimentés par “certains responsables politiques”, comme Marine Le Pen (Front national) comparant les prières de rue à l’occupation allemande (décembre 2010), ou Jean-François Copé (Les Républicains) évoquant des “voyous” musulmans qui auraient arraché un pain au chocolat à un jeune au motif “qu’on ne mange pas pendant le ramadan” (octobre 2012).

L’ECRI déplore également des décisions prises “au nom d’une conception restrictive de la laïcité”, et pouvant être “perçues comme sources de discrimination”, comme celle, en 2015, du maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, de supprimer les menus sans porc des cantines scolaires.

La Commission demande aussi aux autorités de “clarifier” la réglementation concernant l’accompagnement de sorties scolaires par des mères d’élèves portant le voile.

L’ECRI suggère également aux autorités de légiférer pour que le racisme ou l’homophobie constitue “une circonstance aggravante de toute infraction pénale ordinaire”. Une réforme promise à plusieurs reprises l’an dernier par le président François Hollande.

Quant aux Roms, les autorités françaises doivent leur accorder une domiciliation administrative, même s’ils n’ont pas de résidence stable, et ce afin de ne pas entraver leur accès “aux droits de base”, et notamment à la scolarisation de leurs enfants, soulignent les experts.

Ils déplorent en outre une inflation de discours de haine sur Internet et les réseaux sociaux, “malgré les efforts des autorités pour endiguer ce phénomène”, mais aussi lors des manifestations contre l’instauration du mariage homosexuel, début 2013. À cette occasion le “discours de haine homophobe et transphobe s’est cristallisé en France”, juge l’ECRI.

C’est par l’éducation que l’occurrence de ces actes et discours racistes baissera, juge Jean-Paul Lehners. “La mise en place de programmes contre les discriminations doit être accelerée dans l’enseignement, auprès du grand public et à travers le sport”, estime l’expert.

Avec AFP

Première publication : 01/03/2016

Après les heurts qui ont opposé migrants et forces de l’ordre lundi soir, le démantèlement du camp de Calais a repris mardi. La majorité des migrants refusent néanmoins les solutions de relogement proposées.

Tente par tente, cabane par cabane, la zone sud du camp de Calais est évacuée, détruite, nettoyée. Après une soirée de tension, lundi 29 février, entre forces de l’ordre, migrants et activistes “no borders”, suivie d’une nuit dans un calme précaire, le démantèlement du camp a repris son cours mardi matin, dès 8h30, pour une deuxième journée consécutive dans un climat un peu plus apaisé.

Évacuation à Calais le mardi 1er mars

Un important dispositif de sécurité a néanmoins été déployé mardi matin : une centaine de CRS environ, et plus d’une vingtaine de policiers, dont des agents de la police aux frontières (PAF), ont encerclé le site, rendu quasi inaccessible aux journalistes, repoussés par des cordons de sécurité au fur et à mesure de l’avancée de l’opération.

“De nouveaux incendies ont éclaté mardi en début de soirée – il y en a eu plusieurs au cours de cette journée. Le dernier incendie a été maîtrisé par les pompiers”, témoigne Alexandra Renard, envoyée spéciale de France 24 sur le camp de Calais.

>> Sur France 24 : “La boue au ventre. Immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

La destruction du camp a semblé presque artisanale : la société privée qui gère le démantèlement détruit les habitations précaires avec des marteaux, des tractopelles, des scies, des pioches mais “surtout pas de bulldozers, ni de rouleaux compresseurs, beaucoup trop symboliques”, selon Alexandra Renard, qui a néanmoins noté l’efficacité du procédé.

“Le démantèlement se déroule plus rapidement que lundi. En l’espace de quelques heures, il y a eu des dizaines de tentes et de cabanes détruites. Les migrants sont délogés au fur et à mesure de la destruction : certains quittent leur cabane avec leur matelas et trois affaires jetées dans un sac”, témoignait la journaliste plus tôt dans la journée. Aussitôt après, le logement est détruit, les restes jetés ou brûlés – quand ils ne sont pas emportés par le vent, et les traces des habitants peu à peu effacées. En fin de journée lundi, 5 000 m² de la zone avaient ainsi été évacués. L’équivalent, ou plus, était attendu mardi soir.

