Archive for February, 2016

Huées, sifflets ou jets d’œuf… Passage obligé des hommes politiques français, le Salon de l’agriculture est le théâtre régulier des manifestations de colère du monde agricole. Mais aussi de moments de complicité voire de déclarations d’amour.

Un président hué et insulté par des éleveurs, des heurts autour du stand du gouvernement démonté par des manifestants, et des éleveurs qui crient leur détresse : l’ouverture, samedi 27 février à Paris, du 53e Salon de l’agriculture aura été marquée par une extrême tension.

Ce n’est pas la première fois que ce rituel de la vie politique française donne lieu à des débordements. Passage obligé des responsables politiques qui y viennent prendre le pouls de la France rurale, la plus grande ferme éphémère de l’Hexagone est le théâtre régulier d’invectives mais aussi, bien que plus rarement, de déclarations d’amour. Le tout filmé sous l’œil des caméras. Tour d’horizon des visites les plus emblématiques.

• 2013 – Hollande : “Nicolas Sarkozy, tu ne le verras plus”

Jusqu’à ce samedi 27 février 2016, François Hollande avait connu des Salons de l’agriculture plutôt sereins. En 2013, lors de sa première visite en tant que chef de l’État dans les travées de l’exposition, le président s’était même permis une petite pique en direction de son prédécesseur. À un enfant qui lui disait n’avoir jamais vu Nicolas Sarkozy “en vrai”, il avait répondu : “Et ben, tu ne le verras plus !”

Entre le président et le monde agricole, les choses ont commencé à se gâter l’an passé. Comme le rappelle le site d’Europe 1, après 8 heures de visite dans le calme, François Hollande avait essuyé des sifflets au moment de son départ. Un signe, déjà, de la colère montante des agriculteurs…

• 2008 – Sarkozy : “Casse-toi, pauv’ con”

Événément ultra-médiatisé, le Salon de l’agriculture interdit le moindre écart de conduite de la part des politiques. Lors de l’édition 2008, Nicolas Sarkozy, élu à la tête du pays quelques mois tôt, en a fait les frais. Alors qu’un visiteur refuse de lui serrer la main, le président lance un “Casse-toi, pauv’ con” qui aurait pu passer inaperçu s’il n’avait été enregistré par une caméra.

Jusqu’à la fin de son mandat, la formulation confortera l’image véhiculée par ses détracteurs d’un président incapable de sang froid. Dans son récent livre confession intitulé “La France pour la vie”, Nicolas Sarkozy affirme lui-même avoir fait preuve d’un préjudiciable manque de délicatesse : “Ce fut une bêtise que je regrette encore aujourd’hui. En agissant ainsi, j’ai abaissé la fonction présidentielle.”

• 2011 – Accueil triomphal pour Jacques Chirac

Champion incontesté de l’exercice, Jacques Chirac est considéré comme le pionnier des interminables visites dans la plus grande ferme de France. Dégustations de produits du terroir, poignées de main amicales et petites tapes sur l’arrière-train des bovins… pour l’ancien président, tout est bon dans le salon.

Un appétit et une sympathie pour le monde agricole qui lui a valu d’être toujours bien accueilli par les exposants. En 2011, alors qu’il n’est plus qu’un simple citoyen depuis quatre ans, c’est sous les ovations qu’il effectue ce qui est, à ce jour, son dernier passage au salon. Telle une rock star en tournée d’adieu.

• 2001 – Jets d’œuf pour Lionel Jospin

Alors que la filière bovine traverse une grave crise née de la “vache folle”, le Premier ministre qu’est Lionel Jospin visite le Salon de l’agriculture sous les huées et… les jets d’œuf. Le “bombardement” est tel que son service de sécurité doit le protéger à l’aide d’une sacoche.

L’image d’un chef du gouvernement obligé de fuir sous les projectiles est du plus mauvais effet. D’autant qu’elle rappelle un épisode tout aussi fâcheux : quelque mois plus tôt, en Cisjordanie, Lionel Jospin avait dû s’abriter des jets de pierre venant de Palestiniens mécontents de ses propos sur le Hezbollah.

