Archive for March 13th, 2016

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Traducteur automatique de SMS, plateforme d’aide pour trouver un emploi ou encore site d’échanges de services : tels sont quelques-unes des solutions numériques développées lors de techfugees, le deuxième hackaton en France pour aider les réfugiés.

“J’aurais bien aimé que lors de mon arrivée en France, des applis, comme celles présentées ici, existent déjà”. Adam Sakhr, développeur et blogueur soudanais de 37 ans, est impressionné par certains des projets soutenus lors du hackaton techfugees qui s’est déroulé à Paris samedi 12 et dimanche 13 mars.

Il a fui son pays en décembre 2014 pour échapper à une condamnation à mort, et vit en France depuis lors comme demandeur d’asile. Il n’aurait pas imaginé, à l’époque, se retrouver plus d’un an après avec une centaine d’autres participants à chercher au Wagon, une école de développement Web en plein cœur du 11e arrondissement, des solutions numériques innovantes pour aider les réfugiés ou demandeurs d’asile à mieux s’intégrer en France.


Adam Sakhr est un blogueur soudanais condamné à mort dans son pays et qui a demandé l’asile à la France. Il suit une formation à l’école de développement web de Simplon.co, partenaire de ce hackaton. © Sebastian Seibt

Il a, lui-même, aidé à créer Nowall, une application qui traduit automatiquement les échanges avec l’administration par SMS dans plusieurs langues afin de faciliter les démarches des réfugiés. L’équipe derrière ce projet – une demi-douzaine de personnes – dispose de 36 heures pour mettre au point la solution et la présenter à un jury de professionnels du Web.

Deux jours pour tout faire

Dans le même délai, un autre groupe essaie de créer un “Just Help”, un site pour donner des vivres qui seront redistribués aux réfugiés, comme lors des collectes à la sortie des supermarchés. L’association “Action emploi réfugiés” s’intéresse, de son côté, à un site qui permettrait de mettre en relation des employeurs acceptant de faire travailler des réfugiés, et des candidats. Cette plateforme “veut mettre en avant les compétences des candidats plutôt que les diplômes, car sinon les demandeurs d’asile seraient toujours à la traîne sur les autres”, précise Diane Binder, coprésidente et fondatrice d’Action emploi réfugiés.

Y arriver en moins de deux jours relève pour chacun du défi, mais c’est le principe de tous les hackatons, ces marathons où développeurs et porteurs de projets collaborent pour trouver une solution numérique à un problème.

Ils sont, en tout, une centaine à avoir répondu à “l’appel à coder” de l’association techfugees, fondée par un journaliste britannique du site d’informations technologiques TechCrunch, et de Singa, une communauté internationale d’échanges et de collaboration entre les réfugiés et ressortissants de leur lieu d’accueil.

Les 11 projets qui sont présentés ce soir au Hackathon #TechfugeesFR cc @SINGAPROJECTpic.twitter.com/y8fs9S78W5

— Guillaume Capelle (@GuillaumeBJC) 13 mars 2016

Les participants habituels de ce genre de session – développeurs, designers, as du “business plan” et pros du “pitch” – se sont cette fois mêlés à des associatifs ou des représentants d’organismes tels que le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, beaucoup moins rompus à l’exercice.

Il y aussi les “enthousiastes”, des citoyens qui n’ont rien à voir, ou presque, avec le monde du Web ou de la demande d’asile, et qui estiment que ce hackaton est un bon moyen de s’investir. “Je me suis dit que je pouvais enfin vraiment avoir un impact sur un sujet – l’accueil des réfugiés – qui me tient à cœur”, assure Louisa Mesnard, une étudiante à HEC Entreprise. Elle a voulu apporter son savoir-faire commercial et son aisance à l’oral à un projet de traduction de SMS, baptisée Textfugee, qui a finalement remporté le concours de ce hackaton. Cet outil doit permettre d’automatiser l’envoi de SMS par des associations à des groupes en traduisant automatiquement le texte dans une quarantaine de langues susceptibles d’être parlées par les demandeurs d’asile.

