Archive for March 31st, 2016

La RATP s’est lancé dans un grand poisson d’avril, vendredi 1er, en rebaptisant 13 stations du métro parisien. Jeux de mots et calembours, en voici un petit aperçu.

“Apéro” au lieu d’Opéra, “Coquille” au lieu de Saint-Jacques… Preuve d’humour et opération de communication réussie, la RATP a rebaptisé 13 stations du métro parisien, vendredi 1er avril, recourant à des jeux de mots ou des clins d’œil humoristique à l’adresse des voyageurs.

Dans un souci de simplification, la station Parmentier a été renommée Pomme de Terre #RATPhttps://t.co/EKyu5PkMThpic.twitter.com/QjttnNWg5Q

— Ligne 3 RATP (@Ligne3_RATP) 1 avril 2016

Ds une volonté de modernisation, la #RATP modifie le nom de la station Télégraphe en #Tweethttps://t.co/cgz9d86uUgpic.twitter.com/W3x8Np6pR9

— Ligne 11 RATP (@Ligne11_RATP) 1 avril 2016

Anagrammes, associations d’idées, boutades : la station Parmentier devient “Pomme de terre”, celle de Cadet est transformée en “Rousselle”, Anvers se retrouve écrit… à l’envers et Monceau devient “Ma pelle”. “Pour ne pas désorienter complètement les voyageurs, un panneau sur deux a été remplacé dans la nuit de jeudi à vendredi” sur les treize stations de métro et de RER concernées, a expliqué un porte-parole de la RATP.

Ds un souci d’équilibre de promotion des chaines de montagne, ouvert. auj. de la stat° Alpes https://t.co/cgz9d86uUgpic.twitter.com/KhNpwakOpR

— Ligne 11 RATP (@Ligne11_RATP) 1 avril 2016

Sur son site Internet, la régie continue à faire de l’esprit : elle explique transformer la station “Pyrénées” en “Alpes”, “dans un souci d’équilibre dans la promotion des chaines de montagne françaises”, ou avoir donné le nom des “Trois Mousquetaires” à la station “Alexandre Dumas”, “en raison de problèmes de droits d’auteur”.

Château d’eau se métamorphose en “Château de sable” pour “prolonger Paris-Plage toute l’année” et la station Crimée devient “Crimée Châtiment” en référence au roman de l’écrivain russe Fedor Dostoïevski.

2 ǝuƃıl ǝɹʇoʌ ɹns sɹǝʌuɐ uoıʇɐʇs ɐl ǝp ıpǝɹpuǝʌ ǝɔ uoıʇɐɹnƃnɐuı https://t.co/jlzTF2MMRwpic.twitter.com/ekm1oychl4

— Ligne 2 RATP (@Ligne2_RATP) 1 avril 2016

Tout proche d’Opéra – célébrée en “Apéro” “pour une ville plus festive” – la station Quatre-Septembre est devenue “1er Avril” et “pour coller au mieux à l’actu, changera de nom chaque jour”, plaisante la RATP.

Avec AFP

Première publication : 01/04/2016

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Un Italien a demandé à Apple de l’aider à contourner la sécurité de l’iPhone de son fils décédé afin d’avoir accès à ses photos. La marque à la pomme doit-elle accepter ce qu’elle a refusé au FBI dans une affaire de terrorisme ?

Refuser au FBI le droit d’accéder aux données sécurisés sur l’iPhone d’un terroriste mort est une chose. Ne pas aider un père en deuil qui veut pouvoir voir les dernières photos prises par son défunt fils en est une autre. C’est du moins l’avis de Leonardo Fabbretti, un architecte italien, qui vient de demander à Apple de l’aider à débloquer l’iPhone de son fils décédé.

Il avait offert un iPhone à son fils adoptif, atteint d’un cancer des os, quelques mois avant sa mort. Sa lettre, envoyée le 23 mars au PDG d’Apple Tim Cook, a de quoi émouvoir jusqu’au plus froid des patrons du CAC40 et du Dow Jones réunis. Il y explique vouloir accéder aux dernières photos prises par son fils mourant de 13 ans. Mais elles sont à l’abri derrière les fameuses mesures de sécurité qui ont fait la une des médias du monde entier durant la bataille juridique entre Apple et le FBI au sujet de l’iPhone du tireur de San Bernardino. Pour l’instant, le géant américain n’a pas officiellement réagi à cette requète.

