Archive for February 19th, 2016

Une cinquantaine de manifestants ont bravé samedi l’interdiction préfectorale de manifester pour soutenir le général Piquemal, interpellé lors d’une manifestation interdite organisée par Pegida le 6 février. Quatre personnes ont été arrêtées.

Malgré l’interdiction préfectorale, le rassemblement pour “la défense des Calaisiens” s’est bien tenu. Une cinquantaine de protestataires ont bravé l’interdiction de se rassembler samedi 20 février dans la cité portuaire bordée par un camp de quelque 4 000 migrants. Quatre d’entre eux ont été interpellés, selon les autorités locales.

Les organisateurs, notamment un ancien militaire originaire de Calais dénommé Willy Destierdt, entendaient exprimer leur soutien au général Piquemal, interpellé lors d’une manifestation interdite organisée par le mouvement islamophobe Pegida le 6 février. Le général Piquemal a été commandant de la légion étrangère de 1995 à 1999, et n’est plus en service actif.

Ces manifestants, des ex-légionnaires ou parachutistes, voulaient initialement tenir un rassemblement au stade du Souvenir, mais la mairie de la ville avait affirmé que le lieu n’était pas disponible, avant que la préfecture ne prenne un arrêté d’interdiction de cette manifestation.

À la place, Willy Destierdt avait annoncé une “promenade citoyenne”, par petits groupes qui devaient déposer à partir de 14h des gerbes de fleurs devant divers monuments honorant la mémoire de soldats français morts au combat.

Course poursuite

De 20 à 30 personnes, selon la préfecture, dont plusieurs bérets rouges (parachutistes) et bérets verts (légionnaires) arborant des médailles militaires, avaient répondu à son appel. Ils ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre pendant près d’une heure.

Destierdt est parvenu à déposer une gerbe devant le monument aux morts des cheminots, face à la gare de Calais. Auparavant, il avait tenté de déposer des fleurs face à l’Hôtel de Ville, devant le monument au Souvenir français dédié aux “morts pour la France” d’avant les deux guerres mondiales. Sans succès, en raison de la présence de cordons de CRS, qui ont interpellé l’ancien militaire.

Trois autres manifestants ont ensuite été interpellés pour avoir tenté d’enfreindre l’interdiction de se rassembler, soit un total de quatre selon le sous-préfet de Calais, Vincent Berton. Peu avant 15h, les CRS ont dispersé les manifestants, dont le rassemblement a pris fin. “Tout ça s’est fait sans heurt”, s’est félicité le sous-préfet. “Nous n’avons pas besoin de perturbateurs (…), on est déjà dans une situation difficile, cette ville a besoin de sérénité et de calme”, a-t-il ajouté.

Le 6 février, lors d’une manifestation hostile aux migrants organisée par Pegida, une vingtaine de personnes avaient été interpellées. Parmi elles, donc, le général Christian Piquemal, 75 ans, poursuivi pour “participation à un attroupement qui ne s’est pas dissout après sommation”. Son procès doit avoir lieu le 12 mai au tribunal de Boulogne-sur-Mer.

Avec AFP

Première publication : 20/02/2016

Le président de la République, François Hollande, a balayé tous les sujets d’actualité, vendredi, dans un entretien sur France Inter. Et a réaffirmé qu’il ne se représenterait pas en 2017, s’il n’y avait “pas de baisse du chômage”.

François Hollande a réaffirmé qu’il ne serait pas candidat à un nouveau mandat s’il n’y avait “pas de baisse du chômage”, vendredi 19 février, lors d’un entretien sur France Inter durant lequel il a également évoqué la réforme du code du travail, le “Brexit”, la crise des réfugiés et la Syrie.

