Archive for February 11th, 2016

Le remaniement ministériel annoncé jeudi marque la disparition du secrétariat d’État aux droits des femmes, mission désormais confiée au ministère de la Famille et de l’Enfance. Une annonce qui a suscité l’indignation de nombreuses femmes.

Le remaniement ministériel intervenu jeudi 11 février a réservé son lot de surprises, au rang desquelles la suppression du secrétariat d’État aux droits des femmes pourtant cher à François Hollande. L’ex-candidat socialiste en avait fait la promesse lors de sa campagne présidentielle en 2012. Certes, la mission n’a pas totalement disparue puisqu’elle est intégrée à un nouveau ministère, celui “de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes”, mais l’intitulé de ce portefeuille à rallonge, confié à l’élue socialiste Laurence Rossignol, a fait bondir plusieurs personnalités féminines par sa maladresse.

“N’est-ce pas enfermer les femmes dans le rôle stéréotypé qui leur est assigné depuis des siècles ? Celui d’épouse et mère ?” ont ainsi dénoncé dans un communiqué commun Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l’égalité, la centriste Chantal Jouanno, présidente de la délégation des droits des femmes au Sénat et Pascale Vion, du Conseil économique, social et environnemental. Toutes trois ont jugé “déconcertants” la formulation et le périmètre de ce ministère.

Moqueries des féministes

Dès jeudi soir après l’annonce du remaniement, l’association Osez le Féminisme a critiqué “le nouveau triptyque rétrograde du gouvernement”. Sur Twitter, les Femen France ironisaient interpellant directement Manuel Valls et François Hollande : “Hey les mecs, vous n’auriez pas oublié la cuisine et le ménage ?” D’autres spécialistes du sujet, telle que la chroniqueuse Dom Bochel Guégan avaient décidé de rebaptiser ledit portefeuille, “Ministère du droit des femmes, de la famille et de l’enfant” (et de la cocotte minute ?)”.

Hey les mecs, vs n’auriez pas oublié la cuisine et le ménage ds le ministère de la famille de l’enfance et du droit des femmes? #remaniement

— FEMEN France (@Femen_France) 11 Février 2016

“Ministère du droit des femmes, de la famille et de l’enfant” (et de la cocotte minute ?) c’est un tel progrès ! https://t.co/V8LXY5m3xw

— Dom Guégan Bochel (@Domydom) 11 Février 2016

Les moqueries des défenseurs des droits des femmes marquent l’agacement grandissant de ceux-ci devant la place, de plus en plus étroite, accordée à la situation des femmes au sein des gouvernements successifs sous la présidence de François Hollande. La déception est d’autant plus vive que l’ex-candidat socialiste avait fait du sujet l’une de ses promesses de campagne, suscitant beaucoup d’espoir en créant un ministère dédié aux droits des femmes en 2012. Aucun ministère n’avait tenu ce rôle depuis presque trente ans. Mais en un quinquennat, le “ministère” est passé de “secrétariat d’État” à une mission rattachée au “ministère de la Famille”.

Un portefeuille devenu peau de chagrin

En 2012, Najat Vallaud-Belkacem, alors première ministre aux Droits de la femme depuis 1985, avait déjà peu de temps à accorder à son portefeuille, combinant le poste de porte-parole du gouvernement pendant la même période. La nomination d’une inconnue, Pascale Boistard, à sa place au poste de secrétaire d’État aux droits de la femme deux ans plus tard avait désappointé les associations féministes, sans compter que peu de dossiers ont avancé depuis 2014, hormis le plan de lutte contre le harcèlement dans les transports en commun. Sous l’ère Vallaud-Belkacem, la ministre était parvenue à proposer pour la première fois des sanctions financières contre les entreprises ne respectant pas la loi sur l’égalité salariale et de nouvelles mesures pour accentuer la lutte contre les violences.

Si la nouvelle ministre part avec un a priori négatif à cause des maladresses liées à la formulation de son portefeuille, son profil a pourtant de quoi rassurer. À 58 ans, Laurence Rossignol a la réputation d’être une féministe convaincue et une connaisseuse des problématiques. Sénatrice de l’Oise, elle est membre de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances et elle a été rapporteuse de la loi sur la lutte contre le système prostitutionnel lors de sa première lecture au Sénat.

