Archive for April 5th, 2016

de94a83ad4.jpeg

Paris va réintégrer Panama sur la liste noire des paradis fiscaux et a demandé à l’OCDE de faire de même, à la suite des révélations des “Panama papers”. Une mesure avant tout symbolique.

“Au plus vite”. Le Panama va être réintégré sur la liste noire française des paradis fiscaux. Le ministre des Finances Michel Sapin l’a confirmé, mercredi 6 avril, et l’a répété : il souhaite que la mesure soit prise rapidement. Le petit État d’Amérique centrale ne figurait plus sur la liste depuis 2012, après la signature d’un accord bilatéral de coopération dans la lutte contre l’évasion fiscale. Mais les “Panama papers” ont démontré que ce pays n’avait jamais cessé d’être une destination de choix pour dissimuler de l’argent aux yeux du fisc.

Bercy a également demandé à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) – qui fait référence en matière de coopération interétatique dans la lutte contre les paradis fiscaux – de réintégrer Panama dans sa propre liste des “juridictions non-coopératives”… liste vide depuis 2009. En fait, le pays figure sur la liste “grise” des 38 territoires “ayant pris des engagements” pour améliorer la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale.

“Le minimum” à faire

Cette offensive du gouvernement français “est le minimum que la France devait faire”, assure à France 24 William Bourdon, président de Sherpa, une ONG de lutte contre les crimes économiques. Elle montre au moins que Paris reconnaît que le Panama appartient à “ce grand trou noir de la finance internationale, qui représente le plus important défi en matière de lutte contre la corruption internationale et d’évasion fiscale”. En théorie, les effets sont dissuasifs : les entreprises et particuliers ne peuvent pas faire des affaires dans des territoires sur liste noire (ouvrir des filiales ou un compte) sans avoir à payer un lourd tribut fiscal. Encore faut-ils que le fisc soit au courant, ce qui est rarement le cas.

Se retrouver sur une liste noire est désastreux pour l’image du pays. C’est une sorte de gifle diplomatique qui peut servir à faire pression sur le pays concerné, ajoute Markus Meinzer, l’un des principaux analystes de Tax Justice Network, une ONG spécialisée dans la lutte contre l’évasion fiscale. “Lorsque les autorités obtiennent la coopération d’une place financière offshore sur certains dossiers, elles peuvent décider de la délister en récompense”, explique-t-il à France 24.

Cette arme diplomatique est cependant loin d’être satisfaisante… Il aura fallu quatre ans et les révélations des “Panama papers” pour que Paris réagisse au double jeu panaméen.

À chacun ses listes

Mais le principal problème des listes noires et grises réside dans le fait que chaque pays, ou presque, à dressé la sienne. En Europe, la France ne classe que six pays dans la catégorie des paradis fiscaux, tandis que le Portugal en recense 82. Entre ces deux extrêmes, la Pologne estime qu’il en existe une trentaine dans le monde. Seule la Finlande met la Suisse à l’index. Le Panama n’est, quant à lui, listé que par huit pays européens (Bulgarie, Croatie, Pologne, Portugal, Grèce, Slovénie, Lituanie, Lettonie). Mais aucun pays européen n’inclut dans ses listes certains centres financiers internationaux connus pour leurs douceurs fiscales – le Luxembourg ou l’État du Delaware aux États-Unis. Un point qui contribue à décrédibiliser un peu plus ces listes.

Le cas de la liste noire française est très révélateur. Ses critères d’inscription sont parfois étonnants : “Il ne faut pas, par exemple, que le pays soit membre de l’Union européenne, comme si le Luxembourg ne pouvait pas être un paradis fiscal”, dénonce Manon Aubry, responsable plaidoyer justice fiscale à l’ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam.

