Archive for March 30th, 2016

Jeudi, des centaines de milliers de personnes ont défilé pour protester contre la Loi travail. France 24 est allé à la rencontre des manifestants dans le cortège parisien.

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté jeudi 31 mars en France contre le projet de réforme du Code du travail – 1,2 millions selon les syndicats, 390 000, dont 26 à 28 000 à Paris, selon la police. À l’appel de plusieurs syndicats, dont la CGT, FO, et des syndicats lycéens et étudiants comme l’Unef et la FIDL, cette troisième journée de mobilisation a vu les opposants au texte afficher leur détermination face à un gouvernement inflexible. France 24 était dans le cortège parisien, dans lequel lycéens, salariés ou retraités ont défilé sous une pluie battante. Paroles de manifestants.

Clara, en Terminale ES dans un lycée de Pontoise (95)


Clara (qui tient un mégaphone) et ses amies, lycéennes au lycée Pissaro de Pontoise (95), sont venues manifester jeudi. © France 24

Mégaphone, en main, Clara, 18 ans, lance le slogan “Pissaro en colère, on va pas se laisser faire !” à toute une bande de lycéens serrés derrière une banderole “Dis Maman, c’était comment quand les travailleurs avaient des droits ?”, que ses camarades reprennent en chœur.

“On est une soixantaine du lycée Pissaro de Pontoise, dans le 95 (Val-d’Oise), à être venus. On est là parce qu’on essaye de se battre pour nos futurs droits et pour ceux de nos parents. On a fait un blocus ce matin au lycée, alors que notre établissement n’est pas du tout politisé à la base. À la manif du 24 mars par exemple, il n’y avait personne, mais là ça a pris, les lycéens commencent à prendre conscience du danger. On est là parce qu’on ne supporte pas l’idée qu’on puisse retirer des droits aux travailleurs. On a déjà 6 millions de chômeurs en France, on ne veut pas aller vers davantage de précarisation. Nous, on réclame le retrait total. On va continuer à manifester au moins jusqu’aux prochaines vacances si le projet de loi est maintenu. Après, il y aura quand même le Bac à passer…”

Bruno, ouvrier à Bridgestone Béthune, Pas-de-Calais


Bruno, de l’usine Bridgestone de Béthune (Pas-de-Calais). © France 24

Bruno Wable travaille depuis 1993 à Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais), une usine qui fabrique des pneus, et pour laquelle il est aujourd’hui élu de la CGT.

“Notre délégation d’une cinquantaine de camarades de Bridgestone Béthune est venue manifester contre la Loi travail, mais aussi en soutien aux ouvriers de Goodyear (le procès en appel des huit ex-salariés de Goodyear, condamnés en janvier à 9 mois de prison ferme pour séquestration de deux cadres, se tiendra le 19 octobre à Amiens). Je travaille à Bridgestone depuis 1993, j’y suis entré comme assembleur. On est dans la même lignée que Goodyear : on va subir une baisse des effectifs et de la production.

Cette Loi travail, c’est impensable. Ce saccage du code du travail est inacceptable pour les salariés. À terme, c’est la mort de l’ouvrier. Le texte prévoit un taux de majoration des heures supplémentaires de 10 % seulement au lieu des 25 %, cela on ne l’accepte pas. On essaye de nous faire croire qu’il y aura de l’embauche derrière, mais c’est faux. Enfin, avec ce texte, les patrons vont pouvoir licencier quand ils veulent, sans aucune difficulté ! On sera dans la rue jusqu’au retrait complet.”

Dominique et Dominique, 63 et 64 ans, retraités du secteur hospitalier, anciens responsables syndicaux, région parisienne


Dominique et Dominique, retraités du secteur hospitalier. © France 24

“En tant qu’anciens responsables syndicaux, l’une des choses qui nous choque le plus dans cette loi, c’est la remise en cause des institutions représentantes du personnel en entreprise. Avec ce texte, le patronat pourra imposer ses vues. La loi travail signe la fin de la représentation syndicale. La possibilité de licencier sans encombre est également inacceptable. C’est la totalité du texte qu’il faut supprimer, ça n’est pas négociable. Le message que fait passer le gouvernement, c’est ‘désormais, pour pouvoir embaucher, il faut licencier’. Qu’un gouvernement de gauche soit à l’origine de ce texte, c’est une honte”

Anne, 47 ans, comédienne et metteur en scène, Paris 18e


Anne, 47 ans, est comédienne et metteur en scène. © France 24

“Ce texte est la pire dégueulasserie que le gouvernement ait inventé. Ce qui me choque le plus, ce sont les indemnités des prud’hommes plafonnées. Alors d’accord, dans la dernière mouture, ce plafond n’a plus été retenu qu’à titre indicatif, mais ça reste dangereux car les juges se baseront évidemment sur cette ‘indication’ pour établir les indemnités à verser au salarié !

