Archive for February 3rd, 2016

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Le pari est fou. Relier par le train le port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, à celui de Cotonou, au Bénin… en passant par Niamey, au Niger. Des milliers de kilomètres de rail, à travers quatre pays, des déserts et des forêts tropicales. Ce projet, déjà initié à l’époque coloniale, est le rêve de l’industriel français Vincent Bolloré, qui a investi 2,5 milliards d’euros. Les travaux ont commencé, mais entre polémiques, instabilités politiques et risques sécuritaires, les obstacles sont nombreux.

Seules quelques photos jaunies témoignent du début du chemin de fer en Afrique de l’Ouest. Au début du XXe siècle, sous les ordres de colons français, des centaines de personnes sont sommées d’ouvrir la voie. Entre la Côte d’Ivoire et le futur Burkina Faso, cette main-d’œuvre maltraitée, sous-nourrie et pas toujours payée, pose les premiers rails entre Abidjan et Ouagadougou. L’enjeu commercial et économique est immense pour la région. Jamais depuis cette époque l’idée d’une grande boucle ferroviaire en Afrique de l’Ouest ne sera abandonnée. Mais elle ne sera jamais réalisée.

Un siècle plus tard, l’industriel français Vincent Bolloré jure d’y parvenir, et enfin, de relier par le train Abidjan à Cotonou, au Bénin. Trois mille kilomètres au total. Pour cela, 1 500 km de rails doivent être construits et 1 500 autres rénovés.

À six mains et trois caméras, nous nous sommes lancés à notre tour sur la route du train Bolloré, parcourant des milliers de kilomètres à travers l’Afrique de l’Ouest.

Premier voyage, de Ouagadougou à Abidjan

La ligne qui relie les capitales burkinabè et ivoirienne est aujourd’hui la seule à transporter des voyageurs en Afrique de l’Ouest. Six trains effectuent le trajet chaque semaine, et si l’heure de départ est fixe, impossible de connaître l’heure d’arrivée… Les embûches sont nombreuses sur ces voies datant de l’époque coloniale. Nous aurons quant à nous pris quelques heures de retard à cause d’une cassure, faisant risquer le déraillement. Finalement, notre voyage aura duré 36 heures.

Ce chemin de fer est aussi le témoin d’un demi-siècle d’histoire entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Il ne s’est presque jamais arrêté de rouler. Pendant la crise ivoirienne de 2002 à 2011, la liaison n’a été interrompue que quelques mois. Plus récemment, elle ne l’a été que quelques jours en 2014, lors de la chute du président burkinabè Blaise Compaoré, et en 2015, quand une tentative de coup d’État a ébranlé le pays. Autant d’évènements que les cheminots ont souvent vécus depuis leur locomotive.

Très unis, beaucoup d’employés de la Sitarail, l’entreprise de chemin de fer, sont passionnés. Roger Kambou veille depuis 37 ans sur les voyageurs et leur sécurité. À quelques mois de la retraite, il nous dit sa satisfaction d’avoir réalisé son rêve de devenir chef de gare. “Quand j’étais adolescent, alors que je me rendais au lycée, j’ai pris le train pour la première fois. Je n’avais jamais vu une machine pareille, je la trouvais incroyable ! J’ai vu cet homme sur le quai, bien habillé, une casquette sur la tête, un sifflet à la bouche et je me suis dit qu’un jour, j’aimerais être à sa place”, sourit-il.

À bord, les discussions vont bon train entre voyageurs. On croise aussi les employés chargés de balayer sans cesse, afin que les wagons restent propres, ainsi que les policiers chargés de la sécurité du train. Car l’on craint de plus en plus les attaques. Sur la route du train aussi, le terrorisme est un nouvel ennemi. Une menace qui n’a jamais été aussi présente que lors de notre voyage suivant.

Deuxième voyage, au Niger

Nous avons quitté les tropiques et l’océan pour nous rendre plus au nord, au Niger. Le pays est l’un des plus pauvres au monde et son territoire difficile à contrôler. Les incursions des djihadistes de Boko Haram y sont régulières et parfois meurtrières.

