Archive for March 7th, 2016

Nathalie Kosciusko-Morizet, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, a annoncé mardi sa candidature à la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017. Un défi de taille pour cette “dissidente” au sein du parti Les Républicains.

“Je suis candidate pour donner […] à chaque Française, à chaque Français, la maîtrise de sa vie”, a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, ancienne ministre de l’Écologie de Nicolas Sarkozy, au journal de 20 heures de TF1 mardi 8 mars. À 42 ans, la députée de l’Essonne, présidente du groupe Les Républicains au Conseil de Paris, a annoncé sa candidature à la primaire de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017. Elle porte ainsi à dix le nombre de prétendants au scrutin des 20 et 27 novembre.

Deuxième candidate après Nadine Morano, Nathalie Kosciusko-Morizet a choisi de se déclarer à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. “J’ai envie de porter ce besoin de respiration, de vie, d’envie. Ce n’est pas une question de pouvoir, le pouvoir ça n’intéresse que ceux qui veulent le prendre, c’est une question de puissance de la société”, a-t-elle ajouté.

“Je suis candidate pour permettre à chacun, finalement, d’aller vers ses objectifs et ses rêves”, a-t-elle souligné, affirmant son ambition de “porter une conception différente du pouvoir”.

Par son positionnement au centre-droit, l’ex-numéro deux des Républicains, qui est créditée au mieux de 5 % des intentions de vote pour la primaire, affronte le favori des sondages, Alain Juppé, sur son terrain.

Un pari risqué, autant que la chasse aux parrainages (250 élus, dont au moins 20 parlementaires et 2 500 militants) qui s’ouvre pour cette élue dont la liberté de ton et l’ambition en irritent plus d’un à droite. Mais Nathalie Kosciusko-Morizet garde bon espoir.

“Les parlementaires, ils sont libres. Le rendez-vous sur les parrainages, ce sera au mois de septembre. Je crois que ce ne sera pas un obstacle parce qu’il y a vingt parlementaires et bien plus pour vouloir que cette primaire soit vraiment ouverte”, a-t-elle dit, égratignant au passage Nicolas Sarkozy ou Bruno Le Maire.

En rupture avec Nicolas Sarkozy et ses méthodes “staliniennes”

“Ils disent ‘j’ai changé’, ‘je suis plus sage’, ‘je suis nouveau’, ‘je ferai mieux la prochaine fois’. Moi, dans cette campagne, j’ai envie de parler à la France, aux Français, j’ai envie de leur parler d’eux”, a-t-elle lancé.

Candidate malheureuse à la mairie de Paris en 2014, elle avait été notamment attaquée à droite pour son “égocentrisme” et un tempérament de “tueuse”. Se revendiquant des “visionnaires” contre les “réactionnaires”, Nathalie Kosciusko-Morizet a été écartée en décembre dernier de la vice-présidence de LR après qu’elle eut critiqué une nouvelle fois la stratégie de Nicolas Sarkozy face au Front national : ni désistement ni fusion avec les listes socialistes au second tour en cas de duel avec le FN.

Elle avait alors dénoncé des méthodes “staliniennes”, critiquant la ligne identitaire de l’ancien président.

Dans un livre à paraître mercredi, “Nous avons changé de monde”, elle expose les grandes lignes de son projet libéral. Cette polytechnicienne prône notamment la fin des 35 heures, la dégressivité des allocations chômage, l’assouplissement des critères de licenciement, la suppression du statut de fonctionnaire généralisé.

Mère de deux enfants, elle détonne dans son camp par ses positions sur les thèmes de société. Hostile à l’extension de la déchéance de nationalité pour les crimes et délits terroristes, elle défend le mariage homosexuel et la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de même sexe mais est contre la GPA (gestation pour autrui).

Avec Reuters

Première publication : 08/03/2016

Aurélie Filippetti, députée de Moselle et ancienne ministre de la Culture, est l’invitée de Mardi politique. Elle évoque le manque d’égalité hommes-femmes en politique et son opposition au projet de loi de Myriam el Khomri.

L’invitée de Mardi politique est Aurélie Filippetti, députée de Moselle et ancienne ministre de la Culture. Elle est interrogée par Florent Guignard pour RFI, Benoît Laporte pour France 24 et Lilian Alemagna pour Libération.