Ce gouvernement, on ne l’a pas élu pour ça. On l’a porté au pouvoir dans l’espoir, par exemple, d’aller vers plus de justice sociale et fiscale, et on se retrouve avec le Medef au pouvoir. Je suis déçue et très en colère. J’ai fait toutes les toutes les manifs depuis le 9 mars, j’ai signé la pétition de Caroline de Haas réclamant le retrait du texte, et je continuerai jusqu’au retrait de cette loi. “

Emmanuelle, 33 ans, doctorante en sciences politiques, en recherche d’emploi, Paris, 11e


Emmanuelle, 33 ans, doctorante en sciences politiques, en recherche d’emploi. © France 24

“Si je suis dans la rue aujourd’hui, c’est pour marquer mon opposition à la Loi travail, mais plus globalement à ce gouvernement qui a pris toute une série de mesures auxquelles je suis radicalement opposée, de l’état d’urgence à la déchéance de nationalité – qui fort heureusement n’a pas abouti.

Aujourd’hui, cette loi est une atteinte scandaleuse au droit du travail. Je ne nourrissais pas d’espoirs démesurés dans ce gouvernement à la base, mais sans avoir de grandes attentes, je ne pouvais pas imaginer autant de trahisons. Là, on est face à un démantèlement des acquis sociaux très important. C’est une politique de droite qui est menée aujourd’hui par un gouvernement qui se prétend de gauche.

Au-delà de la loi El Khomri, je suis lassée de cette élite au pouvoir, le fonctionnement de notre système politique, avec ses passages en force et son manque de démocratie, me laisse désemparée.

J’attends dans un premier temps le retrait de ce texte, mais plus largement, une alternative à ce système politique. L’élection présidentielle de 2017 me préoccupe : je n’ai plus envie de participer à ce système. “

Première publication : 31/03/2016

Invité de de Mardi politique, Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et président de l’UDI, est revenu sur les récents attentats à Bruxelles et sur la menace terroriste en France.

L’invité de Mardi politique le 29 mars était Jean-Christophe Lagarde, député de Seine-Saint-Denis et président de l’UDI (Union des démocrates et indépendants), interrogé par Pierre Firtion pour RFI, Roselyne Febvre pour France 24 et Christophe Forcari pour Libération.

Première publication : 31/03/2016

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Des dizaines de milliers d’emails de la société monégasque Unaoil ont pu être consultés par le quotidien australien The Age et le site Huffington Post. Ils révèlent à quel point le secteur pétrolier est gangréné par la corruption.

Tout a commencé par une annonce dans Le Figaro en juillet 2015. Neuf mois plus tard, jeudi 31 mars, le FBI, ainsi que les autorités britanniques et australiennes ont décidé de lancer une enquête sur ce qui pourrait être l’un des plus importants scandales de corruption de ces dernières années. Au centre de cette affaire, révélée par le Huffington Post et le quotidien australien The Age : une petite société monégasque, Unaoil, accusée d’être une pieuvre capable de corrompre à tour de bras et sur tous les continents pour le compte de prestigieux clients liés au secteur pétrolier.

Bien sûr, Unaoil ne se présente pas comme une arme de corruption massive et une partie de ces clients pense avoir affaire à un facilitateur ou à un lobbyiste, assure The Age. Mais d’après les emails consultés, certains savent parfaitement que cette société est prête à verser le dessous de table qu’il faut pour arriver à ses fins.

Sur son site Internet, l’entreprise se décrit comme un intermédiaire qui “minimise les obstacles locaux” pour les grands groupes internationaux. Contacté par France 24, un porte-parole d’Unaoil “conteste toutes les accusations” des deux médias.

Lobbyiste ou corrupteur ?

Le scandale menace pourtant d’éclabousser des géants comme l’Américain Haliburton, le Sud-Coréen Samsung ou encore le Britannique Rolls-Royce. Et pour entrer en contact avec leur source, l’été dernier, les journalistes de The Age ont dû faire paraître un message codé dans la rubrique “Immobilier” du Figaro comportant le mot “Monte Christo”.

