Archive for February 22nd, 2016

Trois Femen doivent comparaître mercredi devant le tribunal de Lille pour “exhibition sexuelle”. Les militantes “sextrémistes” avaient manifesté seins nus lors de la comparution de Dominique Strauss-Kahn dans le procès dit “du Carlton”.

Mercredi 24 février, trois militantes du mouvement Femen comparaîtront devant le tribunal de Lille pour répondre d’accusation “d’exhibition sexuelle”. Le 10 février 2015, alors que Dominique Strauss-Kahn comparaissait à Lille pour proxénétisme dans le procès dit “du Carlton“, elles avaient manifesté devant le tribunal, le torse recouvert de slogans contre la prostitution et les violences faites aux femmes.

Seins nus, deux d’entre elles avait encerclé la voiture dans laquelle se trouvait l’ancien directeur du FMI, tandis que la troisième était montée sur le capot en hurlant “macs-clients déclarés coupables”. Le tout a duré une minute, les policiers ayant immédiatement interpellé les trois militantes, tandis que la voiture amenant DSK s’engouffrait dans le parking.

“Un comble”

L’assignation en justice des “sextrémistes” fait réagir les défenseurs des droits des femmes qui dénoncent un “comble” dans une tribune publiée mardi 23 février, dans Libération. Écrite à l’initiative de l’Alliance des femmes pour la démocratie (AFD) et signée notamment par l’ancienne Première ministre Edith Cresson, le sociologue Alain Touraine ou les écrivains Erri de Luca et Taslima Nasreen, la lettre dénonce une “injustice notoire” et demande l’abandon des poursuites.

>> Débat sur France 24 : “Les Femen servent-elles la cause des femmes?”

“Au cours de ce procès pour proxénétisme, ceux qui ont reconnu avoir eu des pratiques sexuelles violentes à l’encontre de femmes prostituées ont été relaxés. Et ce sont finalement les militantes venues dénoncer ces violences qui sont poursuivies sur le fondement inique d’une prétendue ‘agression sexuelle’. Les femmes seraient-elles encore et toujours coupables et jamais victimes ?”, questionne le texte.

Délit pénal

Les prévenues risquent un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Le délit d’exhibition sexuelle “suppose, dit la loi, que le corps ou la partie du corps volontairement exposé à la vue d’autrui soit ou paraisse dénudé”, et ce dans “un lieu accessible aux regards du public”.

Reste à savoir si le fait de montrer sa poitrine constitue une exhibition sexuelle. En 1965, une jeune fille avait été condamnée pour outrage à la pudeur pour avoir disputé une partie de ping-pong seins nus sur une plage de Cannes. Si l'”outrage à la pudeur” a disparu du Code pénal en 1994, le cas continue de faire jurisprudence dans les dossiers d’exhibition sexuelle, notamment ceux concernant les Femen.

En octobre 2014, une militante ukrainienne, qui avait attaqué la statue de cire du président russe Vladimir Poutine au Musée Grévin à Paris, avait été condamnée à ce titre à 1 500 euros d’amende. Deux mois après, la française Éloïse Bouton était condamnée à un mois de prison avec sursis et 2 000 euros de dommages et intérêts pour avoir fait irruption seins nus dans l’église de la Madeleine, dans la capitale, le 20 décembre 2013.

Première publication : 23/02/2016

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Les enquêteurs américains chercheraient a obtenir l’aide d’Apple pour contourner la sécurité de l’iPhone dans 12 dossiers criminels, affirme le Wall Street Journal.

Finalement ce n’est pas seulement l’iPhone de l’un des tireurs du massacre de San Bernardino qui pose des problèmes aux enquêteurs américains. Le département américain de la Justice chercherait à obtenir l’aide d’Apple dans une douzaine de cas “similaires”, affirme le Wall Street Journal lundi 22 février, qui cite des “sources proches du dossier”. Un nouveau rebondissement dans la bataille que se livre depuis près d’une semaine le géant de la Silicon Valley et le gouvernement au sujet de la sécurité des données.

L’un des autres iPhone est lié à une affaire de drogue à New York, selon le quotidien économique. Dans ce dossier, le procureur fédéral se plaint au juge que “dans la plupart des cas, Apple ne conteste pas nos demandes en justice mais n’y donne tout simplement pas suite”.

