Archive for March 2nd, 2016

Comme David Cameron avant lui, le ministre français de l’Économie, Emmanuel Macron, a averti qu’en cas de sortie de Londres de l’UE, Paris laisserait les migrants libres de se rendre au Royaume-Uni. Une menace en l’air, selon les partisans du Brexit.

David Cameron l’avait déjà dit, Emmanuel Macron l’a répété : si Londres venait à sortir de l’Union européenne (UE), la France autoriserait les migrants, actuellement retenus à Calais, à se rendre au Royaume-Uni. Dans un entretien publié jeudi 3 mars dans les colonnes du journal britannique Financial Times, le ministre français de l’Économie explique qu’un Brexit pourrait remettre en cause les accords du Touquet qui autorisent, depuis 2003, les Britanniques à contrôler sur le territoire français les migrants désirant se rendre outre-Manche.

Au début du mois de février, les services du Premier ministre britannique avait déjà agité cette menace. “Si la Grande-Bretagne quitte l’Union européenne, il n’y a aucune garantie que les contrôles [frontaliers actuellement opérés à Calais] restent en place”, avait souligné un porte-parole de David Cameron. Sans ces contrôles, rien n’empêcherait des milliers de migrants de traverser la Manche en une nuit pour venir demander asile dans le Kent.”

>> À lire sur France 24 : Évacués de la “jungle” de Calais, les migrants “ne savent pas où ils vont”

En clair, si le Royaume-Uni quittait l’UE, la “jungle” disparaîtrait de Calais pour réapparaître dans le sud de l’Angleterre. Les partisans du Brexit jugent l’argument fallacieux. “Le traitement des migrants à Calais est lié à un accord avec la France, pas l’UE. Il n’y a aucune raison qu’il change si nous quittons l’UE”, répète Arron Banks, l’un des fondateurs de la campagne “Leave EU” (“Quitter l’UE”). Et d’ajouter : “Le Premier ministre brandit cet épouvantail parce qu’il n’a pas réussi à obtenir de l’UE les réformes de fond qu’il avait promises”.

Le traité du Touquet : “Un cadeau de la France au Royaume-Uni”

L’avertissement émis par David Cameron et Emmanuel Macron n’a cependant rien de fantaisiste. “Il s’agit d’une réelle menace, assure à France 24 Philippe de Bruycker, professeur spécialiste de l’immigration à l’Université libre de Bruxelles. Certes, il n’y a pas de lien automatique d’un point de vue juridique entre le Brexit et le traité du Touquet qui ferait que le premier entraîne la fin du second. Mais cet accord, qui constitue un cadeau de la France fait à un partenaire européen, peut-il être maintenu si, justement, le Royaume-Uni n’est plus européen ?”

>> À voir dans la Revue de presse de France 24 : Paris menace Londres

Petit retour en arrière. En 2003, alors que le gouvernement français vient de démanteler, sous la pression du Royaume-Uni, le centre d’accueil de Sangatte, près de Calais, Paris et Londres signent au Touquet un traité visant à endiguer le flux de migrants traversant clandestinement la Manche depuis le nord de la France. L’accord permet ainsi l’intensification des contrôles au départ de l’Hexagone via l’instauration des bureaux d’immigration communs dans les ports de la Manche et de la mer du Nord, à savoir à Calais, Boulogne-sur-Mer et Dunkerque côté français, Douvres côté britannique.

N’étant pas membre de l’espace Schengen, le Royaume-Uni conserve la possibilité d’effectuer à ses frontières les contrôles qu’il juge nécessaires, or comme il dispose d’agents sur le territoire français, c’est en Hexagone que les candidats malheureux à l’immigration voient leur demande d’asile rejetée. Une disposition qui fait ainsi dire à certains que la frontière britannique s’est déplacée en France. “Géographiquement, la frontière anglaise se situe à Douvres. Nous avons été bien bons d’accepter que la frontière soit à Calais”, déplorait Xavier Bertrand en août 2015 alors qu’il n’était pas encore président de la région Nord-Pas-de-Calais. La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) estime quant à elle que les accords du Touquet ont “conduit à faire de la France le ‘bras policier’ de la politique migratoire britannique”.