Première publication : 08/03/2016

L’Assemblée nationale a adopté massivement mardi un texte de lutte contre le terrorisme qui prévoit de faire entrer dans la loi française des dispositions jusqu’ici spécifiques à l’état d’urgence en place depuis les attentats du 13 novembre.

Les députés français ont voté mardi 8 mars à une écrasante majorité le projet de réforme pénale post-attentats du 13 novembre, prévu pour prendre le relais de l’état d’urgence. Critiqué par certains à gauche, par des magistrats et des associations, le texte a été voté avec 474 voix pour, 32 contre, et 32 abstentions.

Ce projet de loi “renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, et améliorant l’efficacité et les garanties de la procédure pénale”, avait été débattu en première lecture la semaine dernière à vive allure. Il sera examiné par les sénateurs le 29 mars. Son adoption définitive devrait être rapide, d’autant qu’il converge avec des propositions de sénateurs de droite.

Après l’état d’urgence

Le texte avait été préparé de longue date mais il a été musclé après le 13 novembre. Le projet de réforme entend “renforcer” les outils à disposition des autorités administratives et judiciaires, au-delà du cadre de l’état d’urgence en cours depuis les attentats du 13 novembre, pour préparer la sortie de ce régime d’exception.

Parmi ses principales dispositions, figurent l’instauration, après un contrôle d’identité, d’une possible retenue de quatre heures pour vérifier la situation d’une personne suspecte, le renforcement du contrôle administratif des personnes de retour du jihad, et une meilleure protection pour les témoins.

La droite favorable au projet de loi antiterroriste

Au sein du groupe socialiste, 6 frondeurs ont voté contre le texte et 22 se sont abstenus, dont les anciens ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti.

Chez Les Républicains, le vote favorable l’a finalement largement emporté, grâce à l’adoption lors des débats d’une possible peine de “perpétuité incompressible” pour les auteurs de crimes terroristes, soit la suppression de la possibilité d’aménagements de peine liés à la capacité d’une prison. Pointant “ces barbares” qui ont attaqué la France en 2015 et “n’ont d’égal que les nazis dans cette idéologie destructrice”, leur orateur Eric Ciotti a toutefois déploré l'”occasion manquée” d’une “grande loi de programmation contre le terrorisme”.

Les députés UDI ont tous soutenu le projet de loi, tout en souhaitant “aller plus loin” dans l’assouplissement de l’usage des armes par les forces de l’ordre et pour encadrer le retour en France des jihadistes.

L’extrême gauche contre, le FN s’abstient

Les oppositions les plus vives sont venues de la gauche. Pour les députés Front de gauche, tous contre, ce texte “inscrit des mesures d’exception dans notre droit commun”, selon l’élu Marc Dolez. Pour les écologistes, Christophe Cavard a dit la difficulté à trouver “le bon équilibre entre renforcer la sécurité de nos concitoyens et protéger les droits individuels”. Sept d’entre eux ont voté pour, et 9 contre, dont l’ex-ministre Cécile Duflot.

Au nom des radicaux de gauche, Alain Tourret a dépeint le projet de loi comme “une addition de bonnes mesures et de mesures inquiétantes”. La plupart des élus de son groupe ont dit “oui, à ce texte, mais c’est la dernière fois” sur un projet de ce type, a-t-il prévenu.

Du côté de la droite extrême, les deux députés FN Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard se sont abstenus.

Avec AFP

Première publication : 08/03/2016

Une information judiciaire pour “tromperie aggravée” a été ouverte par le parquet de Paris sur le scandale des moteurs diesel truqués chez Volkswagen. Elle fait suite à deux enquêtes du parquet et de la répression des fraudes.

La justice française a décidé l’ouverture d’une instruction le 19 février pour “tromperie aggravée” sur le vaste système de trucage des contrôles antipollution chez le géant automobile allemand Volkswagen, a-t-on appris mardi 8 mars.

L’information judiciaire ouverte par le parquet de Paris pour “tromperie aggravée” se base sur le fait que la marchandise est susceptible d’être dangereuse pour la santé ou l’environnement. Elle fait suite à une enquête préliminaire ouverte début octobre par le parquet et à une enquête administrative des services de la répression des fraudes.

