Archive for March 5th, 2016

Malgré la colère et la résignation, les exposants du Salon de l’agriculture ont quitté, dimanche, “la plus grande ferme de France” avec le sentiment d’avoir regagné la confiance d’un grand public qui se montre plus enclin à consommer français.

Désigner le Salon de l’agriculture comme “la plus grande ferme de France” est bien réducteur. Davantage qu’une méga-exploitation, c’est un village français au format XXL qui semble avoir été reconstitué 9 jours durant dans le sud-ouest de Paris. Les quelque 230 000 m2 du Parc des expositions de la porte de Versailles concentrent à eux seuls tout ce qui constitue le décor d’une petite ou moyenne ville de l’Hexagone. Restaurants, bistrots, terrasses, épiceries fines, fast-foods venus des États-Unis, distributeurs automatiques de billets et bureaux de tabac se sont faits une confortable place parmi les incontournables stands où paradent veaux, vaches et cochons de concours.

On trouve donc de tout dans cette foire aux allures de grande fête foraine. Même les choses les plus inattendues pour un rendez-vous censé célébrer la terre : des consoles de jeux vidéo, une tour Eiffel en légumes, des bonbons d’une célèbre marque allemande qu’on image mal venir de l’agriculture biologique, et – comble de l’incongruité pour les citadins de passage – des pigeons en cage.

De fait, si le Salon de l’agriculture ne semble pas à un paradoxe près c’est parce qu’il met à l’honneur un secteur aux multiples facettes. Dans les allées, l’artisanale pose aux côtés de l’agro-alimentaire, ce qui fleure bon le terroir côtoie ce qui reste synonyme de malbouffe. Une cohabitation qui, au quotidien, loin de la grand-messe parisienne annuelle, n’est pas sans créer des tensions.

“Nous restons inquiets pour les semaines à venir”

Les responsables politiques ont pu le constater qui, après le passage mouvementé du président François Hollande lors de l’inauguration de la manifestation le 27 février, se sont succédé au chevet des agriculteurs actuellement confrontés à de graves difficultés financières, notamment dans les filières d’élevage. Pendant une semaine, membres du gouvernement, élus locaux et candidats aux primaires de l’opposition se sont pressés dans les travées du Salon pour écouter les doléances, désigner les coupables ou dévoiler leurs solutions.


L’édition 2016 du Salon a été marquée par la crise que traversent plusieurs filières agricoles, dont l’élevage. © Guillaume Guguen, France 24

Mais, en ce dimanche 6 mars, dernier jour du grand raout agricole, les exposants semblent quelque peu résignés par le défilé des hommes et femmes politiques. “Ils sont tous venus avec de bonnes intentions mais nous restons inquiets pour les semaines à venir”, confie Philippe Vasseur, éleveur porcin venu de la Sarthe pour participer à son 16e salon. De mémoire d’exposant, jamais sa filière n’avait connu de crise aussi profonde. La faute, entre autres, à une concurrence accrue au sein de l’Union européenne. “Pour être compétitifs, nous sommes obligés de nous aligner sur des prix qui sont en-deçà de nos prix de revient, explique l’agriculteur sarthois. Sans compter que, dans la filière, des gens se servent sur la bête.”

>> À lire sur France 24 : “Salon de l’agriculture et politique, une histoire d’amour vache”

Outre la régulation du marché européen, les agriculteurs attendent en effet des pouvoirs publics qu’ils encadrent davantage un circuit sur lequel la grande distribution et les sociétés agro-alimentaires font la pluie et le beau temps. “Certains groupes sont devenus trop gros, or ils ne se battent que pour les prix et non plus pour la qualité”, déplore François Gauthé, agriculteur de la Nièvre qui affirme rester indifférent au cortège des politiques. “Lorsqu’ils viennent à mon stand, je suis poli mais je ne pense pas qu’ils soient porteurs de solutions. Ce sont les consommateurs qui décideront de la prochaine agriculture”, veut croire cet éleveur de vaches charolaises qui, par amour du métier, refuse de partir à la retraite malgré un niveau suffisant de cotisations.