• 1999 – Des noms d’oiseau pour Dominique Voynet

En 1999, malgré le saccage, survenu quelques jours plus tôt, de son bureau par des agriculteurs, Dominique Voynet, alors ministre de l’Environnement, décide de se rendre au Salon. Une visite à haut risque pour la responsable écologiste qui porte alors une loi de taxation des engrais et des pesticides.

Résultat, la ministre est accueillie par une bordée d’injures que la bienséance nous interdit de reproduire ici. Mais ce jour-là, les insultes ne sont pas les seules à voler. Les menaces aussi fusent. À l’époque, Libération rapportait cet échange tendu : “’Vous n’avez pas peur de venir voir les agriculteurs ?’ interpelle un homme. ‘Non’, répond la ministre. ‘Vous avez tort, il y en a 5 000 derrière moi.’” Ambiance.

Première publication : 27/02/2016

Près de 15 000 opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont mobilisés samedi sur deux sites prévus pour le projet au nord de Nantes. Il s’agit de la première grande manifestation depuis l’annonce d’un référendum par François Hollande.

La vague des frondeurs contre le projet d’installation d’un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ne semble pas s’affaiblir. Plus de 15 000 manifestants selon la préfecture, et 50 000 selon les organisateurs, ont défilé samedi 27 février dans le calme, sur le site prévu concerné, au nord de Nantes.

Une manifestation sur le périphérique nantais, le 9 janvier, avait en comparaison réuni entre 7 200 et 20 000 personnes.

Les manifestants arrivent au Temple-de-Bretagne. #NDDL#Nanteshttps://t.co/YPCYDGFgRzpic.twitter.com/zRb0DAHPPn

— Ouest-France 44 (@OuestFrance44) 27 février 2016

Samedi, l’axe Nantes-Vannes, fermé à la circulation, était noir de monde sur plusieurs kilomètres au Temple-de-Bretagne, où les manifestants, partis de deux sites différents, se sont rejoints, a constaté en début d’après-midi un journaliste de l’AFP.

“Nous sommes les plus nombreux”

“Cette manifestation est importante pour montrer notre détermination et montrer aux politiques que nous sommes les plus nombreux”, a lancé Dominique Lebreton, un porte-parole de la Coordination des opposants à l’aéroport, dans une allusion au référendum annoncé le 11 février par François Hollande. Le président de la République souhaite ainsi trancher sur ce projet d’aéroport vieux de près d’un demi-siècle, dont Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci, a été désigné concessionnaire.

“Nous avons le devoir de conserver ces terres et ces paysans pour produire l’alimentation de demain”, a-t-il poursuivi depuis un camion-tribune avant de faire scander à la foule “Vinci dégage !”

Avec AFP

Première publication : 27/02/2016

Le président François Hollande a été hué par des éleveurs samedi au Salon de l’agriculture, qui s’est ouvert dans un climat de crise profonde. Des manifestants ont également exprimé leur colère en démontant le stand du ministère.

Le Salon de l’agriculture à Paris s’est ouvert, samedi 27 janvier, dans un climat d’extrême tension. Des dizaines de manifestants ont totalement démonté le stand du ministère de l’Agriculture, avant la visite de François Hollande. Une fois sur place, ce dernier a été accueilli par des sifflets accompagnés d’insultes et d’appels à la démission, lancés par une haie d’éleveurs en colère. “Il s’en fout complètement de nous”, “Bon à rien”, “On n’est pas des migrants”, “Connard”, “Fumier”, ces éleveurs n’ont pas mâché leurs mots, exprimant le désespoir d’une profession au bord du gouffre.

Saccage du stand du ministère de l’agriculture #SIA2016pic.twitter.com/PwN0QYcR2s

— François Geffrier (@FrancoisGeff) 27 février 2016

En qqs secondes les agriculteurs ont rasé le stand du ministère de l’agriculture. #SIA2016@franceinterpic.twitter.com/A2TEbjD1X3

— Manuel Ruffez (@manuruf) 27 février 2016

Hollande accuse la grande distribution

Venu rencontrer les agriculteurs français, François Hollande a semblé compréhensif face à leur colère. “Je suis aussi venu pour entendre ces cris, qui sont des cris de douleur, de souffrance”, a-t-il essayé d’apaiser. Il a ensuite affirmé qu’il fallait faire pression sur la grande distribution et revoir la loi de modernisation de l’économie (LME), qui a déréglementé les négociations entre fournisseurs et distributeurs pour la fixation des prix agricoles.

