Archive for March 15th, 2016

En dénonçant les crimes pédophiles commis par un prêtre de Lyon, les victimes ont contribué à briser le silence en vigueur dans l’Église française. Faut-il s’attendre à un scandale similaire à celui relaté dans le film oscarisé “Spotlight” ?

Serait-ce le début d’un “Spotlight” à la française ? Tout juste primé aux Oscars, le film américain retrace l’enquête d’une équipe de journalistes sur les agissements de près d’une centaine de prêtres pédophiles couverts par l’Église catholique dans la région de Boston, aux États-Unis, au début des années 2000. Aujourd’hui, c’est le diocèse de Lyon, en France, qui est secoué par des affaires de pédophilie.

Le cardinal Philippe Barbarin, plus haut prélat de l’Église française, est mis en cause dans deux affaires de pédophilie qu’il aurait tardé à régler. Une plainte a été déposée en février pour mise en danger de la vie d’autrui concernant des atteintes sexuelles commises par un prêtre lyonnais, Jérôme Billioud, sur un mineur de 16 ans au début des années 1990. Il était déjà visé par une enquête pour non dénonciation d’atteintes sexuelles de mineurs de moins de 15 dans l’affaire Bernard Preynat, du nom du prêtre mis en examen fin janvier pour des dizaines d’agressions pédophiles sur des scouts lyonnais, entre 1986 et 1991.

Jeudi 17 mars, une nouvelle affaire est venue éclabousser le primat des Gaules : un prêtre du diocèse de Lyon, condamné pour agressions sexuelles à Rodez, a été maintenu en activité et déplacé dans le Rhône après avoir été reconnu coupable de gestes déplacés sur de séminaristes, âgés de 19 à 34 ans. De jeunes majeurs, donc.

Boîte de Pandore

Face à la multiplication des cas, on s’interroge : doit-on s’attendre à un scandale aussi retentissant que celui arrivé à Boston, il y a 15 ans ? “Non”, a estimé Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe du journal La Croix. Mais “cette affaire du père Preynat va provoquer des prises de paroles. À mon avis, ce n’est que le début de beaucoup de plaintes qui vont être déposées. Sans doute des choses très anciennes, qui sont prescrites par la loi. Donc ce n’est plus un problème de justice, c’est plus un problème de morale, de responsabilité”, déclarait-elle sur France Info, mercredi 16 mars.

>> À lire sur France 24 : “Le cardinal Barbarin se défend d’avoir protégé des prêtres pédophiles”

Les langues ont déjà commencé à se délier. “La Parole libérée“, l’association de défense des victimes du père Preynat, affirme avoir déjà reçu des dizaines de messages de victimes d’abus sexuels commis par d’autres prêtres, de la région et du reste de la France. “En deux mois à peine, nous sommes submergés de messages. On appréhende d’ouvrir nos mails le matin !”, assure à France 24 Dominique Murillot, psychologue de l’association. “On a l’impression d’avoir ouvert une boîte de Pandore. Cela dépasse largement le problème lyonnais, c’est national !”

“C’est notre secret, mon petit loup”

Ces autres témoignages, que France 24 n’a pas pu consulter, n’ont à ce jour pas fait l’objet de plaintes. Un phénomène qui s’explique en partie par “la honte et la culpabilité” des victimes. “Ces souvenirs touchent à l’intime, ils ont parfois été profondément enfouis. La parole est douloureuse, d’autant qu’elle peut avoir des conséquences psychologiques, familiales ou sociales très lourdes”, explique la psychologue.

Dans le cadre de l’affaire Preynat, “La Parole libérée” a récolté et vérifié les témoignages d’une soixantaine de victimes, et elle s’attend a en découvrir le double. Sur le site de l’association, 15 anciens scouts racontent comment Bernard Preynat usait de son autorité pour abuser d’eux et les maintenir dans le secret. “L’agresseur isole ses victimes avec des stratagèmes de l’ordre de : ‘C’est notre secret, mon petit loup’. Il fait sentir à la victime qu’elle est seule au monde, empêchant un aveu public. À fortiori un dépôt de plainte”, interprète-t-elle.