Les résultats des investigations de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), transmis au procureur de la République, mettent en évidence “le caractère intentionnel de la fraude” et “confirment la tromperie sur les véhicules commercialisés en France”, a déclaré lundi la directrice générale de la DGCCRF, Nathalie Homobono. Le code de la consommation prévoit des peines de cinq ans de prison et 600 000 euros d’amende pour tromperie aggravée, a indiqué une source judiciaire.

Des milliers de propriétaires concernés

Conséquence de cette annonce : potentiellement “des centaines voire des milliers de propriétaires vont pouvoir se constituer parties civiles dans cette affaire”, s’est réjoui Maitre François Lafforgue, représentant une soixantaine de plaignants. Pour l’avocat Me Frédérik Canoy, qui défend 300 propriétaires, l’ouverture de cette instruction va “peut-être faire évoluer les choses”.

“Jusqu’à présent, Volkswagen a reconnu sa faute, mais personne n’a été indemnisé et les promesses de rappel de véhicules n’ont pas été suivies d’effet”, a-t-il déploré. Même des voitures haut de gamme, comme des Porsche, ont été équipées avec le logiciel défectueux, selon lui.

Éléments toujours “en cours d’examen” chez Renault

Déstabilisé par des révélations aux États-Unis, le géant de l’automobile avait finalement reconnu en septembre dernier avoir installé un logiciel dans les moteurs diesel de 11 millions de véhicules dans le monde, capable de détecter les tests aux émissions polluantes et d’en fausser le résultat. Depuis, le constructeur allemand est empêtré dans ce scandale retentissant, qui a provoqué la démission du patron du groupe Martin Winterkorn, le dépôt de nombreuses plaintes et l’ouverture d’enquêtes dans plusieurs pays.

En France, ce sont près d’un million de véhicules diesel vendus ces dernières années, de marques Volkswagen, Audi, Skoda et Seat, qui ont été équipés du logiciel truqué, selon la filiale française du groupe allemand. Volkswagen n’est pas le seul constructeur à être dans le viseur des autorités françaises. L’enquête des services de la répression des fraudes concerne également 13 autres constructeurs automobiles français et étrangers, dont la marque Renault.

Concernant la marque au losange, qui avait fait l’objet d’une perquisition des agents de la DGCCRF en janvier : il n’y a “pas de présomption de fraude comparable à ce qui existe sur Volkswagen”, a indiqué Nathalie Homobono. “Les éléments sont toujours en cours d’examen”, mais “à ce stade, nous n’avons pas mis en évidence la présence de morceaux destinés à tromper les résultats des mesures atmosphériques”, a-t-elle indiqué.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 08/03/2016

L’association entre France 24 et Mashable donne naissance à MashableFR, un nouveau média qui s’adresse à la génération connectée et à ceux qui pensent comme elle. Faire part de naissance.

Ce mardi 8 mars marque l’arrivée d’un nouvel acteur du web francophone : Mashable avec France 24, ou -pour faire court- MashableFR.

Ce nouveau média numérique a l’ambition de devenir une référence de la génération connectée, ces jeunes qui ont en général entre 18 et 35 ans et qui ont adopté les nouveaux outils technologiques apparus autour du changement de millénaire. D’où leur surnom : les “millennials”.

Il s’agit du fruit d’un partenariat entre France 24 et l’un des sites d’information les plus influents aux États-Unis, Mashable.

Internet est déjà le premier moyen d’information de cette génération. Mais la richesse et la variété des sources font qu’il devient de plus en plus difficile pour les médias qui souhaitent s’y faire entendre de conquérir de nouveaux publics. C’est pourquoi, depuis deux ans, nous avons fondé notre stratégie sur la croissance externe. Nos contenus sont de plus en plus accessibles sur des plateformes de partage telles que Facebook, YouTube, ou Twitter, mais aussi sur des sites partenaires.

MashableFR s’inscrit exactement dans la même démarche. L’alliance avec Mashable -qui souhaitait se diversifier dans une autre langue que l’anglais- nous permettait de nous adresser à un public différent, plus jeune mais tout aussi actif et passionné d’information. L’idée est de proposer le meilleur de France 24 et de Mashable traduit et adapté, mais aussi des contenus originaux spécialement produits pour un public francophone dans des formats innovants qui donnent envie d’être partagés.