Pour beaucoup, ce 53e Salon de l’agriculture fut surtout une façon de renouer avec le grand public. “Les gens manifestent un vrai besoin de voir le produit, ce qui montre qu’ils sont de plus en plus enclins à acheter français”, commente Philippe Vasseur. Même son de cloche chez son confrère nivernais : “Les visiteurs, surtout ceux venant des villes, s’intéressent de plus en plus à ce que l’on fait et reprennent confiance en nous. Salon après salon, on ressent davantage d’empathie. Le public comprend que cela fait 20 ans que les agriculteurs n’utilisent plus d’OGM ou d’engrais chimiques. Et que l’on peut-être responsable sans forcément faire du bio.”

“On boit moins mais on boit mieux”

Dans tous les domaines, le besoin de qualité se fait ressentir. Le secteur brassicole en est peut-être l’exemple le plus marquant. Après des années de production moribonde façonnée par les grands groupes, la bière française connaît un renouveau porté par des structures artisanales. “On assiste à ce qui s’est passé avec le vin, il y a 30 ans : on boit moins mais on boit mieux”, se félicite Laurent Boiteau, gérant d’une brasserie vendéenne employant 10 personnes.

>> À (re)voir dans 7 jours en France : “Face à la crise agricole, quelles solutions ?”

De 400 au début des années 2000, le nombre de brasseries artisanales françaises est passé à 800 aujourd’hui. Bien qu’elles ne représentent que 4 % du marché, les PME de la mousse ont su fidéliser un public grâce à l’originalité de leur produit. “Ce qui fait la force de la bière artisanale, c’est sa créativité. Contrairement au vin, nous ne sommes pas coincés par les exigences des appellations d’origine. On peut donc s’amuser avec les goûts, c’est infini !”, se réjouit le jeune brasseur dont l’entreprise propose une gamme de 12 saveurs, dont une aux pétales de rose.


Pour susciter les vocations, le Salon s’était doté de bornes de jeux vidéo initiant au métier d’agriculteur. © Guillaume Guguen, France 24

Se structurer, c’est ce qui a pourtant permis à nombre de producteurs de se prémunir contre les tempêtes que traversent régulièrement le monde agricole. Grâce à une Appellation d’origine protégée (AOP), le Saint-Nectaire fermier, célèbre fromage d’Auvergne, a pu rester étranger aux affres de la crise laitière. “Même si le prix de notre lait devenait exorbitant, un producteur de Saint-Nectaire ne pourrait pas en acheter ailleurs. Dans notre région, le lait n’est pas délocalisable puisqu’il doit être acheté dans la zone pour bénéficier de l’AOP”, explique Vincent Barbry, du syndicat de l’Appellation. Et d’ajouter : “En devenant une économie de terroir, nous avons acquis une force de frappe et une visibilité qui fait que le Saint-Nectaire est connu et reconnu.”

Du fromage dans le métro

Peut-être pas encore suffisamment. Pour la durée du salon, l’interprofession s’est offert une campagne publicitaire dont elle n’est pas peu fière : tout un couloir du métro de la porte de Versailles placardé d’affiches vantant le fromage auvergnat. “Ces opérations de communication ramènent du monde, mais cette année l’affluence n’était pas aussi importante que les années précédentes”, regrette-on au stand Saint-Nectaire.

Environ 611 000 visiteurs se seront rendus à cette 53e édition contre 691 000 l’an passé. Une baisse de fréquentation que Jean-Luc Poulain, le président du salon, attribue à un contexte post-13-Novembre et à une crise du secteur “qui a fait qu’une partie des agriculteurs ne se sont pas déplacés”.

Malgré la colère et le désarroi de la profession, certains ont quitté le salon avec l’assurance que les mentalités sont en train d’évoluer dans le bon sens. “Durant ces 9 jours, je suis allé trois fois dîner dans un restaurant de Paris, indique l’éleveur François Gauthé. Et, à chaque fois, la viande y était bonne. Franchement, c’est rassurant.”