Avant même de prendre la route vers le sud-est du pays, les hommes du groupe Bolloré avec lesquels nous voyageons nous remettent une liste avec les consignes de sécurité. Tous les risques possibles dans la capitale, Niamey, y sont recensés, et ils sont nombreux. Mais l’industriel français n’a peur de rien, ses équipes non plus. Menées par Ange Mancini, conseiller de Bolloré et ancien patron du Raid, la force d’élite de la police française, elles semblent rompues à tous les risques…

Reste que notre tournage devient difficile. Nous sommes sous escorte, les forces de l’ordre sont sur le qui-vive à chaque instant. Nous ne pouvons descendre des voitures que de courts instants. Sur place, nous rencontrons des ouvriers qui, malgré les dangers et sous une chaleur étouffante, posent les rails du futur train.

Le Niger est une étape clé de la boucle ferroviaire. On y trouve des minerais, et notamment de l’uranium. Avec les produits agricoles tels que le café, le coton et le cacao, ce sont tous ces flux que le groupe Bolloré espère capter. De l’arrière-pays jusqu’aux ports, l’industriel français détient quinze concessions portuaires en Afrique, dont celle d’Abidjan, Cotonou et Lomé, au Togo, espérant ainsi renforcer sa position d’acteur incontournable. Mais ses méthodes suscitent parfois la polémique, comme nous le constaterons par la suite.

Troisième voyage, au Bénin

Nous prenons ensuite la direction du Bénin voisin. Ici, les crispations autour du train sont fortes, les esprits échauffés. Nous en faisons les frais. Lors de notre tournage, devant la gare centrale de Cotonou, récemment reconstruite par Bolloré, nous avons bien failli être lynchés par une trentaine de cheminots en colère…

Nous étions en fait accompagnés par l’un des plus fervents “opposants” au groupe Bolloré, ce qui ne leur a pas plu…. En effet, avant Bolloré, c’est le milliardaire d’origine béninoise Samuel Dossou qui se serait vu confier par les autorités la réalisation des travaux du chemin de fer au Bénin et au Niger. Mais Bolloré a été plus rapide. Il s’est lancé sans aucun contrat de concession, sur la seule parole des chefs d’États, et en s’assurant le soutien des cheminots par le paiement de tous les arriérés de salaires.

Les anti-Bolloré accusent le groupe français de néocolonialisme… et les pro défendent le milliardaire. Chaque camp est à couteaux tirés. Tous attendent désormais une décision de la justice béninoise, qui doit trancher le litige.

Le gigantesque train ouest-africain sifflera-t-il un jour ? Les enjeux économiques sont énormes. Outre les milliers de passagers dans la région, le train est surtout destiné à transporter des tonnes de marchandises (uranium, minerais, coton ou cacao…). Acteur influent de la sous-région, l’industriel français deviendrait alors incontournable. Mais il promet aussi de changer le visage du territoire et, en créant un train, de relier les peuples entre eux.

Par Anna SYLVESTRE-TREINER , Emmanuelle SODJI , Arnaud FROGER

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Alors que Julian Assange vit reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres depuis trois ans pour échapper à un mandat d’arrêt européen, un groupe de travail de l’ONU a jugé illégale la détention du fondateur de WikiLeaks.

Le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire estime illégale la détention du fondateur de WikiLeaksJulian Assange, qui vit reclus dans l’ambassade équatorienne à Londres pour échapper à un mandat d’arrêt européen émis par la Suède.

Cette annonce a été faite jeudi 4 février par une porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères, alors que la justice de ce pays cherche à interroger l’Australien dans une affaire de viol. “Nous pouvons simplement constater que le groupe de travail est arrivé à une autre conclusion que les autorités judiciaires suédoises”, a-t-elle déclaré.

Un peu plus tôt dans la journée, Julian Assange avait affirmé que si le groupe de travail, dont les conclusions sont officiellement attendues vendredi, lui donnait raison, il attendait “la restitution immédiate de (son) passeport et la fin de toute nouvelle tentative de (l)’arrêter”.