Soutiens de Donald Trump et Bill Gates

Dans toutes ces nouvelles affaires, les autorités auraient fait à la marque à la pomme la même requête que dans le cas de l’iPhone appartenant au tueur de San Bernardino. Le groupe américain est prié de fournir un moyen permettant d’essayer autant de mots de passe que nécessaire pour pouvoir accéder aux données protégées du smartphone. Normalement après 10 essais infructueux, l’iPhone efface automatiquement toutes les informations du téléphone.

Le PDG d’Apple, Tim Cook, a expliqué qu’accéder à cette demande était possible mais revenait à mettre entre les mains du FBI une “clé universelle” qui permet de “pirater” n’importe quel iPhone.

Une analyse contestée par le gouvernement, les enquêteurs, plusieurs responsables politiques dont Donald Trump, les familles des victimes de la tuerie… et l’ex-fondateur de Microsoft Bill Gates. Ce dernier est l’une des rares personnalités technologiquement influente à avoir soutenu la demande du FBI dans une interview au Financial Times.

Aucun dossier lié au terrorisme

Un point de vue que les révélations du Wall Street Journal semblent contredire. Avec des demandes similaires dans 12 autres dossiers, dont, selon le quotidien américain, aucun n’est lié au terrorisme, il devient difficile de prétendre que la curiosité des autorités pour les données personnelles protégées s’arrête à des cas très précis.

Mais les enquêteurs peuvent aussi souligner que la multiplication des demandes à Apple souligne à quel point les nouvelles mesures de sécurités sur les smartphones ralentissent les investigations et peuvent faciliter la vie aux criminels.

Première publication : 23/02/2016

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L’existence d’une “neuvième planète” dans le système solaire reste, à ce jour, une hypothèse. Mais des astronomes français ont réussi à préciser les directions vers lesquelles orienter les recherches pour essayer de la dénicher.

On sait désormais de quel côté chercher l’hypothétique neuvième planète du système solaire. Une équipe d’astronomes français s’est mis en tête de préciser les directions vers lesquelles orienter les télescopes pour essayer de dénicher cet astre que des chercheurs américains pensent avoir découvert grâce à des modèles mathématiques dévoilés le 20 janvier.

L’existence hypothétique de cette “neuvième planète”, très grande et très lointaine, a été révélée fin janvier par Konstantin Batygin et Mike Brown,de l’Institut de technologie de Californie (Caltec). Dotée d’une masse d’environ dix fois celle de la Terre, cette planète se trouverait sur une orbite vingt fois plus éloignée que celle de Neptune. Très lente, elle mettrait entre 10 000 et 20 000 ans pour boucler son tour autour du Soleil.

Les chercheurs français Jacques Laskar et Agnès Fienga, respectivement astronomes aux observatoires de Paris et de Côte d’Azur, ont ensuite eu l’idée d’ajouter cette neuvième planète encore virtuelle dans leur modèle Inpop du système solaire. Conclusion : “Au vu de tout ce que l’on connaît sur les mouvements des planètes du système solaire, nos travaux nous permettent de dire qu’il est possible qu’elle existe mais pas n’importe où.”

“Diviser le travail par deux”

Pour situer cette hypothétique planète, les deux astronomes ont “supposé qu’il y avait bien une planète sur l’orbite proposée par les Américains et [ont] regardé l’influence qu’elle aurait sur les autres planètes”, selon les explications de Jacques Laskar parues dans la revue “Astronomy & Astrophysics Letters”.

“Grâce à la sonde Cassini qui accompagne Saturne depuis 2004, nous connaissons la distance Terre-Saturne à 100 mètres près depuis plus de dix ans. Nous avons regardé comment cette distance serait modifiée par l’existence de la neuvième planète”, en raison de l’attraction gravitationnelle entre les corps célestes, ajoute ce directeur de recherche au CNRS.

Les équipes des deux astronomes ont ainsi identifié deux zones dans lesquelles il est exclu que la planète se trouve car ses effets seraient incompatibles avec les données de la sonde Cassini. Avant l’étude, la communauté scientifique ne savait pas vers où tourner ses regards pour tenter de la repérer. “Là, nous supprimons la moitié des directions possibles. Nous divisons le travail par deux.”

Mobilisation générale

Si l’étude ne prouve pas l’existence de cette neuvième planète, elle permet de dire que “rien n’empêche [son] existence dans toutes les autres directions”. Il y a même un endroit où sa présence pourrait être “probable” car lorsque l’on rajoute cette planète au modèle, ce dernier s’ajuste mieux aux observations, souligne Jacques Laskar qui reste toutefois prudent.