Une résistance majoritairement pacifique

Face à cette redoutable efficacité, orchestrée par la préfecture du Pas-de-Calais qui a balisé les opérations comme leur communication, la résistance a été pacifique, même si deux migrants ont été interpellés mardi matin. “Les deux hommes, perchés sur leur cabane, menaçaient les forces de l’ordre avec un couteau. Il fallait avant tout les protéger d’eux-mêmes”, explique à France 24 Vincent Berton, sous-préfet du Pas-de-Calais.

Selon notre envoyée spéciale, la majorité des migrants qui refusaient de partir ne montraient cependant “aucune résistance physique”. Alors que les vents et la pluie faisaient régner un froid glacial sur le site du nord de la France, les résistants se sont perchés sur leur cabane, enroulés dans des couvertures, et ils brandissaient des pancartes de protestation jusqu’à ce qu’ils soient obligés de céder aux injonctions de la préfecture.

Lundi soir, l’ambiance était autrement plus tendue. Quelque 150 migrants, armés pour certains de barres de fer, s’en sont pris à des véhicules en partance pour l’Angleterre avant d’être dispersés par la police à coup de gaz lacrymogènes. Onze policiers ont été légèrement blessés et trois personnes interpellées. “La situation migratoire à Calais appelle la responsabilité de chacun et l’union de tous ceux, pouvoirs publics et associations, qui œuvrent pour des solutions durables et humaines”, a réagi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Démantèlement du camp de migrants de Calais : J2
  • © Alexandra Renard / France 24

    Les travaux de démantèlement d’une partie de la “jungle” de Calais, le plus grand bidonville de France, se poursuivaient mardi 1er mars, sous la surveillance des forces de l’ordre.

  • © Alexandra Renard / France 24

    Certains migrants ont opposé une “résistance pacifique” au démantèlement de la zone sud du camp.

  • © Alexandra Renard / France 24

    Les migrants sont délogés au fur et à mesure de la destruction du camp. Aussitôt après, le logement est détruit, les restes jetés ou brûlés – quand ils ne sont pas emportés par le vent, et les traces des habitants peu à peu effacées.

  • © Alexandra Renard / France 24

    Une important dispositif de sécurité a été déployé sur le site mardi après une première journée marquée lundi par des heurts avec les migrants.

  • © Alexandra Renard / France 24

    Lundi, selon la préfecture, 43 migrants, répartis en deux bus, ont été acheminés vers deux centres d’accueil et d’orientation près de Bordeaux et de Montpellier

  • © Alexandra Renard / France 24

    En fin de journée, lundi 29 février, 5 000 m² de la zone avaient ainsi été évacués selon Reuters. L’équivalent, ou plus, est attendu mardi soir.

  • © Alexandra Renard / France 24

    Les ouvriers de la société privée qui procède au démantèlement progressent sous la protection d’un important cordon de CRS.



Les solutions de l’État boudées par les migrants

La préfecture se défend de vouloir passer en force, comme l’en accusent les associations, disant privilégier le dialogue et la persuasion aux méthodes musclées. “Nous faisons un travail de maraude pour inviter les gens à accepter les solutions de relogement. Nous avons la possibilité d’héberger tout le monde”, a martelé le sous-préfet qui a estimé qu’il faudrait sûrement plusieurs semaines pour venir à bout des résistances et de l’opération.

Sur le camp de Calais, 1 300 personnes ont déjà été relogées dans des containers chauffés et électrifiés, mis à disposition depuis décembre. Selon la préfecture, il restait 200 places mardi matin. Il y avait également encore des places dans le camp fermé, réservé aux femmes et aux enfants, ainsi que dans celui réservé aux mineurs isolés, installé dans le centre de Calais. Les migrants peuvent aussi être dirigés vers l’un des centres d’accueil et d’orientation, dont une centaine au total sont disséminés dans toute la France.

