Archive for February 2nd, 2016

La mairie de la capitale française a présenté les résultats du concours “Réinventer Paris”. En tout, 22 projets d’architecture, dont la mise en œuvre devrait créer 2 000 emplois par an, pendant près de trois ans, et modifier le visage de Paris.

Les 22 lauréats du concours “Réinventer Paris” ont été dévoilés, mercredi 3 février, par la mairie de la capitale. Les projets “sont tous variés mais tous répondent à l’image d’un Paris qui n’est pas vitrifié par la nostalgie mais vivant, rayonnant et optimiste”, s’est félicitée la maire de la capitale Anne Hidalgo, lors de cette présentation.

Ces projets vont de lots de quelques centaines de m², comme une parcelle du 20e qui va devenir une auberge de jeunesse avec espaces dédiés à la musique, à presque deux hectares pour un lot dans le 17e avec logements et espaces verts.

En images : les sites de “Réinventer Paris”
  • Ancien conservatoire (13e) © Pablo Katz Architecture

    Ce bâtiment du début des années 1980 abritait jusqu’à début 2014 le conservatoire du 13e arrondissement. Il offre des volumes rares permettant une grande innovation dans les usages, compatibles avec l’accueil d’associations du quartier. (199, bd Vincent-Auriol.)

  • Bains douches Castagnary (15e) © RED

    Située à l’est du 15e arrondissement, la parcelle abrite d’anciens bains-douches dans un bâtiment en briques rouges typique des années 1930. Les architectes ont imaginé un concept dédié à la colocation et au coworking dans un bâtiment écologique. (34, rue Castagnary)

  • Bessières (17e) © AR architectures

    Cet ensemble immobilier construit en 1958 est composé de 244 logements. Il sera transformée en résidence pour les étudiants de 42, l’école d’informatique créée par Xavier Niel. (73-89, boulevard Bessières.)

  • Hôtel particulier Bucherie (5e) © Agence Perrot & Richard

    Cet hôtel particulier construit au XVe siècle pour accueillir la faculté de médecine et achevé au XVIIIe siècle est classé Monument Historique. Les concepteurs veulent y proposer un “Philantro-Lab”, incubateur tourné vers la philanthropie. (15, rue de la Bûcherie.)

  • Buzenval (20e) © Studios d’architecture Ory et Associés

    Il s’agit d’un terrain nu de 336 m² localisé dans le 20e arrondissement, non loin de la place de la Nation. Il proposera un concept d’auberge de 142 lits et des espaces alternatifs. (61, rue de Buzenval.)

  • Clichy – Batignolles (17e) © PCA – Philippe Chiambaretta Architecte

    Le site de Clichy – Batignolles est situé à l’ouest de Paris dans le 17e arrondissement. Le “Stream Building” va accueillir des bureaux conçus pour des travailleurs mobiles.

  • Hôtel de Coulanges (4e) © DR

    L’hôtel de Coulanges est un hôtel particulier construit aux XVIIe et XVIIIe siècles et situé rue des Francs-Bourgeois (au 35-37), au cœur du quartier du Marais. Il va devenir un lieu au service de la mode, de la création et du design.

  • Edison (13e) © Manuelle Gautrand Architecture

    Le terrain est une parcelle vide de plus de 400 m², inscrite au cœur du 13e arrondissement. Elle devrait accueillir des logements dotés d’espaces de vie partagés, ainsi que d’un toit-potager. (67-69, rue Edison.)

  • Gambetta (20e) © Secousses atelier d’architecture

    Ce bien immobilier est constitué de plateaux anciennement occupés par un garage automobile et un parc de stationnement intégrés à une copropriété de 12 logements. L’endroit sera dédié à la danse. (205, avenue Gambetta.)

  • Italie (13e) © L35 Architectos

    Situé à côté de l’un des plus grands centres commerciaux de Paris, “Italie 2”, ce terrain proposé est une vaste esplanade publique. Dans le futur immeuble, une garderie verra le jour, et une place importante sera accordée aux enseignes innovantes. (2, avenue d’Italie.)

  • Gare Masséna (13e) © DGT (Dorell.Ghotmeh.Tane / Architects)

    L’ancienne gare Masséna a été rachetée par la Ville de Paris. Ce lieu accueillera de nouveau du public et proposera des échanges directs, à l’échelle locale, entre producteurs et consommateurs dans le secteur alimentaire. (1-3, rue Regnault)

  • Morland (4e) © David Chipperfield Architects

    Installé entre l’Île Saint-Louis et le quartier du Marais, l’immeuble Morland offre un panorama inédit, à 180° sur Paris et au-delà. Il accueillera des commerces, une crèche de 66 places, 5 000 m² de logement social, ainsi qu’un hôtel et des bureaux. (17, bd Morland.)

