Archive for March 6th, 2016

Souvent critiqué pour son manque de représentativité, le Conseil français du culte musulman a publié lundi une “déclaration” affirmant son “engagement total pour l’émancipation et le développement du rôle des femmes dans la société française”.

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) s’engage pour la cause féminine. Lundi 7 mars, veille de la Journée internationale des droits des femmes, l’instance a publié une “déclaration” affirmant son “engagement total pour œuvrer à l’émancipation et au développement du rôle des femmes dans la société française”.

Ce texte en six points a été élaboré par le CFCM lors d’une rencontre avec des “citoyennes françaises de confession musulmane, très engagées dans la vie de la cité et dans la société civile”.

La déclaration cite notamment une sourate du Coran (“les femmes ont des droits sur les hommes semblables à ceux que les hommes ont sur elles”) et un propos attribué au prophète de l’islam Mahomet, selon lequel “les femmes sont les semblables des hommes”.

Fin des discriminations, égalité des salaires

“Malheureusement, dans de nombreux cas”, les “principes d’égalité et d’équité” inscrits dans l’islam “ne sont pas respectés par des hommes qui continuent parfois à imposer leur point de vue”, reconnaît le CFCM dans cette annonce. Il convient de “continuer à mener un travail de pédagogie et d’éducation pour que les femmes musulmanes ne soient plus l’objet de discriminations ni de soumission”, ajoute-t-il.

La déclaration affirme par ailleurs que “la femme musulmane jouit d’un rôle primordial dans la société” et qu'”elle doit assumer ce rôle sans réserve, ni contrainte”. Sur le plan professionnel, l’islam préconise “l’égalité des salaires des travailleurs quel que soit leur sexe, pour un même travail, à compétence égale”, poursuit le texte.

Deux réunions ont d’ores et déjà été organisées avec des personnalités féminines.

Ce dialogue s’inscrit dans le cadre d’une initiative lancée par le président du CFCM, Anouar Kbibech, depuis l’été 2015, qui tente d’ouvrir davantage son institution, en mal d’image, auprès des jeunes, des femmes et des convertis. Les représentants de l’islam, en France comme à l’étranger, sont régulièrement interpellés sur leur conception de la place de la femme dans la société. Le CFCM, interlocuteur officiel des pouvoirs publics pour le culte musulman et ses 2 500 lieux (mosquées et salles de prière), est pour sa part souvent critiqué pour son manque de représentativité de la première minorité musulmane d’Europe, forte de quatre à cinq millions de personnes, pratiquantes ou non.

Avec AFP

Première publication : 07/03/2016

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Elle avait été décrite comme l’application la plus “détestée au monde”. Peeple propose d’évaluer ses voisins, collègues et autres connaissances. Mais cette fois-ci, il ne serait plus possible d’en faire un paradis pour cyber-harceleurs.

Elles vous ont compris… en apparence. Nicole McCullough et Julia Cordray assurent que Peeple, l’application qu’elles ont mise au point ensemble, n’a plus rien à se reprocher. Elles l’ont donc rendue disponible dans un premier temps à tous les utilisateurs américains d’iPhone, lundi 7 mars, six mois après avoir été qualifiées de personnages “immoraux” ayant créé l’application “la plus détestée au monde”.

Le principe de base de Peeple n’a pourtant pas changé et demeure controversé. L’appli sert toujours à évaluer son voisin, son collègue, son plombier ou n’importe qui d’autre. Un concept qui avait poussé le Washington Post à publier, en octobre dernier, une violente charge contre ce “terrifiant ‘Yelp’ (un site pour noter les restaurants et bars) pour êtres humains”.

Calmer l’ire des internautes

La première version de l’application permettait de donner une note de 1 à 5, assortie d’un commentaire, à n’importe qui dont on possédait le numéro de téléphone sans avoir besoin que la “victime” accepte d’être ainsi évaluée. Une remarque positive était mise en ligne sans attendre, tandis qu’une critique n’était publiée qu’après 48 heures pour laisser à la personne mise en cause le temps de réagir. Un paradis pour “cyber-harceleur”, avait dénoncé Elle Dawson, une “survivante d’abus” infligés par des ex.

