Archive for March 28th, 2016

Stéphane Le Foll a ordonné aux préfets de procéder d’ici un mois à des inspections relatives à la protection des animaux dans tous les abattoirs de France. Des vidéos publiées par l’association L214 ont fait état de cruauté envers les animaux.

Les abattoirs sont désormais dans le viseur des autorités françaises. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a ordonné, mardi 29 mars, aux préfets de procéder d’ici un mois à des “inspections spécifiques sur la protection animale dans l’ensemble des abattoirs” du pays.

“En cas de défaut avéré constaté à l’occasion de ces inspections”, Stéphane Le Foll demande “la suspension sans délai de l’agrément de ces établissements”, précise le ministère dans un communiqué.

Des animaux visiblement mal étourdis ou brutalisés

C’est une vidéo tournée en caméra cachée dans un abattoir du pays Basque qui a mis le feu. Publiée par l’association de défense des animaux L214, elle montre des mauvais traitements infligés à des animaux à l’abattoir intercommunal du Pays de Soule, à Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), dont l’agrément a aussitôt été suspendu par les autorités. Sur les images, tournées pendant la période d’activité intensive précédant Pâques, on peut voir des animaux visiblement mal étourdis ou brutalisés, des moutons saignés alors qu’ils présentent encore des signes de conscience, ainsi qu’un agneau écartelé encore vivant.

Les résultats de ces inspections “seront transmis à la commission d’enquête parlementaire annoncée le 22 mars”. Sur cette base, le ministre “prendra les mesures qui s’imposent pour renforcer la responsabilité des opérateurs, en particulier sur la surveillance des postes d’abattage”, selon le communiqué.

“Malgré le renforcement des contrôles […], il s’agit de la troisième vidéo révélant de tels actes de cruauté envers les animaux”, précise le ministre, qui souligne avoir demandé en novembre aux préfets de “s’assurer de la prévention de tout acte de maltraitance lors de l’abattage et rappelé la responsabilité des opérateurs”.

Deux autres vidéos similaires ont été publiées par L214 en octobre et en février, tournées respectivement dans les abattoirs d’Alès et du Vigan (Gard).

Avec AFP

Première publication : 29/03/2016

Détenue depuis le 24 mars à La Haye, l’ex-porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Florence Hartmann, a été libérée mardi. Le TPIY avait confirmé cette mise en liberté provisoire plus tôt dans la journée.

L’ancienne porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), la Française Florence Hartmann, a été libérée mardi 29 mars. C’est son avocat qui l’avait annoncé plus tôt dans la journée, affirmant que sa cliente “se réjouissait” de la nouvelle.

“Le fait que Hartmann ait purgé plus des deux tiers de sa peine et qu’elle se soit comportée de manière exemplaire sont des facteurs qui ont favorisé sa libération anticipée”, a déclaré le juge Theodor Meron, ancien président du TPIY. L’instance avait confirmé dans un communiqué la mise en liberté provisoire “aussi vite que possible” de Madame Hartmann, 53 ans, qui avait été arrêtée jeudi pour outrage.

>> À relire sur France 24 : Florence Hartmann incarcérée à La Haye : un “règlement de compte” selon son avocat

Porte-parole du procureur général du TPIY Carla Del Ponte de 2000 à 2006, Florence Hartmann avait été condamnée en 2009 pour outrage à la Cour. Son tort ? Avoir publié en 2007, dans un livre “Paix et Châtiment”, deux décisions confidentielles rendues par la Cour d’appel du TPIY dans le cadre du procès de Slobodan Milosevic, l’ancien président serbe. Selon elle, le tribunal avait maintenu sous le sceau du secret des documents qui auraient prouvé l’implication de Belgrade dans le génocide de Srebrenica en 1995, où plus de 8 000 Bosniaques avaient été tués.

La Française avait alors été condamnée à payer une amende 7 000 euros, mais avait refusé de s’acquitter de cette somme. Deux ans plus tard, l’ancienne correspondante du Monde avait finalement vu sa peine commuée en 7 jours de prison.

