Archive for March 14th, 2016

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Les autorités du Kenya veulent que le clip de la chanson “Same Love” ne soit pas accessible pour les internautes kenyans, mais Google Kenya a refusé. Réalisé par le groupe “Art Attack”, la vidéo appelle à la tolérance envers les homosexuels.

C’est le premier clip musical pro-gay kenyan et il est, depuis plusieurs semaines, au centre d’une bataille entre les autorités du pays, qui veulent la faire disparaître de YouTube, et Google Kenya, qui refuse.

Le clip de la chanson “Same Love”, du groupe kenyan “Art Attack”, alterne images romantiques de couples du même sexe dans des situations du quotidien et passages beaucoup plus crus de corps-à-corps. Tout au long de la chanson, une voix féminine répète qu’elle “ne pourrait pas changer [d’orientation sexuelle], même si elle essayait, même si elle le voulait”. La vidéo se termine sur l’image d’un jeune homme qui, visiblement, commet un suicide.

Ce film vise clairement à dénoncer les lois kenyanes, qui punissent les relations homosexuelles entre adultes consentants de 14 ans de prison. “Same Love” est en fait une reprise adaptée aux spécificités kenyanes de la chanson éponyme du duo de hip-hop américain Macklemore et Ryan Lewis. La version originale avait été créée à l’occasion de la campagne pour la légalisation du mariage gay en Californie en 2012.

Google Kenya se dit incompétent

“Nous ne voulons pas faire l’apologie de l’homosexualité avec cette chanson, mais dire qu’il faut laisser tranquille ceux qui s’aiment”, assure dans le podcast pro-gay nigérian “No Strings” l’un des membres de “Art Attack” qui affirme, par ailleurs, être hétérosexuel. Conscients des tensions autour de la question de l’homosexualité au Kenya, les auteurs de la chanson refusent de révéler leur identité de peur de subir des représailles

Leur clip provocateur, mis en ligne début février, a eu, il est vrai, son petit effet dans ce pays où le vice-président William Ruto a déclaré, en mai 2015, qu’il “n’y a pas de place pour les homosexuels au Kenya”. Plus de 150 000 personnes ont vu “Same Love”.

Face à ce succès, l’Autorité kényane de classification des films (KFCB) a demandé, fin février, à Google Kenya de bloquer le clip pour les internautes du pays pour des “raisons morales“. Cet organe public a d’ailleurs fait, à son corps défendant, la promotion de la chanson en retweetant un message annonçant la demande de suspension qui comporte un lien vers la fameuse vidéo sur YouTube.

Google, de son côté, ne semble pas prêt à s’exécuter. La branche kenyane du géant de l’Internet a pris plus de deux semaines pour répondre aux autorités qu’elle était incompétente sur ces questions et qu’il fallait contacter le siège du géant de l’Internet aux États-Unis. Nairobi affirme l’avoir fait. C’était il y a près d’une semaine et la vidéo est toujours en ligne au Kenya.

Première publication : 15/03/2016

L’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, s’est défendu mardi d’avoir couvert des actes pédophiles, alors que l’Église catholique de France est empêtrée dans des affaires de pédophilie.

En pleine tourmente dans les affaires de pédophilie qui secouent le diocèse de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, l’une des principales figures de l’Église catholique française, s’est défendu mardi 15 mars à Lourdes d’avoir protégé des prêtres accusés de pédophilie.

“Je veux dire avec la plus grande force que jamais, jamais, jamais je n’ai couvert le moindre acte de pédophilie”, a lancé l’archevêque de Lyon, lors d’une conférence de presse en marge de l’assemblée des évêques à Lourdes.

“C’est inimaginable, cette affaire-là”

Lors de son intervention, Philippe Barbarin a tenté de se justifier, alors qu’une plainte a été déposée en février concernant des actes pédophiles commis au début des années 1990 par un prêtre toujours en activité à Lyon. Cette plainte, déposée contre lui par une personne haut placée au ministère de l’Intérieur, vise des faits de “mise en danger de la vie d’autrui et provocation au suicide”, a indiqué le diocèse de Lyon dans un communiqué. Elle fait suite à une première plainte déposée en 2009 à l’encontre du prêtre, classée sans suite par la justice pour cause de prescription.