J’étais une SE féministe de la famille et de l’enfance. Très heureuse d’être ministre chargée également des droits des femmes.#cohérence

— laurence rossignol (@laurossignol) 11 Février 2016

“Je sais très bien que les droits des femmes sont un sujet transversal, qui ne se limite pas aux questions de la famille et de l’enfance”, a répondu Laurence Rossignol aux milieux féministes qui la connaissent déjà bien, notamment pour ses tweets engagés. “Je demande aux féministes de me faire confiance” a-t-elle assuré. “Je vais continuer à être une féministe avec une vision moderne de la famille et des enjeux pour les femmes”, a de nouveau insisté la ministre sur BFM-TV. Reste que pour satisfaire ces attentes, Laurence Rossignol n’aura que très peu de temps pour agir durant les quatorze mois restant avant la prochaine élection présidentielle.

Première publication : 12/02/2016

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Bourses qui chutent un peu partout dans le monde, croissance déclinante dans les pays émergents et surtout en Chine : 2016 serait l’année d’une crise financière. Mais attention aux conclusions trop hâtives.

La crise financière semble de retour avec pertes et fracas. C’est du moins ce qu’un nombre grandissant de Cassandre de l’économie assurent au fil des dégringolades sur les marchés financiers ces derniers jours.

Vendredi 12 février, la Bourse de Tokyo a perdu 5 % et, en une semaine, la place financière asiatique a chuté de 11 %, sa pire performance depuis octobre 2008. Mais ce n’est pas qu’en Asie, où le ralentissement de la croissance chinoise a l’impact le plus direct, que les indicateurs boursiers sont en berne.

Appel à “tout vendre”

Le CAC 40 français avait ainsi reculé de 4 % mercredi, tandis que ses équivalents allemands et italiens avaient perdu respectivement 3 % et 5,5 %. Aux États-Unis, janvier a été catastrophique – les marchés américains ont connu leur pire début d’année en 120 ans – et février ne commence qu’un peu mieux.

>> À lire aussi : Chute des bourses : le spectre de 2008 plane sur les marchés

Les investisseurs “vendent sur les marchés des actions [là où sont cotées les entreprises et banques, NDLR], pour placer dans les valeurs refuge comme l’or ou le marché obligataire [essentiellement les dettes souveraines, NDLR]”, explique Pascal de Lima, président du cabinet de conseil Economic-Cell, à France 24.

Les acteurs financiers semblent suivre l’appel à “tout vendre” lancé par les économistes de la banque écossaise RBS, le 8 janvier. Ceux-ci assuraient, dans une note à leurs clients, que 2016 serait une “année cataclysmique” s’ils ne se débarrassaient pas de placements en actions qui devenaient de plus en plus risqués.

Cette grande fuite en avant vers des valeurs qualifiées de sûres n’est pourtant pas encore une situation de crise financière, d’après Pascal de Lima. S’il appartient au clan de plus en plus nombreux des pessimistes, cet économiste français pense qu’il ne s’agit que “de la phase de grippage de l’économie” et que le vrai krach n’interviendra qu’en 2018-2019.

Danger sur les banques

Pour lui, le drame économique en cours se joue en trois actes. Le premier, entre 2012 et 2015, a vu les fondamentaux de la crise se mettre en place. “Il y a eu une explosion de la valorisation des start-up, des actes terroristes qui ont engendré une instabilité politique et économique ainsi qu’une stagnation des salaires”, rappelle Pascal de Lima, qui souligne le parallèle avec la période 2001 à 2006.

La mécanique de la crise se serait ainsi mise en branle dans le deuxième acte. Les investisseurs voient d’un côté la situation économique dans les pays émergents se détériorer et se rendent compte, de l’autre, que la dette privée (ménages et entreprises) dans les pays dits développés a explosé. En Europe, elle équivaut à 122 % du PIB de la zone euro.

Ce dernier point fait craindre aux marchés le retour en force des créances douteuses, c’est-à-dire que les débiteurs auront du mal à rembourser. Les marchés anticipent, en effet, que la banque centrale américaine continue sur sa lancée de hausse progressive des taux débutée fin 2015. Les banques seraient alors obligées de répercuter cette tendance sur leurs crédits accordés, “ce qui risquent de se traduire par une augmentation des impayés”, résume l’économiste français. Impayés qui coûteraient chers aux banques.

C’est l’une des grandes raisons de l’exode actuel vers le marché des dettes souveraines. Les investisseurs se détournent des valeurs bancaires en prévision des jours où les débiteurs ne pourront plus payer. Ce mouvement est particulièrement frappant en Allemagne : la Deutsche Bank a perdu 40 % de sa valeur depuis le début de l’année et l’action de la Commerzbank a chuté de 20 %.

