Archive for February 21st, 2016

Lundi soir, à la vielle de l’expiration de l’ultimatum préfectoral ordonnant aux migrants de quitter la zone de la jungle de Calais, le ministre de l’Intérieur a assuré que l’évacuation se fera “de manière progressive” et “par la persuasion”.

La perspective d’une évacuation imminente des migrants d’une partie de la jungle de Calais s’est estompée lundi, à la veille de l’expiration de l’ultimatum préfectoral. La tension est montée ces derniers jours entre les associations, qui refusent le démantèlement du camp, et le gouvernement ainsi que les autorités locales convaincus du bien-fondé de l’opération.

C’est mardi 23 février que tout se décidera. La préfecture du Pas-de-Calais a pris vendredi dernier un arrêté ordonnant aux occupants (entre 800 et 1 000 selon les autorités, 3 450 selon des associations, dont 300 mineurs isolés) de la zone sud du camp, dit “la Lande”, de quitter les lieux d’ici mardi 20H00. Mais 250 migrants et 10 associations ont déposé un référé devant la justice pour faire suspendre l’arrêté prononçant “l’expulsion d’office des occupants”. Le tribunal administratif de Lille tranchera mardi.

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant en Grande-Bretagne, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s’agit de faire partir la population concernée vers les Centres d’accueil et d’orientation (CAO), dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2700 migrants. Il reste d’autre part 300 places dans le Centre d’accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

Cazeneuve promet une évacuation “progressive”

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est justement rendu lundi dans un CAO, au Mans, où il a tenu un discours d’apaisement. L’évacuation de la zone sud se fera “de manière progressive, par la persuasion et dans le respect de la dignité des personnes”, a-t-il promis. Il s’est dit prêt à “prendre le temps qu’il faut” pour mener à bien cette opération.

Selon Vincent De Coninck, bénévole au Secours catholique, l’expulsion des récalcitrants “risque d’entraîner le déplacement des migrants vers d’autres camps dans la région, ce qui ne ferait que déplacer le problème”. Se défendant d'”une opposition stérile et idéologique”, ce responsable a assuré que les associations n’étaient pas “pour le maintien du bidonville”, mais qu’elles trouvaient les solutions proposées par la préfecture “insuffisantes”.

Quelque 260 organisations et personnalités, dont l’humoriste Guy Bedos et la créatrice Agnès B., leur ont apporté leur soutien dans une tribune parue dans Le Monde. “Les jours prochains, nous irons à Calais pour le clamer haut et fort : nous ne sommes pas condamnés à choisir entre la jungle et sa destruction. Nous refusons de réduire la France à des barbelés et des bulldozers”, écrivent-ils.

L’opération suscite aussi les réserves de la Défenseure des enfants Geneviève Avenard, qui a critiqué les modalités prévues par l’État pour le déménagement des enfants isolés, se prononçant pour “la création urgente d’un dispositif de mise à l’abri des enfants” concernés.

Avec AFP

Première publication : 22/02/2016

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De plus en plus d’armes sont vendues dans le monde, souligne le dernier rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, publié lundi. L’Étude relève, cependant, la perte de parts de marché des Français.

Les États-Unis restent les maîtres incontestés de vente d’armes à l’international. Mais c’est la seule grande constante : le commerce des armes, hors artillerie légère, a en revanche considérablement évolué en dix ans, comme le démontre le rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), publié lundi 22 février, qui compare les tendances de 2011 à 2015 à celles de la période 2006-2010.

Alors que la France, 5e vendeur d’armes au monde, semble en perte de vitesse, la Chine a presque doublé ses exportations. Quant à l’Arabie saoudite, le Qatar et le Vietnam, ils se sont découvert une boulimie pour l’achat de systèmes d’armement. Décryptage des principales tendances du secteur.

Une course à l’armement ? Le commerce des armes a progressé de 14 % entre 2011 et 2015 par rapport à la période 2006-2010. Cette hausse pourrait aisément être mise sur le compte d’une course aux armements pour faire face à la hausse de la menace terroriste.

