Archive for February 28th, 2016

Le démantèlement d’une partie de la “jungle” de Calais a provoqué des heurts entre des membres des CRS et des migrants y vivant. La situation s’est tendue à la suite d’un départ de feu de cabanes dans le camp.

C’est dans un climat tendu que s’est déroulé lundi 29 février le démantèlement d’une partie de la “jungle” de Calais. Des heurts ont éclaté entre des membres des forces de sécurité et des migrants installée dans les campements.

Après une matinée plutôt calme lors de laquelle une vingtaine de salariés d’une entreprise de travaux publics se sont activés dans la partie sud du bidonville, la situation s’est tendue en début d’après-midi à la suite d’un départ de feu de cabanes.

Des projectiles ont alors été lancés sur les CRS par des migrants et des militants de l’association No border. Les CRS ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène, face à environ 150 à 200 personnes.

Une vingtaine de cabanes au total ont été incendiées par des migrants et des militants No border, nécessitant l’intervention des pompiers. En fin de journée, des heurts sporadiques opposaient encore migrants et CRS, qui ripostaient de nouveau par gaz lacrymogène aux jets de projectiles. Selon la préfecture, trois No border et un migrant mineur ont été interpellés, et cinq CRS légèrement blessés lors de ces affrontements.

>> À (re)voir sur France 24 : “La boue au ventre. Immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

Des associations historiques, comme l’Auberge des migrants, ont vivement critiqué l’opération des forces de l’ordre. “Les policiers sont arrivés le matin et ont demandé aux migrants encore présents de partir et, dans la foulée, ils ont tout démoli. La façon dont c’est fait est violente, dégradante et contraire aux engagements de l’État”, dénonce l’un de ses représentants, François Guennoc.

“Le démantèlement avait été annoncé comme pacifié, ciblant les tentes vides et les abris inoccupés”, a également commenté Olivier Marteau, responsable du “projet Calais” pour MSF. “Il a en réalité ciblé tous les logements de la zone 9, densément occupée et habitée, et inévitablement dégénéré en violences, dans un camp où vivent des familles et des enfants”.

De son côté, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a justifié dans un communiqué l’importance du dispositif policier par “la présence de nombreux activistes extrémistes qui ont intimidé les migrants pour qu’ils n’acceptent pas les propositions d’hébergement”, et qui auraient empêché plusieurs migrants de monter dans un bus à destination d’un centre d’accueil.

“Démantèlement sans brutalité”

Le 25 février, le gouvernement, qui veut démanteler le plus grand bidonville de France où survivent entre 3 700 et 7 000 migrants – selon les sources – dans l’espoir de passer au Royaume-Uni, avait obtenu gain de cause auprès de la justice administrative pour une évacuation de la zone sud du camp. Une décision contestée par des migrants et des associations, mais les autorités avaient immédiatement assuré qu’elles n’entendaient pas recourir à la force.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait également promis, la même semaine, que le démantèlement de la partie sud de la “jungle” se ferait progressivement, sans “brutalité”. Manuel Valls avait pour sa part assuré que l’évacuation prendrait “le temps nécessaire” pour apporter une “réponse humanitaire” aux migrants en quête d’un passage vers le Royaume-Uni.

Accueillir les migrants dans des centres

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant au Royaume-Uni, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s’agit de faire partir la population concernée vers les Centres d’accueil et d’orientation (CAO), dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2 700 migrants. Il reste d’autre part 300 places dans le Centre d’accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

À l’approche de ce démantèlement, la Belgique avait décidé il y a une semaine de rétablir des contrôles à sa frontière pour empêcher un éventuel afflux de migrants. Les autorités du pays ont annoncé avoir refoulé 619 personnes depuis la mise en place de ce dispositif.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/02/2016

Quelques semaines après un déplacement en Algérie, Alain Juppé, candidat aux primaires de la droite pour la présidentielle de 2017, a poursuivi sa campagne auprès des binationaux lors d’une visite de deux jours en Tunisie.

Après un voyage en Algérie au début du mois, Alain Juppé poursuit son opération séduction au Maghreb. Il a entamé dimanche une visite de deux jours en Tunisie, qui doit s’achever lundi 29 février après un entretien avec le président Béji Caïd Essebsi et une conférence à l’Institut des Hautes Études de Commerce de Carthage.

