Archive for March 17th, 2016

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Prévisions de croissance maintenues, chômage repassant sous la barre des 10 % : l’Insee a rendu jeudi une note de conjoncture qui détonne avec les pronostics habituels. Trop optimiste ?

François Hollande va-t-il pouvoir se présenter à sa propre succession en 2017 l’esprit tranquille ? L’actuel président avait promis qu’il ne chercherait pas à se faire réélire si la courbe du chômage ne s’inversait pas. L’Insee lui a délivré, jeudi 17 mars, une note de conjoncture marquée du sceau de l’optimisme avec une légère baisse du chômage.

Les prévisionnistes de l’institut maintiennent que la croissance au premier trimestre sera de 0,4 % malgré une “conjoncture mondiale morose”. D’après leur estimation, les projections du gouvernement – une hausse du PIB de 1,5 % sur l’année – seront presque tenues (l’Insee table sur une croissance de 1,4 %).

Un chômage sous la barre des 10 %

Cette relative bonne santé économique se traduirait par une baisse de 0,1 % du nombre de Français sans emploi au premier trimestre. C’est peu, mais cette diminution permettrait au taux de chômage de passer sous la barre symbolique de 10 %. La note de l’Insee ajoute que le marché de l’emploi devrait ensuite se stabiliser sur l’ensemble de l’année.

Mais pour Pascal de Lima, impossible de pousser le bouchon de l’optimisme jusqu’à évoquer une inversion durable de la courbe du chômage. Tout d’abord, “parce qu’il faudrait que la croissance soit d’au moins 1,5 % sur une longue période, alors que l’Insee juge qu’elle sera plutôt de 1,4 % à la fin de l’année”, note Pascal de Lima, fondateur du cabinet de conseil EcoCell, contacté par France 24.

Effet limité dans le temps

Deux facteurs expliquent principalement cet optimisme des prévisionnistes. “L’investissement industriel et la consommation, portée par une hausse du pouvoir d’achat, ont contribué aux bons résultats de ce début d’année”, poursuit Pascal de Lima. Même si la hausse du pouvoir d’achat peut paraître difficilement perceptible au commun des Français, elle provient de différents légers coups de pouce du gouvernement (primes de fin d’année, dégel de la rémunération des fonctionnaires) associés à une inflation toujours très faible.

Le “tonus” évoqué par l’Insee pour qualifier ce début d’année doit surtout beaucoup à des mesures politiques avec un effet limité dans le temps. C’est, par définition, le cas des primes de fin d’année tandis que le redémarrage de l’investissement industriel risque d’avoir fait long feu. “Il repose beaucoup sur le CICE [Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi] qui a incité les entreprises à investir”, rappelle l’économiste français. Ce dispositif arrive à terme et doit être remplacé par une baisse des charges sociales.

Sans ces incitations, l’économie française perdrait des armes importantes pour lutter contre les soubresauts de la conjoncture mondiale, comme le ralentissement de l’économie chinoise. Reste à savoir si le gouvernement a d’autres atouts dans sa manche d’ici la prochaine élection présidentielle ou si, comme le craint Pascal de Lima, ce début d’année n’est qu’une “illusion de reprise”.

Première publication : 18/03/2016

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Le Caire a annoncé jeudi qu’il y avait “90 %” de chances qu’il existe des pièces cachées derrière le tombeau de Toutankhamon. Une découverte qui ravive l’espoir de retrouver la dernière demeure de la légendaire reine Néfertiti.

Néfertiti, y es-tu ? L’Égypte a annoncé, jeudi 17 mars, la découverte plus que probable de deux “pièces cachées” dans la tombe du jeune pharaon Toutankhamon. Ces pièces pourraient contenir les restes de la mythique reine morte plus de 1 330 ans avant Jésus-Christ. Les murs ont été scannés pour révéler, avec un taux de certitude de “90 %”, des espaces contenant “des matériaux organiques et métalliques”, a assuré Mamdouh al-Damati, le ministre égyptien des Antiquités, lors d’une conférence de presse.