Stéphane Le Foll n’est pas un bon ministre pour une majorité des Français

Une majorité de Français estime que Stéphane Le Foll est un mauvais ministre de l’Agriculture, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et France Info publié samedi 27 février, jour de l’ouverture du Salon de l’agriculture.

Stéphane Le Foll, qui occupe également la fonction de porte-parole du gouvernement, est “plutôt un mauvais ministre” pour 53 % des personnes interrogées, seulement 23 % jugeant qu’il est “plutôt un bon ministre”, 23 % déclarant ne pas savoir qu’il est ministre de l’Agriculture.

Par ailleurs, les sondés soutiennent très largement (81 %) les manifestations d’agriculteurs, qui multiplient les actions depuis le début de l’année pour protester contre des prix trop bas.

“Il y a des pressions qu’il faut exercer ici en France sur la grande distribution”, accusée de contribuer à faire chuter les prix payés aux éleveurs, a-t-il déclaré au Salon de l’Agriculture. “Une loi a été votée il y a quelques années”, a-t-il rappelé, allusion à la LME votée en 2008 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ajoutant : “Elle doit être revue”.

Le président a fait cette annonce alors que les négociations tarifaires annuelles entre les acheteurs de la grande distribution et leurs fournisseurs s’achèvent dans deux jours, dans un climat de tension. Des éleveurs ont dénoncé la teneur de ces négociations, accusant les enseignes de grande distribution de faire pression sur leurs fournisseurs pour obtenir des baisses de prix, au risque d’aggraver encore la situation d’exploitations d’élevage déjà au bord du gouffre.

“Il n’est pas possible, si dans quelques jours il n’y a pas un accord entre les grands distributeurs, et les éleveurs notamment, et les producteur laitiers, (…) de garder cette loi. Elle sera modifiée. Je ne veux pas que ce soient les agriculteurs qui soient les victimes d’organisations qui font pression pour que les prix soient toujours les plus bas”, a indiqué le président.

“Hollande démission!” ont hurlé certains éleveurs au passage de @fhollande#SIA2016@francetvinfopic.twitter.com/OqKdX38EVX

— Guillaume Daret (@GuillaumeDaret) 27 février 2016

Avec AFP

Première publication : 27/02/2016

Air France a détaillé son plan de départs volontaires qui devrait concerner 1 405 personnes au sol et 200 hôtesses et stewards. Le dernier, espère la compagnie aérienne qui a enregistré l’an dernier des résultats meilleurs que prévu.

“Il faudra que 1 600 personnes partent mais on espère que ce seront les dernières.” Voilà, en substance, le discours qu’Air France a tenu à ses représentants du personnel lors d’un comité central d’entreprise, jeudi 25 et vendredi 26 février.

Le plan de départs volontaires Air France prévoit la suppression de 1 405 et 200 chez les hôtesses et stewards d’ici début 2017, des chiffres réduits par rapport à ce qui avait été prévu en décembre dans le cadre d’un “plan B” drastique abandonné mi-janvier, selon une source proche de la compagnie aérienne. Ce plan B aurait pu concerner au moins 1 823 postes au sein du personnel au sol et une estimation de 890 hôtesses et stewards.

Air France, qui a présenté jeudi dernier des résultats annuels meilleurs que prévu, espère que ce plan de départs volontaires sera le dernier, ajoute cette source. L’entreprise envisageait même d’embaucher à nouveau des pilotes ainsi que des hôtesses et des stewards en fonction du succès des négociations prévues cette année pour ces deux catégories.

Chez les pilotes, aucune suppression poste n’est désormais prévue au lieu de 280 envisagées en décembre, a ajouté cette source.

Avec Reuters

Première publication : 26/02/2016

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La croissance des États-Unis au dernier trimestre 2015 a été réévaluée à la hausse, vendredi, surprenant la Bourse de New York. C’est l’investissement des entreprises qui a pu pallier le ralentissement de la consommation.

Wall Street a ouvert en hausse, vendredi 26 février, profitant d’une révision inattendue de la croissance économique des États-Unis, qui a été plus forte que prévu au 4e trimestre 2015, selon des chiffres publiés par le département du Commerce.