Le Figaro a publié dans son édition de mardi le témoignage d’une victime présumée, qui dit avoir subi des attouchements de ce prêtre et qui accuse le cardinal Barbarin de n’avoir pris aucune mesure pour éloigner son agresseur des enfants.

“Ce sont des points très troubles de la vie d’un prêtre mais qui n’ont plus rien à voir avec de la pédophilie”, a jugé l’archevêque de Lyon, d’après lequel les actes ont été commis sur un jeune âgé de 16 puis 19 ans au moment des faits, dans les années 1990. Le Primat des Gaules a ajouté à propos du prêtre : “Je demande qu’il n’exerce pas son ministère dans le monde entier jusqu’à ce que la justice se fasse”.

“Une plainte est déposée contre moi pour incitation au suicide par un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur. De quoi s’agit-il ? Qui ai-je incité au suicide ? C’est inimaginable, cette affaire-là”, s’est insurgé Mgr Barbarin, déjà fragilisé par l’affaire Bernard Preynat, du nom d’un autre prêtre mis en examen fin janvier pour des agressions sexuelles sur de jeunes scouts lyonnais entre 1986 et 1991. Celui-ci était resté en activité jusqu’au 31 août 2015, après avoir été relevé de ses fonctions.

Une enquête préliminaire a été ordonnée notamment pour “non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans”, un volet qui pourrait mettre en cause des responsables du diocèse de Lyon, dont le cardinal Barbarin, auquel il est reproché d’avoir agi trop tardivement dans l’affaire Bernard Preynat. “Ça fait 17 ans que je suis évêque. Deux fois, j’ai eu une dénonciation d’actes (…) et immédiatement j’ai suspendu le prêtre”, s’est justifié Philippe Barbarin.

Le cardinal répond au Premier ministre

Interrogé mardi matin sur RMC, le Premier ministre a dit attendre de la “clarté” et “des actes” de la part des autorités ecclésiastiques. Le chef du gouvernement a également exhorté le cardinal à prendre “ses responsabilités”. “Il faut qu’il entende aussi cette douleur”, a-t-il encore déclaré.

“Le Premier ministre me demande de prendre mes responsabilités et je lui promets que je les prends”, a-t-il répliqué, se disant confiant dans le fait que Manuel Valls “connaît mieux que [lui] les lois de la République” et “respecte la présomption d’innocence”.

Un porte-parole de l’association des victimes d’un prêtre soupçonné de pédophilie à Lyon a jugé “pathétique” l’intervention du cardinal Barbarin mardi à Lourdes, en affirmant que d’autres affaires du même type pourraient sortir prochainement. “Je trouve que là, on touche au pathétique”, a déclaré à l’AFP Bertrand Virieux.

Et pour lui, “si le cardinal pense prendre toutes ses responsabilités en se comportant de cette manière et en disant ’Dieu soit loué, les faits sont prescrits’, ce n’est pas du tout quelque chose que les victimes peuvent entendre avec satisfaction”, a-t-il ajouté.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 15/03/2016

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Le résultat final du match de go entre AlphaGo et Lee Sedol semble prouver que la machine est imbattable. Ce n’est pas l’avis de Farid Ben Malek, seul joueur français professionnel de ce jeu ancestral.

Finalement, Lee Sedol n’aura fait qu’un tout petit peu mieux que le champion européen de go Fan Hui, qui avait perdu 5-0 en octobre 2015. Mardi 16 mars, à l’issue d’une rencontre en cinq matches, la légende sud-coréenne de ce jeu millénaire s’est inclinée 1 à 4 contre AlphaGo, le programme mis au point par DeepMind, une filiale d’Alphabet (ex-Google).