En l’absence de critères objectifs pour définir un paradis fiscal, ces listes deviennent rapidement “extrêmement politiques”, assure cette spécialiste. Les pays dans le collimateur français (Botswana, îles Marshall, Guatemala, Brunei, Nauru, Niue), par exemple, “sont vraiment des acteurs mineurs, alors que les îles Vierges britanniques – où sont créées encore plus de sociétés écran qu’au Panama – ont été retirées de cette liste en décembre 2015”, précise-t-elle.

En plus d’être incomplètes et donc inefficaces, ces nombreuses listes “créent un manque de compréhension pour le grand public”, résume William Bourdon.

Une solution, estiment les ONG, serait de parvenir à élaborer “un fonds commun de critères pour définir un paradis fiscal”, souligne le président de Sherpa. En 2003, la convention des Nations unies de Merida avait permis d’établir une définition commune pour les actes de corruption. Il serait temps, selon lui, de suivre le même chemin pour les “juridictions fiscalement non-coopératives”. Car pour l’heure, le Panama n’a pas grand chose à craindre de son inscription sur la liste noire des paradis fiscaux.

Première publication : 06/04/2016

Le fondateur du FN Jean-Marie Le Pen a de nouveau été condamné, mercredi à Paris, pour ses propos sur le “détail de l’Histoire” à 30 000 euros d’amende. Il a également été condamné, à Nice, à 5 000 euros d’amende pour des propos sur les Roms.

Mauvaise semaine pour Jean-Marie Le Pen. Après sa mise en cause dans les “Panama Papers”, le fondateur du Front national a été doublement condamné par la justice, mercredi 6 avril, pour contestation de crime contre l’humanité d’une part et provocation à la haine et à la discrimination ethniques d’autre part.

Jean-Marie Le Pen a d’abord été condamné à 30 000 euros d’amende pour avoir de nouveau qualifié, il y a un an, les chambres à gaz de “détail” de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale. Le tribunal correctionnel de Paris l’a déclaré coupable de contestation de crime contre l’humanité et a rejeté l’immunité parlementaire qu’invoquait le cofondateur du parti d’extrême-droite.

Les juges de la 17e chambre ont également ordonné, à titre de peine complémentaire, la publication d’un communiqué judiciaire dans trois journaux.

>> À lire sur France 24 : “Jean-Marie Le Pen retourne au tribunal pour le ‘détail’ des chambres à gaz”

Déjà condamné à deux reprises, au civil, par la justice française pour ces propos qu’il a tenus pour la première fois en 1987, Jean-Marie Le Pen a en outre été condamné à verser au total 10 001 euros de dommages et intérêts à trois associations qui s’étaient constituées parties civiles.

Le 2 avril 2015, au journaliste Jean-Jacques Bourdin qui lui demandait sur BFMTV-RMC s’il regrettait d’avoir qualifié les chambres à gaz de “détail”, Jean-Marie Le Pen avait répondu : “Pas du tout. Ce que j’ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à gaz étaient un détail de l’Histoire de la guerre, à moins d’admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz”.

“Une présence urticante et disons odorante”

Le journaliste l’avait alors relancé, demandant si “des millions de morts” pouvaient être qualifiés de “point de détail”. “C’est pas un million de morts, c’est les chambres à gaz (…) Moi je parle de choses précises. Je n’ai pas parlé de nombre de morts. J’ai parlé d’un système. J’ai dit que c’était un détail de l’Histoire de la guerre”, avait insisté l’ancien leader frontiste.

Le tribunal correctionnel de Nice a de son côté condamné, mercredi également, Jean-Marie Le Pen à 5 000 euros d’amende pour “provocation à la haine et à la discrimination ethniques” pour des propos discriminatoires à l’égard des Roms, tenus en 2013. Il a en outre condamné l’ancien président du FN à verser 1 000 euros à chacune des parties civiles représentées par les associations SOS Racisme, Ligue des droits de l’homme et Prales (une association de défense des droits des Roms).