“Je me suis engagé personnellement. J’ai dit que je serai jugé sur cette question-là. Je ne me déroberai pas. Je n’ai de ce point de vue-là qu’une seule parole. J’ai été candidat pour que nous créions les conditions pour qu’il y ait une baisse du chômage et il doit y avoir une baisse du chômage. Et s’il n’y a pas de baisse du chômage, vous savez quelles conclusions j’en tirerai”, a-t-il déclaré.

“Je suis président de la République, je le suis pour la période qui va jusqu’en mai 2017. (…) Je peux ne pas être candidat, je peux être candidat. Je ne me déterminerai qu’au moment où je penserai que ce sera le temps d’y parvenir”, a affirmé le chef de l’État. “Avant, je préfère être pleinement dans ma mission”, a-t-il précisé.

>> À lire sur France 24 : “France : la gauche divisée face à la réforme du travail, la droite satisfaite”

Le président François Hollande a par ailleurs tenté de déminer les critiques concernant le projet de loi El Khomri sur la réforme du droit du travail qui doit être présenté en Conseil des ministres le 9 mars. “Les salariés ne verront aucun de leurs droits remis en cause”, a-t-il affirmé.

L’emploi “c’est le seul sujet”, “il faut s’organiser pour être plus compétitif” et réformer le code du travail pour favoriser les embauches et permettre aux entreprises de négocier des accords pour s’adapter à la conjoncture, a-t-il souligné en affirmant qu’il “donn(ait) à la négociation collective la place qu’elle n’a jamais eue dans notre pays”.

“Le risque d’une dislocation molle de l’Europe existe”

Le projet de loi accorde notamment la primauté des accords d’entreprises en matière de temps de travail, la possibilité de référendums pour valider des accords minoritaires, une sécurisation juridique du licenciement économique pour les entreprises, des indemnités prud’homales plafonnées et un recours facilité au forfait-jour dans les petites entreprises.

“Plus de souplesse, plus de sécurité, plus de visibilité”, a résumé vendredi François Hollande.

François Hollande a également parlé de politique étrangère. Il a appelé à éviter la “dislocation” d’une Europe divisée par la menace d’un “Brexit” et la crise des réfugiés, mettant en garde contre le “risque de guerre” entre la Turquie et la Russie.

>> À lire sur France 24 : “Accord unanime trouvé entre les Vingt-Huit pour une réforme de l’Union européenne”

“Je fais ce qu’il faut pour que nous puissions garder le Royaume-Uni dans l’Europe, mais à condition que l’Europe puisse avancer”, a déclaré le chef de l’État. Et “si les Britanniques veulent sortir, je le regretterai pour l’Europe, pour la Grande-Bretagne, pour la France, mais j’en prendrai acte”, a-t-il ajouté.

Pour le reste, le président français a tracé un tableau plutôt sombre d’une Europe qui “ne va pas bien”, qui “doute d’elle même” et sans “projet” pour en arriver à cette conclusion : “le risque d’une dislocation molle de l’Europe existe”.

Hollande met en garde contre la fin de l’espace Schengen

La fin de Schengen marquerait, a-t-il encore averti, “la fin de l’Europe au sens de la libre-circulation entre Européens”.

François Hollande a aussi volé au secours d’Athènes qui ploie sous la pression migratoire, appelant à “raisonner en Européens” et “à ne pas renvoyer sur un pays, la Grèce, la responsabilité qui est la nôtre”. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait menacé vendredi de ne pas signer d’accord sur le “Brexit” si ses partenaires européens par les territoires desquels transitent les migrants fermaient leurs frontières.

Puis, interrogé sur les critiques du Premier ministre, Manuel Valls, à l’égard de la politique d’accueil des migrants de la chancelière allemande Angela Merkel, il a assuré que la France allait “continuer à travailler de manière très étroite avec l’Allemagne”, mais “avec une exigence de réalisme et de vérité”. Il n’est “pas souhaitable” qu’autant de réfugiés viennent en Allemagne, car le pays ne “pourra pas en accueillir encore des dizaines de milliers”, a-t-il insisté.

