Archive for February 15th, 2016

Didier Guillaume, sénateur de la Drôme et président du groupe socialiste au Sénat, est l’invité de Mardi politique. Il répond aux questions de Roselyne Febvre pour France 24, Valérie Gas pour RFI, et Lilian Alemagna pour Libération.

Didier Guillaume, sénateur PS de la Drôme et président du groupe socialiste au Sénat, répond aux questions de Roselyne Febvre pour France 24, de Valérie Gas pour RFI, et de Lilian Alemagna pour Libération.

Première publication : 16/02/2016

Ce mardi 16 février, les Eagles of Death Metal étaient de retour à Paris pour “terminer leur concert” du 13 novembre, interrompu par la fusillade au Bataclan. Un évènement riche en émotions amplement commenté sur les réseaux sociaux.

Ils sont venus finir ce qu’ils avaient commencé le 13 novembre, comme l’avait promis le chanteur Jesse Hughes. Sur une entrée rythmée par la célèbre chanson de Jacques Dutronc, “Paris s’éveille”, le concert des Eagles of Death Metal à l’Olympia a tenu en haleine les spectateurs et avec eux, les internautes. Avec, en filigrane, un hommage vibrant aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Et notamment tous ceux tombés lors du spectacle du groupe de rock américain ce soir-là au Bataclan.

L’entrée des #EODM sur “Paris S’Eveille” à l’Olympia pic.twitter.com/zZZX4PBCgx

— Romain Scotto (@Romain_Scotto) 16 février 2016

Malgré l’émotion et l’appréhension du public, palpables sur la Toile, c’est bien l’esprit rock qui a fini par triompher.

Des spectateurs s’ étreignent, d’autres se tiennent la main. D’autres encore boivent des bières dans une ambiance festive #EODM

— joelle meskens (@jmeskens) February 16, 2016

Sécurité renforcée et soutien psychologique

L’ambiance festive a presque fait oublier qu’à l’extérieur de l’Olympia, une horde de policiers barricade le quartier. Pas moins de quatre contrôles de sécurité successifs sont nécessaires pour rentrer.

Quatre controles de securité avant d’entrer ds l’Olympia #EODM

— joelle meskens (@jmeskens) 16 Février 2016

Une protection qui prend aussi la forme d’une aide psychologique, avec une équipe de 25 personnes mobilisée, notamment Didier Cremniter, référent de la cellule d’urgence médico-psychologique de Paris, qui avait déjà pris en charge les rescapés des attentats de janvier 2015.

Distribution de prospectus par la cellule psychologique, devant la buvette #Olympia#EODMpic.twitter.com/K6eKuiad7R

— Ariane Chemin (@ArianeChemin) February 16, 2016

Twitter, une tribune pour les rescapés

Car si le traumatisme reste encore vif, la foule a bien répondu présente au rendez-vous. Parmi le public, des rescapés ont tenu à se déplacer, trois mois après l’attentat du Bataclan. Plus qu’un concert, le retour sur scène du groupe de rock à Paris recouvre un symbole fort, “un pas en avant vers le deuil”, comme l’exprime un internaute.

Alex était au Bataclan le 13 novembre. Après le cauchemar vécu ce soir-là, il s’était promis de ne plus remettre les pieds dans une salle de concert. Il s’était exprimé à ce sujet sur la plateforme Médium, dans un article intitulé : “Le bruit du sang et de la poudre“. Pourtant, il s’est décidé à franchir les portes de l’Olympia mardi soir pour réapprendre à vivre. Il ironise sur Twitter : “J’ai rendez-vous avec le diable”.

Bien installé sur mon strapontin près de l’issue de secours au concert d’Eagles of Death Metal, qui a un Lexomil ? pic.twitter.com/ymwZHlpOeM

— AL (@LesterBangs) 16 février 2016

Des belles histoires relayées sur la Toile

À l’instar d’Alex, certains des survivants ont investi les réseaux sociaux pour exprimer leur peur, leurs angoisses et leur malaise en quelques mots. Souvent teintés d’humour, leurs fils Twitter donnent à voir les amitiés tissés dans le drame.

Comme celle de Jérémy Maccaud, journaliste à BFMTV, qui se trouvait au Bataclan lors de l’attaque du 13 novembre. Il avait alors trouvé refuge dans une loge avec un groupe de personnes, dont le bassiste des Eagles of Death Metal, Matt McJunkins. Celui-ci lui a adressé un email de sympathie avant le concert de ce soir.