>> À lire sur France 24 : “La justice se penche sur le patrimoine de Jean-Marie et Marine Le Pen”

Les propos reprochés à Jean-Marie Le Pen remontent au 4 juillet 2013 à l’occasion d’une réunion publique à Nice. “Vous avez quelques soucis, paraît-il, avec quelques centaines de Roms qui ont dans la ville une présence urticante et disons odorante. Ceci n’est que le petit morceau de l’iceberg”, avait-il déclaré. Avant de poursuivre : “Je vous annonce que dans le courant de l’année 2014, il viendra à Nice 50 000 Roms au moins. Puisqu’à partir du 1er janvier, les 12 millions de Roms qui sont situés en Roumanie, en Bulgarie et en Hongrie auront la possibilité de s’établir dans tous les pays de l’Europe”.

Jean-Marie Le Pen avait déjà été condamné à 5 000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris en novembre 2013, pour d’autres propos visant les Roms, quand en 2012 il avait mis cette phrase dans leur bouche, devant des militants : “Nous, nous sommes les oiseaux, nous volons naturellement”. Le jugement avait été confirmé par la cour d’appel de Paris un an plus tard, puis était devenu définitif le 1er mars 2016 après le rejet de son pourvoi en cassation.

Avec AFP

Première publication : 06/04/2016

Après avoir passé moins de trois ans au poste de PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac a annoncé son départ de la compagnie franco-néerlandaise pour prendre la tête de la prestigieuse IATA, l’association internationale du transport aérien.

Le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac change d’air. Celui qui a engagé la compagnie sur la voie du redressement a annoncé mardi 5 avril qu’il allait quitter le groupe l’été prochain pour prendre la tête de la prestigieuse IATA, l’association internationale du transport aérien. Le départ après trois ans de mandat de ce patron, charismatique pour les uns, trop clivant pour les autres, est une surprise.

Alexandre de Juniac a informé le conseil d’administration de la compagnie franco-néerlandaise “de la proposition qui lui a été faite ce mardi 5 avril 2016 par le Conseil des gouverneurs de l’Association du Transport Aérien International (IATA) de devenir (son) prochain directeur général”, a déclaré le groupe dans un communiqué mardi.

Il “a indiqué qu’il était disposé à accepter cette proposition”, a ajouté le groupe. L’IATA tiendra son assemblée générale du 1er au 3 juin 2016 avec l’objectif d’une prise de fonction de Juniac “au plus tard au 1er août 2016”.

Surprise des syndicats

Son départ a également pris de court les syndicats internes. “Il met tout le monde devant le fait accompli, y compris le conseil d’administration et le gouvernement”, a déploré Béatrice Lestic de la CFDT Air France, assurant que “ce qui nous intéresse, c’est qui va le remplacer”.

Pour Miguel Fortea, numéro un de la CGT Air France, de Juniac reste “l’homme de la stratégie de la division” entre les catégories de personnel et c’est “plutôt une bonne nouvelle qu’il parte”, lui qui a mis en œuvre “des milliers de suppressions d’emplois“.

Un groupe fragile

Il quitte un groupe en voie de redressement mais encore fragile. Air France-KLM se trouve comme d’autres compagnies historiques prise en étau entre la concurrence féroce des low-cost en Europe, Ryanair et easyJet en particulier, et sur le long courrier de celle des compagnies du Golfe, Emirates ou Qatar Airways. Face aux low-cost, il a cherché à développer la filiale Transavia d’Air France-KLM, et a opposé aux secondes une montée en gamme.

C’est sous sa houlette que la compagnie franco-néerlandaise a renoué avec les profits en 2015 pour la première fois depuis 2008, avec un bénéfice net de 118 millions, après 225 millions de pertes l’année précédente. Au prix d’importants efforts de productivité du personnel, avec une réduction des effectifs des personnels navigants et au sol, et d’une grève des pilotes d’Air France, en septembre 2014 qui fut l’une des plus longues de l’histoire de la compagnie, avec un impact financier négatif de 440 millions d’euros.

