Archive for March 1st, 2016

Le démantèlement de la zone sud du camp de migrants de Calais s’est poursuivi mercredi pour la troisième journée consécutive, tandis qu’un rapport pointe les dysfonctionnements du système d’accueil proposé pour les personnes délogées.

Le démantèlement de la partie sud de la “jungle” de Calais s’est poursuivi mercredi 2 mars, pour la troisième journée consécutive, dans le calme mais toujours sous haute sécurité policière. Peu après 8 h 30, les employés de la Sogéa, société mandatée par l’État pour démanteler la partie sud du camp ont repris leurs opérations.

Quelques minutes auparavant, une trentaine de véhicules et deux camions anti-émeutes s’étaient redéployés sur les lieux pour sécuriser les travaux, dont le démarrage lundi avait provoqué des violences. “Une centaine de CRS et 25 policiers encadrent la partie sud du camp”, témoigne Alexandra Renard, envoyée spéciale de France 24 à Calais.

Comme la veille, des maraudes sociales vont à la rencontre des migrants dans les tentes et leur demandent “avec le plus de diplomatie possible”, selon notre journaliste, de quitter les lieux. “Ils sont suivis de près par des policiers qui poussent les migrants à l’expulsion si ces derniers refusent de partir”, poursuit-elle. La plupart des abris étaient néanmoins déjà vides mercredi matin.

Jusqu’ici, 10 000 m2 ont été évacués et nettoyés sur les sept hectares que compte la partie sud du camp (l’ensemble du site fait 17 hectares). Une progression rapide qui laisse à penser que cette partie du camp pourrait être entièrement évacuée en l’espace d’une semaine.

Démantèlement dans le calme depuis 8h30. 20 ouvriers, 3 compagnies de CRS et beaucoup d’abris vides. #Calaispic.twitter.com/b3TX4D7YEg

— Thibault Lefèvre (@thibaultlefevre) 1 mars 2016



Lacunes dans l’accueil des migrants

Les personnes évacuées, qui refusent pour la plupart de quitter Calais, se dirigent pour la plupart vers le nord du camp. Certains – migrants ou activistes “no border” – essayent même de résister physiquement à l’évacuation, en restant juchés sur leurs cabanes et tentant “coûte que coûte de rester sur le camp pour tenter la traversée vers l’Angleterre”. D’autres acceptent néanmoins de monter dans les cars qui les emmènent vers l’un des 102 centres d’accueil et d’orientation (CAO) en France, où environ 1 000 places sont encore disponibles, selon le préfecture du Pas-de-Calais.

Dans le même temps, la Fnars (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale) a publié une étude mercredi qui pointe les dysfonctionnements des CAO. Elle dénonce notamment le manque d’information. “Les gens montent dans les cars, ils ne savent pas où ils vont. Les centres sont prévenus au dernier moment de leur arrivée, alors qu’il y a des gens malades”, détaille Florent Gueguen, directeur général de la Fnars, qui demande qu’une “évaluation sociale et sanitaire soit menée” pour chaque candidat au départ.

Un quart environ des migrants quittent les centres rapidement après leur arrivée, “notamment pour rejoindre Calais” ou pour une destination inconnue, ajoute l’étude. Ces chiffres divergent par rapport à ceux du ministère de l’Intérieur. “Nous avons accueilli près de 3 000 personnes dans ces CAO depuis octobre” et “85 % ont fait une demande d’asile en France”, avait indiqué Bernard Cazeneuve mardi soir.

La fin de la trêve hivernale : une épée de Damoclès

La Fnars s’inquiète également de l’avenir des réfugiés au-delà du 31 mars, puisque “près de la moitié des CAO ayant répondu au questionnaire auront fermé d’ici la fin de la trêve hivernale”.

>> Sur France 24 : “La boue au ventre. Immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe”

C’est une “épée de Damoclès” qui pèse sur le système, avec “un risque de reconstitution de campement, à Grande-Synthe, à Calais, à Paris aussi”, s’inquiète Florent Gueguen. “Il faut impérativement que l’État reconstitue ces places au printemps”, ajoute-t-il car “s’il y a des fermetures avec remise à la rue, l’effet sera catastrophique”.

Première publication : 02/03/2016

Un sondage réalisé pour l’association Mémoire traumatique et victimologie publié ce mercredi révèle que les idées fausses sur le viol sont encore très répandues chez les Français. Ils ont tendance à responsabiliser la victime plutôt que le violeur.