Si les astronomes amateurs n’ont aucun espoir de repérer cette neuvième planète bien trop éloignée, de nombreux chercheurs sont en train de se mobiliser pour la trouver visuellement, selon Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du système solaire à l’agence spatiale française CNES.

Mais pas de précipitation : “Cela prendra du temps, peut-être cinq ans, car il faut comparer des vues du ciel espacées d’une à plusieurs années pour confirmer que l’objet est bien sur l’orbite prédite.”

Avec AFP

Première publication : 23/02/2016

L’ex-dirigeant du FN, Jean-Marie Le Pen, s’est fendu mardi d’une lettre ouverte à sa fille, dernière tentative pour restaurer l’unité perdue du parti en vue de la présidentielle. En cas d’échec, il pourrait agir “en dehors du Front national”.

Jean-Marie Le Pen a rendu publique, mardi 23 février, une lettre à “la présidente du Front national” (FN), comme il appelle désormais sa fille Marine Le Pen. Le fondateur et dirigeant historique du FN y fournit un “dernier effort” par écrit, “n’ayant plus de contacts, ni avec (elle), ni avec les dirigeants du Front national”, pour rassembler le parti avant l’élection présidentielle de 2017.

Dans sa missive, Jean-Marie Le Pen décrit le “malaise profond” causé au sein du parti par son exclusion et la mise à l’écart de “certains militants […] qui avaient fait connaître leur désapprobation publiquement”. Une fracture qui met en péril une éventuelle victoire du FN en 2017 et que n’a pas colmatée, juge-t-il, le séminaire qui s’est tenu les 5, 6 et 7 février derniers et au cours duquel devaient être réaffirmés “les grandes valeurs et les grands axes” du projet politique frontiste.

Au contraire, regrette-t-il, l’exercice a permis à certains d’exposer plus encore l’équilibre du parti en proposant de “supprimer le nom Front national (ou) le défilé du 1er mai” (au cours duquel le FN rend hommage à Jeanne d’Arc), deux symboles traditionnels du FN version Jean-Marie. La “faille” ainsi créée, poursuit-il, pourrait exalter “les ambitions de potentiels candidats” et mettre en péril la présence de Le Pen fille au second tour de l’élection présidentielle.

Agir “en dehors du Front national” ?

Cette crainte pourrait sembler irrationnelle tant le leadership de Marine Le Pen est incontesté au sein du Front national. Des inquiétudes qui puisent leurs racines dans l’histoire du parti. “Jean-Marie Le Pen a été très marqué, à partir des années 1970, par les petites candidatures concurrentes, comme celles de (Bruno) Mégret ou (Philippe) de Villiers, qu’il considérait avoir été mises dans ses pattes par la droite, qui voulait lui nuire”, explique à France 24 Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l’extrême droite et auteur de plusieurs ouvrages concernant le FN.

Un “fantasme”, selon le chercheur, qui pousse néanmoins le fondateur du parti à mettre, comme il l’explique, “l’intérêt de la France et du Front national au-dessus de [sa] propre et légitime sensibilité” afin d’adresser à sa fille une ultime tentative de réconciliation. Jean-Marie Le Pen met ainsi de côté le ressentiment provoqué par son exclusion du parti fin août 2015, ainsi que la tentative de le déchoir de son poste honorifique de président d’honneur, qui fait encore l’objet à ce jour d’une procédure judiciaire.

“Si notre démarche n’aboutit pas, conscients des terribles dangers qui menacent notre patrie, nous ne baisserons pas les bras, et agirons alors et à regret en dehors du Front national”, prévient l’ancien patron du FN. Une menace en filigrane, qu’il avait déjà partiellement mis à exécution lors de l’université d’été du parti frontiste en annonçant la création d’un “Rassemblement bleu blanc rouge”. Objectif : “agir dans le même sens que le Front national, sans y appartenir”. Mais Nicolas Dupont-Aignan, président de “Debout la France”, a depuis annoncé qu’il ne “laisserait pas Jean-Marie Le Pen utiliser le nom”, dont il revendique la paternité.

Devoir en arriver là “serait désolant”, juge le député européen frontiste Bruno Gollnish, un fidèle de Jean-Marie Le Pen et partisan d’une vaste réconciliation frontiste. “Mais la nature a horreur du vide, donc si des patriotes se retrouvent irréductiblement ostracisés, il est certain qu’ils seront tentés de regarder ailleurs.”

La direction du FN, sollicitée par France 24, n’a pas souhaité faire de commentaire.