D’octobre à décembre, le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 1 % en rythme annualisé et en données corrigées des variations saisonnières, soit une progression supérieure à une première estimation (+0,7 %). Cela représente toutefois un ralentissement par rapport à l’expansion du 3e trimestre (+2 %).

Ce sont les dépenses d’investissements des entreprises qui ont tiré les estimations vers le haut. Les dépenses de consommation, habituel moteur de l’économie américaine, ont moins contribué à la croissance au 4e trimestre.

Pour l’ensemble de 2015, le taux de croissance stagne à 2,4 %, comme en 2014 et comme ce que prévoit la Réserve fédérale (Fed) pour l’ensemble de 2016.

Avec AFP

Première publication : 26/02/2016

Des chercheurs ont annoncé ce jeudi avoir découvert trois tombes musulmanes lors de fouilles, à Nîmes. Ces sépultures, les plus anciennes jamais découvertes en France, datent d’une période située entre le VIIe et le IXe siècle.

C’est le premier témoignage archéologique de la sorte. Des chercheurs de l’Institut français de recherches archéologues (Inrap), ont annoncé mercredi 24 février, avoir découvert à Nîmes trois tombes musulmanes, les plus anciennes jamais trouvées sur le territoire français. Elles sont datées entre le VIIe et le IXe siècle. Cette découverte a eu lieu lors de la construction d’un parking souterrain dans la ville.

C’est la première fois que les preuves physiques d’une présence musulmane en France à cette époque-là, sont découvertes. “On savait que les musulmans étaient venus […] au VIIIe siècle mais on n’avait jusqu’alors aucune trace matérielle de leur passage”, explique à l’AFP l’anthropologue Yves Gleize, de principal auteur de cette recherche publiée mercredi aux États-Unis dans la revue Plos One. Les chercheurs ne disposaient que des quelques pièces de monnaie et de fragments de céramique.

Ces trois tombes excavées montrent clairement que les trois individus ont été enterrés selon des rites funéraires musulmans. “La position du corps, la tête orientée vers la Mecque comme le dépôt direct dans une fosse sont des caractéristiques évoquant les rites musulmans. Dans deux sépultures, la forme du creusement des fosses présente un surcreusement latéral qui n’est pas sans rappeler le dispositif ‘al-lahd’ de la tradition musulmane”, peut-on lire dans le communiqué de l’Inrap.

Aucune trace de blessures

Des analyses des ADN prélevés sur des dents et les os indiquent que les trois individus étaient d’origine nord-africaine. Ils étaient âgés respectivement de 20 à 29 ans pour l’un, d’une trentaine d’années pour le deuxième, et de plus de 50 ans pour le troisième. Ils n’avaient aucune trace de blessure.

Selon ces anthropologues, toutes ces données laissent penser que ces trois squelettes appartenaient à des Berbères enrôlés dans l’armée du califat d’Omeyyades durant la conquête arabe en Afrique du Nord au VIIIe siècle.

Pour Yves Gleize, “l’analyse archéologique, anthropologique et génétique de ces sépultures du début de l’époque médiévale à Nîmes fournit des preuves matérielles d’une occupation musulmane au VIIIe siècle dans le sud de la France”. Cependant, la taille de ces communautés reste inconnue.

Jusqu’à présent, la plus ancienne sépulture musulmane découverte en France, à Marseille, datait du XIIIe siècle.

Avec AFP

Première publication : 25/02/2016

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Le premier supermarché danois spécialisé dans les denrées périmées a ouvert ses portes à Copenhague. WeFood est une initiative pour lutter contre le gaspillage alimentaire dans un pays qui s’est taillé une mauvaise réputation en la matière.

WeFood est un supermarché unique en son genre au Danemark pour sensibiliser au problème du gaspillage alimentaire. Dans cette enseigne, qui a ouvert ses portes lundi 22 février à Copenhague, tout est vendu 50 % moins cher qu’ailleurs. Les clients doivent cependant accepter d’acheter des denrées qui ne seraient pas vendues ailleurs car périmées ou dont l’emballage a été endommagé.

