Archive for March 10th, 2016

Le 11 février 2016, Jean-Marc Ayrault, le plus germanophile des hommes politiques français, a succédé à Laurent Fabius. Son arrivée a entraîné un changement de ton de la diplomatie française sur certains dossiers épineux.

À eux deux ils incarnent la fameuse amitié franco-allemande. Le nouveau ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, seraient même de bons amis. Le 11 février dernier, à la suite de l’annonce du remaniement ministériel français, Frank-Walter Steinmeier a félicité en français son “cher” Jean-Marc Ayrault pour sa nomination. “Je me réjouis d’avance d’œuvrer ensemble à la coopération, au partenariat et à l’amitié franco-allemande”, avait-il déclaré.

Bienvenue, cher @jeanmarcayrault! Toutes mes félicitations les plus sincères pour ta nomination au poste de MAE. FWS pic.twitter.com/EEb3XpLAJL

— Auswärtiges Amt (@AuswaertigesAmt) February 11, 2016

Le retour au gouvernement de l’ancien Premier ministre de François Hollande, l’un des rares hommes politiques français à maîtriser la langue de Goethe grâce à son passé de professeur d’allemand, satisfait les autorités outre-Rhin. L’ancien maire de Nantes a réussi à construire par le passé une relation de confiance avec le ministre allemand des Affaires étrangères.

“Jean-Marc Ayrault est bien placé pour redynamiser la relation [entre Paris et Berlin] à un moment où les deux pays constatent que leur éloignement relatif les dessert tous les deux”, analyse Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), dans son édito du 16 février publié sur le site de l’organisation.

Pour son premier déplacement à l’étranger, Jean-Marc Ayrault était accompagné de son homologue allemand. Les deux hommes se sont rendus à Kiev les 22 et 23 février pour demander au gouvernement ukrainien de poursuivre ses réformes. Sur le dossier du conflit dans l’est de l’Ukraine, Français et Allemands semblent décider à parler d’une seule voix.



“Angela Merkel a raison d’ouvrir les portes de son pays aux réfugiés”

Européen convaincu, Jean-Marc Ayrault croit au couple franco-allemand moteur de l’Europe. Alors que Manuel Valls s’est attiré les foudres des socialistes mi-février en affirmant que l’UE devait faire passer le message que “nous n’accueillons plus de réfugiés”, que “sinon, nous serons amenés à rétablir les frontières intérieures”, Jean-Marc Ayrault a salué la politique d’accueil de la chancelière allemande. “Angela Merkel a moralement et politiquement raison d’ouvrir les portes de son pays aux réfugiés”, affirmait-il le 10 mars sur iTélé.

L’Allemagne, qui a déjà accueilli plus d’un million de réfugiés, se trouve néanmoins rattrapée par le nombre de personnes qui continuent à demander l’asile sur son sol. Angela Merkel est critiquée jusque dans son camp pour sa trop grande générosité et forcée de prendre des mesures comme la limite du regroupement familial ou l’accélération des procédures d’expulsion pour les personnes qui ne sont pas éligibles au droit d’asile.

Barbara Kunz, chercheuse au Cerfa (Comité d’études des relations franco-allemandes) expliquait, début mars, sur l’antenne de France 24, que la crise politique que doit affronter la chancelière pourrait être lourde de conséquences : “Le grand problème pour Angela Merkel est bien sûr de perdre les Allemands lors des prochaines élections”.

“Encourager l’opposition syrienne à revenir à la table des négociations”

Face au flux de réfugiés syriens qui tentent de fuir la guerre et de rejoindre l’Europe, il devient de plus en plus urgent de trouver une solution pour ramener la paix en Syrie. Les ministres des Affaires étrangères américain et européens doivent se retrouver, dimanche 13 mars, à Paris, pour faire le point sur la situation avant la reprise des pourparlers à Genève.

Jean-Marc Ayrault a annoncé qu’il s’agissait de vérifier que “tout avance comme nous le souhaitons” afin d’”encourager l’opposition à revenir à la table des négociations”. Par ailleurs, les Européens vont aussi demander aux Américains, promoteurs avec les Russes de l’accord de trêve, à “être associés étroitement au contrôle de l’efficacité du cessez-le-feu en Syrie”.

S’inscrivant dans la continuité de la fermeté exprimée par Laurent Fabius sur le dossier du conflit syrien, Jean-Marc Ayrault a déclaré fin février, en marge de la session annuelle du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève, que la France “ne se mettra pas du côté de ceux qui voudraient mettre les violations des droits de l’Homme et le droit humanitaire entre parenthèses, sous le tapis”.

Les négociations sont encore loin d’aboutir tant les divergences entre les différentes parties sont grandes. Sur ce dossier, “Jean-Marc Ayrault a pour seul avantage de pouvoir reprendre le dossier de zéro”, résume Pascal Boniface.