Dans l’hypothèse inverse, l’Australien de 44 ans avait assuré qu’il se rendrait à la police britannique. “Si l’ONU annonce demain que j’ai perdu mon affaire contre le Royaume-Uni et la Suède, je sortirai de l’ambassade vendredi à midi pour être arrêté par la police britannique”, a-t-il expliqué dans un communiqué.

Une affaire ultra-médiatisée

Cet homme de 44 ans est accusé par une Suédoise d’un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010. Il vit reclus depuis juin 2012 dans l’ambassade équatorienne de Londres.

>> À lire sur France 24 : “Julian Assange, ‘un trophée anti-américain’ cloîtré depuis un an”

Depuis ses débuts, cette affaire ultramédiatisée s’est enlisée dans une série de complications juridiques et diplomatiques qui n’ont laissé aucune chance de connaître la vérité. Julian Assange clame son innocence, affirmant que les relations sexuelles étaient consenties, mais il s’est toujours dérobé aux convocations de la justice.

Visé par un mandat d’arrêt européen, il refuse de se rendre en Suède de peur d’être extradé vers les États-Unis, où il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks en 2010 de 500 000 documents classés secret défense sur l’Irak et l’Afghanistan et 250 000 communications diplomatiques.

En septembre 2014, Julian Assange avait déposé plainte contre la Suède et la Grande-Bretagne auprès d’un groupe de travail sur la détention arbitraire (WGAD), organisme mandaté par l’Organisation des Nations unies, pour faire reconnaître son confinement dans l’enceinte de l’ambassade équatorienne depuis bientôt quatre ans comme une détention illégale.

>> À lire sur France 24 : “Le cas Assange, une affaire qui ne met personne d’accord”‘

Avec AFP

Première publication : 04/02/2016

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Les 12 pays membres de la future zone de libre échange du Pacifique ont adopté l’accord final d’un traité qui est critiqué de toute part. Les principaux gagnants de ce texte seraient les multinationales.

Ils ont signé les 6 000 pages qui donnent naissance à la plus vaste zone de libre-échange du monde, jeudi 4 février à Auckland, en Nouvelle-Zelande. Les négociateurs des 12 pays concernés par le TPP (Trans Pacific Program) – États-Unis, Canada, Mexique, Chili, Pérou, Japon, Malaisie, Vietnam, Singapour, Brunei, Australie et Nouvelle-Zélande – discutaient depuis 2008 sur une disparition des droits de douanes concernant d’importants volets de leurs économies, afin de doper le commerce.

Cet accord ne marque cependant pas encore l’aboutissement de l’histoire du TPP. Le texte doit encore être ratifié par les parlements des 12 pays membres, et la tâche s’annonce des plus ardues. Car ce traité de libre échange a réussi à mettre tout le monde – ou presque – d’accord contre lui. Les principaux candidats à l’élection américaine (d’Hillary Clinton à Donald Trump) y sont opposés, la Chine voit l’accord d’un mauvais œil, des représentants de l’ONU l’ont vivement critiqué et plusieurs économistes dénoncent un effet attendu limitée pour la plupart des États signataires.

Aux États-Unis, les candidats d’accord pour ne pas être d’accord. Pour la crédibilité du TPP, une ratification du texte par les États-Unis est essentielle. Le président Barack Obama y est favorable… mais il est bien seul. La favorite démocrate Hillary Clinton trouve beaucoup à redire au texte “dans sa forme actuelle”. Son adversaire de gauche, Bernie Sanders, dénonce un traité qui fait le jeu des multinationales, et le républicain Donald Trump ne voit pas l’intérêt de l’accord pour les travailleurs américains.

Il faudrait donc que le TPP soit ratifié avant les élections de novembre 2016. Problème : les républicains, majoritaires dans les deux chambres, ont laissé entendre “qu’il y a encore beaucoup de travail à faire [sur ce texte]”. Les parlementaires opposés à l’actuel président semblent prêts à laisser traîner le dossier jusqu’aux élections pour ne pas laisser Barack Obama partir avec une dernière victoire politique.