Un hic qui n’a pas empêché WeFood de faire un carton. “Tout s’est vendu très rapidement les deux premiers jours”, confirme à France 24 Birgitte Qvist-Sorensen, secrétaire générale de Folkekirkens Nodhjælp, l’ONG qui a eu l’idée de cette enseigne unique. Les principaux clients ont jusqu’à présent été des personnes aux revenus modestes mais il y a aussi “beaucoup d’étudiants et de jeunes familles qui viennent”, assure la responsable associative.


Toutes les recettes du supermarché serviront à financer des opérations dans les pays en développement. © Mikkel Østergaard

Pas de produits laitiers ou de viande fraîche

Depuis l’ouverture, les rayons étaient surtout remplis de concombres, de laitues ou encore du pain et du saucisson pour garnir les pizzas. Mais cela peut changer du jour au lendemain. C’est l’autre particularité de ce supermarché : les produits en rayons dépendent de ce dont se débarrassent quotidiennement “nos partenaires, un réseau de douze supermarchés et détaillants”, explique Birgitte Qvist-Sorensen.

WeFood n’écoule pas non plus tout ce qui est périmé. Au Danemark, il y a deux types de denrées : celles qui “doivent être vendues au plus tard à une certaine date – comme les produits laitiers ou la viande fraîche -, et celles qui ont une date limite d’utilisation optimale”, précise la responsable. Ce sont uniquement les produits de cette dernière catégorie qui se retrouvent sur les étagères de WeFood. Il peut s’agir de café, de corn-flakes ou encore de jambon et de farine : seules les qualités nutritives et gustatives se détériorent dans un premier temps. Un des membres de l’ONG qui a été gérant de supermarché dans une vie antérieure précise ensuite combien de temps ces aliments peuvent être proposés sans risque pour la santé. “Le café peut ainsi être vendu jusqu’à deux mois après la date de péremption indiquée sur le sachet”, souligne Birgitte Qvist-Sorensen.

Le Danemark, champion européen du gaspillage alimentaire

Ce supermarché n’est pas seulement une aubaine pour Danois à faibles revenus. “C’est aussi une prise de position politique”, assure l’activiste Birgitte Qvist-Sorensen. Le Danemark s’est taillé une réputation de rois des gaspilleurs en Europe avec 747 kg de déchets par habitant et par an, contre 530 kg en France et 297 kg en Pologne, selon Eurostat. WeFood a été fondé dans le souci d’appuyer l’effort gouvernemental de corriger les mauvaises habitudes danoises. En cinq ans, le pays a déjà réussi à réduire de 25 % les déchets alimentaires.

WeFood n’est pas à but lucratif mais à but humanitaire. La totalité de l’argent des caisses servira à fournir de quoi nourrir les populations dans les pays en développement et dans des camps de réfugiés. L’ONG n’a, en effet, pas besoin de fonds pour le supermarché en lui-même puisqu’il a été entièrement financé grâce à une campagne sur Internet qui a permis de lever 1,2 million de couronnes danoises (1,6 millions d’euros).

Première publication : 25/02/2016

L’arrêté d’expulsion des migrants qui sont installés dans la partie sud de la “jungle” de Calais a été validé jeudi par le tribunal administratif de Lille. Elle concerne un millier de personnes, selon l’État, 3 000, selon les ONG, scandalisées.

L’expulsion des migrants qui se sont établis dans la zone sud de la “jungle” de Calais a été validée jeudi 25 février par le tribunal administratif de Lille, a indiqué une source proche de la préfecture du Pas-de-Calais.

>> À lire sur France 24 : “La boue au ventre : deux jours d’immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

“Tout est validé”, a précisé cette source. Le tribunal administratif a donc rejeté le recours suspensif de l’évacuation de la “jungle” déposé par des migrants et des associations. Plusieurs ONG dénonçaient le manque de propositions alternatives à cette évacuation. Elles soulignaient aussi que le nombre de migrants concernés par l’évacuation, entre 800 et 1 000 selon l’État, était en réalité plus de trois fois plus élevé.

Le ministre d’Intérieur se “réjouit” de cette décision

“Cette décision conforte l’action du gouvernement à Calais. Je prends acte du jugement du tribunal administratif de Lille qui en tout point conforte la démarche de mise à l’abri des migrants de Calais et de résorption du campement de la lande engagé par l’État”, a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qui s’est dit “réjoui”.