En échange, ils ont eu accès à des dizaines de milliers d’emails internes à Unaoil couvrant une période de 2002 à 2012. Ces documents révèlent, assurent le Huffington Post et The Age, à quel point le secteur pétrolier est gangréné par la corruption.

En Irak, par exemple, Unaoil aurait payé au moins 20 millions de dollars à un intermédiaire pour qu’il tente d’”influencer” des figures aussi importantes du paysage politique que l’ancien vice-Premier ministre Hussein al-Chahristani ou l’ex-ministre du Pétrole Kareem Luaibi. En Azerbaïdjan, le spécialiste américain de l’ingénierie KBR (alors filiale du géant de l’énergie Haliburton) aurait payé la société monégasque des millions de dollars pour obtenir des informations susceptibles de l’aider à décrocher des contrats publics.

1 jour de vacance = 1 million de dollars de pot de vin

La société Unaoil est une entreprise familiale fondée en 1991 par le millionnaire iranien Ata Ahsani. Ses deux fils, Cyrus et Saman, gèrent les activités au quotidien, tandis que le patriarche surveille son petit empire en tant que président. La famille est introduite dans les cercles qui comptent à Monaco – l’un des fils est trésorier du Club des ambassadeurs du Rocher – et entretient de bons rapports avec les responsables de la plupart des pays pétroliers, grâce à l’organisation de coûteuses soirées caritatives.

Les emails consultés par The Age permettent de mieux comprendre le modèle économique d’Unaoil, explique le quotidien. Les grands groupes internationaux mandatent cette société pour les représenter lors des négociations de contrats énergétiques dans des marchés dits sensibles. Et si le client remporte le marché, Unaoil récolte une commission au passage.

Bien sûr il n’est jamais fait référence explicitement, dans les échanges électroniques, à des activités illégales. Mais les responsables d’Unaoil et leurs correspondants utilisent un langage codé assez simple à déchiffrer pour le Huffington Post et The Age. Par exemple, le mot “holiday” (vacances) signifierait ainsi “pots-de-vin”. Et “un jour de vacance” équivaudrait à 1 million de dollars. Les différentes cibles d’Unaoil ont souvent droit à des surnoms : le “professeur” désigne l’ex-vice Premier ministre irakien Hussein al-Chahristani. La “maison des spaghettis”, quant à elle, représente le géant pétrolier italien Eni, impliqué dans une affaire au Kazakhstan où Unaoil aurait tenté de favoriser l’américain KBR.

Depuis mercredi 30 mars, les deux médias ont révélé le contenu des emails concernant les activités controversés d’Unaoil sur le continent africain et en Europe de l’Est. Dans les jours à venir, ce feuilleton de révélations devrait s’enrichir d’au moins un nouveau chapitre, concernant l’Asie.

Première publication : 31/03/2016

Des policiers français et belges ont mené jeudi une opération à Courtrai en Belgique , dans le cadre de l’enquête sur le projet d’attentat déjoué en France et pour lequel Reda Kriket a été inculpé. Aucune interpellation n’a eu lieu.

L’affaire de l’attentat déjoué en France la semaine dernière se poursuit en Belgique. Une opération policière franco-belge a eu lieu jeudi 31 mars à Courtrai, en lien avec Reda Kriket, inculpé en France pour un projet d’attentat “imminent”. Aucune interpellation n’a toutefois eu lieu jeudi, et ni explosifs ni armes n’ont été trouvés, selon le parquet fédéral belge.

L’opération s’est déroulée dans le quartier résidentiel de Rodenburg, qui longe l’autoroute E17 au sud de cette ville flamande proche de la frontière française et qui avait été bouclée par la police et l’armée.

Des militaires, munis de détecteurs de métaux et accompagnés de chiens, ont fouillé les abords d’une maison de ce quartier et ses alentours, notamment un petit bois et un terrain proches d’une station-service située sur l’aire d’autoroute.

“Des perquisitions ont été menées autour d’une station service aux abords de l’autoroute E117 qui relie Paris à Rotterdam, où a été arrêté le complice de Reda Kriket. (…) En vain.”

Déjà quatre suspects arrêtés

Reda Kriket, un Français de 34 ans, a lui été inculpé mercredi pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste criminelle par un juge parisien, à l’issue de six jours de garde à vue.