Première publication : 23/02/2016

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Le confiseur américain Mars a procédé à un gigantesque rappel dans 55 pays de barres chocolatées et bonbons fabriqués aux Pays-Bas après la découverte d’un “bout de plastique” dans l’un des produits du groupe.

Au départ, il ne s’agissait que de sept pays européens, mais finalement ce sont 55 États qui sont touchés, dont la France. Les barres chocolatées Mars, Snickers et d’autres marques, dont les bonbons “Celebrations” en France, ont été rappelées dans le monde entier, mardi 23 février. Les produits concernés ont tous été fabriqués aux Pays-Bas, a précisé le groupe américain.

Cette gigantesque opération a été motivée par la découverte d’un “bout de plastique” dans un produit du groupe par un client, a précisé le confiseur dans un communiqué.

En France, le rappel concerne des barres Mars dont la date limite de consommation (DLC) est comprise entre le 4 septembre et le 16 octobre 2016, des Snickers (DLC entre le 3 juillet et le 21 août 2016), des paquets de miniatures Mix tubo (DLC entre le 10 juillet et le 11 septembre 2016) et des bonbons “Celebrations” (DLC entre le 19 juin et le 21 août 2016), selon un communiqué de Mars France.

D’après le groupe, “il s’agit d’un incident isolé et strictement délimité, ne concernant que les produits mentionnés ci-dessus. Aucun autre format, référence ou variété de barres chocolatées n’est concerné par ce rappel”.

Il est conseillé aux consommateurs ayant acheté l’un de ces produits de “ne pas le consommer” et de contacter le service consommateur par téléphone ou Internet.

La filiale allemande du géant américain a précisé avoir “délibérément choisi une plage de production très longue pour nous assurer que tous les produits potentiellement concernés seront rappelés”.

Ce n’est pas la première fois que Mars est obligé de retirer certains de ses produits du marché. En 2014, le groupe avait rappelé en France des boissons chocolatées soupçonnées de contenir une bactérie potentiellement pathogène.

Avec AFP

Première publication : 23/02/2016

L’ex-secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant a été mis en examen mardi pour “complicité de favoritisme” dans l’affaire des sondages de la présidence de la République durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Claude Guéant a été mis en examen pour “complicité de favoritisme”, mardi 23 février, dans l’affaire des sondages de la présidence de la République durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, a annoncé son avocat à l’issue de son audition.

L’ex-secrétaire général de l’Elysée était entendu mardi par un juge financier dans le cadre d’une enquête ouverte pour favoritisme et détournement de fonds publics, à la suite d’une plainte de l’association Anticor. Elle concerne des contrats passés de 2007 à 2012, sans appels d’offres, avec les sociétés de Patrick Buisson (Publifact puis Publiopinion) et de Pierre Giacometti, deux anciens conseillers de Nicolas Sarkozy mis en examen pour recel de favoritisme.

À l’issue de son audition, le juge a placé Claude Guéant sous le statut de témoin assisté pour “complicité de détournement de fonds publics”, “une satisfaction” pour son avocat Philippe Bouchez El Ghozi. Sur les soupçons de favoritisme, le magistrat “a admis que le sujet était difficile en droit”, a affirmé l’avocat.

Longue bataille procédurale

La polémique sur ces sondages avait commencé en 2009, après la publication d’un rapport de la Cour des comptes qui épinglait sévèrement une convention signée le 1er juin 2007 entre l’Élysée et le cabinet de Patrick Buisson “pour un coût avoisinant 1,5 million d’euros”.

“Aucune des possibilités offertes par le code des marchés publics” n’a été appliquée, jugeait la Cour des comptes, déplorant “le caractère non seulement très succinct » de la convention mais également son coût “exorbitant”. Signée par Emmanuelle Mignon, ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, cette convention donnait à la société Publifact “une totale liberté d’appréciation” sur les dépenses à engager.

L’association de lutte contre la corruption Anticor a porté plainte en février 2010. Mais ce n’est que fin 2012, au prix d’une longue bataille procédurale, que le juge Serge Tournaire a commencé à enquêter sur des faits présumés de favoritisme et détournement de fonds publics. Par la suite, les investigations ont été étendues à l’ensemble des contrats de conseil ou de sondages commandés durant le quinquennat Sarkozy, chiffrés à plus de 9 millions d’euros par Anticor.

Six proches de Sarkozy” interrogés

Outre Claude Guéant et Xavier Musca, qui s’étaient succédé au poste de secrétaire général de la présidence de la République, et Emmanuelle Mignon, l’ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, ainsi que trois anciens conseillers élyséens ont été interrogés en garde-à-vue par la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE) dans le cadre de cette enquête.