MashableFR n’est donc pas une simple traduction ou agrégation de contenus qui existent déjà. C’est un site entièrement nouveau, même s’il aura souvent un air de famille avec ses deux parents.

L’expérience montre qu’il est plus facile de créer de nouveaux médias que de changer ceux qui existent déjà. Cela a aussi l’avantage de stimuler l’innovation. Nous avons donc mis au point à France 24 -mais bien sûr avec les conseils de notre partenaire américain- un site adapté aux tendances actuelles que l’ont peut résumer en deux mots : mobilité et sociabilité. Il fallait que nos contenus puissent d’abord se consommer sur support mobile (tablettes mais surtout smartphone), car c’est de là qu’accèdent déjà à Internet la majorité des utilisateurs et certainement une très large majorité des plus jeunes d’entre eux.

Ce site est donc totalement “responsive”, c’est à dire qu’il s’adapte parfaitement à la taille de l’écran que vous utiliserez. Faites donc l’expérience du site mobile, installez l’icône sur l’écran d’accueil de votre smartphone et il fonctionnera exactement comme une application.

Il fallait que nos contenus donnent envie d’être partagés sur vos réseaux. Nous avons fait de notre mieux, mais c’est à vous de jouer.

Bonne découverte et surtout n’oubliez pas de revenir sur France24 !

Première publication : 08/03/2016

Dans une tribune publiée mardi à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des féministes françaises soulignent les inégalités hommes-femmes contenues dans le projet de loi El Khomri sur la réforme du code du travail.

Un collectif de militantes féministes s’est attaqué au projet de loi El Khomri sur la réforme du code du travail mardi 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Dans une tribune parue dans le quotidien “Le Monde”, plusieurs personnalités dont Claire Serre-Combe, présidente de l’association “Osez le féminisme”, des universitaires et des syndicalistes, ont accusé le texte de loi de nuire à l’égalité des sexes. À l’appel du Collectif national pour les droits des femmes, signataire de cette pétition, plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés mardi devant le siège du Medef.

Les femmes sont “les premières touchées par le chômage, la précarité, les inégalités de salaire, de retraite et le temps partiel subi”, a expliqué Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif pour les droits des femmes, l’un des signataires de la tribune.

Peur d’une précarisation des femmes

Le préambule de l’avant projet de loi rappelle bien que “le principe d’égalité (entre les femmes et les hommes) s’applique dans l’entreprise”, admettent les féministes dans leur tribune, mais elles craignent que l’intention reste à l’état de “déclaration de principe”.

Le texte, qui prévoit de faire primer les accords d’entreprises sur la loi serait “nuisible à la lutte pour l’égalité professionnelle qui n’a avancé qu’imposée par la loi et sous la pressions des luttes féministes”, soutient le collectif de militantes.

“Beaucoup sont salariées de petites entreprises, dans le commerce, où les syndicats sont moins implantés”, souligne Suzy Rojtman au sujet des femmes. “Ce sont elles aussi qui subiraient le plus durement les conséquences de la réforme du code du travail”.

Les tâches ménagères, freins à la flexibilité au travail

“Le temps de travail est le premier facteur discriminant pour les femmes qui effectuent toujours 80 % des tâches ménagères” rappellent les féministes dans leur texte. D’après un rapport annuel émis par le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, en France, en 2014 près de 43 % des femmes qui ont 3 enfants ou plus travaillent à temps partiel contre seulement 6 % des hommes qui se trouvent dans une même situation familiale.

Les auteures de la tribune contre le projet de loi El Khomri s’inquiètent de voir les femmes subir davantage d’inégalité voire de discriminations puisque le projet de loi prévoit d’augmenter les durées maximales de travail, notamment pour les cadres. “Celles qui ne pourront pas s’adapter, les modalité de licenciement sont facilitées” notent les militantes féministes.

Toujours d’après les chiffres du ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, en 2012 une femme gagne 19 % de moins qu’un homme avec un écart qui se creuse très nettement dans certains secteurs comme celui de la Finance et des assurances où un salarié de sexe féminin touchera en moyenne 39 % de moins que son collègue masculin.