Les raisons psychologiques ne sont pas les seules à être avancées pour expliquer la faible judiciarisation du phénomène en France. “Aux États-Unis, on peut obtenir beaucoup d’argent de réparation, y compris pour les avocats. Certaines paroisses ont été ruinées. Mais ce n’est pas le cas en France”, rappelle Guy Baret, journaliste théologien, qui ne s’attend pas à des révélations aussi massives qu’à Boston.

Levée progressive de l’omerta

L’ampleur de l’affaire Preynat contribue néanmoins à lever la culture de l’omerta qui prédominait jusque-là dans l’Église et parmi ses ouailles. “Autrefois, les victimes pensaient être seules, mais ce n’est plus le cas maintenant avec la médiatisation des cas. Il y a une impression de levée massive du silence sur les faits du passé […] Les révélations vont sans doute se poursuivre pendant un certains temps”, ajoute Guy Baret.

Même analyse pour le rédacteur en chef de la revue catholique Golias, Christian Terras, qui a enquêté sur une dizaine d’affaires de pédophilie au sein de l’Église française ces 20 dernières années. “Avant, les victimes – souvent de très fidèles catholiques – refusaient de témoigner à visage découvert et de porter plainte. Elles avaient intériorisé la culture du silence de l’Église et refusaient de lui porter préjudice”, affirme-t-il. “Mais aujourd’hui, l’institution s’est désacralisée, l’Église a perdu de son influence. Les gens osent sortir de l’anonymat et bénéficient d’une large visibilité médiatique qui les encourage. Il n’est pas impossible que l’affaire Preynat fasse école”, soupçonne Terras.

>> À voir sur France 24 : L’Église face à ses vieux démons

Pour autant, alors que Guy Baret souligne la “levée progressive de l’omerta sous l’impulsion de Benoît XVI, puis de François”, Christian Terras se montre plus critique. Cet ex-enfant de chœur, connu pour ses flèches aussi empoisonnées que médiatiques à l’encontre de l’Église, estime que la “grande muette” est toujours plombée par la culture du silence et l’inertie. “L’Église n’agit que lorsque les événements l’y contraignent. Elle n’avance qu’une épée dans les reins et ne prend pas les devants”, dénonce Christian Terras, doutant de l’efficacité des “moyens qu’elle a mis en place pour endiguer la pédophilie”.

Les outils de l’Église en question

Sonnée par ce dernier scandale de pédophilie, l’Église de France défend pourtant “l’énorme travail” qu’elle a mené sur ce sujet depuis 15 ans. “L’année 2000 a été un tournant décisif. Il y a eu une prise de conscience des évêques sur ces affaires sexuelles et leurs conséquences durables”, a redit mardi Mgr Stanislas Lalanne, chargé d’une “cellule de veille” sur ces questions.

En novembre 2000, l’épiscopat a en effet publié un texte sans équivoque stipulant que les prêtres coupables de pédophilie “doivent répondre de ces actes devant la justice”, sans éluder le rôle de l’évêque de tutelle. En 2001, un évêque, Mgr Pierre Pican, avait ainsi été condamné pour non-dénonciation de faits de pédophilie commis par un prêtre de son diocèse, l’abbé René Bissey, lui-même condamné à 18 ans de réclusion. Des condamnations en assises se sont ensuite succédé de 2003 à 2012, distribuant aux prêtres pédophiles des peines allant de un an à 15 ans de prison ferme.

Pour les associations de victimes, l’Église devrait aller plus loin. Par principe de précaution, elles estiment que tout prêtre suspect devrait être suspendu immédiatement par sa hiérarchie. “Comment l’Église peut-elle continuer à prendre le risque de mettre nos enfants en contact avec des individus potentiellement dangereux pour eux ?” s’interroge Dominique Murillot. L’épiscopat catholique n’a pas donné la réponse.

Première publication : 16/03/2016

Quatre islamistes radicaux présumés ont été interpellés mercredi à Paris et en Seine-Saint-Denis par la police à l’issue d’une enquête en raison de soupçons sur un “possible projet d’attentat”.

Quatre individus, des islamistes radicaux présumés, ont été interpellés mercredi 16 mars à Paris et en Seine-Saint-Denis, puis placés en garde à vue, sans toutefois qu’un projet d’attentat “imminent” puisse, à ce stade, leur être imputé, selon plusieurs sources policières citées par l’AFP.