Patrick Buisson, ex-directeur du journal d’extrême droite “Minute” et très influent auprès de Nicolas Sarkozy, été mis en examen en juillet dernier pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics. Pierre Giacometti, dont la société a signé entre 2 et 2,5 millions de contrats de conseil avec l’Élysée entre 2007 et 2012, a été mis en examen fin septembre pour recel de favoritisme.

Claude Guéant n’en est pas à sa première affaire avec la justice. Il avait été condamné mi-novembre à deux ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de toute fonction publique à l’issue du procès sur les primes en liquide du ministère de l’Intérieur, alors qu’il dirigeait le cabinet de Nicolas Sarkozy (2002-2004). Il a fait appel. Il est aussi mis en examen pour faux et blanchiment de fraude fiscale dans l’affaire des soupçons de financement libyen de la campagne Sarkozy en 2007.

Avec AFP

Première publication : 23/02/2016

Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier pourraient être renvoyés devant la Cour de justice de la République. Ils sont soupçonnés d’avoir laissé fuir les pilotes responsables du bombardement de Bouaké, en Côte d’Ivoire, en 2004.

Une juge d’instruction a sollicité le renvoi devant la Cour de justice de la République (CJR) de trois anciens ministres de Jacques Chirac dans le dossier du bombardement de Bouaké, en Côte d’Ivoire, qui a coûté la vie à neuf soldats français en 2004, a-t-on appris, mardi 23 février, de source judiciaire.

Dans le collimateur de la magistrate Sabine Kheris : Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier, respectivement ministres de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères au moment des faits.



La juge, qui a transmis son ordonnance au parquet, soupçonne les trois anciens ministres d’avoir sciemment laissé fuir les pilotes biélorusses aux commandes des avions responsables du massacre. “Il est apparu tout au long du dossier que tout avait été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement”, conclut la magistrate, selon des extraits publiés par Mediapart.

Risque de trois ans d’emprisonnement

Les trois anciens membres du gouvernement de Jacques Chirac auraient pris cette décision après “concertation à un haut niveau de l’État”, ajoute le site d’information. Ils encourent, chacun, trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

La Cour de justice de la République est la juridiction compétente pour juger les membres du gouvernement pour les crimes et délits commis dans l’exercice de leur fonction. Si le parquet de Paris suivait l’analyse de Sabine Kheris, la juge pourrait saisir – via le parquet – la commission des requêtes de la CJR, qui filtre les plaintes individuelles ou les demandes judiciaires mettant en cause les membres du gouvernement.

Le bombardement de Bouaké était intervenu le 6 novembre 2004, alors que l’armée de Laurent Gbagbo, à l’époque président de la Côte d’Ivoire, pilonnait les positions de la rébellion installée dans le nord du pays. Deux avions Soukhoï avaient pris pour cible le lycée Descartes de Bouaké où les troupes françaises de l’opération Licorne avaient installé leur base. Neuf soldats français avaient été tués.

Le mystère du commanditaire

L’armée française avait riposté en détruisant la flotte ivoirienne et en accusant Gbagbo d’être responsable de l’attaque. Mais 11 ans après les faits, des doutes et des zones d’ombre persistent. L’ancien président ivoirien est-il vraiment le commanditaire du bombardement ?

Dans son livre “Pour la justice et la vérité” (2014), Laurent Gbagbo a ouvertement accusé Paris d’avoir commandité l’attaque de Bouaké afin de trouver un prétexte pour le renverser. L’ancien président soutient la thèse selon laquelle Paris voulait l’évincer du pouvoir et mettre à sa place son chef d’état-major, le général Mathias Doué [réputé proche des Français].

Dans les heures suivant l’attaque, les huit pilotes biélorusses ont été arrêtés à la frontière togolo-ghanéenne, puis transférés à Lomé. Étrangement, la France n’a pas souhaité les interroger. Faute de réaction de Paris, ils seront finalement relâchés deux semaines plus tard par les autorités togolaises.

Avec Reuters

Première publication : 23/02/2016

Il est désormais possible de porter les couleurs de Château-Rouge, le quartier africain de Paris. Depuis mai 2015, la marque “Maison Château Rouge” propose toute une gamme de vêtements urbains en wax. Rencontre avec Youssouf Fofana, son créateur.