“Session de massages entre 19 h et 22 h”

Après une journée d’intense labeur, une partie de ce petit monde est avachie dans les sofas, les yeux fatigués, avec les ordinateurs portables sur les genoux. D’autres sont en grande discussion autour d’une table pour affiner leur projet ou très concentrés et coupés du monde extérieur, dans un coin de cette énorme salle sous un toit en verrière, pour trouver le bout de code qui va tout changer. Les cadavres de canettes de sodas sont là pour témoigner des efforts des uns et des autres pour rester concentrés.

“Il y aura des sessions de massages entre 19 h et 22 h”, précise samedi soir Anne-Sophie, web entrepreneuse et coorganisatrice de l’événement. Preuve du niveau de fatigue et de tensions : ces petites plages de détentes de 10 minutes sont rapidement prises d’assaut. Ceux qui ont raté les massages ont pu se rattraper avec une séance de yoga le lendemain matin.

C’est la deuxième fois qu’un tel hackaton pour aider les réfugiés est organisé à Paris. Le premier avait eu lieu en janvier 2015, à l’initiative de Singa. “Il y a davantage de monde cette fois-ci, ce qui prouve que cette manière de faire marche et que la communauté reste mobilisée pour les refugiés”, se félicite Guillaume Capelle, cofondateur de Singa.

Sensibiliser aux problèmes des réfugiés

Pour lui, ce succès aide aussi à tordre le cou à l’idée préconçue selon laquelle le numérique serait tout en bas de la liste des priorités des réfugiés. “Nous avons mené une étude il y a trois ans sur leurs usages numériques qui démontre que l’une des toutes premières choses que ces personnes font en arrivant dans un pays est d’acquérir un téléphone ou trouver un moyen de se connecter à Internet”, rappelle-t-il.

Un constat avec lequel Adam Sakhr est d’accord. Pour lui c’est un moyen essentiel pour aider à s’intégrer dans un pays d’accueil. Ces hackatons servent aussi, d’après lui, à mieux sensibiliser des développeurs et porteurs de projets aux problèmes des réfugiés. “J’ai été étonné à quel point ils ont bien compris des problématiques qui n’étaient pas les leurs”, assure-t-il.


Le développement de l’application e-Migreat, qui a terminé sur la deuxième place du podium de ce hackaton. © Sebastian Seibt

La plupart des participants n’ont, en effet, pas de connaissance intime de la tragédie que peuvent vivre les réfugiés, et ce à quoi ils doivent faire face en arrivant en France. Camille et Julien, deux amis de 23 ans et 27 ans, voulaient mettre en place une base de données des profils des réfugiés pour aider les associations à partager les informations. Hélas, ils se sont très vite rendus compte, en discutant avec les professionnels sur place et des réfugiés, que l’idée d’un fichier central de réfugiés n’étaient pas une bonne idée.

Ils ont alors décidé de changer de fusil d’épaule : ils ont crée e-Migreats, un portail communautaire qui permet aux réfugiés et aux résidents d’échanger des services. Bonne pioche : cette nouvelle solution est arrivée en sur la deuxième marche du podium de ce hackathon.

Première publication : 14/03/2016

Les modifications de la Loi Travail proposées lundi par le Premier ministre Manuel Valls aux partenaires sociaux ont été bien accueillies par les syndicats “réformistes”. La CGT et FO réclament, eux, le retrait du texte. Le Medef se dit déçu.

Les syndicats “réformistes” ont estimé, lundi 14 mars, que les propositions de réécriture du projet de loi réformant le Code du travail, dit Loi El Khomri, allaient dans le bon sens, a déclaré, lundi 14 mars, à Reuters un dirigeant de l’Union professionnelle artisanale (UPA), qui parle également au nom de la CFDT, de la CFTC et de la CGC.

En revanche, le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a déclaré sur Twitter qu’il venait de confirmer au Premier Ministre, Manuel Valls, la demande de retrait du projet. Idem pour la CGT, qui déplore notamment que le compte épargne-temps, un dispositif qui permet de stocker des congés pour se les faire payer ou les décaler dans le temps, ne soit pas inclus dans le futur compte personnel d’activité (CPA).