Découvrir les restes de Nefertiti dans le même tombeau que Toutankhamon, c’est l’espoir que nourrit l’égyptologue britannique Nicholas Reeves. C’est lui qui a encouragé le scientifique et expert japonais des techniques de radar Hirokatsu Watanabe à faire des relevés sur place.

Chercher la femme

L’archéologue britannique soutient, depuis octobre 2015, que la construction du tombeau de Toutankhamon ressemble davantage aux lieux de sépulture féminins de l’Égypte antique. La mort précoce du jeune pharaon, décédé alors qu’il avait environ 19 ans, aurait pris les architectes de l’époque de court. Forcés de trouver un lieu pour enterrer le pharaon, ils auraient choisi d’agrandir le tombeau des épouses du souverain Akhenaton.

Toujours d’après Nicholas Reeves, la taille des murs qui cachent les pièces secrètes indique que l’une d’elles doit avoir été réservée à une personnalité importante. Néfertiti semble être la candidate idéale, puisqu’elle était la favorite d’Akhenaton.

Mais tout le monde ne partage pas la théorie du Britannique, à commencer par le ministre égyptien des Antiquités Mamdouh al-Damati lui-même. Celui-ci n’exclut pas la possibilité de retrouver enfin la dernière demeure de Néfertiti, mais il penche pour une autre hypothèse. Selon lui, les restes d’une autre des femmes d’Akhénaton (il en a eu quatre), ou bien une de ses sept ou huit filles pourraient occuper la mystérieuse pièce cachée.

Qui que soit le voisin secret de Toutankhamon, ce serait “le premier cas connu d’un tombeau dans un autre tombeau en Égypte”, rappelle Mehdi Tayoubi, président de l’Institut HIP qui mène depuis fin 2015 une autre mission pour percer les mystères de plusieurs pyramides grâce aux innovations technologiques.

Comprendre un radar

Cependant, cet expert, contacté par France 24, souligne qu’il y a encore trop d’incertitudes pour tirer de conclusion définitive. La technique de scanner a simplement “permis de démontrer qu’il existait une espace jusque là inconnu derrière les murs”, souligne-t-il. Cela ne signifie pas pour autant qu’on a affaire à une construction humaine : il peut s’agir d’une cavité naturelle. Mais les relevés des radars qui indiquent la présence possible de matière organique ou métallique semble aller dans le sens de l’œuvre humaine.

Encore faut-il avoir bien analysé les relevés du radar. Pas simple, assure au “National Geographic” Remy Hiramoto, un spécialiste américain de micro-électronique qui travaille sur le décryptage de données radar. “C’est comme un test de rorschach [test psychologique d’analyse des formes]”, explique-t-il. Il faut être très entraîné pour faire la différence entre du métal, de la matière organique ou autre chose.

Surtout, ces déductions doivent être corroborées par d’autres techniques d’exploration, assure Mehdi Tayoubi, de l’Institut HIP. Il existe actuellement plusieurs procédés non-intrusifs qui permettraient d’affiner les conclusions. “Il est possible d’utiliser une méthode acoustique [chercher comment le son se propage, NDLR], avoir recours à d’autres types de scanners ou encore utiliser des rayons à infrarouge sur plusieurs mois”, explique cet expert. C’est, d’après lui, un mélange de plusieurs approches qui permettra d’être sûr à 100 % et non pas à 90 %. Il assure qu’avec toute la technologie à disposition, il est impensable de ne pas attendre d’être certains des résultats avant de percer un chef d’œuvre comme le tombeau de Toutankhamon. La beauté légendaire de Nefertiti vaut bien la peine d’attendre encore un peu.

Reste à savoir si le blason touristique de l’Égypte peut, lui, patienter encore longtemps. Comme le souligne le “New York Times“, cette annonce ne peut mieux tomber, à l’heure où cette destination est de moins en moins prisée par les touristes, refroidis par l’instabilité politique et les récentes attaques jihadistes.