Deux poids deux mesures ?

Leonardo Fabbretti estime que la marque à la pomme devrait faire une exception pour lui et débloquer l’iPhone de son fils. “Je partage votre philosophie générale, mais je pense que vous devriez prévoir des solutions spécifiques pour des cas comme le mien”, plaide-il auprès de Tim Cook.

Deux poids deux mesures ? Dans le cas du FBI, il s’agissait de s’opposer à une puissante agence fédérale, disposant de moyens importants pour arriver à ses fins. Les enquêteurs ont d’ailleurs réussi à pirater l’iPhone grâce à l’aide d’une entreprise extérieure. Mais face à ce drame humain, le cœur n’a-t-il pas ses raisons que la raison ne connaît point ?

Le dilemme est, en effet, très différent dans les deux cas, affirment les soutiens de Leonardo Fabbretti. Apple ne voulait pas céder au FBI de peur d’établir un précédent que les autorités pouraient brandir à leur guise par la suite, mettant ainsi en danger les données privées de millions d’utilisateurs de l’iPhone. Le père éploré ne risque pas, quant à lui, de revenir à la charge encore et encore. En cédant à l’architecte italien, la marque à la pomme ne remet pas en cause son engagement de protéger ses clients contre la curiosité des autorités.

Quel drame humain est le pire ?

Trop facile, rétorquent les jusqu’au-boutistes. Leonardo Fabbretti et le FBI demandent une même chose à Apple : concevoir un logiciel ou un procédé qui permettrait de contourner les mesures de sécurité des iPhone. “Personne ne devrait détenir une clef qui permet d’ouvrir un milliard de serrures [en référence au nombre approximatif d’iPhone en liberté, NDLR]”, avait résumé Tim Cook dans une interview accordée au magazine américain Time. Il a toujours affirmé qu’Apple n’avait pas la techologie pour débloquer ainsi ces iPhone sur demande. Les défenseurs de la protection des données personnelles soutiennent cette approche, qui revient à dire qu’il ne faut même pas commencer à mettre le doigt dans cet engrenage.

Il y a un argument moral, note pour sa part le site Business Insider. Apple, une société privée, n’a pas à décider quel drame humain est plus horrible qu’un autre et mérite de faire une entorse à une position de principe importante. “Ce serait une responsabilité écrasante de se pencher au cas par cas sur chaque demande similaire de personnes qui ont perdu un proche”, écrit le site.

Reste que si Apple refuse de débloquer l’iPhone, Leonardo Fabbretti va peut-être pouvoir faire comme le FBI et se tourner vers un spécialiste extérieur. D’après le Guardian, la start-up israélienne Cellebrite, qui affirme pouvoir contourner la sécurité de n’importe quel smartphone, a offert son aide gratuitement au père en deuil.

Première publication : 01/04/2016

Pour lutter contre le sida, il est plus que jamais nécessaire de faire de la prévention, notamment auprès des jeunes, explique Florence Thune, directrice des programmes France du Sidaction, qui lance vendredi sa campagne annuelle de dons.

Vendredi 1er avril, Sidaction a donné le coup d’envoi de sa campagne annuelle d’appel aux dons, destinés à financer la recherche et la prévention contre le sida. Aujourd’hui, en France, 11 % des nouvelles découvertes de séropositivité concernent les jeunes de 15-24 ans, un chiffre en augmentation de 24 % depuis 2007, notamment pour les jeunes homosexuels chez qui le nombre de découvertes de séropositivité a plus que doublé depuis 2003.

Une population auprès de laquelle l’association compte bien augmenter ses efforts de prévention, à l’heure où, comme le révèle un sondage Ifop commandé par Sidaction, les jeunes, moins bien informés, adoptent davantage de pratiques à risques. Le point avec Florence Thune, directrice des programmes France au Sidaction.

En France, combien de personnes vivent aujourd’hui avec le VIH ou le sida, et où en est-on de la transmission de cette maladie ?

Florence Thune : On estime que 150 000 personnes vivent aujourd’hui avec le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) dans notre pays. Or, seules 120 000 d’entre elles se savent contaminées. C’est un enjeu important : il y a entre 20 000 et 30 000 personnes qui ne sont pas dépistées, qui ne sont donc pas soignées et peuvent transmettre le virus.

