Archive for April 3rd, 2016

Un accord a été trouvé à Air France concernant les vols à destination de l’Iran, où le voile est obligatoire pour les femmes dans tous les espaces publics. Les hôtesses et pilotes auront la possibilité de se désister sans être pénalisées.

C’est “une victoire syndicale pour la défense des salariés et des droits individuels”, se sont félicité, lundi 4 avril, les trois syndicats représentatifs d’hôtesses et de stewards d’Air France (SNPNC, Unsa PNC et Unac). La compagnie aérienne française a accédé à leur demande concernant la mise en place d’un système de volontariat sur la ligne Paris-Téhéran, qui doit rouvrir à partir du 17 avril.

“Quand une hôtesse ou une pilote sera affectée sur un vol à destination de Téhéran, Air France leur donnera la possibilité de se désister et d’être affectées sur un autre vol”, a précisé un porte-parole d’Air France. “Chacune devra indiquer au préalable son refus de porter le foulard suivant une procédure qui leur sera précisée”. La reprise des vols suscitait une vive opposition de la part du personel navigant concernant le port du voile dans les lieux publics en Iran.

Les organisations syndicales demandaient que les employées puissent refuser la mission sans être sanctionnées. Car le refus d’une mission, chez Air France, entraîne une retenue salariale et est inscrit au dossier, “ce qui peut nuire à une carrière et empêcher de devenir chef de cabine”, a expliqué Françoise Redolfi, la secrétaire adjointe de l’Unsa PNC contactée par France 24.

Respecter la liberté de conscience du personnel navigant

La ministre française des Droits des femmes, Laurence Rossignol, a salué cette décision. “Ce système préserve les intérêts économiques de l’entreprise et la conformité aux lois du pays de destination tout en respectant la liberté de conscience du personnel navigant”, écrit-elle dans un communiqué.

La compagnie allemande Lufthansa, qui a poursuivi ses vols vers Téhéran pendant les sanctions, a fait savoir de son côté qu’elle n’avait pas relevé de problèmes particuliers et que ses navigantes avaient respecté la loi iranienne.

British Airways (groupe International Consolidated Airlines Group ), qui prévoit de reprendre ses vols de Londres vers l’Iran le 14 juillet, a précisé qu’elle n’avait pas encore communiqué ses recommandations à ses équipages.

Avec Reuters

Première publication : 04/04/2016

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Après la révélation d’avoirs cachés au Panama par des centaines de personnalités, l’ONG Transparency International salue un grand jour dans la lutte contre l’évasion fiscale. Son président nous explique les dessous de ces révélations.

Une enquête réalisée par plus de 100 journaux a révélé des avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou personnalités de premier plan. Ces informations, regroupées sous l’appellation “Panama papers”, sont le fruit d’une analyse menée sur 11,5 millions de documents, provenant du cabinet juridique Mossack Fonseca.

Daniel Lebègue, président de l’ONG Transparency International France, explique à France 24 les rouages de cette évasion fiscale à grande échelle. Il estime que les premiers concernés par ce scandale sont les citoyens, qui perdent ainsi des ressources conséquentes.

France 24 : En quoi ce scandale concerne-t-il l’ensemble des citoyens ?

Daniel Lebègue :
Quand des personnes ou des sociétés ouvrent des comptes et bénéficient du secret bancaire, elles s’exonèrent du paiement de l’impôt sur les revenus ou sur le patrimoine. Ce sont tout simplement les honnêtes contribuables qui en supportent les conséquences. Ce sont eux qui doivent financer les dépenses publiques, les services publics parce que d’autres refusent de faire leur devoir citoyen.

Cela représente un enjeu énorme. Selon un rapport d’enquête du Sénat d’Alain Bocquet et de Nicolas Dupont-Aignan, le chiffrage que l’on peut faire de la perte de recette pour le budget de l’État français, résultant de la fraude et de l’évasion fiscale, est estimé entre 60 et 80 milliards d’euros. Cela représente davantage que le produit de l’impôt sur les sociétés.

Hormis l’évasion fiscale, pourquoi certaines personnes ont-elles recours au placement offshore ?

Il y a aussi la dissimulation de ce qu’on appelle l’argent mal acquis : le trafic de drogue, le crime organisé, le terrorisme ou la traite d’êtres humains. Il y a également la corruption, c’est-à-dire l’argent de dirigeants politiques ou de responsables d’entreprises qu’ils touchent de manière illégale à l’occasion de marchés publiques. C’est tout cela qui est accueilli et recyclé dans l’énorme boîte noire existante au Panama. Quant à certains chefs d’État, ils peuvent aussi utiliser ces comptes offshores par précaution comme Ben Ali ou Moubarak à leur époque. Si un jour ils sont renversés, ils auront mis de l’argent à l’étranger pour leurs proches ou leur famille. On n’a d’ailleurs toujours pas récupéré une partie de l’argent des Ben Ali qui est planqué à Dubaï.