Première publication : 06/03/2016

Louisa, l’une des deux lycéennes de Haute-Savoie recherchées par la police depuis vendredi car soupçonnées de vouloir quitter le territoire, est rentrée chez elle dimanche dans l’après-midi. L’adolescente a été entendue par les enquêteurs.

Louisa, l’une des deux lycéennes fugueuses de Haute-Savoie, est rentrée chez elle dimanche 6 mars vers 16 h. Le parquet d’Annecy a annoncé que les parents de la jeune fille avaient appelé la gendarmerie pour déclarer son retour.

La gendarmerie avait lancé samedi un avis de recherches pour Louisa B., 16 ans, et sa camarade, Israé A., 15 ans, qui est toujours en fuite. Selon les gendarmes, alertés vendredi soir, ces deux pensionnaires d’un lycée professionnel de Seynod, près d’Annecy, étaient “susceptibles de quitter le territoire national par tous les moyens, et d’utiliser de fausses identités”.

>> À lire sur France 24 : “Comment accueillir les jeunes jihadistes de retour d’Irak ou de Syrie ?”

Selon le parquet d’Annecy, les deux lycéennes auraient été aperçues pour la dernière fois vendredi vers 13 h, quittant leur établissement des Carillons de Seynod.”Nous les soupçonnons, d’après leurs déclarations, d’être parties ou de vouloir partir en Syrie. Elles avaient pour projet de prendre un train pour Paris depuis Chambéry”, a précisé le parquet, qui dispose pour l’heure de “peu d’éléments” en dehors de déclarations d’amies.

Les gendarmes ont été avisés de cette fugue six heures après leur disparition, des camarades de classe s’étant inquiétés de leur absence. Ils ont prévenu leur entourage après avoir tenté de les retrouver dans la gare de Chambéry, d’où elles auraient pris la fuite.

>> À lire sur France 24 : “Des proches de jeunes partis faire le jihad témoignent dans des spots télévisés”

“L’une des jeunes filles était déjà soupçonnée de radicalisation et était suivie. Elle avait été placée en foyer et faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Nous avons obtenu pour l’autre jeune fille une opposition de sortie du territoire [samedi] matin”, a ajouté le parquet. L’ensemble des services d’enquête, dont la police aux frontières, a été informé de cette fugue, avec diffusion des portraits des deux lycéennes.

Israe actuellement en fugue a été suivie par le Cpdsi/Dounia Bouzar jusqu’à son hospitalisation il y a pl mois dt elle venait de sortir.

— Lylia Bouzar (@lyliabouzar) March 6, 2016

Israé A., 15 ans, est née en 2000 à Annemasse et mesure 1,76 mètre. Elle a les cheveux châtain clair, les yeux marron, et porte un appareil dentaire.

>> À lire sur France 24 : “Garde à vue de deux ados toulousains candidats au jihad”

Avec AFP

Première publication : 06/03/2016

Médecins sans frontières a annoncé dimanche l’ouverture lundi d’un premier camp aux normes internationales à Grande-Synthe (Nord). L’ONG espère pouvoir accueillir 1 500 personnes à court terme.

Plusieurs centaines de personnes vivent dans les conditions les plus précaires dans le camp de Grande-Synthe (Nord), près de Dunkerque depuis plusieurs semaines. L’ONG Médecins sans frontières a annoncé dimanche 6 mars l’ouverture lundi d’un camp aux normes internationales définies par le HCR (Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies).



>> À lire sur France 24 notre webdoc : “La boue au ventre, immersion dans le camp de Grande-Synthe”

Le camp, constitué de maisonnettes en bois ainsi que de points d’eau et de sanitaires, accueillera lundi ses premiers occupants, des migrants du camp voisin de Basroch. Il a été dimensionné pour pouvoir accueillir 2 500 personnes.

Selon le dernier décompte de la préfecture du Nord diffusé jeudi, 1 050 personnes sont recensées sur le camp du Basroch, dont 60 femmes et 74 enfants. Un chiffre qui semble toutefois “sous estimé”, selon MSF.

“Il y a aujourd’hui un peu plus de 200 cabanons. On espère en avoir 275 à court terme pour loger au moins 1 500 personnes”, détaille Angélique Muller, coordinatrice chez MSF du futur camp.