Un raz-de-marée de critiques sur Internet avait poussé les deux femmes à repousser la sortie de leur application. Il leur a fallu six mois pour apporter un certain nombre de modifications censées calmer l’ire des médias et internautes. Il faut dorénavant accepter de faire partie de ce réseau social pour pouvoir être évalué par d’autres et les utilisateurs peuvent faire disparaître de leur profil les critiques négatives. En clair, la victime d’évaluations en rafale contrôle ce que les autres peuvent lire sur elle. Conséquence : des utilisateurs qui ont demandé à participer à une phase de tests de Peeple avant son lancement public ont “tous apprécié de faire preuve de gentillesse à l’égard des autres”, assure au quotidien britannique The Guardian Julia Corday.

Version payante controversée

Ces changements sont censés permettre “en toute sécurité” à Peeple de remplir son rôle social tel qu’imaginé par les deux femmes. L’appli doit servir à des parents pour juger si des baby-sitters sont dignes de confiance ou encore à des clients qui veulent savoir quelle est la réputation de différents commerçants.

Mais toutes ces précautions n’ont pas suffi. Résumer les êtres humains à des évaluations sur une application ne passe toujours pas et une pétition d’appel au boycott en ligne a été lancée dimanche 6 mars.

Surtout, les deux créatrices de Peeple envisagent de lancer une version payante de leur application qui risque de réduire à néant tous les garde-fous du Peeple gratuit. Les utilisateurs qui accepteront de verser un abonnement mensuel pourront lire toutes les évaluations, même celles, négatives, “bloquées” par les victimes de ces critiques. Cette option payante démontre, d’après le site spécialisé “The Next Web“, que la seule différence entre le nouveau et l’ancien Peeple est que les deux femmes comptent se faire de l’argent sur le dos de ceux qui veulent lire des méchancetés sur les autres.

Première publication : 07/03/2016

Près de 500 Calaisiens – dont une majorité de commerçants et d’entrepreneurs – se sont déplacés lundi à Paris pour alerter sur la situation de Calais, désertée par les touristes et frappée de plein fouet par la crise économique.

“On est tous en train de crever”, explique Gilbert Poinsenet. De sa voix calme, le restaurateur de 70 ans s’excuse pour la crudité de l’expression, mais il n’a plus d’autre mot pour dire son désarroi. Depuis un an – soit depuis l’installation de la “jungle”, plus grand bidonville d’Europe, sur la lande de Calais – la clientèle a déserté son restaurant, plongeant ses finances dans un marasme dont il ne voit plus le bout. Lundi 7 mars, Gilbert a donc laissé son épouse, déjà septuagénaire, gérer seule le Mirador, leur brasserie cossue aux allures de pub anglais du centre de Calais, pour venir manifester à Paris, aux abords des ministères des Finances, des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de l’Élysée.

Comme lui, environ 500 Calaisiens sont “descendus à la capitale” pour exprimer leur colère. “Puisque l’État ne veut pas venir à nous, on va à lui”, martèle à France 24 Frederic Van Gansbeke, porte-parole du rassemblement. Devant Bercy, les manifestants attendaient en début d’après-midi dans une ambiance bon enfant que leur délégation soit reçue par des membres des cabinets du ministre des Finances Michel Sapin et de Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, en charge du tourisme.

>> Sur France 24 : “Régionales : Calais, ville à genoux, espère se relever avec le FN”

Pour la plupart commerçants, hôteliers ou restaurateurs, ces Calaisiens espèrent un coup de pouce d’urgence pour sortir la “tête de la vase”, comme le dit Gilbert Poinsenet. En plus du plan d’aide territorial de 120 millions d’euros déjà promis par l’État, ils espèrent un moratoire fiscal, total ou partiel. “Il y a urgence. Car même si des mesures ont déjà été prises, les commerces qui ont déjà vu leur chiffre d’affaires baisser de 30 à 40 % ne vont pas pouvoir tenir longtemps avant de mettre la clé sous la porte”, explique Yann Capet, député socialiste du Pas de Calais, venu apporter son soutien aux manifestants.