Un prix Nobel et l’expert aux droits de l’Homme de l’ONU contre les multinationales toutes puissantes. Une clause précise du traité a suscité de vives critiques : le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États. Il permet aux entreprises privées de poursuivre devant des tribunaux d’arbitrage internationaux des États dont la réglementation contrevient à l’une des nombreuses dispositions comprises dans les 6 000 pages du traité. Les pays signataires n’ont, en revanche, pas la possibilité d’attaquer en justice des entreprises dont les activités seraient contraires au TPP.

C’est ce qui en ferait “un traité à tuer”, pour le prix Nobel d’économie 2001 Joseph Stiglitz et un texte “qui présente des défauts fondamentaux”, d’après un expert du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. La possibilité offerte aux entreprises de contester des lois en se fondant sur un traité négocié en secret serait, pour eux, un affront aux principes démocratiques.

Pourtant ce genre de clause existe dans de nombreux accords commerciaux déjà en vigueur. Mais aucun n’a un champ d’application aussi vaste : le TPP concerne 2 400 milliards de dollars d’échanges commerciaux par an et couvre des secteurs aussi divers que l’agriculture, l’industrie pharmaceutique ou encore les nouvelles technologies et le secteur automobile.

La Chine contre-attaque. “Nous ne pouvons pas laisser des pays comme la Chine écrire les règles de l’économie mondiale”. C’est en ces termes que le président américain Barack Obama a justifié l’urgence de signer le TPP, en octobre 2015. Pékin est, en effet, exclu de ce traité, voulu par Washington pour contrebalancer l’influence chinoise en Asie.

Une position commercialement hostile qui n’est pas du goût de la superpuissance asiatique. Elle a donc mis en chantier, depuis 2012, son propre projet de zone de libre échange concurrent qui couvre le même espace en Asie. Le traité final doit être signé entre les 16 pays membres en novembre 2016. Ces deux dispositifs pourront-ils subsister côte à côte ?

Des économistes dubitatifs. Un effet plutôt positif pour le commerce et la croissance, mais neutre pour l’emploi dans la plupart des pays.

Ce sont les Vietnamiens et les Malaisiens qui ont le plus à gagner dans l’histoire : leur économie devrait croître de 23,7 % et 6,4 %, respectivement, d’ici à 2025 grâce à la hausse des échanges et aux délocalisations d’activités dans ces pays à faible coût de main d’œuvre, d’après les économistes américains Peter Petri et Michael Plummer, qui suivent les négociations du TPP depuis le début. C’est bien plus que pour les États-Unis (+0,5 %) ou le Japon (+0,3 %).

Selon eux, les délocalisations en Asie devraient se faire au détriment essentiellement des ouvriers américains. Ils assurent pourtant que l’emploi aux États-Unis ne devrait pas souffrir de l’application du TPP. La fin de mesures protectionnistes dans un grand nombre de secteurs de pointe (pharmacie, technologie) en Asie doit se traduire par une hausse de l’emploi très qualifié et bien rémunéré aux États-Unis. En clair, les Japonais ou Sud-Coréens voudront et pourront acheter davantage de produits made in Silicon Valley (qui seront moins chers).

D’autres sont beaucoup moins sûrs que le coup de pouce aux secteurs de pointe américains soit suffisant pour contrebalancer les destructions d’emplois par ailleurs. L’économie américaine devrait perdre près de 450 000 postes au total en dix ans après l’application du TPP, d’après une étude publié en janvier 2016 par des économistes de l’Université de Tuft (près de Boston). Ces chercheurs se montrent aussi pessimistes pour d’autres pays. Ils estiment que ce traité de libre-échange va détruire plus de 770 000 emplois dans le monde, notamment à cause de l’impact négatif sur les économies européennes qui ne participeront à cette gigantesque zone de libre-échange.

Première publication : 04/02/2016

Dans une interview diffusée sur RMC et BFMTV, la femme qui a dénoncé l’organisateur présumé des attentats du 13 novembre, se dit abandonnée par l’État. Après la diffusion, une enquête a été ouverte pour mise en danger de la vie d’autrui.