En 2014, 6 600 personnes ont découvert leur séropositivité en France. Dans la tranche des 15-24 ans, l’augmentation de contamination est de 24 % depuis 2007.

Quelles sont les populations les plus touchées ?

Sur les 6 600 nouveaux infectés en 2014, on dénombrait 42 % d’homosexuels, et un nombre important de personnes originaires d’Afrique subsaharienne. Certains ont été contaminés en France, d’autres dans leur pays d’origine. Il faut rester très vigilant, notamment auprès des jeunes, et notamment des jeunes gays qui sont particulièrement touchés.

Le sondage que nous avons commandé à l’Ifop sur la perception du sida et sa prévention montre que 9 % des 18-25 ans se sont exposés fréquemment à un risque de contamination au cours des 12 derniers mois. C’est trop !

Ce sondage montre une détérioration du niveau d’information sur la maladie, comment peut-on l’expliquer ?

Cette détérioration est frappante. Par exemple, les jeunes interrogés sont capables d’identifier la voie sexuelle ou sanguine comme sources de contamination, mais d’après ce sondage Ifop, 20 % pensent qu’un simple baiser peut transmettre le sida … 17 % estiment également que la prise d’une pilule contraceptive d’urgence empêche la transmission du virus !

À cela, plusieurs raisons. D’abord le déficit de campagnes d’information et de prévention de manière générale, dans les lycées ou les médias. Pourtant l’Éducation nationale a des directives précises mais de fait, elles ne sont pas toujours appliquées. Les associations qui interviennent dans les lycées ont parfois des problèmes de financement et interviennent moins. Or, pour être efficaces, il faut que les messages émanent d’autres sources que les profs. Par ailleurs, les jeunes trouvent de tout sur Internet : des masses d’informations, mais aussi beaucoup d’informations fausses, de rumeurs, qu’ils peuvent prendre pour argent comptant.

Les jeunes se protègent-ils moins parce qu’ils sont mal informés ?

Cela y participe mais il y a aussi d’autres raisons. Aujourd’hui, les personnes atteintes sont moins visibles. Fort heureusement, elles vivent beaucoup mieux que dans les années 1980 : grâce aux progrès des traitements, l’immense majorité vit normalement et les signes de la maladie sont invisibles. Du coup elle fait moins beaucoup peur qu’avant, lorsque l’épidémie faisait des ravages.

Le sida est perçu par les jeunes comme un problème d’une autre génération, ils sont moins sensibles aux risques encourus, et cela est notamment frappant chez les jeunes gays. Par ailleurs, ceux qui sont contaminés ne souhaitent pas témoigner. Comme ils vont bien, ils parviennent à mener une vie normale et craignent d’être stigmatisés s’ils s’exposent.

Que peut-on faire pour sensibiliser les jeunes et faire en sorte qu’ils se protègent davantage ?

Il faut mettre l’accent sur la prévention dans les lycées, avec des programmes qui abordent le VIH mais aussi toutes les autres infections sexuellement transmissibles, comme par exemple la syphilis, pour laquelle on observe une augmentation des contaminations.

Les campagnes qui ciblent les jeunes doivent également être intensifiées et diversifiées, via Internet et les réseaux sociaux. Celle que nous avons réalisée pour toucher les jeunes avec le Youtuber Jimmyfaitlcon en 2015 a ainsi fait plus de 1,5 millions de vues.

Il serait également intéressant de faire davantage témoigner des jeunes contaminés, mais c’est difficile… La difficulté est de montrer que l’on peut aujourd’hui vivre normalement avec le sida sans tomber dans la banalisation, car cela reste une maladie dont on peut mourir, malgré les énormes progrès dans les traitements.

Première publication : 01/04/2016

Pour lutter contre le sida, il est plus que jamais nécessaire de faire de la prévention, notamment auprès des jeunes, explique Florence Thune, directrice des programmes France du Sidaction, qui lance vendredi sa campagne annuelle de dons.

