Archive for March 20th, 2016

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Depuis plus d’un mois, le FBI et les autorités bangladaises se demandent comment des pirates informatiques ont pu détourner 81 millions de dollars. Leur enquête les a menés jusqu’à des casinos aux Philippines.

Il assurait pouvoir identifier trois des pirates informatiques à l’origine du retentissant braquage qui a coûté 81 millions de dollars à la banque centrale du Bangladesh en février 2016. L’expert bangladais en cybersécurité Tanveer Hassan Zoha n’a pas pu en dire plus : il a disparu depuis plusieurs jours, a annoncé sa femme, Kamrun Nahar Chowdhury, dimanche 20 mars. Elle affirme qu’il a été kidnappé alors qu’il était dans un rickshaw et que la police refuse d’enquêter sur cet enlèvement qui pourrait être lié à ce braquage 2.0.

Cette disparition n’est que l’un des mystères qui entourent encore l’une des plus spectaculaires et rentables attaque informatique contre une banque. Principales interrogations des enquêteurs bangladais, rejoints depuis la semaine dernière par le FBI : qui sont les voleurs et comment ont-il réussi à pénétrer dans le système informatique d’une banque centrale et tromper la vigilance de tout le monde, y compris la Réserve fédérale de New York ?



Imprimante en panne

Pour parvenir à y voir plus clair, les autorités bangladaises cherchent depuis début mars à retracer le film des événements. Il commence à prendre forme. Tout commence il y a plus d’un an. Le 15 mai 2015, quatre comptes sont ouverts dans une banque de Manille, la capitale des Philippines, en utilisant des faux permis de conduire.

Ces comptes restent dormant jusqu’au vendredi 5 février. Ils sont alors approvisionnés de 81 millions de dollars, en provenance de la Banque centrale du Bangladesh. Au même instant, au siège de l’institution monétaire, un directeur adjoint se rend compte que l’imprimante ne fonctionne plus. Impossible d’avoir la trace écrite – générée automatiquement par l’imprimante – des ordres passés la veille.

Il faudra aux salariés une journée en plus pour imprimer manuellement tous les documents et se rendre compte de l’étendue du désastre. Des pirates informatiques ont réussi à falsifier 35 ordres adressés à la Réserve fédérale de New York (où sont stockés une partie des réserves en dollars de la banque centrale du Bangladesh) pour un montant total de 951 millions de dollars.

La banque new-yorkaise a bloqué le virement de 850 millions de dollars mais, elle a autorisé le transfert de 101 millions de dollars. Les autorités américaines assurent que ces ordres ont été validés par le système électronique d’authentification bancaire. Mais la Réserve fédérale de New York n’a pas précisé pourquoi elle n’a pas donné son feu vert à la majorité des demandes de virements.

À Dacca, personne ne sait où sont passés les 101 millions de dollars. Très vite, les autorités bangladaises vont récupérer 20 millions de dollars, bloqués dans une banque sri-lankaise. Les cybercriminels avaient mal orthographié le nom de l’ONG, censée être le destinataire final des fonds, ce qui avait éveillé les soupçons des banquiers.

Une banquière silencieuse

Pour les 81 millions de dollars restant, l’affaire s’annonce plus difficile. L’enquête a pu établir qu’ils ont fini dans le réseau des casinos philippins, où l’argent a pu être blanchi. Pour y parvenir, les braqueurs ont mis au point un plan très minutieux.

Ils ont d’abord ouvert, toujours à la même banque de Manille, un cinquième compte au nom de William So Go, sur lequel ils ont virés l’intégralité de l’argent récupéré, avant que les autorités n’aient le temps de bloquer les quatre comptes initiaux.

Contrairement à toutes les fausses identités utilisées dans cette histoire, celle de William So Go est bien réelle. Il existe bel et bien un financier sino-philippin qui porte ce nom. Il a assuré aux enquêteurs n’y être pour rien. Il soutient que sa signature – nécessaire pour ouvrir le compte – a été falsifiée et a même déposé plainte contre la banque pour défaut de contrôle suffisant.