Si une plainte pour viol est en moyenne enregistrée toutes les 40 minutes chaque jour en France, le phénomène reste mal perçu ou mal compris par une large proportion des Français. Un sondage Ipsos, réalisé pour l’association Mémoire traumatique et victimologie et publié mercredi 2 mars, confirme que les stéréotypes sur le viol sont encore très largement répandus dans la population française.

“Nous vivons dans une société où la méconnaissance de la réalité des violences sexuelles, de leur fréquence et de la gravité de leur impact traumatique conduit à les reléguer dans la catégorie ‘faits divers’ alors qu’elles représentent un problème majeur de santé publique, et participe à la non reconnaissance des victimes et à leur abandon sans protection, ni soin”, est-il expliqué dans cette étude réalisée entre le 25 novembre et 2 décembre 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 1001 personnes.

Souvent glaçantes, les statistiques révélées dans cette enquête viennent soutenir l’idée que la culture du viol est bien ancrée dans les mentalités. Ainsi, pour quatre Français sur 10, la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude provocante et pour deux sur 10 “une femme qui dit ‘non’, ça veut souvent dire ‘oui’… Sans parler du fait que près d’un tiers des 18-24 ans estiment que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle.

“Elle l’a bien cherché…”

Sur la définition du viol, presque tous les Français (96 %) sont d’accord. Ils le qualifient à juste titre comme “le fait de forcer une personne qui le refuse à avoir un rapport sexuel”. Mais c’est quand on regarde dans le détail que les choses dérapent. Ils sont encore – très – nombreux (24 %) à considérer qu’une fellation forcée relève de l’agression sexuelle, non du viol. Même constat pour une pénétration avec le doigt. Une distinction que ne fait pas le Code pénal qui définit le viol comme “tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol”.

De même, les notions de contrainte et d’emprise sont mal reconnues et les victimes sont souvent mises en cause à la place de leur agresseur. Parmi les personnes interrogées, la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une attitude provocante en public (40 %), si elle a flirté avec le violeur (38 %), si elle a accepté de se rendre seule chez lui (36 %), ou si elle portait une “tenue sexy” (27 %). Pour peu qu’une victime d’attouchements sexuels ait bu ou se soit droguée ou soit tout simplement endormie, ils sont 39 % à penser qu’il s’agit d’une “agression sexuelle” et non d’un viol. En résumé, “elle l’a bien cherché”…

>> À voir sur France 24 : Violences conjugales : la France s’attaque à la source du fléau

Enfin, une proportion non négligeable –17% – estime aussi que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel alors qu’elle le refuse n’est pas un viol. Car le mythe du “vrai viol” perdure : à l’extérieur, sous la menace d’une arme, par un inconnu, à l’encontre d’une jeune femme séduisante. C’est faux. Dans 90 % des cas, les victimes connaissent leur agresseur : 58 % des viols sont perpétrés dans le couple et, pour les mineurs, 53 % au sein du cercle familial.

Des statistiques sous-estimées

Le nombre annuel de viols est lui-aussi sous-estimé par 41 % des Français. S’ils pensent qu’il y en a entre 10 000 et 50 000, en réalité, 98 000 viols ou tentatives de viol ont en fait été perpétrés en moyenne sur les cinq dernières années, dont 14 000 sur des hommes. On arriverait sans doute “à plus de 200 000” en incluant les mineurs, premières victimes des violences sexuelles, selon l’association.

Les Français estiment que 25 % des victimes portent plainte alors qu’elles ne sont que 10 %. Enfin, les sondés considèrent que certaines victimes accusent à tort leur agresseur, pour se venger (32 %) ou pour attirer l’attention (23 %). “Ce mythe est tenace. Ce sont les seuls crimes ou délits pour lesquels on soupçonne a priori la personne qui s’en déclare victime”, dénonce la présidente de Mémoire traumatique, la psychiatre Muriel Salmona.

Avec AFP

Première publication : 02/03/2016

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Après avoir passé près d’un an dans la Station spatiale internationale (ISS), l’astronaute Scott Kelly et le cosmonaute Mikhaïl Kornienko sont revenus mercredi sur Terre. Il s’agit de la plus longue période ininterrompue passée dans la station.

Trois astronautes de la Station spatiale internationale (ISS), dont l’Américain Scott Kelly et le Russe Mikhaïl Kornienko qui ont passé quasiment un an en orbite pour mener des expériences en vue de futurs périples vers Mars, sont revenus sur Terre mercredi.