Pourquoi le Panama se retrouve-t-il aujourd’hui dans le viseur de cette enquête ?

Il n’y a pas que le Panama, mais c’est un cas emblématique. Pratiquement tous les États du monde ont accepté les nouvelles règles instituées par l’OCDE en 2014/2015, c’est-à-dire l’échange automatique d’information entre administrations fiscales pour lutter contre l’évasion. Il y a 150 États qui les ont acceptées dans le monde, y compris la Suisse, le Luxembourg, même si cela n’a pas été sans mal.

Mais en première ligne, le Panama a dit : ‘Non, je ne joue pas le jeu de la transparence et de la coopération parce j’attache beaucoup d’importance à mon industrie offshore et au secret bancaire. Je veux les garder’. L’OCDE a ainsi déclaré que de tous les États du monde, le moins coopératif, était le Panama. Ce pays a aujourd’hui été rattrapé grâce à un lanceur d’alerte et un travail formidable des journalistes d’investigation. C’est un signal considérable adressé à toutes les personnes et toutes les sociétés qui veulent mettre à l’abri des avoirs illicites ou échapper à l’impôt. Ils ne sont plus à l’abri nulle part, ils seront rattrapés par l’action conjuguée des magistrats, des ONG, des lanceurs d’alerte. C’est vraiment un grand jour dans la lutte contre l’évasion fiscale et les paradis fiscaux.

Première publication : 04/04/2016

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Les révélations des “Panama Papers” sont, à ce jour, les plus importantes au sujet des paradis fiscaux. Mais rien ne dit qu’elles vont permettre de faire avancer la lutte contre l’évasion fiscale. Explications.

“Panama papers“, “Lux Leaks”, “Swiss Leaks” ou encore “Offshore Leaks”. Depuis trois ans, le robinet n’en finit pas de fuir et de jeter une lumière crue sur les dessous de l’évasion fiscale. Qu’ils s’agisse des petits secrets bancaires (“Swiss Leaks“), de l’optimisation fiscale des multinationales (“Lux Leaks”) ou de l’utilisation des sociétés écrans (“Offshore Leaks”), les informations ne manquent pas. Mais ce nouveau scandale, qui n’a pas encore livré tous ses secrets, fera-t-il plus que les précédentes affaires avancer la lutte contre l’évasion fiscale ?

La dernière livraison de révélations, publiée dimanche 3 avril par des médias du monde entier, concerne 11 millions de documents, implique plus de 140 personnalités politiques, économiques ou sportives de premier plan et expose les activités douteuses du cabinet panaméen d’avocats Mossack Fonseca spécialisé dans la création de sociétés qui apparaissent souvent n’être que des boîtes aux lettres.

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— Max Roser (@MaxCRoser) April 3, 2016



Avancées “imparfaites et truffées de failles”

“De par la quantité des documents transmis et l’importance des personnalités citées – dont des dirigeants en exercice, les ‘Panama papers’ sont les révélations les plus importantes sur ces pratiques fiscales”, confirme Markus Meinzer, analyste pour l’ONG de lutte contre l’évasion fiscale Tax Justice Network.

Mais tous les spécialistes contactés par France 24 font le même constat : les autorités peinent à tirer les conséquences de ces révélations. “Les scandales d’ampleur s’enchaînent, mais les mesures concrètes se font rares”, résume Manon Aubry, spécialiste des questions d’évasion fiscale pour Oxfam, l’association de lutte contre les inégalités.

Il y a bien eu quelques tentatives d’avancées, mais elles sont toujours “imparfaites ou truffées de failles”, souligne Markus Meinzer. Tove Ryding, spécialiste de l’évasion fiscale pour l’ONG européenne Eurodad (European Network on debt and development) fait le même constat. Elle cite le travail de l’OCDE, l’un des principaux organismes qui s’intéresse aux questions de lutte contre les paradis fiscaux. En 2015, cette organisation de coopération entre 27 États dits développés a introduit sa quatrième directive sur le blanchiment d’argent qui préconise des mesures pour empêcher la création de sociétés écran. Un objectif louable qui se heurte au fait “que le même texte ne s’attaque pas aux ‘trusts'”, ces entités de droit anglo-saxon qui permettent un haut niveau d’anonymat. À l’instar des sociétés écrans.

Réactions à chaud, mesure à long terme

Les révélations en cascade illustrent aussi l’inutilité de toutes les listes, noires, grises et autres, des pays fiscalement non-coopératifs. “Panama n’est même pas sur la liste française et n’est que sur la liste grise de l’OCDE !”, s’indigne Manon Aubry, d’Oxfam. À la lumière des nouvelles informations, il est pourtant difficile de nier l’attrait évident que ce pays exerce sur ceux qui, légalement ou non, veulent mettre de l’argent à l’abri. “Cela prouve clairement le non-sens des critères retenus par les auteurs de ces listes”, s’emporte Manon Aubry

Les “Panama papers” pourraient-ils devenir la goutte d’eau qui fera déborder le vase ? Le président français François Hollande a promis, lundi 4 avril, des enquêtes sur les personnalités françaises impliquées. En Islande, où le Premier ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson est visé par les révélations, une manifestation doit avoir lieu cette semaine pour demander sa démission.