Première publication : 18/03/2016

La décision de François Hollande de rendre hommage aux victimes de la guerre d’Algérie, le 19 mars, jour du cessez-le-feu, a provoqué la colère de la droite. Pour l’historien Gilles Manceron, ces critiques montrent un réveil de l’idéologie coloniale.

En choisissant d’assister aux commémorations du 19-Mars, date du cessez-le-feu en Algérie scellé par les accords d’Évian en 1962, le président français François Hollandes’est attiré les foudres de la droite.

Plus de cinquante ans après l’indépendance algérienne, cette date, devenue la Journée nationale de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, fait toujours polémique. Spécialiste de la période coloniale, l’historien Gilles Manceron explique à France 24 les raisons de cette profonde division.

France 24 : En se rendant samedi au Mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, situé Quai Branly, François Hollande va devenir le premier président français à assister à des commémorations du 19-Mars. Pourquoi ?



Gilles Manceron : Cette journée nationale du souvenir a été votée en décembre 2012, après l’élection de François Hollande comme président de la République. Cela ne fait donc pas très longtemps qu’elle a été instituée et c’est la première fois que le président va s’exprimer à cette date-là. Cela montre un certain engagement de sa part pour insister sur l’existence de cette journée nationale du souvenir des victimes des combats d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie.

L’ex-chef de l’État Nicolas Sarkozy a critiqué hier cette décision en expliquant que cette date n’était pas acceptée par tous. Pourquoi cette journée reste-t-elle au cœur d’un douloureux débat ?

Parce que les partisans de l’Algérie française de l’époque, qui s’étaient opposés au cessez-le-feu des accords d’Évian, ont continué à faire entendre leur vision de l’Histoire, à savoir qu’il aurait fallu maintenir la présence française. C’était tout le combat de l’OAS (l’Organisation armée secrète, créée en 1961 pour défendre l’Algérie française, NDLR) contre l’indépendance. Cette vision a continué à se diffuser dans la société française à l’extrême droite d’une part, et dans la droite (classique, NDLR) d’autre part. Au sein cette dernière, le courant gaulliste, héritier de cet acte politique qu’était la reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie par Charles de Gaulle, s’est comme dissous.

Cette vision d’une légimité de l’Algérie française, qui est portée dans le Midi de la France (où vit une importante communauté de pieds-noirs, NDLR) par un certain nombre de personnes, très actives et même majoritaires dans l’opinion (locale, NDLR), a acquis une certaine hégémonie culturelle dans cette région. Politiquement, elle a conquis la droite française. Plus personne ne défend l’œuvre du général de Gaulle qui consistait à dire que ‘le colonialisme, c’est fini’. D’un autre côté, à gauche, où existe toujours un certain antigaullisme dans cette affaire algérienne, on voit aussi s’insinuer des discours de réhabilitation de la colonisation.

Cette date du 19 mars est aussi critiquée par les rapatriés qui estiment qu’elle ne marque pas la fin de la guerre. Ils avancent notamment le fait que plusieurs milliers d’Européens et de harkis ont été tués après cette date.Qu’en est-il ?

C’est un fait qu’il y a eu encore des victimes après le 19 mars en Algérie et en France. Mais si elles ont existé, c’est en raison du refus de l’OAS de reconnaître l’indépendance et l’application des accords d’Évian. Cet argument ne tient pas non plus la route au regard de l’Histoire. Si vous regardez le 8 mai 1945 par exemple, il y a eu après cette date encore de nombreux Français tués dans le Pacifique, notamment dans des camps japonais. Cela ne nous empêche pas de dire que le 8 mai marque la fin de la Seconde Guerre mondiale. Même chose pour le 11 novembre 1918. Il y a aussi eu des morts français dans les Balkans dans des opérations militaires dans les mois qui ont suivi.

Quelle date pourrait faire consensus ?

À mon avis, la date la plus logique reste le 19 mars. Si elle est refusée par certains, c’est plus pour des raisons idéologiques qui traduisent le retour de la nostalgie de la colonisation dans la société française que pour des raisons historiques valables. Cette date devrait faire consensus.