“Il n’y a jamais rien d’automatique”

Autre dossier brûlant dont a hérité Jean-Marc Ayrault à son arrivée au quai d’Orsay : les négociations de paix israélo-palestiniennes. Fin janvier, Laurent Fabius avait choqué l’État hébreu en affirmant qu’en cas d’échec des négociations, la France reconnaîtrait l’État palestinien. L’ancien maire de Nantes a d’emblée adopté une position plus mesurée et assuré le 9 mars, lors d’une visite au Caire, qu’il “n’y a jamais rien d’automatique”.

Le chef de la diplomatie française aura surtout pour tâche de parvenir à convoquer une conférence internationale “d’ici l’été”, comme l’avait annoncé Laurent Fabius fin janvier.

À un petit peu plus d’un an de l’échéance présidentielle, la mission de Jean-Marc Ayrault sera donc principalement, contrairement à son prédécesseur qui s’est illustré par la signature du traité avec l’Iran et de l’accord sur le climat, d’assurer une continuité dans les dossiers dans lesquels la France est impliquée.

Première publication : 11/03/2016

La semaine de concertations sur la Loi travail s’est achevée, vendredi, avec la réception des organisations étudiantes et lycéennes à Matignon. À l’issue de cette rencontre, Manuel Valls a promis “un compromis ambitieux” à des étudiants mécontents.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a promis, vendredi 11 mars, un “compromis dynamique et ambitieux” sur le projet de réforme du Code du travail d’ici lundi à la suite des consultations avec les organisations étudiantes, dont l’Unef, et les lycéens sont ressortis mécontents.

À l’issue de ces rencontres, Manuel Valls a promis de “corriger, rectifier, changer ce qui doit l’être, lever les ambiguïtés et répondre aux interrogations qui se sont fait jour, non seulement de la part des organisations patronales, syndicales et de la jeunesse, mais d’une manière générale dans la société”. “Réformer, ça n’est pas passer en force, ça n’est pas brutaliser”, a-t-il affirmé.

Mais la plupart des organisations de jeunesse (l’Unef, la Fage, ainsi que trois organisations lycéennes, la Fidl, l’UNL et la SGL) conviées dans la matinée considèrent qu’elles n’ont pas été entendues par le gouvernement, à l’exception de la Fage, qui attend les annonces du 14 mars avant de décider si elle durcit sa position ou si elle appelle de nouveau à la mobilisation contre la Loi travail.

>> À lire sur France 24 : “Des féministes dénoncent des inégalités hommes-femmes dans le projet de loi El Khomri”

“Le désaccord de fond reste entier. Ce que nous explique le Premier ministre, c’est qu’on peut discuter de tout, mais pas de La loi travail”, a critiqué William Martinet, le président du syndicat étudiant classé à gauche, confirmant la “journée d’action” du 17 mars et l’appel à la grève et à la manifestation, notamment avec FO et la CGT, le 31.

Les trois organisations lycéennes, Fidl, UNL et SGL ont, elles, annoncé qu’elles seraient “dans la rue la semaine prochaine”.

Cambadélis accuse l’Unef de “faussement politiser” le mouvement

Cette rencontre à Matignon, aux côtés des ministres Myriam El Khomri (Travail) et Emmanuel Macron (Économie), décidée par le président Hollande, avait été annoncée au lendemain des manifestations contre le projet de révision du droit du travail, qui ont rassemblé entre 240 000 et 400 000 personnes à Paris et dans plusieurs villes, la plus forte mobilisation depuis les défilés contre le mariage homosexuel.

Malgré les appels au retrait complet du texte, portés notamment par la CGT, FO et les organisations de jeunesse, François Hollande a réitéré, jeudi, la position de l’exécutif : “forcément” des “corrections à établir” mais pas de retrait.

Si le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a pour sa part accusé l’Unef de “faussement politiser” le mouvement, le parti au pouvoir est lui-même très divisé, avec des parlementaires qui menacent de s’y opposer et un Mouvement des jeunes socialistes (MJS) très remonté. Selon la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, qui a reçu le MJS jeudi soir, “le dialogue a été entamé” avec les organisations de jeunesse, même si “ce n’est pas en une réunion qu’on peut résoudre tous les problèmes”.

C’est la première fois qu’un gouvernement de gauche doit lancer une concertation avec de telles organisations depuis le mouvement lycéen de 1990, reçues par François Mitterrand à l’Élysée.

Ce dernier round de consultations achève la phase d’écoute, finalement la plus facile, de la manœuvre gouvernementale sur ce projet de loi, dont l’arrivée en Conseil des ministres a été reportée au 24 mars.

Avec AFP

Première publication : 11/03/2016

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Des cybercriminels se sont fait passer pour des “officiels” de la banque centrale du Bangladesh, afin de détourner 80 millions de dollars. Ils auraient pu récupérer jusqu’à un milliard de dollars s’il ne s’était pas trompé sur le nom d’une ONG.