Cette contre-performance a d’autant plus déçu le champion sud-coréen qu’il ne juge pas AlphaGo infaillible. “Un humain peut gagner et c’est pour cela que je suis mécontent de ma prestation”, a regretté Lee Sedol après sa déroute.

Si cette prouesse d’AlphaGo est un grand bond technologique en avant, abondamment commenté, la rencontre a aussi été un événement sportif et humain important. Le triple champion de France de go et seul joueur français professionnel, Farid Ben Malek, dresse pour France 24 le bilan de ce match qui a vu la machine battre l’homme dans un jeu censé être trop complexe à comprendre pour un algorithme.

France 24 : AlphaGo a écrasé le champion européen Fan Hui et a infligé une lourde défaite au légendaire Lee Sedol. La machine est-elle devenue imbattable ?

Farid Ben Malek : Je ne pense pas. Elle a subi un revers lors de la quatrième rencontre, remportée par Lee Sedol, et a commis une erreur importante au début de la cinquième partie. Tout le monde a cru que le joueur sud-coréen s’imposerait. S’il a échoué, c’est essentiellement parce que lui-même s’est un peu relâché après l’imprécision de son adversaire et non pas parce qu’AlphaGo était imbattable.

Dans ce cas, quels sont les défauts de la machine ?

Ce programme est moins à l’aise dans les positions les plus complexes. Dans ces situations, je pense que la capacité humaine à faire preuve d’intuition et de créativité pour trouver un bon coup prévaut encore sur la puissance de l’algorithme. C’est en tout cas ce que semble avoir prouvé la quatrième partie, remportée par Lee Sedol.

L’autre limite d’AlphaGo est le temps. L’algorithme est particulièrement fort lorsque les parties sont courtes car il calcule très vite, mais la différence avec un adversaire humain est beaucoup moins marquée quand chacun a le temps pour évaluer la position.

Et qu’est-ce qui vous a le plus impressionné chez AlphaGo ?

J’ai trouvé que l’ordinateur avait fait preuve de qualités humaines dans son jeu. Il a notamment su faire des coups qu’on peut qualifier d’intuitifs. Le go n’est pas un jeu fini comme le morpion où il est possible de savoir dès le départ quel est le meilleur coup et AlphaGo l’a bien compris. En fait, on aurait pu croire que l’algorithme chercherait à trouver une réponse définitive à chaque position, mais il n’a pas procédé ainsi, comme l’ont démontré certains coups surprenants.

L’autre élément est l’immense expérience emmagasinée par AlphaGo. Les programmeurs l’ont nourri avec plus d’un million de parties de go. Il faut bien comprendre que la principale différence entre un joueur professionnel et un fort amateur est l’expérience. Pendant mon apprentissage au Japon, je devais passer dix heures par jour à étudier le go. J’étais fier lorsque je connaissais par cœur 30 parties. Alors imaginez une machine qui peut démontrer des qualités humaines en jouant et qui a un répertoire de plus d’un million de parties !

Qu’avez-vous pensez de la prestation de Lee Sedol ?

Il faut d’abord se rendre compte d’une différence entre les deux adversaires : Lee Sedol jouait avec une énorme pression, tant ce match était regardé et analysé, alors qu’AlphaGo y est insensible. Le joueur sud-coréen a tenté de déstabiliser la machine lors de la première rencontre en jouant des coups hors norme, ce qui n’a pas marché. C’est aussi ce que le champion du monde d’échec [en 1997] Garry Kasparov avait tenté de faire sans succès contre le programme Deep Blue.

Dans la deuxième partie, Lee Sedol a eu une approche très lente, passive, alors qu’il est connu pour avoir un style beaucoup plus agressif. Là encore, il a perdu.

En fait, le joueur n’a gagné que lorsqu’il a décidé d’adopter sa manière de jouer habituelle, lors de la quatrième rencontre. Cette victoire prouve que Lee Sedol n’aurait pas dû considérer AlphaGo comme un programme qu’il faut essayer de vaincre en découvrant les failles de l’algorithme. Pour le vaincre, il convient de le traiter comme un joueur humain.