Problème : tous les investisseurs placent leur argent au même endroit, ce qui risque de créer une nouvelle bulle. Lorsqu’elle éclatera, “car les bulles finissent toujours ainsi”, assure Pascal de Lima, il n’y aura alors plus de marché refuge et l’heure de la crise financière aura sonné. Ce serait alors l’acte final.

Il faut savoir raison gardée ?

Ce scénario catastrophe n’est pas du goût de tous les observateurs. Les optimistes ont beau se faire de plus en plus rares, ils n’en sont pas moins influents. Ainsi, le célèbre gestionnaire de fonds John Paulson, qui s’est enrichi en anticipant la crise des subprimes en 2008, assure qu’il n’y a pas de crise financière à l’horizon. Les marchés “surréagissent à quelques indicateurs, sans regarder les performances réelles de la plupart des entreprises”, assure-t-il. En clair, obnubilés par les surévaluations dans le secteur des nouvelles technologies et par l’atterrissage plus ou moins en douceur de l’économie chinoise, les investisseurs ne voient pas les bonnes performances d’un grand nombre d’entreprises. Il suffirait, d’après lui, d’attendre que les acteurs des marchés financiers reprennent leurs esprits.

Un point de vue partagée par Peter J. Wallison, ancien conseiller juridique de l’ex-Président américain Ronald Reagan et membre du cercle de réflexion libéral American Entreprise Institute. Pour lui, le parallèle avec 2008 ne tient pas car à l’époque, la crise des subprimes avait frappé directement quelques grandes institutions financières (Lehmann Brothers, Morgan Stanley etc.) qui détenaient ses fameux crédits hypothécaires en trop grand nombre.

Cette fois-ci, les grands groupes auraient pris soin de ne pas être ainsi exposés aux actifs les plus douteux. “Les pertes actuelles sur les marchés financiers affectent surtout des millions d’investisseurs privés et de petits fonds de gestion”, explique ce financier au magazine américain “Fortune”. Aucune institution systémique – c’est-à-dire dont la chute affecterait tout le système financier – ne serait en danger, d’après lui.

Première publication : 12/02/2016

Pour protester contre l’extension de la déchéance de nationalité, le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), dirigé par l’anthropologue Dounia Bouzar, refuse de renouveler son contrat avec le gouvernement.

Dounia Bouzar met fin à sa mission sur la déradicalisation. Jeudi 11 février, le Centre de prévention qu’elle dirige pour lutter contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI) a refusé de renouveler son marché avec l’État, a déclaré la médiatique anthropologue du fait religieux. Le CPDSI justifie sa décision par son désaccord avec le projet de loi sur la déchéance de nationalité.

En prenant position face au gouvernement, l’association fait donc l’impasse sur un budget de 595 300 euros pour la nouvelle année, et annnonce sa probable dissolution. Le relais sera assumé par des “associations et des professionnels de terrain reliés aux préfectures”, peut-on lire dans le communiqué du centre.

>> À lire sur France 24 : ‘”La vie après Daesh”, ou le difficile travail de désembrigadement jihadiste”

Le projet sur “la déchéance de nationalité crée un contexte politique défavorable à l’entreprise pédagogique et scientifique pour prévenir la radicalisation”, affirme le CPDSI. “Faire croire aux Français que la déchéance de nationalité sera un symbole pour lutter contre Daech [Organisation État islamique] est une réponse déconnectée de la réalité. Cette posture va plonger la France dans un retard en matière de prévention contre le processus de radicalisation de nos jeunes”, estime encore l’association.

Le CPDSI de Dounia Bouzar diffuse également son bilan dressé par ses soins pour 2015 https://t.co/1efQ01tEp2

— David Thomson (@_DavidThomson) 11 Février 2016

“Va-t-on recommencer à relier l’origine ethnique des individus au processus de radicalisation ?”, questionne le CPDSI, rappelant que “c’est pour lutter contre l’amalgame entre musulmans et radicaux” que le Centre avait été conçu et que son travail se basait sur “des comportements de rupture et non pas sur la pratique ou l’apparence religieuse”.

>> À lire sur france 24 : “Le gouvernement lance un site pour contrer la propagande jihadiste”

En avril 2015, l’association (créée en 2014) avait été missionnée par le ministère de l’intérieur – pour une durée d’un an renouvelable – afin d’intervenir auprès de familles en détresse ayant appelé le numéro vert de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat).

Depuis son lancement, ce numéro vert d’assistance a reçu plus de 4 300 “signalements pertinents” de jeunes dont le comportement inquiète les proches. Quelque 1 500 jeunes sont “suivis en prévention” et 600 familles accompagnées par des structures associatives, selon des données publiées début janvier.