“On est tous en train de crever”, se plaint Gilbert Poinsenet, 70 ans. Ce restaurateur calaisien a vu son chiffre d’affaire baisser de plus de 40 % en un an. © Sarah Leduc

Calais, ville dangereuse ?

Alors que l’économie n’était déjà pas au beau fixe depuis 2008 dans cette agglomération de 72 000 habitants où le taux de chômage frise les 15 % – soit cinq points de plus que la moyenne nationale – les Calaisiens estiment payer un lourd tribut à la crise migratoire. Installée sur les côtes françaises de la Manche, Calais doit en effet sa fortune et son infortune à sa proximité avec les côtes anglaises. Dix millions de passagers transitent chaque année par son port, mais elle attire aussi des clandestins rêvant de traverser le détroit à tout prix. Un bidonville, dont une partie est désormais en cours de démantèlement mais qui a reçu jusqu’à 7 000 personnes, s‘est installée à sa périphérie.

De violents affrontements entre forces de l’ordre et migrants durant l’été 2015 et leur forte médiatisation – notamment dans la presse britannique – ainsi que les heurts plus récents lors du démantèlement du camp ont plombé l’image de la ville. Calais, autrefois célèbre pour sa dentelle et ses bières, est maintenant réputée “ville dangereuse”. Les touristes – principalement britanniques et belges – ainsi que les routiers se tiennent désormais à l’écart de ce qui fut longtemps une étape incontournable entre la France et l’Angleterre. La cité Europe, un immense centre commercial à la sortie du tunnel sous la Manche, draine encore quelques voyageurs de passage, mais le centre de Calais, lui, est déserté.

“À la belle époque, on vivait grâce au tourisme des Anglais. On les mettait à la porte quand les frigos étaient vides, tellement on avait fait de couverts !” racontait Gilbert lorsque nous l’avions rencontré en décembre, à Calais. “Mais les Anglais ont eu peur. Ils préfèrent passer par Caen ou Zeebruges (en Belgique)”, ajoutait le restaurateur dont le chiffre d’affaire a chuté de plus de 80 000 euros en 11 mois, l’obligeant à licensier sept employés.

L’office du tourisme intercommunal Calais – Côte d’Opale, a enregistré une baisse de fréquentation de 25 % entre 2014 et 2015. Quant à la fréquentation des Britanniques, habituellement les premiers visiteurs de la région, elle a baissé de 20 %. “La communication ne suffit plus à changer l’image de la ville, on n’a plus les moyens à nous seuls de faire revenir les Anglais”, affirme Solange Leclerc, directrice de l’office du tourisme, qui espère la mise en place d’une campagne nationale et internationale pour redorer le blason de la ville.


Patricia Lemaître, Calaisienne depuis sa naissance, est venue défendre sa ville “qui est train de mourir”. “Les Anglais nous mettent leur barrière pour empêcher les migrants de passer et c’est nous qui sommes prisonniers.” © Sarah Leduc, France 24

Calais, ses plages, son général et ses Anglais

Car c’est aussi et surtout l’image de leur ville que ces Calaisiens sont venus défendre à Paris. Vétus de tee-shirts “I love Calais”, les manifestants brandissent des pancartes : “Calais outragé… Calais brisé… Calais martyrisé” [sic], une adaptation locale du discours prononcé par le Général de Gaulle à la Libération de Paris, en août 1944. Les références au général vont d’ailleurs bon train dans la foule où ils sont nombreux à rappeller son mariage en 1921 à Calais, avec Yvonne Vendroux, une Calaisienne “pure souche”. Mais l’Histoire a été éclipsée par l’actualité et les grandes dates du Calaisis effacées dans le brouillard de la “jungle”.

“Aujourd’hui, Calais a une image de bidonville, mais elle ne peut pas être réduite à cela”, insiste Frederic Van Gansbeke qui tient néanmoins à démentir toute tension entre locaux et migrants. “Les gens s’imaginent que les migrants vont les accueillir avec des battes de base-ball mais c’est pas du tout ça. On n’a rien contre les migrants, il faut bien comprendre cela !”, poursuit-il, comme pour évacuer d’emblée toute récupération politique de la manifestation.