Le comité de nomination et de la gouvernance d’Air France-KLM a lancé, avec l’appui d’un cabinet international de recrutement, un processus “afin d’identifier le meilleur dirigeant à même de poursuivre la consolidation et le développement du groupe”.

Avec AFP

Première publication : 06/04/2016

47c905cead.jpeg

Le cabinet d’avocats Mossack Fonseca, au centre de l’enquête “Panama papers”, a affirmé mardi avoir été victime d’un piratage externe et avoir porté plainte auprès de la justice panaméenne.

Le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, au cœur du scandale des “Panama papers” qui a éclaté dimanche, a affirmé mardi 5 avril avoir été victime d’un piratage informatique opéré depuis des serveurs étrangers. La firme a déclaré avoir porté plainte auprès de la justice panaméenne à ce sujet.

“Nous avons un rapport technique qui dit que nous avons été piratés depuis des serveurs étrangers”, a affirmé Ramon Fonseca Mora, directeur et cofondateur du cabinet, en précisant avoir “déposé plainte auprès du parquet” lundi. “Personne ne parle du piratage” dans la presse qui abonde depuis deux jours sur les révélations, s’est offusqué Ramon Fonseca, alors que “c’est le seul crime qui a été commis”, selon lui. “Ce n’est pas une fuite, c’est un piratage” a-t-il ajouté.

Respect de la vie privée

Le dirigeant de Mossack Fonseca s’indigne également que les révélations sur les 11,5 millions de documents extraits du système informatique de son cabinet se concentrent sur ses clients les plus célèbres, au mépris du respect de la vie privée. “Nous ne comprenons pas. Le monde est déjà en train d’accepter que la vie privée n’est pas un droit de l’Homme”, a-t-il commenté.

Il a par ailleurs déclaré que son cabinet, qui s’est spécialisé dans la création de sociétés écrans, n’avait enfreint aucune loi et que toutes ses activités étaient légales. La firme n’a jamais détruit le moindre document ni aidé quiconque à se soustraire à l’impôt ou à blanchir de l’argent, a-t-il ajouté.

Les déclarations de Ramon Fonseca Mora interviennent deux jours après la révélation par des journaux du monde entier du scandale d’évasion fiscale dit des “Panama papers”, basée sur quelque 11,5 millions de documents provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. L’enquête lève le voile sur un vaste système d’évasion fiscale impliquant hauts responsables politiques, sportifs ou milliardaires.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 06/04/2016

À l’occasion du vote définitif mercredi sur la pénalisation des clients de prostituées, France 24 publie le documentaire “Mylène, la fin d’un tapin”, une plongée dans l’univers d’une travailleuse du sexe traditionnelle de la rue Saint-Denis à Paris.

Mylène, une prostituée dite “traditionnelle”, fait le trottoir depuis 13 ans dans la rue Saint-Denis à Paris. Déjà concurrencée par la prostitution sur Internet, cette quadragénaire qui travaille en indépendante fait face, depuis 2013, à une seconde menace : une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la prostitution. La mesure phare de ce texte, qui devrait être adopté définitivement mercredi 6 avril, est la pénalisation des clients de prostituées.


Pour les partisans de cette pénalisation, il s’agit de dissuader la demande et de considérer les prostituées “comme des victimes et non plus comme des délinquantes”, estime la députée socialiste Maud Olivier, à l’origine du texte. Pour ses détracteurs, pénaliser les clients “va mettre en danger les travailleuses du sexe”, qui seront plus isolées, rétorque Sarah-Marie Maffesoli, de Médecins du Monde.

Alarmes et “tam-tam”, la sécurité façon rue Saint-Denis

Une position que partage Mylène, qui se situe, dit-elle, aux antipodes des prostituées victimes des réseaux. Appartenant à une communauté de “travailleuses du sexe auto-organisées”, Mylène est propriétaire d’un petit appartement dans lequel elle accueille ses clients après les avoir sélectionnés dans la rue. Dans son immeuble, la majorité des habitants sont des prostituées.