La femme qui a permis de retrouver Abdelhamid Abaaoud s’estime oubliée par l’État. Dans une interview diffusée par RMC et BFMTV, ce témoin protégé témoigne sous le nom d’emprunt de Sonia. Elle explique qu’elle a dû fuir son quotidien pour éviter les représailles et vit sous protection policière.

“On ne peut même pas dire que ma vie n’est plus du tout la même, je n’ai plus de vie”, raconte-t-elle. “Je n’ai plus de vie sociale, je n’ai plus de travail, je n’ai plus d’amis, je n’ai plus de famille. On m’a coupée du reste du monde.”

Amie de Hasna Aïtboulahcen, la cousine d’Abdelhamid Abaaoud, Sonia a accompagné celle-ci à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) sans savoir qu’elle y rencontrerait le jihadiste belgo-marocain.

C’était le 15 novembre, soit deux jours après les pires attentats jamais commis en France, au cours desquels 130 personnes ont été tuées à Paris et Saint-Denis, et qui ont été revendiqués par l’organisation État islamique (EI).

À ce moment-là, Abdelhamid Abaaoud est “fier” des attentats, dit Sonia sur BFMTV et RMC. Il en parle “comme s’il racontait qu’il est parti faire les courses et qu’il avait trouvé un baril de lessive en promotion”.

Enquête ouverte pour mise en danger de la vie d’autrui

Le témoignage de cette femme à la police a permis aux enquêteurs de tracer Hasna Aïtboulahcen jusqu’à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), quand celle-ci rencontre son cousin peu avant qu’il ne se réfugie dans un appartement d’un immeuble insalubre de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où Abaaoud sera tué lors de l’assaut du 18 novembre. “Sonia” avait accompagné son amie à Aubervilliers et avait elle-même rencontré Abdelhamid Abaooud.

Mais la diffusion de cet entretien pourrait mettre en danger le témoin protégé. “Tous ceux qui diffusent des interviews, font du bruit sur ce sujet-là, plutôt que de traiter discrètement cette question, comme nous nous employons à le faire, lui font prendre un risque”, a déploré jeudi matin le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, invité d’Europe 1.

Le parquet de Paris a ouvert jeudi une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui, après la diffusion de l’entretien. L’enquête vise également un article du Point.fr

L’enquête, ouverte également des chefs de violation du secret de l’instruction et recel, a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP). Elle “s’attachera notamment à déterminer les conditions dans lesquelles les informations diffusées ont pu être recueillies”, indique le procureur de Paris, François Molins, dans son communiqué.

Avec AFP

Première publication : 04/02/2016

Dans un rapport publié jeudi, l’ONG Amnesty International pointe les “dérives” de l’état d’urgence en France et demande au gouvernement de ne pas reconduire cette mesure d’exception à moins d’apporter la preuve d’un danger public exceptionnel.

Au lendemain de la présentation en Conseil des ministres du projet de loi prorogeant l’état d’urgence une nouvelle fois pour trois mois, Amnesty International demande au gouvernement français, dans un rapport publié jeudi 4 février, de faire la preuve de la nécessité du maintien de l’état d’urgence, dont la mise en œuvre a donné lieu à des “dérives” selon l’ONG, et à défaut de renoncer à sa prolongation.

Dans ce rapport consacré à “l’impact disproportionné de l’état d’urgence”, l’organisation relève une série d’exemples illustrant les “violations des droits humains” constatées selon elle depuis son instauration dans la nuit du 13 au 14 novembre.

Ce dispositif permet, entre autre, de mener des perquisitions et de prononcer des assignations à résidence sans l’accord préalable d’un juge, des mesures appliquées parfois de façon arbitraire et brutale d’après Amnesty.

>> À lire sur France 24 : “Le Conseil d’État rejette la demande de la LDH de suspendre l’état d’urgence”

“Des pouvoirs exécutifs étendus, assortis de très peu de contrôles sur leur application, ont causé toute une série de violations des droits humains”, juge John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International, cité dans un communiqué.

