Archive for February 14th, 2016

Le groupe Eagles of Death Metal, qui jouait sur la scène du Bataclan le soir des attentats du 13 novembre, a relancé sa tournée samedi à Stockholm et se prépare, non sans émotion, à retourner mardi à Paris, à l’Olympia.

Le retour à Paris, mardi 16 février à l’Olympia, du groupe américain The Eagles of Death Metal, qui jouait dans la salle du Bataclan le soir des attentats du 13 novembre, s’annonce particulièrement chargé en émotion.

Et pour cause, le groupe se produira en présence dans la salle de rescapés de la tuerie et de proches des victimes des attentats. En effet, tous ceux qui assistaient au concert du 13 novembre, qui affichait complet avec 1 500 billets vendus, ont été invités. Pour Jesse Hughes, l’objectif est de “terminer” le concert tragiquement interrompu.

À Paris, le concert sera “bien plus qu’un spectacle”, a-t-il affirmé. “Il a un but et une responsabilité bien au-delà du divertissement”. Beaucoup de rescapés devraient répondre à cet appel, mais pas tous, selon les témoignages recueillis par l’AFP.

“Il y a des personnes pour qui c’est important, cela fait partie du processus de reconstruction, mais il y a aussi beaucoup de gens pour qui c’est beaucoup trop tôt ou qui ne sont pas en état”, estime Alexis, membre de l’association “Life for Paris” qui groupe quelque 500 rescapés. “Pour beaucoup, comme pour moi, ce sera une décision de dernière minute”, ajoute-t-il.

Pour préparer cette soirée “délicate”, l’association veille en particulier à l'”accompagnement psychologique” et aux “considérations de sécurité, qui seront évidemment une préoccupation centrale”.

“Nos Amis Tour”

Pour éviter d’alimenter un éventuel “marché noir” autour de la soirée de l’Olympia, des places sont “régulièrement” mises en vente, a précisé cette semaine le producteur Nous Productions. Financièrement, les organisateurs ont fait savoir que, du fait des nombreuses invitations, ce concert ne générerait pas de bénéfice.

La préfecture de police a décidé pour l’occasion de mettre en place un périmètre de sécurité dès mardi après-midi autour de l’Olympia. “Il y aura un dispositif renforcé avec un périmètre de sécurité” autour de la salle située dans le centre de Paris, a expliqué lundi à l’AFP Johanna Primevert, porte-parole de la préfecture.

Malgré le choc, les membres des Eagles of Death Metal étaient brièvement montés sur scène à Paris début décembre pour jouer deux morceaux à la fin d’un concert de U2 à Bercy. Le lendemain, les membres du groupe étaient allés se recueillir devant le Bataclan.

Rebaptisée le “Nos Amis Tour”, en français dans le texte, la tournée du groupe fondé à la fin des années 1990 compte pour le moment deux autres dates en France, à Nîmes (sud) le 2 mars et à Lille (nord) le 7 mars. Comme au Bataclan, la première partie sera assurée sur plusieurs dates par le duo autrichien White Miles.

Dans ses déclarations à l’AFP, Jesse Hughes a martelé son intention d’être le premier groupe à rejouer au Bataclan quand la salle pourra rouvrir. Rapatriés aux États-Unis après le carnage qui a coûté la vie à 90 personnes dans la salle parisienne, les musiciens avaient décidé dans la foulée des attentats d’annuler leur tournée européenne.

Avec AFP

Première publication : 15/02/2016

Le Conseil de Paris a adopté lundi le projet de réforme du statut de la capitale défendu par la maire Anne Hidalgo. Le texte vise notamment à fusionner les quatre arrondissements centraux et à récupérer des pouvoirs détenus jusqu’ici par l’État.

La capitale s’achemine vers un regrouprement des mairies de ses quatre premiers arrondissements. Le Conseil de Paris a en effet adopté lundi 15 février le projet de réforme du statut de Paris, défendu par la maire Anne Hidalgo, qui vise également à récupérer des pouvoirs détenus jusqu’ici par l’État.

L’opposition de droite, qui a voté contre, est vent debout contre la maire socialiste, qu’elle accuse de vouloir redécouper Paris dans l’urgence afin d’en faire une citadelle imprenable pour les prochaines municipales de 2020.

Pour être mis en œuvre, les trois “vœux” devront passer par l’adoption d’une loi dès cette année au Parlement.

Le projet vise à regrouper les conseils des quatre arrondissements centraux (1er, 2e, 3e et 4e), les moins peuplés, avec un seul maire à leur tête. Mais les codes postaux resteraient les mêmes.

Anne Hidalgo veut en outre que la Ville et le département ne fassent plus qu’un et que Paris recouvre des pouvoirs, notamment en matière de circulation, de pollution et de propreté, jusqu’ici détenus par le préfet de police.