Ce message génial, reçu cette nuit, de la part du bassiste des @EODMofficial. A ce soir les potes. #EODM#Olympiapic.twitter.com/JekmZzCsKS

— Jérémy Maccaud (@jmaccaud) 16 Février 2016

Jérémy Maccaud a même retrouvé son compagnon d’infortune peu avant le début du show.

J’ai retrouvé un certain @mattmcjunkins à l’#Olympia, le bassiste des #EaglesOfDeathMetal #EODM

Une photo publiée par Jérémy Maccaud 🇫🇷 🇨🇭 (@jmaccaud) le 16 Févr. 2016 à 10h10 PST

Ou comme Julie, blessée d’une balle à la fesse le soir du 13 novembre, sauvée par un jeune homme qu’elle a depuis retrouvé sur les réseaux sociaux. Elle commente sur Twitter cette journée si particulière “Est-ce que je vais gérer l’atmosphère cheloue ? Je ne sais pas”, s’interroge-t-elle.

J’ai peur à cause de tout ce “folklore” qu’on a mis autour.

— Julie (@joulaye) 16 Février 2016

https://twitter.com/joulaye/status/699646183925538816

Une pluie de soutiens

Tout au long de la journée, des centaines de messages ont afflué via Twitter pour saluer le courage de ceux qui s’apprêtaient à assister au concert. Une manière de dire que la vie continue, quoiqu’il arrive.

Les Eagles Of Death Metal en concert à l’ #Olympia … 3 mois après #ParisAttentats . Hommage! #EODM#13Novembrepic.twitter.com/ygdS3CkGB2

— Noder (@cyrilrtour) 16 Février 2016

Les #EaglesOfDeathMetal jouent ce soir à l’Olympia, énormes pensées à eux et au public, prouvez que Paris et la France est toujours debout !

— Floriane Brooke (@FlorianeBrooke) February 16, 2016

Des hommages particulièrement forts dans le monde de la musique, qui a salué ses compagnons disparus et rappelé que le rock’n’roll est éternel.

You can’t stop rock n’roll! #eodm#olympia#lerockhttps://t.co/CRKuKAliZD

— DJ MIKE ROCK (@djmike_rock) 16 Février 2016

Eagles Of Death Metal + White Miles ce soir à l’Olympia…Nous aurons une pensée pour Guillaume B. Decherf et toutes les victimes du 13 novembre 2015. Bon concert à toutes et tous.

Posté par HARD FORCE sur mardi 16 février 2016

Des personnalités présentes

Plusieurs personnalités ont également tenu à témoigner leur solidarité envers les rescapés et les victimes. Parmi elles, l’expert français du rock Philippe Manœuvre, la maire de Paris Anne Hidalgo ainsi que Juliette Méadel, secrétaire d’état à l’Aide aux vctimes. Les médias se sont aussi déplacés en nombre pour couvrir l’évènement.

Thanks to the Eagles of Death metal for coming back to Paris. Beautiful time together.

Une photo publiée par Anne Hidalgo (@annehidalgo) le 16 Févr. 2016 à 8h57 PST

Effervescence médiatique ce midi devant l’Olympia pour le concert retour à Paris d’Eagles of Death Metal #EODMpic.twitter.com/KZRdzwpQgj

— Brice Laemle (@BriceLaemle) 16 Février 2016

Une efferverscence qui n’est pas du goût de tout le monde. D’aucuns déplorent une récupération médiatique et politique.

Hey tous les médias qui ressortent leurs articles post-Bataclan aujourd’hui pour gagner du clic grâce à #EODM : ON VOUS VOIT !

— Diane Roudeix (@dixitdiane) 16 février 2016

Les joggeurs qui se prennent en selfie devant l’affiche Eagles of Death Metal…comment dire…

— Walid Berrissoul (@walidb) February 16, 2016

Première publication : 16/02/2016

Le Parlement a entériné mardi, par un large vote des députés, la prolongation jusqu’au 26 mai de l’état d’urgence instauré après les attentats du 13 novembre, alors que la menace terroriste reste “exceptionnellement grave” selon le gouvernement.

Le Parlement français a donné mardi son feu vert à une nouvelle prolongation pour trois mois, précisément jusqu’au 26 mai, de l’état d’urgence décrété après les attentats du 13 novembre dernier.

Le texte est définitivement adopté, l’Assemblée ayant approuvé dans les mêmes termes que le Sénat le projet de loi présenté par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, et ce, malgré de nombreuses critiques.