“Pas vocation à être modifiés”

Si Paris revenait sur l’accord, rien n’indique cependant que les migrants parviendraient à atteindre le Royaume-Uni et encore moins à y rester. “Londres sanctionnerait les compagnies de transport qui achemineraient les migrants sur son territoire”, observe Philippe de Bruycker. “Repousser la frontière de l’autre côté de la Manche n’empêcherait en rien la formation d’un campement de ce côté-ci de la Manche, a par ailleurs estimé le ministre française de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, au quotidien La Voix du Nord. Les Britanniques, qui ne sont pas dans l’espace Schengen, pourraient aisément refouler à leur frontière ceux qui voudraient la traverser.”

>> À (re)voir sur France 24 : Exit, le Brexit ?

Depuis les propos d’Emmanuel Macron, le gouvernement français s’emploie à préciser que les accords du Touquet n’ont, pour l’heure, “pas vocation à être modifiés”, sans toutefois enterrer définitivement la possibilité d’une renégociation du traité. “Les accords du Touquet sont des accords bilatéraux, a tenu à rappeler Harlem Désir, secrétaire d’État aux Affaires européennes. Donc il n’y a pas de chantage, ni de menace, mais c’est vrai que nous coopérons plus facilement en étant membres de l’UE que si le Royaume Uni ne l’était plus”.

Réunis ce jeudi à Amiens pour le 34e sommet franco-britannique, le président français François Hollande et David Cameron ont évoqué la question migratoire davantage sur son volet financier qu’administratif. Comme Paris le lui demandait, Londres s’est ainsi engagé à augmenter “d’une vingtaine de millions d’euros” son aide à la France dans la crise des migrants à Calais.

Avec AFP

Première publication : 03/03/2016

Le Quai d’Orsay a annoncé, jeudi, que l’Égypte a extradé Christophe Naudin vers la République dominicaine. Le Français, spécialiste de la sûreté aérienne, est recherché à Saint-Domingue pour son implication dans l’affaire “Air Cocaïne”.

L’extradition de Christophe Naudin de l’Égypte vers la République dominicaine a commencé jeudi 3 mars. Ce Français recherché par la justice de Saint-Domingue pour son implication dans l’évasion de deux pilotes condamnés dans l’affaire dite “Air Cocaïne”, est en route pour la République dominicaine, a-t-on appris du Quai d’Orsay.

Nous avons été informés de l’extradition de monsieur Christophe Naudin de l’Égypte vers la République Dominicaine”, a indiqué le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères lors d’un point presse à Paris.

“La France a apporté tout le soutien qu’elle pouvait à Monsieur Naudin. Il s’agit d’une décision de justice qui appartient à l’Égypte”, a-t-il ajouté. “Notre ambassade à Saint-Domingue suit la situation de près et continuera à assurer la protection consulaire au bénéfice de monsieur Naudin.”

Le criminologue et spécialiste de la sûreté aérienne avait été arrêté le 4 février au Caire, en raison d’un mandat d’arrêt émis par la République dominicaine qui l’accuse, comme il l’a reconnu lui-même, d’avoir participé à l’évasion des deux pilotes français Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés à 20 ans de prison pour trafic de drogue dans l’affaire dite Air Cocaïne.

Front national

Deux autres Français sont visés par le mandat d’arrêt dominicain pour leur implication dans l’évasion : le député européen démissionnaire du Front national Aymeric Chauprade et Pierre Malinowski, assistant parlementaire de l’ancien président du FN Jean-Marie Le Pen.

L’affaire dite “Air Cocaïne” a débuté en mars 2013 avec l’interpellation en République dominicaine de Pascal Fauret, de Bruno Odos et de deux autres Français dans un avion Falcon 50 à bord duquel avaient été embarqués près de 700 kilos de cocaïne.

Les quatre hommes, qui ont toujours clamé leur innocence, ont été mis en examen en mai 2013 par la justice française pour “importation de produits stupéfiants en bande organisée et association de malfaiteurs”.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 03/03/2016

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Le département américain de la Défense a invité mercredi les as de l’informatique américains à participer au concours qu’il organise pour mettre ses systèmes de sécurité à l’épreuve et détecter ainsi d’éventuelles failles.