Le Russe Sergueï Volkov, son compatriote Mikhaïl Kornienko et l’Américain Scott Kelly, ces deux derniers ayant passé 340 jours à bord de l’ISS pour préparer de futures missions habitées vers Mars, se sont posés comme prévu dans les steppes du Kazakhstan à 4 h 27 GMT, ont annoncé le Centre de contrôle russe et la Nasa.

“L’atterrissage a eu lieu”, a annoncé le Centre de contrôle russe quelques minutes après que leur module Soyouz TMA-18M eut touché terre dans les steppes environnant Jezkazgan, dans le centre du Kazakhstan.

Mikhaïl Kornienko et Scott Kelly sont restés quasiment un an à bord de l’ISS, la plus longue période ininterrompue passée dans la station depuis 2 000, année à partir de laquelle elle a été capable d’accueillir des passagers.

Scott Kelly, qui a fait au total quatre séjours dans l’ISS, bat aussi le record de temps dans l’espace en cumulé pour un Américain avec 540 jours.

Le record mondial de temps passé d’affilée dans l’espace revient au Russe Valeri Poliakov, resté plus de 14 mois à bord de l’ancienne station spatiale Mir en 1995.

Futures missions habitées vers Mars à l’horizon 2030

Scott Kelly, 52 ans, et Mikhaïl Kornienko, 55 ans, ont effectué cette mission pour étudier les effets biologiques et psychologiques de longs séjours dans l’espace, en préparation à de futures missions habitées vers Mars à l’horizon des années 2030.

Ils avaient décollé du cosmodrome de Baïkonour le 27 mars 2015 en compagnie du Russe Guennadi Padalka, qui a pour sa part battu le record absolu de temps de vol humain cumulé sur orbite avec 879 jours quand il est revenu sur Terre le 11 septembre 2015.

Sergueï Volkov, qui a décollé pour l’ISS le 15 décembre 2015, aura lui passé 182 jours en orbite.

Dans une interview jeudi dernier, Scott Kelly avait dit se sentir bien psychologiquement et qu’il pourrait, si nécessaire, “rester 100 jours de plus” dans l’espace confiné de l’ISS, tout en admettant être “impatient de rentrer” pour retrouver sa famille et ses amis.

La Russie fournit à l’ISS son principal module, où se situent les moteurs-fusées, et les vaisseaux russes Soyouz sont le seul moyen d’acheminer et de rapatrier les équipages de la station orbitale depuis l’arrêt des navettes spatiales américaines.

Seize pays participent à l’ISS, avant-poste et laboratoire orbital mis en orbite en 1998 qui a coûté au total 100 milliards de dollars, financés pour la plus grande partie par la Russie et les États-Unis.

Avec AFP

Première publication : 02/03/2016

Le 2 mars 1916, le capitaine Charles de Gaulle était capturé par les Allemands. Cet épisode est encore sujet à de nombreuses versions. Pour certains il s’est battu jusqu’au bout de ses forces, tandis que pour d’autres il s’est rendu sans honneur.

Dans le fort de Douaumont, plusieurs plaques retracent l’histoire de ce haut-lieu de la bataille de Verdun. La plupart rendent hommage à des soldats français ou allemands qui ont péri au cours des terribles combats de l’année 1916 dans et autour de ce fort, qui tomba aux mains des troupes du Kaiser, avant d’être repris par les poilus.

Mais une plaque est en revanche consacrée à un seul homme. Encore inconnu à l’époque, il deviendra par la suite l’une des grandes figures de l’histoire de France : c’est le capitaine Charles de Gaulle, commandant de la 10e compagnie du 3e bataillon du 33e régiment d’infanterie. “Le 2 mars 1916 à Douaumont, sous un effroyable bombardement, alors que l’ennemi avait passé la ligne et attaquait sa compagnie de toutes parts, a organisé, après un corps à corps farouche, un îlot de résistance, où tous se battirent jusqu’à ce que furent dépensées les munitions, fracassés les fusils et tombés les défenseurs désarmés. Bien que grièvement blessé d’un coup de baïonnette, a continué à être l’âme de la défense jusqu’à ce qu’il tombât inanimé sous l’action des gaz”, peut-on lire sur le mur principal de la galerie du fort.

Il y a d’autres hommages dans le fort dont un pour De Gaulle capturé au village de Douaumont le 2 mars 16. pic.twitter.com/r9IBJZeOLS

— Stéphanie Trouillard (@Stbslam) 12 février 2016

Blessure ou reddition ?