“Les Calaisiens ont une tradition d’accueil malgré la misère”, confirme Pierre Nouchi, président du syndicat Umih (restaurateurs et hôteliers) au premier rang de la manifestation. “On n’est pas du tout en colère contre les migrants, au contraire ! Y a-t-il une autre ville de France où l’on accueille la misère du monde comme nous ? C’est ça qu’il faut voir à Calais : la beauté du Calaisien”, insiste-t-il. “Et il faut voir nos plages aussi”, ajoute une autre manifestante. “Et nos couchers de soleil !”, poursuit un troisième. “C’est une ville historique, on a combattu les Anglais” , renchérit Alain Chao, commerçant à la retraite, en agitant le drapeau blanc et bleu de la ville.

“Nous sommes une des cinq villes de France à avoir un drapeau et c’est Charles VII qui nous l’a offert au XVe siècle pour nous récompenser de la guerre contre les Anglais”, récite doctement ce Calaisien, “fier de sa ville”, avant de reprendre sur un ton mi-martial, mi-amusé : “D’ailleurs, nous sommes toujours en guerre contre les Anglais : ils mettent leurs frontières chez nous et ils nous laissent gérer seuls la question des migrants au lieu de les accueillir !” Le retraité illustre le sentiment paradoxal qui unit les Calaisiens et les Britanniques. “Avec les Anglais, c’est l’amour vache”, résume le député Yann Capet. “Ils nous ont fait la guerre pendant 100 ans et nous ennuient avec leur gestion de la crise migratoire mais on a besoin d’eux !”


Près de 500 Calaisiens sont “descendus à la capitale” pour exprimer leur colère, lundi 7 mars 2016. Devant Bercy, l’ambiance était bon enfant en début d’après-midi. © Sarah Leduc, France 24

Première publication : 07/03/2016

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Le projet de construction de deux réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne a entraîné la démission du directeur financier d’EDF qui estime le chantier trop coûteux. Un sérieux couac dans un dossier important sur le plan diplomatique.

Le nucléaire français n’en avait pas besoin. Après les retards à répétition pour la construction des centrales de nouvelle génération en Finlande et à Flamanville, dans l’Hexagone, c’est à Hinkley Point, en Angleterre, qu’un nouveau chapitre des déboires de la filière française est en train de s’écrire pour et par EDF.

Emmanuel Macron a dû voler au secours de la direction du géant de l’électricité, détenu à 84 % par l’État. Lundi 7 mars, il a réaffirmé le soutien du gouvernement au projet de construction de deux EPR dans le sud de l’Angleterre. Une prise de position qui intervient quelques heures après l’annonce de la nomination en catastrophe d’un nouveau directeur financier, Xavier Girre. Il succède à Thomas Piquemal, qui a claqué la porte du groupe la semaine dernière suite à un différent sur le sujet avec le PDG, Jean-Bernard Levy.

Urgent d’attendre ?

L’ex-directeur financier juge l’investissement trop élevé pour le groupe, qui, actuellement, pâtit d’un prix faible de l’électricité en Europe. La construction des deux réacteurs est évaluée, officiellement, à 23,3 milliards d’euros ce qui en fait le projet nucléaire le plus cher du moment.

Selon Thomas Piquemal, à l’instar de plusieurs syndicats chez EDF, il était urgent d’attendre avant d’investir dans ce gouffre financier. L’analyse de l’ex-directeur financier est simple : le groupe doit mettre sur la table presque autant que ce qu’il vaut en Bourse (18 milliards d’euros), ce qui est bien trop. L’électricien français s’est engagé, en effet, a avancé les deux tiers des 23,3 milliards d’euros, le tiers restant proviendra des poches de China General Nuclear Power Corporation (CGN), le partenaire de cette opération. Les syndicats craignent que pour réunir autant d’argent, la direction soit obligée de couper dans les dépenses, ce qui ne se ferait pas sans casse sociale.

Le pari est d’autant plus risqué pour les comptes d’EDF, qu’Areva ne fait plus partie de l’équation financière. Le spécialiste français du nucléaire s’était engagé, il y a deux ans, à financer un peu plus de 10 % du projet, mais confronté à de graves soucis financiers, il ne pourra pas honorer cet engagement.