Déjà condamné en Belgique dans une affaire de terrorisme et soupçonné d’avoir séjourné dans les rangs de l’organisation de l’État islamique (EI) en Syrie, Reda Kriket avait été arrêté le 24 mars en région parisienne. Dans l’appartement qu’il occupait, les policiers avaient découvert fusils d’assaut, armes de poing et explosifs, dont du TATP, l’explosif artisanal prisé par les jihadistes de l’EI.

Lors de son arrestation, le ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé la mise “en échec” d’un “projet d’attentat en France conduit à un stade avancé”.

En Belgique, deux hommes, Abderrahmane Ameuroud et Rabah M., arrêtés vendredi à Bruxelles, ont été inculpés en lien avec ce réseau. Un autre complice présumé de Reda Kriket, Anis Bahri, a été interpellé dimanche à Rotterdam aux Pays-Bas. Quelque 45 kg de munitions de calibre 7,62, du type de celles utilisées avec des kalachnikovs, ont été retrouvés à cette occasion.

Avec AFP

Première publication : 31/03/2016

Le fonds d’investissement français Eurazeo aurait accepté de payer 250 millions d’euros pour racheter toute une série de marques de confiserie française, dont Carambar, à l’Américain Mondelez, selon une information du Monde.

De retour sur le sol français : le fonds d’investissement Eurazeo a finalisé, jeudi 31 mars, le rachat des marques de confiserie d’origine française du géant américain de la distribution Mondelez (ex-Kraft Food), selon le quotidien Le Monde. L’opération, estimée à 250 millions d’euros, permettrait au fonds français de mettre les célèbres Carambar, les rochers Suchard, le chocolat Poulain et les pastilles Vichy dans leurs poches. Contacté par France 24, Eurazeo n’a pas voulu confirmer ou commenter cette information.

Mondelez cherche depuis octobre 2015 à se débarrasser de tous les bonbons made in France qui lui collent aux dents. Cette branche d’activité, qui comprend deux usines en France, générait 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, une goutte d’eau pour l’empire Mondelez. Eurazeo était en concurrence avec le fonds PAI et le groupe allemand Katjes pour remporter la mise.

5 000 Carambars par minutes

Les Carambar n’étaient plus français depuis 1998, date à laquelle Danone avait cédé la marque au britannique Cadburry. Les bonbons prennent ensuite la nationalité américaine en 2009 lorsque Mondelez rachète Cadburry.

Ces bonbons, célèbres pour les blagues inscrites dans leur emballage, sont fabriqués à Marcq-en-Baroeul. L’usine de cette ville du nord de la France en produit 5 000 par minutes.

Un chiffre impressionnant qui ne doit cependant pas masquer les difficultés que rencontrent les Carambars, estime le Parisien. Le quotidien affirme que l’un des principaux défis d’Eurazeo, si le rachat se confirme, sera de remettre la marque au goût du jour dans un “marché dominé par les bonbons acidulés”.

Première publication : 31/03/2016

Le texte controversé sur la nouvelle Loi travail suscite toujours autant la colère. Jeudi, les manifestants ont défilé dans toute la France, encore plus nombreux que lors de la précédente mobilisation, le 9 mars.

La nouvelle journée de mobilisation contre la Loi travail, jeudi 31 mars, a été encore plus suivie que la précédente. Ils étaient des dizaines de milliers de salariés et d’étudiants un peu partout en France à battre le pavé pour réclamer le retrait de ce projet de loi, jugé trop libéral.

Selon les syndicats CGT et FO, près de 1,2 millions de personnes se sont ainsi rassemblées dans 250 villes. Cela représente plus du double de la précédente journée d’action, le 9 mars dernier. Les autorités avancent pour leur part le chiffre de 390 000 manifestants réunis aujourd’hui en France.

Dans la capitale, les manifestants étaient 160 000 selon FO, alors que la police a estimé qu’entre 26 000 et 28 000 personnes avaient participé au cortège à Paris. Les forces de l’ordre ont par ailleurs procédé à une vingtaine d’interpellations. La préfecture de police a notamment recensé des jets de projectiles incendiaires contre le commissariat du 13e arrondissement, des dégradations d’agences bancaires ou encore d’une station Autolib sur le boulevard Diderot, dans le 12e arrondissement.

La tension a également été forte dans plusieurs villes de province. À Marseille, trois policiers ont ainsi été blessés et deux personnes ont été interpellées, tandis que des heurts ont également opposés les manifestants aux forces de l’ordre à Nantes et à Rennes, en milieu d’après-midi. La manifestation à Lyon a aussi été marquée par l’interpellation d’une vingtaine de personnes pour des jets de projectiles place Bellecour.