C’est d’ailleurs ce qu’espère le président en faisant un discours. Il le fera samedi au Quai Branly qui avait été choisi par le président Chirac quand il avait institué la journée du 5 décembre (en 2002, pour mettre fin à la polémique sur la guerre d’Algérie, Jacques Chirac avait choisi cette date neutre pour rendre hommage à tous les morts de ce conflit, NDLR). Mais ce jour ne correspond à aucune date historique, elle était juste libre dans l’agenda de Jacques Chirac pour l’inauguration du Mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.

Le discours de François Hollande peut-il constituer un tournant ?



Il y a eu un militantisme très véhément de l’extrême droite depuis quelques années contre le 19 mars. On a par exemple vu Robert Ménard débaptiser une Rue du 19 mars à Béziers et lui donner le nom d’un militaire putschiste, Denoix de Saint-Marc. Cela s’est également fait dans d’autres municipalités d’extrême droite. François Hollande veut réagir à cela. Il veut peut-être aussi donner des gages à la partie anticoloniale de la gauche française qui, d’une manière générale, lui fait beaucoup défaut dans le soutien à sa politique.

Ce débat n’est en tout cas pas prêt de s’apaiser car il y a une sorte de guerre des mémoires. On assiste à un certain réveil du projet colonial qui s’appuie sur la nostalgie de ce monde pied-noir ou du moins qui s’en réclame. D’autres en ont fait un fond de commerce idéologique.

Première publication : 18/03/2016

À l’occasion de la journée nationale du Souvenir Algérie-Maroc-Tunisie, François Hollande se rendra le 19 mars au Quai Branly pour rendre hommage aux victimes de la guerre d’Algérie. Une date qui a suscité la colère de Nicolas Sarkozy.

C’est une initiative qui est loin de faire l’unanimité. Pour la première fois depuis la fin de la guerre d’Algérie, un président français, en l’occurrence François Hollande va assister aux commémorations du 19-Mars, date du cessez-le-feu scellé par les accords d’Évian en 1962. Le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, a ainsi lancé une violente charge contre le chef de l’État dans une tribune publiée jeudi 17 mars sur le site internet du journal Le Figaro.

“Le président de la République et sa majorité ont choisi délibérément le 19 mars, date du cessez-le-feu qui suivit la signature des accords d’Évian pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie. Pour qu’une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous. Or, chacun sait qu’il n’en est rien, le 19 mars reste au cœur d’un débat douloureux, écrit l’ancien chef de l’État. Choisir la date du 19 mars que certains continuent à considérer comme une défaite militaire de la France, c’est en quelque sorte adopter le point de vue des uns contre les autres, c’est considérer qu’il y a désormais un bon et un mauvais côté de l’Histoire et que la France était du mauvais côté”, poursuit-il.

Une date qui a toujours divisé

Pour argumenter sa démonstration, l’actuel candidat à la primaire de la droite et du centre n’hésite pas à exhumer le souvenir d’un autre socialiste, partie prenante des évènements de l’époque. “Le président François Mitterrand, lui-même, refusa catégoriquement de reconnaître cette date pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie”, argumente Nicolas Sarkozy. “Il faut dire qu’il avait été un acteur de l’époque, en prise avec ces événements. Il savait que le conflit n’avait pas cessé au lendemain des accords d’Évian et que la tragédie au contraire s’était poursuivie pendant des mois”.

La date du 19 mars a toujours fait débat de part et d’autre de la Méditerranée. En France, d’aucuns estiment qu’elle est marquée du sceau de l’infamie. Les rapatriés estiment que le cessez-le-feu du 19 mars 1962, négocié la veille lors des accords d’Évian, ne marque pas la fin de la guerre. Bien au contraire. Ils avancent notamment le fait que plusieurs milliers d’Européens et de harkis ont été tués après. Sans oublier l’exode des pieds-noirs. Le site d’extrême droite Valeurs Actuelles, qui a lancé une pétition contre “la commémoration de la honte et du déshonneur”, dénonce “le voile noir de l’oubli sur les souffrances d’une partie de ses compatriotes, poursuit sa démarche de repentance vis-à-vis de l’Algérie, qui célèbre le 19 mars comme une victoire, et exige que ne soit reconnue qu’une seule catégorie de victimes […]”. Dans la même lignée, la présidente du Front national Marine Le Pen a accusé vendredi le chef de l’État de “violer la mémoire” des anciens combattants et harkis.