Vendredi 1er avril, Sidaction a donné le coup d’envoi de sa campagne annuelle d’appel aux dons, destinés à financer la recherche et la prévention contre le sida. Aujourd’hui, en France, 11 % des nouvelles découvertes de séropositivité concernent les jeunes de 15-24 ans, un chiffre en augmentation de 24 % depuis 2007, notamment pour les jeunes homosexuels chez qui le nombre de découvertes de séropositivité a plus que doublé depuis 2003.

Une population auprès de laquelle l’association compte bien augmenter ses efforts de prévention, à l’heure où, comme le révèle un sondage Ifop commandé par Sidaction, les jeunes, moins bien informés, adoptent davantage de pratiques à risques. Le point avec Florence Thune, directrice des programmes France au Sidaction.

En France, combien de personnes vivent aujourd’hui avec le VIH ou le sida, et où en est-on de la transmission de cette maladie ?

Florence Thune : On estime que 150 000 personnes vivent aujourd’hui avec le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) dans notre pays. Or, seules 120 000 d’entre elles se savent contaminées. C’est un enjeu important : il y a entre 20 000 et 30 000 personnes qui ne sont pas dépistées, qui ne sont donc pas soignées et peuvent transmettre le virus.

En 2014, 6 600 personnes ont découvert leur séropositivité en France. Dans la tranche des 15-24 ans, l’augmentation de contamination est de 24 % depuis 2007.

Quelles sont les populations les plus touchées ?

Sur les 6 600 nouveaux infectés en 2014, on dénombrait 42 % d’homosexuels, et un nombre important de personnes originaires d’Afrique subsaharienne. Certains ont été contaminés en France, d’autres dans leur pays d’origine. Il faut rester très vigilant, notamment auprès des jeunes, et notamment des jeunes gays qui sont particulièrement touchés.

Le sondage que nous avons commandé à l’Ifop sur la perception du sida et sa prévention montre que 9 % des 18-25 ans se sont exposés fréquemment à un risque de contamination au cours des 12 derniers mois. C’est trop !

Ce sondage montre une détérioration du niveau d’information sur la maladie, comment peut-on l’expliquer ?

Cette détérioration est frappante. Par exemple, les jeunes interrogés sont capables d’identifier la voie sexuelle ou sanguine comme sources de contamination, mais d’après ce sondage Ifop, 20 % pensent qu’un simple baiser peut transmettre le sida … 17 % estiment également que la prise d’une pilule contraceptive d’urgence empêche la transmission du virus !

À cela, plusieurs raisons. D’abord le déficit de campagnes d’information et de prévention de manière générale, dans les lycées ou les médias. Pourtant l’Éducation nationale a des directives précises mais de fait, elles ne sont pas toujours appliquées. Les associations qui interviennent dans les lycées ont parfois des problèmes de financement et interviennent moins. Or, pour être efficaces, il faut que les messages émanent d’autres sources que les profs. Par ailleurs, les jeunes trouvent de tout sur Internet : des masses d’informations, mais aussi beaucoup d’informations fausses, de rumeurs, qu’ils peuvent prendre pour argent comptant.

Les jeunes se protègent-ils moins parce qu’ils sont mal informés ?

Cela y participe mais il y a aussi d’autres raisons. Aujourd’hui, les personnes atteintes sont moins visibles. Fort heureusement, elles vivent beaucoup mieux que dans les années 1980 : grâce aux progrès des traitements, l’immense majorité vit normalement et les signes de la maladie sont invisibles. Du coup elle fait moins beaucoup peur qu’avant, lorsque l’épidémie faisait des ravages.

Le sida est perçu par les jeunes comme un problème d’une autre génération, ils sont moins sensibles aux risques encourus, et cela est notamment frappant chez les jeunes gays. Par ailleurs, ceux qui sont contaminés ne souhaitent pas témoigner. Comme ils vont bien, ils parviennent à mener une vie normale et craignent d’être stigmatisés s’ils s’exposent.

Que peut-on faire pour sensibiliser les jeunes et faire en sorte qu’ils se protègent davantage ?

Il faut mettre l’accent sur la prévention dans les lycées, avec des programmes qui abordent le VIH mais aussi toutes les autres infections sexuellement transmissibles, comme par exemple la syphilis, pour laquelle on observe une augmentation des contaminations.

Les campagnes qui ciblent les jeunes doivent également être intensifiées et diversifiées, via Internet et les réseaux sociaux. Celle que nous avons réalisée pour toucher les jeunes avec le Youtuber Jimmyfaitlcon en 2015 a ainsi fait plus de 1,5 millions de vues.