Château-Rouge, ses salons de coiffure où l’on natte parfois jusque tard dans la nuit, ses épiceries où s’arrachent manioc, bananes plantains ou bissap, ses vendeuses ambulantes de nourriture sénégalaises, camerounaises ou ivoiriennes… Le quartier africain du 18e arrondissement de Paris a désormais sa marque de vêtements : “Maison Château Rouge”.

Son créateur s’appelle Youssou Fofana. Chaque jour, il fait le tour des magasins de wax du quartier afin de trouver les modèles de tissus les plus rares. Et pour faire son choix, Youssouf observe les motifs dans leurs moindres détails. “Ce qui est assez étonnant, c’est que ce sont les tissus classiques qui résistent le mieux, qui sont les plus appréciés et qui ont des significations fortes”, observe le jeune entrepreneur.

>> À voir sur France 24 : L’Afrique à Paris !

Fondée en mai 2015, Maison Château Rouge a tout de suite trouvé son public. La marque est disponible exclusivement sur Internet et a donc une clientèle internationale. Au lancement du site, des commandes ont été faites du Japon et des États-Unis. Mais aussi de Paris, notamment de Château-Rouge où les gens “sont fiers” de pouvoir porter les couleurs du quartier.

Preuve du succès de la marque : toutes les créations sont en rupture de stock. Mais une nouvelle collection est prévue pour la fin de février.

Première publication : 23/02/2016

La décision du tribunal administratif concernant l’évacuation d’une grande partie de la “jungle” de Calais ne sera pas rendue avant l’ultimatum mardi à 20 h. Un arbitrage n’est pas attendu avant mercredi ou jeudi.

Le tribunal administratif de Lille, qui devait statuer mardi en début d’après-midi sur un référé déposé par 250 migrants et dix associations réclamant la suspension de l’arrêté préfectoral pris vendredi pour l’évacuation d’une partie du camp de la “jungle” de Calais, ne rendra pas sa décision avant mercredi ou jeudi. L’ultimatum fixé par les autorités pour le démantèlement d’une partie de ce camp n’expirera donc pas à 20 h.

Selon l’AFP, ce délai ne constitue pas une surprise, compte tenu du temps de rédaction de l’ordonnance de référé que doit rendre la juge, en l’occurrence la vice-présidente du tribunal Valérie Quemener. Celle-ci s’est rendue dans la matinée dans le camp de la “jungle”, où vivent 3 700 personnes selon le dernier décompte de la préfecture du Pas-de-Calais, afin de prendre la mesure de la situation.

Les migrants n’ont pas commencé à quitter les lieux, d’autant que les associations leur venant en aide sont hostiles à l’évacuation. “Il s’agit d’une violation des droits fondamentaux des migrants. Les solutions proposées ne sont pas du tout adaptées à leurs besoins. Il faut qu’ils puissent rester ici en attendant que d’autres solutions soient trouvées”, a ainsi expliqué Me Julie Bonnier, l’avocate des associations. L’opération suscite aussi les réserves de la Défenseure des enfants Geneviève Avenard, qui a critiqué lundi les modalités prévues par l’État pour le déménagement des enfants isolés, se prononçant pour “la création urgente d’un dispositif de mise à l’abri” des mineurs concernés.

Les explications de notre envoyée spéciale

“Prendre le temps qu’il faut”

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant en Grande-Bretagne, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s’agit de faire partir la population concernée vers les Centres d’accueil et d’orientation (CAO), dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2 700 migrants. Il reste d’autre part 300 places dans le Centre d’accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

À la veille de l’expiration de l’ultimatum préfectoral, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a tenté de temporiser cette évacuation, qu’il qualifie de “mise à l’abri”. D’après lui, elle se fera “bien entendu en procédant de façon progressive et en privilégiant à chaque instant le dialogue la persuasion et l’information des migrants”. Le ministre s’est dit prêt à “prendre le temps qu’il faut” pour mener à bien cette “étape humanitaire”.

La préfecture du Pas-de-Calais s’était montrée plus ferme, vendredi, dans l’arrêté “d’expulsion d’office”, où elle avait évoqué les “exactions” de migrants et indiqué que “passé ce délai” et “à défaut d’avoir quitté les lieux, il sera procédé à l’évacuation (…) si nécessaire avec le concours de la force publique”.

Ce n’est pas la première fois que le tribunal administratif de Lille s’empare du dossier de la “jungle”. Saisi par des ONG comme Médecins du monde et le Secours catholique, il avait ordonné en novembre à l’État de réaliser une série d’aménagements sanitaires dans le plus grand bidonville de France.

Avec AFP

Première publication : 23/02/2016