Dounia Bouzar affirme aller de l’avant et indique qu’elle va reprendre “ses recherches avec les familles au sein des réalités de terrain” et “construire une école de déradicalisation”.

Avec AFP

Première publication : 12/02/2016

La préfecture du Pas-de-Calais a annoncé vendredi son intention de faire évacuer la moitié sud du camp de Calais. Elle estime qu’un millier de migrants devront ainsi rejoindre la partie aménagée ou d’autres centres d’accueil en France.

La superficie de la “jungle” de Calais devrait être réduite de moitié d’ici une semaine. La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, dont l’objectif affiché est de réduire à terme le nombre de migrants du camp à 2 000, a annoncé vendredi 12 février vouloir faire évacuer “à peu près la moitié” de la jungle d’ici sept jours.

Selon la préfète, “800 à 1 000 personnes”, sur environ 4 000 migrants vivent dans le secteur concerné. Une association, Auberge des migrants, évalue plutôt à environ 2 000 personnes la population ciblée.

L’annonce de cette évacuation partielle a été faite lors d’une réunion à Calais avec les responsables d’associations. La préfecture juge qu’il n’est plus possible de faire cohabiter un camp désormais organisé, où des conteneurs ont été aménagés de façon plus conforme aux normes humanitaires, avec des habitats précaires.

“Une autre étape”

“Le temps est venu de passer à une autre étape (…), plus personne ne doit vivre sur (la) partie sud du camp (…), tout le monde doit quitter cette partie-là”, a expliqué Fabienne Buccio. “Nous allons ouvrir 750 nouvelles places dans les conteneurs prévus. C’est l’occasion de saisir ce moment-là pour que les migrants, soit rejoignent le camp d’État, soit se dirigent vers des centres d’accueil ailleurs en France.”

Lundi, le sous-préfet et son directeur de cabinet devraient se rendre dans la jungle pour expliquer le projet de l’État. “On va leur laisser une semaine pour occuper les places qui sont mises à leur disposition” ailleurs que dans le camp de tentes, a précisé la préfète.

La préfecture a déjà fait raser début janvier une bande de 100 mètres entre le bidonville et la rocade portuaire sans recourir à des expulsions, les migrants ayant accepté de se déplacer.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 12/02/2016

Sans surprise, le remaniement ministériel a suscité une cascade de réactions dans la classe politique française. Si la droite a dénoncé un exécutif de bricolage, une partie des Verts a critiqué l’entrée de trois écologistes au gouvernement.

À 15 mois de la nouvelle échéance présidentielle, François Hollande a tenu, jeudi 11 février sur TF1, à défendre la “cohérence” de son remaniement gouvernemental. Au comble de son impopularité, l’exercice était difficile. Le chef de l’État a rappelé que l’entrée d’Emmanuelle Cosse, ex-patronne d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), au ministère du Logement, n’avait rien d’un “marchandage”, et que le retour de Jean-Marc Ayrault, à la tête de la diplomatie française n’avait rien d’une “marche arrière” – pour reprendre les mots d’Alain Juppé. Le président a également réaffirmé que les grands axes de sa politique (chômage, sécurité, environnement) malgré la non-inversion de la courbe du chômage et la polémique autour de la déchéance de la nationalité, étaient sa priorité.

L’exercice n’a pas convaincu une grande partie de la classe politique française. Beaucoup, à droite comme à gauche, ont jugé “catastrophique” ce remodelage ministériel. C’est le cas de François Bayrou (MoDem), qui s’était aliéné la droite pour avoir appelé à voter François Hollande au second tour de la présidentielle de 2012. Il a dénoncé un remaniement “catastrophique”, tel “un gâteau dont on distribue les miettes”.

Le gouvernent ne ressemble pas à une équipe de combat rassemblée et cohérente. Cela ressemble à un gâteau dont on distribue les miettes.

— François Bayrou (@bayrou) 12 Février 2016

“Auberge espagnole”

Sans surprise, le groupe Les Républicains (LR) n’a pas non plus manqué l’occasion de discréditer le chef de l’État. À propos de l’entrée des Verts au gouvernement, d’une part – une “auberge espagnole”, selon l’ancien ministre Luc Chatel et conseiller de Nicolas Sarkozy -, et à propos du dossier sensible de Notre-Dame-des-Landes, d’autre part.