Mais les migrants sont peu nombreux à accepter ces solutions. “La plupart des migrants à qui nous avons parlés ne veulent pas quitter ce camp. Ils veulent rester ici, à Calais, et ils rejoignent la partie nord du camp”, explique Alexandra Renard. Sur les 800 à 1 000 migrants, selon le gouvernement – 3 450, selon les associations -, qui se trouvent dans la zone concernée par le démantèlement, seuls 50 ont accepté de monter dans les cars qui viennent, chaque matin, attendre à la sortie du camp les candidats au relogement.

Ils sont également peu nombreux à accepter d’emménager dans les containers-dortoirs, craignant d’être forcés à déposer une demande d’asile en France (des craintes non fondées – ils y sont encouragés mais non contraints). Malgré toutes les précautions prises par la Préfecture, le démantèlement du camp conforte les migrants dans leur objectif : quitter la France pour rejoindre l’Angleterre.

#Calais : suite démantèlement- plus rapide qu’hier- des dizaines de caravanes, cabanes et tentes de#étruites pic.twitter.com/aMj0dyuast

— ALEXANDRA RENARD (@ALEXF24) 1 mars 2016

Première publication : 01/03/2016

Le démantèlement d’une partie de la “jungle” de Calais a provoqué des heurts entre des membres des CRS et des migrants y vivant. La situation s’est tendue à la suite d’un départ de feu de cabanes dans le camp.

C’est dans un climat tendu que s’est déroulé lundi 29 février le démantèlement d’une partie de la “jungle” de Calais. Des heurts ont éclaté entre des membres des forces de sécurité et des migrants installée dans les campements.

Après une matinée plutôt calme lors de laquelle une vingtaine de salariés d’une entreprise de travaux publics se sont activés dans la partie sud du bidonville, la situation s’est tendue en début d’après-midi à la suite d’un départ de feu de cabanes.

Des projectiles ont alors été lancés sur les CRS par des migrants et des militants de l’association No border. Les CRS ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène, face à environ 150 à 200 personnes.

Une vingtaine de cabanes au total ont été incendiées par des migrants et des militants No border, nécessitant l’intervention des pompiers. En fin de journée, des heurts sporadiques opposaient encore migrants et CRS, qui ripostaient de nouveau par gaz lacrymogène aux jets de projectiles. Selon la préfecture, trois No border et un migrant mineur ont été interpellés, et cinq CRS légèrement blessés lors de ces affrontements.

>> À (re)voir sur France 24 : “La boue au ventre. Immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

Des associations historiques, comme l’Auberge des migrants, ont vivement critiqué l’opération des forces de l’ordre. “Les policiers sont arrivés le matin et ont demandé aux migrants encore présents de partir et, dans la foulée, ils ont tout démoli. La façon dont c’est fait est violente, dégradante et contraire aux engagements de l’État”, dénonce l’un de ses représentants, François Guennoc.

“Le démantèlement avait été annoncé comme pacifié, ciblant les tentes vides et les abris inoccupés”, a également commenté Olivier Marteau, responsable du “projet Calais” pour MSF. “Il a en réalité ciblé tous les logements de la zone 9, densément occupée et habitée, et inévitablement dégénéré en violences, dans un camp où vivent des familles et des enfants”.

De son côté, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a justifié dans un communiqué l’importance du dispositif policier par “la présence de nombreux activistes extrémistes qui ont intimidé les migrants pour qu’ils n’acceptent pas les propositions d’hébergement”, et qui auraient empêché plusieurs migrants de monter dans un bus à destination d’un centre d’accueil.

“Démantèlement sans brutalité”

Le 25 février, le gouvernement, qui veut démanteler le plus grand bidonville de France où survivent entre 3 700 et 7 000 migrants – selon les sources – dans l’espoir de passer au Royaume-Uni, avait obtenu gain de cause auprès de la justice administrative pour une évacuation de la zone sud du camp. Une décision contestée par des migrants et des associations, mais les autorités avaient immédiatement assuré qu’elles n’entendaient pas recourir à la force.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait également promis, la même semaine, que le démantèlement de la partie sud de la “jungle” se ferait progressivement, sans “brutalité”. Manuel Valls avait pour sa part assuré que l’évacuation prendrait “le temps nécessaire” pour apporter une “réponse humanitaire” aux migrants en quête d’un passage vers le Royaume-Uni.