“Pilier des relations bilatérales”

Mais les opposants au chantier d’Hinkley Point appréhendent aussi le cauchemar technologique. Selon l’accord d’octobre 2015 entre EDF et les Chinois de CGN, la nouvelle centrale britannique doit entrer en service en 2025. Un calendrier qui oblige EDF à travailler sur des modèles d’EPR “intermédiaires”, c’est-à-dire entre la génération précédente, dont les autorités nucléaires britanniques ne veulent pas, et ceux en cours de construction à Flamanville et en Finlande. En clair, les détracteurs de ce projet soulignent que le géant français risque de dépenser une fortune pour des modèles de réacteurs qui seront dépassés dès que les EPR de dernière génération entreront en fonction.

Ces voix discordantes exigent donc un plan de financement mieux ficelé et une solution technologique satisfaisante avant de poser la première pierre de la future centrale. La direction actuelle et le gouvernement ne veulent pas entendre parler d’un moratoire. Le PDG d’EDF a assuré, lundi, vouloir prendre une décision sur l’investissement à fournir dans “un avenir proche”.

Pour le gouvernement, ce chantier est, en effet, essentiel sur le plan diplomatique. ”Ce projet stratégique majeur est un pilier des relations bilatérales [entre la France et la Grande-Bretagne]”, ont assuré les représentants des deux pays lors du sommet franco-britannique du 3 mars.

Les partisans du projet d’Hinkley Point affirment, eux, que la Grande-Bretagne a un besoin urgent de nouvelle source d’énergie. La fermeture de plusieurs centrales électriques britanniques est en effet programmée à l’horizon 2025-2030 et il faut prévoir la relève dès maintenant. La mise en service de nouveaux réacteurs nucléaires serait, toujours selon les pro-centrale, la solution environnementale la mieux adaptée aux besoins britanniques. “La France et la Grande-Bretagne soulignent le rôle crucial de l’énergie nucléaire dans la transition vers une économie à faible émission de gaz carbonique”, peut-on lire dans le communiqué commun publié à l’issue du sommet franco-britannique.

La nouvelle centrale serait donc “COP21 compatible” et bonne pour l’emploi, d’après le Premier ministre britannique David Cameron. Son gouvernement estime que ce chantier va créer 25 000 emplois sur le site, rappelle la BBC. Un chiffre qui correspond à une estimation du groupe britannique de BTP Mace, qui doit participer à la construction de la centrale. Mais il est précisé qu’il s’agit “d’opportunités d’emplois” étalées sur toute la durée du chantier et qu’une fois le projet achevé, la centrale nécessitera un “groupe opérationnel de 900” personnes.

Première publication : 07/03/2016

Grande-Synthe et MSF ont prévu de transférer, à partir de lundi, les centaines de migrants du camp insalubre du Basroch, en périphérie de la ville. Ils seront relogés dans un nouveau camp humanitaire, le premier du genre en France.

Ne plus vivre dans la boue. Les centaines de migrants qui étaient dans le camp insalubre du Basroch, à Grande-Synthe, dans le Nord de la France, ont commencé à déménager, lundi 7 mars, dans une nouvelle structure humanitaire, construite à quelques kilomètres de là. Ce nouveau campement constitué de centaines de maisonnettes en bois, et entièrement financé par Médecins sans frontières (MSF) et la municipalité, doit accueillir les 1 050 personnes recensées au Basroch, dont 60 femmes et 74 enfants.

>> À lire sur France 24 notre webdoc : “La boue au ventre, immersion dans le camp de Grande-Synthe”

Les premiers #migrants de #GrandeSynthe arrivent sur le nouveau camp #MSF. 1er camp aux normes internationales. pic.twitter.com/RbgvP4tCmD

— Mathilde Bouttemy (@MathBouttemy) 7 mars 2016

Selon les journalistes présents, les premières familles sont arrivées. La mairie a affrêté des bus pour le transfert des migrants et mener à bien cette opération. Vingt-cinq agents de MSF sont également présents sur les deux sites, ainsi qu’une centaine de bénévoles.