  • Ordener (18e) © Hubert & Roy Architectes Associés, Olivier Donnet (perspectiviste)

    Sur cette parcelle allongée de 1 800 m² autrefois occupée par la SNCF, un futur bâtiment va être construit. On y trouvera une crèche de 40 places et un programme de logement d’environ 25 logements. (183, rue Ordener.)

  • Ourcq Jaurès (19e) © Corentin Perrichot

    Le terrain est situé entre le canal de l’Ourcq, qui relie Paris et Saint-Denis et la Petite Ceinture ferroviaire. La “ferme du rail” accueillera des personnes en insertion et des étudiants en horticulture. (2 bis, rue de l’Ourcq.)

  • Paris Rive Gauche (13e) © Xtu Architectes

    Le lot M5A2 est le dernier lot restant à urbaniser dans le quartier Masséna, au cœur de la zone d’aménagement concerté (ZAC) Paris Rive-Gauche. Projet composé de trois bâtiments de logements, mais aussi de lieux pour chercheurs et artistes. (rue J.-Antoine de Baïf.)

  • Pershing (17e) © DR

    Ce lieu est actuellement un parc de stationnement d’autocars. Le projet “Mille Arbres” comprend un parc, des crèches, une halte-garderie et une rue avec des restaurants. (16-24, boulevard Pershing.)

  • Piat (20e) © VSA – Vincent Saulier Architecte

    Situé au cœur du quartier de Belleville, ce terrain nu de 275 m² est à deux pas du parc de Belleville. Il devrait accueillir 24 étudiants en architecture. (57-59, rue Piat.)

  • Pitet – Curnonsky (17e) © Pichet-NLA

    Cet ensemble immobilier construit dans les années 1970 va être réhabilité en trois bâtiments totalisant 76 logements. L’accent sera mis sur le concept de “Jardins habités”. (5-10 rue Pitet.)

  • Poterne des peupliers (13e) © Compagnie de Phalsbourg

    Ancien délaissé de voirie (parcelle du domaine public routier) résultant de la construction du périphérique, ce terrain dispose de plus de 2 000 m². Il accueillera une plateforme de logistique urbaine et un funérarium. (Rue Sainte-Hélène.)

  • Sous-station Voltaire (11e) © Plasticine – Olivier Palatre Architectes

    La sous-station électrique Parmentier, construite au début du XXe siècle, abrite actuellement le collectif d’artistes “La Générale”. Plusieurs salles de cinéma et un restaurant ouvriront dans ce bâtiment. (14, avenue Parmentier.)

  • Ternes-Villiers (17e) © Bnp Paribas Real Estate / Jacques Ferrier Architectures / Chartier Dalix Architectes / SLA Paysagistes / Splann (Projet/Document non contractuel)

    Sur cette tranchée ouverte au-dessus du périphérique au niveau de Ternes-Villiers-Champerret, le projet “Ternes Mulistrates”. Il comprendra des bureaux et 70 lots de logements en accession, des logements sociaux et des commerces. (Ternes / Villiers / Champerret.)

  • Triangle Eole – Evangile (19e) © TVK

    Le secteur du Triangle Évangile est situé au Sud des anciens entrepôts Macdonald, et au Nord-Est de la gare du RER Eole Rosa-Parks. Il sera transformé pour créer le premier quartier entier “zéro carbone”. (198, rue d’Aubervilliers.)

Le spectaculaire concept “Mille Arbres” prévoit notamment dans le 17e la construction d’un “village” et sa forêt sur le périphérique. Des anciens Bains-Douches du XVe deviendront pour leur part des espaces de colocation étudiante. Un ancien bâtiment du 20e va se transformer en un “incubateur” de chorégraphie, alors que sur un site de l’ancienne gare Masséna dans le 13e, une “Tour de Babel écologique” en bois abritera une ferme agricole.

Dans le 13e, “In Vivo”, un nouveau bâtiment de logements avec terrasse productrice de légumes, présentera une bio-façade avec culture de micro-algues pour la recherche biomédicale. Un projet de “jardins habités” avec ses petits immeubles de bois végétalisés associera également propriétés et logements locatifs sociaux dans le 17e.