Deux histoires, deux mémoires en concurrence

Selon Thierry Rolando, président national du Cercle algérianiste, cité dans les colonnes du journal algérien El Watan, il ne s’agit une fois de plus que de la mise en concurrence de deux mémoires. “François Hollande est en train de tourner le dos à une partie de la communauté nationale, il ne reconnaît qu’une seule souffrance, celle des Algériens et jette un voile d’ombre sur les drames des harkis et des Français d’Algérie. Il pourrait embrasser toutes les mémoires en se rendant aux commémorations du 5 décembre.”

En 2002, pour mettre fin à la polémique sur la guerre d’Algérie, Jacques Chirac avait en effet choisi le 5 décembre pour rendre hommage à tous les morts de ce conflit. Une date neutre correspondant uniquement à l’inauguration du mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie au musée du Quai Branly. Un décret du 26 décembre 2003, rappelé dans une loi du 23 février 2005, a officialisé ce calendrier.

Nicolas Sarkozy appelle donc le chef de l’État à choisir l’apaisement. “La guerre d’Algérie a été un événement dramatique, des hommes et des femmes portent encore dans leur souvenir comme dans leur chair la trace de cette Histoire vivante, ne déclenchons pas une guerre des mémoires”.

Première publication : 18/03/2016

Le Sénat a voté jeudi une version réécrite de la déchéance de nationalité – et donc différent du texte voté à l’Assemblée nationale. Pour les élus de la chambre haute, seuls les binationaux peuvent être déchu de leur nationalité française.

C’est un camouflet pour Manuel Valls et une nouvelle douche froide pour le gouvernement. Jeudi 17 mars, les sénateurs, à majorité de droite, ont réécrit et voté une version différente de celle du gouvernement sur la déchéance de nationalité.

Ce “nouveau” texte prévoit, comme dans sa mouture initiale, que seuls les binationaux puissent perdre leur nationalité française en cas d’actes de terrorisme. Le premier texte voté par l’Assemblée nationale, le 10 février, à majorité de gauche, prévoyait son extension à tous les Français, pour ne pas créer de discrimination.

“La France ne saurait fabriquer d’apatrides, quelle que soit la gravité des crimes qui leur sont reprochés”, a déclaré le rapporteur et président de la commission des Lois, Philippe Bas (LR), également sénateur de la Manche. Son amendement a été adopté par 187 voix contre 149 et 7 abstentions.

“Voter un texte dans les mêmes termes”

Or les deux chambres doivent adopter un texte conforme pour aller à Versailles et entériner toute révision constitutionnelle. Sans accord unanime, pas d’entrée dans la Loi fondamentale. Que va-t-il donc se passer ? Peu d’options s’offrent au gouvernement : le texte poursuivra certainement ses navettes entre les deux chambres du Parlement, à moins que le gouvernement renonce.

“Il faut avancer ensemble et trouver le meilleur moyen de voter dans les mêmes termes […] ce texte”, a déclaré Manuel Valls, venu au Sénat défendre la révision de la Constitution. “Il ne faut pas que ça dure trop longtemps, les Français ne le comprendraient pas”, a ajouté le Premier ministre sur la chaîne Public Sénat.

Depuis quatre mois, ce projet réveille les antagonismes à gauche, où les plus virulents dénoncent des mesures piochées à droite, voire à l’extrême-droite, et contraires à l’exigence d’égalité entre citoyens. Le vote solennel au Sénat sur l’ensemble du projet de révision constitutionnelle doit avoir lieu le 22 mars.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 18/03/2016