François Hollande a par ailleurs appelé à une “désescalade” entre la Russie et la Turquie, pour écarter un “risque de guerre” entre les deux pays, tous deux fortement impliqués dans les crises syrienne et irakienne. Il a aussi de nouveau déploré la frilosité américaine sur le terrain. “Je préfèrerais que les États-Unis soient encore davantage actifs”, a glissé le président.

Il a ensuite répondu aux questions des auditeurs du Téléphone sonne de France Inter pendant quarante-cinq minutes.

Avec AFP

Première publication : 20/02/2016

Après plus de deux ans de travaux, le Mémorial de Verdun a fait peau neuve. Dans un bâtiment entièrement rénové et modernisé, il propose aux visiteurs de suivre les combattants sur le champ de bataille, qu’ils soient français ou allemands.

C’est une expérience à part entière et un voyage dans le passé. En franchissant la porte du Mémorial de Verdun, on revient, 100 ans en arrière, sur le champ de bataille. C’est sur ce même champ de bataille qu’a été construit l’édifice il y a près de cinquante ans. “Ici c’est la terre sacrée de Verdun. Vous êtes sur la zone rouge, celle des combats. Une zone qui est totalement inconstructible car c’est un gigantesque cimetière avec des milliers de corps ensevelis dans cette forêt”, résume Geneviève Noirot, une des scénographes chargées de la rénovation du Mémorial.

Dès le début du parcours du mémorial, cette terre meurtrie est omniprésente. Le premier niveau repose en effet sur un plancher transparent qui laisse entrevoir un flot de boue. Quelques obus et des douilles ont aussi été disséminés dans cette mélasse reconstituée en résine. Comme l’explique Édith Desrousseaux de Medrano, commissaire de l’exposition permanente, tout a été conçu pour mettre le visiteur dans les pas d’un combattant de Verdun : “On joue constamment sur ce fil rouge, un croisement entre une terre martyrisée qui porte les cicatrices de la bataille et puis le destin de ces hommes qui la vivent”.

#1GM Le @MemorialVerdun avait été inauguré en 1967 sous l’impulsion des anciens combattants dont Maurice Genevoix. pic.twitter.com/YbnJSo804D

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 12 Février 2016

Une tension permanente

Lorsqu’il avait été inauguré en 1967, le Mémorial se présentait sous forme d’une succession de vitrines dévoilant des uniformes, des armes ou des pièces d’artisanat réalisées par les poilus dans les tranchées. Un demi-siècle plus tard, le site a été entièrement repensé. Après deux ans de travaux, il permet maintenant de s’immerger en première ligne, sous le feu des bombardements, grâce à des reconstitutions visuelles et sonores, le tout appuyé par les témoignages d’anciens poilus écrits sur les murs ou à écouter sur des bornes sonores.

Dans ce mémorial version XXIe siècle, qui ouvre de nouveau ses portes au public à partir du 22 février, les objets personnels des combattants occupent une place de choix. On les découvre au fur et à mesure de notre progression dans cet univers sombre et confiné représentant l’avancée vers le front. Ici un casque perforé par un tir, là le grigri d’un tirailleur algérien, ou encore des médailles fièrement exposées dans un cadre. “Il y a une tension qui se développe entre ces objets très fragiles et le gigantesque spectacle audiovisuel qui est comme un cœur palpitant et qui représente l’homme perdu dans une terre devenue complètement lunaire”, décrit Édith Desrousseaux de Medrano.