Ce facteur entre certes en ligne de compte, mais “il faut y ajouter des particularités locales importantes”, souligne Aude Fleurant, directrice de la campagne des dépenses militaires et d’armement au Sipri. Elle note qu’un certain nombre de pays, notamment en Amérique du Sud, ont procédé à la modernisation de leur armée. En Asie, la puissance toujours plus présente de la Chine a “donné l’impression à certains pays, comme le Vietnam, qu’il existait une menace chinoise à prendre en compte militairement”, remarque Aude Fleurant. Les tensions entre Pékin et Hanoï en mer de Chine méridionale expliquent l’augmentation vertigineuse des importations d’armes du Vietnam ces dernières années soit près de 700 %.

La France militairement moins attractive ? Alors que les livraisons d’armes britanniques, espagnoles ou encore italiennes ont augmenté de plus de 20 %, celles de la France ont baissé de près de 10 %.

Le matériel militaire français ne séduit-il plus ? Il faut tout d’abord établir une distinction importante : “Le Sipri ne prend en compte que les livraisons de matériel, c’est-à-dire que tous les contrats signés récemment par la France ne sont pas pris en compte”, note Aude Fleurant. Ainsi, la vente de Rafale au Qatar ou les juteux contrats signés avec le Koweït devraient permettre à la France de faire mieux dans les années à venir.

Paris s’est, en fait, concentré sur des “marchés difficiles à percer comme l’Inde, où les négociations sont très longues”, note l’experte du Sipri. D’autres pays avec lesquels la France avait noué de très bonnes relations militaro-commerciales ont moins acheté qu’avant. Ainsi le Brésil, dont l’économie tourne au ralenti depuis quelques années, a revu à la baisse ses grands projets de modernisation de l’armée.

Et contrairement à ce que pourrait laisser croire les annonces, les principaux partenaires de la France ne sont pas l’Arabie saoudite, le Qatar ou l’Inde. Le Maroc a ainsi été le premier acheteur de matériel français, notamment de systèmes électroniques de renseignement (radar etc.). Il a aussi procédé à une remise à niveau de sa flotte d’avions de chasse Mirage.

Le Qatar et l’Arabie saoudite sont-ils trop armés ? Les deux émirats n’ont pas hésité à dépenser leurs pétrodollars. Le Qatar a augmenté ses dépenses militaires de 279 % et celles de l’Arabie saoudite ont cru de 276 %.

Plusieurs facteurs communs aux deux pays peuvent expliquer cette attitude : la volatilité de la situation en Irak et en Afghanistan, les craintes suscitées par les printemps arabes et la volonté de profiter, à partir du début des années 2000, de la manne pétrolière et gazière. Mais Aude Fleurant ajoute que dans le cas de Riyad il y a aussi la volonté de contester le leadership militaire de l’Iran dans la région.

Néanmoins, un élément pourrait venir bousculer cette frénésie d’achats : la baisse des tarifs pétroliers. “Il va être intéressant de voir si malgré la baisse des revenus pétroliers [ou gazier, NDLR], ces pays vont continuer à dépenser beaucoup en armement”, remarque Aude Fleurant.

La Chine, grande puissance exportatrice. “Il y a encore dix ans, les Chinois n’étaient en mesure de proposer que des équipements pauvres en technologie. Cela a changé”, souligne Siemon Wezeman, chercheur au Sipri, dans le communiqué de l’Institut de recherche suédois. Cette montée en gamme s’est traduite par un grand bond en avant des exportations : elles ont augmenté de 88 % sur 2011-2015 par rapport à la période précédente.

Pékin s’est fait une spécialité d’armer les autres pays asiatiques puisque les principaux acheteurs sont le Pakistan (35 % des exportations chinoises), suivie du Bangladesh et de la Birmanie.

Si la Chine exporte bien plus, elle importe aussi nettement moins. L’amélioration de la qualité de leur propre production leur a permis de baisser leurs importations d’armes de 25 %. Une mauvaise nouvelle pour la France qui est, derrière la Russie, le deuxième fournisseur de matériel militaire de Pékin.

Première publication : 22/02/2016

Vingt après le dernier essai nucléaire français dans le Pacifique, François Hollande est en visite en Polynésie, où une partie de la population attend des excuses et des réparations pour les 193 essais nucléaires réalisés entre 1966 et 1996.