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Première publication : 31/03/2016

La police des polices a placé en garde à vue un agent soupçonné d’avoir assené un coup de poing contre un lycéen en marge des manifestations contre la réforme du Code du travail, le 24 mars dernier, à Paris.

Un policier soupçonné d’avoir porté un coup de poing sur un lycéen lors d’une manifestation la semaine dernière à Paris a été placé en garde à vue à l’Inspection générale de la police (IGPN), a-t-on appris jeudi 31 mars, de source judiciaire.

La police des polices a ouvert deux enquêtes, l’une administrative et l’autre judiciaire, à la demande de la préfecture et du parquet suite à la diffusion sur Internet, le 24 mars, d’une vidéo sur laquelle on peut voir un policier frapper un lycéen, en marge des manifestations contre la réforme du Code du travail.

Le policier interrogé par l’IGPN est en poste dans un commissariat du XIXe arrondissement, précise-t-on de source judiciaire, le même que celui où a eu lieu l’incident.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait parlé le lendemain d’un “geste inacceptable”, et promis des sanctions pour les policiers “qui outrepassent leurs prérogatives”.

En signe de protestation, de jeunes manifestants avaient par ailleurs jeté vendredi des projectiles – des pierres et des éléments de mobilier urbain – sur la façade de deux commissariats du XIXe arrondissement.

Avec AFP

Première publication : 31/03/2016

Une nouvelle journée de mobilisation, point culminant des manifestations, contre le projet de réforme du Code du travail est attendue jeudi en France. Des perturbations sont à prévoir dans les transports et les services publics.

La rue devrait à nouveau gronder en France jeudi 31 mars. Des manifestations et des grèves sont prévues à travers toute la France, à l’appel de la CGT, de FO et de Solidaires pour les salariés, et de l’Unef, de l’UNL et de la Fidl pour les étudiants et lycéens, pour exiger le retrait du projet de réforme du Code du travail.

Cette journée de mobilisation est censée constituer le point culminant des manifestations des opposants à la réforme, qui ont battu le pavé une première fois le 9 mars, avant les journées de mobilisation à l’initiative des mouvements lycéens et étudiants, les 17 et 24 mars.

La mobilisation devrait entraîner des perturbations dans les transports; la SNCF prévoyant des difficultés dans la circulation des TGV (sauf sur l’axe Est) et anticipant un TER sur deux en moyenne en région. Le trafic sera en revanche normal pour les trains internationaux Eurostar, Thalys et Lyria. La RATP prévoit un train sur deux pour les RER A et B et trois rames sur quatre en moyenne pour les métros.

>> À lire sur France 24 : “Loi Travail : la manifestation des jeunes dégénère à Paris”

Le secteur aérien ne sera pas épargné et 20 % des vols ont été annulés à Orly et un tiers à l’aéroport de Marseille, a annoncé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

“Mobilisation importante”

“On s’attend à une mobilisation importante. La CGT se prépare depuis plusieurs semaines, la SNCF est mobilisée”, déclare-t-on dans l’entourage du Premier ministre.

Le projet de loi, qui entend donner plus de place à la négociation collective dans les entreprises et les branches professionnelles pour renforcer la compétitivité et développer l’emploi, a été présenté la semaine dernière en conseil des ministres et doit maintenant être examiné par le Parlement. Afin d’apaiser la contestation, le projet de loi porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a été modifié, mais la nouvelle mouture du texte cristallise encore les critiques.

“Nous sommes désormais dans une autre phase qui est celle de l’examen parlementaire, avec un travail d’enrichissement du texte sans remettre en cause sa portée réformatrice”, dit-on de même source.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a quant à lui déclaré dans un entretien publié mercredi dans L’Humanité : “il y aura énormément de monde demain dans les rues, j’en suis persuadé.”

Les organisations ayant appelé à la mobilisation et à la grève n’excluent pas de prolonger le mouvement, en fonction de la réaction du gouvernement. Faute de réponse de l’exécutif à l’issue de cette journée, elles inviteront “à débattre la poursuite de l’action dans les jours suivants et à renforcer les mobilisations, y compris par la grève et les manifestations”, indiquent-elles dans un communiqué commun.

La CFE-CGC a pour sa part déjà lancé sur Twitter un appel à un rassemblement aux abords de l’Assemblée nationale le 3 mai, jour où les députés commenceront l’examen de ce projet de loi.

Avec Reuters

Première publication : 31/03/2016