Le Pentagone invite les hackers américains les plus expérimentés à venir pirater son système de sécurité informatique. Il s’agit plus précisément d’un concours organisé par Ashton Carter, le ministre de la Défense féru de technologies, destiné à détecter d’éventuelles failles dans les réseaux de l’institution.

“Les participants à ce concours pourraient être récompensés financièrement”, a indiqué le ministre américain de la Défense dans un communiqué qui effectue cette semaine sa troisième visite dans la Silicon Valley.

Seule condition pour les participants : l’opération est réservée à des pirates qui accepteront de se soumettre auparavant à une vérification de sécurité. Et elle ne concerne pas les réseaux “critiques” en lien avec les opérations militaires, a précisé le Pentagone.

Le Pentagone s’attend à enregistrer plusieurs milliers de participants à ce concours réservé aux citoyens américains dont les modalités n’ont pas été totalement fixées mais qui pourrait impliquer des récompenses financières.



Google entre au Pentagone

Le département de la Défense a également annoncé mercredi qu’Éric Schmidt, le président exécutif d’Alphabet (Google), allait prendre la direction d’un comité de conseil du Pentagone en matière d’innovation technologique.

Ce comité d’une douzaine de membres devra conseiller le Pentagone sur des domaines “très connus des entreprises de la Silicon Valley”, comme “la mise en place rapide de prototypes”, le “financement graduel”, “les analyses complexes de données”, “l’organisation du partage d’informations”.

Il a souligné à de multiples reprises sa volonté de renforcer les liens du Pentagone avec l’industrie de pointe, pour que l’armée américaine conserve sa suprématie technologique.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 03/03/2016

L’épineuse question de la crise des migrants sera au cœur des préoccupations du 34e sommet franco-britannique qui réunit, jeudi, François Hollande et David Cameron à Amiens. La France compte sur un engagement financier de Londres.

Armement, défense, terrorisme, immigration… Les sujets n’ont pas manqué, lors du 34e sommet franco-britannique. François Hollande et David Cameron se sont retrouvés en fin de matinée jeudi 3 mars, à Amiens (Nord-Pas-de-Calais-Picardie). Le président français a accueilli le Premier ministre britannique au cimetière-mémorial britannique de Pozières, lieu emblématique de la Bataille de la Somme qui fit, de juillet 1916 à novembre 1918, plus de 400 000 morts. Puis ils se sont rendus à la préfecture d’Amiens pour entamer leur sommet.

Une première annonce a été faite concernant un programme commun de fabrication de drones de combat. “Ce programme de démonstration, le plus avancé en Europe, sera axé sur une plateforme de drones polyvalents qui pourrait servir de base à une future capacité opérationnelle au-delà de 2030. Nous prévoyons d’investir plus de 2 milliards d’euros dans ce programme, avec un bilan technique vers 2020”, indique le texte de la déclaration signée en présence de François Hollande et de David Cameron.

François Hollande et David Cameron se sont aussi accordés sur un renforcement de la coopération bilatérale en matière de défense et de lutte contre le terrorisme. À l’ordre du jour, notamment, la mise au point d’une force expéditionnaire conjointe franco-britannique, qui sera opérationnelle après un exercice en avril 2016 qui mobilisera quelque 7 000 militaires français et anglais. Le projet de construction par EDF de deux EPR à Hinkley Point (côte ouest de l’Angleterre), dont le coût est évalué à 24,5 milliards d’euros, fera par ailleurs l’objet d’un texte commun.

Retour sur les accords du Touquet

Au cours de cette journée, David Cameron et François Hollande ont également évoqué la situation des migrants qui tentent de rejoindre le Royaume-Uni depuis la France. La rencontre intervient au moment où les autorités françaises entament le démantèlement d’une partie de la “jungle” de Calais, dans un climat tendu, émaillé d’incidents.

Paris ne compte pas remettre en cause les accords du Touquet de 2003 régissant la gestion de la frontière franco-britannique : “Ils n’ont pas vocation à être modifiés”, indique-t-on à Paris.

La France veut en revanche une aide financière substantielle de Londres pour l’ouverture de nouveaux centres d’accueil, la sécurisation des infrastructures portuaires de Calais, Dunkerque et du tunnel sous la Manche et la lutte contre les filières clandestines.