Les députés l’ont adopté par 212 voix contre 31, seuls les groupes Front de gauche et la majorité des écologistes votant contre. “C’est pour permettre à notre pays de faire face à une menace exceptionnellement grave que le gouvernement a décidé de prendre, dans le respect scrupuleux des principes de l’État de droit, des mesures exceptionnelles”, a déclaré Bernard Cazeneuve.

L’état d’urgence avait été prolongé une première fois pour une durée de trois mois le 20 novembre dernier, jusqu’au 26 février. Le ministre de l’Intérieur a précisé devant les députés que 3 379 perquisitions administratives avaient été réalisées depuis son instauration.

400 assignations à résidence

Ces perquisitions ont permis la saisie de 580 armes, dont 220 armes longues, 171 armes de poing, 42 armes de guerre et 147 autres armes, a indiqué le ministre de l’Intérieur. Et d’ajouter que 395 interpellations avaient eu lieu, entraînant 344 gardes à vue et l’ouverture de 576 procédures judiciaires.

“Sur les 344 gardes à vue, 67 condamnations ont d’ores et déjà été prononcées et 54 décisions d’écrou ont été prises, soit respectivement 19,5 % et 16 % des gardes à vue, ce qui correspond à des chiffres absolument majeurs”, a-t-il déclaré.

Il a également indiqué que 400 assignations à résidence avaient été prononcées depuis le début de l’état d’urgence.

Enfin, 166 référés ont été soumis à la juridiction administrative mais 12 suspensions seulement ont été prononcées. Par ailleurs, si 115 recours au fond ont été introduits, une seule annulation a été prononcée jusqu’à présent. “Aujourd’hui, 284 assignations à résidence sont toujours en vigueur, dont 83 % concernent des individus surveillés par nos services de renseignement”, a expliqué le ministre.

Avec Reuters

Première publication : 16/02/2016

Nicolas Sarkozy a été mis en examen mardi par les juges dans l’enquête sur les fausses factures de Bygmalion et les comptes de la campagne présidentielle de 2012. Il devra répondre du chef de financement illégal de campagne électorale.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen mardi dans l’affaire Bygmalion liée au financement de sa campagne présidentielle de 2012, a annoncé le parquet de Paris dans un communiqué.

L’ancien président devra répondre du chef de financement illégal de campagne électorale, ce qui risque de constituer un frein à ses ambitions pour 2017. Il a par ailleurs été placé sous le statut de témoin assisté pour les chefs d’usage de faux, escroquerie et abus de confiance, précise le parquet.

L’enquête Bygmalion, du nom de la société qui organisait ses meetings pendant sa campagne, porte à l’origine sur un vaste système de fausses factures pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses pour la présidentielle de 2012, fixé à 22,5 millions d’euros. Ces fausses factures auraient eu pour objet d’imputer à l’UMP, devenue Les Républicains, quelque 18,5 millions d’euros de dépenses qui auraient dû rentrer dans les comptes de campagne. Au final, le Conseil constitutionnel avait quand même rejeté ces comptes, pour un dépassement de quelques centaines de milliers d’euros.

Commentaire de Mélanie Delattre, journaliste, “Le Point”

Plusieurs cadres de Bygmalion, son comptable, ainsi que Jérôme Lavrilleux à l’UMP, ont reconnu l’existence de la fraude aux fausses factures, mais aucun protagoniste n’a mis en cause Nicolas Sarkozy pour l’avoir décidée ou en avoir eu connaissance.

“Une farce”

“À mon avis, il est impossible qu’il en ait été informé”, avait affirmé en garde à vue Jérôme Lavrilleux, ex-bras droit de Jean-François Copé, président du parti au moment des faits.

L’enquête montre cependant que Nicolas Sarkozy a demandé et obtenu davantage de meetings, vers la mi-mars 2012. Entendu par les enquêteurs, il a assuré ne pas s’en souvenir et a relativisé le coût des événements ajoutés.

“L’argument d’une campagne qui dérape est une farce”, a affirmé Nicolas Sarkozy aux enquêteurs le 4 septembre 2015. Il a renvoyé la responsabilité des fausses factures sur Bygmalion et l’UMP dirigée alors par Jean-François Copé, qui a été placé la semaine dernière sous le statut de témoin assisté.

Mais depuis, l’enquête s’est élargie à des dépenses qui n’ont rien à voir avec la société de communication fondée par des proches de Copé. Les juges s’interrogent notamment sur une ligne “présidentielle” dans le budget 2012 du parti, indiquant 13,5 millions d’euros de dépenses engagées, alors que trois millions d’euros seulement ont été communiqués dans les comptes de campagne.