Un site n’a pas été attribué, faute d’innovations suffisantes, mais les 22 autres projets, dont de nombreux dans le nord-est et le sud-ouest de la capitale, devraient être réalisés “dans un temps record”, d’ici à 2020, selon Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Un projet qui n’a “jamais été fait ailleurs”

Ils représentent un investissement privé de plus de 1,3 milliards d’euros et rapporteront 565 millions de recettes à la Ville par le biais de la vente ou de la location à long terme des terrains. Leur mise en œuvre devrait créer 2 000 emplois par an, pendant un minimum de trois ans, dans le secteur du BTP.

“Mélanger l’ensemble de ces innovations, écologiques, sociales, sociétales, faire travailler ensemble le secteur privé avec des associations de quartiers, avec de l’habitat participatif, cela donne quelque chose qui n’a jamais été fait ailleurs”, a insisté Anne Hidalgo.

Fin janvier 2015, le concours avait rassemblé 815 candidatures du monde entier. Après une première sélection, le jury, composé de personnalités de plusieurs domaines, a réduit à 22 les lauréats.

Découvrez les lauréats de l’appel à projets urbains innovants de Paris : https://t.co/X70aruLf8l#RéinventerParispic.twitter.com/OOP4AHm4Uw

— Paris (@Paris) 3 Février 2016

Avec AFP

Première publication : 03/02/2016

Après “La Vie d’Adèle”, l’association catholique traditionaliste Promouvoir obtient l’annulation du visa d’exploitation d'”Antichrist”, le film de Lars von Trier, sorti en 2009. En cause : des scènes “de très grande violence” et “de sexe non simulé”.

Après “La Vie d’Adèle”, c’est au tour d'”Antichrist” de passer sous les fourches caudines de la censure. Mercredi 3 février, la justice française a annulé le visa d’exploitation du film de Lars von Trier en raison de “scènes de très grande violence” et de “scènes de sexe non simulées”.

Sorti en 2009, le long-métrage danois qui avait valu à Charlotte Gainsbourg un prix d’interprétation au Festival de Cannes comporte, selon la cour administrative d’appel de Paris, des scènes qui ont “un degré de représentation de la violence et de la sexualité qui exige, au regard des dispositions réglementaires applicables, une interdiction à tous les mineurs”. De ce fait, le ministère de la Culture “a commis une erreur d’appréciation en se bornant à interdire sa diffusion aux seuls mineurs de moins de 16 ans”, a fait savoir la cour.

Ce n’est pas la première fois qu'”Antichrist” fait face à pareille sentence puisque son visa avait déjà été annulé par deux fois pour vice de forme par le Conseil d’État, en 2009 et en 2012, et un nouveau visa avait été accordé à chaque fois par le ministère de la Culture. L’annulation du visa d’exploitation, c’est-à-dire l’autorisation administrative nécessaire à toute exploitation dans les salles – empêche la diffusion du film sur tout support (télévision, DVD, etc.), jusqu’à ce qu’un nouveau visa soit accordé.

Une association proche des milieux catholiquestraditionnalistes

Derrière cette nouvelle déclassification se cache Promouvoir, à l’origine de la saisie de la justice. En décembre, cette association, proche des milieux catholiques traditionnalistes, avait déjà obtenu de la justice que l’interdiction aux moins de 12 ans de “La Vie d’Adèle”, Palme d’or à Cannes, soit réexaminée. Elle avait aussi réussi cet été à faire interdire aux moins de 18 ans “Love”, de Gaspar Noé, une histoire d’amour avec des scènes de sexe non simulées qui avait été au départ simplement interdit aux moins de 16 ans.

Promouvoir ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Selon Le Canard enchaîné, l’association entend obtenir une nouvelle hausse de restriction d’âge, cette fois-ci pour “Bang Gang”, premier film d’Eva Husson interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en janvier.

>> Sur France 24 : “La croisade d’une association catholique contre le sexe au cinéma”

Avec AFP

Première publication : 03/02/2016

Depuis quelques jours, les alertes à la bombe se multiplient dans des lycées, en France mais aussi au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Japon et en Australie. Un groupe nommé Evacuation Squad revendique toutes les alertes.

Les théories du complot ne feraient pas mieux. Un groupe opérant à l’échelle mondiale serait derrière les dizaines d’alertes à la bombe ayant frappé des lycées en France, au Royaume-Uni, aux États Unis, au Japon et en Australie ces derniers jours. Leur nom ? “Evacuation Squad” (le groupe d’évacuation).