Se défendant d’arrière-pensées électorales, la maire a mis en avant son souci de “rétablir l’égalité dans le rapport démocratique” entre les habitants des petits et des grands arrondissements. Le 1er arrondissement compte par exemple 17 000 habitants, quand il y en a 240 000 dans le 15e.

“C’est l’intérêt exclusif des Parisiens qui est en jeu. C’est pourquoi nous avons voulu exclure tout clivage partisan”, a-t-elle affirmé devant le Conseil de Paris.

Dans le domaine de la sécurité, le projet ne remet pas en cause les prérogatives de la préfecture de police pour le maintien de l’ordre public et la police judiciaire, alors que l’opposition de droite voudrait créer une police municipale.

“Passage en force”

Mais Anne Hildalgo veut tout de même obtenir le transfert vers la mairie des agents de surveillance (ASP, les “Pervenches”) pour “mettre en place une police du quotidien” habilitée notamment à lutter contre les incivilités.

La droite reproche à la maire socialiste de n’avoir fait aucune mention de cette réforme dans son programme électoral, puis de l’avoir préparée dans le plus grand secret et de vouloir aujourd’hui l’imposer dans la précipitation. “Rien ne justifie un tel passage en force”, a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, présidente du groupe Les Républicains (LR), qui a tenté, en vain, d’obtenir un report du débat.

“Vous prenant tout à la fois pour Napoléon III et le baron Haussmann, vous voulez refaire Paris à votre main”, a lancé Jean-Pierre Lecoq, autre élu LR. “Nous sommes nombreux à penser que vous ne vous arrêterez pas aux quatre premiers arrondissements”, a-t-il ajouté, laissant entendre que ce redécoupage global pourrait être initié par le Parlement.

D’autres scénarios de fusion ont été initialement imaginés par la Ville.

Au nom du groupe UDI-Modem, Marielle de Sarnez a estimé pour sa part qu’Anne Hidalgo passait à côté d’une “vraie réforme” qui verrait Paris se libérer plus complètement de la tutelle de l’État et son maire élu au suffrage universel direct.

Avec AFP

Première publication : 15/02/2016

Le mouvement de protestation des agriculteurs français prend de l’ampleur. Ulcérés par la faiblesse des cours, ils ont maintenu lundi la pression sur le gouvernement à quelques heures d’un Conseil européen sur la crise agricole à Bruxelles.

La mobilisation ne faiblit pas. Les agriculteurs français, en particulier les éleveurs de porcs et de bovins et les producteurs laitiers, protestent contre les cours trop bas de leurs productions. Lundi 15 février, ils ont maintenu la pression et poursuivi leurs manifestations à quelques heures d’un Conseil européen sur l’agriculture à Bruxelles.

La semaine dernière, le président François Hollande avait promis que “les choses allaient bouger” lors de cette réunion sur la crise agricole, où Paris compte notamment demander “un plan européen de stockage” pour désengorger le marché de la surproduction de lait et de porc.

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) dit attendre que le conseil “traite des conséquences de l’embargo russe, rende possible l’étiquetage généralisé sur l’origine des produits alimentaires et annonce des mesures fortes pour enrayer la crise actuelle, notamment par un relèvement du prix d’intervention sur les produits laitiers”.

Pendant ce temps, plusieurs dizaines de tracteurs et leurs remorques ont bloqué les principaux accès à la ville de Vannes, dans le Morbihan. Des agriculteurs en colère, soutenus par des ostréiculteurs et un collectif anti-taxes ont dit vouloir maintenir ce blocus de la ville bretonne toute la journée. Une manifestation importante est également prévue à Rennes mercredi.

Pour se faire entendre, les agriculteurs français multiplient depuis des semaines les actions, en particulier dans l’ouest de la France. Mais le mouvement s’est également étendu dans le Sud-Est. Des agriculteurs bloquent ainsi depuis dimanche soir, avec tracteurs et remorques, les plateformes de distribution des grandes surfaces (Super U, Carrefour, Intermarché) en région Auvergne-Rhône-Alpes et particulièrement dans l’Ain. Ils empêchent l’approvisionnement de ces grandes surfaces en produits frais et entendaient étendre leur mouvement à l’Isère et à la Saône-et-Loire.

Les négociations sur les prix entre fournisseurs et distributeurs sont fixées au 29 février. “Nous demandons un rééquilibrage des négociations”, explique Michel Joux, président de la Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) d’Auvergne-Rhône-Alpes. “Nous demandons à l’État français de prendre des dispositions législatives pour encadrer la répartition des marges.”