Première publication : 15/03/2016

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Le champion de go sud-coréen, Lee Sedol, a perdu la dernière partie de sa rencontre contre AlphaGo, la machine développée par une filiale de Google. L’algorithme a dominé l’homme sur le score sans appel de 4 à 1.

À l’issue d’un combat de plus de cinq heures, Lee Sedol est resté assis à la table de go, la tête entre les mains. Le champion sud-coréen, présenté comme l’ultime rempart de l’humanité contre la machine, a perdu la dernière partie contre AlphaGo, l’algorithme développé par une filiale britannique d’Alphabet (ex-Google), mardi 15 mars.

L’ordinateur a réussi le tour de force de battre l’un des meilleurs joueurs au monde de go – il a 18 titres internationaux – sur le score sans appel de 4 à 1. “Je reste sans voix, c’était une expérience de jeu extraordinaire”, s’est félicité Demis Hassabis, le PDG de DeepMind, la société à l’origine de l’algorithme triomphant.

Lee Sedol mécontent

Le champion sud-coréen s’est, de son côté, montré déçu. Le champion de 33 ans assure qu’AlphaGo “est toujours à un niveau qui peut permettre à un humain de gagner et c’est pour cela que je suis mécontent de ma prestation”.

Cette rencontre a été qualifiée de “match du siècle” en Corée du Sud, où le jeu de go est considéré comme un élément culturel très important. Des millions de personnes y ont suivi les retransmissions en direct.

Progrès de l’apprentissage profond

Mais au-delà de l’impact sportif, ce défi technologique avait une portée scientifique mondiale. Le jeu de go, de part le nombre très élevé de possibilités à chaque coup, était considéré comme une discipline où la puissance brute de calcul de la machine n’était pas suffisante pour vaincre la créativité et l’intuition humaine.

Les équipes de DeepMind ont démontré que les progrès de la technologie d’apprentissage profond (deep learning ou la capacité pour un algorithme de s’améliorer) ont fait un bond important. AlphaGo a su jouer davantage comme un être humain et s’est adapté à son adversaire, tout en conservant les qualités propres d’une machine.

Avec Reuters

Première publication : 15/03/2016

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Nouvelle répercussion du scandale des moteurs truqués, une plainte a été déposée, lundi, en Allemagne, contre le constructeur automobile Volkswagen par 278 investisseurs. Ces derniers réclament au groupe 3,3 milliards d’euros de dédommagements.

Ils partirent 278 en espérant récupérer 3,3 milliards d’euros de Volkswagen. Des investisseurs en colère ont déposé une plainte en Allemagne, lundi 15 mars, contre le constructeur automobile. Ils l’accusent d’avoir failli à son obligation boursière d’information au sujet de la fraude aux tests anti-pollution.

>> À lire sur France 24 : “Volkswagen, au cœur d’un scandale aux États-Unis, s’effondre en Bourse”

Des investisseurs du monde entier – l’un des plus larges fonds de pension américains, d’autres fonds français, australiens, allemands ou encore japonais – font partie des plaignants dans cette gigantesque bataille judiciaire qui s’annonce.

Un porte-parole de Volkswagen a préféré ne pas se prononcer dans la mesure où il n’avait pas pris connaissance de la plainte.

Spécificité du droit local

Cette action en justice ressemble à une plainte en nom collectif à l’américaine, mais n’en est pas une. Le droit allemand ne connaît pas ce type de procédure. Le cabinet d’avocats en charge du dossier pour les plaignants a donc sollicité l’application d’une procédure propre au droit local qui permet, en cas de jugement favorable, d’appliquer les conditions de dédommagement d’un investisseur individuel à tout autre investisseur également affecté.

Andreas Tilp, l’un des avocats à l’origine de ce nouvel épisode judiciaire dans le scandale de la fraude aux émissions de polluant, avait déjà porté plainte en octobre pour le compte d’investisseurs individuels.

>> À lire sur France 24 : “Les autres constructeurs trichent aussi sur les émissions de CO2”

Première publication : 15/03/2016