À chaque fois, le modus operandi est le même. Un appel enregistré prévient de l’imminence d’une attaque : soit une bombe déposée dans l’établissement, soit un homme qui s’apprête à commettre un massacre à l’arme à feu. Par mesure de précaution, le lycée est alors évacué. La police ne découvre rien. Pour le moment, les enquêteurs n’ont que peu de pistes exploitables. Les appels sont passés de manière anonyme via un compte VoIP (compte permettant d’appeler via Internet).

Une vague mondiale de fausses alertes

En France, la première alerte de ce genre a eu lieu le 26 janvier dans cinq établissements prestigieux de Paris : Henri-IV, Condorcet, Louis-le-Grand, Montaigne et Fénelon. Des évènements similaires se sont produits les 28 janvier et 2 février. La nuit du 1er février, c’est une dizaine de lycées du New Jersey, aux États-Unis, ainsi que plusieurs établissements du Queensland, en Australie, qui ont été victimes de ce canular. D’autres alertes ont été relevées au Royaume-Uni, à Glasgow et Birmingham notamment.

Entre 5 et 50 dollars l’évacuation

Il y a quelques jours, un mystérieux groupe a revendiqué sur Twitter l’intégralité de ces appels. Le compte en question a été supprimé depuis.

Did anyone notice the ‘Evacuation Squad’ logo on 7.30 was a copy of the Hezbollah and URGC logos? #auspol@emilygianpic.twitter.com/hTnHESjbdm

— Bren Carlill (@BBCarlill) 3 Février 2016

Dans un autre document publié sur plusieurs plateformes, le groupe “Evacuation Squad” se présente. Il dit être composé de six membres habitant différents pays et affirment mettre gratuitement leur service à disposition pour “pouvoir sécher les cours ou détourner l’attention de la police” jusqu’en mars. Après cela, ils feront payer leur “prestation” entre 5 et 50 dollars. Paiement en Bitcoin exigé.


Des motivations floues

Les motivations du groupe restent obscures. Dans son message, il indique simplement aimer “créer le chaos” et détester “le gouvernement américain” et “l’autorité”. Sur la page Twitter maintenant supprimée, même mélange des genres. On y voit une photo de profil à l’effigie de Poutine à côté du drapeau du Hezbollah.

Mashable Australia a échangé avec l’un des membres d'”Evacuation Squad” par mail. “Nous lançons ces alertes car cela nous fait rire”, a affirmé l’homme qui se surnomme Olyavitch. Il affirme que le groupe opère à partir d’un compte d’appel volé de type Skype et que celui-ci est bien fourni en crédits téléphoniques. “Nous nous apprêtons à frapper des écoles à travers l’Europe”, prévient Olyavitch. “Nous n’avons pas peur des conséquences, car ceux qui lancent les menaces sont basés en Russie et en Iran.”

Pour le moment, la police française affirme que la piste du groupe organisé n’est qu’une possibilité parmi d’autres. Dans le contexte d’état d’urgence, ces menaces continuent d’être prises très au sérieux.

Première publication : 03/02/2016

Le gouvernement souhaite que l’état d’urgence, objet de nombreuses critiques, soit prolongé en France de trois mois. Le temps que la loi sur les nouvelles procédures judiciaires soit mise en œuvre.

Le gouvernement souhaite que l’état d’urgence soit prolongé en France jusqu’à ce que la loi sur les nouvelles procédures judiciaires, qui en reprendra les principaux instruments, soit mise en œuvre, a déclaré mercredi 3 février le porte-parole Stéphane Le Foll.

Aussi le conseil des ministres a-t-il demandé que la disposition soit prolongée de trois mois au-delà du 26 février, terme fixé par la loi adoptée après les attentats du 13 novembre. Cette extension sera examinée en séance publique par les sénateurs mardi prochain, puis par les députés le 16 février.

Décrété par François Hollande dans la foulée des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, l’état d’urgence a été prolongé une première fois de trois mois.

>> À lire sur France 24 : “Un “dispositif de contrôle” parlementaire pour surveiller l’état d’urgence

Ce dispositif, prévu à l’origine par une loi de 1955, permet notamment de mener des perquisitions administratives ou de prononcer des assignations à résidence sans accord préalable d’un juge, des mesures jugées dangereuses pour les associations de défense des droits de l’Homme.