Il s’agit de trois hommes et d’une femme, dont l’un était d’ailleurs assigné à résidence dans le cadre de l’état d’urgence instauré après les attentats du 13 novembre.

“Le niveau de la menace reste très élevé. On l’a vu encore ces dernières heures à Bruxelles. On peut le voir avec ces arrestations”, a commenté le président François Hollande à son arrivée au Salon du livre à Paris. “Nous devons avoir la plus grande vigilance”, a-t-il ajouté.

Un des quatre islamistes présumés était soupçonné de préparer des “actions violentes en France”, a indiqué de son côté déclaré Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur a toutefois appelé à la “prudence” sur les informations faisant état d’un projet d’attentat “imminent”.

Ils ont été arrêtés à l’issue d’une enquête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DSGI). Les enquêteurs les surveillaient en raison de soupçons sur un “possible projet d’attentat” mais la menace n’a pas été étayée pour l’instant par des éléments matériels.

Si aucune arme n’a été retrouvée lors des perquisitions, du matériel informatique et des supports numériques ont été saisis et doivent être analysés.

Les suspects étaient mercredi après-midi en garde à vue au siège de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), a-t-on précisé de mêmes sources.

Avec AFP

Première publication : 16/03/2016

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Un rapport décortique pour la première fois les résultats financiers des filiales des principales banques françaises dans les paradis fiscaux et démontre à quel point ces territoires comptent pour elles.

Le Luxembourg, la Belgique et, très loin derrière, Hong Kong, Singapour et l’Irlande. Tel est, dans l’ordre, le quinté gagnant des paradis fiscaux préférés des grandes banques françaises. Ce constat découle de l’analyse des résultats 2015, filiale par filiale et pays par pays, des cinq principaux établissements financiers français, la BNP, la Société Générale, la BPCE (Banque populaire-Caisse d’épargne), le Crédit mutuel et le Crédit Agricole. Un fastidieux travail effectué par un collectif de trois ONG – le Comité catholique contre la faim et pour le développement-Terre solidaire (CCFD), Oxfam France et le Secours catholique-Caritas France – et compilé dans un rapport choc publié, mercredi 16 mars.

C’est la première fois qu’une telle étude peut être menée car les banques n’avaient pas jusqu’à présent l’obligation de publier le détail des bénéfices, impôts payés et aides publiques de toutes leurs filiales. Ce travail de transparence, institué par une loi de 2013, permet de se rendre compte à quel point l’herbe est plus verte dans les pays à la fiscalité clémente pour les banques françaises.

Près de 5 milliards d’euros de bénéfices



En 2015, ce club des cinq banques a déclaré près de cinq milliards d’euros de bénéfices dans des États que les auteurs du rapport qualifient de paradis fiscaux. Une somme considérable puisqu’elle correspond au tiers de l’ensemble des profits réalisées à l’étranger par ces établissements. Et c’est BNP Paribas qui arrive en tête avec près de la moitié de ces bénéfices.

Ces cinq banques ne vont pas chercher leur bonheur trop loin puisque le Luxembourg et la Belgique dominent le classement des 34 paradis fiscaux dans lesquels ces établissement dispose de filiales. L’assimilation de la Belgique à un paradis fiscal peut surprendre, même s’il fait partie de la liste établie par l’ONG Tax Justice Network et retenue par le rapport. La faible imposition des dividendes, la fiscalité douce pour les bénéfices tirés des brevets justifient pour les auteurs du rapport que le pays évolue dans la même cour que le Luxembourg ou Jersey.

Hong Kong et Singapour sont connus par les experts fiscaux pour être deux valeurs sûres et montantes. Le climat de plus en plus toxique en Europe pour les États fiscalement trop accommodants fait le jeu des destinations asiatiques.

L’Irlande, quant à elle, permet aux banques de réaliser des prouesses comptables, ont constaté les auteurs du rapport. La Société Générale y dégage ainsi 18 fois plus de bénéfices que dans n’importe quel autre pays au monde. Le salarié irlandais devrait aussi recevoir la médaille du mérite absolu. Un banquier de la BPCE en Irlande, par exemple, est 31 fois plus productif que le salarié moyen du groupe : il génère à lui seul 1 778 million d’euros en une seule année.