Une manifestation rassemblant organisations féministes et syndicales est également prévue mardi soir à Paris.

Avec AFP

Première publication : 08/03/2016

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Veritas Genetics lance aux États-Unis le premier service de séquençage du génome humain pour moins de 1 000 dollars. Une manière d’évaluer les risques de contracter certaines maladies comme le cancer du sein ou Alzheimer.

Tout savoir sur son génome pour seulement 999 dollars. Ce n’est pas la dernière promotion d’un supermarché de la santé, mais la promesse de Veritas Genetics, une société américaine cofondée par le professeur de génétique de Harvard George M. Church. Elle a annoncé, jeudi 3 mars, le lancement aux États-Unis de MyGenome, le premier scan complet du code génétique humain accessible pour moins de 1 000 dollars. Les résultats sont présentés de manière compréhensible au commun des mortels via une application sur smartphone. Les premiers échantillons de salives et de sang seront prélevés en avril et les résultats disponibles à partir de juin.

Le séquençage du génome, c’est-à-dire la lecture de l’ensemble des informations contenues dans l’ADN d’une personne, permet d’en savoir plus, notamment, sur les prédispositions à certaines affections. Il peut s’agir des risques d’être atteint de la maladie d’Alzheimer, de certains cancers ou encore de la maladie de Huntington et de la mucoviscidose. La décision très médiatique d’Angelina Jolie de procéder à une double mastectomie en 2013 (ablation des deux seins) découlait de la découverte chez l’actrice d’un gène augmentant les risques d’avoir un cancer du sein.

Casser les prix

La plupart des tests actuellement prescrits par les médecins ne concernent qu’une partie du code génétique. Ils sont plus précis qu’un séquençage complet lorsqu’on sait ce que l’on cherche, comme la prédisposition à une maladie précise, et surtout, coûtent seulement quelques centaines de dollars.

La cartographie complète du génome la moins chère était, jusqu’à présent, proposée par la société américaine Illumina pour un peu moins de 3 000 dollars, précise le quotidien “San Diego Union-Tribune”. Veritas Genetics vient donc de dynamiter ce marché avec un tarif inférieur à la barre symbolique des 1 000 dollars.

Le PDG de cette société, Mirza Cifric, n’explique pas comment il parvient ainsi à casser les prix. Dans un billet de blog publié fin février, il rappelle, cependant, qu’il travaille avec ses équipes depuis plus de dix ans sur le séquençage du génome, notamment au sein d’un groupe de travail rattaché à l’université de Harvard, baptisé Personal Genome Project.

Veritas Genetics s’assurera aussi des sources de revenus connexes en proposant à ses futurs utilisateurs de partager leurs résultats avec des “coachs” qui, une fois rémunérés, pourront prodiguer des conseils de vie en fonction des nouvelles informations génétiques. La société précise ainsi que le séquençage permet de déterminer si une personne supporte mieux ou moins bien que la moyenne l’effort physique et rappelle que les besoins nutritionnels peuvent dépendre du code génétique.

Problème avec les autorités

Mais MyGenome ne sera pas disponible d’un simple clic sur son iPhone. Pour y avoir accès, il faudra être muni d’une prescription médicale. Veritas Genetics essaie ainsi d’échapper aux foudres de la Food and drug administration (FDA), l’autorité sanitaire américaine. En 2013, la FDA avait interdit à la start-up 23andMe de vendre au quidam ses tests génétiques pendant deux ans.

Ceux-ci devaient permettre de déterminer les risques d’être atteint par 240 maladies génétiques différentes. Mais la FDA avait estimé que ces test ne permettaient pas d’établir les prédispositions pour tant d’affections. 23andMe a pu reprendre ses activités en 2015 mais n’a désormais le droit de tirer des conclusions que pour 40 types de maladies.

Mirza Cifric veut aussi mettre le corps médical dans la boucle car il assure que les résultats de son séquençage ne constituent pas un diagnostic définitif. Il s’agit de l’évaluation d’un risque qui nécessite, d’après ce chef d’entreprise, un suivi médical en cas de doute.