C’est une faute d’orthographe qui coûte cher. Des pirates informatiques se faisant passer pour des officiels de la banque centrale du Bangladesh ont écrit “fandation” au lieu de “foundation” dans une demande de transfert d’argent à la Réserve fédérale de New York. Sans cette coquille, ces cybercriminels auraient pu empocher un magot de près d’un milliard de dollars, ont reconnu les deux institutions financières jeudi 10 mars.

Mais ces voleurs de haut vol ne sont pas repartis sans rien, a indiqué un porte-parole de la banque centrale du Bangladesh, interrogé par le Financial Times. Ils ont réussi à mettre la main sur 80 millions de dollars, ce qui en fait l’un des plus importants braquages numériques de banque. En fait, les cybercriminels ont même réussi à détourner 101 millions de dollars, mais le dernier versement de 20 millions a déjà pu être récupéré par les autorités du Bangladesh auprès d’une banque du Sri Lanka.

Pas d’ONG à cette adresse

D’après l’enquête, pour mettre leur plan à exécution, ces braqueurs 2.0 ont réussi à s’introduire début février dans le système informatique de la banque centrale du Bangladesh. Ils y ont glané les informations nécessaires pour se faire passer pour des “officiels” de cette institution financière. Ils ont ensuite commencé à passer leurs ordres de transferts d’argent à la réserve fédérale de New York, dans les coffres desquels se trouvent des fonds appartenant au Bangladesh. À chaque fois, l’argent était officiellement destiné à une association ou organisation différente au Sri Lanka ou aux Philippines.

Lorsque ces faux banquiers ont fait parvenir une demande pour obtenir 20 millions de dollars destinés soi-disant à l’ONG sri-lankaise “Shalika Fandation”, la Deutsche Bank – par qui l’argent devait transiter – a voulu en savoir plus sur cette faute d’orthographe. Surprise : ils ont découvert qu’il n’existait aucune ONG à ce nom au Sri Lanka. Les autorités du Bangladesh ont donc annulé l’ordre de transfert ainsi que tous les autres, émanant de la même source. Ces opérations en cours de traitement portaient sur un montant total de 950 millions de dollars.

À qui la faute ?

Ce raté s’est doublé d’une dispute au sujet de la responsabilité des uns et des autres. Le ministre bangladais des Finances, Abul Maal Abdul Muhith, a en effet rejeté la faute sur la réserve fédérale de New York. Il a affirmé, mardi 8 mars, que les autorités américaines auraient dû se poser des questions plus tôt sur cette accumulation d’ordres de transfert d’argent en si peu de temps.

La banque américaine, de son côté, conteste cette accusation et rappelle qu’il “n’y a pas eu de faille de sécurité dans [son] système informatique”. Une manière de dire qu’avant d’essayer de se dédouaner, les autorités du Bangladesh feraient mieux de “cyber-balayer” devant leurs coffres-forts.

Première publication : 11/03/2016

Bienvenue dans ce second épisode d’Info-Intox.

Sur Internet, vous êtes peut-être tombés dernièrement sur des photos, des vidéos, des témoignages qui vous ont paru choquants, intéressants, voire même pertinents. Toutes ces données sont relayées via Twitter, Youtube, Snapchat, et atterrissent sur vos écrans. Mais l’information n’est-elle pas partielle ? ou carrément manipulée ? Pas toujours facile de savoir.

Deux journalistes de France 24, Ségolène Malterre, des Observateurs et Wassim Nasr décryptent pour vous quelques pièges en images qui ont circulé sur Internet.

Retrouvez le précédent épisode ici

Première publication : 11/03/2016

Le plus gros paquebot de croisière du monde, Harmony of the seas, a quitté jeudi le port de Saint-Nazaire pour effectuer ses premiers essais en mer. La livraison définitive du mastodonte des mers est prévue le 12 mai prochain.

Il fait passer tous les autres paquebots pour des bicoques. Avec ses 362 mètres de long et ses 70 mètres de hauteur, le plus gros paquebot de croisière du monde, Harmony of the seas, a pris le large jeudi 10 mars en fin d’après-midi à Saint-Nazaire pour ses premiers essais en mer.

>> À (re)lire sur France 24 : “Le plus grand paquebot du monde en construction à Saint-Nazaire

Le mastodonte a fait sonner sa corne de brume pour quitter la cale géante où il était en construction par les chantiers navals STX France.

Le géant s’est lentement acheminé vers le large sous le regard de milliers d’admirateurs massés le long de la côte, alors que quelques rayons de soleil illuminaient une mer très calme.

Le navire doit rester en mer jusqu’à dimanche pour ces premiers essais. Une deuxième campagne d’essais devrait intervenir d’ici fin avril, avant la livraison prévue à l’armateur américain Royal Carribean le 12 mai prochain.

Avec AFP

Première publication : 11/03/2016