Ce nouveau compte a ensuite été, à son tour, vidé durant le week-end du 6 et 7 février. D’où une autre interrogation des enquêteurs : comment la banque de Manille a-t-elle pu autoriser une transaction d’un tel montant sans prendre des précautions spécifiques quant à l’identité des bénéficiaires de l’argent ?

Une personne pourrait détenir une partie de la réponse, mais elle refuse de parler. Maia Santos Deguito, responsable de la filiale de la banque de Manille où se trouvait les comptes, a permis, à deux reprises, des retraits et virements substantiels.

Une première fois, elle ne s’est pas opposée à ce qu’une personne, se présentant sous une fausse identité, retire 22,7 millions de dollars en liquide. Un peu plus tard, elle donne le feu vert au virement des fonds restant, qui se sont perdus dans le circuit des casinos philippins. Poursuivi par l’agence philippine de lutte contre le blanchiment d’argent, Maia Santos Deguito a préféré opter pour le silence afin “de ne pas s’incriminer”.

Les enquêteurs s’intéressent aussi au rôle des casinos qui n’ont pas tiqué face à une hausse substantielle d’argent dans leur circuit. Les gérants de ces établissements n’auraient pas été surpris car ce week-end correspondait à la période du nouvel an chinois, “et nous nous attendions à avoir plus d’activité que d’habitude”, a affirmé au “Financial Times” Silverio Benny Tan, l’un des responsables de Bloomberry, une des sociétés de casinos. Les braqueurs avaient bien choisi leurs dates pour leur commettre leur méfait.

Première publication : 21/03/2016

Un des complices des commandos qui ont commis les attentats de Paris a été identifié comme étant Najim Laachraoui, un jeune homme âgé de 24 ans, parti en Syrie en février 2013. Le parquet fédéral belge n’a pas précisé sa nationalité.

L’enquête progresse après l’arrestation de Salah Abdeslam, vendredi 18 mars. Le parquet fédéral belge a annoncé lundi avoir identifié un complice des commandos qui ont commis les attentats de Paris, le 13 novembre 2015. L’homme, connu sous la fausse identité de Soufiane Kayal, se nomme Najim Laachraoui et il est âgé de 24 ans.

Le communiqué du parquet ajoute qu’il s’est rendu en Syrie en février 2013. Aucune précision n’a été donnée sur sa nationalité.

L’ADN de Najim Laachraoui a été retrouvé sur “du matériel explosif utilisé lors des attaques”, a indiqué lundi une source proche de l’enquête, confirmant une information d’iTélé.

Najim Laachraoui : l’artificier des attentats du 13-Novembre ?

Sa maison, louée sous sa fausse identité, avait été perquisitionnée le 26 novembre 2015 à Auvelais, près de Namur. Elle a servi pour préparer les attaques du 13 novembre. “Des traces ADN de Laachraoui Najim ont été retrouvées dans la maison louée à Auvelais, ainsi que dans l’appartement de la rue Henri Bergé à Schaerbeek (une commune de Bruxelles, NDLR), qui auraient été utilisés par le groupe terroriste”, précise ainsi le parquet en lançant un nouvel appel à témoin.

“On est parti, on commence”

Laachraoui avait également été contrôlé dans une voiture le 9 septembre, sous sa fausse identité de Soufiane Kayal, à la frontière austro-hongroise en compagnie de Salah Abdeslam et de Mohamed Belkaïd, un Algérien de 35 ans abattu par la police mardi à Forest, dans le sud-ouest de Bruxelles.