Reste à savoir qui peut vouloir dépenser 1 000 dollars pour ça. Ce séquençage peut être utile lorsqu’un changement de mode de vie peut réduire le risque de contracter certaines maladies. Mais qu’en est-il, par exemple, pour la maladie d’Alzheimer ? “Qu’est-ce qu’on est censé faire si l’on est prédisposé, jouer davantage au Suduku ?”, ironise le Dr Gilbert Welsh, professeur de médecine à l’institut de Darthmouth, sur Statnews, un site spécialisé dans la médecine. Il juge que dans ces cas là le séquençage ne sert, au final, qu’à augmenter l’anxiété et le stress… qui ne sont pas bons pour la santé.

Misha Angrist, professeur à l’Université de Duke, soulève quant à lui des questions éthiques : est-il raisonnable de laisser une personne découvrir qu’il existe un risque important qu’elle développe une maladie mortelle par le biais d’une application ?

Première publication : 08/03/2016

Les syndicats de la SNCF et de la RATP ont appelé à une journée de grève mercredi pour défendre leurs conditions de travail, avec en toile de fond le projet de loi travail. De fortes perturbations sont à prévoir sur le réseau SNCF.

Salaires, emploi, conditions de travail : les syndicats de la SNCF, ressoudés, et ceux de la RATP ont appelé à une journée de grève mercredi 9 mars. De fortes perturbations sont attendues sur le réseau SNCF, le réseau RATP devrait être moins affecté.

La SNCF a prévenu que le trafic serait “très fortement perturbé” sur son réseau, avec en moyenne un tiers des trains prévus en Ile-de-France, sur les lignes régionales et la plupart des lignes TGV nationales. Aucun Intercités de nuit ne circulera entre 19H00 mardi et 08H00 jeudi, soit la durée du préavis déposé par la CGT, l’Unsa, Sud et la CFDT. Le trafic international sera beaucoup plus proche de la normale, avec notamment 80 % des Eurostar (Grande-Bretagne) et 100 % des Thalys (Belgique) et trains Alleo (Allemagne).

Vous pouvez retrouver les prévisions trafic sur le site de la SNCF.

Côté RATP, où la CGT et Sud appellent à la grève de mardi 22H00 à jeudi matin, un train sur deux seulement circulera sur la portion du RER B gérée par la régie en direction de Massy et Saint-Rémy-les-Chevreuse. Mais le métro parisien devrait rouler normalement.

Des revendications différentes à la SNCF et la RATP

Ces grèves, le jour des épreuves du prestigieux concours de l’agrégation pour 3 000 candidats, coïncident également avec une première démonstration dans la rue, à Paris et dans une centaine de villes en région, contre le projet de réforme du code du travail.

Outre une hausse des salaires, les syndicats appellent surtout les cheminots à défendre leurs conditions de travail au moment où se négocient les futures règles communes au secteur (public/privé, fret/voyageurs).

Il s’agit du volet socialement le plus délicat de la réforme ferroviaire votée en 2014. Car bouger les règles d’organisation (durées de travail, coupures, astreintes, repos…) et les contreparties à la flexibilité exigée des salariés pour assurer un service 7 jours sur 7 en toute sécurité, a des conséquences sur la productivité des entreprises ferroviaires et la vie quotidienne des cheminots. Le secrétariat d’État aux Transports s’est donné jusqu’au 15 mars pour amender son projet de “décret-socle”, dont la première mouture ne satisfait aucun syndicat.

À la RATP, CGT et Sud appellent eux à débrayer essentiellement pour peser sur les négociations salariales annuelles. Celles-ci devaient à l’origine démarrer mercredi mais ont été repoussées de deux jours “de peur de voir une convergence de luttes avec les agents SNCF” et une “levée de boucliers” contre la réforme du travail, selon la CGT, qui appelle les agents à manifester à 10H00 devant le siège de la régie.

Avec AFP

Première publication : 08/03/2016

Le procès du Néerlandais Mark van Nierop, surnommé le “dentiste de l’horreur” pour avoir mutilé des patients, s’est ouvert devant le tribunal correctionnel de Nevers. La justice lui reproche également des faits d’escroquerie et de faux en écriture.

