Archive for March 8th, 2016

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L’opérateur télécom Numericable a fourni par erreur à la police et à la Hadopi l’identité d’un abonné qui s’est retrouvé ainsi soupçonné de centaines de délits.

Pendant un an et neuf mois, un abonné de Numericable a été soupçonné à tort d’être à la fois un amateur compulsif de téléchargements illégaux et un pédopornographe. Un sacré pedigree dû à une erreur du fournisseur d’accès à Internet, a dénoncé la Cnil dans un avertissement adressé à Numericable rendu public mardi 8 mars.

Depuis janvier 2013, le géant du câble a, en effet, communiqué à “1 531 reprises l’identité du même abonné” à la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet), pour des faits supposés de téléchargements illégaux. Numericable a également fourni à la police et à la gendarmerie le nom de cette personne à sept reprises dans le cadre d’enquêtes pénales qui ont débouché sur des perquisitions de domicile. L’une de ces affaires concernait même des faits de pédopornographie.

Couac dans le traitement automatisé des demandes

Les informations fournies par l’opérateur télécom ont conduit la Hadopi à déposer plainte pour contrefaçon contre celui qui semblait être un gros poisson du piratage. Mais l’enquête préliminaire a démontré que le suspect était victime d’une erreur à répétition de Numericable.

Saisie au printemps 2015, la Cnil a alors découvert l’origine du calvaire de cet internaute : la gestion des réponses aux demandes des autorités est entièrement automatisée. Chaque fois qu’il était impossible d’identifier un abonné à l’aide de l’adresse IP fournie, le système communiquait par défaut une adresse réseau composée d’une suite de 0. Problème : Numericable a enregistré sous cette valeur (les multiples 0) des “équipements de plusieurs abonnés”, précise la Cnil dans sa délibération.

C’est ainsi que l’un d’entre eux s’est retrouvé automatiquement et par erreur livré à de multiples reprises aux autorités. Un cauchemar qui aurait pu continuer longtemps sans l’intervention de la Cnil. Numericable n’a, en effet, rectifié cette erreur qu’après avoir été mise au courant du dysfonctionnement. La commission nationale regrette, à ce propos, le manquement avéré de l’opérateur “à son obligation de veiller à l’exactitude des données à caractère personnel de ses abonnés”.

Combien d’abonnés concernés ?

Numericable a reconnu son erreur, mais estime qu’il n’est pas, dans cette affaire, tenu par une obligation de résultats. Il doit, tout au plus, faire son maximum pour fournir les bonnes informations aux autorités. Mais le “volume considérable de demandes à traiter l’a contraint, sans aide financière de l’État, à automatiser sa procédure d’identification des adresses IP, ce qui rendait les anomalies difficilement détectables”. Une analyse que la Cnil conteste.

Reste la grande question : combien d’autres abonnés sont ainsi concernés et l’identité de certains d’entre eux a-t-elle été communiquée par erreur aux autorités ? Contacté par France 24, l’opérateur télécom n’a pas répondu. La Cnil, de son côté, a précisé à qu’il ne “ressort pas des informations dont nous avons disposé dans ce dossier qu’il y ait eu d’autres exemples d’erreur de ce type-là”.

Première publication : 09/03/2016

Un ex-militaire “radicalisé” a été interpellé au Maroc, le 6 mars, après avoir pris l’avion à Nantes avec des armes blanches et une bonbonne de gaz dans son bagage en soute. L’homme n’était plus assigné à résidence depuis une quinzaine de jours.

La préfécture de Loire-Atlantique a annoncé, mecredi 9 mars, qu’un individu “radicalisé” a pris un avion à Nantes pour le Maroc, dimanche, avec des armes blanches et une bonbonne de gaz dans son bagage en soute. Cet homme, âgé de 31 ans, arrêté à Fès, avait été libéré de son assignation à résidence une quinzaine de jours auparavant, selon le titre de presse locale “Presse Océan”.

Dans le cadre de la coopération internationale, les autorités marocaines avaient été avisées de son arrivée. L’individu a donc été appréhendé par les autorités locales lorsque le vol 4428 de Ryanair a atteri dimanche à Fès. Ancien militaire, il avait été arrêté le 19 novembre 2015 à Angers, explique Presse Océan. “Il avait promis qu’il irait s’installer au Maroc” précise le quotidien.

Dans sa valise, dimanche, l’homme transportait plusieurs couteaux, un sabre, une matraque télescopique, une cagoule et une petite bonbonne de gaz, selon Presse Océan.

“Cet homme n’était plus assigné à résidence au moment de son contrôle à l’aéroport de Nantes”, a rappellé la préfecture de Loire-Atlantique pour se justifier. L’ex-militaire ne faisait plus l’objet d’une interdiction de quitter le territoire. “Quand il a été contrôlé avant l’embarquement, ses papiers étaient en règle”, a expliqué la préfécture selon Presse Océan.

Avec AFP

Première publication : 09/03/2016

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Alphago, le programme d’intelligence artificielle conçu par Google, a remporté la première manche de son match de go contre le Sud-Coréen Lee Se-Dol, le champion en titre du jeu de go. Le gagnant du duel sera désigné à l’issue de cinq rencontres.

Alphago 1, Lee Se-Dol 0. Le programme développé par DeepMind, une filiale britannique de Google, a remporté, mercredi 9 mars, la première manche, sur cinq, de son match historique contre le meilleur joueur de go. La rencontre était retransmise en direct sur YouTube et en divers lieux en Corée du Sud, où ce jeu tient une place culturelle importante.

L’intégralité de la première rencontre

L’enjeu est, en effet, important. Inventé il y a environ 3.000 ans en Chine, le go est un jeu de stratégie intuitif, profondément complexe en raison de la multitude des combinaisons possibles. Il est considéré comme le dernier jeu dans lequel l’homme a encore un avantage sur la machine. En 1997, le programme Deep Blue avait battu le champion du monde d’échecs Garry Kasparov. Mais le nombre de possibilités à chaque coup au go dépasse de très loin celui des échecs et en fait le jeu de plateau le plus difficile à cerner par la simple force brute de calcul.

Lee Se-Dol confiant

Les créateurs du programme Alphago sont bien déterminés à prouver que ce temps est révolu. Fin janvier, le bébé de DeepMind avait déjà écrasé 5-0 Fan Hui, le meilleur joueur européen. Le Sud-Coréen Lee Se-Dol est donc considéré comme l’ultime rempart contre l’avénement de l’algorithme roi dans le monde du jeu.

Le champion, qui a décroché à huit reprises le titre de meilleur joueur du monde depuis 2001, s’était d’ailleurs montré confiant avant le début des hostilités. Il avait pronostiqué sa victoire sur un score de 5-0 ou de 4-1.

Pour gagner, Lee Se-Dol avait décidé lors de la première partie d’adopter un style de jeu qualifié de “peu orthodoxe” par les commentateurs du match. Une stratégie destinée à “surprendre” l’ordinateur et le sortir des shémas classiques de jeux. Une approche qui n’a pas suffi.

Reste à savoir comment le champion va réagir. La deuxième manche, qui se déroule dans la nuit de mercredi à jeudi, sera également retransmise en direct sur YouTube.

Première publication : 09/03/2016