Reçu en début d’après-midi au palais de Carthage, le candidat à la primaire du parti Les Républicains pour la présidentielle de 2017 a endossé son costume de présidentiable, réaffirmant, après sa rencontre avec le président tunisien, le soutien permanent de la France à la Tunisie. Il a par ailleur déclaré que “beaucoup de chemin a été parcouru en Tunisie sur la voie de la démocratie”.

La veille déjà, Alain Juppé avait insisté, face à un public majoritairement constitué de Franco-tunisiens, sur les liens “très étroits” entre la France et les “pays de la rive sud de la Méditerrannée”.



Les binationaux : “Une passerelle” entre la France et la Tunisie

Un discours d’unité pour séduire les voix des Français installés en Tunisie et des binationaux. Si la communauté française de Tunisie est estimée à environ 30 000 personnes – dont 66 % de binationaux et un peu plus de moitié seulement inscrits sur les listes électorales – son périple tunisien ne manquera pas en effet de susciter l’intérêt des 420 000 Franco-Tunisiens résidant en France aujourd’hui, selon les chiffres de l’ambassade de France.

Le candidat républicain était d’ailleurs très attendu à Tunis. C’est une salle comble de Franco-Tunisiens, réunis à Gammarth, dans la banlieue chic de Tunis, qui a accueilli l’ancien Premier ministre dimanche après-midi, a tweeté Jihane Bergaoui, correspondante de RFI à Tunis.

A #gammarth, salle comble pour Alain Juppé venu à la chasse aux voix des Français en Tunisie pic.twitter.com/G13KaOh9Pb

— Jihane (@Jihane_Brg) 28 février 2016

De la lutte antiterroriste au code du travail, Alain Juppé a balayé les sujets d’actualité. Et avant de brosser les grandes lignes de son programme, il n’a pas manqué de s’attarder sur la question de la déchéance de nationalité, une mesure qu’il avait déjà dénoncée comme étant un “coup politique”, “inutile” qui plus est.

Comme à Alger, il a critiqué la réforme proposée par le gouvernement français après les attentats de Paris et qui est soutenue par une partie de la droite. “Je sais que les binationaux se sont sentis – à tort selon moi – particulièrement visés”, a remarqué Alain Juppé. Il a souligné que les binationaux étaient “une passerelle entre nos deux pays et doivent le rester”. “Oui, la France est riche de sa diversité”, a-t-il enchaîné.

Admiratif du chemin parcouru

Comme l’avait déjà fait son concurrent Nicolas Sarkozy avant lui, Alain Juppé s’est également dit “admiratif” du chemin parcouru par la Tunisie depuis sa révolution de 2011. Cinq ans après la chute de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali à la suite d’une révolte populaire, il a souligné que la Tunisie “est le seul pays qui a su poursuivre sa route” après les printemps arabes.

Plus tôt dans la journée de dimanche, il a rendu hommage aux 22 personnes tuées en mars dernier dans un attentat au musée du Bardo revendiqué par le groupe État islamique (EI).

Avec AFP

Première publication : 29/02/2016

Face à l’indignation suscitée par le projet de loi El Kohmri, Manuel Valls a annoncé, lundi, le report d’une “quinzaine de jours” de la présentation du projet de loi sur le travail en Conseil des ministres, initialement prévue le 9 mars.

Le gouvernement sait qu’il marche sur des œufs. Face à la vague d’indignation suscitée par le projet de réforme du Code du travail, Manuel Valls a annoncé, lundi 29 février, le report d’une “quinzaine de jours” de sa présentation en Conseil des ministres.

“Il faut lever un certain nombre d’incompréhensions, il faut expliquer, répondre à toute une série de fausses informations qui sont données sur ce texte. Donc, nous allons nous donner quelques jours supplémentaires avant le passage en Conseil des ministres, une quinzaine de jours sans doute, ce qui ne change pas grand-chose par rapport au calendrier parlementaire initial qui était prévu”, a déclaré le Premier ministre depuis le Salon de l’agriculture.

Le texte devait à l’origine être présenté le 9 mars en Conseil des ministres. “Le texte pourra être voté comme c’était prévu au mois de mai définitivement à l’Assemblée nationale” avant d’aller au Sénat, a précisé Manuel Valls qui a nié tout recul : “Le recul, ce serait abandonner le texte”.