Ensemble, elles ont mis au point des règles pour se protéger contre tout débordement de clients. Chacune dispose d’une alarme dans son appartement, qui permet d’alerter tout l’immeuble au moindre problème. Par ailleurs, ces “tapins”, comme elles se définissent, bénéficient d’une tolérance policière et communiquent entre elles à propos de clients jugés à risque. “Cela s’appelle faire le tam-tam”, précise Mylène. Une sorte de fichage artisanal des clients. Selon Mylène, ce système est efficace et prouve que la prostitution n’est pas une activité dangereuse si elle est exercée dans de bonnes conditions. “La dernière fois qu’une prostituée a été assassinée ici, c’était en 2009”, précise-t-elle, pour preuve.

Révoltée par le projet de loi, Mylène, qui dispose d’un BAC +2 et qui a exercé une dizaine de métiers avant de se tourner vers la prostitution, a créé en 2014 le “Collectif des femmes de Strasbourg-Saint-Denis”. Au cours des deux ans de navette parlementaire du texte, elle s’est époumonée pour dénoncer un projet qui n’a, selon elle, pas porté ses fruits dans les pays où il est en vigueur, comme en Suède. À l’approche du vote fatidique, elle tente de mobiliser – péniblement – une centaine de prostituées indépendante de tout âge.

Durant plusieurs mois, France 24 a suivi Mylène au gré de ses inquiétudes, de ses colères et de ses éclats de rire.



Pour regarder ce documentaire depuis votre mobile, cliquez ici.

Première publication : 06/04/2016

À l’occasion du vote définitif mercredi sur la pénalisation des clients de prostituées, France 24 publie le documentaire “Mylène, la fin d’un tapin”, une plongée dans l’univers d’une travailleuse du sexe traditionnelle de la rue Saint-Denis à Paris.

Mylène, une prostituée dite “traditionnelle”, fait le trottoir depuis 13 ans dans la rue Saint-Denis à Paris. Déjà concurrencée par la prostitution sur Internet, cette quadragénaire qui travaille en indépendante fait face, depuis 2013, à une seconde menace : une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la prostitution. La mesure phare de ce texte, qui devrait être adopté définitivement mercredi 6 avril, est la pénalisation des clients de prostituées.


Pour les partisans de cette pénalisation, il s’agit de dissuader la demande et de considérer les prostituées “comme des victimes et non plus comme des délinquantes”, estime la députée socialiste Maud Olivier, à l’origine du texte. Pour ses détracteurs, pénaliser les clients “va mettre en danger les travailleuses du sexe”, qui seront plus isolées, rétorque Sarah-Marie Maffesoli, de Médecins du Monde.

Alarmes et “tam-tam”, la sécurité façon rue Saint-Denis

Une position que partage Mylène, qui se situe, dit-elle, aux antipodes des prostituées victimes des réseaux. Appartenant à une communauté de “travailleuses du sexe auto-organisées”, Mylène est propriétaire d’un petit appartement dans lequel elle accueille ses clients après les avoir sélectionnés dans la rue. Dans son immeuble, la majorité des habitants sont des prostituées.

Ensemble, elles ont mis au point des règles pour se protéger contre tout débordement de clients. Chacune dispose d’une alarme dans son appartement, qui permet d’alerter tout l’immeuble au moindre problème. Par ailleurs, ces “tapins”, comme elles se définissent, bénéficient d’une tolérance policière et communiquent entre elles à propos de clients jugés à risque. “Cela s’appelle faire le tam-tam”, précise Mylène. Une sorte de fichage artisanal des clients. Selon Mylène, ce système est efficace et prouve que la prostitution n’est pas une activité dangereuse si elle est exercée dans de bonnes conditions. “La dernière fois qu’une prostituée a été assassinée ici, c’était en 2009”, précise-t-elle, pour preuve.