Visite du Mémorial de Verdun en photos
  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le Mémorial de Verdun est composé de deux niveaux. Au rez-de-chaussée, le visiteur est invité tout d’abord à situer la bataille de Verdun, dans le temps, l’espace et l’histoire du conflit.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Pour mieux faire comprendre l’expérience combattante, la rénovation du mémorial est concentrée sur le multimédia. Une carte en 3D du champ de bataille ou encore de nombreux témoignages sonores à écouter sont disponibles.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Au centre, un écran brisé se déploie sur 100 m2 pour offrir un spectacle audiovisuel inédit. On peut y voir des images d’époque ou des reconstitutions de l’enfer des combats de Verdun.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le mémorial met aussi l’accent sur les objets ayant appartenu aux combattants. Plus de 2000 sont exposés, sur une collection de près de 25 000 pièces, comme ces casques de l’armée française.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    La rénovation a aussi permis au mémorial d’acquérir de nouvelles pièces, notamment des objets allemands. Le casque, situé en haut à gauche, est par exemple un prêt du musée de Dresde.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Le mémorial met en avant l’expérience vécu par les soldats à Verdun à travers des objets très personnels. Ici figure la malle de Louis Pergaud, l’auteur de “La Guerre des boutons”, disparu le 7 avril 1915 à Marchéville-en-Woëvre.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Pour que le visiteur suive vraiment les pas des combattants, le rez-de-chaussée repose également sur un plancher transparent sous lequel de la boue a été reconstituée en résine.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    À l’image des poilus, le visiteur est lui aussi invité, petit à petit, à monter jusqu’en première ligne dans une ambiance sombre et confinée.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Au premier étage, différentes thématiques sont aussi abordées comme l’aviation, qui a joué un grand rôle lors de la bataille de Verdun. Deux avions se font ainsi face : un Nieuport (France) et un Fokker (avion néerlandais pour l’Allemagne).

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    La mort, omniprésente sur le champ de bataille, est bien entendu abordée elle-aussi.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    Tout au long du parcours, les objets français et allemands sont rassemblés côte à côte dans l’idée d’une mémoire partagée. Sur un grand mur, des photographies des soldats des deux camps ont aussi été regroupées.

  • © Stéphanie Trouillard, France 24

    À la fin de la visite, le visiteur peut se rendre sur la terrasse au dernier étage. Elle offre un panorama sur le champ de bataille et sur l’ossuaire de Douaumont qui regroupe les restes de 130 000 soldats français et allemands.

“Verdun n’est-il pas mangeur d’hommes ?”

Dans cet enfer, soldats français et allemands sont placés au même niveau. Dans les vitrines, leurs objets sont rassemblés, tandis que sur les murs, leurs témoignages se répondent. “Ici, j’ai peur. Verdun n’est-il pas mangeur d’hommes ?”, s’interroge un poilu. “Maman, pourquoi m’as-tu donné naissance ? Pourquoi dois-je connaître cela ?” écrit également un soldat du Kaiser. À l’origine, l’édifice avait été pensé uniquement par les combattants français en hommage à leurs camarades. Aujourd’hui, il devient le symbole d’une mémoire partagée. “On ne parle plus du combattant français, mais du combattant de Verdun quelle que soit sa nationalité. C’est cela la grande évolution”, insiste Thierry Hubscher, le directeur du mémorial.

Après tous ces travaux, les anciens poilus auraient bien du mal à reconnaître l’ancien bâtiment, mais l’essentiel est préservé. “Ce lieu a été voulu par les anciens combattants avec l’idée d’ériger sur ce champ de bataille un mémorial et non un musée en souvenir de leurs camarades tombés dans cette fournaise”, rappelle Francis Lefort, président du comité national du Souvenir de Verdun. “Nous avions rendu visite à Lazare Ponticelli, le dernier poilu, un mois avant son décès. À 110 ans, il nous avait laissé ce message : ‘Ne nous oubliez pas’. Un vœu qui a été entendu et surtout réalisé. En alliant avec modernité mémoire et enseignement, le mémorial version 2016 s’adresse avec habileté autant aux disparus qu’aux nouvelles générations.

#1GM Tout l’intérieur du Mémorial a été repensé et surtout modernisé avec beaucoup de multimédias. pic.twitter.com/obbMqT1Smj

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 12 Février 2016


Première publication : 20/02/2016