Manuel Valls avait assuré mardi que l’évacuation prendrait “le temps nécessaire” pour apporter une “réponse humanitaire” aux migrants en quête d’un passage vers le Royaume-Uni.

À l’origine, l’arrêté d’expulsion – qui ne s’appliquera pas aux espaces sociaux du camp, (écoles, églises) – ordonnait l’évacuation avant le 23 février, mais le tribunal s’était donné un délai pour statuer. Rien ne se fera par la force, assure encore la préfecture.

“Prendre le temps qu’il faut”

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant au Royaume-Uni, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s’agit de faire partir la population concernée vers les Centres d’accueil et d’orientation (CAO), dont le nombre n’a cessé d’augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2 700 migrants. Il reste d’autre part 300 places dans le Centre d’accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

Ce n’est pas la première fois que le tribunal administratif de Lille s’empare du dossier de la “jungle”. Saisi par des ONG comme Médecins du monde et le Secours catholique, il avait ordonné en novembre à l’État de réaliser une série d’aménagements sanitaires dans le plus grand bidonville de France.

Avec AFP

Première publication : 25/02/2016

La région Île-de-France a lancé une opération séduction, mercredi, à destination des voyagistes chinois. Objectif ? Pallier la chute brutale de la fréquentation des touristes chinois à Paris après les attentats du 13 novembre.

Le tourisme en France aura connu un avant et un après 13-Novembre. Depuis les attentats qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et à Saint-Denis, les demandes de visas touristiques pour la France sont en chute libre, à l’instar des Chinois, dont la fréquentation a baissé de 30 %.

En 2015, ils étaient plus d’un million à venir dans la capitale française, mais depuis les attentats, ils se font plus rares. Du mercredi 24 au vendredi 26 février, le Comité régional du tourisme d’Île-de-France a donc décidé de réagir en menant une opération séduction de trois jours à destination des agences de voyages chinoises.

Afin de les rassurer et les convaincre que Paris demeure une ville sécurisée, les professionnels chinois ont été invités à visiter la salle de contrôle de la préfecture de police. Ils ont assisté en temps réel à une démonstration du système de vidéosurveillance des monuments parisiens les plus fréquentés : tour Eiffel, Invalides, Musée du Louvre…

Hôtels cinq étoiles et visites privées

Pour accueillir leurs homologues chinois, les professionnels français du tourisme n’ont pas lésiné sur les moyens. Une délégation de cinquante des plus grosses agences de voyage de l’empire du milieu a été invitée. Logés dans des hôtels cinq étoiles, les voyagistes chinois auront notamment droit à une visite privée des Galeries Lafayette et une soirée au cabaret.

Pour le secteur du tourisme français, l’enjeu est de taille car les Chinois sont réputés pour leur pouvoir d’achat élevé, bien qu’ils ne représentent que 2 % de la fréquentation touristique étrangère. En moyenne un touriste chinois dépense lors de son séjour à Paris trois fois plus qu’un touriste américain.

D’autres initiatives ont été lancées au niveau ministériel pour faciliter le retour des touristes chinois à Paris. Ainsi, le 11 janvier, l’ex-chef de la diplomatie française Laurent Fabius avait annoncé que le délai de délivrance des visas aux groupes de touristes chinois serait raccourci à 24 heures contre 48 heures actuellement. Une démarche qui suffira peut-être à inverser les chiffres.

Première publication : 25/02/2016

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En se déplaçant durant trois jours, du 23 au 25 février, au Pérou, en Argentine et en Uruguay, François Hollande a remis l’Amérique latine au centre de la politique étrangère française, explique Gaspard Estrada, spécialiste de la région.

François Hollande achève, jeudi 25 février, sa tournée en Amérique latine qui l’a mené au Pérou, en Argentine et en Uruguay. Selon l’Élysée, le voyage du président de la République avait pour but de réinvestir la politique étrangère française dans cette région du monde. Car avant lui, seuls le général de Gaulle et François Mitterrand avaient montré un réel intérêt pour l’Amérique latine, rappelle à France 24 Gaspard Estrada, directeur exécutif de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (Opalc). Selon lui, l’Amérique latine “est désormais entrée dans le radar” de la France.

France 24 : La tournée de François Hollande en Amérique latine est-elle le signe de sa volonté d’accorder davantage d’importance à cette région ?