C’est l’étape la plus “sensible” du périple présidentiel dans le Pacifique. Après Wallis et Futuna, le président Hollande est arrivé, lundi 22 février, en Polynésie française, où un vieux serpent de mer l’attend : la “dette nucléaire”. Depuis 30 ans, les populations civiles des atolls de Mururoa et Fangataufa attendent des excuses et des indemnisations de l’État pour les 193 essais nucléaires français réalisés dans la zone entre 1966 et 1996.

Un épisode traumatisant pour l’archipel du Pacifique : au total, 46 essais ont eu lieu dans l’atmosphère, c’est-à-dire en plein air, et 147 dans des puits souterrains. Avec des conséquences parfois désastreuses sur les populations locales.

Mais les indemnisations tardent à arriver en Polynésie. Depuis la loi Morin, votée en 2010, seules une vingtaine de demandes ont abouti sur un millier de dossiers déposés. “Il y a eu exactement 19 dossiers traités depuis 2010, 14 concernent des dossiers de militaires, et cinq de Polynésiens”, explique Bruno Barrillot, chercheur à l’Observatoire des armements, et ancien délégué aux conséquences des essais nucléaires pour le gouvernement.

“Seuls” 1 000 dossiers ont été déposés

“Cette commission chargée de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires fonctionne assez mal”, déplore le chercheur. “Par exemple, sur les cinq dossiers de Polynésiens qui ont reçu une indemnisation, seule une victime habitait à Mururoa, les quatre autres résidaient à des centaines de kilomètres de l’épicentre des essais. Pourquoi ces dossiers ont-ils été acceptés quand tant d’autres sont rejetés ?”

“Et surtout, continue Bruno Barrillot, en vertu de l’article 4 de la loi Morin, cette commission a le pouvoir de rejeter un dossier si le risque encouru par la personne exposée est jugé ‘négligeable’. Tout cela est assez arbitraire.”

Les Polynésiens estiment qu’environ 2 000 personnes résidaient dans le secteur défini par la loi Morin au moment des essais nucléaires. Pourquoi alors “seuls” 1 000 dossiers ont été déposés ? “Parce que les démarches sont assez compliquées, parce qu’il faut venir à Papeete (à Tahiti) pour déposer son dossier et surtout, parce qu’il faut rassembler énormément de papiers. Or, les Polynésiens font partie d’une civilisation de tradition orale…”, explique encore Bruno Barrillot. Selon l’expert, près de 540 nouveaux cas de cancers sont détectés chaque année parmi les 270 000 Polynésiens, un chiffre qu’il qualifie d'”alarmant”.

“Pérenniser la dotation de la ‘dette nucléaire'”

Pendant le voyage officiel de François Hollande, la population polynésienne attend également un geste du président concernant la “dette nucléaire”, surnommée aussi le “milliard Chirac”, une dotation annuelle de 150 millions d’euros (un milliard de francs à l’époque) qui vise à compenser la perte d’activité économique engendrée par les essais, et dont le montant n’a cessé d’être revu à la baisse.

Selon Le Monde, ce versement en question s’élève, en 2016, à 84 millions d’euros sur un total de 830 millions d’euros que l’État dépense, chaque année, au titre de l’appui au territoire et aux communes. “Ma parole sera la plus attendue, […] sur les réparations, [sur] les indemnisations liées aux essais nucléaires”, a confirmé François Hollande lors de son déplacement dans le Pacifique. “Les Polynésiens veulent un geste fort, ils veulent que cette dotation soit pérennisée avec un montant fixe”, précise de son côté Bruno Barrillot.

Le chercheur de l’Observatoire des armements, qui ignore si le président français honorera toutes ces requêtes, estime que François Hollande aura en tous cas marqué des points en déposant, lundi, une gerbe de fleurs sur la tombe du député polynésien Pouvanaa a Oopa (1895-1977). Ce dernier, défenseur du droit des autochtones, a été condamné pour avoir incendié la ville de Papeete en 1959, et transféré en métropole. “Se recueillir devant sa stèle est en tous cas, un geste fort, très fort pour la population”, conclut Bruno Barrillot.

Première publication : 22/02/2016

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Une pétition contre le projet controversé de réforme du Code du travail, lancée à l’appel de militants associatifs et de syndicalistes, connaît un important succès en ligne. Le site recense les critiques d’un certain électorat de gauche exaspéré.