Les enquêteurs soupçonnent par ailleurs Laachraoui et Belkaïd d’avoir été en liaison téléphonique avec certains membres des kamikazes le soir du 13 novembre. Il y a en effet une “forte probabilité” pour que Belkaïd ait été le destinataire du SMS: “On est parti, on commence”, envoyé à 21 h 42 par l’un des kamikazes du Bataclan à un téléphone localisé en Belgique. Un autre numéro belge a appelé ce soir-là Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur présumé des attaques, depuis le même endroit à Bruxelles.

Le 17 novembre, la fausse carte d’identité de Belkaïd, au nom de Samir Bouzid, a été utilisée pour faire un virement de 750 euros à Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abaaoud afin qu’elle lui trouve une planque en région parisienne.

Les procureur belge et français discrets

Lors d’une conférence de presse, lundi 21 mars, le procureur de Paris François Molins et le procureur fédéral belge, Frédéric Van Leeuw, n’ont pas apporté d’éléments supplémentaires sur l’enquête. Les deux hommes se sont surtout contentés de vanter la collaboration franco-belge. “La coopération judiciaire [entre les deux pays] est très riche et fluide”, a indiqué François Molins.

“[Nous sommes] loin d’avoir terminé le puzzle”, a cependant déclaré le procureur fédéral belge. Interrogé sur la cavale de quatre mois de Salah Abdeslam, Frédéric Van Leeuw a déclaré : “Nous n’avons pas la ligne exacte du temps, ça c’est encore des informations qu’il va devoir nous donner”. Si Salah “Abdeslam décide (…) de nous donner quelques explications, ce que j’espère, ça va donner une autre lumière sur le dossier et éclairer quelques zones d’ombre”.

Ci-dessous, la conférence de presse de Molins et Van Leeuw

François Molins a ensuite été interpellé sur le refus de Salah Abdeslam, d’être remis à la France. Il a affirmé qu’il y avait “une forte attente de la justice française et des victimes” à ce sujet. Mais, “il faut laisser le temps à la justice belge de respecter” les règles applicables au mandat d’arrêt européen. “Le délai butoir c’est trois mois”, a-t-il rappelé.



Avec AFP

Première publication : 21/03/2016

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Sophie Bellon, PDG de Sodexo, devient, lundi, la première patronne d’une entreprise cotée au CAC40. Son empire de la restauration d’entreprise remplace Alstom, qui sort de l’indice des principales valeurs de la Bourse de Paris.

Sophie Bellon s’occupe de la cantine d’un grand nombre d’entreprises en France et dans le monde. Elle est la patronne du géant français du secteur, Sodexo. À partir du lundi 21 mars, elle devient aussi la première femme à diriger un groupe du CAC40, l’indice des quarante principales valeurs de la Bourse de Paris.

Sodexo remplace, en effet, le mastodonte français des transports, Alstom au sein du prestigieux indice. Cette accession de Sophie Bellon au saint des saints de la Bourse est un moment historique, qui montre à quel point le gratin du monde français des affaires est resté masculin.

Banque et luxe

La PDG est arrivée à la tête de l’entreprise le 26 janvier 2016. À 54 ans, elle y succède à son père, Pierre Bellon, le patriarche fondateur de cette entreprise familiale marseillaise.

Sophie Bellon n’a pas passée sa carrière dans l’ombre du paternel. Après un diplôme de l’École des hautes études commerciales (Edhec), elle débute un parcours de banquière de haut vol et s’occupe des fusions acquisitions pour le Crédit Lyonnais, dans les années 1980. Elle fait, ensuite, un détour par le monde du luxe où elle se transforme en agent à l’international pour plusieurs marques de mode française.

Elle rentre au bercail industriel en 1994 où elle grimpe progressivement les échelons. Dix-neuf ans plus tard, en février 2013, le conseil d’administration décide que c’est Sophie Bellon qui devra succéder à son père lorsque ce dernier passera les rènes. L’entreprise qu’elle dirige compte, aujourd’hui, 428 000 salariés dans le monde et pèse 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Première publication : 21/03/2016