“Utile dans la lutte contre le terrorisme”, selon Le Foll

“Cet état d’urgence est utile dans la lutte contre le terrorisme”, a précisé Stéphane Le Foll, évoquant une menace terroriste “à un niveau extrêmement élevé”. “L’application de l’état d’urgence se fait avec le respect du droit”, a-t-il ajouté en référence aux critiques dont la disposition fait l’objet depuis son entrée en vigueur.

Mi-janvier, cinq rapporteurs des Nations unies spécialisés dans les droits de l’Homme avaient estimé que l’état d’urgence ainsi que la loi sur la surveillance des communications électroniques “imposaient des restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales”.

Les opposants à la prolongation de l’état d’urgence et à son inscription dans la Constitution ont manifesté samedi à Paris et dans plusieurs dizaines de villes de France.

Avec Reuters

Première publication : 03/02/2016

Environ 80 Roms, dont de nombreuses familles, ont été évacués mercredi matin de leur bidonville installé sur une ancienne voie ferrée, dans le nord de Paris, à la demande du propriétaire du terrain, SNCF Réseau.

8 h 15, mercredi matin. Josie marche le long de la voie de chemin de fer désaffectée, dans le nord de Paris. Sous une pluie fine, un ciel lourd et un vent froid, cette Parisienne s’indigne de l’évacuation du camp de Roms qui a eu lieu le matin même, mercredi 3 février, aux aurores, en bas de chez elle. “J’habite juste à côté, j’ai entendu les tractopelles ce matin très tôt, alors je suis descendue pour regarder les policiers évacuer les gens”, raconte cette quinquagénaire, “militante très socialiste”, le regard posé en contrebas sur les premiers baraquements détruits. “C’est important qu’ils sachent qu’on les regarde faire, c’est important qu’ils travaillent sous notre désapprobation”, ajoute-t-elle sévèrement.

L’évacuation de ce camp de 300 Roms, en plein trêve hivernale, installé sur la Petite Ceinture, entre les portes des Poissonniers et la porte de Clignancourt dans le 18e arrondissement de la capitale, a débuté vers 6 h 30. Ce n’est pas vraiment une surprise : après deux jugements du tribunal de grande instance de Paris, rendus fin 2015, la justice avait ordonné le demantèlement des baraquements qui s’étaient multipliés depuis le printemps 2015 sur un terrain appartenant à SNCF Réseau.

La préfecture de Paris, qui préfère le terme “mise à l’abri” de ces populations vulnérables, justifie surtout son action par les conditions sanitaires déplorables qui prévalent dans le camp. “[…] Les services de police ont constaté l’implantation de 135 cabanons, au fort caractère d’insalubrité et des conditions d’hygiène particulièrement alarmantes […] laissant craindre la survenance d’un incendie”, ont souligné les autorités.


Le camp, sur une ancienne voie ferrée, est plus ou moins dissimulé au regard des passants. © France 24

“Il n’y a pas eu de cohue”

À l’arrivée des forces de l’ordre, moins de 100 personnes dormaient dans ce bidonville de bois et de tôles, surnommé “la petite jungle de Calais”. “Quand la police est arrivée, il y avait environ 80 personnes dans le camp”, explique Manon Fillonneau, membre du collectif RomEurope, présente sur les lieux depuis deux heures, et grelottant de froid. “Comme il y avait peu de gens, essentiellement des familles avec enfants, tout s’est déroulé dans le calme. Il n’y a pas eu de cohue”, précise-t-elle.

Les autres occupants, qui savaient que l’expulsion était imminente, étaient déjà partis. Les associations estiment que la moitié des 20 000 Roms vivant en France résident en Île-de-France. Les absents du camp du 18e ont donc peut-être trouvé refuge dans des bidonvilles alentour. “D’autres sont peut-être aussi repartis en Roumanie”, précise Philippe Goossens, spécialiste des Roms à la Ligue des droits de l’Homme, présent lors de l’évacuation des lieux, aux côtés d’Amnesty International ou encore Médecins du Monde. “Il n’est pas rare qu’ils rentrent provisoirement dans leur pays, pendant quelques semaines, avant de revenir en France”.

Hébergements d’urgence, “et après ?”