Accueillir les migrants dans des centres

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant au Royaume-Uni, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s’agit de faire partir la population concernée vers les Centres d’accueil et d’orientation (CAO), dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2 700 migrants. Il reste d’autre part 300 places dans le Centre d’accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

À l’approche de ce démantèlement, la Belgique avait décidé il y a une semaine de rétablir des contrôles à sa frontière pour empêcher un éventuel afflux de migrants. Les autorités du pays ont annoncé avoir refoulé 619 personnes depuis la mise en place de ce dispositif.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/02/2016

Quelques semaines après un déplacement en Algérie, Alain Juppé, candidat aux primaires de la droite pour la présidentielle de 2017, a poursuivi sa campagne auprès des binationaux lors d’une visite de deux jours en Tunisie.

Après un voyage en Algérie au début du mois, Alain Juppé poursuit son opération séduction au Maghreb. Il a entamé dimanche une visite de deux jours en Tunisie, qui doit s’achever lundi 29 février après un entretien avec le président Béji Caïd Essebsi et une conférence à l’Institut des Hautes Études de Commerce de Carthage.

Reçu en début d’après-midi au palais de Carthage, le candidat à la primaire du parti Les Républicains pour la présidentielle de 2017 a endossé son costume de présidentiable, réaffirmant, après sa rencontre avec le président tunisien, le soutien permanent de la France à la Tunisie. Il a par ailleur déclaré que “beaucoup de chemin a été parcouru en Tunisie sur la voie de la démocratie”.

La veille déjà, Alain Juppé avait insisté, face à un public majoritairement constitué de Franco-tunisiens, sur les liens “très étroits” entre la France et les “pays de la rive sud de la Méditerrannée”.



Les binationaux : “Une passerelle” entre la France et la Tunisie

Un discours d’unité pour séduire les voix des Français installés en Tunisie et des binationaux. Si la communauté française de Tunisie est estimée à environ 30 000 personnes – dont 66 % de binationaux et un peu plus de moitié seulement inscrits sur les listes électorales – son périple tunisien ne manquera pas en effet de susciter l’intérêt des 420 000 Franco-Tunisiens résidant en France aujourd’hui, selon les chiffres de l’ambassade de France.

Le candidat républicain était d’ailleurs très attendu à Tunis. C’est une salle comble de Franco-Tunisiens, réunis à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis, qui a accueilli l’ancien Premier ministre dimanche après-midi, a tweeté Jihane Bergaoui, correspondante de RFI à Tunis.

A #gammarth, salle comble pour Alain Juppé venu à la chasse aux voix des Français en Tunisie pic.twitter.com/G13KaOh9Pb

— Jihane (@Jihane_Brg) 28 février 2016

De la lutte antiterroriste au code du travail, Alain Juppé a balayé les sujets d’actualité. Et avant de brosser les grandes lignes de son programme, il n’a pas manqué de s’attarder sur la question de la déchéance de nationalité, une mesure qu’il avait déjà dénoncée comme étant un “coup politique”, “inutile” qui plus est.

Comme à Alger, il a critiqué la réforme proposée par le gouvernement français après les attentats de Paris et qui est soutenue par une partie de la droite. “Je sais que les binationaux se sont sentis – à tort selon moi – particulièrement visés”, a remarqué Alain Juppé. Il a souligné que les binationaux étaient “une passerelle entre nos deux pays et doivent le rester”. “Oui, la France est riche de sa diversité”, a-t-il enchaîné.

Admiratif du chemin parcouru

Comme l’avait déjà fait son concurrent Nicolas Sarkozy avant lui, Alain Juppé s’est également dit “admiratif” du chemin parcouru par la Tunisie depuis sa révolution de 2011. Cinq ans après la chute de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali à la suite d’une révolte populaire, il a souligné que la Tunisie “est le seul pays qui a su poursuivre sa route” après les printemps arabes.