Les autorités françaises ne soutiennent pas le camp

“La mairie voudrait que ce déménagement dure trois jours, ça semble assez court. On va se laisser le temps de voir comment ça va se passer”, a précisé la responsable.

Pour éviter les “débordements” et un “effet zoo” avec la présence de nombreuses caméras, un “point de ralliement des médias” sera installé dans le camp “afin de protéger les migrants”, a souligné Angélique Muller.

Pour mener à bien cette opération, 25 agents de MSF seront présents sur les deux sites, ainsi qu’une centaine de bénévoles, selon la même source.

Ce nouveau camp sera géré par MSF et la mairie et n’est pas soutenu par les autorités. “La politique de l’État n’est pas de reconstituer un camp à Grande-Synthe mais bien de le faire disparaître” pour offrir des “solutions individuelles” aux migrants en leur proposant de déposer une demande d’asile ou en rejoignant l’un des centres d’accueil et orientation (CAO) de France, avait indiqué mi-février le préfet du Nord, Jean-François Cordet.

Le camp du Basroch est considéré comme étant le 2e plus grand bidonville de France, après celui de la “Jungle” de Calais, dont le démantèlement a débuté lundi.

Avec AFP

Première publication : 06/03/2016

Deux jeunes filles françaises, Louisa (16 ans) et Israé (15 ans), sont activement recherchées par la police après avoir fugué vendredi, dans la région d’Annecy. Les deux adolescentes sont soupçonnées de vouloir se rendre en Syrie.

Louisa et Israé, deux lycéennes de 15 et 16 ans soupçonnées de s’être “radicalisées”, sont activement recherchées depuis vendredi par la gendarmerie française. Les jeunes filles, domiciliées en Haute-Savoie, ont fugué il y a deux jours, après avoir quitté leur lycée de Seynod, en banlieue d’Annecy.

Les deux mineures sont “susceptibles de quitter le territoire national par tous les moyens, et d’utiliser de fausses identités”, a précise la gendarmerie dans son appel à témoins diffusé sur le compte Twitter de la gendarmerie nationale samedi.

>> À lire sur France 24 : Comment accueillir les jeunes jihadistes de retour d’Irak ou de Syrie ?

Selon le parquet d’Annecy, elles auraient été aperçues pour la dernière fois le vendredi 4 mars vers 13h00, quittant leur établissement des Carillons de Seynod.”Nous les soupçonnons, d’après leurs déclarations, d’être parties ou de vouloir partir en Syrie. Elles avaient pour projet de prendre un train pour Paris depuis Chambéry”, a précisé le parquet, qui dispose pour l’heure de “peu d’éléments” en dehors de déclarations d’amies.

Les gendarmes ont été avisés de cette fugue 6 heures après leur disparition, des camarades de classe s’étant inquiétées de leur absence. Ils ont prévenu leur entourage après avoir tenté de les retrouver dans la gare de Chambéry, d’où elles auraient pris la fuite.

>> À lire sur France 24 : “Des proches de jeunes partis faire le jihad témoignent dans des spots télévisés”

“L’une des jeunes filles était déjà soupçonnée de radicalisation et était suivie. Elle avait été placée en foyer et faisait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire. Nous avons obtenu pour l’autre jeune fille une opposition de sortie du territoire ce [samedi] matin”, a ajouté le parquet. L’ensemble des services d’enquête, dont la police aux frontières, a été informé de cette fugue, avec diffusion des portraits des deux lycéennes.

Louisa B., 16 ans, née en 1999 à Annecy, est une adolescente d’1,70 mètre et de corpulence mince. Elle a les yeux et les cheveux noirs, détaille l’appel des gendarmes.

Sa camarade, Israé A., 15 ans, est née en 2000 à Annemasse et mesure 1,76 mètre. Elle a les cheveux châtain clair, les yeux marron, et porte un appareil dentaire.

>> À lire sur France 24 : “Garde à vue de deux ados toulousains candidats au jihad”

Avec AFP

Première publication : 06/03/2016