Ils sont déjà plus de 200 000 à vouer le projet de loi travail du gouvernement français aux gémonies. Lundi 22 février, à 15h33, 217 943 internautes avaient signé la pétition mise en ligne il y a quatre jours seulement contre le texte défendu par la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Une telle mobilisation en si peu de temps est rare pour la plateforme de pétition Change.org. L’initiative est à l’origine de personnes aux parcours syndical et politique fort.

La violence des commentaires laissés par les signataires souligne aussi à quel point cette réforme, qui doit être présentée en Conseil des ministres le 9 mars, ulcère ceux qui se réclament du “peuple de gauche”. “J’ai honte pour cette classe politique qui ne respecte rien et s’incline devant le patronat qui jubile”, s’insurge l’un des signataires. “Je signe parce que je suis de gauche”, écrit en lettres capitales un autre.

“Retour au temps de Germinal”



La plupart des insatisfaits déplorent aussi un retour en arrière tel cet internaute qui “n’a pas envie de vivre comme en 1850 et redevenir un esclave”. Ou cet autre qui a signé “parce que c’est un retour au temps de l’Assommoir et de Germinal [romans sociaux de la fin du XIXe d’Émile Zola, NDLR]”

La pétition dresse une liste des mesures contenues dans la loi qu’il conviendrait selon eux de combattre. Un inventaire rapide et parfois approximatif, comme le souligne le quotidien “Liberation”. Les pétitionnaires affirment ainsi que “les 11 heures de repos obligatoires par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées” si la réforme est acceptée, alors que ce changement ne concernerait que les salariés au forfait.

Mais les auteurs de cet appel aux armes ont poussé la démarche un peu plus loin. Ils ont mis en ligne un site internet intitulé loitravail.lol, ce qui en dit long, afin d’étudier la loi travail plus en profondeur, [Lol est un acronyme pour laugh out loudly, qui signifie mort de rire]. Les opposants au projet de réformes y détaillent 11 mesures qui leur paraissent inacceptables. Le plafonnement à 15 mois de salaires pour les indemnités prud’homales en cas de licenciement illégal, le fait que le temps d’astreinte puisse être décompté du temps de repos ou l’assouplissement des conditions pour mettre en place un plan social font partie de ce requisitoire.

Une pétition au succès éclair, un site très bien conçu pour rendre compréhensible les critiques au plus grand nombre : les auteurs de cet assaut numérique contre le projet de réforme ne semblent pas être des internautes lambda.

Ancienne du cabinet de Najad Vallaud Belkacem

Ainsi, Caroline de Haas, qui a mis en ligne la pétition, ne sort pas de nulle part. Cette trentenaire était cofondatrice du réseau Osez le féminisme en 2009. Trois ans plus tard, elle se retrouve au cabinet de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Elle quitte le parti socialiste en 2014 sans déserter la politique puisqu’elle va mener la liste ”Féministe pour une Europe solidaire” en Île-de-France aux élections européennes de 2014. Enfin, en janvier 2016, elle cofonde “Primaire de gauche”, un collectif de personnalités appelant à une primaire qui dépasse le simple cadre du PS.

Par ailleurs, Sophie Binet, que “Libération” présente comme l’une des principales organisatrices de cette révolte numérique contre la réforme du Code du travail, est secrétaire générale adjointe de la CGT pour les “ingés, cadres tech”. Une protestation socialement mais donc aussi politiquement motivée.

Une initiative qui semble ne pas être passée inaperçue au gouvernement. Coïncidence ou non, un “vrai-faux sur la loi travail” a été mis en ligne samedi 20 février, le lendemain du lancement de la pétition.

Première publication : 22/02/2016

L’hebdo satirique Charlie Hebdo lance un prix littéraire à destination des jeunes, qui prône l’humour et “l’irrévérence”, a annoncé lundi son patron, le dessinateur Riss, pour fortifier le lien créé lors des attaques du 7 janvier 2015.

Plus d’un an après les attentats de janvier 2015, qui avaient notamment décimé sa rédaction, Charlie Hebdo lance un prix littéraire qui récompensera les textes inédits les plus drôles écrits par des collégiens, lycéens et étudiants âgés de 12 à 22 ans sur un thème donné, a annoncé lundi 22 février l’hebdomadaire satirique.