Plus tôt dans la journée de dimanche, il a rendu hommage aux 22 personnes tuées en mars dernier dans un attentat au musée du Bardo revendiqué par le groupe État islamique (EI).

Avec AFP

Première publication : 29/02/2016

Face à l’indignation suscitée par le projet de loi El Kohmri, Manuel Valls a annoncé, lundi, le report d’une “quinzaine de jours” de la présentation du projet de loi sur le travail en Conseil des ministres, initialement prévue le 9 mars.

Le gouvernement sait qu’il marche sur des œufs. Face à la vague d’indignation suscitée par le projet de réforme du Code du travail, Manuel Valls a annoncé, lundi 29 février, le report d’une “quinzaine de jours” de sa présentation en Conseil des ministres.

“Il faut lever un certain nombre d’incompréhensions, il faut expliquer, répondre à toute une série de fausses informations qui sont données sur ce texte. Donc, nous allons nous donner quelques jours supplémentaires avant le passage en Conseil des ministres, une quinzaine de jours sans doute, ce qui ne change pas grand-chose par rapport au calendrier parlementaire initial qui était prévu”, a déclaré le Premier ministre depuis le Salon de l’agriculture.

Le texte devait à l’origine être présenté le 9 mars en Conseil des ministres. “Le texte pourra être voté comme c’était prévu au mois de mai définitivement à l’Assemblée nationale” avant d’aller au Sénat, a précisé Manuel Valls qui a nié tout recul : “Le recul, ce serait abandonner le texte”.

Pétition et appels à la grève

Le projet de loi – dit El Khomri, du nom de la ministre du Travail qui le défend – est très critiqué par l’ensemble des syndicats et une partie des élus socialistes. Plus de 750 000 personnes ont notamment signé une pétition en ligne, largement relayée sur les réseaux sociaux. À cette vague d’indignation massive, une tribune au vitriol publiée dans Le Monde et signée entre autres par Martine Aubry, a cristallisé la contestation.

La CGT a de son côté appelé à une “journée d’action” le 31 mars. Plusieurs centrales syndicales, qui doivent se réunir jeudi, seraient prêtes à suivre. Sur Facebook, une page appelle à une grève générale le 9 mars dans une soixantaine de villes, tout comme les organisations syndicales étudiantes et lycéennes. De quoi inquiéter le gouvernement.

Le Premier ministre a assuré qu’il recevrait “dans une semaine sans doute” l’ensemble des partenaires sociaux, syndicats et organisations patronales, ajoutant qu’il s’agirait ensuite de “pouvoir les réunir”, avec les ministres Myriam El Khomri et Emmanuel Macron, “pour restituer le débat”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/02/2016

Des bulldozers et une vingtaine d’hommes ont commencé, lundi, à démanteler la zone sud de la “jungle” de Calais, plus grand bidonville de France, où des milliers de migrants survivent dans l’espoir de passer au Royaume-Uni.

Les autorités n’ont pas tardé à passer à l’action après la validation de l’arrêté d’expulsion d’une partie de la “jungle” de Calais. Lundi 29 février, les premiers enlèvements des abris vides situés dans la zone sud du bidonville ont débuté sous la protection d’un important dispositif policier.

>> À (re)voir sur France 24 : “La boue au ventre immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

Deux bulldozers et une vingtaine de personnes d’une entreprise privée mandatée par l’État se chargeaient de démonter une vingtaine d’abris situés sur une zone de 100 mètres sur 100 encadrée par des CRS, mettant les détritus dans une benne. Plusieurs migrants venaient cependant récupérer des affaires personnelles ou des bonbonnes de gaz pour les installer plus loin dans la “jungle”.

“Entre 800 et 1000 personnes” vivent sur cette partie de la “jungle” selon la préfecture, 3 450 selon les associations. La zone nord, qui abrite dans des tentes et cabanes entre 1 100 et 3 500 réfugiés selon les sources, n’était pas concernée par cette décision de justice.