Cette plaque renvoie à un épisode quelque peu oublié de la vie du futur Général. Il y a cent ans, jour pour jour, Charles de Gaulle, alors âgé de 25 ans, était capturé par les Allemands dans le village de Douaumont. Cette citation à l’ordre de l’armée lui a été attribuée en 1919 à l’occasion de sa remise de la Légion d’Honneur. Il en avait obtenu une première dès le 7 mars 1916, signé du général Pétain, alors qu’on le croyait mort au combat. Mais le capitaine de Gaulle avait été fait prisonnier. Selon la version officielle, il est tombé aux mains de l’ennemi après avoir été blessé. Dans une lettre adressée à son supérieur le lieutenant colonel-Boud’hors en décembre 1918*, il avait raconté lui-même les circonstances de sa capture par les Allemands : “L’un d’eux m’envoya un coup de baïonnette qui traversa de part en part mon porte-cartes et me blessa à la cuisse. […] Je restai un moment sur le carreau. Puis, les boches, me voyant blessé, me firent retourner d’où je venais et où je les trouvais installés”.

Mais dans les années 1960, à l’occasion du cinquantenaire de la Première Guerre mondiale, cette thèse d’une capture au terme d’un combat acharné fut mise à mal par la publication de plusieurs témoignages. Dans le journal Sud-Ouest, Samson Delpech, un ancien poilu sous les ordres de de Gaulle, a ainsi déclaré en mars 1966 que lui et ses camarades avaient dû se rendre “sous les ordres de notre capitaine de Gaulle”. Dans une édition d’avril de la même année de l’hebdomadaire Le nouveau Candide, un officier allemand du nom de Casimir Albrecht avait affirmé pour sa part avoir capturé le capitaine français, mais sans évoquer l’existence d’une quelconque blessure : “Au bout d’une demi-heure, j’ai vu apparaître à la sortie du trou un vague tissu blanc, probablement une chemise accrochée à une baïonnette au bout d’un fusil. J’ai donc ordonné le cessez-le-feu. Quelques hommes sont sortis et c’est alors que j’ai remarqué l’officier qui les commandait tellement il était grand. Je me suis avancé vers lui. Il paraissait un peu hagard et chancelant”.

Dans son dernier livre “De la capture à Verdun à la rupture avec Pétain”, l’ancien journaliste Jean-Baptiste Ferracci s’appuie sur ces différentes versions et constate que “les conditions de la capture paraissent incontestables”. Mais l’auteur se garde bien de porter un jugement sur le futur résistant : “Si vous regardez du point de vue de l’époque, c’était un déshonneur de se rendre, mais si vous l’étudiez avec les yeux d’aujourd’hui, il a peut-être bien fait car il a sauvé sa vie”. Jean-Baptiste Ferracci rappelle que Charles de Gaulle n’avait jusque là jamais été impliqué dans des combats d’une telle ampleur, mis à part ceux d’août 1914 lorsqu’il a été blessé une première fois à Dinant, en Belgique. “À Verdun, c’était un bombardement d’artillerie absolument innommable. Dans le PC où il s’est replié avec ses hommes, il s’est retrouvé face à cinq lance-flammes et douze mitrailleuses. Il s’est peut-être dit qu’il fallait mieux se rendre”, estime-t-il.

Une photo de Charles de Gaulle lors de sa captivité en Bavière. L’identité de l’homme à sa droite n’est pas connue.

© Collection Jean-Baptiste Ferracci

Une captivité qui a façonné sa personnalité

De son côté, l’historienne Frédérique Neau-Dufour ne croit pas du tout en cette reddition. Dans son ouvrage, “La première guerre de Charles de Gaulle”, et s’appuyant sur sa personnalité, l’historienne bat en brèche la thèse selon laquelle il aurait été un lâche. Selon elle, cette idée a surtout été répandue par les adversaires du Général après la guerre d’Algérie. Ils ont alors profité des commémorations du cinquantenaire de la Grande Guerre pour l’attaquer personnellement. “L’occasion est rêvée : s’en prendre au jeune de Gaulle de 1916, qui n’était encore ni l’homme du 18 juin, ni le fondateur de la Ve République, permet de le charger d’une tare originelle. Oui, dès le début, cet homme-là était vicié. Il portait en lui la lâcheté, ce qui permet d’expliquer directement l’exil de 1940 ou l’abandon de l’Algérie”, explique-t-elle sur le site de la mission du centenaire.