Mutilations, violences sur personnes vulnérables, escroqueries, faux en écriture. La liste des accusations est longue à l’encontre du Néerlandais Jacobus Marinus, dit Mark, van Nierop, surnommé “le dentiste de l’horreur” dans la Nièvre. Il est jugé à partir du mardi 8 mars devant le tribunal correctionnel de Nevers.

Âgé de 51 ans, cet homme est principalement soupçonné d’avoir mutilé une centaine de patients dans le département de la Nièvre entre 2008 et 2012. Tout avait pourtant bien commencé lors de l’installation de ce dentiste à Château-Chinon, dans une zone connue pour être un désert médical notoire. Les habitants, obligés depuis plusieurs années de faire près de 20 km pour réaliser des soins dentaires, avaient manifesté leur joie à l’arrivée de ce praticien, recruté par un chasseur de tête.

“Il m’a arraché huit dents d’un coup”

À la tête d’un cabinet moderne, Van Nierop est décrit au départ comme avenant, alors que sa femme opère à ses côtés comme prothésiste. Mais dès mars 2011, l’Ordre des chirurgiens-dentistes dépose plainte pour pratiques illégales, l’épouse exerçant sans diplôme. Et les plaintes de patients commencent à affluer, tandis que se constitue un “collectif dentaire” autour de Nicole Martin.

Cette patiente, retraitée de l’enseignement, évoque sa première visite chez le dentiste comme “l’entrée dans un système, presque de gourou”. “Toutes les fois, il nous faisait ce qu’il appelait ‘une petit piqûre’ et on était endormi, lessivé, on avait la moitié de la figure endormie pendant cinq ou six heures et quand on sortait, on trouvait un post-it pour un rendez-vous le lendemain ou le surlendemain”, raconte celle qui a eu des “dents saines dévitalisées, des dents arrachées à cause d’abcès” et s’est vu poser une couronne “trop petite”. Sous prétexte de mettre à jour sa carte Vitale, le Néerlandais en a même profité pour réclamer 1 400 euros de soins à sa mutuelle.

Sylviane Boulesteix, 65 ans, retraitée modeste et réservée, se souvient également avec effroi de son rendez-vous chez Van Nierop, en mars 2012, pour la pose d’un appareil dentaire : “Il m’a fait sept ou huit piqûres, arraché huit dents d’un coup et posé l’appareil à vif. Je pissais le sang. Pendant trois jours !”. Au total, 120 victimes se sont signalées auprès du collectif, conseillé par un des avocats de la retentissante affaire du Mediator, Me Charles Joseph-Oudin.

Une fuite au Canada

Mais lorsque l’affaire prend une mauvaise tournure à l’été 2012, le Néerlandais prétend avoir le bras paralysé après une chute et son cabinet reste alors porte close. Le 7 juin 2013, il est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Le 26 décembre 2013, sa compagne signale sa disparition et un mandat d’arrêt international est délivré à son encontre. L’homme avait fui au Canada, où il est interpellé en septembre 2014, tentant alors de mettre fin à ses jours.

Extradé vers les Pays-Bas, Van Nierop “a dit avoir tué sa première femme, il a joué la folie, il a dit être transsexuel… Il a joué le tout pour le tout” pour ne pas être renvoyé en France, où il encourt 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende, souligne Nicole Martin.

Selon la cour d’appel de Bourges, la demande d’entraide judiciaire adressée aux Pays-Bas a révélé que Jacobus van Nierop y avait fait l’objet de sanctions disciplinaires après plusieurs plaintes. Pour Me Joseph-Oudin, le procès doit permettre de “comprendre comment on en est arrivé à de tels comportements”, les explications de Van Nierop étant “inexistantes ou farfelues”. L’indemnisation des victimes reste, elle, un “problème” selon l’avocat, le dentiste étant insolvable et son assurance ayant annulé son contrat. Sur ce point, un arrêt de la cour d’appel de Bourges est attendu mi-mars.

“Il faut surtout que ce procès serve d’exemple pour que plus jamais on n’installe quelqu’un, en ville ou à la campagne, sans vérifier en amont ses compétences”, conclut Nicole Martin, alors que l’audience doit durer une dizaine de jours.

Avec AFP

Première publication : 08/03/2016