“Démantèlement sans brutalité”

Le 25 février, le gouvernement, qui veut démanteler le plus grand bidonville de France où survivent entre 3 700 et 7 000 migrants – selon les sources – dans l’espoir de passer au Royaume-Uni, avait obtenu gain de cause auprès de la justice administrative pour une évacuation de la zone sud du camp. Une décision contestée par des migrants et des associations, mais les autorités avaient immédiatement assuré qu’elles n’entendaient pas recourir à la force.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait également promis, la même semaine, que le démantèlement de la partie sud de la “jungle” se ferait progressivement, sans “brutalité”. Manuel Valls avait pour sa part assuré que l’évacuation prendrait “le temps nécessaire” pour apporter une “réponse humanitaire” aux migrants en quête d’un passage vers le Royaume-Uni.

Lundi, plus de 30 véhicules de CRS et deux camions anti-émeutes étaient stationnés à l’entrée ouest du camp. Les forces de l’ordre ont pour but de “sécuriser” les maraudes sociales censées offrir des solutions d’hébergement aux migrants du bidonville, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais. Elle a confirmé avoir mis en place “un dispositif de protection des forces de sécurité pour permettre à la société qui procède au retrait des tentes et abris inoccupés d’effectuer son travail”.

Accueillir les migrants dans des centres

Une activiste no border britannique – un mouvement altermondialiste qui lutte pour l’abolition des frontières – a été interpellée lors de cette opération, ont indiqué deux sources policières.

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant au Royaume-Uni, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s’agit de faire partir la population concernée vers les Centres d’accueil et d’orientation (CAO), dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2 700 migrants. Il reste d’autre part 300 places dans le Centre d’accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/02/2016

“Si j’étais américain, je voterais Donald Trump…” a posté Jean-Marie Le Pen sur Twitter, dimanche. Pour l’heure, le milliardaire et favori de la primaire républicaine n’a pas encore réagi à ce soutien venu d’outre-Atlantique.

Jean-Marie Le Pen a apporté son soutien à Donald Trump, candidat à l’investiture républicaine en vue de la présidentielle américaine de novembre 2016. “Si j’étais américain, je voterais Donald Trump… mais que Dieu le protège !”, a écrit, dimanche 28 février, l’ancien dirigeant du Front national (FN) sur son compte Twitter officiel.

Si j’étais américain, je voterais Donald TRUMP… Mais que Dieu le protège !

— Jean-Marie Le Pen (@lepenjm) 27 février 2016

Soutenu par plusieurs personnalités politiques américaines, comme Sarah Palin ou Chris Christie, le magnat de l’immobilier ne compte que très peu d’appuis chez les responsables politiques étrangers. Il est peu probable toutefois que le grand favori des primaires républicaines ne s’en fasse l’écho tant l’image de Jean-Marie Le Pen, exclu du FN en raison de ses propos racistes et antisémites, est controversée aux États-Unis. Pour l’heure, seul son fils, Donald Jr. a “aimé” le tweet de l’ex-leader frontiste de 87 ans.

Donald Trump n’est pourtant pas avare des déclarations populistes et démagogiques qui ont fait la réputation de Jean-Marie Le Pen. Ses attaques contre les Mexicains qualifiés de trafiquants de drogue, de criminels et de violeurs ont suscité de vives critiques aux États-Unis. Tout comme son appel pour un “arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux États-Unis”.

Première publication : 28/02/2016

Rebondissement dans l’affaire Air Cocaïne : un des Français impliqués dans la fuite des deux pilotes condamnés par la République dominicaine va être extradé vers Saint-Domingue par l’Égypte. Il avait été arrêté au Caire début février.

L’Égypte va extrader vers la République dominicaine le Français Christophe Naudin, recherché par Saint-Domingue pour son implication dans la fuite de deux pilotes condamnés à des peines de prison dans l’affaire de trafic de drogue dite “Air Cocaïne”.

“Les procédures pour son extradition vont commencer dimanche”, a indiqué samedi 27 février à l’AFP un haut responsable du ministère égytien de l’Intérieur ayant requis l’anonymat. “Nous venons d’être informés de la décision imminente du procureur général du Caire de l’extradition de mon époux en République dominicaine”, a confirmé à l’AFP Michèle Naudin, la femme de Christophe Naudin.