Gaspard Estrada : Oui très clairement. François Hollande s’est déjà rendu plusieurs fois en Amérique latine : au Brésil, au Mexique et à Cuba notamment. Et la tournée actuelle au Pérou, en Argentine et en Uruguay illustre bien cette remise à niveau des relations de la France avec l’Amérique latine. C’est une zone où il est plus clair et plus simple de différencier la politique étrangère de Nicolas Sarkozy et celle de François Hollande. Jusqu’à présent, l’Amérique latine était l’oubliée de la France. Elle est désormais entrée dans son radar.

>> À voir sur France 24 : “Mauricio Macri : ‘L’Argentine ouvre un nouveau chapitre'”

Pourquoi l’Amérique latine n’était-elle pas davantage considérée par Paris ces dernières années ?

C’est un continent qui n’est pas en crise, où il n’y a pas de guerre ou de conflit majeur. La démocratie y est globalement bien installée et il y a peu de risque terroriste. Donc pour la France, qui est empêtrée dans les urgences du monde en raison de son statut de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, l’Amérique latine n’est pas en tête de ses priorités, contrairement au Moyen-Orient ou à l’Afrique par exemple. Il y a aussi la distance géographique qui joue certainement un rôle. Enfin, cela tient également à la personnalité des présidents puisque la politique étrangère de la France se fait d’abord et surtout à l’Élysée.

Justement, François Hollande s’inscrit-il dans la lignée du général de Gaulle et de François Mitterrand ?

Ces deux présidents ont effectivement été ceux qui ont accordé le plus d’importance à l’Amérique latine. De Gaulle y a fait une grande tournée en 1964 et souhaitait lancer un grand programme qui aurait été le contrepoids de l’Alliance pour le Progrès lancée par John Kennedy en 1961. Entre les États-Unis et l’Union soviétique, la France souhaitait offrir une troisième voie à l’Amérique latine. Cette initiative a toutefois pris l’eau parce que Paris n’avait pas les moyens de son ambition et que de nombreux pays ne souhaitaient pas se mettre à dos les États-Unis. C’est aussi à partir de cette période que les dictatures militaires sont arrivées.

Quel rôle a joué François Mitterrand ?

Les mandats du premier président socialiste de la Ve République ont représenté le deuxième grand moment dans les relations diplomatiques entre la France et l’Amérique latine. Après le coup d’État contre Salvador Allende au Chili en 1973, beaucoup d’exilés chiliens se sont installés en France et ont intégré les milieux socialistes. François Mitterrand était donc particulièrement sensible aux questions liées à l’Amérique latine et avait la volonté d’être solidaire avec les peuples de cette région. Cela s’est notamment traduit par l’initiative politique franco-mexicaine en faveur de la résolution du conflit au Salvador qui a été importante pour aboutir aux accords de paix. Mais après il y a eu une perte d’intérêt. Jacques Chirac a fait deux déplacements dans la région en 1997 et 1998 sans réelle impulsion politique. Même chose pour Nicolas Sarkozy qui n’était intéressé que par le Brésil pour vendre des Rafale et par le Mexique en raison de l’affaire Florence Cassez.

Comment se manifeste concrètement aujourd’hui la volonté de François Hollande de se rapprocher de l’Amérique latine ?

Avec son déplacement à Cuba, il a pu montrer qu’il pouvait prendre des initiatives politiques. Il a été le premier chef d’État occidental à se rendre sur l’île depuis l’annonce du dégel des relations entre La Havane et Washington. C’est un coup politique qui n’est pas passé inaperçu. Barack Obama a d’ailleurs annoncé son voyage à Cuba et en Argentine le jour où il y avait un briefing à l’Élysée sur la tournée de François Hollande en Amérique latine. Mais à côté des visites officielles, il y a surtout le développement des partenariats et des accords au niveau économique, scientifique et culturel. L’annonce du lancement de France 24 en espagnol est également une illustration de cette volonté politique. François Hollande fait usage du “soft power” en étendant la voix de la France dans la région. Enfin, le président a conscience qu’il y a des opportunités économiques à saisir pour les entreprises françaises. L’arrivée au pouvoir de Mauricio Macri en Argentine, qui souhaite attirer les investisseurs étrangers, en est un bon exemple.

Première publication : 25/02/2016