“Le déménagement doit s’effectuer sur trois jours, de lundi à mercredi”, explique Samuel Hanryon, chargé des relations presse chez MSF. “Nous avons environ 300 chalets de 4 places pour accueillir 1 200 personnes. Pour l’instant, tout est encore froid et clinique. Il faut laisser aux gens le temps de s’habituer aux nouveaux lieux”.

#GrandeSynthe Briefing inter-associations en cours afin de préparer le transport et l’accueil des réfugiés pic.twitter.com/CWdeah7hXc

— MSF France (@MSF_france) 7 mars 2016

Situé dans la banlieue de Dunkerque, ce campement de bois coûte au total 3,1 millions d’euros, 206 millions sont financés par MSF, 500 000 euros par la mairie. Il sera divisé en six zones, comportant chacune douches et toilettes, ainsi qu’un ou deux espaces de vie (cuisine, école….). À la différence du Centre d’accueil provisoire jouxtant la “jungle” de Calais et constitué de conteneurs, ce camp-ci ne sera pas clôturé : “On ne veut pas d’une prison à ciel ouvert”, ont martelé MSF et la mairie.

Et bien qu’il soit plus digne, moins boueux, il n’a toutefois pas le soutien des autorités. “La politique de l’État n’est pas de reconstituer un camp à Grande-Synthe mais bien de le faire disparaître” pour offrir des “solutions individuelles” aux migrants en leur proposant de déposer une demande d’asile ou en rejoignant l’un des centres d’accueil et orientation (CAO) de France, avait indiqué mi-février le préfet du Nord, Jean-François Cordet.

Le camp du Basroch comptait il y a encore deux mois plus de 2 500 personnes, essentiellement des Kurdes d’Irak. Il ne serait plus qu’un millier aujourd’hui. Selon MSF, certains seraient allés en Belgique, d’autres dans les CAO. Selon Damien Carême, le maire Europe-Écologie Les Verts (EELV) de Grande-Synthe, certains ont aussi probablement réussi à passer en Angleterre.

Une fois vidé de ses occupants, le site du Basroch devrait devenir un éco-quartier, conformément à la promesse de l’édile EELV aux habitants.

#GrandeSynthe il neige sur le camp du Basroch. Des conditions encore plus difficiles pour les réfugiés sur place. pic.twitter.com/vahBqTOcD8

— MSF France (@MSF_france) 7 mars 2016

Avec AFP

Première publication : 07/03/2016

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Les négociations autour du projet controversé de réforme du Code du travail ont démarré à Matignon et se poursuivront jusqu’à mercredi. “Des choses peuvent bouger”, a fait savoir Manuel Valls, qui rendra ses conclusions le 14 mars.

Extension du licenciement économique et plafonnement des indemnités prud’homales : ces deux mesures emblématiques du projet contesté de Loi travail sont au cœur des négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux qui ont débuté lundi 7 mars.

À l’issue d’un premier round de consultations, le Premier ministre a rappelé à ses interlocuteurs que “des choses pouvaient bouger” mais syndicalistes et petits patrons sont restés dans l’expectative, les réponses précises étant renvoyées à une “restitution” le 14 mars.

“Des ouvertures”

Le numéro un de la CFDT Laurent Berger, dont le soutien à la réforme est crucial pour l’exécutif, a insisté sur le retrait du plafonnement des indemnités prud’homales (15 mois de salaire maximum pour 20 ans d’ancienneté), “condition sine qua non”. La présidente de la CFE-CGC, Carole Couvert, qui sera reçue mardi, a rappelé sur France Info que la centrale des cadres ne voulait “pas de barème du tout” car c’est un “non-sens”.

En revanche, le retrait du texte réclamé par tous les syndicats ne semble pas à l’ordre du jour, a assuré Philippe Louis (CFTC) après sa rencontre avec Manuel Valls, tout en notant toutefois des “ouvertures”. Par exemple, le projet initial de la loi El Khomri accorde la primauté à l’accord d’entreprise sur la branche pour le temps de travail, ce que les syndicats rejettent. Or, “j’ai senti qu’on pouvait réguler au niveau de la branche certaines négociations qui n’auraient pas abouti au niveau de l’entreprise”, a salué Philippe Louis.

