La (très) discrète Hadopi se dote d’un nouveau président

La (très) discrète Hadopi se dote d’un nouveau président
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Haut fonctionnaire et spécialiste de l’économie de la culture, Christian Phéline remplace Marie-Françoise Marais à la présidence de la très contestée Hadopi, l’autorité de lutte contre le téléchargement illégal.

Oui, elle existe encore. La preuve : elle vient juste de se doter d’un nouveau président. La Hadopi, la très controversée autorité publique de lutte contre le téléchargement illégal, s’est dotée d’un nouveau président, Christian Phéline, mercredi 10 février.

Il remplace, pour un mandat de six ans, Marie-Françoise Marais qui dirigeait l’instance depuis sa création en 2009. Ce haut fonctionnaire, conseiller à la Cour des comptes, s’est surtout fait connaître avec un rapport sur la musique en ligne remis en 2013 à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti. Ce document lui a valu une réputation de fin connaisseur de l’économie de la culture et d’ami des artistes-interprètes, rappelle le site Numerama. Il est aussi un grand détracteur du manque de transparence des acteurs du secteur de la musique en ligne, souligne le quotidien Libération.

Une Hadopi qui se cherche

Christian Phéline, né en 1945 et qui bénéficie depuis 2011 d’une dérogation aux règles sur la limite d’âge dans la fonction publique, prend les rênes d’une Hadopi qui se cherche. L’ambiance, à la Haute autorité, n’est plus la même qu’à ses débuts, lorsque le président d’alors, Nicolas Sarkozy, présentait l’instance comme la réponse au piratage de films ou de musique. L’arrivée du socialiste François Hollande à l’Élysée a changé la donne : le gouvernement a ôté à l’organisme le pouvoir de demander coupure de l’accès à l’Internet des récidivistes en matière de téléchargement illégal, en 2014. La Hadopi s’est alors retrouvée désarmée, incapable de mener à bien sa mission.

La Haute autorité a même failli mourir à plusieurs reprises depuis la remise du rapport Lescure sur la culture et le numérique en 2013. L’ancien patron de Canal + plaidait pour que la CSA hérite des principales prérogatives de la Hadopi. Une idée qui avait le soutien d’Aurélie Filipetti, alors ministre de la Culture. Mais cette dernière n’a pas réussi à l’imposer et Fleur Pellerin, qui a repris le portefeuille en août 2014, a décidé que cette fusion ne se ferait pas. Avec la nomination d’un nouveau président, la Hadopi semble donc bien partie pour rester. Mais pour quoi faire ?

Première publication : 10/02/2016

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