“Nous ne voyons pas comment les autorités françaises pourraient prétendre qu’il s’agit là d’une réponse proportionnée aux menaces qui pèsent sur elles”, ajoute-t-il.

Des dizaines de réclamations reçues par le Défenseur des droits

L’organisation en conclut que l’état d’urgence ne doit pas être prolongé au-delà du 26 février, sauf si l’exécutif prouve que ces mesures sont indispensables.

“Amnesty International demande au gouvernement français de s’abstenir de proposer une prolongation de l’état d’urgence à moins qu’il ne puisse réellement démontrer que la situation à laquelle il est confronté constitue un danger public exceptionnel si élevé qu’il menace l’existence de la nation”, peut-on lire dans le rapport.

Plusieurs organisations, en France et à l’étranger, ont fait part de leurs interrogations, voire de leur hostilité concernant son maintien, notamment le Conseil de l’Europe et le Conseil national des barreaux (CNB), représentant des avocats français.

Par ailleurs, des dizaines de dossiers sont en cours d’instruction sur le bureau du Défenseur des droits Jacques Toubon, dont la mission est d’aider les citoyens à faire valoir leurs droits. Selon son bilan annuel publié jeudi, “42 réclamations” ont été reçues après l’instauration de l’état d’urgence en l’espace de cinq semaines, entre le 26 novembre et le 31 décembre.

Celles-ci sont “principalement liées à des perquisitions (18 saisines) et des assignations à résidence (11 saisines)”. Parmi ces dernières, deux ont eu pour conséquence un licenciement.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 04/02/2016

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Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres depuis trois ans, a annoncé jeudi qu’il se rendra à la police britannique en cas d’arbitrage défavorable d’un groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

C’est peut-être la fin de plus de trois ans de réclusion pour Julian Assange. Le fondateur de WikiLeaks, réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres depuis 2012, a annoncé, jeudi 4 février, qu’il se rendra à la police britannique en cas d’arbitrage défavorable d’un groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

“Si l’ONU annonce demain que j’ai perdu mon affaire contre le Royaume-Uni et la Suède, je sortirai de l’ambassade vendredi à midi pour être arrêté par la police britannique”, a déclaré Juilian Assange dans un communiqué.

>> À lire sur France 24 : “Le cas Assange, une affaire qui ne met personne d’accord”‘

“Cependant, si je l’emporte et s’il est reconnu que les parties étatiques ont agi illégalement, j’attends la restitution immédiate de mon passeport et la fin de toute nouvelle tentative de m’arrêter”, a-t-il ajouté.

L’Australien de 44 ans est accusé par une Suédoise d’un viol qui aurait été commis dans la région de Stockholm en août 2010. Il vit reclus depuis juin 2012 dans l’ambassade équatorienne de Londres.

>> À lire sur France 24 : “Julian Assange, ‘un trophée anti-américain’ cloîtré depuis un an

Depuis ses débuts, cette affaire ultra-médiatisée s’est enlisée dans une série de complications juridiques et diplomatiques qui n’ont laissé aucune chance de connaître la vérité. Julian Assange clame son innocence, affirmant que les relations sexuelles étaient consenties, mais il s’est toujours dérobé aux convocations de la justice.

Visé par un mandat d’arrêt européen, il refuse de se rendre en Suède de peur d’être extradé vers les États-Unis, où il pourrait se voir reprocher la publication par WikiLeaks en 2010 de 500 000 documents classés secret défense sur l’Irak et l’Afghanistan et 250 000 communications diplomatiques.

En septembre 2014, Julian Assange avait déposé plainte contre la Suède et la Grande-Bretagne auprès d’un groupe de travail sur la détention arbitraire (WGAD), organisme mandaté par l’Organisation des Nations unies, pour faire reconnaître son confinement dans l’enceinte de l’ambassade équatorienne depuis bientôt quatre ans comme une détention illégale.

Ce groupe de travail, dont les décisions ne sont pas contraignantes, doit se prononcer vendredi sur le cas du fondateur de WikiLeaks.

Avec AFP

Première publication : 04/02/2016