Activités “hautement financières, profitables”… et risquées

Le faible taux d’imposition sur les sociétés, dividendes et bénéfices expliquent en grande partie l’attrait de ces territoires pour les banques. Même si elles s’en défendent, elles y paient en moyenne deux fois moins d’impôts. En 2014, par exemple, la direction de BNP Paribas justifiait, ainsi, sa présence dans ces pays “par la volonté de servir les clients partout dans le monde” et non pas pour des raisons de fiscalité.

Mais le rapport révèle aussi que les paradis fiscaux ont un autre atout pour ces banques. Ces pays offrent le cadre légal et fiscal le plus avantageux pour les activités purement financières. Il s’agit, schématiquement, de ce qui ne relève pas de la banque de détail, c’est-à-dire les opérations classiques de dépôt ou de crédits aux entreprises et particuliers.

Les activités “hautement financiarisées et profitables” que les banques françaises développent dans ces territoires “sont les plus spéculatives et risquées”, soulignent ces ONG. Il s’agit, entre autres, des mêmes opérations, comme la sur-titrisation des subprimes, qui ont joué un rôle central dans la crise de 2008. Pour les auteurs du rapport, ces paradis fiscaux ne permettent pas seulement aux banques françaises de payer moins d’impôts en France, grâce à certains artifices tout à fait légaux, mais ils sont aussi une marmite dans laquelle se concocte peut-être le poison d’une prochaine crise financière.

Première publication : 16/03/2016

Alors que la pression s’accentue sur le cardinal Barbarin, à Lyon, la ministre de l’Éducation nationale a déclaré mercredi qu’il y avait eu 27 radiations en 2015 de membres de son administration concernés par des affaires de pédophilie.

Il y a eu 27 radiations de membres de l’Éducation nationale en 2015 liées à des cas de pédophilie ou de pédopornographie, a annoncé, mercredi 16 mars, Najat Vallaud-Belkacem, précisant qu’elle serait “ferme pour sanctionner” et qu’elle en attendait “autant de toute institution”.

Le nombre de radiations pour des affaires liées à la pédophilie (les faits incriminés ne se sont pas forcément produits dans un cadre scolaire) était de 19 en 2014, premier et second degrés confondus, 26 en 2013 et 15 en 2012, selon des chiffres transmis par le ministère de l’Éducation nationale.

“Qu’il s’agisse de l’Église ou de l’école, j’ai un principe simple : la pédophilie est une affaire extrêmement grave qui détruit des vies. Le principe est ‘Pas de silence, la transparence totale’. Tous ceux qui pensent qu’on peut régler les choses en interne, en faisant silence, se trompent gravement”, a déclaré la ministre sur RTL. “Je serai ferme pour sanctionner quand cela s’impose, et j’en attends autant de toute institution.”

L’Éducation nationale a été secouée en 2015 par l’affaire de Villefontaine (banlieue de Lyon), où le directeur d’une école maternelle avait été mis en examen pour des viols sur ses très jeunes élèves. Il avait été radié quelques jours après sa mise en examen et attendait la fin de l’enquête.

Depuis quelques jours, l’Église de France est troublée à son tour. Le cardinal Philippe Barbarin est sous le feu des critiques, accusé de ne pas avoir agi avec suffisamment de célérité après avoir appris qu’un prêtre de son archevêché de Lyon était soupçonné d’agressions sexuelles sur des jeunes scouts qu’il encadrait en 1986 et 1991.

Tous les dossiers du personnel de l’Éducation nationale passés au peigne fin

Dans l’affaire de Villefontaine, révélée en mars 2015, l’enseignant avait été condamné en 2008 pour recel d’images pornographiques, mais il avait continué d’exercer – après un long congé maladie –, l’Éducation nationale n’ayant pas été informée des faits.

Après cela, les ministres de l’Éducation et de la Justice (Christiane Taubira à l’époque) ont conçu plusieurs dispositifs d’encadrement, dont la mise en place de référents au sein des parquets (côté justice) et rectorats (côté éducation) pour fluidifier la transmission d’informations.