Nicolas Sarkozy est déjà mis en examen pour corruption et trafic d’influence dans le dossier des écoutes, dans lequel il est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir, début 2014, auprès d’un haut magistrat, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire. Dans ce dossier, les juges d’instruction ont notifié la fin de leurs investigations et le président du parti Les Républicains risque un renvoi au tribunal correctionnel.

Avec Reuters

Première publication : 16/02/2016

Fin janvier, au CHU d’Angers, un patient atteint d’une tumeur au cerveau a été opéré grâce à la réalité virtuelle. Cette première mondiale ouvre des perspectives dans le domaine de la neurochirurgie.

C’est une prouesse médicale et une première mondiale qu’ont réalisées le neurochirurgien Philippe Menei et son équipe au CHU d’Angers (Maine-et-Loire). Le 27 janvier, un patient a été opéré à cerveau ouvert grâce à un casque de réalité virtuelle, dans le cadre du projet de recherche intitulé Cervo (Chirurgie éveillée sous réalité virtuelle dans le bloc opératoire) réalisé en collaboration avec l’Esiea, une école d’ingénieur de Laval spécialisée dans le numérique.

>> À lire sur France 24 : “Disponible en précommande, Oculus Rift lance la guerre des casques de réalité virtuelle”

L’homme, âgé d’une cinquantaine d’années et atteint d’une tumeur au cerveau située près des zones du langage et des connexions visuelles, a été opéré pendant six heures par le professeur Philippe Menei, chef du service de neurochirurgie du CHU d’Angers. Trois semaines après l’intervention, il est en parfaite santé, a révélé mardi 16 février l’équipe du CHU.

Pendant l’opération, le patient, éveillé, était muni d’un casque équipé de lunettes 3D de réalité virtuelle. Dans ses lunettes, défilait un programme de test du champ visuel mis au point par l’Esiea. Objectif : pousser plus loin encore la précision de l’acte.

“Des points lumineux ont été diffusés, et le patient a pu détailler ce qu’il voyait, ce qui a permis au neurochirurgien d’être certain de ne pas porter atteinte à la fonction visuelle lors de l’ablation de la tumeur”, explique Marc Le Renard, enseignant-chercheur à l’Esiea, contacté par France 24. Il était d’autant plus important de préserver cette fonction que l’homme, atteint d’une maladie ophtalmique, avait déjà perdu l’usage de son œil droit.

“Jeu vidéo”

L’innovation du 27 janvier réside dans l’immersion du patient dans une réalité virtuelle. “Grâce à cette technique, nous avons pu tester le champ visuel, une fonction extrêmement complexe, qu’on ne pouvait éprouver jusqu’à présent qu’en post opératoire”, indique à France 24 Philippe Menei.

“Cette première étape offre des perspectives nouvelles dans l’ablation de tumeurs cérébrales difficilement placées”, a estimé le CHU d’Angers.

Cette nouvelle possibilité pourrait aussi se révéler particulièrement utile pour la chirurgie infantile : “Pour ne pas les effrayer, on peut imaginer que l’on pourra, au bloc opératoire, immerger les enfants dans une sorte de jeu vidéo, et, pendant qu’on travaille, leur faire faire des tests sans même qu’ils s’en rendent compte, pour avoir une vision précise de l’évolution de l’opération sur le cerveau”, s’enthousiasme le chef du service de neurochirurgie du CHU d’Angers.

Autre champ d’exploration : plonger le malade éveillé dans un environnement relaxant. “Nous allons travailler sur le bien-être du patient, tenter de lui procurer davantage de confort pendant l’opération en l’immergeant dans une réalité virtuelle agréable”, indique Marc Le Renard.



Neurochirurgie éveillée

La neurochirurgie éveillée n’est quant à elle pas une première et se pratique depuis le début des années 2000 au CHU d’Angers et dans d’autres hôpitaux français, le cerveau étant “le seul organe qui n’est pas sensible à la douleur” précise Philippe Menei.

Cette technique permet l’ablation de tumeurs cérébrales qui seraient considérées comme inopérables sous anesthésie générale. “Avec une électrode, on stimule le cerveau au cours de l’opération et on peut réaliser une cartographie précise de ce qui s’y passe, et préserver ainsi les zones impliquées dans des fonctions essentielles comme la motricité et le langage”, détaille le professeur Menei.

Première publication : 16/02/2016

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Les banques françaises ne veulent pas que La City puisse bénéficier d’un traitement de faveur, concédé par l’Union européenne pour aider David Cameron à s’opposer à la tentation du “Brexit” lors du prochain référendum.