Sur Facebook, une page de soutien a été ouverte pour soutenir Florence Hartmann (cliquez sur l’image)

Avec AFP

Première publication : 29/03/2016

Maître Bourdon, l’avocat de Florence Hartmann, l’ex porte-parole du procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie arrêtée jeudi, dénonce un “règlement de compte”. Sa cliente est actuellement détenue dans la prison de Scheveningen.

Elle était venue écouter le jugement du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) contre l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic. Elle a quitté le TPIY en tant que détenue. Florence Hartmann, l’ancienne porte-parole du procureur du TPIY et ancienne correspondante du Monde dans les Balkans, a été arrêtée jeudi 24 mars par les gardes du tribunal de La Haye. Elle est actuellement incarcérée dans la prison de Scheveningen, le lieu d’incarcération des criminels de guerre – avec notamment pour voisins l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et les Serbes Radovan Karadzic et Ratko Mladic.

Mardi, La Haye a refusé d’alléger ses conditions de détention. “J’ai demandé que le public soit informé de ce qu’ils font à Florence”, a déclaré à l’AFP Me Guénaël Mettraux, l’un de ses avocats. Placée en isolement, elle serait enfermée dans une cellule “contrôlée toutes les 15 minutes pour vérifier qu’elle ne s’est pas suicidée et dont la lumière est allumée 24h/24h”, selon Sophie Kepes, écrivain et responsable de son comité de soutien.

“Choquée mais combattive”

Selon Me Bourdon, un de ses avocats contacté par France 24, “Florence est choquée, mais aussi combattive”. “Beaucoup de gens l’attendent à Paris, et elle a reçu de nombreux soutiens”.

Porte-parole du procureur général du TPIY Carla Del Ponte de 2000 à 2006, Florence Hartmann avait été condamnée en 2009 pour outrage à la cour. Son tort ? Avoir publié en 2007, dans un livre “Paix et Châtiment”, deux décisions confidentielles rendues par la cour d’appel du TPIY dans le cadre du procès de Slobodan Milosevic, l’ancien président serbe. Selon elle, le tribunal avait maintenu sous le sceau du secret des documents qui auraient prouvé l’implication de Belgrade dans le génocide de Srebrenica en 1995, où plus de 8 000 Bosniaques avaient été tués.

Sur Facebook, une page de soutien a été ouverte pour soutenir Florence Hartmann (cliquez sur l’image)

La Française avait alors été condamnée à payer une amende 7 000 euros, mais avait refusé de s’acquitter de cette somme. Deux ans plus tard, l’ancienne correspondante du Monde avait finalement vu sa peine commuée en 7 jours de prison.

“Elle a sans douté irrité quelques magistrats”

Et depuis, plus rien. Les juges avaient pourtant demandé aux autorités françaises d’arrêter et de transférer l’ancienne journaliste à La Haye, mais Paris avait refusé. Et Florence Hartmann avait continué à voyager aux Pays-Bas. “C’est vrai qu’elle est venue plusieurs fois au Tribunal de La Haye sans être inquiétée”, confirme Me William Bourdon.

Alors pourquoi a-t-elle été arrêtée maintenant ? “Je n’en sais rien, confesse ce dernier. Elle a sans doute irrité quelques magistrats avec son livre. Tout ceci ressemble à une sorte de règlement de compte. Certains n’ont pas dû aimer son aplomb et son refus de payer l’amende”.

D’autres dénoncent un “acharnement” de la juridiction de La Haye. Dans une lettre ouverte publiée dans la revue Esprit, une centaine de signataires – organisations de défense des droits de l’Homme, militants et journalistes de l’ex-Yougoslavie – ont en effet exprimé leur soutien à Florence Hartmann. Une pétition a également été lancée. “[Le jeudi 24 mars] est un jour de honte pour la justice pénale internationale”, peut-on encore lire dans leur communiqué.

Si elle effectue sa peine de sept jours dans sa totalité, Florence Hartmann devrait sortir de cellule le 31 mars.



Avec AFP

Première publication : 29/03/2016