Manuel Valls avait affirmé, dimanche, qu’il était prêt à des “améliorations” sur la question de l’extension du licenciement économique et celle des indemnités prud’homales. Mais le Premier ministre, qui a fait de la Loi travail le symbole de sa volonté réformiste, refuse d’évoquer un retrait de l’une ou l’autre des mesures.

Appels à manifester



Quant à FO et la CGT, elles n’ont elles pas changé de ligne. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a réclamé “le retrait” du projet. La CFDT a pour sa part maintenu son appel à des “rassemblements” le 12, avec l’Unsa, la CFTC et la CFE-CGC – qui avertit qu’elle manifestera aussi le 31 mars si “rien ne bouge”.

Côté patronat, la CGPME a redit ses réticences sur le Compte personnel d’activité, dont la création est applaudie par les syndicats. Les concertations se poursuivront mardi avec la CFE-CGC (cadres) et le Medef, et mercredi avec l’UPA et l’Unsa, avant la plénière du 14 mars.

Les syndicats sont d’autant plus remontés qu’ils savent que l’opinion publique est, pour l’instant, de leur côté. D’après un sondage publié par Le Parisien dimanche 6 mars, 70 % des Français sont opposés à cette réforme.

Convaincre son parti

La contestation est forte aussi dans les rangs du Parti socialiste, et le Premier ministre devra convaincre les députés de son propre parti, réunis mardi soir pour un séminaire spécial. Auparavant, Myriam El Khomri aura lundi soir la lourde tâche d’aller défendre son texte devant le bureau national du parti.

De son côté, Martine Aubry a fait savoir qu’elle voulait “beaucoup” de modifications mais ne demandait pas le retrait du texte.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 07/03/2016

À l’appel des commerçants de la région de Calais, un rassemblement est organisé à Paris pour demander le démantèlement total de la “jungle”, qui affecte leur activité. Ils doivent défiler devant plusieurs ministères et l’Élysée.

Environ 500 Calaisiens, dont de nombreux commerçants, se rendent lundi 7 mars à Paris pour manifester près de l’Élysée contre les conséquences économiques de la présence des migrants dans leur région.

Selon M. Van Gansbeke, porte-parole du rassemblement, une délégation de cinq personnes doit être reçue par le ministre des Finances Michel Sapin, un proche collaborateur de François Hollande et un autre de Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, en charge du tourisme.

Ils estiment payer un lourd tribut à la crise migratoire. Les images de camions pris d’assaut par des migrants ou des heurts dans la “jungle” ont terriblement nui à l’image de cette cité de 72 000 habitants, qui doit sa fortune et son infortune à sa proximité avec les côtes anglaises. Dix millions de passagers transitent chaque année par son port, mais elle attire aussi des clandestins rêvant de traverser le détroit.

“Il faut redorer le blason”

“Il y a une volonté de notre part de dire que les médias, surtout anglais, nous ont assassinés, il faut redorer le blason et dire qu’il ne se passe strictement rien à Calais. Certes, il y a un bidonville à côté de chez nous mais l’État a repris la main dessus et il était temps !”, explique ainsi M. Nouchi, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) du Calaisis, qui chiffre à “30 à 40 %” la baisse de chiffre d’affaires des commerces qu’il représente.

Quand on se promène dans le centre-ville, on ne remarque pas de migrants. La tristement célèbre “jungle”, dont le démantèlement sous la contrainte a débuté lundi dernier, se situe à une bonne heure à pied de là. Mais on ne croise plus non plus de Belges et de Britanniques, eux qui étaient habitués à faire du shopping à Calais ou à s’y arrêter pour se restaurer sur la route de la Côte d’Opale.

“Depuis 20 ans, une habitante du Kent venait toutes les six semaines se faire coiffer ici et elle arrivait avec ses amis, mais avec toutes les images à la télévision, elle ne venait plus” ces derniers temps, regrette Frédérique, qui tient un salon de coiffure sur l’artère principale.

Ce déplacement intervient trois jours après celui de la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), reçue par le président de la République. “Je lui ai fais part des difficultés économiques de notre territoire ; bon nombre d’entre elles sont des conséquences de la crise migratoire”, a indiqué l’élue, qui a souvent regretté de voir sa ville transformée “en terrain de jeu des extrémistes” lors de manifestations d’extrême gauche ou d’extrême droite.