Le Premier ministre britannique David Cameron a rendu une visite surprise à François Hollande, lundi 15 février au soir. Elle en dit long sur les tensions autour de l’éventualité d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Au cœur des discussions : certaines concessions que l’Union européenne est prête à accorder au Premier ministre britannique afin de contrer les arguments des partisans du “Brexit“.

Un point en particulier fait déborder le vase français. Il ne concerne ni les exigences britanniques en matières d’immigration, ni celles en politique sociale. Le président socialiste craint que David Cameron n’obtienne un traitement de faveur pour La City, la place financière de Londres. “Il y a encore du travail, en particulier sur la gouvernance économique”, a précisé à la presse une source dans l’entourage du chef de l’État français.

Quand c’est flou…

Cette “gouvernance économique” concerne une partie de la lettre adressée par le président du Conseil de l’Europe Donald Tusk, le 2 février, au Premier ministre britannique, qui récapitule les concessions accordées à Londres. Il s’agit du volet financier, le seul à être défini dans des termes très flous. Le reste des sujets abordés – immigration, souveraineté et compétitivité – fait l’objet de propositions précises de Donald Tusk.

“Les éléments relatifs à la régulation financière ont dû être abordés en coulisse”, explique Cathérine Mathieu, spécialiste de l’économie britannique à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ce flou prouve à quel point le sujet est sensible et a nourri les craintes des milieux bancaires français. Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale et de la Fédération bancaire française (FBF), a d’ailleurs écrit une lettre au locataire de l’Élysée pour se plaindre des “ambigüités” de la lettre de Donald Tusk.

Les banques françaises ne veulent pas que leurs homologues britanniques puissent échapper à certaines règlementations contraignantes qui seraient imposées aux autres institutions financières européennes. Donald Tusk aurait, d’après Reuters, évoqué la possibilité pour “des pays non membres de la zone euro” de ne pas être liés par des règles qui iraient “à l’encontre de leurs intérêts propres”. Londres aurait alors le beurre – rester dans l’UE -, et l’argent du beurre, c’est-à-dire continuer à laisser sa City faire ce qu’elle veut.

“Question de fond qui touche à la nature de l’Europe”

Une telle concession serait une “distorsion de concurrence” inacceptable pour les banques françaises, souligne le quotidien Les Échos. Ce combat n’est pas seulement un affrontement entre banquiers d’un côté et de l’autre de la Manche. C’est aussi “une question de fond qui touche à la nature de l’Europe pour les uns et les autres”, souligne Cathérine Mathieu.

Pour Londres, l’UE est avant tout un espace “des marchés et d’échanges qui ne peut imposer de limite à la souveraineté des États”, rappelle l’économiste française. La position de David Cameron de défendre son droit à réglementer ou non la City “est tout à fait cohérente avec cette approche”, précise cette spécialiste. Et d’ajouter que le Premier ministre britannique ne peut “politiquement pas reculer sur ce point” car le Royaume-Uni a beaucoup misé sur le secteur financier pour doper sa croissance. Il serait donc inacceptable pour une partie de la population qu’il laisse entrer l’épouvantail de la réglementation européenne au cœur de la City.

François Hollande risque, de son côté, de camper aussi fermement sur ses positions. Paris conçoit l’Europe comme un espace qui doit tendre vers “davantage d’harmonisation”, souligne Catherine Mathieu. Pour la France, c’est la meilleure manière de se protéger contre les crises économiques ou politiques. Un cavalier seul du Royaume-Uni serait inacceptable dans cette optique.

La City pourrait donc devenir le principal point d’achoppement lors des prochaines négociations entre chefs d’État européens jeudi 18 et vendredi 19 février à l’occasion du sommet du Conseil européen, qui sera consacré à la question du “Brexit”. Reste à savoir quel camp l’Allemagne choisira. Car sans le soutien de Berlin, la France risque, d’après Catherine Mathieu, de se retrouver “un peu seule face au Royaume-Uni” et d’autres pays du nord de l’Europe – comme le Danemark – qui sont plus proches d’une vision anglo-saxonne de la régulation financière.

Première publication : 16/02/2016

Nicolas Sarkozy était entendu mardi par les juges dans l’enquête sur les fausses factures de Bygmalion et les comptes de sa campagne de 2012. À l’issue de cette audition, il pourrait être mis en examen ou placé sous le statut de témoin assisté.