Le président a annoncé jeudi qu’il allait organiser un référendum local autour du projet d’aéroport, près de Nantes. Pour Bruno Retailleau (LR), cette annonce est “caractéristique” de Hollande. “Alors que toutes les procédures ont été scrupuleusement respectées et que la justice s’est prononcée favorablement sur le transfert de l’aéroport, à travers plus de 150 décisions, le président de la République renonce à décider.”

#NotreDameDesLandes@fhollande fait du Hollande, il fait tout pour ne pas décider, brouiller les pistes, envoyer un double message. @itele

— Luc CHATEL (@LucChatel) 12 Février 2016

“Aucune annonce concrète”

Pour l’UDI, c’est surtout le manque de propositions pour lutter contre le non-emploi qui fait railler. “Il n’a formulé aucune annonce concrète et forte sur le plan de l’emploi, alors même que la lutte contre le chômage est censée être la condition sine qua non de la réussite de son quinquennat et de son avenir”, a déclaré Philippe Vigier, le président du groupe à l’Assemblée nationale.

Pour l’extrême droite, qui a déjà dressé le bilan de ce quinquennat, la gouvernance du chef de l’État, comme celle de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, a été un “échec total”, selon les mots de Marine Le Pen.

La “trahison” d’Emmanuelle Cosse

À la gauche de l’échiquier politique, les avis ne sont pas tendres non plus. Si les plus fidèles, à l’image de Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, salue un “gouvernement arc-en-ciel”, du côté des Verts, on s’attelle plutôt au jeu des règlements de comptes. Beaucoup digèrent mal la venue de trois écologistes dans le nouveau gouvernement : Emmanuelle Cosse (au Logement), Jean-Vincent Placé (secrétaire d’État chargé de la Réforme de l’État) et Barbara Pompili (secrétaire d’État à la Biodiversité).

Karima Delli, députée européenne EELV, fulmine : “Il va sans dire que, pour beaucoup d’écologistes convaincus, ce pari d’influer de l’intérieur relève de la pure utopie à l’heure où la ligne politique du gouvernement n’a jamais été aussi éloignée des valeurs écologistes”, a-t-elle déclaré dans un communiqué. Pour Pierre Serne, conseiller régional EELV et “ami personnel” de la nouvelle ministre du Logement, Emmanuelle Cosse se “renie”. Pour David Cormand, son successeur à la tête du parti écologiste, elle a “trahi” son camp.

#remaniement Hulot a refusé le poste de super-ministre de l’Ecologie, Hollande distribue les miettes aux prétendus écolos….

— Karima Delli (@KarimaDelli) 11 Février 2016

Dans les rangs de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, sans se départir de son ironie, s’est posé en “frère” des militants écologistes déçus. “Courage ! Le pays a besoin de vous, les combats continuent.”

Avec AFP

Première publication : 12/02/2016

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Il y a eu 47 100 nouveaux emplois marchands créés en 2015 en France, selon une estimation de l’Insee rendue publique vendredi. C’est la première fois depuis 2011 que ce bilan annuel n’est pas négatif.

L’emploi marchand revient. Après trois années consécutives de destructions d’emplois en France, il y a eu 47 100 nouveaux postes nets créés en 2015, selon une première estimation publiée par l’Insee vendredi 12 février.

Une bonne nouvelle, si elle venait à être confirmée, pour l’économie française. La France avait détruit 106 800 emplois dans le secteur marchand en 2012, 65 800 en 2013 et 62 600 en 2014.

Les services et l’intérim

Cette inversion de tendance est essentiellement due au dernier trimestre 2015 qui, à lui seul, a permis d’ajouter 26 400 emplois à l’économie. Sur cette période, l’embellie a surtout concerné les services et l’intérim. En 2015, le secteur tertiaire a créé, hors intérim, 83 900 postes (+0,8 %) et l’emploi intérimaire 44 200 postes (+8,2 %), alors que l’industrie (-41 400, -1,3 %) et la construction (-39 600, -2,9 %) poursuivaient leur chute libre.

Outre un bon cru pour le secteur marchand, qui emploie au total près de 15,9 millions de personnes, l’année 2015 a aussi été marquée par un retour de la croissance (1,1 %).

Reste que ce n’est pas encore assez pour inverser la fameuse courbe du chômage. Les économistes estiment qu’il faut une croissance minimum de 1,5 % pour créer les quelque 150 000 emplois nécessaires chaque année pour absorber l’augmentation de la population active.

Depuis l’élection de François Hollande en mai 2012, l’économie française a détruit 165 000 emplois dans le privé et Pôle emploi a vu affluer 667 000 chômeurs supplémentaires en métropole.

Avec AFP

Première publication : 12/02/2016