Un projet de loi qui introduit une obligation de signalement, retoqué l’été dernier pour des questions de procédure, est en cours d’adoption, a précisé mercredi Najat Vallaud-Belkacem.

La rue de Grenelle précise que les transmissions d’informations en tout début d’enquête seront “assorties de garanties fortes”, pour “respecter la présomption d’innocence et la vie privée” des mis en cause.

Le ministère s’est aussi engagé à “passer au peigne fin” tous les dossiers du personnel de l’Éducation nationale en contact avec des mineurs pour repérer les agents publics condamnés sans avoir fait l’objet de signalement à l’administration.

Le processus de vérification a d’abord été testé dans l’académie de Reims – il est quasiment achevé et aucun dysfonctionnement n’a été relevé – avant d’être mis en œuvre dans les autres académies, à tour de rôle, selon le ministère.

Avec AFP

Première publication : 16/03/2016

Candidat à la primaire de la droite et du centre, le député de Seine-et-Marne, Jean-François Copé, était l’invité de Mardi Politique. Il y évoquait sa vision pour la France, sa position sur la loi travail et son désir de gouverner par ordonnances.

L’invité de Mardi politique était Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne et candidat à la primaire de la droite et du centre. Il était interrogé par Véronique Rigolet pour RFI, Roselyne Febvre pour France 24 et Alain Auffray pour Libération.

Première publication : 16/03/2016

Trois personnes ont été arrêtées mardi matin dans le Loiret (Centre), par la sous-direction antiterroriste (SDAT). Les enquêteurs s’intéressent à leur “éventuelle” connexion avec Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher de Vincennes.

Un homme, sa compagne et son fils, interpellés mardi matin étaient toujours en garde à vue dans la soirée du 15mars. Ils ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur les attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, a-t-on appris de source judiciaire.

Les enquêteurs s’intéressent à “d’éventuelles connexions” entre cette famille et Amédy Coulibaly, le tueur de Montrouge et de l’Hyper Cacher de Montrouge. Ils cherchent à savoir “si un soutien logistique a pu être apporté”, a précisé une source proche de l’enquête.

>> À relire sur France 24 : “Attentat de l’Hyper Cacher : Coulibaly a agi sur ordre d’un commanditaire”

Ils ont été interpellés mardi matin par la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la police judiciaire d’Orléans à Montargis et Villemandeur (Loiret). Leur garde à vue peut se prolonger jusqu’à quatre-vont-seize heures.

L’homme, âgé de 47 ans, est connu des services de police. Selon une source proche du dossier, il a été condamné en octobre 2008 à trois ans de prison, dont dix-huit mois avec sursis, dans l’affaire Safé Bourada – dont le groupe était soupçonné de vouloir commettre des attentats en France.

Fiché “S”, il est assigné à résidence depuis novembre 2015. En janvier, il avait contesté cette assignation devant le tribunal administratif d’Orléans, mais sa demande avait été rejetée. Sa compagne a été élevée avec Hayat Boumeddienne, la veuve d’Amédy Coulibaly, d’après cette source.

Sept personnes mises en examen

Sept hommes sont mis en examen dans cette enquête, soupçonnés d’une aide logistique à Amédy Coulibaly. Certains d’entre eux avaient des sympathies pour la mouvance islamiste radicale. Plusieurs ont rencontré Coulibaly en détention.

Le 7 janvier 2015, les frères Chérif et Saïd Kouachi avaient assassiné onze personnes, parmi lesquelles cinq dessinateurs – Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré – et l’économiste Bernard Maris, au siège de Charlie Hebdo, à Paris, avant d’abattre le policier Ahmed Merabet.

Le lendemain, Amédy Coulibaly avait tué une policière municipale (Clarissa Jean-Philippe) à Montrouge (Hauts-de-Seine). Le 9 janvier, il prenait en otage les clients d’un supermarché casher porte de Vincennes à Paris, tuant quatre personnes et en blessant grièvement sept autres avant de mourir dans l’assaut donné par les forces de l’ordre. En fin d’après-midi, les frères Kouachi, réfugiés dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) (à 45 km au nord-est de Paris), étaient également tués.

Avec AFP

Première publication : 16/03/2016