Les milieux économiques du Calaisis ont bien accueilli l’annonce vendredi de la mise en service, le 29 mars, de l’autoroute ferroviaire pour les poids-lourds entre Calais et Le Boulou (Pyrénées-Orientales), ainsi que la mise à l’étude d’un dispositif permettant un report de charges fiscales, voire d’un effacement dans certains cas. Mais la délégation souhaite aussi “la création d’une zone franche à l’échelle du Calaisis” et “un grand plan de relance du tourisme”, selon M. Van Gansbeke.

Avec AFP

Première publication : 07/03/2016

Quelques heures après son amie Louisa, Israé, une lycéenne “radicalisée” soupçonnée de vouloir rejoindre la Syrie, est elle aussi rentrée dans sa famille.

Israé, la deuxième lycéenne soupçonnée de vouloir rejoindre les rangs du groupe État islamique en Syrie, est à son tour rentrée dans sa famille dimanche 6 mars peu avant minuit. “Je vous confirme qu’elle est rentrée ce soir”, a indiqué le parquet d’Annecy, sans plus de précisions.

Louisa, 15 ans, sa camarade de fugue avait regagné le domicile familial dimanche dans l’après-midi après avoir entendu l’appel éploré de sa mère à la télévision.

La gendarmerie avait lancé samedi un avis de recherches pour Louisa B., 16 ans, et sa camarade, Israé A., 15 ans. Selon les gendarmes, alertés vendredi soir, ces deux pensionnaires d’un lycée professionnel de Seynod, près d’Annecy, étaient “susceptibles de quitter le territoire national par tous les moyens, et d’utiliser de fausses identités”.

>> À lire sur France 24 : Comment accueillir les jeunes jihadistes de retour d’Irak ou de Syrie ?

“On ne sort pas facilement de cet engrenage”

Selon le parquet, Israé était “déjà suivie pour radicalisation” et “avait été placée en foyer”, avec “interdiction de sortie du territoire”. Pareille mesure avait été délivrée samedi pour Louisa.

“On ne sort pas facilement de cet engrenage (…) elle s’est fait embobiner”, avait expliqué au journal Le Parisien Nadia, la mère d’Israé, racontant comment, deux ans plus tôt, elle avait déjà rattrapé sa fille “in extremis” à la gare, “alors qu’elle voulait partir en Syrie” pour “aider les enfants et servir une bonne cause”.

Nadia avait alors appelé le numéro vert Stop Jihadisme. Israé avait ensuite suivi une procédure de “déradicalisation” avec le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI). “On a l’impression que ça recommence !”, s’est lamentée la mère, en évoquant des propos de sa fille sur “la mécréance”, en dépit d’une éducation “laïque”.

>> À lire sur France 24 : “Des proches de jeunes partis faire le jihad témoignent dans des spots télévisés”

D’après Dounia Bouzar, du CPDSI, Israé venait de sortir de l’hôpital psychiatrique pour une “dépression de l’adolescence”. Elle est “fragile”, “veut mourir” et il lui faut un lieu “cocoonant” : pour l’anthropologue, “le réseau l’a récupérée”. Louisa, en revanche, n’avait pas été signalée et n’aurait fait que suivre son amie. Son oncle, d’ailleurs, se refusait à croire à un départ en Syrie, évoquant une simple “fugue”.

Des cibles idéales

Dounia Bouzar explique que ces adolescents, fragiles psychologiquement et hyperconnectés, sont la cible idéale des “rabatteurs francophones qui individualisent l’offre pour toucher des jeunes différents”. Aux filles, ils font miroiter “un mariage avec un héros qui se sacrifie pour sauver les enfants gazés par Bachar al-Assad”. Le mythe de “Daechland”, “ça marche très fort pour des filles hypersensibles”, “trahies par des copines” et en quête de “vraies amitiés”, analyse-t-elle.

Selon une source officielle, plus d’un millier de Français se sont rendus en Syrie ou en Irak, dont près d’un tiers de femmes. Près de 600 s’y trouvent toujours et “161 au moins” y sont morts.

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Avec AFP

Première publication : 07/03/2016