Il serait également intéressant de faire davantage témoigner des jeunes contaminés, mais c’est difficile… La difficulté est de montrer que l’on peut aujourd’hui vivre normalement avec le sida sans tomber dans la banalisation, car cela reste une maladie dont on peut mourir, malgré les énormes progrès dans les traitements.

Première publication : 01/04/2016

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Le Pakistanais Shahbaz Taseer, prisonnier des Taliban pendant quatre ans, raconte depuis quelques jours sa captivité sur Twitter. Ces confesssions graves et drôles à la fois sont devenus très populaires au Pakistan

Je t’avais bien dit que je reviendrais”. C’est la première chose que l’ex-otage pakistanais des Taliban Shahbaz Taseer a dit à sa femme Maheen lorsqu’il l’a retrouvée après plus de 4 ans et demi d’absence. Et il n’a pas fait part de ce moment d’intimité à des journalistes, refusant les sollicitations des médias traditionnels, mais sur Twitter.

i told you id come back https://t.co/cmrLkMwhJb

— Shahbaz Taseer (@ShahbazTaseer) 31 mars 2016

Ce Pakistanais, qui a retrouvé la liberté le 8 mars, avait jusqu’alors gardé le silence sur sa captivité. Mais depuis trois jours ce fils d’un ex-gouverneur du Penjab twitte. Beaucoup. Sous le hashtag #AskST, Shahbaz Taseer répond aux questions des internautes. Entre gravité et humour, il livre le récit de sa détention.

Ton détaché et pizza



Mon meilleur ami pendant tout ce temps a été une araignée appelée Peter”, répond-il à un internaute qui voulait savoir s’il avait réussi à se lier d’une manière ou un autre à l’un de ses ravisseurs. Un autre lui demande s’il y avait quelque chose qui lui aurait plu chez ses “hôtes” Taliban. “Pas grand chose, mais leur turban était ‘cool’”, rétorque-t-il. L’une des choses les plus dures a été de ne pas pouvoir se raser pendant quatre ans. Mais finalement, il trouve que la barbe lui va bien.

Après plus de quatre ans d’absence, “quels sont les trois changements qui vous ont le plus frappés depuis votre retour ?”, veulent savoir beaucoup d’internautes. “Le métro, qui a l’air vraiment bien, la PS4 qui a l’air impressionnante et la nouvelle coupe de cheveux de ma femme”, répond Shahbaz Taseer. Mais ce sont “les jeux vidéos qui ont le plus changé” depuis qu’il a été kidnappé dans un quartier huppé de Lahore, le 26 août 2011, confesse ce jeune homme de 33 ans.

Ce ton détaché et la capacité de Shahbaz Taseer de répondre à des questions graves avec un certain humour a rapidement créé une certaine complicité avec ses interlocuteurs. À tel point qu’il en vient à partager sa passion pour le foot et ses goûts culinaires. En fan absolu de Manchester United, il ne manque pas une occasion d’appler l’entraîneur José Mourinho à la rescousse de son club fétiche.

Commenter l’actualité du foot anglais lui avait clairement manqué… tout comme manger des pizza. Et il ne se prive pas d’évoquer son plaisir d’avoir pu retrouver le goût de cette spécialité italienne.

Message à ses ravisseurs

Il y a cependant une question à laquelle il répond avec le plus grand sérieux : son attachement au Pakistan. “Ce pays est ma famille” et “je ne le quitterais jamais”, affirme-t-il à ceux qui veulent savoir si sa captivité lui avait donné envie de partir vers d’autres horizons. Ses ravisseurs n’ont pas vaincu son amour du pays… et le Pakistan le lui rend bien puisque le hashtag #AskSR est l’un des plus populaires du moment dans le pays et que plus de 15 000 personnes suivent ses confidences d’ex-otage.

Toute cette discussion à tweets rompus semble d’ailleurs aussi être un message adressé à ceux qui l’ont kidnappé : il peut déjà parler librement et avec distance de cette épreuve. Les Taliban lui permettaient ponctuellement de consulter Twitter et il espérait “bien qu’ils liront ce que nous sommes en train de dire”.

Première publication : 01/04/2016