Nicolas Sarkozy était entendu par les juges d’instruction parisiens mardi 16 février. L’ancien président de la République a été convoqué dans le cadre de l’enquête sur les fausses factures de Bygmalion et les comptes de sa campagne présidentielle de 2012. Il risque une mise en examen ou un placement sous statut de témoin assisté.

L’ex-chef de l’État, qui ambitionne de disputer la primaire de la droite et du centre à l’automne pour revenir au pouvoir en 2017, est arrivé en voiture vers 8 h 40 au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Son audition se poursuivait dans l’après-midi, a-t-on précisé à l’AFP de source proche de l’enquête.

>> À lire sur France 24 : “35 heures, bouclier fiscal, ISF, ‘casse-toi pauvre con’ : les “erreurs” de Nicolas Sarkozy”

L’enquête Bygmalion, du nom de la société qui organisait ses meetings pendant sa campagne, porte à l’origine sur un vaste système de fausses factures pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses pour la présidentielle de 2012, fixé à 22,5 millions d’euros. Ces fausses factures auraient eu pour objet d’imputer à l’UMP, devenue Les Républicains, quelque 18,5 millions d’euros de dépenses qui auraient dû rentrer dans les comptes de campagne. Au final, le Conseil constitutionnel avait quand même rejeté ces comptes, pour un dépassement de quelques centaines de milliers d’euros.

Plusieurs cadres de Bygmalion, son comptable, ainsi que Jérôme Lavrilleux à l’UMP, ont reconnu l’existence de la fraude aux fausses factures, mais aucun protagoniste n’a mis en cause Nicolas Sarkozy pour l’avoir décidée ou en avoir eu connaissance.

“Une farce”

“À mon avis, il est impossible qu’il en ait été informé”, avait affirmé en garde à vue Jérôme Lavrilleux, ex-bras droit de Jean-François Copé, président du parti au moment des faits.

>> À lire sur France 24 : “Les Républicains : Jean-François Copé, septième candidat à la primaire”

L’enquête montre cependant que Nicolas Sarkozy a demandé et obtenu davantage de meetings, vers la mi-mars 2012. Entendu par les enquêteurs, Il a assuré ne pas s’en souvenir et a relativisé le coût des événements ajoutés.

“L’argument d’une campagne qui dérape est une farce”, a affirmé Nicolas Sarkozy aux enquêteurs le 4 septembre 2015. Il a renvoyé la responsabilité des fausses factures sur Bygmalion et l’UMP dirigée alors par Jean-François Copé, qui a été placé la semaine dernière sous le statut de témoin assisté.

Mais depuis, l’enquête s’est élargie à des dépenses qui n’ont rien à voir avec la société de communication fondée par des proches de Copé. Les juges s’interrogent notamment sur une ligne “présidentielle” dans le budget 2012 du parti, indiquant 13,5 millions d’euros de dépenses engagées, alors que trois millions d’euros seulement ont été communiqués dans les comptes de campagne.

Trains, salles de meetings, tracts, sondages… les juges ont remonté la trace de nouvelles factures oubliées, qui apparaissent dans les comptes détaillés de l’UMP.

Malgré ses dénégations, les juges pourraient considérer que Nicolas Sarkozy doit être mis en examen. Selon une source proche de l’enquête, le délit de financement illégal de campagne peut être constitué par le simple fait de dépasser sciemment le plafond des dépenses de la part du candidat, signataire de son compte de campagne.

L’enquête est aussi ouverte pour faux, abus de confiance et escroquerie. Les juges ont mis en examen treize anciens responsables de l’UMP, de la campagne ou de Bygmalion.

Nicolas Sarkozy est déjà mis en examen pour corruption et trafic d’influence dans le dossier des écoutes, dans lequel il est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir, début 2014, auprès d’un haut magistrat, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire. Dans ce dossier, les juges d’instruction ont notifié la fin de leurs investigations et le président du parti Les Républicains risque un renvoi au tribunal correctionnel.

Avec Reuters

Première publication : 16/02/2016

Une cantate de Mozart et de son contemporain Antonio Salieri, récemment découverte, a retenti mardi à Prague, plus de deux siècles après la première mondiale qui a eu lieu en 1787.

Longtemps considérée comme perdue, et récemment découverte dans les collections du Musée de la musique à Prague, une cantate signée en commun par le compositeur autrichien Wolfgang Amadeus Mozart et le musicien italien Antonio Salieri a retenti, mardi 16 janvier, dans la capitale tchèque.