Semaine décisive

Selon lui, les négociations en cours portent notamment sur des baisses de 5 % à 10 % des prix d’achat aux producteurs. “Ça ne peut plus durer”, lance-t-il. “On estime dans ces conditions entre 20 % et 30 % le nombre d’exploitations qui pourraient mettre la clé sous la porte en 2016.”

Les producteurs se disent prêts à inscrire leur mouvement dans la durée. “On veut faire tenir le blocus pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines”, explique Michel Joux.

Cette semaine s’annonce décisive pour l’executif français, qui tente d’apaiser un mouvement lancé en janvier. Le gouvernement a menacé vendredi la grande distribution et les industriels français de durcir la réglementation encadrant les négociations avec les producteurs agricoles si la campagne 2016 devait se traduire par des baisses de prix. La veille, François Hollande avait annoncé une baisse imminente des cotisations sociales pour l’ensemble des agriculteurs.

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a pour sa part envoyé à Bruxelles un mémorandum dans lequel Paris demande un relèvement temporaire du prix d’achat public par l’Union européenne (prix d’intervention) de la poudre de lait et la création d’aides aux producteurs qui ont réduit volontairement leur production en période de baisse des prix.

Le gouvernement français réclame également la prolongation de l’aide au stockage privé pour le porc, l’indication du pays d’origine de la viande dans les produits transformés, la création d’un outil de crédit européen à l’exportation et des aides financières pour les exploitations les plus endettées.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a rendez-vous mercredi avec le président de la FNSEA, Xavier Beulin.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 15/02/2016

L’ancien président de l’UMP Jean-François Copé s’est déclaré, dimanche, candidat à la primaire des Républicains, en novembre 2016, en vue de la présidentielle de 2017. Une mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy, déjà malmené dans les sondages.

“Je serai candidat à cette élection”, a annoncé, dimanche 14 février, sur France 2, Jean-François Copé en référence à la primaire des Républicains qui se tiendra en novembre prochain. Son nom vient s’ajouter à la longue liste des candidats déjà en lice : Alain Juppé, François Fillon, Hervé Mariton, Nadine Morano, Frédéric Lefèvre et le député Jean-Frédéric Poisson qui a succédé à Christine Boutin à la tête du Parti chrétien-démocrate. D’autres prétendants devraient encore se déclarer, comme Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet.

Jean-François Copé avait signé son retour en politique fin janvier avec la publication d’un ouvrage, “Le sursaut français” (Stock). Après un “tour de France” et une cure de silence médiatique auto-administrée de dix-huit mois, il s’est dit “prêt” à retourner dans l’arène. “Jamais je n’aurais imaginé être candidat si j’étais mis en examen”, a affirmé l’ancien président de l’UMP, en référence à l’affaire Bygmalion dans laquelle il est témoin assisté.

Jean-François Copé avait été placé sous le statut de témoin assisté le 8 février, après avoir été entendu sans être mis en examen par un juge financier qui enquête sur les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012. Ancien président de l’UMP à l’époque, Jean-François Copé avait été poussé à la démission fin mai 2014 en raison de l’éclatement de cette affaire autour de dépenses liées à la campagne présidentielle de 2012. L’instruction de cette affaire est toujours en cours et Nicolas Sarkozy pourrait être prochainement convoqué.

Sarkozy : “rassembler, c’est difficile”



Dans le même temps, Nicolas Sarkozy était l’invité de TF1 mais ne s’est pas déclaré, affirmant que “rassembler, c’est difficile, et pourtant c’est indispensable” pour permettre “l’alternance”. L’ancien président de la République veut se présenter au scrutin de novembre muni d’un projet élaboré de la façon la plus “démocratique” possible, espérant se démarquer de ses concurrents.

Devant près de la moitié des quelque 2 000 conseillers nationaux LR (le “parlement” du parti), réunis porte de Versailles à Paris ce weekd-end, il a tracé les grandes lignes du projet qu’il souhaite voir adopté par les 240 000 adhérents. “Les Républicains veulent”, “Les Républicains affirment”, “Les Républicains croient”, “s’engagent” ou “refusent” : en introduisant par ces mots sa vingtaine de propositions, il a voulu montrer que ce texte était “un projet collectif” dans le seul “intérêt de la France”.

Juppé adoubé par Raffarin

Dimanche, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a annoncé son soutien à Alain Juppé, qui tient le haut du panier dans les sondages. Il en a profité pour égratigner Nicolas Sarkozy en le qualifiant de candidat du “clivage”.

Selon un récent sondage BVA, 48 % des sympathisants de droite jugent qu’Alain Juppé serait le meilleur candidat LR à la présidentielle, contre 20 % pour Nicolas Sarkozy et 11 % pour François Fillon et Bruno Le Maire. Alain Juppé devance également nettement l’ancien président chez les seuls sympathisants LR (43 % contre 30 %).

Avec AFP

Première publication : 15/02/2016