Qu’ils défendent ou qu’ils critiquent l’attitude du capitaine de Gaulle à Verdun, tous sont en revanche d’accord sur un point : son statut de prisonnier a profondément changé l’homme. “Jusqu’à la fin de sa vie, le Général reste éprouvé par une Grande Guerre qui lui a ‘laminé l’âme’. Sa longue captivité laisse en lui une humiliation indélébile”, résume Frédérique Neau-Dufour. Le jeune officier a en effet passé trente-deux mois [plus de deux ans et demi] de détention dans une dizaine de camps différents, tentant de s’échapper à cinq reprises dans des situations souvent rocambolesques, mais sans succès.

Profondément meurtri par son inactivité, il profita cependant de sa captivité pour développer sa pensée. “Il a eu tout le temps de voir les erreurs qui avaient été commises par le haut commandement et en même temps de réfléchir à la France. Il faisait même des conférences aux autres officiers français. Dans les camps, il a vraiment forgé sa personnalité et formé sa réflexion politique”, décrit Jean-Baptiste Ferracci.

Dans un coin de sa tête, ces heures d’attentes ne le quitteront jamais. Dans une lettre à sa mère, écrite en novembre 1918**, le goût de revanche a déjà pris le pas sur son immense regret : “Que du moins, il me serve d’aiguillon à penser et à agir mieux et davantage pour tâcher de remplacer par beaucoup d’heures obscurément utiles les quelques heures décisives et triomphantes que je n’aurai point vécues”. Le destin lui donnera raison.

Une photo prise clandestinement par un camarade de captivité inconnu au camp de Szczuczyn (Pologne). Le capitaine de Gaulle est au centre.

© Collection Jean-Baptiste Ferracci

*Cité dans “De Gaulle avant de Gaulle: La construction d’un homme“, de Michel Tauriac, 2013

**Cité dans “Charles de Gaulle Soldat, 1914-1918“, de Alain Lebougre, 1999


Première publication : 02/03/2016

Deux hommes armés ont dévalisé mardi la bijouterie Chopard, située place Vendôme à Paris, dans un quartier ultra-protégé de la capitale, sans faire de blessés. On ignore pour l’heure le montant du butin.

La bijouterie Chopard de la place Vendôme a été dépouillée mardi 1er mars d’une grande partie de ses joyaux. Deux braqueurs ont dévalisé la boutique pourtant située dans l’un des lieux les plus sécurisés de la capitale.

Vers 12h40, heure du déjeuner, les deux braqueurs pénètrent dans la boutique de luxe et brandissent un pistolet automatique et une grenade. Peu après, ils repartent avec un butin qui restait indéterminé en début de soirée. Le braquage n’a pas fait de blessé, selon des sources policières. Contactée par l’AFP, la société Chopard France n’avait “pas de commentaire à faire à ce sujet”.

Les deux hommes, âgés l’un autour de 25 ans et l’autre autour de 40 ans, ont agi à visage découvert. Ils se sont ensuite enfuis à pied, l’un après l’autre, après avoir pillé un présentoir à l’intérieur de la boutique et la vitrine.

Dans l’hôtel mitoyen, on ne s’est aperçu de rien. “On a découvert que ça s’était passé quand on a vu la police arriver”, explique l’un des concierges à l’AFP.

“Cela a duré entre cinq et dix minutes”, a souligné Jean-Michel Huguet, du syndicat policier Alliance. “Un individu est entré dans la bijouterie, il a exhibé une arme à feu afin qu’un deuxième individu entre. Celui-ci a exhibé une grenade”, a-t-il expliqué à la presse.

État d’urgence

Ce vol rappelle celui dont a été victime une autre boutique parisienne de la célèbre marque, en décembre, à quelques pas du palais présidentiel. En plein état d’urgence, un homme âgé d’une quarantaine d’années “présentant bien” et “n’éveillant pas l’attention”, avait alors réussi à se faire ouvrir la porte d’entrée par des employés vers 11 h, a souligné une source policière.

Attaque à la voiture bélier, aficionados du “smash and grab” (saisis et fracasse en anglais) armés de haches et de masses… la place Vendôme a vécu des heures sombres avec cinq vols à main armée en moins de sept mois, tous en journée, pour des préjudices oscillant entre 420 000 et deux millions d’euros.

À la suite d’un énième braquage en 2014, un dispositif policier spécifique avait été mis en place par la préfecture de police de Paris. La sécurité a encore été accrue dans la capitale dans la foulée des attentats qui ont fait 130 morts le 13 novembre à Paris et à Saint-Denis, avec le renforcement du plan Vigipirate et la mise en place de l’état d’urgence.

Avec AFP

Première publication : 02/03/2016