Vers 8 h, il n’y avait plus âme qui vive dans la “petite jungle parisienne”. Les policiers ont inspecté une dernière fois les lieux avant l’arrivée des bulldozers. Avant le lever du jour, les occupants du camp, leurs maigres valises sous le bras, sont tous montés dans des bus affrétés par la mairie pour se rendre dans des centres d’hébergements en Île-de-France. “Ils ont été dirigés vers Gennevilliers, Conflans-Saint-Honorine, Stains, Les Ulis, Noisy-le-Grand…”, indique Philippe Goossens. “Mais que va-t-il se passer après ? C’est toujours la même histoire. Ces hébergements d’urgence les accueillent pendant une quinzaine de nuitées, et après, c’est le retour à la rue”, ajoute-t-il. Manon Fillonneau, à ses côtés, ironise : “C’est toujours plus facile d’expulser plutôt que de trouver des solutions durables”.


Les policiers inspectent le camp une dernière fois avant l’arrivée de bulldozers. © France 24

Pour Deniser, un père de famille roumain interrogé par l’AFP, le départ a été mal vécu. “Ici il y avait des rats, mais c’était mieux qu’en Roumanie”, a-t-il confié avant de grimper avec femme et enfant dans un des bus. “On est Européens, pourquoi on n’a pas de droits ?”

Selon un récent rapport associatif, plus de 11 000 Roms ont été évacués de force de leurs campements en France en 2015, avec peu de solutions de relogement à la clé. L’année passée a notamment été marquée par l’évacuation, en août, du bidonville du Samaritain à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, l’un des plus anciens de France, où vivaient aussi quelque 300 personnes.

Une nouvelle expulsion injuste qui aggrave la santé et stigmatise les roms. Les pouvoirs publics irresponsables. pic.twitter.com/l3wcR1YDHw

— Médecins du Monde (@MdM_France) 3 Février 2016



Première publication : 03/02/2016

Une boucherie halal et un kebab du centre-ville de Propriano, en Corse, ont été la cible d’une trentaine de tirs “à l’arme de guerre” dans la nuit de mardi à mercredi. Il n’y a aucune victime, selon le procureur d’Ajaccio.

Les façades d’une boucherie halal et d’un kebab ont été mitraillées dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 février à Propriano, station balnéaire du sud de la Corse. Les établissements, qui se trouvent en centre-ville, ont été la cible d’une trentaine de tirs “à l’arme de guerre”, a indiqué le procureur de la République d’Ajaccio, Éric Bouillard, cité par France 3 Corse.

Au total, 56 impacts de balles tirées par une arme de calibre 9 mm ont été relevés sur la devanture des établissements qui sont voisins, a-t-il précisé. Il n’y a pas eu de victime.

>> Sur France 24 : “Les actes antimusulmans ont triplé en France en 2015”

En 2013, la boucherie avait été déjà visée par des tirs similaires, rapporte la chaîne de télévision locale. L’action de cette nuit n’a pas été revendiquée. Aucune inscription n’a été relevée sur place, selon les premiers éléments de l’enquête, qui a été confiée à la brigade de Sartène et à la section de recherches de la gendarmerie.

Les tirs contre un restaurant et une boucherie halal à Propriano sont des actes intolérables. Ils imposent notre condamnation unanime.

— Manuel Valls (@manuelvalls) 3 Février 2016

Sur Twitter, le Premier ministre, Manuel Valls, a dénoncé des “actes intolérables” qui “imposent notre condamnation unanime”.

Trois nouvelles interpellations dans le cadre des troubles de Noël

Fin 2015, entre Noël et le Nouvel An, l’île avait connu des tensions après l’agression de pompiers dans un quartier sensible d’Ajaccio comptant une importante population d’origine maghrébine. Des manifestations émaillées de slogans racistes avaient suivi et une salle de prière musulmane avait été vandalisée, sans faire de victimes.

Mercredi, trois hommes ont été interpellés à Ajaccio dans le cadre de l’enquête sur les troubles survenus la nuit de Noël. Les trois individus ont été arrêtés dans le quartier des Jardins de l’Empereur, où avait eu lieu l’agression, qui surplombe Ajaccio, et placés en garde à vue au commissariat de police.

C’est la quatrième série d’interpellations depuis le 25 décembre dans cette affaire. Aucune interpellation n’a eu lieu pour l’instant pour les débordements survenus lors des manifestations dans les jours qui ont suivi.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 03/02/2016

Myriam el-Khomri, ministre du Travail et de l’Emploi, est l’invitée de Mardi politique. Elle revient sur le débat sur la déchéance de nationalité et sur la sortie du livre de l’ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira.

Myriam el-Khomri est interrogée par Florent Guignard (RFI), Roselyne Febvre (France 24) et Lilian Alemagna (Libération).

Première publication : 03/02/2016