L’objectif ? “Continuer le dialogue entre cette génération et Charlie”, amorcé “en janvier-février 2015”, lorsque le journal avait “reçu beaucoup de dessins de jeunes souvent spontanés, avec un ton très libre”, a expliqué le dessinateur Riss, le patron de l’hebdomadaire satirique, dans une interview au “Parisien” publiée lundi.

Ce “prix littéraire Charlie Hebdo”, ouvert à tous les francophones quel que soit leur pays de résidence, aura pour thème cette année “Et si on remplaçait le bac par…”.

“De l’originalité, de l’irrévérence !”

Avis aux candidats : “On veut de la folie, de l’originalité, de l’irrévérence !… Car il est indispensable de prouver que l’esprit de Rabelais et de Desproges est vivant et il n’est pas question de laisser le monopole des lettres françaises aux sinistres”, a par ailleurs expliqué à France Info, partenaire du prix, l’écrivain Iégor Gran, collaborateur de Charlie Hebdo et initiateur du projet.

La rédaction de Charlie Hebdo dit attendre “surtout des textes surprenants”, précisant que “toutes les formes d’humour sont bienvenues”, de l’humour noir à l’absurde.

Les participants pourront envoyer leurs textes, d’une à deux pages format A4, entre le 24 février et le 20 avril sur le site internet du Prix Charlie. Les propositions seront soumises à un jury composé de collaborateurs, dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo, dont Riss et la dessinatrice Coco, avant que le public ne départage les dix finalistes, lors d’un vote ouvert du 12 au 26 mai. Les noms des trois lauréats, qui recevront une bourse de 1 000 euros, seront annoncés dans le journal du 1er juin.

Avec AFP

Première publication : 22/02/2016

Première étape du périple présidentiel dans le Pacifique, les îles Wallis et Futuna ont accueilli chaleureusement François Hollande, premier chef de l’État à se rendre depuis 37 ans sur ce territoire le plus lointain de la métropole.

Après Wallis, François Hollande est arrivé, lundi 22 février, à Futuna pour une première visite présidentielle sur cette petite île volcanique du Pacifique sud. “Aujourd’hui, nous savons que nous sommes français”, s’est réjoui un dignitaire local à l’arrivée du chef de l’État dans ce “territoire le plus lointain de l’Hexagone”, où l’a accueilli une vibrante “Marseillaise” entonnée par des enfants en tenue traditionnelle de fibres de coco ocre.

“Vous êtes attachés à la République, vous l’avez voulu. Vous êtes l’expression aussi de la diversité française”, a souligné François Hollande, lors d’une cérémonie du Kava, du nom d’un breuvage sacré à base de racines et de branches de poivrier broyées, diluées et malaxées.

Dans son discours, le président a répondu à des attentes locales très fortes en annonçant la création d’un distributeur automatique de billets de banque – inexistant sur l’île jusqu’à présent – ainsi que de nouvelles dessertes aériennes et maritimes et l’installation d’un centre de dialyse.

“Loin de la France par la distance mais proches de la France par le cœur”

Auparavant, François Hollande avait fait escale à Wallis, où aucun chef d’État n’avait effectué de visite officielle depuis 37 ans. Perdues dans le Pacifique sud, les îles de “Wallis et Futuna sont loin de la France par la distance mais proches de la France par le cœur”, a lancé le ministre de la Justice coutumier de ce territoire d’outre-mer, Mikaele Tauhavili.

À Wallis, François Hollande était l’hôte de la chefferie du royaume d’Uvéa, l’un des trois royaumes coutumiers que compte l’archipel. Assis sous l’auvent du palais royal, un vaste pavillon de briques noires, le chef de l’État, ceint d’une couronne de fleurs, a assisté pendant plus d’une heure à un rituel très haut en couleur, qui s’est achevé par la dégustation d’une coupe de Kava taillée dans une noix de coco.

Pour l’occasion, une trentaine de porcs avaient été abattus puis alignés face à lui, mi-cuits et pattes en l’air, sur une pelouse, le plus gros lui étant offert symboliquement. Tout autour : de solides guerriers, porteurs de lances d’apparat et vêtus de pagnes en fibres de coco ornés de motifs géométriques ocre ainsi que des centaines de dignitaires locaux et de Wallisiens.