Ce criminologue et spécialiste de la sûreté aérienne a été arrêté le 4 février au Caire. Il avait aidé à organiser l’exfiltration, fin octobre, des pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés tous deux à 20 ans de prison par la justice dominicaine pour trafic de drogue dans l’affaire Air Cocaïne.

Il avait ensuite dévoilé son rôle sur l’antenne de RTL. “C’était une opération de sauvetage de deux personnes condamnées à mort si elles étaient restées sur place”, avait-il affirmé le 28 octobre. Il avait expliqué avoir organisé “la partie opérationnelle” de la fuite rocambolesque des deux pilotes. “J’ai choisi au dernier moment le transbordement par mer”, avait-il poursuivi, soulignant qu’il se trouvait lui-même “sur le bateau de recueil”.

Les pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos avaient été arrêtés en mars 2013 par les autorités dominicaines aux commandes d’un avion de location chargé de valises contenant 680 kg de cocaïne.

Anciens militaires reconvertis dans l’aviation d’affaires, les pilotes ont toujours clamé leur innocence. En août 2015, ils avaient cependant été condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue.

La France écarte toute extradition

Le 28 octobre, alors qu’ils étaient en liberté conditionnelle avec interdiction de sortie du territoire dans l’attente de l’examen de leur appel, ils avaient fui ce pays des Caraïbes en bateau pour rejoindre l’île antillaise franco-néerlandaise de Saint-Martin avant d’arriver en avion à la Martinique d’où ils avaient gagné, toujours par les airs, la métropole.

Peu après leur retour, les deux pilotes ont été placés en détention provisoire début novembre par la justice française, qui enquête sur ce vaste trafic international de drogue.

Les deux hommes sont également visés par un mandat d’arrêt international émis par la République dominicaine, mais la France a écarté toute extradition.

Le 11 février, la justice dominicaine a confirmé en appel la condamnation à 20 ans de prison pour trafic de drogue des deux pilotes français.

Avec AFP

Première publication : 27/02/2016

Un premier cas de transmission du virus Zika par voie sexuelle a été signalé en France. La femme concernée, contaminée par son compagnon qui revenait du Brésil, où l’épidémie est la plus importante, n’est pas enceinte.

Un premier cas de transmission du virus Zika par voie sexuelle a été constaté en France, a indiqué une source médicale, samedi 27 février. Une information confirmée par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en déplacement en Guyane.

Ce cas de transmission par voie sexuelle, détecté il y a quelques jours, “a eu lieu chez une femme qui n’est pas enceinte. Elle a été contaminée par son compagnon, qui revenait du Brésil”, a déclaré la ministre. Le Brésil est le pays le plus touché par l’épidémie de Zika, avec plus de 1,5 million de personnes contaminées.

Il s’agit du premier cas avéré en France de transmission du virus à une personne sans que celle-ci ait été piquée par un moustique de type Aedes, vecteur de la maladie. Des cas exceptionnels de transmission sexuelle du virus ont déjà été rapportés aux États-Unis au début du mois et Marisol Touraine avait préconisé, il y a une semaine, l’usage du préservatif aux personnes exposées.

Des symptômes bénins le plus souvent

Les femmes enceintes sont particulièrement surveillées, car le virus Zika est soupçonné d’être responsable de cas de malformations congénitales chez les nourrissons, notamment la microcéphalie (malformation de la boîte crânienne). Mais le plus souvent, les symptômes, qui n’apparaissent que dans 20 % des cas, sont bénins : éruption cutanée avec ou sans fièvre, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête.

La ministre de la Santé achève justement en Guyane un déplacement de cinq jours dans les trois départements français touchés par le virus Zika (Guadeloupe, Martinique, Guyane).

En Guyane, seul le littoral est en épidémie, 99 cas étaient biologiquement confirmés au 17 février. La Martinique, aussi en épidémie, est le plus touché des départements français avec plus de 7 600 personnes affectées. La Guadeloupe se trouve “en phase pré-épidémique”, avec 389 cas cliniquement évocateurs.

Avec AFP

Première publication : 27/02/2016