“On attend des engagements financiers additionnels” britanniques, dont le montant devrait être annoncé à l’occasion de ce sommet. Des discussions intenses ont lieu entre les équipes du ministre de l’Intérieur français Bernard Cazeneuve et son homologue britannique Theresa May.

La question du regroupement familial de mineurs isolés, bloqués à Calais alors que des membres de leur famille sont installés outre-Manche, sont un des sujets sensibles des discussions. Bernard Cazeneuve a souhaité récemment que les cas de “tous ceux qui ont des attaches en Grande-Bretagne, parmi notamment les mineurs isolés”, soient examinés “dans l’équilibre de la relation que nous avons avec la Grande-Bretagne”.

Avec AFP

Première publication : 03/03/2016

L’épineuse question de la crise des migrants sera au cœur des préoccupations du 34e sommet franco-britannique qui réunit, jeudi, François Hollande et David Cameron à Amiens. La France compte sur un engagement financier de Londres.

Armement, défense, terrorisme, immigration… Les sujets n’ont pas manqué, lors du 34e sommet franco-britannique. François Hollande et David Cameron se sont retrouvés en fin de matinée jeudi 3 mars, à Amiens (Nord-Pas-de-Calais-Picardie). Le président français a accueilli le Premier ministre britannique au cimetière-mémorial britannique de Pozières, lieu emblématique de la Bataille de la Somme qui fit, de juillet 1916 à novembre 1918, plus de 400 000 morts. Puis ils se sont rendus à la préfecture d’Amiens pour entamer leur sommet.

Une première annonce a été faite concernant un programme commun de fabrication de drones de combat. “Ce programme de démonstration, le plus avancé en Europe, sera axé sur une plateforme de drones polyvalents qui pourrait servir de base à une future capacité opérationnelle au-delà de 2030. Nous prévoyons d’investir plus de 2 milliards d’euros dans ce programme, avec un bilan technique vers 2020”, indique le texte de la déclaration signée en présence de François Hollande et de David Cameron.

François Hollande et David Cameron se sont aussi accordés sur un renforcement de la coopération bilatérale en matière de défense et de lutte contre le terrorisme. À l’ordre du jour, notamment, la mise au point d’une force expéditionnaire conjointe franco-britannique, qui sera opérationnelle après un exercice en avril 2016 qui mobilisera quelque 7 000 militaires français et anglais. Le projet de construction par EDF de deux EPR à Hinkley Point (côte ouest de l’Angleterre), dont le coût est évalué à 24,5 milliards d’euros, fera par ailleurs l’objet d’un texte commun.

Retour sur les accords du Touquet

Au cours de cette journée, David Cameron et François Hollande ont également évoqué la situation des migrants qui tentent de rejoindre le Royaume-Uni depuis la France. La rencontre intervient au moment où les autorités françaises entament le démantèlement d’une partie de la “jungle” de Calais, dans un climat tendu, émaillé d’incidents.

Paris ne compte pas remettre en cause les accords du Touquet de 2003 régissant la gestion de la frontière franco-britannique : “Ils n’ont pas vocation à être modifiés”, indique-t-on à Paris.

La France veut en revanche une aide financière substantielle de Londres pour l’ouverture de nouveaux centres d’accueil, la sécurisation des infrastructures portuaires de Calais, Dunkerque et du tunnel sous la Manche et la lutte contre les filières clandestines.

“On attend des engagements financiers additionnels” britanniques, dont le montant devrait être annoncé à l’occasion de ce sommet. Des discussions intenses ont lieu entre les équipes du ministre de l’Intérieur français Bernard Cazeneuve et son homologue britannique Theresa May.

La question du regroupement familial de mineurs isolés, bloqués à Calais alors que des membres de leur famille sont installés outre-Manche, sont un des sujets sensibles des discussions. Bernard Cazeneuve a souhaité récemment que les cas de “tous ceux qui ont des attaches en Grande-Bretagne, parmi notamment les mineurs isolés”, soient examinés “dans l’équilibre de la relation que nous avons avec la Grande-Bretagne”.

Avec AFP

Première publication : 03/03/2016