Je viens de confirmer au Premier Ministre, au nom de FO, faute de suspension, la demande de retrait du projet de loi

— Jean-Claude Mailly (@jcmailly) 14 mars 2016

De son côté, Pierre Gattaz, le président du Medef, le syndicat patronnal, s’est dit “déçu” par cette nouvelle mouture et a demandé à ce que le projet de réforme ne soit plus dénaturé.

Parmi les mesures phares du projet de loi, le barème qui devait plafonner de façon impérative les indemnités prud’homales, sera seulement “indicatif” en raison de l’hostilité d’une grande partie des syndicats, a par ailleurs annoncé Manuel Valls aux partenaires sociaux réunis à Matignon.

“Le choix que nous faisons aujourd’hui est donc d’en rester à un barème indicatif dans la loi, qui sera une aide pour les juges prud’homaux, mais pas un carcan”, a déclaré le chef du gouvernement, selon son discours transmis à l’AFP.

La réaction de Pierre Gattaz, président du Medef

Licenciements économiques : les nouveaux critères maintenus

En revanche, les critères de licenciements économiques précisés par l’avant-projet de loi travail ne seront pas modifiés. Le juge pourra toutefois vérifier que les multinationales n’organisent pas artificiellement leurs difficultés économiques sur le territoire français pour licencier, a fait savoir Matignon.

>> À lire sur France 24 : “Loi Travail : Manuel Valls promet un compromis sans convaincre les jeunes”

S’il est établi que les difficultés financières ont été organisées artificiellement, les licenciements seront requalifiés en licenciements sans cause réelle et sérieuse. Les critères justifiant un licenciement économique restent les mêmes que dans le texte initial, notamment les quatre trimestres consécutifs de baisse du chiffre d’affaires et les deux trimestres consécutifs de perte d’exploitation.

Autre annonce : les dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) ne pourront pas appliquer le forfait-jours ou moduler les astreintes sans passer par un accord collectif, mais ils pourront négocier avec un salarié mandaté par un syndicat s’ils n’ont pas de représentation syndicale.

“Il n’y aura pas de nouvelle souplesse qui ne sera pas validée par un accord collectif”, a annoncé Manuel Valls. À défaut d’accord, le droit actuel s’appliquera, alors que l’avant-projet de loi fixait jusque-là des droits moins favorables aux salariés.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 14/03/2016

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Dans le cadre de la mission européenne ExoMars, la fusée russe Proton s’est élancée lundi, du Kazakhstan, pour un voyage vers la planète rouge, où elle sera chargée de rechercher de potentielles preuves d’activités biologiques à sa surface.

Feu vert pour la planète rouge. La fusée russe Proton a décollé avec succès de Baïkonour (Kazakhstan), lundi 14 mars, pour rejoindre Mars dans le cadre de la mission européenne ExoMars.

Ce lanceur transporte à son bord la sonde Trace Gas Orbiter (TGO) qui doit être déployée en orbite autour de la planète Mars en octobre 2016 et dont le but est de tenter de trouver des traces de méthane. La présence de ce gaz serait un indice de la possibilité d’existence de vie sur cet astre. Sur Terre, en effet, le méthane est souvent produit par l’activité humaine ou animale.

Mr Robot

Mais ExoMars ne part pas seulement à la recherche du méthane. La mission a aussi pour but de sonder la planète pour y détecter d’éventuelles traces d’eau. Elle doit aussi préparer le terrain pour l’envoi, dans le cadre d’ExoMars 2018, d’un robot qui doit faire son petit bout de chemin scientifique sur la planète dans deux ans au plus tôt. Cet engin, développé par l’Agence spatiale européenne (ESA), doit effectuer des prélèvements sur Mars censés permettre de mieux comprendre son histoire et son environnement.

ExoMars est une mission très importante aux yeux de l’ESA. L’agence européenne y travaille depuis le début des années 2000. Elle a connu de nombreux retards dus essentiellement à des budgets revus à la baisse. Ainsi, la Nasa – qui devait être partenaire des Européens – s’est retirée du projet en 2011 car Mars n’était plus une priorité de l’agence américaine. L’UE achève donc avec les Russes ce qu’elle n’a pas pu mener à bien avec les États-Unis.

Première publication : 14/03/2016