Dette nucléaire

Un peu plus tard, devant l’Assemblée territoriale, François Hollande a multiplié les promesses : davantage de crédits pour la santé, l’installation d’un scanner, baisse du prix de l’électricité, aujourd’hui cinq fois supérieur à celui de la Métropole, ramené progressivement au même niveau d’ici à 2020, une nouvelle liaison aérienne…

En campagne, le candidat Hollande avait promis de visiter les 11 territoires d’outre-mer habités. Mission accomplie, s’est-il félicité devant les élus de l’île. Wallis puis Futuna sont les premières étapes d’un périple de plus de 45 000 kilomètres qui doit conduire ensuite le président en Polynésie française, une visite plus “sensible” politiquement, selon ses propres mots.

Il s’agira alors, selon l’Élysée, au-delà de l’accueil avec forces colliers de fleurs et danses traditionnelles, de “solenniser une relation avec la République un peu abîmée et froissée” lors du précédent quinquennat.

Avec un “enjeu principal” : l’indemnisation des victimes des 193 essais nucléaires que la France a conduits de 1966 à 1996 sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. “Où ma parole sera la plus attendue, ce sera sur les réparations, les indemnisations liées aux essais nucléaires”, a confirmé François Hollande.

Seuls une vingtaine de dossiers sur un millier ont fait l’objet d’une indemnisation, relève l’Élysée. François Hollande devrait ainsi apporter une “réponse politique” aux Polynésiens, qui considèrent que ces essais sont la cause de nombreux cancers dans l’archipel.

Il devrait être aussi question de la “dette nucléaire”, également surnommée “le milliard Chirac” (aujourd’hui 150 millions d’euros), une rente annuelle accordée par l’État à la fin des essais en 1996 mais dont le montant a été réduit à plusieurs reprises. Les élus polynésiens souhaitent qu’elle soit pérennisée.

Avec AFP

Première publication : 22/02/2016

L’acteur britannique Jude Law et plusieurs autres personnalités du spectacle ont visité, dimanche, le campement de migrants de Calais, dans le nord de la France, afin d’alerter l’opinion sur le sort des mineurs isolés.

La star de cinéma Jude Law et plusieurs autres personnalités britanniques se sont rendues, dimanche 21 février, dans le campement de migrants de Calais, appelé la “jungle”, afin d’alerter l’opinion sur le sort des mineurs isolés.

L’opération se voulait le prolongement de la lettre ouverte envoyée récemment à David Cameron dans laquelle une centaine de personnalités britanniques, dont Idriss Elba et Benedict Cumberbatch, demandaient au Premier ministre d’accueillir les mineurs isolés vivant à Calais et ayant de la famille au Royaume-Uni.

>> À voir sur France 24 : “Crise des migrants, l’impasse de Calais”

“Je suis venu pour voir de mes propres yeux, me faire ma propre opinion de ce qui se passe ici, a déclaré le comédien à l’AFP. J’ai rencontré des gens extraordinaires, et il m’a semblé important de montrer que c’était des êtres humains. J’ai été particulièrement ému par des centaines d’enfants, mineurs, seuls, qui ne devraient pas être là et qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux, c’est aussi simple que ça.”

“Un message de solidarité et d’espoir”

Vêtu d’un bonnet, d’une épaisse veste rembourrée et de bottines vite recouvertes de boue, le célèbre acteur a traversé à pied le camp détrempé par les intempéries pour se diriger vers le dôme du Good Chance Theatre, un théâtre éphémère créé par des associatifs anglais avec l’aide de Help Refugees.

Devant un public de près de 200 migrants, Jude Law et d’autres personnalités du spectacle, dont le chanteur Tom Odell et le dramaturge Tom Stoppard, ont lu des lettres de migrants présents dans la “jungle”, accompagnés par de la musique traditionnelle afghane.

>> À voir sur France 24 : “La boue au ventre, immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

Le spectacle, qui était traduit en direct en arabe, kurde, pachtoune et farsi par des associatifs, a été salué par des applaudissements nourris. “Le but est d’envoyer un message de solidarité et d’espoir”, a expliqué Joe Robertson, co-directeur artistique du Good Chance Theatre.

L’opération de dimanche survient dans un contexte tendu. L’État français souhaite voir entre 1 000 et 2 000 migrants, selon les sources, quitter la partie sud du bidonville, une décision contestée devant la justice par une dizaine d’associations.

Avec AFP

Première publication : 22/02/2016