Cette œuvre datant de 1785 “constitue une clé pour une nouvelle compréhension de la relation entre Mozart et Salieri”, a indiqué à l’AFP le musicologue et compositeur allemand Timo Jouko Herrmann, à qui revient le mérite de la découverte.

La cantate “Per la ricuperata salute di Offelia” a été écrite en commun par Mozart, Salieri et un certain Cornetti, sur les paroles du librettiste Lorenzo Da Ponte, pour saluer le rétablissement de la soprano anglaise Nancy Storace (1765-1817).

Noms cryptés déchiffrés

La composition, d’une durée d’environ quatre minutes, a été exécutée mardi par le claveciniste Lukas Vendl, lors de la présentation officielle de l’œuvre, qui sera prochainement exposée au public.

La partition se trouvait au Musée de la musique à Prague depuis les années 1950, mais n’avait pu être correctement identifiée. Elle l’est maintenant, grâce à de nouvelles technologies, et les noms cryptés des auteurs ont été déchiffrés.

“C’est Timo Jouko Herrmann qui a déterminé le caractère unique de cette œuvre”, a indiqué le musée dans un communiqué.

Salieri aurait orchestré la mort de Mozart

L’un des plus grands génies musicaux de tous les temps, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), a séjourné à plusieurs reprises à Prague, la République tchèque faisant à l’époque partie de l’empire autrichien.

Le 29 octobre 1787, Prague a chaleureusement applaudi la première mondiale de son célèbre opéra “Don Juan”, dont le livret a été écrit par Lorenzo Da Ponte (1749-1838), poète et librettiste italien.

Une rumeur, rejetée par les spécialistes, selon laquelle Salieri (1750-1825) aurait orchestré la mort de Mozart dont il jalousait le génie, est due à la nouvelle “Mozart et Salieri” du poète et romancier russe Alexandre Pouchkine (1799-1837).

Elle a été reprise d’abord par le dramaturge anglais Peter Shaffer pour sa pièce “Amadeus”, puis par le réalisateur américain d’origine tchèque Milos Forman, pour son célèbre film portant le même titre.

Avec AFP

Première publication : 16/02/2016

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Quatre des plus importants pays producteurs de pétrole, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Russie et le Venezuela, se sont mis d’accord pour geler la production au niveau de celle de janvier afin de calmer les marchés.

C’est une rencontre hors norme. L’Arabie saoudite et la Russie, le deux premiers producteurs de brut au monde, ont discuté du prix du pétrole à Doha, en compagnie du ministre qatari de l’Énergie et de leur homologue venezuelien. Ensemble, ils ont décidé de geler la production d’or noir à son niveau de janvier, a annoncé mardi 16 février le représentant du Qatar.

“Nous pensons, tous les quatre, que le gel de la production à son niveau de janvier est approprié pour le marché”, a déclaré le puissant ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Nouaïmi.

“Début d’un processus”

Le Saoudien, dont le pays est le chef de file de l’Opep et qui a jusqu’ici exclu toute réduction de l’offre pour soutenir les prix, a ajouté que c’était “le début d’un processus”. “Nous évaluerons dans les tout prochains mois pour décider si d’autres mesures sont nécessaires pour stabiliser le marché”, a-t-il ajouté.

“Nous ne voulons pas d’importantes variations des prix, nous ne voulons pas réduire l’offre. Nous voulons répondre à la demande et stabiliser les prix” sur les marchés internationaux, a-t-il expliqué. À savoir si les prix bas du pétrole posaient un problème à l’Arabie saoudite, Ali al-Nouaïmi a répondu que ce n’était “pas un problème”, bien que son pays soit confronté à un déficit budgétaire record.

De son côté, le ministre du Qatar a indiqué que son pays, qui assure la présidence de l’Opep, comptait prendre des contacts “intensifs” avec les producteurs membres et non-membres du cartel, soulignant que l’initiative était “destinée à stabiliser le marché, dans l’intérêt non seulement des producteurs et des exportateurs de brut, mais aussi de l’économie mondiale”.

Rare rencontre entre Russes et Saoudiens

Il s’agissait d’une rare rencontre entre le Saoudien Ali al-Nouaïmi et le Russe Alexander Novak depuis que les prix du pétrole ont chuté pour perdre jusqu’à 70 % de leur valeur depuis la mi-2014.

Le royaume wahhabite, qui entendait avec les autres monarchies pétrolières du Golfe défendre des parts de marché face à l’essor du pétrole de schiste américain, exigeait la coopération des producteurs non membres de l’Opep, Russie en tête, pour envisager une réduction de l’offre et tenter de soutenir les prix.