Révoltée par le projet de loi, Mylène, qui dispose d’un BAC +2 et qui a exercé une dizaine de métiers avant de se tourner vers la prostitution, a créé en 2014 le “Collectif des femmes de Strasbourg-Saint-Denis”. Au cours des deux ans de navette parlementaire du texte, elle s’est époumonée pour dénoncer un projet qui n’a, selon elle, pas porté ses fruits dans les pays où il est en vigueur, comme en Suède. À l’approche du vote fatidique, elle tente de mobiliser – péniblement – une centaine de prostituées indépendante de tout âge.

Durant plusieurs mois, France 24 a suivi Mylène au gré de ses inquiétudes, de ses colères et de ses éclats de rire.



Pour regarder ce documentaire depuis votre mobile, cliquez ici.

Première publication : 06/04/2016

À l’occasion du vote définitif mercredi sur la pénalisation des clients de prostituées, France 24 publie le documentaire “Mylène, la fin d’un tapin”, une plongée dans l’univers d’une travailleuse du sexe traditionnelle de la rue Saint-Denis à Paris.

Mylène, une prostituée dite “traditionnelle”, fait le trottoir depuis 13 ans dans la rue Saint-Denis à Paris. Déjà concurrencée par la prostitution sur Internet, cette quadragénaire qui travaille en indépendante fait face, depuis 2013, à une seconde menace : une proposition de loi visant à renforcer la lutte contre la prostitution. La mesure phare de ce texte, qui devrait être adopté définitivement mercredi 6 avril, est la pénalisation des clients de prostituées.


Pour les partisans de cette pénalisation, il s’agit de dissuader la demande et de considérer les prostituées “comme des victimes et non plus comme des délinquantes”, estime la députée socialiste Maud Olivier, à l’origine du texte. Pour ses détracteurs, pénaliser les clients “va mettre en danger les travailleuses du sexe”, qui seront plus isolées, rétorque Sarah-Marie Maffesoli, de Médecins du Monde.

Alarmes et “tam-tam”, la sécurité façon rue Saint-Denis

Une position que partage Mylène, qui se situe, dit-elle, aux antipodes des prostituées victimes des réseaux. Appartenant à une communauté de “travailleuses du sexe auto-organisées”, Mylène est propriétaire d’un petit appartement dans lequel elle accueille ses clients après les avoir sélectionnés dans la rue. Dans son immeuble, la majorité des habitants sont des prostituées.

Ensemble, elles ont mis au point des règles pour se protéger contre tout débordement de clients. Chacune dispose d’une alarme dans son appartement, qui permet d’alerter tout l’immeuble au moindre problème. Par ailleurs, ces “tapins”, comme elles se définissent, bénéficient d’une tolérance policière et communiquent entre elles à propos de clients jugés à risque. “Cela s’appelle faire le tam-tam”, précise Mylène. Une sorte de fichage artisanal des clients. Selon Mylène, ce système est efficace et prouve que la prostitution n’est pas une activité dangereuse si elle est exercée dans de bonnes conditions. “La dernière fois qu’une prostituée a été assassinée ici, c’était en 2009”, précise-t-elle, pour preuve.

Révoltée par le projet de loi, Mylène, qui dispose d’un BAC +2 et qui a exercé une dizaine de métiers avant de se tourner vers la prostitution, a créé en 2014 le “Collectif des femmes de Strasbourg-Saint-Denis”. Au cours des deux ans de navette parlementaire du texte, elle s’est époumonée pour dénoncer un projet qui n’a, selon elle, pas porté ses fruits dans les pays où il est en vigueur, comme en Suède. À l’approche du vote fatidique, elle tente de mobiliser – péniblement – une centaine de prostituées indépendante de tout âge.

Durant plusieurs mois, France 24 a suivi Mylène au gré de ses inquiétudes, de ses colères et de ses éclats de rire.



Pour regarder ce documentaire depuis votre mobile, cliquez ici.

Première publication : 06/04/2016