Pétition et appels à la grève

Le projet de loi – dit El Khomri, du nom de la ministre du Travail qui le défend – est très critiqué par l’ensemble des syndicats et une partie des élus socialistes. Plus de 750 000 personnes ont notamment signé une pétition en ligne, largement relayée sur les réseaux sociaux. À cette vague d’indignation massive, une tribune au vitriol publiée dans Le Monde et signée entre autres par Martine Aubry, a cristallisé la contestation.

La CGT a de son côté appelé à une “journée d’action” le 31 mars. Plusieurs centrales syndicales, qui doivent se réunir jeudi, seraient prêtes à suivre. Sur Facebook, une page appelle à une grève générale le 9 mars dans une soixantaine de villes, tout comme les organisations syndicales étudiantes et lycéennes. De quoi inquiéter le gouvernement.

Le Premier ministre a assuré qu’il recevrait “dans une semaine sans doute” l’ensemble des partenaires sociaux, syndicats et organisations patronales, ajoutant qu’il s’agirait ensuite de “pouvoir les réunir”, avec les ministres Myriam El Khomri et Emmanuel Macron, “pour restituer le débat”.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/02/2016

Des bulldozers et une vingtaine d’hommes ont commencé, lundi, à démanteler la zone sud de la “jungle” de Calais, plus grand bidonville de France, où des milliers de migrants survivent dans l’espoir de passer au Royaume-Uni.

Les autorités n’ont pas tardé à passer à l’action après la validation de l’arrêté d’expulsion d’une partie de la “jungle” de Calais. Lundi 29 février, les premiers enlèvements des abris vides situés dans la zone sud du bidonville ont débuté sous la protection d’un important dispositif policier.

>> À (re)voir sur France 24 : “La boue au ventre immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

Deux bulldozers et une vingtaine de personnes d’une entreprise privée mandatée par l’État se chargeaient de démonter une vingtaine d’abris situés sur une zone de 100 mètres sur 100 encadrée par des CRS, mettant les détritus dans une benne. Plusieurs migrants venaient cependant récupérer des affaires personnelles ou des bonbonnes de gaz pour les installer plus loin dans la “jungle”.

“Entre 800 et 1000 personnes” vivent sur cette partie de la “jungle” selon la préfecture, 3 450 selon les associations. La zone nord, qui abrite dans des tentes et cabanes entre 1 100 et 3 500 réfugiés selon les sources, n’était pas concernée par cette décision de justice.

“Démantèlement sans brutalité”

Le 25 février, le gouvernement, qui veut démanteler le plus grand bidonville de France où survivent entre 3 700 et 7 000 migrants – selon les sources – dans l’espoir de passer au Royaume-Uni, avait obtenu gain de cause auprès de la justice administrative pour une évacuation de la zone sud du camp. Une décision contestée par des migrants et des associations, mais les autorités avaient immédiatement assuré qu’elles n’entendaient pas recourir à la force.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait également promis, la même semaine, que le démantèlement de la partie sud de la “jungle” se ferait progressivement, sans “brutalité”. Manuel Valls avait pour sa part assuré que l’évacuation prendrait “le temps nécessaire” pour apporter une “réponse humanitaire” aux migrants en quête d’un passage vers le Royaume-Uni.

Lundi, plus de 30 véhicules de CRS et deux camions anti-émeutes étaient stationnés à l’entrée ouest du camp. Les forces de l’ordre ont pour but de “sécuriser” les maraudes sociales censées offrir des solutions d’hébergement aux migrants du bidonville, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais. Elle a confirmé avoir mis en place “un dispositif de protection des forces de sécurité pour permettre à la société qui procède au retrait des tentes et abris inoccupés d’effectuer son travail”.

Accueillir les migrants dans des centres

Une activiste no border britannique – un mouvement altermondialiste qui lutte pour l’abolition des frontières – a été interpellée lors de cette opération, ont indiqué deux sources policières.

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant au Royaume-Uni, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s’agit de faire partir la population concernée vers les Centres d’accueil et d’orientation (CAO), dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2 700 migrants. Il reste d’autre part 300 places dans le Centre d’accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/02/2016