La réunion pétrolière à Doha intervient alors que, parallèlement, de vives tensions opposent sur la crise syrienne la Russie, alliée du régime de Damas, et l’Arabie saoudite qui soutient des groupes armés hostiles au président Bachar Al-Assad.

Après l’annonce de l’accord de Doha, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, la référence européenne du brut, ralentissait un peu la cadence : il s’échangeant dans la matinée à 34,20 dollars, en hausse de 81 cents par rapport à la clôture de lundi.

Avec AFP

Première publication : 16/02/2016

En visite à Munich ce week-end, le Premier ministre a joué la carte de la fermeté en indiquant que la France ne pourra “pas accueillir plus de réfugiés” que prévu – soit 30 000 sur deux ans. Des propos qui ont suscité l’indignation des associations.

Le message est particulièrement fort. En marge de son déplacement à la conférence de Munich sur la sécurité, le week-end dernier, le Premier ministre français n’a pas mâché ses mots pour qualifier la ligne directrice de la politique migratoire qui doit être menée par Paris. “Je suis venu faire passer un message d’efficacité […] L’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés […] Nous ne pouvons accueillir plus de réfugiés”, a insisté à plusieurs reprise manuel Valls.

Sur fond d’aggravation de la crise migratoire, cette sortie n’a pas seulement irrité la chancelière allemande, qui prône une politique d’ouverture à l’égard des migrants et goûte peu à ce “rappel à l’ordre” de Valls sur son territoire, mais elle étonne aussi les associations d’aide aux réfugiés.

“La France a un devoir d’accueil”, a martelé Michel Morzière, le président de l’association “Revivre”, très impliqué dans la défense des réfugiés syriens arrivant en Europe. “Fermer ses frontière ne sert à rien, il faut surtout que l’Europe s’organise, que chacun prenne sa responsabilité”, a-t-il ajouté. L’association juge surtout “dérisoire” la politique de Paris, qui s’est dit prêt, en septembre dernier, à accueillir environ 30 000 réfugiés sur deux ans. “Quand on sait combien de réfugiés arrivent chaque mois en Europe, et quand on sait combien sont accueillis par les pays voisins, ce chiffre est vraiment dérisoire”, se désole Michel Morzière.

“M. Hollande doit préciser sa pensée”

À France Terre d’Asile, on s’agace aussi de telles sorties “regrettables”. “Nous voulons adresser un message au président de la république, nous voulons lui dire que ‘la France doit prendre sa juste place’ dans l’accueil des réfugiés”, a déclaré Pierre Henry, le directeur général de l’association, en reprenant l’expression de Michel Rocard (“La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part”). “Il est très important de comprendre que nous pouvons combiner sécurité et accueil des migrants. Les propos de Valls sont en contradiction avec le droit européen et international”.

Et en contradiction avec les propos du chef de l’État français. Manuel Valls a en effet déclaré à Munich que Paris n’était “pas [non plus] favorable” à la mise en place d’un “dispositif européen de relocalisation” des réfugiés qui permettrait d’établir des quotas et de répartir les migrants sur le sol européen. Après l’été 2015, François Hollande s’était pourtant montré favorable à une telle mesure, à l’instar de la chancelière allemande. “Nous demandons à M. Hollande de préciser sa pensée lors du sommet de Bruxelles, le 18 février”, a précisé le directeur de France Terre d’Asile.

“Seuls” 5 000 Syriens ont demandé l’asile en France 2015

Pourtant, la ligne semble déjà avoir évolué. “Je ne pense pas qu’il y ait aujourd’hui de majorité en Europe pour imposer un [tel] dispositif”, a déclaré Valls qui a indiqué que la France tiendrait sa promesse de 30 000 accueils “mais pas plus”. Un chiffre qui contraste avec le million de migrants arrivés en Allemagne. Au total, l’Europe s’était engagée à héberger 160 000 réfugiés. “Sans doute les attentats de novembre et la banalisation de la crise migratoire ont contribué à durcir la ligne”, explique Michel Morzière.

Selon les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), 79 000 demandes d’asile ont été enregistrées en France en 2015, soit 20 % de plus que l’année précédente. Dans ce chiffre, il est important de rappeler que le raz de marée tant redouté venu de Syrie ne concerne pas l’Hexagone. Sur l’année écoulée, “seuls” 5 000 Syriens ont demandé et – presque tous – reçu leur droit d’asile en France. Paris est donc loin, très loin d’être “envahi” par la population syrienne fuyant la guerre.

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Première publication : 16/02/2016