Autant de réactions à chaud qui ne garantissent pas pour autant l’adoption de mesures à plus long terme. Tove Ryding, d’Eurodad, est pessimiste : les “‘Panama papers’ révèlent des pratiques déjà mises en lumière par les ‘Offshore Leaks’ en 2013, qui n’ont pas été suivies de mesures concrètes”.

Surtout, les dernières révélations démontrent à quel point “il peut y avoir un conflit d’intérêt entre ceux qui détiennent le pouvoir de changer le système et ceux – parfois les mêmes – qui en profitent”, souligne Markus Meinzer, de Tax Justice Network.

Ces décideurs ou influenceurs n’ont donc aucun intérêt à renforcer la lutte contre les paradis fiscaux. Jusqu’au moment, estime Tove Ryding, où la contestation populaire ne se contentera plus de beaux discours.

Première publication : 04/04/2016

Qui ne connaît pas la célèbre Dame de fer ? Construite il y a 127 ans, la tour Eiffel attire toujours plus de visiteurs, avec 7 millions de personnes chaque année. L’affluence est telle que les ascenceurs parcourent en un an l’équivalent de deux fois et demi le tour de la Terre.

Symbole de Paris, elle offre à son sommet une vue imprenable sur la capitale française. Mais saviez-vous qu’il fallait la repeindre tous les sept ans et combien cela coûte? France 24 s’est penché sur les implications financières de l’entretien et du fonctionnement du monument le plus visité au monde.

Première publication : 04/04/2016

Pour la quatrième nuit consécutive, des centaines de personnes du mouvement “Nuit Debout” ont occupé dimanche la place de la République à Paris. Ce mouvement s’est constitué autour des récentes mobilisations contre la Loi travail.

Depuis quatre nuits, ils viennent se rassembler place de la République, à Paris. Ils étaient plusieurs centaines dans la nuit de dimanche à lundi 4 avril à avoir répondu une fois encore à l’appel du mouvement “Nuit Debout”, apparu dans la foulée des manifestations contre la Loi travail.

  • © Dominique Faget, AFP

    Depuis quatre nuits, plusieurs centaines de personnes se rassemblent place de la République à l’appel du collectif “Nuit Debout”.

  • © Dominique Faget, AFP

    Collectif a obtenu l’autorisation d’occuper la place jusqu’au 4 avril.

  • © Dominique Faget, AFP

    “Salaire à vie”, “démocratie par tirage au sort”, “baisse des hauts revenus”, “embauche de tous les chômeurs”, “destruction globale du système capitaliste”… Les revendications sont diverses.

  • © Dominique Faget, AFP

    Chaque matin depuis vendredi, plusieurs dizaines de manifestants sont délogés par les forces de l’ordre mais reviennent occuper la place.

Chaque matin depuis vendredi, plusieurs dizaines de manifestants sont délogés par les forces de l’ordre, avant de revenir occuper la place. “Nous sommes 2 000 ! “, a annoncé une bénévole au micro devant la foule, certains assis en tailleur sur les pavés de la place du centre de la capitale.

Associé au DAL (Droit au Logement), le collectif a obtenu l’autorisation d’occuper la place jusqu’au 4 avril, selon une source policière citée par l’AFP.

“Salaire à vie”, “démocratie par tirage au sort”, “baisse des hauts revenus”, “embauche de tous les chômeurs”, “destruction globale du système capitaliste”, les revendications sont diverses et les participants se succèdent au mégaphone pendant l’AG qui dure plus de deux heures. “Y’a des utopistes parmi nous ?”, interroge l’un d’entre eux. Et le public d’agiter les mains en l’air, en guise d’approbation.

“Nous ne sommes pas des bisounours, on est des optimistes, le monde dont on rêve, il est là”, s’enthousiasme une jeune femme. Certains rêvent ici de “réécrire la Constitution” et réclament “la démission du gouvernement”.

Dans la nuit de dimanche à lundi Remy Buisine, un jeune homme qui se trouvait sur la place de la République, a retransmis en direct le rassemblement durant quatre heures, via l’application Periscope. Son live a réuni plus de 80 000 personnes.

Outre le retrait de la Loi travail, le mouvement agrège aussi, sous le hashtag #NuitDebout sur les réseaux sociaux, d’autres revendications politiques ou sociales. Nombre de participants y voient l’amorce d’un phénomène informel comme les mouvements “Occupy” nés dans divers pays, ou comme celui des “Indignés” de la Puerta del Sol, apparu en 2011 à Madrid pour dénoncer l’austérité et la corruption.

Avec AFP

Première publication : 04/04/2016